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Full text of "Bulletin de la Société d'histoire et d'archéologie de Genève"

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BULLETIN 


SOCIÉTÉ D’HISTOIRE ET D’ARCHÉOLOGIE 

DE GENÈVE 


II 












DE LA 


SOCIÉTÉ 



L>E GENÈVE 


TOMÉ DK U XI KM K 


GENÈVE 

r, I B B A I B T E A . J ÜÉLIEN 


1898-1904 








BULLETIN 


DK LA 

SOCIÉTÉ D’HISTOIRE ET D’ARCHÉOLOGIE 


OCTOBRE 1897 


Personnel de la Société. 

Depuis la publication du dernier Bulletin, daté de novembre 
1896, la Société d’histoire et d’archéologie a reçu au nombre de 
ses membres effectifs : 

MM. 

1896 Ernest Muret, professeur à l’Université. 

» Charles Bally, docteur en philosophie. 

1897 Louis Binet. 

» Charles Ciienevard. 

« Eugène P allard. 

» Arthur Sautter, docteur en droit. 

» Albert Bétrix, docteur en médecine. 

» Auguste Vernet, licencié en droit. 

D’autre part, la Société a eu le regret de perdre un de ses 
membres effectifs, M. Frédéric Maurice (f 11 février 1897). 


BULLETIN. 


T. II. 


I 





2 


BULLETIN. 


Le nombre des membres effectifs de la Société est actuellement 
de 177. 

La Société a encore perdu deux de ses membres correspon¬ 
dants : MM. Albert Lecoy de la Marche et l’abbé Jean Gré¬ 
ai aud. 


Albert Lecoy de la Marche, sous-chef de la section histo¬ 
rique aux Archives nationales, à Paris, est mort le 22 février 
1897, à l’âge de cinquante-six ans. Il laisse de nombreux 
ouvrages d’histoire des arts et de critique historique; on lui doit 
aussi la publication d’œuvres de vulgarisation. Lecoy étudiait de 
préférence les époques qui se prêtaient à la glorification de 
l’Église catholique. La Société se l’était associé en 1863, alors 
qu’il remplissait les fonctions d’archiviste du département de la 
Haute-Savoie, à Annecy. 

L’abbé Jean Gremaud, mort à Fribourg le 20 mai 1897, était 
une des figures les plus intéressantes de la science historique 
suisse de notre époque. Il naquit à Riaz, près Bulle (canton de 
Fribourg), le 21 janvier 1823; après avoir fait ses études au 
collège de Fribourg et au séminaire, il fut ordonné prêtre (1847) 
et exerça les fonctions de vicaire, puis de curé dans plusieurs 
paroisses de son canton d’origine. Les études historiques l’atti¬ 
rèrent de bonne heure; ses premiers pas dans cette voie furent 
dirigés par le chanoine Dey, qui eut sur lui une grande influence. 
C’est à ces relations avec le savant chanoine qu’est due la fon¬ 
dation par Gremaud, en 1854, du Mémorial de Fribourg , recueil 
périodique qui dura six ans (1854-1859). En 1857, Gremaud fut 
chargé de l’enseignement de l’histoire et de la géographie au 
collège St-Michel, à Fribourg, en remplacement d’Alexandre 
Daguet; il occupa cette place pendant trente-quatre ans et ne la 
quitta, en 1891, que parce qu’il avait été appelé, deux ans aupa¬ 
ravant, lors de la création de l’Université de Fribourg, à la 
chaire d’histoire de la Faculté des lettres. Il était recteur de 
cette Université lorsque la mort l’a enlevé. Gremaud exerçait 
en outre depuis de longues années les fonctions de bibliothécaire 
cantonal et de professeur d’histoire au séminaire diocésain. 



PERSONNEL DE LA SOCIETE. 


3 


Pendant les vingt ou trente premières années de son activité 
historique, Gremaud se consacra plus spécialement à l’histoire 
générale, à l’histoire ecclésiastique, à celle de la Gruyère et de la 
partie romande du canton de Fribourg. A cette époque se rat¬ 
tache, entre autres, la publication des Mémoires historiques sur 
le diocèse de Lausanne, par le P. Martin Schmitt, dans le Mémo¬ 
rial de Fribourg, t. Y (1858) et VI (1859), celle du Nécrologe de 
l’église cathédrale de Lausanne, dans les Mémoires et documents 
de la Société d’histoire de la Suisse romande (t. XVIII, 1863, 
p. 89-246), des Nécrologes de Véglise cathédrale de Sion et de 
Véglise paroissiale de Granges {ibidem, t. XVIII, p. 247-524) et 
des Monuments de l’histoire du comté de Gruyère, rassemblés 
par J-J. Hisely {ibidem, t. XXII, 1867, et XXIII, 1869). 

A partir de 1880 environ, Gremaud voua la plus grande partie 
du temps que lui laissaient ses occupations à une œuvre com¬ 
mencée depuis quelques années déjà et qui devait être son œuvre 
capitale, le recueil de Documents relatifs à l’histoire du Vallais 
{ibidem, t. XXIX-XXXIII, 1875-1884; XXXVII, 1893; XXXVIII, 
1894), qui constitue pour les historiens une mine abondante de 
précieux matériaux. 

Nous rappellerons encore la collaboration de Gremaud aux 
Archives de la Société d’histoire du canton de Fribourg, au 
Recueil diplomatique du canton de Fribourg, au Fribourg artis¬ 
tique à travers les âges et aux Étrennes fribourgeoises. 

Président de la Société d’histoire du canton de Fribourg, 
membre du comité de la Société d’histoire de la Suisse romande, 
membre actif ou correspondant de plusieurs autres sociétés et 
l’un des fondateurs de la Société suisse de numismatique, 
Gremaud laisse un grand vide dans toutes ces associations, où il 
tenait une place importante; homme aimable, esprit libéral et 
ouvert, il était très estimé et apprécié de ses collègues. 

La Société, où il avait compté et comptait encore de nombreux 
amis, l’avait élu membre correspondant en 1863 \ 

1 Yoy. la Biographie de l’abbé Jean Gremaud, suivie d’une liste de ses 
ouvrages, par Max de Diesbach, daus les Archives de la Société d’histoire 
du canton de Fribourg, t. VI, p. 369. 





4 


BULLETIN. 


Mémoires, Rapports, etc. 

Présentés à la Société. 

618. — Séance du 12 novembre 1896. De la servitude et 
de l’esclavage en Sardaigne, analyse et traduction libre, par 
M. Charles DuBois-Melly, du mémoire de Pierre Amat de S. 
Filippo intitulé : Delta schiavitù e del servaggio in Sardegna, 
dans les Miscellanea di storia patria, t. XXXIII, p. 33-74. 

Nouvelles recherches sur la famille de J.-J. Rousseau, par 
M. Eugène Ritter. — Yoy. l’article intitulé : Une branche 
ignorée de la famille Rousseau, dans la Tribune de Genève du 
19 novembre 1896. 

619. — Séance du 26 novembre 1896. Adolphe Gautier, allo¬ 
cution de M. Édouard Favre. — Impr., avec une Bibliographie, 
dans le Bulletin de la Société d’histoire et d’archéologie de Genève, 
t. I, p. 520-532. 

La médecine à Genève au temps de Calvin, par M. Léon 
Gautier. 

Coupe en argent, de l’époque chrétienne, décorée, sur la 
vasque, de rinceaux ciselés dans lesquels circulent des lièvres, 
acquise pour le Musée archéologique, présentée par M. Victor 
van Berchem. — Voy. Catalogue de l’Art ancien (Exposition 
nationale suisse, Genève 1896), p. 15, il 0 242. 

Anneau d’or du IV e siècle, portant l’inscription : vivas dium, 
présenté par M. Victor Brière. — Voy. sur cet objet deux notes 
intitulées : Ein Goldrïng ans Courtilles, Kanton Waadt, et Z uni 
Goldring aus Courtilles, dans VAnzeiger fur schiveizerische 
Altertumskunde, 1897, n° 1, p. 6-7, avec fig., et n° 2, p. 55-56. 

620. — Séance du 10 décembre 1896. Jean-Robert Chouet, 
1642-1731 (suite et fin), par M. Eugène de Budé. 

L’Escalade, mélodrame en deux actes, composé par Louis 
Necker et joué en 1810 chez M me Necker de Saussure, commun, 
par M. Albert Choisy. 



MÉMOIRES PRÉSENTÉS. 


O 


Copie manuscrite (1826), présentée par M. Hippolyte Gosse, 
d’une tragi-comédie en vers sur l’Escalade, composée au XVIII e 
siècle. 

Communication, par le même membre, d’une brochure du 
XVIII e sièêle intitulée : l’Escalade, poème héroïque, suivi de Nou¬ 
velle chanson sur l’Escalade ou Dialogue entre un Genevois et un 
Savoyard, s. 1. n. d. 

Communication, par M. Charles Bastard, d’une brochure 
intitulée : Histoire de la miraculeuse délivrance envoyée de Dieu 
à la Ville de Genève, édition s. 1. n. d. du Vray discours, in-8 
de 37 p. 

Compte rendu, par M. Édouard Favre, du mémoire de 
M. Théodore de Liebenau (dans les Katholische Schweizer- 
Blàtter, ll me année, 1895, p. 479-501), et de celui de M. Arthur 
Piaget (dans le Musée neuchâtelois, 33 me année, 1896, p. 77-92, 
104-110 et 125-137), sur la Chronique des chanoines de Neu¬ 
châtel. — Voy. Revue historique, t. LXÜI, 1897, p. 239. 

621. — Séance du 14 janvier 1897. Rapports du président 
(M. Édouard Favre) et du trésorier (M. Alfred Cartier) sur 
l’exercice 1897. 

Élection du Comité : MM. Émile Rivoire, président; Victor 
van Berchem, vice - président ; Frédéric Gardy, secrétaire; 
Alfred Cartier, trésorier; Jaques Mayor, bibliothécaire; 
Édouard Favre; Francis Decrue; Camille Favre; Charles 
Borgeaud. 

La théocratie à Genève au temps de Calvin, 1536-1541, par 
AI. Eugène Choisy. — Fragments de son ouvrage paru sous le 
même titre, Genève, 1897, in-8. 

Copie, présentée et donnée par M. Théodore de Saussure, de 
l’acte de vente d’une esclave, passé aux États-Unis en 1854. 

Compte rendu, par M. Ernest Muret, du premier fascicule 
(1897) des Archives suisses des traditions populaires. 

622. — Séance du 28 janvier 1897. Fac-similé, présenté par 
M. Camille Favre, d’un calice provenant de la bataille de 
Grandson et appartenant à la paroisse de Rysch (canton de Zug). 
— Ce calice est reproduit dans l’ouvrage de M. Édouard de 




6 


BULLETIN. 


Rodt intitulé : Historische Altertkümer der Schweiz, l re série, 
Berne, 1889, in-fol., pl. 11, n° 1. 

Une mystification généalogique, communication de M. Théo¬ 
phile Dufour, d’après l’ouvrage de M. Émile Legrand intitulé : 
Dossier Rhodocanalûs, étude critique de bibliographie et d’his¬ 
toire littéraire, Paris, 1895, in-8. 

Les coupes de l’alliance de 1584 entre Genève, Berne et Zurich, 
communication de M. Victor van Berchem. — Ces coupes sont 
décrites dans le Catalogue de l’Art ancien (Exposition nationale 
suisse, Genève 1896), p. 201-202, il 0 2100 et p. 203-204, n° 2108. 

623. — Séance du 11 février 1897. Notes relatives à la prise 
d’armes de 1782 à Genève, par M. Edmond Pictet. 

Sur quelques filigranes de papiers de la seconde moitié du 
XV e siècle, par M. Moïse Briquet. 

624. — Séance du 25 février 1897. Les Archives d’État de 
Genève (1814-1896), par M. Louis Dufour. — Impr. ci-après. 

Les thèses de théologie à l’Académie de Genève pendant les 
XVI e , XVII e et XVIII e siècles, communication de M. Henri 
Heyer. 

625. — Séance du 11 mars 1897. Le groupe de l’Art ancien à 
l’Exposition nationale suisse (Genève 1896), par M. Camille 
Favre, avec planches et projections lumineuses. — Les planches 
exposées ont été reproduites dans L’Art ancien à l’Exposition 
nationale suisse, album illustré de 70 planches, publié par le 
Comité du groupe 25, Genève, 1896. 

Les parents de Sébastien Castellion, par M. Eugène Ritter. — 
Impr. dans le Bulletin de la Société de l’histoire du protestan¬ 
tisme français, t. XLVI, p. 187-189 et 391-392. 

Manuscrits genevois appartenant à M. Edmond de la Harpe, 
communiqués par le même membre. 

626. — Séance du 25 mars 1897. La formation historique du 
territoire genevois (1536-1816), par M. Frédéric Gardy. 

Compte rendu, par M. Édouard Favre, de l’ouvrage de 
M. Charles Kohler intitulé : Les Suisses dans les guerres d’Italie 





FAITS DIVERS. 


7 


de 1506 à 1512, dans les M. D. G., t. XXIY (nouv. série, t. IV), 
Genève, 1896, in-8. — Impr. dans la Gazette de Lausanne du 
7 avril 1897. 

627. — Séance du 8 avril 1897. Les origines du droit d’après 
l’histoire d’Irlande, par M. Henri Brocher, d’après l’ouvrage de 
M. d’Arbois de Jubainville intitulé : Cours de littérature celtique, 
t. VII et VIII, Paris, 1895, in-8. 

628. — Séance du 22 avril 1897. Promenades archéologiques 
à Genève, par M. Guillaume Fatio, avec projections lumineuses. 

Le pape Martin V et la création d’une université des arts à 
Genève, d’après une charte inédite accordée à l’évêque Jean de 
Rochetaillée (1418-1422), communication de M. Charles Bor- 
geaud. Cette charte est imprimée ci-après, avec la traduction. 

L’œuvre historique de Jean-Antoine Gautier, par M. Édouard 
Favre. — Impr., en collaboration avec M. Victor van Berchem, 
dans Y Histoire de Genève, par Jean-Antoine Gautier, t. I, Ge¬ 
nève, 1896 [1897], in-8, p. xvii-xlv. 


Faits divers. 

Durant l’année qui vient de s’écouler, la Société a publié : 

1° Au mois de mars 1897, la 5 me et dernière livraison du tome 
premier du Bulletin, datée de novembre 1896. 

2° Au mois d’avril de la même année, les tomes XXVI et 
XXVII (nouv. série, t. VI et VII) des Mémoires et documents, 
renfermant le travail de M. Émile Rivoire sur la Bibliographie 
historique de Genève au XVIII e siècle (in-8 de xv-586 et 509 p.). 

La Société a décidé d’appuyer la pétition adressée par un 
groupe de citoyens aux autorités genevoises, en faveur de la 
conservation des monuments historiques de notre ville, et en 
particulier de la Tour de l’Ile. 

Elle a adhéré également aux vœux émis par le Comité du 




8 


BULLETIN. 


groupe de l'Art ancien (Exposition nationale suisse, Genève 1896) 
en faveur de la création d’un musée à Genève, et plusieurs de ses 
membres ont pris une part active à la fondation, au mois d’avril 
1897, de la Société du Musée historique de la Réformation et do 
la Société auxiliaire du Musée de Genève. 


La Société auxiliaire des sciences et des arts a fait à la Société 
un don de 1500 francs, pour contribuer aux frais de publication 
des Mémoires et documents. 

Le samedi 29 et le dimanche 30 mai 1897, la Société a fait une 
excursion à Tournus et à Cluny (Saône-et-Loire). 


Ouvrages reçus par la Société 

du 13 novembre 1896 au 22 avril 1897. 


A 

Publications de Sociétés et recueils périodiques. 

La Société a continué à recevoir les publications des sociétés 
correspondantes dont on trouvera la liste à la fin du tome pre¬ 
mier du Bulletin. 

Depuis le dernier Bulletin, elle est entrée en échange de publi¬ 
cations avec 1 Historisch-philosophischer Verein zu Heidelberg, 
qui lui a fait l’envoi suivant : 

Noue Heidelberger Jahrbücher. Jahrg. I-YI (1891-96); Jahrg. 
VU (1897), Heft I. 

La Société a encore reçu les périodiques suivants ; 

Revue historique. Années 1894-96, tomes LIV-LXI1. (. Bon de 
M. Victor van Bercheni.) 

Bibliothèque de l’École des chartes. Années 1894-96, tomes LY- 
LVI1. (Don de M. Camille Favre.) 





OUVRAGES REÇUS. 


9 


Bibliographie et chronique littéraire de la Suisse. Années 1896, 
n os 9-12; 1897, n 08 1-3. ( Don de M. Jaques Mayor.) 

Revue historique vaudoise. 4 mo année (1896), n° 3 10 et 12; 
5 rae année (1897), n os 1-4. ( Don de M. Édouard Favre) 

Annuaire officiel de la République et canton de Genève. Année 
1818. (Don de la famille de feu Adolphe Gautier) 

Église nationale protestante de Genève. Mémorial des séances 
du Consistoire. Année 1896. (Envoi du Consistoire) 

Les Archives de l’imprimerie. X e année, janvier 1897. (Don de 
M. Maurice Reymond) 

B 

Livres et Brochures. 

Donateurs : 

MM. Maurice Barbey, 1 volume, 2 brochures. — Max van 
Berchem, 1 vol., 1 broch. — Victor van Berchem, 2 vol. — Ami 
Bordier, 1 broch. — Charles Borgeaud, 6 broch. — Eugène 
de Budé, 1 broch. — Auguste Cahorn, 1 broch. — Paul Ciiaix, 

I broch. — Lucien Chalumeau, 1 broch. — Arthur de Clapa¬ 
rède, 4 broch. — Alfred Covelle, 1 vol. — Louis Dufour, 

II vol. — Charles Eggimann, 5 vol. — Édouard Favre, 4 vol., 
4 broch. — La famille de feu Adolphe Gautier, 15 vol., 10 broch. 
— MM. Raoul Gautier, 1 broch. — Gaspard George, 1 broch. 
-— Alexandre Guillot, 1 broch. — Jaques Mayor, 3 vol., 3 
broch. — Edouard Piette, 3 broch. — Joseph Rambal, 1 vol.— 
Albert Rilliet, 26 vol., 1 broch. — Eugène Ritter, 2 vol. — 
Émile Rivoire, 12 vol., 1 broch. — N. Rondot, 4 vol. — Théo¬ 
dore de Saussure, 1 vol. — Rodolphe Thommen, 2 vol. -— C.-b. 
Traciisel, 1 broch. — Gaspard V ablette, 1 vol. 

La Chancellerie fédérale suisse, 1 vol. 

Le Comité du X e Congrès international des orientalistes (Ge¬ 
nève 1894), 1 vol. 

Le Département fédéral de l’Intérieur, 3 vol. 

La Société anonyme des arts graphiques, 1 broch. 

Le Société de géographie de Genève, 1 vol. 
L’Historisch-antiquarischer Verein des Kantons Schafihausen, 
1 broch. 




10 


BULLETIN. 


C 

Gravures, photographies, etc. 

Donateurs : 

MM. Henri Le Fort, une collection de portraits photographiés 
d’historiens suisses. — Jaques Mayor, une carte géographique 
représentant le développement historique du territoire suisse, 
extraite du Manuel d’histoire suisse publ. par Alfred Schütz, 
Genève, [1896]. — Philippe Plantamour, une Reconnaissance 
d’action sur la salle de spectacles établie à Genève , n° 93, 10 avril 
1785, feuille in-fol. 


D 

Manuscrits. 

Donateurs : 

La famille de feu Adolphe Gautier, deux manuscrits d’Adolphe 
Gautier (1° la traduction libre d’un mémoire du D r B. Hidber 
intitulé : Frankreich und die Schweiz. Geschichtliche Erinne- 
rungen; — 2° La peinture sur verre en Suisse, imité de M. Lübke, 
commun, faite à la Société le 10 mars 1870 et à la Classe des 
Beaux-Arts le 1 er avril 1870). 

M. Henri Heyer, un portefeuille contenant des papiers et des 
notes du D r J.-J. Chaponnière relatifs à l’histoire de Genève 
pendant la seconde moitié du XV e siècle, et des copies de diffé¬ 
rents documents sur Genève se trouvant à la Bibliothèque natio¬ 
nale et aux Archives de France, à Paris. 




DOCUMENTS INÉDITS 


Charte universitaire octroyée par le pape Martin V à Jean 
de Rochetaillée, patriarche de Constantinople, évêque commen- 
dataire de Genève (1418-1422) \ 


La pièce ci-après est tirée d’un formulaire manuscrit du 
XV e siècle, provenant de la chancellerie du Saint-Siège et qui 
se trouve actuellement aux Archives d’Etat de Hanovre. La col¬ 
lection dont il fait partie a été signalée à l’attention des his¬ 
toriens, en 1885, par M. Otto Meinardus, dans une notice très ' 
remarquée du Neues Archiv (vol. X, 35 ss.). Elle remonte à deux 
prévôts du chapitre de Brême, qui avaient occupé successi¬ 
vement, à Borne, des emplois importants de la chancellerie 
papale, sous Pie II et sous Sixte IV. Conservée jusqu’en 1652 aux 
archives de l’archevêché, elle fut dirigée alors, avec d’autres 
fonds de parchemins ecclésiastiques, à la suite de l’annexion au 
royaume de Suède des duchés de Brême et de Verden, sur le 
port hanovrien de Stade et demeura oubliée, dans un dépôt de 
province, pendant deux siècles. Elle en fut retirée en 1863 pour 
être versée aux archives d’Etat de Hanovre, par ordre du minis¬ 
tère royal de l’intérieur. C’est, là que nous avons retrouvé, au 
fol. 6 du volume inscrit au catalogue des manuscrits, sous la 
cote Y 12 vol. VI, le texte que le directeur actuel du « Staats- 
Archiv », M. le D 1 Dœbner, a eu l’obligeance de nous communi¬ 
quer avec l’autorisation de le reproduire. 

Ce document fait partie d’une série dont les pièces se trou¬ 
vaient autrefois reliées en un parchemin sur lequel on peut lire 
une lettre annulée de Martin V. Il figure dans un groupe de 
formules modèles, relatives à des concessions universitaires, cons¬ 
titué sous le titre : Gmeralium studionmi erectiones et diveisæ 
concessiones pro studiis et studentibus. On le trouve entre la 
copie d’une charte similaire destinée à l’Université de Louvain, 
dont la fondation date de 1426, et celle d’une autre charte, éga¬ 
lement semblable par l’objet et par le style, en faveur de l’Uni¬ 
versité de Rostock, fondée en 1419. Comme Jean de Rochetaillée 


1 Communication faite à la Société le 22 avril 1897. 





12 


BULLETIN. 


est le seul évêque commendataire de Genève qui ait été patriarche 
de Constantinople et que, nommé par Martin V le 23 septembre 
1418, il fut transféré au siège épiscopal de Paris le 12 juin 1422, 
il n’est pas difficile de dater, au moins approximativement, la 
charte qui lui fut délivrée. 

La minute originale n’a pu être retrouvée à Rome, malgré 
une recherche attentive, à laquelle M 1 ' H. Stevenson, bibliothé¬ 
caire, et monsignor F. Ehrle, préfet de la Bibliothèque vaticane, 
ont bien voulu s’intéresser. Elle est mentionnée cependant dans 
l'« Inventaire des diocèses » dressé, au siècle dernier, par le 
cardinal Garampi, et y est indiquée comme faisant partie des 
Archives dataires, dataria œpostolica , sous ce titre : 

Pro Johanne Patriarcha Constantinopolit. et Administratore 
Ecclesiæ Gebennensis facilitas erigendi Universiiatem et studium 
generale in civitate Gebennen. 

A. B. Mart. V. iii, 1, p. 277. 

On peut conjecturer que la cote Mart. V. m, 1 correspond 
au commencement de la troisième, sinon à la fin de la deuxième 
année du pontificat de Martin Y b 

Le volume où se trouvait la pièce en question a été égaré, — 
du moins on le suppose,— à l’époque de l’invasion française, 
sous le Directoire, Le texte que nous ont conservé les prévôts du 
chapitre de Brême, et qui présente d’ailleurs toutes les garanties 
d’authenticité que peut exiger la critique, n’en a que plus de 
valeur. Son défaut est d’être d’une lecture malaisée et de con¬ 
tenir, au début et à la fin, deux abréviations du copiste, qui 
s’est abstenu de transcrire tant la formule complète de la salu¬ 
tation que la date et la signature. 

Il n’est pas inutile de rappeler, pour l’intelligence du document 
qu’on va lire, que la notion moderne de l’université à quatre 
facultés était étrangère au moyen âge. Dans le langage scolaire, 
le mot universitas s’appliquait originairement à la corporation 
des maîtres et des écoliers, associés pour se livrer à une disci¬ 
pline, telle que les arts libéraux, la théologie, la médecine ou le 
droit, et le mot facilitas au genre d’études ainsi déterminé. Une 
haute école s’appelait studium generale et le qualificatif indiquait 
que les grades qu’elle pouvait‘conférer avaient une valeur inter¬ 
nationale, étaient reconnus dans toute la chrétienté, nullement 
qu’on y cultivait tous les genres d’études supérieures. Paris, où 
florissaient côte à côte l’enseignement des arts et celui de la 
théologie et du droit canon, n’avait pas d’école de droit civil. 
Bologne n’eut pas de faculté de théologie avant 1360; ce fut, à 

1 Un extrait de l’inventaire de Garampi, pour la partie qui concerne 
l’évêché de Genève, a été fait en 1848 par le comte Marini, préfet des 
Archives du Vatican, et donné à notre Société par feu M. Édouard 
Rigaud-de Constant. Il a paru, en 1866, dans le tome XVI de nos Mé¬ 
moires et Documents. L’indication ci-dessus se lit à la page 140. 





DOCUMENTS INEDITS. 13 

l’origine, une université de l’un et de l’autre droit exclusivement, 
tandis que Salerne et Montpellier, par exemple, étaient des 
universités de médecine. L’établissement qu’il s’agissait de fon¬ 
cier à Genève, au commencement du XV e siècle, était un studium 
generale in artïbus , une université des arts, sur le modèle de celle 
de Paris. 


« Venerabili fratri Jolianni, patriarche Constantinopo- 
litano, commendatorio et administratori perpetuo 
in spiritualibus et temporalibus ecclesie Gebennensis 
per sedem apostolicam deputato, salutem, etc. 

« Copiosus in munere Dominus et in cunctis suis gloriosus 
operibus, a quo omnia defluunt dona carismatum, ad hoc nobis 
insufficiencia respersis sue sponse universalis ecclesie regimen pia 
diguacione commisit, et nostre debilitatis oculo jugum imponens 
apostolice servitutis nos ad sacram Pétri sedem conscendere 
voluit, ut, tamquam de supremo vertice, mentis nostre ad intima 
retiectentes intuitum, quod pro hujusmodi illustranda ecclesia ad 
fidei propagacionem censeat orthodoxe, quid statui convenerit 
fidelium quorumlibet prospiciamus attencius, et qualiter a fide- 
libus ipsis per fugatas ignorancie tenebras illi per donum 
sapiencie in via mandatorum ac (lis. : ad) domum Domini con- 
versari debeant sollercius attendentes, eos ad querenda litte- 
rarum studia per que militantis ecclesie respublica geritur divini 
nominis ac ejusdem fidei cultus protenditur, omnisque prospe- 
ritas humane condicionis augetur, nostre solicitudinis ope 
apostolicisque favoribus, perpensius excitemus. 

« Cum itaque, sicuti nobis exponere curavisti, in Ducatu Sa- 
baudie, quamvis plerisque civitatibus famosis, locis insignibus, 
populoque et rerum copia admodum opulento, sic nullus extet 
locus quo arcium saltem liberalium studium viget generale, unde 
parcium illarum plerique, commodo et usu studii carentes, 
hujusmodi litterarum impericie subjacent, alias in eis sectantes 
incrementum, civitas quoque Gebennensis, que, licet infra Du- 
catum consistât eundem, de temporali tamen ecclesie Gebennensis 
dicione fore dinoscitur, ad hujus rnodi receptandum confoven- 
dumque studium apta plurimum et ydonea existât, et propterea 




14 


BULLETIN. 


tu, nedum ad gregis tibi crediti sed aliarum parcium vicinarum 
ac hujusmodi reipublice prosperitatem accuracius intendens, in 
civitate predicta studium ipsum in eisdem artibus apostolice 
sedis auctoritate fieri ordinarique desideres successu optato felici, 
ut inibi carismatum eorumdem dilatatis fimbriis erudiantur sim- 
plices equitate servata judicii, concrescat racio, et puritatis 
apertis radiis universorum clarius patescant intellectus, — Nos 
siquidem premissa et hujusmodi tam pium meritoriumque tuum 
desiderium per quod scienciarum fous ex quo ad Dei laudem et 
gloriam haurire queant singuli viri, succèdent concilii maturitate 
prospicui, virtutum et dogmatum ornatibus redimiti, discendi 
speratur irriguus paternis contemplantes affectibus tuis devotis 
in hac parte supplicacionibus inclinati, tibi seu pro tempore 
existenti episcopo Gebennensi, in loco quocumque ad lioc apto et 
ydoneo civitatis ejusdem, in arcium facultate predictarum stu¬ 
dium ipsum auctoritate apostolica constituendi nec non erigendi 
et ordinandi; illudque, postquam constitutum et erectum fuerit, 
ut prefertur, ac ipsius universitatem, magistros videlicet, nec non 
docentes, legentes pariter et audientes inibi in artibus eisdem, ad 
singula studii et universitatis eorumdem pro tempore supposita 
tam spiritualiter quam temporaliter convenientibus privilegiis, 
libertatibus, gratiis et honoribus auctoritate predicta fulciendi et 
muniendi eaque illis coneedendi, et, ut observentur vigeantque 
inconcusse adversus eorum transgressores, sententias et penas 
congruentes statuendi, omniaqueque alia et singula, que in pre- 
missis et circa ilia alias quomodolibet necessaria vel oportuna 
fuerint, disponendi et exequendi plenam et liberam eadem auc¬ 
toritate licenciam impertimur in omnibus ac eciam facultatem: 
statuentes pariter et ordinantes quod, post constitutionem et 
erectionem prefatas, docentes nec non legentes, audientes et 
supposita hujusmodi quoad exercicium licencie in facultate pre¬ 
dicta ordinandorum librorum quorumlibet, nec non circa singula 
illam contingentia modum et formam ac ordinaciones et statuta 
super ritibus (?) in studio Parisiensi hactenus usui tradita obser- 
vare debeant et teneantur; ipsique omnes et singuli eciam privi¬ 
legiis libertatibus indulgenciis et immunitatibus quibuslibet 
magistris legentibus et scolaribus in dicta facultate Parisius 
commorantibus per sedem apostolicam predictam aut alias quo- 



DOCUMENTS INEDITS. 15 

cu.mque concessis, seu alias de jure vel consuetudine debitis 
gaudeant in omnibus pariter et utantur. Singuli vero ex ipsis 
qui, cursu féliciter consummato, in bujusmodi tacultate bravium 
obtinere meruerint sibique docendi licenciam ac magisteiii hono- 
rem pecierint elargiri, per singulos ipsorum inibi magistros 
vicario Patriarche predicti sive episcopi Gebennensis pro tempore 
existentis in bujusmodi spiritualibus generali, quem Cancel- 
larium ipsius erigendi studii eadem auctoritate perpetuo esse 
volumus statuimus et eciam ordinamus, seu predicta ecclesia 
vacante, illi qui ad hoc per dilectos filios Capitulum ejusdem pro 
tempore deputatus fuerit, pro eis debitis sorciendis insigniis vice 
presententur. Yicarius quoque sive deputatus docendi licenciam 
et magisterii honorem hujusmodi, servatis alias modo et forma 
necnon ordinacionibus et statutis predictis, prout mérita et qua- 
litates exegerint, presentatis tribuant et elargiantur eisdern ; ac 
presentati ipsi, quam primum licenciam et honorem consecuti 
fuerint ac reportaverint antedictos, absque ulterioribus de ipsis 
in hujusmodi facultate sciscitandis sive habendis examine atque 
approbacione, pro magistris in facultate predicta liabeantur 
ubilibet, et tam in civitate prefata quam reliquis studiis genera- 
libus, eciam aliorum Parisius in dicta facultate ad hujusmodi 
honorem provectorum adinstar, regere et docere poterunt in 
facultate memorata, non obstantibus constitutionibus apostolicis 
et aliis contradictionibus quibuscumque. Datum etc. » 1 


« A notre vénérable frère Jean, Patriarche de Constan¬ 
tinople, commendataire et administrateur perpétuel 
de l’Église de Genève, au spirituel et au temporel, 
délégué par le Saint-Siège apostolique, salut, etc. 

« Abondant en bienfaits et glorifié dans toutes ses œuvres, le 
Seigneur, à qui remonte le don de toute grâce, nous a jugé 
digne, malgré l’insuffisance qui nous couvre, de nous confier le 

1 Le manuscrit conservé aux Archives d’État de Hanovre a pu nous 
être communiqué à Genève, grâce aux dispositions vraiment libérales des 
règlements allemands, à la seule condition qu’il fût déposé et consulté 
dans une bibliothèque universitaire. Nous devons des remerciements à 




io 


BULLETIN. 


gouvernement de l’Église universelle, son épouse. Imposant à 
notre faiblesse le joug de l’obéissance apostolique, il nous a fait 
monter sur le trône de saint Pierre afin que, comme du sommet 
suprême, dirigeant nos regards et notre pensée sur le sort des 
plus humbles, nous donnions notre attention à ce qu’il juge con¬ 
venir à la gloire de cette Église et à la propagation de la foi 
orthodoxe, à l’état de tous les fidèles et à ce qui peut leur être 
nécessaire. C’est en particulier pour que, examinant plus spécia¬ 
lement de quelle manière ils peuvent être acheminés, selon 
l’ordre du Maître, vers sa maison, par le don de la sagesse, à 
travers les ténèbres de l’ignorance, nous les incitions à les dis¬ 
siper eux-mêmes, pour que nous mettions notre zèle à les engager, 
par les témoignages de notre sollicitude et la concession des 
faveurs apostoliques, à poursuivre l’étude des lettres, sous la 
bannière desquelles combat l’Église qui porte le nom divin, 
s’étend son culte et s’augmente la prospérité de l’existence hu¬ 
maine. 

« Comme donc le duché de Savoie, ainsi que vous nous l’avez 
fait exposer, quoique suffisamment riche en cités fameuses, en 
localités remarquables, en population et en biens, ne présente 
aucun lieu où fleurisse au moins une université des arts libéraux, 
d’où il résulte que, ne jouissant des avantages d’aucune école de 
ce genre, la plupart des gens de ce pays, désireux d’ailleurs 
de s’instruire sont plongés dans l’ignorance des lettres; 

« Considérant que la cité de Genève, laquelle bien que située 
dans le même duché relève, comme on sait, de la souveraineté 
temporelle de l’Église genevoise, se trouve être particulièrement 
propre et idoine à recevoir et à développer une semblable école; 

a Puis que, soucieux de la prospérité non seulement du trou¬ 
peau qui vous a été confié, mais encore de celle des régions 
voisines et de l’État précité, vous désirez qu’une telle université 
des arts soit érigée et organisée dans la cité susdite, de par l’au- 

MM. Théophile Dufour, directeur, et Hippolyte Aubert, conservateur, de 
notre Bibliothèque publique, non seulement pour la peine qu’ils ont eue à 
ce sujet, mais pour l’intérêt qu’ils ont pris à la lecture du document lui- 
même. Nous avons eu constamment recours à leur obligeance. Avant la 
réexpédition du précieux formulaire, M. Théophile Dufour a bien voulu 
collationner à son tour avec l’original la première épreuve du texte ci- 
dessus. 




DOCUMENTS INEDITS. 


17 


torité et avec la bénédiction du siège apostolique, afin qu’en ce 
lieu, sous les plis protecteurs du manteau de ses grâces, soient 
instruits les simples à l’abri de l’erreur, grandisse la droite 
raison et, sous les rayons de la pure doctrine, s'épanouissent les 
intelligences; 

« Nous apprécions avec la bienveillance d’un père les raisons 
ci-dessus, votre pieux désir de voir jaillir une source de science 
où les hommes pourront venir, à la louange et à la gloire de 
Dieu, puiser la sagesse et élever leur esprit, en l’ornant des dons 
de la pensée. C’est pourquoi, accédant au zèle de vos suppli¬ 
cations, nous vous accordons à vous-même, ou à l’évêque de 
Genève alors en fonctions, le droit de décréter, constituer et 
organiser de par l’autorité apostolique, dans un endroit conve¬ 
nable et approprié de cette cité, la dite université des arts, le 
pouvoir de conférer ensuite de même et de confirmer, tant au 
spirituel qu’au temporel, à cette université, c’est-à-dire aux 
maîtres et docteurs qui y enseigneront et aux étudiants qui vien¬ 
dront y suivre leurs lectures ès arts libéraux, les privilèges, 
libertés, faveurs et honneurs convenables selon les circonstances 
et les nécessités de l’école et de la corporation. Et, afin que ces 
privilèges soient respectés et maintenus à l’encontre de toute 
transgression, nous ajoutons la compétence judiciaire et pénale 
correspondante et la pleine et entière faculté de disposer et de 
statuer, en vertu de la même autorité apostolique, sur toutes 
choses qui, pour l’exécution des fins susdites, auront été jugées 
nécessaires ou opportunes. 

« Nous statuons semblablement et nous ordonnons qu’après la 
fondation précitée, les docteurs, lecteurs et étudiants seront tenus 
d’observer, selon la coutume de l’Université de Paris, les régle¬ 
ments relatifs à l’exercice de la maîtrise dans la faculté des arts 
et à la disposition des livres de toute espèce, ainsi que les pratiques, 
formes, ordonnances et statuts rituels qui ont été jusqu’ici de 
tradition dans cette université. Les uns et les autres auront éga¬ 
lement la jouissance et le bénéfice, tant collectivement qu’en par¬ 
ticulier, des privilèges, libertés, indulgences et immunités qui ont 
été soit expressément concédés par le siège apostolique aux maî¬ 
tres, lecteurs et écoliers de la dite faculté, à Paris ou ailleurs, 
soit consacrés par le droit et la coutume. 


BULLETIN 


T. II. 







18 


BULLETIN. 


« Nous ordonnons de plus que chacun de ceux qui, après avoir 
suivi avec succès le cours de ces études, en auront mérité le 
témoignage et auront sollicité la licence d’enseigner et les hon¬ 
neurs de la maîtrise les recevront, sur la présentation de leurs 
maîtres respectifs, du vicaire général délégué aux charges spiri¬ 
tuelles de cet ordre par le Patriarche prénommé, ou par l'évêque 
de Genève alors en titre, lequel nous voulons, ordonnons et sta¬ 
tuons devoir être, de par l’autorité apostolique, le Chancelier 
perpétuel de l’université qui sera fondée. En cas de vacance du 
siège épiscopal, les candidats seront présentés à celui que nos 
chers fils du Chapitre auront désigné pour leur conférer par pro¬ 
curation spéciale les insignes régulièrement mérités. Le vicaire 
et, à son défaut, le délégué du Chapitre délivreront et confé¬ 
reront à ceux qui leur seront présentés, selon leurs mérites et 
qualités, la licence d’enseigner et les honneurs magistraux, dans 
les formes et suivant le mode établi par les ordonnances et statuts 
ci-dessus indiqués. Les licenciés, sitôt leur grade et leur titre 
obtenus, sans autre examen ni promotion ultérieure dans la 
même faculté, seront tenus partout pour maîtres en icelle et 
pourront enseigner et régenter, tant en la cité de Genève que 
dans les autres universités, à l’instar de ceux qui sont promus aux 
mêmes honneurs à Paris, nonobstant toutes dispositions con¬ 
traires des constitutions apostoliques ou autres, quelles qu’elles 
soient. » 

La charte délivrée par le pape Martin Y à l’évêque Jean de 
Rochetaillée est la seconde en date des chartes universitaires 
genevoises. La première remonte à 1365 et fut concédée par 
l’empereur Charles IV au comte de Savoie, Amé YI. Retrouvé 
aux Archives de Turin, le texte en a été publié par Jules Yuy, 
dans le tome XII des Mémoires de l’Institut genevois (1867- 
1868). 


Charles Borgeaud. 





LES ARCHIVES D’ÉTAT DE GENÈVE 

( 1814 - 1896) 1 


En 1814, dans le temps de notre Restauration, l’espace consacré 
aux Archives de l’ancienne République était renfermé dans quatre 
pièces, la grande salle dite des Fiefs, où l’on conservait surtout les 
plans et une partie des titres et terriers de la Seigneurie, deux 
petites salles annexes, où étaient déposées les minutes des anciens 
notaires, enfin la grande Grotte, assez spacieuse et très élevée, en 
forme de chapelle, occupant le rez-de-chaussée de la tour de 
l’Hôtel-de-Yille, et où se trouvaient beaucoup de documents rela¬ 
tifs à l’ancien diocèse de Genève. Au premier étage de la tour, la 
petite Grotte, de la même étendue que la grande, mais peu élevée 
et éclairée seulement par quatre lucarnes et deux meurtrières, 
contenait alors aussi un certain nombre de registres et de papiers 
du XVIII e siècle. On en trouvait encore à la chambre des 
Comptes, et, en dehors de l’Hôtel-de-Ville, à la Société Écono¬ 
mique, par exemple les registres du Conseil et les registres 
financiers connus sous le nom de livres du trésorier. 

Cette dissémination était très fâcheuse au point de vue de la 
consultation, de la conservation des documents et des responsa¬ 
bilités qui se trouvaient ainsi réparties entre plusieurs départe¬ 
ments et bureaux. Il est vrai que ce ne fut qu’à la Restauration 
que le public fut admis à fréquenter à certains jours les locaux 
des Archives. Au XVIII e siècle encore, il fallait adresser une 
requête au Conseil d’État pour obtenir l’expédition d’un acte, 
et si un particulier demandait à faire lui-même des recherches 


Communication faite à la Société le 25 février 1897. 





20 


BULLETIN. 


en vue d’un travail spécial, il se heurtait parfois à un refus, 
surtout s’il était étranger ou si le motif allégué ne paraissait pas 
suffisant. L’utilité des Archives était comprise avant tout poul¬ 
ies besoins des Autorités, lorsqu’elles avaient à y rechercher 
quelque ancien titre ou droit, selon l’expression du temps. Ce 
point de vue primait encore en 1815 lorsque, sur la propo¬ 
sition du trésorier général, on nomma une commission chargée 
de l’inspection et de la surveillance des Archives, « selon le 
renouvellement des anciens usages. » O 11 faisait par là allusion 
à la commission ou chambre des Fiefs, créée en 1708 et placée 
sous la direction de la chambre des Comptes; cette commission 
avait sous ses ordres le commissaire général, nom donné à 
l’archiviste. Son principal objet était de faire un inventaire 
exact de tous les titres et terriers, de les ranger en bon ordre 
et de s’instruire en général de tout ce qui pouvait servir au 
maintien des droits de la Seigneurie. 

La commission des Archives fut composée d’un syndic ou 
ancien syndic, de trois conseillers d’État et de trois autres 
personnes choisies parmi les amateurs des vieux documents et 
des antiquités. L’archiviste, M. Vaucher-Strubing, méritait des 
éloges, d’après diverses mentions des registres du Conseil 
d’État, et un membre de ce corps disait que les archives étaient 
tenues par lui dans le plus grand ordre. Cela devait être bien 
relatif, car, en 1819, la commission obtenait un crédit de 500 
florins pour rétablir l’ordre et la propreté dans les collections. 

Une preuve que les Archives étaient alors peu utilisées par les 
particuliers ressort d’un incident qui se passa dans l’automne de 
1820. Au commencement de l’année, le procureur général attirait 
l’attention du Conseil d’État sur les inconvénients qui résultaient 
pour le service public de l’absence de M. Vaucher. Le précieux 
dépôt confié à ses soins ne pouvant être laissé seul sans un sur¬ 
veillant habituel, il demandait qu’on nommât un gardien par 
intérim ou qu’on remplaçât l’archiviste absent. M. Vaucher, en 
effet, avait accepté, avec l’autorisation du Conseil d’État, d’aller à 
Bâlè procéder à la confection des cartes de démarcation du côté 
de la France, et il avait fait un traité avec le commissaire fédéral 
et le commissaire cantonal. Mais on n’avait pas assez calculé la 
durée de ce travail, auquel nuisait en outre la brièveté des jours. 






LES ARCHIVES D’ÉTAT DE GENÈVE. 


21 


Deux jours avant cette démarche du procureur général, M. Vau- 
cher avait demandé de prolonger son absence de quatre mois, et 
il ne cachait pas qu’il espérait obtenir des autres cantons suisses 
limitrophes de la France d’être chargé du travail de leurs cartes. 
Le Conseil d’État, comprenant qu’on ne pouvait continuer son 
traitement à l’archiviste pendant son absence et que le service 
des Archives exigeait la présence d’un surveillant, prit le parti 
de nommer un gardien temporaire qui recevrait le traitement 
de l’archiviste. Toutefois il ne se préoccupa point de rechercher 
un homme qui fût ou pût se rendre capable de lire les anciennes 
écritures, qualité indispensable pour classer, cataloguer et aider 
les consultants. Il appela à ces fonctions M. Bouchet, ancien 
employé dans l’administration des Eaux et Forêts pendant la 
réunion de Genève à la France, homme connu, dit le registre, 
sous les rapports les plus avantageux. 

Cependant l’intérimat se prolongeait et le Conseil renouvelait le 
congé avec beaucoup de patience. A la fin de mars 1821, M. Vau- 
cher déclarait qu’il ne pouvait absolument pas fixer l’époque à 
laquelle il aurait terminé ses travaux de topographie et deman¬ 
dait qu’on nommât M. Bouchet archiviste suppléant, pour ne pas 
fatiguer le Conseil de ses demandes de congé; il proposait de 
s’entendre avec lui pour la répartition du traitement. Dans la 
même séance où cette communication fut transmise, la commis¬ 
sion faisait part de diverses mesures qu’elle avait prises. Elle 
avait réduit à deux par semaine les jours ouvrables au public, et 
elle avait fait afficher cette décision qui n’avait provoqué aucune 
plainte. En outre, le Lieutenant de Police ayant besoin d’un 
homme sûr pour remplir les fonctions de commis au nouveau 
bureau de Police, elle lui avait accordé M. Bouchet pendant les 
jours que lui laissaient libres les Archives, ce qui avait l’avantage 
d’un côté de ne pas créer un nouvel employé, de l’autre de 
réduire en proportion les honoraires de l’archiviste. Le Conseil 
approuva cette résolution et chargea la commission de lui rédiger 
un projet d’arrêté. Mais, dans la séance du 18 avril où fut pré¬ 
senté ce projet, qui réduisait à mille florins le traitement de 
l’archiviste, le Conseil d’État, après délibération, s’engagea de 
plus en plus dans la voie des économies et arrêta que ce poste 
serait supprimé, que les secrétaires d’État auraient la direction 




22 


BULLETIN. 


du dépôt, et qu’ils pourraient allouer à un des commis de la 
Chancellerie, ou à tel autre à qui serait conféré ce service, un 
émolument de 500 florins ou de 1000, si la personne était étran¬ 
gère à l’administration. Rien d’étonnant au reste que le Conseil 
ait été amené à cette mesure extraordinaire, cet office, comme 
nous l’avons vu, n’ayant alors de réelle utilité que pour les 
employés de l’État, qui n’avaient généralement à consulter que 
des plans et des pièces récentes. Toutefois cette décision ne fut 
pas exécutée ou ne le fut que très peu de temps, car, six mois 
après, le Conseil approuvait un projet de serment à imposer au 
garde des Archives et au secrétaire de Police. M. Bouchet con¬ 
tinua donc à exercer paisiblement ces deux fonctions assez bizar¬ 
rement accouplées. 

* 


En 1822, le besoin s’était fait sentir d’avoir sous la main le 
bureau des Hypothèques. Le Conseil approuva, le 27 mars, la 
proposition de l’installer dans les deux salles de minutes des 
notaires qui formaient au rez-de-chaussée l’angle sud-ouest de 
l’Hôtel de ville. Comme il fallait rejeter dans celle des Fiefs le 
contenu de ces salles, la commission fut chargée de donner un 
aperçu approximatif de ce que coûterait, vu ce changement, la 
confection d’un nouvel inventaire. Quinze jours après, elle dépo¬ 
sait son rapport dans lequel on lit ce qui suit : « Le nombre des 
papiers qui pourraient être sortis tant de la chambre des Fiefs 
que de la grande Grotte ne serait pas suffisant pour procurer la 
place qu’exigerait le déplacement des minutes de notaires, dont 
la moitié tout au plus pourra être placée dans la salle des Fiefs 
en y établissant des armoires à hauteur d’appui. Il importe de 
conserver dans cette salle la place nécessaire pour le déploye- 
ment des plans et mappes cadastrales que l’on y vient consulter 
chaque jour, et pour les papiers qui pourront y être déposés dans 
la suite. » Vu l’impossibilité de caser ces minutes, la commission 
demandait qu’on fît un nouvel examen des lieux et notamment 
de l’emplacement occupé par le café, où l’on n’aurait plus à 
craindre l’humidité si l’on pratiquait un jour du côté de la 
Treille. Le café de l’Hôtel de ville, dont le tenancier était le sieur 
Papon, était au rez-de-chaussée du côté de la promenade, au- 





LES ARCHIVES d’ÉTAT DE GENEVE. 23 

dessous des chambres des Fiefs et des Notaires ; ses loyers et 
ses cheminées multipliaient les risques d’incendie. 

Les deux commissions, celle de l’organisation du bureau des 
Hypothèques et celle des Archives, furent invitées à se réunir et 
à élaborer un plan qui fut mis à exécution. Papon reçut son 
congé le 31 octobre; les salles furent aménagées et la plus 
grande fut voûtée. On y transporta l’année suivante les minutes 
des notaires, les locaux laissés par celles-ci furent occupés par 
les Hypothèques. Les Archives s’agrandissaient de toute une 
vaste pièce. 

* 


Cependant la nécessité de posséder un archiviste dans le sens 
réel du mot, et non plus un simple gardien, s’imposait de plus en 
plus. Le 22 février 1826, le syndic Rigaud exposait en Conseil 
« que les personnes en état de lire les anciens manuscrits devien¬ 
nent de plus en plus rares \ que cependant cette connaissance 
seroit indispensable pour la bonne tenue des Archives, que le 
sieur Bouchet, gardien, qui apporte beaucoup d’exactitude dans 
ses fonctions, ne seroit pas en état de faire des travaux qui remon¬ 
teraient à des actes anciens. » M. Rigaud invitait le Conseil à exa¬ 
miner si ce ne serait pas le cas de chercher une personne qui pût 
répondre à cette nécessité, et, si cette personne n’existait pas, 
d’encourager tel jeune homme qui se destinerait au service public 
à faire les études nécessaires pour se mettre en état de refaire les 
inventaires et de diriger les Archives. Après délibération, le 
Conseil renvoya ces observations à l’examen de la commission. 
Nous ne trouvons pas les résultats de cet examen, et la suite 
nous montrera qu’il fallut attendre longtemps encore pour voir 
réaliser le vœu qui venait d’être exprimé. En revanche, un lait 
se produisit qui devait conduire peu à peu à un état de choses 
meilleur. 

On se souvient en effet que le gardien partageait son temps 
entre la Police et les Archives; on en vint bientôt à exprimer le 

1 Au commencement du dix-huitième siècle, les répertoires qui se fai¬ 
saient montrent combien les vieux documents présentaient déjà de diffi¬ 
cultés pour la lecture. 




24 


BULLETIN. 


désir que chacune d’elles eût un employé exclusivement consacré 
à son service. Une commission nommée ad hoc rapportait en 
conseil, le 26 février suivant, qu’elle avait été unanime à pourvoir 
le bureau de Police d’un commis qu’il aurait à lui seul, ce qui 
n’était pas le cas du commis actuel, M. Bouchet, dont elle appré¬ 
ciait du reste le zèle et le caractère. Elle a consulté, disait-elle, la 
commission des Archives, qui a reconnu que les fonctions de l'ar¬ 
chiviste sont imparfaitement remplies par le fait du partage de 
son temps entre deux bureaux. En conséquence, elle proposait de 
maintenir M. Bouchet comme archiviste se tenant habituellement 
aux Archives à la disposition du public, et de nommer une autre 
personne pour la place de commis ou secrétaire du bureau de 
Police. La proposition fut adoptée séance tenante. 

Environ trois ans s’écoulèrent avant que l’arrêté fût mis à 
exécution. Les Lieutenants de Police qui s’étaient succédé avaient 
cru pouvoir s’en passer, mais le Lieutenant qui fonctionnait 
en 1829 optait au contraire pour le règlement de la question. 
Le procureur général signala la nécessité de rendre les Archives 
plus accessibles aux particuliers et aux membres des diverses 
administrations. La commission des Archives, de nouveau con¬ 
sultée, fut plus explicite encore : « Les particuliers souffrent de 
la difficulté qu’on éprouve à se procurer les documents consignés 
dans les registres publics qui remontent aux temps antérieurs 
à la réunion de Genève à la France, et l’État est exposé à 
perdre des droits précieux qui restent ignorés. Le sieur Bou¬ 
chet, gardien des Archives et secrétaire du bureau de Police, 
est tenu d’ouvrir le premier de ces locaux deux matinées par 
semaine. Ce temps ne répond pas aux besoins du public. En 
outre, il arrive souvent que le service de Police appelle le sieur 
Bouchet et qu’il se trouve forcé de laisser faire des recherches 
dans les registres par des particuliers ou des agents d’affaires 
qui ne les rétablissent pas dans l’état où ils les ont reçus. La 
commission propose donc l’ouverture des Archives trois jours 
par semaine. Si M. Bouchet ne déchiffre pas les écritures 
anciennes et ne sait pas rédiger, il a l’habitude de l’ordre, il 
peut expédier des copies de plans, il est agréable au public qu’il 
traite avec politesse, il est connu par sa discrétion et son désinté¬ 
ressement. B suffira donc au public, il vaut mieux le laisser aux 




LES ARCHIVES ü’ÉTAT DE GENÈVE. 25 

Archives, tandis qu’à la Police un fonctionnaire jeune et actif 1 est 
plus nécessaire. » 

Ces conclusions furent approuvées et mises en voie d’exécution. 
Un règlement s’ensuivit au commencement de l’année suivante, 
les locaux furent ouverts au public trois fois par semaine et 
M. Bouchet, dorénavant uniquement attaché au bureau des 
Archives, consacrait les autres jours à la mise en ordre des 
collections. Un premier pas était fait. Cependant l’article 9 du 
règlement montre combien le but réel des Archives était encore 
peu compris. Le gardien, était-il dit, pourra communiquer les 
registres, titres et plans aux particuliers qui y sont intéressés. 
Pour toutes recherches faites dans un but historique ou étranger 
à la personne qui se propose de les faire, il faudra une autori¬ 
sation du président de la commission des Archives. 

* 

Nous avons vu qu’au XVIII e siècle la chambre des Comptes 
avait sous ses ordres la commission ou chambre des Fiefs et le 
commissaire général. Quoique, par la nouvelle organisation, elle 
n’eût plus à s’occuper directement des Archives, cependant, de 
même que les autres départements de l’État, elle était intéressée 
au bon ordre des collections, scs employés ayant souvent à y faire 
des recherches. Le 31 octobre 1835, elle demanda à la com¬ 
mission des Archives de prier le Conseil d’État de vouloir bien 
examiner « s’il ne conviendrait pas de faire dresser de tous les 
documents un résumé sommaire qui en représentât l’ensemble et 
la classification chronologique, et qui pût en même temps servir 
d’indicateur de la place qu’ils occupent. » Elle ajoutait qu’elle 
estimerait bien entendues les dépenses qui seraient nécessaires 
pour obtenir ce résultat, ainsi que toutes mesures qui auraient 
pour but d’améliorer l’ordre et de faciliter les recherches. Trois 
mois après, la commission répondit qu’elle approuvait l’idée de 
faire faire un inventaire complet des documents, mais qu’elle 
n’avait à Genève aucune personne ayant les connaissances spé¬ 
ciales pour un semblable travail, qu’il fallait donc appeler des 
personnes étrangères auxquelles, moyennant une rémunération 


1 M. Bouchet était âgé de 60 ans. 




26 


BULLETIN. 


convenable, on confierait la luise en ordre des Archives; qu’enfin 
il faudrait pour cette classification un local nouveau et plus 
étendu. 

Il faut bien reconnaître que trois choses s’opposaient à ce clas¬ 
sement : le manque de place, l'ignorance où l’on était de ce que 
renfermait le dépôt, ce qui empêchait toute création de caté¬ 
gories, et l’absence d’un plan général qui pût servir de guide. A 
la suite des périodes révolutionnaire et française, ainsi que des 
changements de locaux, l’encombrement et le désordre régnaient 
dans les salles. Les papiers et les registres étaient entassés pêle- 
mêle en monceaux ou enfermés dans des caisses dans lesquelles 
les dernières couches privées d’air se pourrissaient. Comment 
s’orienter dans ce dédale lorsqu’on n’avait pas sous la main quel¬ 
que local attenant où l’on pût, sur plusieurs grandes tables, classer 
chronologiquement et par divisions ? Ces salles au reste n’étaient 
pas uniquement remplies de registres et de papiers. On avait pris 
insensiblement l’habitude de les considérer comme un lieu de 
décharge, où l’on venait reléguer tout ce qui encombrait les 
diverses parties de la demeure sénatoriale. Vieux bahuts et 
vieilles chaises hors d’usage, écriteaux, tapis et banquettes ser¬ 
vant aux promotions et autres cérémonies publiques, vieilles 
portes d’armoires, planches et bois de toutes sortes, anciennes 
pierres sculptées, siège du Sautier, buste de Bonaparte, etc., tout 
était bon à reléguer aux Archives \ En dernier lieu, il y avait un 
grand mélange de registres et de papiers entre la petite Grotte 
du Conseil d’État, aujourd’hui spécialement réservée aux docu¬ 
ments de ce siècle, et les salles consacrées aux Archives de 
l’ancienne République. 

La commission prit donc, après sa délibération du 23 janvier 
1836, des informations à l’étranger, à la suite desquelles elle 
s’adressa à M. Duvernoy, de Montbéliard, correspondant de la 
Société Royale des antiquaires de France et membre de l’Aca¬ 
démie de Besançon. Il vint au mois de mars visiter les lieux, mais 
les conditions qu’il mit à l’exécution de ce travail firent renoncer 
le Conseil d’État à s’adresser à lui; il demandait une place à vie 

1 Ce ne fut qu’en 1866 que le directeur Heyer a obtenu qu’il fût mis 
un terme à un pareil laisser-aller et a fait débarrasser les locaux de tout 
ce fatras. 


LES ARCHIVES d’ÉTAT DE GENÈVE. 


avec appointement de 3600 francs. On l’indemnisa de ses frais de 
voyage et en retour il promit d’envoyer un rapport contenant ses 
idées sur le classement de nos collections. Le rapport n’arriva 
point. Ce fut, à notre avis, fort heureux que cette démarche ait 
échoué, car un Genevois est bien plus apte à se familiariser avec 
notre histoire et nos anciennes institutions, dont le caractère 
spécial n’a guère de ressemblance avec celui des autres contrées. 
On demeura donc, quant à ce point, au statu quo. Restait le 
deuxième par lequel on aurait dû débuter, l’obtention d’un local 
nouveau et plus étendu. La commission ne cessait d’inspecter les 
lieux, de se rendre compte du nombre des registres et papiers 
qu’ils contenaient, et de visiter tour à tour la petite Grotte, la 
grande Grotte et les salles attenantes à cette dernière, afin 
d’estimer la place qu’il faudrait pour caser tout et obtenir 
l’ordre tant souhaité. 

Enfin, à la dernière séance de 1838, le président signalant le 
manque de place et l'impossibilité d’un classement, s’exprimait 
ainsi : « La petite Grotte, basse et obscure, ne peut plus contenir les 
archives du Conseil d’État. Les procédures criminelles, entassées 
dans la salle du ci-devant café de l’Hôtel de ville, ne peuvent être 
classées faute de place, non plus que les registres et papiers de la 
Société Économique restitués aux Archives. Les minutes de 
notaires, depuis que remplacement où elles se trouvaient a été 
donné aux Hypothèques, sont dans un local fort humide ; si elles 
ne sont pas déplacées, elles seront détruites dans quelques an¬ 
nées. » Sur ce rapport désastreux, la commission décida, le 24 
janvier 1839, de s’informer auprès de la Société Économique si 
elle ne pourrait pas lui accorder un local. A la séance suivante, 
les délégués présentèrent leur rapport, dont nous extrayons ce 
qui suit : « Les vastes locaux inutilisés dans Saint-Pierre au- 
dessus des voûtes des basses nefs ne peuvent servir, le sol n’étant 
pas nivelé, mais bombé en hémisphère par la saillie des voûtes en 
pierres brutes de chacune des arcades de l’édifice. En revanche, 
la salle haute des Macchabées, de la grandeur même de la cha¬ 
pelle, soit de vingt-deux pieds environ sur quarante-quatre, est 
un emplacement sec et aéré, éclairé par six lucarnes, d’une 
élévation d’environ neuf pieds et qui, moyennant quelques 
travaux, serait parfaitement approprié au but d’aménagement 




28 


BULLETIN. 


qu’on se propose. » Après un mois de pourparlers, la salle fut 
accordée. 

* 

Cette importante transaction terminée, la commission se mit à 
régler les obligations auxquelles serait astreint l’archiviste in¬ 
trouvable. Il devait d’abord, entre autres occupations, organiser 
le transport aux Macchabées des terriers et de leurs annexes 
relatifs aux impôts et taxes, qui prenaient une place considérable 
dans la grande Grotte, reclasser cette grosse collection à l’aide 
de l’inventaire de 1743, ensuite procéder au classement à 
l’Hôtel de ville. Mais il aurait fallu tout d’abord, puisque la com¬ 
mission prenait un tel soin de marquer au nouvel élu sa ligne de 
conduite, lui imposer l’obligation de se rendre un compte aussi 
exact que possible de la nature des richesses confiées à sa garde 
et de dresser après cela un plan d’ensemble qui lui permettrait, à 
lui et à ses successeurs, de travailler à coup sûr, sans trop de 
perte de temps. 

C’est en effet ce plan d’ensemble qui manque généralement 
quand on entreprend de classer des dépôts publics. Aussi 
arrive-t-il que les archivistes qui se succèdent recommencent, 
chacun suivant son idée, le travail de leurs prédécesseurs, re¬ 
faisant les inventaires des mêmes séries et laissant de côté ce 
qui n’a pas été commencé. Il est vrai, pour leur justification, 
qu’il peut survenir des changements dans les collections de par 
les circonstances politiques ou les décrets d’autorités supé¬ 
rieures qui, en modifiant les circonscriptions territoriales ou les 
organisations locales, retirent ou ajoutent des dossiers aux 
dépôts d’archives. Mais, si ces changements sont notés à mesure 
qu’ils ont lieu, de nouveaux inventaires remplaçant ceux qui 
existent n’ont pas une utilité immédiate, et il faut savoir aller 
résolument de l’avant. Il suffisait au nouveau titulaire d’étudier 
quelque peu l’histoire intérieure de Genève, ou de se contenter 
d’ouvrir un des registres du Conseil du siècle dernier et d’y 
prendre connaissance du rôle des Chambres et des Offices. Qu’y 
lit-on en effet? les rubriques suivantes : chambre des Comptes, 
chambre des Gardes ou des Taxes, jointe à elle, Trésorier 
généra], chambre des Appellations, d’Artillerie, des Fortifica- 






29 


LES ARCHIVES D'ETAT DE GENEVE. 

tions, de la Santé, de la Réforme (du luxe), Monnaie, commis 
aux Visites (des immeubles), chambre des Blés, du Commerce, 
du Vin, des Fiefs, de la Netteté, gabelle de la Chair, Châtellenies. 
Tout cela eût déjà constitué la majeure partie des divisions et 
sous-divisions, et eût épargné bien des tâtonnements et de fausses 
pistes. 

Après quelques recherches infructueuses, la commission trouva 
en M. Louis Sordet un homme qui paraissait tout à fait propre 
aux fonctions à pourvoir. Il eut quelque peine à accepter les con¬ 
ditions qui lui étaient faites. Il voulait la même chose que 
M. Frédéric Soret, auquel on s’était d'abord adressé et qui avait 
demandé d’emblée à ne pas être en rapport avec le public. La 
commission, qui n’avait pas admis cette manière de voir, paraît 
l’avoir acceptée de M. Sordet, car, sur sa demande, elle établit 
dans la salle des Fiefs un cabinet vitré où il pourrait travailler 
sans être dérangé les jours d’admission du public. 

M. Sordet fut installé dans ses fonctions le 3 juillet 1839. Il se 
consacra aussitôt au transport des registres aux Macchabées, 
après les avoir collationnés sur le plus récent inventaire, celui 
de 1743. Cette opération l’initia déjà à la connaissance des 
vieilles écritures, en sorte que, lorsqu’au bout de huit mois elle 
fut achevée, la commission ne put s’empêcher de reconnaître 
que « M. Sordet n’avait pas tardé pendant cette première année 
à acquérir un talent tout spécial sur la diplomatique. » Elle n in¬ 
sista plus pour qu’il allât auprès de M. de Chambure, directeur 
des archives de Dijon, prendre des leçons de paléographie, comme 
elle en avait fait la condition lors de son entrée, voyage qu'il 
avait ensuite esquivé pour des raisons de santé. Mais, afin de ne 
pas avoir fait toutes ses démarches inutilement (il avait été même 
question que M. de Chambure vînt à Genève), elle dépêcha un de 
ses membres, M. Édouard Mallet, à Dijon. Celui-ci en revint au 
bout d’une quinzaine de jours avec un mémoire détaillé et fort 
intéressant sur l’organisation des archives de Bourgogne et du 
département de la Côte-d’Or. Nous ne pouvons résister au plaisir 
de citer les conclusions de M. Mallet, car elles concordent pleine¬ 
ment avec notre manière de voir : « Une première observation, 
dit-il, domine la matière, c’est que le classement d’un dépôt d’ar¬ 
chives ne peut jamais être modelé sur celui d’un autre dépôt. 




30 


BULLETIN. 


même analogue. Les archives ne sont autre chose que le résultat 
de l’histoire contemporaine, ses traces écrites, les monuments qui 
survivent aux faits accomplis. Elles doivent donc varier suivant 
les institutions du pays, son organisation, son administration, ses 
habitudes. Sous ce rapport, Genève, petit État indépendant, 
ayant, surtout avant 1798, des formes politiques et administra¬ 
tives tout à fait particulières et qui n’appartiennent qu’à elle, 
doit avoir aussi des archives très spéciales, autrement classées et 
subdivisées qu’aucune des archives connues. Et je suis convaincu 
qu’à mesure qu'on pénétrera dans ce dépôt, qu’on en étudiera les 
diverses parties, on se fera une idée de plus en plus claire de la 
division à y apporter. — Une seconde observation non moins 
essentielle est qu’on ne peut arriver à rien de complètement 
satisfaisant en ce genre qu’après avoir inventorié tout le contenu 
aux Archives. Non pas que j’entende ajourner à un avenir aussi 
éloigné que celui-là toute classification, bien loin de là. Mais je 
veux dire que, quelque bonne que soit la classification qui sera 
provisoirement adoptée, les pièces qui s’inventorieront successi¬ 
vement lui feront subir de nombreuses modifications. Le classe¬ 
ment définitif ne pourra donc avoir lieu qu’après que l’on 
connaîtra les diverses parties qui doivent figurer dans le tout. » 
Le seul résultat pratique du voyage de M. Mallet fut que, sur sa 
proposition, on décida de passer à l’huile et à la céruse les rayons 
(les étagères préparées aux Macchabées, afin de préserver les 
manuscrits des insectes. On arrêta aussi, à l’exemple de Dijon, de 
placer les dossiers et pièces isolées dans les enveloppes qu’on 
nomme chemises, sur lesquelles seraient inscrits l’analyse du 
contenu et un numéro d’ordre. 


* 

Avec le mois de juillet de l’année 1840, M. Sordet commença à 
trier les documents qui encombraient confusément les grottes, en 
commençant par les actes sur parchemin. Il en fit deux catégories 
distinctes, l’une des actes se rattachant aux terriers, reconnais¬ 
sances, ventes, donations, etc., et l’autre du genre historique, 
composée des documents, lettres-patentes et autres pièces éma¬ 
nant des pouvoirs laïques relatifs à l’évêque et à l’évêché, ainsi 
qu’aux autorités civiles et religieuses des pays environnants. Il 







LES ARCHIVES d’ÉTAT I)E GENEVE. 


31 


fit transporter la première de ces divisions aux Macchabées et 
la seconde, il la classa chronologiquement dans des portefeuilles 
et en forma ainsi la collection qu’il nomma 'portefeuilles des pièces 
historiques. Parvenu aux temps de la Réforme, l’archiviste versa 
dans cette collection toute la correspondance du conseil pour les 
affaires générales, et peu à peu se laissa entraîner à y insérer 
encore les pièces qui lui paraissaient intéressantes ou curieuses, 
telles que des publications du conseil, des mémoires et propositions 
concernant l’ordre et la bienséance des rues de la ville, des con¬ 
ventions, des commandes de travaux, des amodiations, baux et 
fermes, des extraits de registres, des tableaux de recettes et de 
dépenses, des règlements sur des corps de métiers, médecins, chi¬ 
rurgiens et apothicaires, confiseurs et épiciers, maçons, etc. Il 
déflorait ainsi d’avance, sans y songer, les diverses divisions et 
sous-divisions qui pourraient se constituer plus tard. Mais on 
conviendra qu’en l’absence d’un plan général, vu l’énorme quan¬ 
tité de documents et le défaut d’espace pour le triage, il y avait 
de quoi perdre la tête. On ne peut donc pas faire un crime à 
l’archiviste d’avoir, dans cette dernière opération, procédé un 
peu à l’aventure. 

Cette réserve faite, hâtons-nous de dire que la formation du 
portefeuille historique a été une œuvre considérable. M. Sordet a 
analysé plus de 5700 dossiers, comprenant plus de 40,000 pièces 
et allant de l’année 934 jusqu’en 1814. Ces analyses, bien faites et 
détaillées, ont été recopiées par lui chronologiquement sur deux 
gros registres-inventaires. Elles rendent journellement les plus 
grands services par la masse de renseignements qu’elles procurent 
aux chercheurs. Les habitués des Archives les connaissent bien, 
et pour ceux qui n’ont pas eu l’occasion de feuilleter ces inven¬ 
taires, je signalerai quelques pièces importantes. Ce sont, en pre¬ 
mier lieu, un certain nombre de bulles des papes, parmi lesquelles 
se trouve le beau vidimus de 1483, avec dessins coloriés en marge, 
de l’acte apocryphe dit la Bulle d’or ; puis la tâche donnée en 
1514 par le Chapitre de faire les formes ou stalles des chanoines 
dans le chœur de Saint-Pierre pour le prix de 700 florins d’or; 
l’original en 1387 des franchises de l’évêque Adhémar ; un bor¬ 
dereau, daté de 1437, des espèces trouvées dans l’arche des indul¬ 
gences de la chapelle Saint-Michel à Saint-Pierre; des pièces sur 




32 


BULLETIN. 


les amodiations des halles et des impôts; des lettres-patentes 
de Charles-Quint ; une transaction fort intéressante survenue en 
1445 entre la ville et le faubourg Saint-Gervais qui, disait-on, 
voulait se séparer et refusait de payer les taxes sous le prétexte 
qu’il avait besoin de son argent pour se fortifier; l’acte de fon¬ 
dation en 1434 de l’bôpital des Pauvres-Honteux par François 
de Versonnex; les règlements de 1315 faits à la cour du 
vidomne sur le salaire des maçons, etc. 

Plus tard, alors qu’il avait résigné ses fonctions, M. Sordet fit 
un travail identique de classement et d’analyse pour les procès 
criminels et informations. Il conduisit jusqu’à l’année 16G5 ce 
travail qui avait été commencé en 1864 par M. Henri Fazv 
pendant le peu de temps qu’il eut à exercer les fonctions d’archi¬ 
viste. On y retrouve les mêmes qualités d’exactitude signalées 
dans le portefeuille historique. M. Alfred Bouvier, qui fut succes¬ 
sivement commis des Archives, puis sous-archiviste, continua la 
période de 1665 à 1700 et s’en tira avec honneur. 

* 

M. Sordet, qui à trois reprises avait donné sa démission à cause 
du tort que causait à sa santé la crudité des locaux au printemps 
et en automne, se retira définitivement en 1851. Dès cette date 
jusqu’en 1885 le classement général fut interrompu. 

Plusieurs causes contribuèrent à cette interruption. On peut se 
demander d’abord si la commission des Archives était réellement 
très utile. Même si elle était composée d’érudits et d’archéologues, 
ce qui était ordinairement le cas, on doit reconnaître que, pour 
imprimer une direction constante et uniforme, il aurait fallu 
qu’elle connût à fond le contenu du dépôt. De 1815 à 1838, alors 
qu’il n’y avait qu’un gardien uniquement occupé à répondre aux 
employés des autres bureaux et aux particuliers ou à faire des 
expéditions de plans, elle avait beau déléguer deux ou trois de 
ses membres auprès de lui pour le diriger dans le classement, on 
ne voit guère à quel résultat elle aboutissait. 

En 1839, à la nomination de l’archiviste Sordet, elle conserva 
le gardien en lui donnant le titre de commis. Mais les fonctions 
de ce dernier — c’est le règlement de cette année-là qui le dit 
— devaient encore se borner à recevoir le public, à faire la 





LES ARCHIVES ü’ÉTAT UE GENÈVE. 


33 


recherche des manuscrits demandés, à donner des expéditions de 
plans et d’actes, tandis que son supérieur était seul chargé du 
classement, et même encore sous la direction de la commission. 
Comme l’archiviste se montra dès le début capable, et qu’il 
donna ses idées pour l’arrangement du portefeuille historique, 
lesquelles furent d’emblée acceptées, ce fut lui en réalité qui 
dirigea la commission ; celle-ci approuvait toujours. 

Survint la révolution d’octobre 1846 ; avec cette date s’effon¬ 
dra l’ancien régime politique. La commission des Archives dispa¬ 
rut aussi, et, disons-le en passant, dans un moment bien inoppor¬ 
tun, car elle semblait être à la veille de recouvrer des pièces dont 
une partie seulement est rentrée, il y a peu d’années, dans le ber¬ 
cail. En 1852, au moment de la nomination du successeur de 
M. Sordet, un nouveau règlement modifia légèrement les fonc¬ 
tions du commis en ce sens que, dans les instants où ses occupa¬ 
tions habituelles lui laisseraient quelques loisirs, il devait aider 
l’archiviste dans ses travaux de classement. Donc, si l’archiviste ne 
classait pas, le commis n’osait voler de ses propres ailes. A partir 
de 1866 il fut créé une place de directeur des Archives, fonctions 
qui ne pouvaient être que nominales, puisqu’elles ne sont pas 
rétribuées et que le directeur n’est pas astreint à s’occuper du 
classement des collections. 

Ce n’est pas à dire que le successeur de M. Sordet, M. Grivel, 
qui demeura trente ans dans sa charge jusqu’à son décès survenu 
vers la fin de 1885, n’ait pas laissé de traces aux Archives. Bien 
au contraire, mais pour une raison ou pour* une autre, en premier 
lieu sans doute pour l’éternelle cause du manque apparent de 
place, il renonça au classement général et ne s’occupa que des 
répertoires. Il continua et acheva un travail commencé par 
M. Gentin, qui fut quelques mois archiviste avant lui, savoir le 
répertoire alphabétique des matières et des noms du portefeuille 
historique, utile complément du répertoire chronologique. 11 pro¬ 
céda à l’inventaire analytique d’une collection appelée manuscrits 
historiques, concernant l’histoire de Genève intérieure et exté¬ 
rieure, Comme ces registres sont souvent composés de matières 
très diverses, il a eu la bonne idée d’en confectionner un inven¬ 
taire alphabétique qui rend journellement beaucoup de services. 
Il a créé une seconde série de procès criminels retrouvés dans 

3 


BULLETIN. - T. II. 




34 


BULLETIN. 


diverses parties des locaux et en a fait les analyses. Mentionnons 
encore divers travaux utiles pour des recherches plus spéciales, 
une table chronologique et alphabétique des lettres et pièces 
diverses insérées dans les registres du conseil, quelques index de 
ces registres, la mise en portefeuilles et dans des chemises, par 
ordre de dates, d’expéditions de testaments remises par les anciens 
notaires, un répertoire alphabétique de trois registres d’habitants 
du XVI e siècle, etc. 

* 


Lorsque, en 1885, l’archiviste actuel 1 entra en fonctions, la 
situation commençait à devenir très difficile. Depuis longtemps 
déjà les rapports des Archives, qu’on lit dans les exposés annuels 
de la gestion du Conseil d’État, ne se lassaient pas de parler 
de l’insuffisance des locaux. « Le défaut de place, lisons-nous en 
1878, constitue un obstacle sérieux à toute tentative de classe¬ 
ment général d’après une méthode rationnelle. On peut mettre en 
ordre telle ou telle portion spéciale du dépôt, on peut entreprendre 
des répertoires et des inventaires qui faciliteront toujours plus 
les recherches individuelles, mais on n’arrivera à un état d’en¬ 
semble qu’en doublant ou en triplant l’espace occupé par les 
Archives. Cet encombrement a été déjà l’occasion de pertes irré¬ 
parables. » Et plus loin : « L’entassement actuel est déplorable à 
tous les points de vue, on n’a pas même pu trouver dans la grande 
Grotte la place nécessaire pour un dépôt de minutes effectué 
cette année. » En 1879, en 1880, mêmes plaintes sur l’encom¬ 
brement qui oblige à placer les volumes sur deux rangs de pro¬ 
fondeur. Au haut de la tour de l’Hôtel de ville, dans deux petites 
chambres, était reléguée une grande partie de la collection des 
registres et des papiers de l’époque française, ces derniers entassés 
en liasses serrées dans des meubles énormes et dans des armoires 
si profondes que l’abord de certaines parties en était absolument 
impossible. Aussi, lorsque des ressortissants de l’ancien départe¬ 
ment du Léman venaient demander la communication de ces 


1 Par arrêté du 4 décembre 1885, M. Louis Dufour-Vernes a été nommé 
archiviste d’Etat en remplacement de M. Adolphe Grivel, décédé. 



LES ARCHIVES d’ÉTAT DE GENEVE. 35 

documents, maintes fois ils ont dû pour cette raison s’en retourner 
bredouilles chez eux. 

Depuis 1830 et 1840 les consultations avaient passablement 
changé de nature. Elles portaient alors principalement sur les 
plans et leurs annexes, elles étaient faites avant tout pour des 
administrations. Les particuliers avaient rarement et un peu diffi- 
lement accès dans les locaux et seulement, comme nous l’avons 
vu, pour des recherches d’un intérêt personnel. Peu à peu, à la 
suite des Mallet, Soret, Chaponnière, Herminjard et à mesure que 
se formait le portefeuille historique, les amateurs d’histoire locale 
et extérieure commencèrent à fréquenter les Archives, ce qu’ils 
ne pouvaient faire auparavant sans une autorisation spéciale. 
A partir de 1840, ce ne fut plus seulement pour quelque grand 
ouvrage portant sur telle ou telle période, mais pour une foule 
de données, glanées dans toutes les collections en vue d’une com¬ 
munication quelconque, d’une monographie, que les membres de 
nos sociétés historiques, les étrangers de l’ancien diocèse ou de 
contrées plus éloignées, le premier venu enfin, venaient rechercher 
dans les Archives ce qu’ils ne trouvaient pas dans les journaux et 
papiers de famille, ou ce qui demandait à être confronté avec les 
traditions orales et écrites. Les registres du Conseil et de la 
chambre des Comptes, le portefeuille historique ne suffisaient 
plus à ces recherches. Il fallait à toute force procéder au classe¬ 
ment entier du dépôt et poursuivre les inventaires des principales 
collections auxquelles il donnerait lieu. Avant tout, le classement, 
car si les répertoires ont une grande utilité, elle est secon¬ 
daire — sauf certaines exceptions — du moment que le classe¬ 
ment a déjà été opéré dans chaque division par ordre chronolo¬ 
gique. Les tables ont pour principal objectif d’épargner le temps 
aux chercheurs, mais encore faut-il que la classification générale 
soit terminée, sinon il faut intercaler dans ce qui a été déjà fait 
l’indication des pièces retrouvées, et parfois on est conduit à faire 
une seconde série, comme cela est arrivé pour la portion des 
procès criminels de 1396 à 1700. 

* 

Ces réflexions hantaient le sous-archiviste nommé en 1879. En 
1885, le Conseil d’État le promut à la place d’archiviste, et, dési- 




36 


BULLETIN. 


reux de faire des économies, supprima le poste de sous-archiviste. 
Lors même qu’il se trouvait seul désormais à recevoir le public et 
à vaquer au service journalier, le nouveau fonctionnaire se décida 
néanmoins, voyant qu’il fallait renoncer à espérer de plus vastes 
locaux ou une construction nouvelle, à exécuter le plan qu’il avait 
eu le temps de mûrir longuement. 

Ce plan, du reste, était bien simple. Éventrer d’informes bahuts 
qui prenaient une place inutile et réduire l’espace qu’ils occu¬ 
paient, élever et augmenter des corps de bibliothèques au centre 
et sur le pourtour des salles, en laissant un couloir suffisant pour 
la manutention des échelles, rapprocher les tablettes trop espa¬ 
cées, remplacer par une série d’étagères une grande quantité de 
tiroirs où des papiers végétaient sans air et en proie aux injures 
du temps, profiter des moindres recoins perdus pour obtenir de 
nouveaux rayons, remanier de profondes armoires en les trans¬ 
formant en bibliothèques à trois faces, enfin se procurer quatre 
mille portefeuilles pour abriter les papiers une fois triés, voilà ce 
qu’il s’agissait de faire et ce qui a été fait de 1886 à 1896, avec le 
seul budget annuel de 600 fr., à une ou deux exceptions près, 
sans passer par la honte des crédits supplémentaires. Souvent 
l’archiviste, qui prévoyait qu’il n’arriverait pas au bout de l’an 
par ces moyens restreints, se faisait lui-même charpentier en pre¬ 
nant la scie et le marteau. Saisissons ici cependant l’occasion de 
remercier M. le conseiller d’État Boissonnas, qui, lors des répa¬ 
rations qu’il dirigeait dans la tour de l’Hôtel de ville, fit déloger 
les registres et papiers de l’époque française qui se trouvaient, 
comme je l’ai dit, dans les combles et voulut bien faire supporter 
par l’État les frais des étagères qu’on dut construire au nouveau 
local b 

Les principales collections que toute cette extension d’étagères 
a permis de former sont les comptes, mandats et quittances de la 
Seigneurie et de la chambre des Comptes, les parcelles du tréso¬ 
rier général, autrement dit la dépense de la Seigneurie relative 
aux ouvriers, la correspondance du Conseil pour les affaires par¬ 
ticulières, les papiers des diverses chambres, en particulier de 
l’Artillerie, de la Santé, des Blés, tous les dossiers de la Justice 


1 Rue Calvin, n° 11. 



37 


LES ARCHIVES d’ÉTAT DE GENÈVE. 

civile, les informations criminelles du XVIII° siècle, enfin les 
papiers de l’époque française \ 

* 

Ces travaux manuels et autres étaient heureusement diversifiés 
par l’élaboration d’inventaires et de répertoires devenus indis¬ 
pensables. 

Les titres et droits de la Seigneurie, terriers, registres et rou¬ 
leaux de parchemin, concernant la propriété territoriale et dont 
les plus anciennes pièces datent du début du treizième siècle, 
occupaient, dès 1840, ainsi que nous l’avons vu, la chapelle des 
Macchabées. Comme il fallut ensuite les changer deux fois de 
domicile 1 2 , ils se trouvaient dans le plus grand désarroi. L’archi¬ 
viste, après les avoir réinstallés en ordre sur les rayons de leur 
demeure actuelle, en fit le collationnement d’après l’inventaire de 
1743. Quoique conçu avec la prétention d’analyser le contenu des 
registres, cet inventaire présentait une phraséologie inutile et 
n’indiquait pas d’ordinaire les choses importantes et curieuses à 
noter. Les rouleaux de parchemin ne s’y trouvaient pas inscrits, 
et les index n’avaient rien de pratique et faisaient perdre un 
temps considérable. Enfin les commissaires généraux et les 
archivistes subséquents y avaient intercalé des indications de 
pièces survenues depuis lors, et avaient surchargé les pages de 
notes nouvelles relatives, entre autres, aux registres remis à la 
Sardaigne à la suite du traité de Turin de 1754. Par ces diverses 
considérations, l’archiviste a été amené à refaire entièrement cet 
inventaire, en respectant autant que possible, les anciennes divi¬ 
sions. Il y a ménagé une colonne pour les notes utiles et curieuses 
qu’il rencontrait en feuilletant les registres ou en déroulant les 
parchemins. C’est ainsi qu’il a signalé dans les comptes de la 
Communauté des rôles de bourgeois nouvellement reçus, ce qui a 
permis d’enrichir le livre des Bourgeois 3 . Il y a mentionné 

1 Pour le classement de ces derniers nous avons obtenu le concours 
précieux d’une amie de l’histoire genevoise. 

2 A la suite de la restauration de la chapelle des Macchabées, ils 
furent placés quelque temps dans un appartement de la rue de l’Hotel-de- 
Ville, puis transférés au Casino de Saint-Pierre où ils se trouvent encore 
aujourd’hui. 

3 Édité récemment par M. A.-L. Covelle. 




38 


BULLETIN. 


aussi en assez grand nombre des sceaux attachés aux parchemins 
dont plusieurs étaient peu ou pas connus. 

Voici quelles sont les principales parties de ce répertoire de 
655 pages in-folio : Évêché ; Communauté ; Chapitre et Prévôté 
de Saint-Pierre ; châteaux soit mandements de Peney, Jussy et 
Thiez; les sept églises de la ville, savoir : Saint-Pierre avec la 
chapelle d’Ostie \ Notre-Dame la Neuve 1 2 , Saint-Germain, la 
Madeleine, Saint-Victor et Saint-Léger; les sept cures; les églises 
et chapelles du diocèse; les couvents et prieurés, Rive, Palais, 
Notre-Dame-des-Grâces, Saint-Jean 3 , Satigny, etc.; les hôpitaux 
de Saint-Jeoire, de Saint-Nicolas et Saint-Bernard, des Pauvres- 
Honteux, du Pont du Rhône, la Boîte de Toutes-Ames, l’hôpital 
de Saint-Jean-Baptiste aux Eaux-Vives et Pré-l’Évêque, l’hôpital 
pestilentiel, les maladières de Carouge et de Chêne; enfin les fiefs 
particuliers au nombre de 138. 

Ce n’est guère qu’à partir du commencement de ce siècle que 
quelques érudits ont surgi dans notre ville et se sont mis à for¬ 
mer des recueils de généalogies genevoises. Peu à peu.ce goût 
s’est généralisé chez nous au grand ébahissement de certains 
étrangers, qui ne conçoivent pas comment les deux mots de généa¬ 
logie et de république peuvent cohabiter. Rien n’est plus intéres¬ 
sant cependant pour le chercheur, surtout lorsqu’il sait se dépouil¬ 
ler de toute idée de vanité, que de faire la connaissance de ses 
ancêtres et de leurs collatéraux, de se rendre compte de leurs 
milieux successifs, du travail et du labeur de chaque génération, 
d’étudier les causes de prospérité et de décadence des familles, 
l’état de santé et ses résultats sur la lignée, la longévité des indi¬ 
vidus, etc. Et si l’on y ajoute les ascendances féminines rappro¬ 
chées, que de lumières ne peuvent-elles pas apporter sur l’état 
moral et physique des descendants ! Or, à Genève, par la concen¬ 
tration aux Archives et à la Chancellerie de tous les documents 
nécessaires, ces recherches sont singulièrement facilitées. Mais là, 
plus que pour d’autres travaux, les répertoires généraux ou par 
périodes sont d’une indispensable utilité. Depuis une trentaine 
d’années, par l’initiative de notre collègue Henri Bordier, un 

1 Les Macchabées. 

2 L’Auditoire. 

3 Ce prieuré passa à la Képublique par le traité de 1754. 




39 


LES ARCHIVES d’ÉTAT DE GENEVE. 

répertoire analytique des minutes de notaires a été créé, et l’archi¬ 
viste actuel est en train de l’achever pour la période antérieure à 
la Réforme. Il a en outre complété cette sérieuse source de rensei¬ 
gnements par l’établissement, en cinq volumes in-folio, compre¬ 
nant plus de 2000 pages, de l’inventaire par ordre alphabétique 
des noms du Livre des morts de 1551 à 1798. Chaque inscrip¬ 
tion de décès dans ces registres donne l’âge, la cause de mort et 
la demeure du décédé. Ces renseignements, avec ceux que four¬ 
nissent les minutes des notaires, permettent bien souvent de faire 
disparaître les points d’interrogation que laisse après elle la con¬ 
sultation des registres de baptêmes et de mariages. 

La collection des comptes, mandats et quittances de la Sei¬ 
gneurie et de la chambre des Comptes, dont une faible partie, 
2000 pièces, avait été rassemblée par M. Grivel, a été réunie par 
le présent archiviste en 182 portefeuilles et contient environ 
95,000 pièces. Il en a ensuite fait les analyses pour le XV e et 
le XVI e siècle. Cette collection, malgré les dilapidations dont elle 
a été l’objet, est encore riche. Voici, pour en donner une idée, 
quelques-uns des renseignements qu’on peut y trouver : 

1413, une quittance de 400 florins prêtés par les citoyens et 
bourgeois de Genève au duc de Savoie pour l’aider dans sa 
guerre au delà des monts. — 1430, un mandat de douze florins 
d’or au frère Baptiste, moine de l’ordre de Saint-Benoît, prédi¬ 
cateur fameux qui a annoncé la parole de Dieu dans notre cité 
« d’une manière louable et très profonde ». — 1449 et années 
suivantes, construction de murailles et de tours près le prieuré de 
Saint-Victor, répression des dégâts de l’Arve. — 1450, instal¬ 
lation de tuyaux destinés à amener l’eau de Bossey. — 1454, 
récompense accordée à celui qui a visité les malades et ceux qui 
moururent du fléau de la peste (jaculo pestis). — 1454, roues et 
globes mis à des chars de a bombardes et artilleries » ; trois flo¬ 
rins pour la facture d’un bâton de syndic; mandat pour des veilles 
de nuit bien plus fréquentes qu’en temps de paix faites par les 
guets et gardes ordinaires, « un travail ne devant pas être sans 
rémunération »; pavage vers la corraterie des chevaux, près le lit 
du Rhône, où on a coutume de faire boire les chevaux; quarante- 
quatre setiers de vin blanc offerts aux Bernois, à l’occasion de 
leur secours au duc de Savoie contre le roi de France. — 1455, 




40 


BULLETIN. 


une aiguière d’argent doré offerte au vidomnè en raison de ses 
subventions et peines; plusieurs comptes de charretées de pierres 
et tuiles pour la construction de la tour nouvellement existante 
devant la porte Baudet, appelée tour Baudet, et pour le labeur 
de la fondation de la dite tour; six écus d’or à vénérable maître 
Guerbin, docteur en médecine, et maître Perrin Simard, chi¬ 
rurgien, pour soins à quelques lépreux. — 1456, un rôle des 
peines et charges de Nicod Despagne, qu’il a eues « sen avoir nul 
profit ne gerdon » (récompense). — 1476, mandat pour Martin 
Deville qui a conduit un navire à Lausanne et Morges à la ren¬ 
contre de l’amiral de France; compte de poissons, pain blanc, vin 
et épiceries consommés par trois syndics détenus à l’Évêché sur 
l’ordre de l’évêque. — 1499 et 1500, tapisseries de banquettes 
pour orner la salle du Conseil. — 1501, construction des orgues 
de Palais. — 1502, secours de dix florins d’or sur la demande 
de Marguerite de Savoie à des chrétiens persécutés par les Turcs 
« nequissimi »; des comptes de la dépense de l’évêque. —-1519, 
ordre de payer un bonnet rouge au page de l’évêque. — Après 
la Déforme, de 1535 à 1536, des comptes des dépenses de nos 
ambassadeurs en divers lieux, des rôles relatifs aux frais de nos 
armements et de la construction du boulevard des Belles-Filles; 
une quittance du 17 septembre 1541 de trente écus soleil par 
Jean Calvin « pour les frais qu’il fauldra faire à amener mes 
besongnes (bagages). » En 1544, confection par l’orfèvre Jean 
Droz de trois émaux pour la ville. — 1547, mandat en faveur 
de François de Bonivard pour ses chroniques de la ville. — De 
1553 à 1562, des comptes de peintures et verrières à Saint- 
Pierre. — 1562, un autre de Pierre Favre, peintre « pour le 
portrait du pays dès Genève à Jussy et autre part rière le man¬ 
dement de Gaillard »; un autre de Sermet Bronge, serrurier, qui 
a fait la grosse clef de la grande « crotte ». — 1566, dorure par 
Jean Collonda de la pomme du clocher du milieu de Saint- 
Pierre. — 1570, mandat en faveur de Jaques Cautereau pour 
avoir « rabatu » les heures au clocher de Saint-Pierre. — 1571, 
compte de pharmacie présenté par le chirurgien Jean Pascal 
pour la curation d’un ulcère, et un autre d’Etienne Chamot pour 
drogues aux pestiférés. — 1574 et 1576, de gros comptes de 
festins pour le prince de Condé et pour la bienvenue des syndics 



LES ARCHIVES D’ÉTAT HE GENÈVE. 


41 


en janvier (quatre tables); la même année, plusieurs comptes 
de milliers de tuiles des fabriques de Chevry et de Bernex; 
l’achat d’un fourneau de fer de Strasbourg avec détail des frais 
pour la taille des armoiries, de la voiture, du péage, etc. ; dans 
un compte du sautier, l’indication du vinaigre employé pour 
arroser la salle du Conseil et la chambre du Consistoire durant 
les grandes chaleurs, et des parfums dépensés pour la première 
de ces salles; un inventaire de bagues et joyaux garantissant un 
emprunt de mille écus d’or; la distribution de pièces d’argent 
aux écoliers le jour des Promotions; des quittances par divers 
rois d’arquebuse de Genève, Céligny, Jussy, Bourdignv, pour 
des plats d’étain à donner en prix au dit jeu et à l’exercice du 
jeu de guerre. — 1578, façon de 24 serpentins tant pour les 
mousquets qui sont à chevalets que pour les arquebuses à croc.— 
1582, frais causés par les troupes du s r Presigny et autres, etc., etc. 


Ainsi la multiplication de l’espace consacré aux archives de 
l’ancienne République a permis d’amener à bien le classement 
général. Le désir exprimé depuis soixante ans par tous ceux qui 
avaient souci de la conservation de nos vieux documents natio¬ 
naux se trouve enfin réalisé. Ce n’est pas à dire qu’il n’y ait plus 
pour l’archiviste qu’à se croiser les bras. La besogne ne manquera 
jamais aux employés fidèles et actifs préposés à la garde de ce 
dépôt, qu’on peut qualifier de considérable, puisqu’il renferme au 
bas mot 14 à 15,000 volumes et 400,000 pièces détachées. 


Louis Dufouu-Vernes. 





LES MILLIAIRES 

ET L’ÉGLISE DE PRÉVESSIN 1 


L’étude des bornes milliaires romaines présente un intérêt 
tout spécial ; en premier lieu, parce que leurs inscriptions men¬ 
tionnent des empereurs et sont en général datées par le chiffre 
des puissances tribunices, des consulats et des salutations impé¬ 
riales de ces empereurs; en second lieu, par le fait que les 
milliaires permettent de rétablir plus ou moins le tracé des 
routes romaines qu’ils jalonnaient et de retrouver les limites des 
civitates. En ce qui concerne les milliaires qui se trouvaient sur 
la voie de Nyon à Genève, plusieurs auteurs déjà les ont décrits 
ou commentés : Aug. Turrettini, dans sa Note sur quelques 
inscriptions des environs de Genève 2 3 ; Th. Mommsen, dans ses 
Inscriptiones confœderationis helveticæ latinæ 3 ; Iveller et Meyer, 
dans leur supplément au recueil des inscriptions helvétiques 4 ; 
Ch. Morel, dans son mémoire sur Genève et la Colonie de Vienne 5 ; 
enfin le Corpus Inscriptionum latinarum 6 , tome XII, n° 5530- 
5537. 

Ces recherches ont amené leurs auteurs à cette conclusion, 
que les milliaires échelonnés sur la route de Genève à Nyon 
étaient numérotés par milles romains, même au III e siècle 
après J.-C., alors qu’en Gaule on comptait les longueurs en 

1 Communication faite à la Société le 11 novembre 1897. 

2 M. D. G., tome XV (1864), p. 113 et suiv. 

3 Mitteilungen der Antiq. Gesellschaft in Zürich, t. X. 

4 Ibidem, t. XY. 

5 M. D. G., tome XX. 

6 Berlin, ed. Hirscbfeld. 




43 


LES MILLIAI11ES ET L’ÉGLISE UE PREVESSIN. 

lieues \ Dans l’Helvétie romaine, les distances étaient comptées 
souvent en lieues, sur la route d’Avenches à Sion par exemple. 
Pour expliquer cette circonstance, M. Mommsen suppose que 
les citoyens de la Colonie de Nyon ont été rattachés à la Nar- 
bonnaise pendant la bonne époque romaine; ou que, de même 
que les colons romains, ils n’ont pas fait usage des lieues. Le 
tronçon de voie romaine qui reliait Genève à Nyon, formait la 
continuation de la route venant d’Aoste (Isère); de Nyon, la 
voie gagnait Lausanne où elle se bifurquait, l’un des embran¬ 
chements conduisant en Helvétie et sur le Rhin supérieur, 
l’autre en Valais et en Italie par le Grand Saint-Bernard. 

La distance qui sépare Nyon de Genève est de 22 kilomètres 
ou 4 5 /s lieues suisses, soit 15,000 pas romains; cette donnée con¬ 
corde à peu près avec celle de l’Itinéraire d’Antonin qui marque 
16,000 pas, tandis que la Table de Peutinger n’en indique par 
erreur que 12,000. (Le mille romain = 1481 m. 50; la lieue gau¬ 
loise = 2222 m. 50, soit 1 fois le mille.) 

Comme le territoire de la Colonie de Nyon et celui de la 
Viennoise autour de Genève étaient séparés par le Rhône, que 
d’ailleurs Nyon eut le rang de « Colonia, » tandis que Genève 
n’était qu’un viens, il convenait de numéroter les milliaires à 
partir de Nyon; sur le trajet de Nyon à Lausanne, la numéro¬ 
tation se faisait aussi à partir de Nyon. 

Les milliaires actuellement conservés se rapportant à la voie 
Nyon-Genève sont au nombre de huit, auxquels on peut en 
ajouter deux autres, l’un perdu, l’autre anépigraphe, ce qui 
donne un total de dix 1 2 . 

Sur ces dix, six sont conservés actuellement au Musée épigra¬ 
phique de Genève; deux sont à Prévessin (petit village à une 
demi-heure à l’ouest de Ferney-Voltaire, arrondissement de Gex, 
département de l’Ain), où ils forment les piliers soutenant le 
porche de l’église; le neuvième est à Crans (campagne Tattiana); 
le dixième, aujourd’hui perdu, était à Genève. 


1 Inscript. Conf. helv., p. 63, Introd. de Mommsen. 

2 Aug. Turrettini (loc. cit.) a fait erreur en en comptant 11; il n’a pas 
vu que, parmi les 4 milliaires du recueil des inscriptions latines de la 
Confédération, était compris le milliaire d’Hermance qu’il compte à 
double ( Insc. Helv. N° 320). 




44 


BULLETIN. 


Les deux milliaires de Prévessin ont été signalés en 1864 par 
Aug. Turrettini l ; mais ce dernier ne put déchiffrer que l’un 
d’eux, celui qui se trouve à droite en entrant sous le porche de 
l’église. Ce milliaire porte cette inscription 2 : 


iMPCAES 
|i VL MAXIM IN VS 
,'AVG-ET-OIVL [ 
! MAX SM VS NOBilj 
! AES-PONTESET; 
i VIASVETVSTATj 
: CONLABS rest; 
COLEQMPIH! 


Imp(erator) Caes(ar) 

[C(aius) Iul(ius)] Maximinus 
[p(ius) f(elix) aujg(ustus) et C(aius) Jul(ius) 
[Maximus] nobil(issimus) 

[C]aes(ar) pontes et 
vias vetustat(e) 
conlabs(os) rest(ituerunt) 

Col(onia) Eq(uestris) m(illia) p(assuum) III. 


L’empereur César Caius Iulius Maximin, pieux, heureux, 
auguste; et Caius Julius Maxime désigné comme César ont 
réparé des ponts et chaussées détruits par le temps. Trois mille 
pas à partir de la Colonie des Équestres. 

Ce milliaire, daté du règne de Maximin, remonte aux années 
235-238 après J.-C. 

1 Voy., dans la notice sur l’église de Prévessin qui termine ce travail 
les données sur la découverte de ces deux milliaires, faite en 1744. 

2 On a représenté en pointillé les lettres restituées et l’on n’a 
reproduit, en fait de points séparatifs, que ceux qui sont visibles sur la 
pierre. — Dans la lecture latine qui suit, les mots restitués sont placés 
entre crochets [ ], les lettres entre parenthèses ( ) complètent les mots 
abrégés en style épigraphique. 










LES MILLIAIRES ET L’ÉGLISE DE PREVESSIN. 


45 


Restait le deuxième milliaire cle Prévessin, que Turrettini 
déclarait « illisible » et qui ne fut pas lu, à ma connaissance du 
moins, ni reproduit dans les recueils d’épigraphie \ Étant allé 
voir ce printemps (1897) le premier milliaire cité, je fus tenté 
de déchiffrer le second; je lus ces quelques mots : DIYI MAGNI 
ANTONINI PII F. DIVI SEYERI NEPOS, qui se retrouvent 
sur un milliaire de Genève, conservé au musée. Cette formule 
prouvait que l’empereur désigné était, ou Élagabale ou Alexandre 
Sévère , car elle s’applique à tous deux. J’arrivai plus tard, par 
la photographie et l’estampage, à retrouver, sur les dernières 
lignes, la mention d’une deuxième puissance tribunice, d’un 
deuxième consulat et du proconsulat. Dès lors la question était 
tranchée en faveur d’Élagabale, car c’est cet empereur qui fut 
ainsi désigné en 219, tandis qu’Alexandre Sévère ne porta point 
simultanément les titres : TRIE POT II COS II. 

On sait que l’empereur désigné communément sous le surnom 
d’Élagabale est appelé sur les inscriptions : Marcus Aurelius 
Antoninus. Devenu empereur en 218, il était, en 219, revêtu 
simultanément de la deuxième puissance tribunice et de son 
deuxième consulat. Le texte peut donc être restitué comme 
suit : 


1 Ce milliaire a été, il est vrai, signalé par Guigue, dans sa Topogra¬ 
phie du département de l’Ain. Au n° 100 de ce recueil, p. 23 du précis 
historique, il en donne cette lecture incomplète et erronnée : 

N AYG 
N MOT 
PRO COS 

Sirand, d’après lequel Guigue a reproduit cette lecture, ajoute en par¬ 
lant des deux textes de Prévessin : « Ces deux inscriptions sont nouvelles 
pour notre département; nous les devons à l’obligeance de M. Edouard 
Mallet, de Genève, qui les a relevées en 1840. » Voy. Antiquités générales 
de l’Ain, Bourg-en-Bresse, 1855, n° LXXXIX. D’autre part, dans ses 
Courses archéologiques et historiques dans le dép. de l’Ain , Sirand se 
borne à mentionner la découverte d’un milliaire dans l’arrondissement de 
Gex, sans donner de texte (t. III, IV e partie, p. 111). Édouard Mallet 
avait communiqué les deux inscriptions de Prévessin à la Société 
d’histoire de Genève, dans sa séance du 23 juillet 1840 (voy. Mémorial, 
p. 40). 



46 


BULLETIN. 


IMPCAtS 
DIVIMAGNIANiO 
NlN Pf I F D IVI 5F: 

V E R I NE P O S Al A/A 
4 N VS P F A/G 


N 


POInFMAX "Ri B-POT 
! IG>S1 î P P- PROCOS 
MPÜ ! 


Imp(erator) Caes(ar) 

Divi magni [Anto-] 

nini pii f(ilius) : divi [Se-] 

veri nepos, — [M(arcus) Aur(elius) 

Antoninus], p(ius) f(elix) aug(ustus) 

pont(ifex) max(imus), trib(unitiâ) pot(estate) 

II, co(n)s(ul) II, p(ater) p(atriae) proco(n)s(ul) 

M(illia) p(assuum) III 


L’empereur César Marcus Aurelius Antoninus (Élagabale), 
fils du divin grand Antonin (= Caracalla), petit-fils du divin 
(Septime) Sévère; pieux, heureux, auguste, souverain pontife, 
revêtu de la deuxième puissance tribunice, consul pour la 
deuxième fois, père de la patrie, proconsul — III mille pas. — 

Élagabale est désigné comme fils de Caracalla et petit-fils de 
Septime Sévère. Son nom est écrit au nominatif, ce qui prouve 
que le milliaire fut placé aux frais du fisc impérial; on sait 
d’autre part que tous les empereurs, à partir d’Élagabale, ont 
porté dès leur avènement le titre de P(ius) F(elix) AVG(ustus). 
L’ordre dans lequel se suivent les dignités impériales est celui 
qu’on trouve habituellement sur les inscriptions relatives à cet 
empereur. (Cf. Wilmanns, Exempta Insc. lat. n° 842, à Stein- 
bach, grand duché de Bade, et 998 à Bracara, Asturies E) 

1 Deux inscriptions de la même année, l’une africaine, l’autre allemande, 
sont publiées par Dessau, Inscr. lat. selectæ, N os 471, 472. — Le terme 
proconsul sert à marquer le séjour de l’empereur en province, ce qui, dans 
le cas particulier, est conforme à l’histoire. (Voy. Dion Cassius, Hist. 
rom., LXXI, 8). — Communication de M. le prof. Mommsen. 









LES MILLIAIRES ET L’ÉGLISE DE PREVESSIN. 


47 


Comme je l’ai dit, la formule DIVI MAGNI ANTONINI PII 
FILIVS, DIYI SEVERI NEPOS, se retrouve sur un autre mil¬ 
liaire de la voie de Nyon à Genève, mais le reste de l’inscription 
est effacé '. 

Le nom de l’empereur qui, sur ce dernier milliaire, devait 
faire suite à la filiation ayant disparu, on peut l’attribuer soit à 
Élagabale, soit à Alexandre Sévère; mais le fait aujourd’hui 
acquis que celui de Prévessin est daté du règne d’Élagabale 
constitue une présomption en faveur du même règne. 

Outre ce dernier milliaire, nous connaissons une inscription 1 2 
gravée sur un monument érigé jadis par la Cité des Équestres 
à Élagabale et qui date de 218, première année du règne de ce 
prince. Voici cette inscription : 


IMP CA ES M 
AVRELIO 
ANTONINO 
PIO • FELIC • A VG 
PONTIF • MAX 
TR1B • POTEST 
COS 

CI VIT A S 
EQVESTRIVM. 


Imp(eratori) Caes(ari) M(arco) 
Aurelio 
A ntonino 

Piô, felic(i) aug(usto) 
pontif(ici) max(imo) 
trib(unitiâ) potest(ate) 
Co(n)s(uli) 

Civitas 

Equestrium 


A l’empereur César Marcus Aurelius Antoninus, pieux, heu¬ 
reux, auguste, souverain pontife, investi de la première puis¬ 
sance tribunice, consul, — la Cité des Équestres (a érigé ce 
monument). 

Ce monument, daté de 218 après J.-C., est donc d’une année 
antérieur à notre milliaire de Prévessin et témoigne de l’atta¬ 
chement des citoyens de Nyon pour Élagabale; il se peut qu’il 
formât le piédestal d’une statue de cet empereur et il rentre en 
tout cas dans la catégorie des monuments honorifiques 3 . 


1 Voy. Mommsen, Inscr. Helv. n° 323; Fazy, Genève sous la domina¬ 
tion romaine, n° 50; Corp. I. L. XII, 5537; Musée épigraphique de 
Genève, n° 28. 

2 Musée épigraphique de Genève, n° 21. 

3 Voy. ce texte dans Inscr. helv. n° 115. A noter encore le fait que le 
nom d’Elagabale semble avoir été martelé sur ce monument, et sur le 






48 


BULLETIN. 


Quelle place convient-il d’assigner au milliaire de Prévessin 
que nous avons déchiffré? — Un tableau synoptique des 10 mil- 
liaires se rapportant à la route de Nyon à Genève nous per¬ 
mettra d’en juger. Comme on le verra, ces divers milliaires 
portent respectivement les chiffres : I, III, IIII, VII, VIII. Nous 
indiquons pour chacun d’eux la provenance, puis le nom de ou 
des empereurs, les références et enfin la date : 

1. Milliaire de Colovrex, aux noms de Marc-Aurèle et de Lu¬ 
cius Verus, déposé au Musée épigraphique de Genève; il ne 
porte pas de chiffre et était peut-être placé à Nyon même. (Voy. : 
Relier et Meyer, n° 53; Corp. I. L. XII, 5530; M. D. G. XV, 
115). 161 après J.-C. 

2. Milliaire de Colovrex, marquant le I er mille à partir de 
Nyon, aux noms de Philippe-l’aîné et de Philippe-le jeune (Relier 
et Meyer, n° 52; Corp. XII, 5531; M. D. G. XV, 114); dép. au 
Musée épigr. de Genève. 246 ap. J.-C. 

3. Milliaire de Prévessin , marquant le III e mille, au nom 
d’Élagabale (jusqu’ici inédit, voy. notre texte). 219 ap. J.-C. 

4. Milliaire de Prévessin , marquant le III e mille et mentionnant 
la réparation de la voie; aux noms de Maximin et de Maxime 
(voy. Corp. XII, 5534; Inscr. Helv. n° 324). 235-238 ap. 
J.-C. 

5. Milliaire trouvé à Messery (H te -Savoie), mais placé primiti¬ 
vement vers Founex (Vaud), marquant le IV e mille, aux noms 
de Septime Sévère et de Caracalla; dép. au Musée épigr. de 
Genève (Corp. XII, 5532). 201 ap. J.-C. 

6. Milliaire trouvé à Hermance (H te -Savoie), mais primiti¬ 
vement sur la rive droite du lac, marquant le VII e mille, aux 
noms de Constance et de Sévère; dép. au Musée épigr. de Ge¬ 
nève (Corp. XII, 5535 ; Fazy, op. cit., n° 50). 305-306 ap. J.-C. 

7. Milliaire de Versoix, marquant le VIII e mille, au nom de 
Trajan; dép. au Musée épigr. de Genève (Corp. XII, 5537; 
Fazy, op. cit., n° 51; Inscr. Helv., n° 323). Entre 98 et 117 
ap. J.-C. 

milliaire de Prévessin. Le nom Antoninus est certainement martelé sur 
notre milliaire, comme c’est le cas le plus souvent; les lettres M. AYR. 
peuvent avoir disparu par une simple usure de la pierre. 





LES MILLIAIRES ET L’ÉGLISE DE PREVESSIN. 49 

8. Milliaire de Genève , autrefois à la Pélisserie, aujourd’hui 
perdu, au nom de Trébonien Galle; sans chiffre. (Insc. Helv., 
n° 928). 252-254 ap. J.-C. 

9. Milliaire de Genève , placé autrefois à la Treille, aujourd’hui 
au Musée épigr. ; au nom d’Élagabale ou d’Alexandre Sévère (?) ; 
sans chiffre ( Inscr. Helv., n° 323; Corp. XII, 5536). Entre 218 et 
235 apr. J.-C. 

10. Milliaire de Crans (Camp. Tattiana), anépigraphe, signalé 
par Aug. Turrettini. 

Les deux milliaires de Prévessin prennent donc la troisième 
et la quatrième place parmi les milliaires chiffrés et ils ont ceci 
de. particulier qu’ils portent l’un et l’autre le chiffre III. Le pre¬ 
mier en date est celui au nom d’Élagabale (219 ap. J.-C.); le 
deuxième, celui qui est au nom de Maximin et de Maxime (235- 
238) et qui rappelle la réfection de la route. Il faut donc supposer 
qu’entre ces deux dates, dans un intervalle de 16 à 19 ans, la 
route aura subi des dégâts qui auront nécessité sa réparation. Il 
aurait pu se faire aussi que le second en date de ces milliaires 
eût été préparé en vue d’une réparation qui n’eut jamais lieu. 
L’emplacement primitif de ces monuments devait être aux abords 
de Céligny, puisque 3 milles romains valent 4,444.50 mètres, soit 
environ 4 Y 2 kilomètres. On pourrait aussi supposer que l’un 
d’eux doit être attribué au tronçon de route Nyon-Lausaime, ce 
qui pourtant serait moins plausible; on a retrouvé en 1782, à 
Dully, une borne qui marquait le VII e mille entre Nyon et Lau¬ 
sanne et qui porte également les noms de Maximin et de Maxime 
{Inscr. Helv. n° 325). 

Il existait, sur le territoire de la Colonie équestre, un impor¬ 
tant tronçon de la route Lyon-Gex-Avenches, et vraisembla¬ 
blement ce tronçon devait être relié à la route de Nyon à Genève; 
l’un des deux milliaires de Prévessin pourrait aussi s’être trouvé 
sur ce parcours, mais les milliaires de Treycovagne et de Cha- 
vornay (Inscr. Helv., n os 333 et 334), qui semblent se rapporter à 
cette route de Gex à Avenches, sont numérotés en lieues. 

En résumé, nous pouvons tirer, de l’étude de ces différents 
milliaires, les conclusions suivantes : celui des deux milliaires de 
Prévessin qui n’avait pas été lu jusqu’ici est au nom d’Elagabale 
et daté de 219 après J.-C.; il marque le III e mille de la route 


BULLEUX. 


T. II. 


4 



50 


BULLETIN. 


Nyon-Genève et l’autre milliaire, qui lui est de peu postérieur, 
se rapporte à la réfection de la route. 

Sur les dix milliaires connus de cette même route, neuf peuvent 
être datés, au moins approximativement, et ils sont tous d’une 
époque qui remonte peu avant le commencement du III e siècle 
pour finir au commencement du IV e . Élagabale a dû être honoré 
à Nyon, car non seulement on trouve un milliaire à son nom 
sur la route (et peut-être même deux), mais encore la Cité des 
Équestres lui avait érigé un monument honorifique conservé 
jusqu’à nos jours. — Ici, comme en mainte occasion, l’épigra- 
phie fournit à l’histoire des documents d’une valeur incontes¬ 
table \ 


Nous devons à l’obligeance de M me Rouph de Yaricourt 1 2 les 
renseignements qu’on va lire au sujet de la fondation et des res¬ 
taurations de l’église de Prévessin, ainsi que sur la découverte 
qui y fut faite des pierres milliaires. 

Prévessin, Pïbirsin , Perrussins , Privisins , est mentionné pour 
la première fois dans le document connu sous le nom de 
« Testament de la reine Berthe ». Dans cet acte, daté de 962, 
par lequel la reine Berthe, veuve du roi Bodolphe II de Bour¬ 
gogne, fait de nombreuses donations destinées à l’établissement, 
à Payerne, d’un monastère de Bénédictins sous l’autorité de 
Maiolus, abbé de Cluny, on voit mentionnées entre autres 
Vecclesiam ad Pidliacum (Pouilly Saint-Genis, au pays de Gex) 
et la capéUam ad Pïbirsin (Prévessin) {Régeste genevois, n° 129). 

1 Ce mémoire a été lu à la Société d’histoire de la Suisse romande le 
25 juin 1897 à Chexbres, et imprimé dans YIndicateur d’antiquités 
suisses, 1897, n° 3. 

2 Nous avons eu entre les mains un manuscrit, appartenant à M me Rouph 
de Yaricourt, intitulé : Description monographique de la commune de 
Prévessin, rédigé par M. Orset, d’après des documents trouvés soit dans 
les archives de la commune, soit dans celles de M. le D r Gerlier et de la 
famille Rouph de Yaricourt, et qui renferme un résumé, par ordre chro¬ 
nologique, des faits les plus importants intéressant la commune de Pré¬ 
vessin. Yoir aussi : Joseph Brossard, Histoire politique et religieuse du 
Pays de Gex, Bourg-en-Bresse, 1851. 




LES MILLIAIRES ET L’ÉGLISE DE PRÉVESSIN. 51 

— La première confirmation de l’acte de 962, faite par le pape 
Calixte II en 1123, désigne, dans le territoire du diocèse de 
Genève, YEcclesia de Pulliaco (Pouilly) et VEcclesia de Previs- 
siniaco (Pég. n° 264). — Ainsi la chapelle de 962 est devenue 
l’église de 1123, et cela seul suppose un accroissement de la 
population de l’endroit. Frédéric I er Barberousse confirmant, 
comme roi des Romains, les possessions de l’abbaye de Payerne, 
à Besançon, en 1153, fait mention des paroisses de Pouilly, 
d’Ornex et de Prévessin. Cette dernière localité est dès 1123 le 
centre d’une paroisse (Pég. n° 330). 

L’existence d’un prieuré à Prévessin est attestée par la men¬ 
tion de divers prieurs, dont le premier connu est Humbert, 
prieur en 1164 (Pég. n° 375). Le prieuré de Prévessin est cité 
dans le pouillé du diocèse de Genève, au commencement du 
XIV e siècle, comme payant à l’évêque, lors de la visite, la rede¬ 
vance de procuration ; il dépendait du décanat d’Aubonne (Pég. 
n° 1568). Dans le cours du XV e siècle, les ducs de Savoie ac¬ 
quirent l’office du vidomnat pour toute la terre du prieuré; l’on 
trouve, entre autres, comme prieurs : en 1448, le cardinal de 
Varambon et, en 1576, Pierre de Lambert, évêque de Mau¬ 
rienne. 

La Réforme, introduite dans le pays de Gex par les Bernois en 
1536, fut maintenue après la restitution de ce pays à la Savoie 
en 1564 et pendant l’occupation genevoise, de 1589 à 1601. — 
En 1590, Antoine Maurice était ministre protestant à Prévessin 
et, l’évêque de Maurienne ne lui payant pas ses gages, il fut au¬ 
torisé par la seigneurie de Genève à faire une coupe de vingt- 
cinq chênes dans la forêt de Sertailles, appartenant à l’évêque \ 
L’occupation genevoise dura onze ans. — Le 17 janvier 1601, 
par le traité de Lyon, Henri IV obtenait, en échange du mar¬ 
quisat de Saluces, la Bresse, le Bugey et le pays de Gex. L’année 
suivante, saint François de Sales commençait ses prédications 
dans le pays de Gex; ses efforts et ceux de Jean d’Aranthon 
aboutirent, après une lutte séculaire, au rétablissement du culte 
catholique 1 2 . A Prévessin, qui dut rester attaché à la Réforme 

1 H. Fazy, La guerre du Pays de Gex, Genève, 1897, p. 357. 

2 Brossard, Hist. polit, et relig. du Pays de Gex, pp. 279, 285, 293, 
325, 371. 


52 


BULLETIN. 


pendant près de 80 ans, ce fut en 1612 que saint François prit 
possession de l’église. Les deux cultes coexistèrent pendant près 
d’un siècle encore dans le pays. Sur les vingt-cinq temples pro¬ 
testants, vingt-trois furent démolis par arrêt de 1662; les deux 
autres disparurent lors de la révocation de l’édit de Nantes 1 . 
En 1666, alors que Charles de Brosses était prieur, il n’y avait 
plus à Prévessin qu’une chapelle desservie par le curé de Pouilly 
et quelques masures marquant le prieuré 2 . Réunies en 1612, les 
deux paroisses de Pouilly et de Prévessin furent séparées de 
nouveau en 1679. 

Au XVIII e siècle, on commença à réunir des fonds pour la 
construction d’une nef, destinée à agrandir le lieu de culte. La 
chapelle, qui occupait l’emplacement du chœur actuel, ne con¬ 
tenait pas le quart des fidèles; ceux-ci étaient pour la plupart 
des habitants du pied du Jura qui venaient y entendre la messe 
en se rendant à Genève; on n’y trouvait point de fonts baptis¬ 
maux ; une table de bois y tenait lieu d’autel : c’est là ce que le 
curé Bosson constatait en 1736. Aussi, en 1738, les communiers 
de la paroisse se décidèrent-ils à restaurer leur église; jus¬ 
qu’alors il n’y avait eu ni clocher ni cloches. Le travail fut donné 
en adjudication à l’un des communiers; deux sommiers furent 
coupés dans la montagne; la cloche placée au beffroi, d’un poids 
de 440 livres, fut payée 809 livres de France. — En 1744, il est 
di •essé procès-verbal de descente sur les lieux pour la recons¬ 
truction de la nef de l’église, par Genolin, official, doyen d’Au- 
bonne, commis à cet effet par Mgr l’évêque de Genève. A cette 
occasion, Genolin recommande la conservation des pierres mil- 
liaires, découvertes récemment dans les fondations de l’ancienne 
église. C’est sans doute alors que les deux milliaires existants 
encore aujourd’hui furent employés comme fûts des piliers qui 
soutiennent le porche (1744). Une tradition locale rapporte qu’on 
trouva un troisième milliaire, lequel serait resté enfoui dans 
les fondations. 

Le 17 juin 1747, les habitants de la communauté, au nombre 


1 Th. Claparède, Histoire des Eglises réformées du Pays de Gex, 
Genève, 1856, in-8°. 

2 Brossard, op. cit., p. 457. L’ancienne église, datant du moyen âge, 
avait été vraisemblablement détruite au XVI e ou au XVII e siècle. 



LES MILLIAIRES ET L’ÉGLISE DE PREVESSIN. 


53 


de 100, réunis au cimetière, délibèrent sur la reconstruction de 
l’église, et l’intendant, Mgr de Saint-Constest, ayant ratifié leurs 
décisions, on dressa un procès-verbal d’adjudication de l’église et 
un état des forains possessionnés sur la paroisse et obligés de 
concourir à la dépense. Le travail devait être terminé au 
1 er août 1746; mais, faute d’argent, il se prolongea au delà de ce 
terme, jusqu’en 1747. — La nouvelle église fut enrichie, en 1804, 
d’un tableau de l’école milanaise de Camille Procaccini, repré¬ 
sentant l’Assomption de la Vierge, donné par Pierre-Louis 
Rouph. En 1808, après la réunion des paroisses de Prévessin et 
de Moëns, les charges du culte furent réparties dans la pro¬ 
portion de V» pour Moëns et de 2 / s pour Prévessin. Dès lors 
l’église fut encore réparée, ornée et remise en état. Enfin, en 
1816, la paroisse de Prévessin fut érigée en succursale, en rem¬ 
placement de celle de Collex. 

Le chœur actuel de l’église, suivant M. Orset, n’est autre que 
l’ancienne chapelle qui aurait été bâtie par M. de Brosses, sei¬ 
gneur et prieur de Prévessin, au XVII e siècle. Quatre nervures 
viennent se résoudre au milieu de la voûte, en une clef portant 
un écusson aux fleurs de lys. La nef de l’église, construite, 
comme on l’a vu, de 1745 à à 1747, est surmontée d’un plafond; 
elle contraste avec le chœur plus ancien et d’un autre style; elle 
est flanquée de deux chapelles appuyées, l’une à droite et l’autre 
à gauche, contre le mur qui la sépare du chœur. A partir du 
faîte de l’église, le clocher est tout en bois. Le tableau de 
l’Assomption est placé dans la nef en face de la chaire, et deux 
autres sont dans le chœur. 

Quant au prieuré, détruit probablement lors de la Révolution, 
il occupait, suivant M. Orset, l’emplacement de la maison Caillai , 
oü furent découverts des souterrains et des fossés; l’un de ces 
derniers existe encore \ 

De l’exposé des faits qui précède, il résulte que les pierres 
milliaires ont dû être employées pour la construction de la pre¬ 
mière église de Prévessin et qu’elles furent retrouvées dans les 
fondations en 1744, lors de la reconstruction de cette église. 

1 M. Ernest Gerlier pense que le prieuré se trouvait à Magny, hameau 
situé à 5 ou 600 m. de Prévessin, et où l’on trouve quelques vestiges 
d’architecture religieuse. 




54 


BULLETIN. 


C’est donc pendant le moyen âge qu’elles ont été transportées 
de leur emplacement primitif sur celui qu’elles occupent. La 
planche n° 1 donne une vue d’ensemble du porche de l’église et 
des deux milliaires qui le soutiennent. On remarque que chacun 
des piliers du porche est composé de deux tronçons; le tronçon 
inférieur, haut de deux mètres environ, n’est autre que le mil- 
liaire; le second tronçon, placé au-dessus, sert de support au 
toit et s’étaye lui-même sur le sommet du milliaire \ 

Émile Dunant. 


1 On pourra consulter encore sur Prévessin et son histoire : Hauréau, 
Gallia christiana, t. XY, instr. col. 130; Collet, Statuts de Bresse, p. 47 ; 
Guigue, Topographie historique du département de l’Ain, p. 310; enfin le 
ms. n° 1004, f° 87 de la Bibliothèque nationale de Paris. 






FRAGMENTS D’ARCHÉOLOGIE GENEVOISE 


IV 

TROUVAILLES A SAINT-PIERRE 

La restauration ou. pour parler plus correctement, la recons¬ 
truction de l’ancienne cathédrale de Saint-Pierre, poursuit son 
cours. On s’attaque maintenant à l’abside, dont les premiers 
contreforts du côté du sud viennent d’être démolis. Ces travaux 
ont amené quelques petites trouvailles que nous avons brièvement 
signalées dans le Journal de Genève , et d’une façon plus déve¬ 
loppée dans Y Indicateur d’antiquités suisses 1 ; elle doivent cepen¬ 
dant être inscrites dans ces Fragments, où nous nous efforçons 
de recueillir les faits relatifs à l’archéologie genevoise qui par¬ 
viennent à notre connaissance, 

Saint-Pierre est entouré d’un soubassement extérieur en roche 
du Jura dans lequel de nombreuses pierres taillées de l’époque 
romaine ont été déjà trouvées. Citons pour mémoire les plus 
récentes : Un beau fragment de corniche corinthienne découvert, 
en octobre 1883, dans le soubassement des chapelles du transept 
sud, près de la petite porte dite de Rohan; un autre fragment de 
corniche et deux inscriptions (dédicace à la divinité topique 
Genava, et épitaphe de la flaminique Labiena Montica 2 ), trouvés 

1 1897, 11 ° 2, p. 50. — C’est à l’obligeance du rédacteur, M. le 
D r J. Zemp, que nous devons la communication du cliclié de la fig. 1. 

2 Yoy. le Bulletin, t. I er , p. 120-124. 





56 


BULLETIN. 


en 1890 dans la base d’un contrefort du transept nord, près de 
la porte qui mettait jadis en communication la cathédrale et le 
palais épiscopal; le cippe funéraire de Coûts Astutus relevé en 
juin 1893 1 dans les fondations de la muraille septentrionale de 
la nef, en même temps qu’un beau fragment sculpté ayant fait 
partie d’un motif circulaire, etc. Ces différents morceaux avaient 
leurs faces taillées noyées dans la maçonnerie ; on voit en¬ 
core à 1 extérieur du transept nord deux inscriptions dont les 
lettres sont en dehors et dont nous avons demandé à plusieurs 
reprises l’enlèvement (en dernier lieu par l’organe de la com¬ 
mission romaine de la Société des monuments historiques suisses), 
les épitaphes de Riccius Fronto (Corpus inscriptionum latinarum, 
xn, 2615) et de Cal. Verna, fils de Verria Verrida , la femme de 
ce Coms Astutus cité plus haut (Ibid., 2620). 

Plus récemment, le 8 mai 1897 2 , on a extrait du soubassement 
du contrefort par* la démolition duquel ont commencé les tra¬ 
vaux de l’abside, deux blocs de roche ayant appartenu à un cippe 
funéraire 3 . Le plus important se compose d’une partie carrée 
surmontée d’une pyramide tronquée; la face principale est ornée, 
au bas, de moulures horizontales qui formaient saillie au-dessus 
du second bloc constituant le corps du monument. Il ne manque 
plus que la base, très probablement enfouie encore dans le socle 
de l’abside, avec bien d’autres morceaux romains. Au-dessus des 
moulures sus-mentionnées, se trouvent deux acrotères feuillagés 
amortissant la pyramide; celle-ci est décorée, sur la même face 
principale, d’un grand losange chargé au milieu d’une creusure 
semi-circulaire (fig. 1, I), et, sur celle des faces latérales restée 
intacte, de la figure bien connue de Vascia (fig. 1, II), emblème 
funéraire utilisé plus spécialement en Gaule, et surtout à Lyon et 
aux environs. 

L’ascia est une hache à tranchant transversal, ou plutôt une 
erminette ou une doloire qui, sur les monuments, affecte des 
formes variées, et que les bas-reliefs nous montrent entre les 
mains d’artisans de professions diverses, charpentiers, menui- 


1 Yoy. le Bulletin, t. I er , p. 364-366. 

J Et non le 10 comme cela a été marqué sur la pierre. 

3 Déposés actuellement au Musée épigraphique. 







FRAGMENTS D’ARCHÉOLOGIE GENEVOISE. 


57 


siers, maçons, tailleurs de pierre, agriculteurs, etc. Léon Renier 
a pensé qu’un tombeau portant la figure de l’ascia ou la formule 
équivalente sub ascia dedicavit, était un tombeau neuf, dédié 



# b{) 

S 


alors qu’il était encore, pour ainsi dire, entre les mains du 
tailleur de pierres. L’ascia serait en ce cas un outil de marbrier. 
Mais l’explication exacte et définitive de sa présence sur les 



































58 


BULLETIN. 


monuments funéraires est encore à trouver, malgré le grand 
nombre de mémoires écrits à ce sujet. 

L’ascia est tantôt gravée en creux, tantôt sculptée en relief, 
comme sur notre monument où elle est fort exactement tracée 
sur un fond pyramidal qui, au premier abord, a l’air de former 
corps avec l’ascia en lui donnant l’aspect d’une sorte de halle¬ 
barde. L’autre face latérale du cippe portait quelque décoration 
analogue à ce fond pyramidal ou au losange de la face princi¬ 
pale, mais elle est brisée. Sur la face postérieure, destinée à être 
appuyée contre une muraille et qui a été fortement bûchée, la 
pyramide est en partie masquée par un appendice taillé en 
demi-cercle au sommet (fig. 1, lia), destiné vraisemblablement 
à empêcher la pyramide d’être complètement détachée, tout en 
lui laissant l’apparence de l’isolement, et à empêcher le séjour 
des eaux de pluie. 

Mais la partie importante d’un monument funéraire, ce n’est 
pas son couronnement, même lorsqu’il est pourvu d’emblèmes 
comme l’ascia, c’est son épitaphe. Notre cippe, s’il avait jamais eu 
une inscription, l’aurait portée sur la seconde pierre retrouvée 
et dont la surface est intacte; elle n’a reçu, malheureusement, au¬ 
cune lettre et il est probable que le cippe n’avait pas quitté la 
boutique du marbrier gallo-romain, lorsque l’introduction du 
christianisme à Genève, ou tout autre événement, l’a transformé 
en une simple pierre de construction. La hauteur totale des deux 
pierres — il manque donc la base — est de l m ,70. 

La forme pyramidale a été très souvent employée pour les 
cippes funéraires. Le Musée épigraphique de Genève en possède 
un de semblable disposition, dont le couronnement est reproduit 
ici comme point de comparaison (fig. 1, IV) ; l’ascia y est sculptée 
avec peu de soin. Voici encore un cippe du Musée d’Avenches 
où l’ascia est simplement gravée en creux, non point sur la pyra- 
myde, mais sur le bandeau, entre les deux acrotères (fig. 1, V) ; 
sur ces deux monuments elle est accompagnée des lettres D M, 
abbréviation pour Diis Manibus. Il nous a paru intéressant de 
rapprocher des asciae gravées ou sculptées, et de reproduire ici, 
une ascia originale en fer appartenant au Musée d’Avenches et 
fort bien conservée (fig. 1, III). 

Nous ne croyons pas que l’ascia soit figurée sur d’autres mo- 





FRAGMENTS D’ARCHEOLOGIE GENEVOISE. 


59 


numents de Genève, mais la formule sub ascia dedicavit se trouve 
sur le cippe funéraire de Verria Vernda (au Musée) et sur 
celui, déjà cité, de son fils Cal. Verna. Ces deux inscriptions 
peuvent dater de la fin du III e siècle, de même, probablement, 
que le nouveau cippe. 

D’autres trouvailles, moins importantes à la vérité, ont été 
faites à Saint-Pierre en même temps que le fragment romain qui 
fait l’objet de cette note. L’aspect de la partie démolie était assez 
curieux. On voyait encore, dans l’arrachement de la muraille, un 
beau fragment de la corniche romane ornée de palmettes qui 
règne dans le chœur de l’église, au-dessous des fenêtres infé¬ 
rieures; il est probable que ce morceau avait été taillé en trop, 
puisque cette frise est encore complète aujourd’hui. Plus bas, 
dans les fondations mêmes, au milieu de blocs de roche évi¬ 
demment romains, de molasses informes et même de gros quar¬ 
tiers d’albâtre ou de pierre tendre, on apercevait un tambour de 
petite colonnette romane ou gothique; plus bas encore, on a 
retrouvé des restes de murailles parallèles au transept et trois 
blocs de roche, longs chacun de l m ,52, taillés en demi-cercle 
d’un côté, en surface plane d’un autre, et larges de 0 m ,70; ce 
sont des parties de fûts de colonnes qui étaient composés de 
pierres dressées et jointes dans le sens de la hauteur, sur leur 
plus grand diamètre; le pôle postérieur, aplati, montre qu’il 
s’agit de colonnes appuyées; l’une de ces pierres a été extraite et 
mériterait d’être conservée, malgré sa simplicité, comme l’un des 
matériaux employés à la construction d’un des édifices qui 
ont précédé l’église actuelle. Dans la fouille, mêlés à d’autres 
débris d’époques diverses, on rencontrait de nombreux vestiges 
d’ossements et des fragments de grandes tuiles romaines à 
rebords. Enfin, dans les matériaux du contrefort, se trouvaient 
des molasses moulurées, parties d’arcatures gothiques de petites 
dimensions, dont plusieurs spécimens ont été déjà retrouvés au 
cours des travaux entrepris à Saint-Pierre. 

Tout cela montre combien la cathédrale a été fréquemment 
remaniée et l’intérêt que présenterait l’examen attentif de la 
maçonnerie. 





60 


BULLETIN. 


TROUVAILLES A LA PLACE DE BEL-AIR 

On a démoli, au printemps de cette année, l’édifice connu sous 
le nom de Maison des Trois-Rois, à la place de Bel-Air. Cette 
enseigne tut jadis celle d’une des hôtelleries les plus florissantes 
de Genève; elle existait au XV e siècle et les grands personnages 
y descendaient, mais elle se trouvait alors à quelques pas de 
remplacement actuel, au-dessus du passage qui porte officielle¬ 
ment le nom de Passage de Bel-Air, et qui a un autre nom, plus 
répandu, quoique moins distingué. En 1475, la maison des Trois- 
Rois, appartenant à noble Aymon de Versonay, après avoir été 
la propriété de Pierre de Menthon, et située entre une maison de 
Pesmes à l’est et la rue tendant vers le pont du Rhône à l’ouest 
et au sud, fut estimée 1200 florins \ Après l’incendie du pont 
bâti en 1670, les décombres servirent à former et à exhausser 
de plusieurs mètres la place de Bel-Air qui n’occupait jusqu’alors 
qu’un petit espace à la tête du pont. L’hôtellerie avait brûlé; on 
la transporta dans une nouvelle maison construite en 1675, celle- 
là même qui vient d’être détruite et qui avait été remaniée en 
1728. Les fouilles faites en vue de la construction d’un immeuble 
neuf, n’ont amené tout d’abord aucune trouvaille intéressante 1 2 ; 
c’est au moment oii elles allaient être terminées qu’on a trouvé 
quelque chose. Dans l’angle sud-ouest de la fouille (angle de la 
rue de la Corraterie et de la place susdite) on a mis au jour un 
épais massif de maçonnerie disposé sur de gros blocs de roche 
placés à plus de quatre mètres de profondeur. Cette forte mu¬ 
raille a dû dépendre de la grosse tour carrée voisine (empla¬ 
cement actuel de la librairie Eggimann) qui défendait la porte 
de la Monnaie placée à l’extrémité de ce qui est aujourd’hui la 
rue Centrale, et faisait partie de l’enceinte élevée aux XIII e et 
XIV e siècles; ç’aurait été l’extrême pointe de la place sur cette 
rive du Rhône, jusqu’au milieu du XVI e siècle. Du reste, la 
topographie ancienne de ce quartier, complètement modifié par 

1 J.-J. Chaponnière, État matériel cle Genève, etc., M. JD. G., t. VIII, 
p. 313. 

2 On a prétendu que des monnaies d’or et des papiers avaient été 
trouvés dans les planchers de la maison démolie; cela n’a pu être prouvé. 





FRAGMENTS D’ARCHEOLOGIE GENEVOISE. 


61 


l’incendie de 1670 et par des reconstructions successives, est 
assez difficile à établir d’une façon exacte. Il nous paraît, en tout 
cas, que les murailles retrouvées permettent de rectifier un tout 
petit point du précieux plan synchronique publié par J.-B.-G. 
Galiftè dans sa Genève historique et archéologique; sur ce plan, 
le rempart du XIII e siècle se dirige en droite ligne de la tour de 
la Monnaie vers la porte du Pont-du-Rhône voisine et c’est la 
tour qui forme le point saillant de la place; il conviendrait, 
semble-t-il, de faire faire à ce rempart un angle dans la direction 
du fleuve et de noter en ce lieu un petit ouvrage de fortification 
coupant la grève et défendant la tête du pont. Il est certain, en 
tout cas, que la maçonnerie retrouvée était antérieure à l’in¬ 
cendie, puisqu’elle limitait au sud la couche de déblais qui n’avait 
jamais été remuée jusqu’à ce jour. 

Cette couche de déblais était fort curieuse à interroger. On 
distinguait d’abord une grande quantité de charbons parmi les¬ 
quels se voyaient les vestiges de nombreux objets carbonisés ou 
partiellement fondus, tombant en poussière dès qu’ils étaient 
exposés à l’air ou qu’ils se séchaient; nous avons remarqué des 
restes d’outils et d’instruments en fer et en bronze, de grandes 
quantités de petites épingles en bronze, — il y avait des épin- 
gliers parmi les habitants du pont — les restes d’un peigne en 
corne, d’innombrables vestiges de tuiles, de briques et de po¬ 
teries, et même un livre presque entier et ouvert, dont les pages 
jadis blanches se séparaient encore les unes des autres, et qui 
possédait une partie de sa reliure avec ses fermoirs de bronze 
dénaturés par l’oxydation; ce n’était pas un livre imprimé, c’est 
tout ce qu’il a été possible de reconnaître avant qu’il s’émiettât. 
Il est probable qu’un examen constant et attentif des parois de la 
fouille aurait permis de noter d’autres vestiges. En fait d’objets 
complets, il n’est venu à notre connaissance qu’une jolie petite 
lampe en bronze munie de son crochet de suspension (le crésus 
de nos pères 1 ); elle peut dater de la fin du XVI e siècle, mais 
faisait sans doute partie du mobilier de l’hôtellerie nouvelle, 
puisqu’elle a été trouvée dans une sorte de canal en bois se diri¬ 
geant vers le fleuve. 

Les débris de poterie sont en général dépourvus d’intérêt, sauf 


1 En possession de M. F. Boissonnas, photographe. 




62 


BULLETIN. 


un fragment de carreau de poêle très mal conservé, sur lequel 
se détache en relief la figure d’un petit roi debout, vêtu d’un 
grand manteau et tenant en main un globe crucifère. Le carreau 
complet devait porter les effigies des trois rois mages; c’est là le 
dernier débris du poêle de la maison placée sous leur protection, 
poêle qui avait été fait spécialement pour elle. Le champ du 
carreau est occupé par un semis d’étoiles rappelant l’étoile 
de Bethléem. On s’étonnera, à ce propos, des figures qui or¬ 
naient l’enseigne de la maison, sculpture du XVIII e siècle 
qui a été donnée au Musée archéologique; ce n’est pas Mel- 
chior, Balthasar et Gaspard que l’on y voit, mais bien un roi 
d’Angleterre \ Henri IV et Frédéric le Grand. On connaît plu¬ 
sieurs exemples de cette étrange métamorphose, qui ne s’est 
produite qu’en pays protestants; la Réforme ayant proscrit les 
images sacrées, les tenanciers d’hôtelleries placées sous le vo¬ 
cable des Trois-Rois durent transformer les mages en souverains 
quelconques, ceux dont l’effigie était la plus propre à jeter 
quelque lustre sur leur maison. 

Mais voici qui est plus intéressant. Parmi les roches de cette 
maçonnerie dont il a été question tout à l’heure, on a eu la bonne 
fortune de rencontrer deux inscriptions romaines qui ont été 
données à la Société auxiliaire du Musée par M. l’architecte 
E. Goss, pour le compte de la Société immobilière des Trois- 
Rois. La première est malheureusement incomplète; il ne reste 
que la moitié du monument, une dédicace au dieu Mercure faite 
à la suite d’un vœu par deux individus, un père et son fils, dont 
nous n’avons plus les noms complets. Voici ce qu’on peut lire de 
ce texte, la surface de la pierre ayant été passablement détériorée 
et rongée par l’eau : 

[AferatjRIO • AVG 

.S • MARCVS • ET 

. lInVS • FILIVS 

[Ex] VOTO 

(A Mercure Auguste, . ... s Marcus et . linus,son fils, 

ensuite d’un vœu.) 

1 Et non Charlemagne, comme le dit Blavignac dans son Histoire des 
enseignes d’hôtelleries, Genève, 1878, in-8, p. 460. 








FRAGMENTS D’ARCHEOLOGIE GENEVOISE. 63 

Les lignes sont comprises dans un encadrement rectangulaire 
formant un cartouche à appendices en queues d’aronde. Dans 
son état actuel la pierre a 0 m ,61 dans sa plus grande longueur 
et 0 m ,66 de hauteur. Les lettres, assez grossièrement et inéga¬ 
lement gravées, indiquent un monument de basse époque. Il existe 
déjà, à Genève, au moins trois dédicaces à Mercure, dont deux à 
Mercure Auguste (C. I. L., xii, 2594 et 2595) ; ces dernières sont 
fréquentes en Narbonnaise, surtout dans la vallée du Rhône x . 
Quant à ce Marcus, faut-il le rapprocher de L. Sanctius Marcus , 
citoyen bel vête, qui dédia un autel au dieu Silvain pour le salut 
des bateliers du lac, ses amis (Ibid., 2597)? Chose curieuse, 
cette inscription avait été trouvée dans le Rhône, un peu au-des¬ 
sous de la Tour de l’Ile, à une très petite distance, par consé¬ 
quent, du texte récemment découvert. Une autre inscription, 
l’autel dédié à Neptune par C. Vitalinius Victorinus, soldat de la 
X X II e légion (Ibid., 5878), provient à peu près du même endroit 
du lit du fleuve. 

La seconde inscription de Bel-Air est complète et de meilleur 
style. C’est un cippe funéraire haut de l m 57, dont le sommet, qui 
peut-être se terminait en pyramide analogue au fragment trouvé 
récemment à Saint-Pierre, a seul été détérioré. Le socle et le 
sommet sont séparés du fût, quadrangulaire comme eux, mais 
plus étroit, par de jolies moulures suivant les trois faces princi¬ 
pales. La quatrième face était destinée à être appuyée contre une 
muraille; on voit encore à la base des faces latérales les trous 
du scellement servant à maintenir la pierre droite. Bien que là 
aussi la surface soit altérée par le travail de l’eau, l’inscription se 
lit aisément : 

S E R Y I L I 
A E S A B I 
NE C A T I A 
S A B I N V 
L A M A T R I 
RARISSIME.. 

(A Servilia Sabina, Catia Sabinula à sa mère très chérie). 

1 C. I. L., sii, 1829 et 1830 Vienne, 2195 Blanieu, 2197 Chatte, 2213 
Saint-Jean en Royans, 2222 Grenoble, 2322 Montgilbert, 2378 Ambla- 




64 


BULLETIN. 


Il semble qu’il y a, à la fin de la dernière ligne, une lettre ou 
un sigle, impossible à déchiffrer. L’inscription est encadrée par 
un double filet. Les noms de ces deux femmes, Servïlia Sabina et 
sa fille Catia Sabinula, ne sont pas encore représentés, sauf 
erreur, dans les inscriptions de Genève. Le cognomen Sabinus 
existe seul sur une dédicace à Mars Auguste (G. I. L., xn, 2592). 


UN VITRAIL AUX ARMES DE GENÈVE 
Planche II. 

M. A.-R. Balthazar, à Lucerne, possède un petit monument 
qu’il a bien voulu nous autoriser à reproduire. Nous lui en 
exprimons ici toute notre reconnaissance. C’est un vitrail de 
dimensions très restreintes, peint en grisaille, et qui porte les 
armes de Genève. Le fait est assez rare pour être signalé. A 
notre connaissance, il n’existe que deux vitraux portant nos 
armoiries, l’un, malheureusement réduit à l’état de fragment, 
est, ou plutôt était un médaillon rond de 20 centimètres de dia¬ 
mètre environ, de la seconde moitié du XVI e siècle, qui se trouve 
dans la collection de feu le syndic Rigaud, précieusement con¬ 
servée au château de la Tour-de-Peilz par M lle Anna Sarasin; 
l’autre, beaucoup plus important, a passé en vente publique à 
Bâle en 1882 — un an après la fameuse vente Burki. C’était un 
panneau de 0,50 X 0,40 au moins, du milieu du XVI e siècle 
(vers 1545 environ), œuvre probable du célèbre peintre-verrier 
Charles d’Ægeri, de Zurich on ne sait ce qu’il est devenu, les 
questions posées à ce sujet dans divers journaux étant restées 
sans réponse 2 . 

gnieu, 2435 et 2437 Mont du Chat, 2490 Saint-Félix, 2529 Annecy, 3086- 
87 Nîmes, 5365 environs de Narbonne. 

1 Communication de M. H. Angst, directeur du Musée national. La 
vente était faite par feu l’antiquaire E. Wolff, de Bâle, pour le compte 
d’un amateur parisien. 

2 On nous dit que la collection Pourtalès, vendue il y a quinze ou dix- 






FRAGMENTS D’ARCHEOLOGIE GENEVOISE. 65 

La grisaille de M. Balthazar constituerait donc le troisième 
vitrail connu à nos armes; elles n’y figurent, du reste, qu’à l’état 
d’accessoire. Le panneau, d’un seul morceau de verre blanc à l’ori¬ 
gine, a subi quelques fêlures, mais il est encore complet (0 m ,14 de 
hauteur sur O m ,195 de largeur). Au centre se trouvent les armes 
de la famille Eynard dans un cartouche ovale, surmonté d’un 
heaume à lambrequins sommé d’un lion issant couronné, et flan¬ 
qué de deux palmes; à droite et à gauche sont entassés des ballots 
de marchandises portant la marque commerciale de leur pro¬ 
priétaire, un cœur surmonté d’une sorte de quatre de chiffre à 
double barre horizontale et contenant un I et un E b 
Le tout repose sur un soubassement orné de l’ins¬ 
cription suivante, qui partage un cartouche aux 
armes de Genève, l’aigle se trouvant à gauche, la 
clef à droite : 


4 ^ 





M r Iaqves Eÿnard Marchand Et- 
Membre Dv Grand Conseil A Geneve 


Au-dessus des deux parties séparées de l’écusson genevois, se 
dressent deux socles chargés chacun d’une sphère. Enfin deux 
trophées d’armes — tambours, sabres, cimeterres, lances, flèches, 
tymbales, drapeaux, etc. — pendent du sommet, au-dessus des 
ballots, et une seconde inscription remplit l’espace vide entre ces 
trophées et le cimier de l’armoirie : 


Genff die 
und grosse 
ein Adler 
im Wappen 


Berüombt- 

Statt 

und Schlilssel 
liai. 


Ce qu’il y a de plus curieux, c’est la provenance de ce vitrail. Il 
ornait jadis une fenêtre de la cure du village de Wolfenschiessen, 


huit ans à Paris, renfermait également un vitrail genevois. Était-ce le 
même que celui de la vente Wolff? C’est possible. 

1 Comparez avec les marques Du Villard, Bulletin, 1.1, pl. II et Favre, 
p. 512. 


BULLETIN. - T. II. 


5 




66 


BULLETIN. 


dans le canton d’Unterwald, sur la route de Stans à Engelberg. 
Comment expliquer sa présence en un lieu ou les armes de la 
cité protestante étonnent au premier abord? M. Balthazar 
pense avec raison que ce Jaques Eynard se rendait avec ses 
marchandises à Engelberg, qu'il eut en route une aventure ou 
un accident qui l'obligea à demander l’hospitalité du curé de 
Wolfenchiessen, et qu’il lui fit don d’un vitrail en reconnaissance 
de ses soins, ainsi que cela se pratiquait beaucoup dans la Suisse 
allemande. L’explication est des plus plausibles. 

Jaques Eynard, originaire de la Baume-Cornillane en Dau¬ 
phiné, fils d’Antoine, se réfugia à Genève et y fut reçu bourgeois 
le 16 mars 1686 pour 4000 florins, deux fusils et un seillot de 
cuir. Il entra au CC en 1704 et en fit partie, sans interruption, 
jusqu’à sa mort survenue en 1722. Il avait épousé, en 1686, Anne- 
Madelaine Grenus, fille du syndic Théodore Grenus, dont il eut 
cinq enfants; il exerçait la profession de marchand drapier \ 

Les Eynard portent de gueules au lion d’argent. C’est dire 
que leurs armes sont incorrectement représentées sur le vitrail 
par un lion couronné. 

Le vitrail doit avoir été peint à Lucerne ou à Stans; il existe 
un bon nombre de panneaux analogues à Lucerne et aux en¬ 
virons. 


LA CLOCHE DE COBSIER 

L’archéologie campanaire — l’étude des cloches et de leurs 
inscriptions — est fort intéressante. Elle révèle bien des détails 
curieux, à qui veut se donner la peine de les aller chercher 
dans des situations quelquefois un peu périlleuses et toujours 
dans la poussière et la saleté, sur la grande corporation des 
fondeurs de cloches ou saintiers, sur le sort des cloches elles- 
mêmes, qui ont eu fréquemment à subir toutes sortes de vicis- 

1 J.-A. Galiffe, Notices généalogiques, t. III, p. 204. — Covelle, Livre t 
des bourgeois , p. 383. Rôles du magnifique Conseil des Deux-Cents. 





67 


FRAGMENTS D’ARCHEOLOGIE GENEVOISE. 

situdes, sur les personnages dont les noms sont rappelés sur 
l’airain, donateurs, parrains, prêtres, magistrats, etc. Beaucoup 
de cloches enfin, portent des figures d’une réelle valeur artistique 
ou des armoiries utiles à connaître. Malheureusement ce sont des 
instruments fragiles, et on n’en a conservé qu’un petit nombre 
d’anciennes. 

Dans notre canton, sur près de 150 cloches d’édifices civils ou 
religieux, 17 seulement sont antérieures à la Réformation, soit 
11 du XV e siècle, 5 du XVI e et une petite, sans aucune date ou 
inscription, qui remonte certainement au delà du XV e siècle 
(Peicy, ancienne église paroissiale dans la propriété Galiffe). De 
ces 11 cloches, trois appartiennent à Saint-Pierre (la cloche de 
l'horloge 1460, la cloche appelée Bellerive 1473, le Réveil-matin, 
sans date); trois à l’église de la Madeleine (1420, 1470 et 1486); 
deux à l’église de Saint-Gervais (1493 et une sans date); une à 
celle des Pâquis, sans date, qui se trouvait auparavant dans le 
clocheton de l’ancien hôpital (Palais de Justice); une à l’horloge 
du Molard, sans date; une enfin, à l’église de Genthod, provenant 
de Balleyson et datée de 1471. Les cinq cloches du XVI e siècle 
sont : le tocsin de Saint-Pierre (1509), une des cloches de l’hor¬ 
loge du Molard (1518), une cloche à l’église de Jussy (1519), 
une à l’école de Genthod provenant d’Etrembières (1532) et 
celle qui fait l’objet spécial de cette notice, une des deux cloches 
de l’église de Corsier (1501). 

Le XVI e siècle, à partir de la Réformation, ne nous a laissé 
qu’une cloche, la troisième de l’horloge du Molard, datée de 1595 
et qui fut enlevée par les Genevois au fort Sainte-Catherine. Au 
XVII e siècle appartiennent les cloches suivantes : la Collavine, à 
Saint-Pierre (1609), la grosse cloche (1607) et les deux petites 
(1678 et 1699) du temple de la Fusterie, les trois cloches de 
l’horloge de la Tour-de-l’Ile (deux de 1678 et une de 1682), la 
cloche du Collège (1673) et celle de l’église de Chancy (1636). 
Enfin 26 cloches ont été fondues au XVIII e siècle. 

* 

En attendant de publier les inscriptions de toutes ces cloches 
et de celles des contrées avoisinantes qui ont fait partie de l’an¬ 
cien diocèse de Genève, que nous avons dès longtemps relevées 




BULLETIN. 


68 

avec notre collègue M. A. Cahorn, nous voudrions consacrer une 
note à la cloche de Corsier signalée plus haut. 

Cette cloche, fort belle, mais brisée en trois morceaux, était 
hors d’usage depuis 1868, lorsque nous avons obtenu de M. Fal- 
quet, maire de Corsier, l’autorisation de l’exposer dans le groupe 
de l’Art ancien de l’Exposition nationale de 1896 \ Depuis lors le 
comité du groupe, la sauvant d’une destruction certaine, en a 
fait l’acquisition et l’a donnée au Musée archéologique de notre 
ville. Elle est intéressante à plus d’un titre. Tout d’abord comme 
un beau spécimen de l’art du saintier; la forme en est assez pure, 
la décoration sobre et point trop mal venue, la forme des lettres 
élégantes; ensuite elle présente quelques particularités dignes 
d’être remarquées. Son diamètre est de 0 m ,65. 

Deux inscriptions l’ornent. L’une au sommet de la cloche, en 
deux lignes (pl. III, fig. 1) : 

f maria • r • in • xpo ■ pater ■ d • hago ■ forrerii ■ 
prothonotarius • | de tornon ■ 

(f Marie. Le révérend père en Christ seigneur Hugues Fourrier, proto¬ 
notaire de Tournon.) 

L’autre sur le bord inférieur, en caractères plus petits (; ïbid ., 

fig- 2) : 

f ïhs ■ xpus ■ rex ■ nenit ■ in pace ■ deu « • ieru « * homo • 
facta « • est ■ xpus ■ uincit ■ pxs ■ p ( ) a ■ régnât ■ xps • 
imper ai • xpus • ab ■ omi • malo • nos ■ deff’endat ■ p ( ) 
a ■ a • d-m-ccccci 

(f Jésus-Christ roi vient en paix. Dieu Jésus est fait homme. Christ 
vainc, Christ P ( ) A règne, Christ domine, Christ nous défend de tout 
mal. P() A. L’an du Seigneur 1501.) 

Toutes deux sont en lettres gothiques minuscules, avec les S 
seules de forme latine. La croix qui précède l’inscription supé- 


1 Catalogue de VArt ancien, groupe 25, n° 2673. 




FRAGMENTS D’ARCHEOLOGIE GENEVOISE. 


69 


rieure est une croix tréflée fichée sur deux degrés; le nom Maria, 
qui suit ce signe, représente en même temps qu’une invocation à 
la Vierge, le nom même de la cloche; quant à ce Hugues Fourrier 
qui l’a fait faire, nous en reparlerons. Ce sont des rosaces en 
manière de roses héraldiques qui séparent les mots dans le pre¬ 
mier texte (pi. III, fig. 3); on les retrouve dans le second où elles 
alternent irrégulièrement avec de petits écus portant un losangé 
et sommés d’un chapeau de chanoine, et avec d’autres signes sépa¬ 
ratifs fréquemment employés dans l’écriture monumentale gothi¬ 
que. Les initiales P. A., séparées par une petite cloche, que l'on 
voit ici en deux endroits, sont celles du nom du fondeur, malheu¬ 
reusement inconnu, et dont nous n’avons vu jusqu’ici aucun autre 
travail \ La corruption Jerus pour Jésus est fréquente dans les 
inscriptions de la fin du moyen âge; du reste, les inscriptions 
campanaires en général renferment nombre d’erreurs orthogra¬ 
phiques dues à l’ignorance des fondeurs, artistes ambulants jus¬ 
qu’à une époque relativement récente 1 2 . 

Dans l’espace compris entre les deux inscriptions se trouvent 
plusieurs figures qui contrastent avec celles que les fondeurs de 
la fin du XV e siècle et du commencement du XVI° ont généra¬ 
lement employées. La sainte Vierge portant l’Enfant Jésus et 
YEcce Homo entouré des instruments de la Passion, placés l’un 
et l’autre dans des niches architecturales, plus rarement l’Annon¬ 
ciation, telles sont les figures constamment placées alors sur les 
cloches et présentant fort peu de variantes entre les differents 
exemplaires. Rien de semblable sur la cloche de Corsier, pour la 
confection de laquelle le donateur n’a pas consenti à ce qu’on uti¬ 
lisât les moules banaux; il n’est pas admissible, en tout cas, que le 
fondeur, possesseur de deux types de caractères soigneusement 
gravés et d’une réelle élégance — plus élégant que ceux d’autres 

1 M. A. de Champeaux cite dans son excellent Dictionnaire des fon¬ 
deurs, ciseleurs, etc., t. I (seul paru), Paris, 1886, in-12, p. 48, un Pierre 
Audebert, fondeur de cloches à Arras en 1508, souche d’une nombreuse 
famille d’ouvriers bronziers. Serait-ce l’auteur de notre cloche, qui aurait 
travaillé de son métier en voyageant, avant de s’établir définitivement à 
Arras ? 

2 On remarquera, dans la seconde inscription, l’emploi des u pour des 
v, les s renversées, l’interversion pxs pour xps, etc. 




70 BULLETIN. 

cloches du commencement du XVI e siècle existant encore dans 
nos contrées — n’ait eu aucun moule de figure à sa disposition. 
Mais Hugues Fourrier est vraisemblablement intervenu; il a dû 
fournir des modèles — le cachet à ses armes d’abord — puisque 
non seulement les figures ne se rencontrent pas dans le matériel 
habituel des saintiers, mais encore elles n’ont pas été faites pour 
l’usage spécial de la décoration d’une cloche. Ce sont les em¬ 
preintes d’une matrice d’enseigne de pèlerinage, d’un sceau et de 
deux poinçons à l’usage soit de l’orfèvrerie, soit des bronzes de 
petites dimensions, que nous décrirons successivement : 

1° L’enseigne de pèlerinage est celle de Notre-Dame de Liesse 
d’Annecy. L’original est conservé au Musée de cette ville 1 ; il 
porte au centre une triple niche d’architecture avec dais gothi¬ 
que abritant la sainte Vierge et l’Enfant au milieu, saint Antoine 
à la droite de celle-ci, saint Maurice à sa gauche ; une légende en 
lettres gothiques minuscules entoure ce motif : 

Nostre : Dame : de : Annessie : 


Au bas de la niche, sous l’effigie de la Sainte Vierge et entre 
les mots Dame et de, il y a un écu aux armes de la collégiale 
(d’azur à l’étoile d’or) qui a été remplacé sur la cloche de Cor- 
sier par l’armoirie losangée de Hugues Fourrier, moulée avec le 
poinçon que nous avons déjà rencontré dans l’inscription infé¬ 
rieure; comme ce poinçon est plus grand que l’écu gravé dans 
la matrice, le mot de et une partie du grènetis qui circonscrit la 
légende ont disparu. Enfin, dans les quatre angles — car le 
moule est carré, de 0 m ,08 de côté — sont placés les symboles 
des évangélistes; un cordon quadran gui aire entoure le tout. Il 
s’agit d’un petit monument de la fin du XV e siècle, qui devait 
encore être presque une nouveauté lorsque la cloche fut fondue, 
et dont les pèlerinages de Notre-Dame de Liesse, très fréquentés, 
avaient sans doute répandu les épreuves à profusion dans le 
diocèse; on verra dans la figure 2, au-dessous de la reproduction 
de l’enseigne figurée sur la cloche, reproduction complétée 


La fonte n’a pas bien rendu les finesses de l’original. 





FRAGMENTS D’ARCHEOLOGIE GENEVOISE. 


71 


d’après une empreinte prise dans la matrice elle-même 1 qu’a 
bien voulu nous communiquer M. Joseph Serand, sous-archiviste 



Fig. 2. 


de la Haute-Savoie, on verra, disons-nous, le motif héraldique 
qui orne cette dernière. 


1 Cette matrice a été exactement décrite, mais moins bien reproduite, 
dans l’ouvrage de MM. Auguste Dufour et François Kabut, Sigillographie 















































72 


BULLETIN. 


2° L’empreinte de sceau est malheureusement moins facile à 
déterminer. C’est celle d’un cachet circulaire de 0 m ,055 de dia¬ 
mètre, portant au centre une jolie et traditionnelle représenta¬ 
tion de l’Annonciation accompagnée d’un écu couronné dont les 
meubles ne se distinguent plus; légende en caractères gothiques 
minuscules avec S latines — comme dans les inscriptions de la 
cloche — indiquant également l’extrême fin du XV e siècle : 

f S : indulgenciarum : beate : marie : de : recuperancia : ordinis : 
carmelitarum. 

(Sceau des indulgences de Notre-Dame de Eecouvrance, de l’ordre 
des Carmes.) 

La fonte n’a pas rendu avec beaucoup de netteté les petits 
caractères de la légende, surtout en ce qui concerne le mot 
Recuperancia que nous avons un peu hésité à lire ainsi. Où se 
trouvait cette maison de Carmes? Nous ne savons. Plusieurs 
localités françaises s’appellent Recouvrance, le faubourg de Brest 
entre autres, mais aucune, à notre connaissance du moins, n’a 
possédé de couvent de Carmes ; celui de Brest se trouvait à 
Brest même, et au surplus il a été fondé en 1652. Il s’agit évi¬ 
demment d’un monastère placé sous le vocable de Notre-Dame 
de Recouvrance (celle que l’on implore pour «récupérer» une per¬ 
sonne disparue), dans une localité portant un autre nom. Ce que 
l’on peut dire avec certitude, c’est que ce couvent n’était pas 
situé dans le diocèse de Genève où les Carmes n’ont point fondé 


de la Savoie, l re série, sceaux religieux, Turin, 1882, in-4, p. 97 et pl. VIII, 
flg. 117 (Tirage à part des Memorie délia Ile ale Accademia delle Scienze 
di Torino, t. XXXIV et XXXV). Elle est en fer, munie d’une queue 
pyramidale, et a été trouvée en 1855 dans le canal du Thiou à Annecy ; 
vendue à Genève par l’ouvrier qui l’avait découverte, elle a été rachetée 
à Paris par feu Arnold Morel-Fatio et cédée par lui au musée d’Annecy 
en 1870. Notre-Dame de Liesse était jadis un lieu de pèlerinage très fré¬ 
quenté. Il y avait près de l’église un hôpital pour loger les pèlerins. L’un 
des sanctuaires était dédié à saint Antoine, ce qui explique sa présence 
sur l’enseigne ; quant à celle de saint Maurice elle est justifiée par le fait 
que ce saint, patron des états et des princes de Savoie, était encore celui 
d’une des paroisses et de la chapelle du château d’Annecy. 





FRAGMENTS D’ARCHÉOLOGIE GENEVOISE. 


73 


d’établissement. Il est probable que le sceau était apposé sur une 
indulgence octroyée à Hugues Fourrier au cours de quelque 
voyage. C’est bien, en tout cas, d’après une empreinte, et non 
d’après une matrice, qu’il a été reproduit sur la cloche (pl. III, 
fi g- 4). 

3° Les deux dernières figures ornant la cloche de Corsier sont 
d’un art très fin. L’une d’elles représente une femme en élégant 
costume de la seconde moitié du XV e siècle, agenouillée et tenant 
un écu gothique (pl. III, fig. 5). Là, comme sur l’enseigne de 
pèlerinage, Hugues Fourrier a fait enlever les armes qui se trou¬ 
vaient sur cet écu pour y mettre les siennes, en utilisant la petite 
matrice circulaire déjà décrite. On voit fort bien, sur la cloche, 
comment s’est faite cette substitution, en entaillant assez bruta¬ 
lement le cartouche que tient si gentiment la noble dame. Comme 
dans la figurine suivante, le travail de ciselure est trop délicat 
pour qu’il s’agisse d’un moule appartenant au matériel d’un 
fondeur de cloches; le donateur aura, sans doute, fait repro¬ 
duire par celui-ci des motifs empruntés à quelque objet d’orfè¬ 
vrerie. 

4° Il fallait, selon l’habitude constante, que la cloche soit 
ornée d’un sujet religieux. On a pris ici la scène qui a suivi la 
descente de croix et a si fréquemment inspiré les maîtres de la 
Renaissance : Marie tient sur ses genoux le corps de son Fils, 
tandis que saint Jean à sa droite et Marie-Madeleine à sa gauche 
le couvrent de baisers (pl. III, fig. 6). 

* 

H' ^ 

Comme on le voit, cettte cloche est intéressante au point de 
vue iconographique et artistique. Son histoire ne le serait certai¬ 
nement pas moins, si nous la savions. Hugues Fourrier — ou 
Forrier — le donateur, n’a pas joué un rôle assez considérable 
pour occuper une grande place parmi les innombrables person¬ 
nages ecclésiastiques du diocèse de Genève. On sait que, originaire 
de Tournon en Vivarais et protonotaire apostolique (avant 1501), 
il était habituellement désigné sous le nom de « protonotaire de 
Tournon » ; c’est ainsi qu’il est appelé sur notre cloche. Il fut 
plébain de Thônes en 1506. Son père, noble Georges Fourrier, 
avait été seigneur d’Arvey. La famille s’éteignit dans la pre- 




74 


BULLETIN. 


mière moitié du XVII e siècle. \ Elle portait pour armes : losange 
(ou fuselé) d’argent et d’azur; c’est bien ainsi que Hugues les a 
représentées sur sa cloche; on les voyait également, paraît-il, 
dans l’église de Thônes, qui possédait l’une des plus anciennes 
plébainies du diocèse 1 2 . 

Il n’est pas probable que Hugues Fourrier ait jamais rien eu 
à faire avec l’église de Corsier. Comment sa cloche y parvint- 
elle? A la révolution certainement. En 1793, les communes 
furent invitées, ensuite d’un décret fameux de la Convention 
nationale, à faire procéder à la descente et au transport de leurs 
cloches dans les chefs-lieux; on devait en échanger le métal 
contre des pièces d’artillerie 3 . Le moment vint où le rétablis¬ 
sement du culte rendit les cloches à leur usage naturel; on dis¬ 
tribua ou vendit alors au hasard toutes celles qui n’avaient pas été 
fondues et c’est ainsi, probablement, que notre cloche arriva à 
Corsier. Pour quel clocher Hugues Fourrier l’avait-il fait faire? 
Nous ne savons, mais on peut supposer que ce fut pour Thônes, 
puisqu'il y exerça plus tard la première charge ecclésiastique. 
Les cloches de Thônes avaient été envoyées à Annecy en 1793, 
comme tant d’autres; six d’entre elles, de différentes dimensions, 
— dont peut-être celle qui nous occupe — représentaient 
ensemble 1763 livres de bronze et une autre, pesée à part, 220 
livres 4 . 

Le décret de la Convention autorisait les communes à con¬ 
server une cloche pour les usages civils. Corsier n’en avait point 


1 Comte Amédée de Foras, Armorial et Nobiliaire de l’ancien duché 
de Savoie, 3 e volume, Grenoble, 1893, in-fol., p. 11. 

2 II y a eu à Genève une famille Former ou Fourrier qui, chose 
curieuse, a eu des armes qui n’étaient point sans analogie avec celles 
des F. de Tournon. Elle portait échiqueté ou fascé d’argent et d’azur, 
tandis que ces derniers avaient un losange de même couleur, que l’on a 
transformé quelquefois en un burrelé analogue au susdit fascé. Y a-t-il 
quelque lien entre ces deux familles ? Celle de Genève aurait été origi¬ 
naire de Jussy; elle est mentionnée pour la première fois en 1357 et elle a 
possédé un syndic en 1425 (J.-B.-G. Galiffe, Adolphe Gautier et Aymon 
Galifïe, Armorial Genevois). 

3 La cloche de Corsier porte sur le cerveau le chiffre 211 gravé. C’est, 
sans doute, celui de quelque inventaire dressé en 1793. 

4 Communication de M. Joseph Serand, sous-archiviste à Annecy. 





FRAGMENTS D’ARCHEOLOGIE GENEVOISE. 


75 


gardé. En 1797, les habitants, désireux d’en posséder, se coti¬ 
sèrent à cet effet. La cloche dont il vient d’être question fut 
achetée alors et une autre cloche fut commandée à un fondeur 
Genevois, Daniel Dreffet ; cette dernière est encore à Corsier et 
porte les inscriptions suivantes : 


J’APPARTIEN A LA COMMUNE DE CORSIER 
J’AI EUT POUR PARRAIN JEAN LOUIS DE 
CHEVRENS AGENT MUNICIPAL & POUR MAR¬ 
RAINE MARION SAUSINE. 

PIERRE BUFFET ADJOINT MUNICIPAL. 

FAITE PAR JEAN 
DANIEL DREFFET 
MAITRE FONDEUR 
A GENEVE 

1797 


Des figures d’assez grandes dimensions, mais des plus banales, 
accompagnent ces textes d'une simplicité toute révolutionnaire. 
Chose curieuse, se sont des figures de saints : le Christ sur la 
croix, saint Jean l’évangéliste, sainte Anne, la Vierge et l’Enfant, 
sainte Thérèse, un ostensoir. 

Mais en l’an IX, des contestations surgirent entre les habitants 
au sujet des cloches et de leur paiement; ils portèrent differentes 
accusations contre l’ancien maire Dechevrens qui, aidé de ses 
partisans, songea à s’emparer violemment des cloches de l’église. 
La préfecture du département du Léman envoya à Corsier un 
délégué chargé de faire une enquête \ et de concilier les parties; 
ce qui paraît avoir eu lieu, non sans peine. 


1 Archives communales de Corsier. 





76 


BULLETIN. 


PAPIERS TROUVÉS A L’HORLOGE DU MOLARD 


Il y a vingt ans, en 1877, on découvrit au cours de travaux 
exécutés à l’horloge du Molard, et dans l’un des poids de 
celle-ci, les papiers manuscrits dont le texte suit. M. Émile 
Rivoire — auquel nous sommes redevables de la copie qui a servi 
à les publier — les avait communiqués à la Société d’histoire 1 et 
donnés ensuite à la Bibliothèque publique; ils étaient restés jus¬ 
qu’à ce jour inédits. 

C’est certainement l’un des plus curieux parmi les dépôts du 
même genre. Les documents que l’on y trouve sont d’un intérêt 
plus général que ceux retrouvés à Saint-Pierre ou au Palais de 
Justice, bien que plusieurs d’entre eux aient été écrits par les 
mêmes personnages. On voudra bien comparer ces différentes 
trouvailles 2 . Celle du Molard nous reporte à l’année 1717, oh la 
tour eut à subir quelques réparations ; de nouvelles pièces s’ajou¬ 
tèrent en 1773, dans une semblable occasion, à ce premier 
dépôt. 

Les pièces datant de 1717 sont au nombre de trois, la première 
étant de source officielle, la seconde ayant été écrite par les 
ouvriers et la troisième par l’horloger chargé de conduire 
l’horloge. Aucune des quatre pièces de 1773 ne paraît due à un 
fonctionnaire de la Seigneurie. 

1 Séance du 29 novembre 1877. Yoy. Édouard Favre, Mémorial des 
cinquante premières années , p. 200. 

2 Les trois clochers de Saint-Pierre ont livré les papiers déposés dans 
les pommeaux de leurs poinçons : la tour du midi en 1874, la tour du 
nord en 1892, la tour du carillon cette année même. Ils ont été publiés 
dans le Journal de Genève, n os du 9 septembre 1874, du 11 juin 1892, 
supplément, et du 14 juillet 1897. D’autre part nous avons reproduit 
ceux des tours du midi et du nord dans une brochure intitulée : Histoire 
d’un clocher (Genève, 1892, in-8). Le dépôt découvert le 30 septembre 
dernier dans le clocheton de l’ancien hôpital (Palais de Justice) a été 
également publié dans le Journal de Genève, n° du 3 octobre 1897, sup¬ 
plément. 





77 


FRAGMENTS D’ARCHEOLOGIE GENEVOISE. 

On remarquera que les auteurs de ces dernières ne se faisaient 
pas d’illusions sur le caractère de leurs concitoyens : « Paix et 
concorde, disent-ils, autant qu’on peut espérer de nos mœurs. » 


I 

Pour l’Avenir 
1717. 

Le Couvert de cet Horloge a été réparé en Octobre 1717. Sous le sin- 
dicat des Nobles Pierre Gautier, J. Pierre Trembley, David Sartoris et 
J. Jacques Pictet, 

de François Du Four Trésorier, 
de S r Estienne Mallet Contrôleur 

La République jouissant d’une heureuse paix a fait travailler dès 
Avril 1716 aux fortifications du Coté du Lac 1 , qui finiront avec cette 
année, par les soins du S r Prades de la Ramière, Ingénieur que nous 
avons fait venir d’Hollande, en lui donnant 600 Ecus de gage par année. 
En 1715 elle fit construire le temple de la Fusterie 
En 1716 celui d’Avulli, et en 1717 elle a fait reparer ceux de Cartigni, 
Neidans et Yaleiri 

L’Eglise est pourvüe d’excellens Pasteurs. 

Le Troupeau est composé d’environ 20 mille âmes. 

Les revenus de l’an 1716 sont allés à 100 mille Ecus et ont été presque 
tous consumés. 

L’on doubla en 1716 le poids du blé, la Gabelle de la chair, et celle 
du vin, et Ion Etablit le Papier marqué 2 , le tout au profit des fortifications 
qui consumèrent en cette première année 30 Mille Ecus 

L’on jouit depuis très longtemps d’une Santé parfaite. Grâces à Dieu. 
Le blé ne coûte que deux Ecus la Coupe et la Vente du Vin n’est qu’a 


1 Ces travaux ont marqué le début de la période durant laquelle la 
République sacrifia tout à ses fortifications, période fertile en dissensions 
provoquées précisément par le zèle inconsidéré d’une partie du Conseil, 
dont le sieur De la Ramière était l’instrument. A la fin de 1717, en effet, 
les nouveaux ouvrages entourant les bastions de Hesse et de Longemalle 
furent achevés. 

2 L’impôt sur le papier timbré fut établi pour la première fois le 
1 er octobre 1714. 




78 


BULLETIN. 


14 f en 1716 et cette année 1717 sera au dessous 1 . Quoi que les vins 
nouveaux soient très bons. 

La livre de la meilleure viande ne conte que six sols. 

Depuis dix ans, L’on a construit le Grand Hôpital avec la maison de 
Correction, Sans qu’on ait imposé un denier, seulement avec la charité 
des gens de bien 2 . 

La Chambre pour le Venerable Consistoire 3 

Les fontaines du Molard et de S 4 Gervais, par une machine qui est sur 
le Rhosne. 

L’on a augmenté la garnison jusqu’à 720 hommes, tous habillés de 
bleu 4 . 

L’on a construit un grand Manege avec de belles ecuries à S 4 Leger, et 
l’on a fait venir de Berlin un Ecuier avec 2000 Livres de gage par An. 
En un mot Cette république a prospéré infiniment et augmente tous les 
jours en crédit et en réputation. Elle est fort considérée par les puissances 
Protestantes. L’on y toléré l’exercice de la religion des Luthériens qui 
ont leur Pasteur. Dieu veuille continuer à répandre ses grâces et ses 
bénédictions sur L’Etat et sur L’Eglise, et détourner tous les malheurs 
dont elle est menacée. 

fait à Genève ce 30 e 8bre 1717. 


1 Grâce aux différents dépôts, on pourra comparer les prix du blé et 
du vin pendant un certain nombre d’années : 

Blé Yin 


1705 

2 

écus la 

coupe 

18 à 

20 sols le quarteron. 

1707 

14 

florins 

» 

4 à 

5 

» » 

1709 

7 V 2 

écus 

» 

2 


florins » 

1712 

3 

» 

» 

2 


écus le setier. 

1716 

2 

» 

» 

14 


florins » 

1717 

18 

florins 

» 

1 


florin le quarteron. 

1728 

20 

» 

» 

6 


sols » 

1765 

21 

» 

» 

» 


» » 

1770 

60 

» 

» 

30 


» » 

1771 

» 

» 

» 

» 


» » 

1772 

57 

» 

» 

— 


_ _ 

1773 

34 à 45 

» 

» 

10 à 18 

» » 


2 L’hôpital fut construit en 1711 et 1712 par l’architecte De Yennes, 
sur l’emplacement du couvent de Sainte-Claire, dont les bâtiments ser¬ 
vaient déjà d hôpital depuis la Réformation. Comp. les papiers déposés 
en 1712 par Jaques Tollot, secrétaire de la maison, dans le pommeau 
du clocheton. 

3 Le Consistoire se rassemblait primitivement dans une salle située 
dans Saint-Pierre, au dessus de la première travée de voûtes ; la façade du 
temple étant fort ruinée, les pasteurs se plaignirent de la défectuosité du 
local qui leur était assigné et on leur accorda une salle de l’hôpital, salle 
qui ne leur suffisait plus en 1714. La Chambre des Comptes fit alors 
transformer à leur usage la halle de la Taconnerie, démolie en 1874. 

4 C’est à la suite des troubles de 1707 que la garnison fut portée à 720 
hommes. L’uniforme bleu était d’ordonnance depuis 1704. 






FRAGMENTS D’ARCHEOLOGIE GENEVOISE. 


79 


II 

Lan mil-sept cens dix sept Le trente Octobre Moy Jean-François 
Gandoz 1 Maistre Ouvrier En fer blanc Jay Recouvert en Ecaille Le Clocher 
de L’orloge du Mollard sous le Régné de Noble Jean Jacque Trembley 
Seigneur Sindic et Noble Jacques Pictet Noble Leonard Buisson Noble 
Marc du Pan Et pour Trésorier General Noble François Dufour secrétaire 
de La Chambre des Comptes Le Sieur Malcombe pour Controlleur Le 
Sieur Estienne Mallet Commis Le Sieur Jacque Caille Maistre des 
Ouvriers de la Charpentrie Le Sieur Abraham du Fresne ouvriers de la 
Charpantrie Antlioine Pichena et Anthoine Lecherra Ouvriers En fer 
blanc Jean Jacque Gandoz fils de Maistre Jean François Gandoz Gédéon 
fiançois Du Vivier de Mantes sur Seine et Mathuriu Paulin de Nante en 
Bretagne Pour Le Prix du Bled est dix huit florins La Coupe Le Vin un 
florin Le Carteron Le Meilleur La Viande six sols La Livre 
Anthoine Gandoz fils 
Isaac Raulieu 
Estienne Duclou 


III 

Henry Auban 

Condeteur de loreloge asossié avec la veue Soubairan des le 15 mars 
1715 et le dit defun marit de la veue y a été des le 15 mars 1704 jusque 
au 12 novembre 1715 et la veue et moy avons Sussedé à geneve 
Ce 30 octobre 1717 


IV 

L’an mille sept cent cinquante cinq Moy Etienne La combe 2 de 
monôblet en Languedoc a été admis Maitre de L’art de nos très honores 


1 Ce Jean-François Gandoz appartenait à une dynastie de ferblantiers 
qui ont travaillé sur tous nos clochers ; on trouve son père Jean à la tour 
du nord de Saint-Pierre en 1677 et 1709, à la tour du midi en 1707, 
à celle du carillon en 1667 et 1691 ; lui-même opéra à la tour du nord en 
1709, à la tour du midi en 1705 et 1707 ; il travaillait au Molard en 1717 
avec deux fils. D’autres ouvriers se retrouvent également en plusieurs 
occasions. 

2 La hallebarde à laquelle est appendue une clef qui sert de poinçon 
à la Tour du Molard a été déplacée en 1892, lors de la réfection du cio- 




80 


BULLETIN. 


Seigneur du Conseil de la Ville et Republique de Geneve Maitre Echan- 
tilleur des Poix et Balance de cette Ville et Le Blé se vendait a La datte 
de La réparation faite à Loreloge du môllard soit pômeau et Girouette 
neuve Le blé se vendait alors quarante cinq florins Courante La Coupe et 
Le Vin 16 à 18 Sol Le Carteron que Dieu repande sur nous Ces béné¬ 
diction sur les année avenir et voeille nous recevoir en sa grâce 
Fait Lan de grâce 

A Geneve Q 

ce 26e Sbre 1773 


V 

Lennée 1773 aux Mois de Octobre Lon na finis cete tours de la Repare 
en neuf Sou Le régné de noble Saladin premier es Bartelemy Rilliet 
Saindi de Garde monssieurs vial Saindic de la noble chembre des conte 
monssieurs Sarazin Saindic de lhopital es monssieurs philiber Cramer 
Trésorier General es monssieurs Lecointre Secrétaire monssieurs Bordier 
controleur es Vollaire commis es Dantans commis Les métré ferblantier 
quy ont fait ce Belle ouvrage Son Lapalut es Rollier tous les 2 métré es 
des Bonnanfens es que Dieu les veulle Bénir et les Conserver es presserve 
des malheur que Dieu peut nous menace au Si bien quo cherpantier quy 
Son Vogir es Jean François Weuilliemoz es Jacob Bernard Le vin ce 
vendes 10 Sol Le carteron aux mois de mar es apressent il ce ven 18 Sol 
Le carteron Le Ble ce vent 40 florin La coupe La chair ce ven 9 Sol La 
Livre. 

Lennée 1771 Le Blé ce vendes 60 florin La Coupe en 1772 il Se vendes 
57 florin es aux Commen ce men de lanee 1773 il Se vendes 34 florin La 
coupe — ces ennée Le Ble estes de fandu de Le Sorty de la Savoye on ne 
Sais pas de La par de quy Lennee 1773 Le roy de Sardagne es mort es le 
duc du Sablier 1 a fait Le tour de la Savoye es Lon natire Les pièces de 


cheton. Sur la tige de fer qui lui servait de hampe se trouvait une ins¬ 
cription que l’on trouvera dans la seconde série de ces Fragments (Bul¬ 
letin. , t. I er , p. 388) et que la pièce n° IV permet de compléter; elle se 
termine par un mot abrégé par un seul P, qui doit être lu poids. Cette 
pièce n° IV, rapprochée de l’inscription précitée, semble prouver que le 
singulier épi de la Tour du Molard date bien de 1773. Ainsi tombent 
toutes les légendes y relatives, dont la plus curieuse voulait que la clef 
fût celle de la maison du traître Philibert Blondel, et la hallebarde — 
arme du XVI e siècle — celle d’un Savoyard tué à l’Escalade. (Voy. aussi 
J.-D. Blavignac, Amortissement du clocher de la place du Molard, dans 
M. B. G., t. XI, p. 125-126.) 

1 Charles-Emmanuel II mourut le 20 février 1773. Sablier est mis pour 
Chablais. 



81 


FRAGMENTS IF ARCHEOLOGIE GENEVOISE. 

Canon pour Le Salué en passent es Les meme Semaine Le prince de 
Carinan es entres dans Geneve es on La Reçut avec tous Les honneur 
possible il ly a demeure quelque Jour cet meme ennee mousieurs Moudrv 
a fait Le Couduroy a La Coulouvreniere, es a son estalations a plainpa- 
lais il ly à ves 101 tante Dresse es Les volontaire on marche avec Les 
Grenadier es Les dragon es Les chaseur es Lonna formes un Camp de 
Ilatalle es il se Sont Batu comme Lon fait dans les Combas \ 

Cete même ennée on na pandu un français es apres La voir pandu on 
La Brulé cete meme ennee onna fait des four Sur La place du moular es 
on na Bâtir un Batiment de Sus La Republique Jouir du paix tranquile 
Jusque a pressen Lexrcicce de La Religion il es tre Bien esexrcée mes ce 
Bien dommage que les temple ne Son pas Boucoup fréquenter Je Suite 
que ceux quy Liron cette Letre J^es voye plus fréquenter que nous es que 
Dieu veulle Répandre Sa Bénédictions Sur cette estas es Sur Son Eglisse 
Jusque a La fain des Siecle amen issi Soity 


VI 


Ce présent Clocher du molard a duré depuis sa réparation en 1717 
jusqu’à cette année 1773 qu’il a été réparé de nouveau et recouvert entiè¬ 
rement. Messieurs les sindics de cette année sont : 

Nobles Jean Louis Saladin 
» Bartlielemi Rilliet 
» René Vincent Vial 

» Jean Sarasin 

S r Controleur Jaques Bordier 

S rs Commis en charpante de la Seigneurie, Dentand et Voullaire 
M res Lacombe serrurier. 

Esaie Lappallu, et marc Rollier, ferblantiers qui ont travaillé à la 
réparation de ce Clocher. La prémière Cloche de ce clocher a été trans¬ 
portée au clocher du Temple neuf et celle de ce Temple apportée ici il y 
a peu d’années 2 . 

1 La fête du roi de l’Arquebuse eut un éclat extraordinaire; on en 
trouvera le récit détaillé dans Coutau, Archives de la Société de l’Arque¬ 
buse, Genève, 1872, in-4, p. 154. Voy. aussi Rivoire, Bibliographie histo¬ 
rique de Genève au XVIII e siècle, n us 1382 à 1384. 

2 L’horloge du Molard se trouvait jadis à l’autre extrémité de la place, 
sur la tour de la grande maison de Rolle démolie en 1889. Le syndic 
Jean Du Villard, propriétaire de cet édifice, obtint en 1591 de faire 
transférer l’horloge sur l’ancienne tour d’enceinte. (Voy. nos Fragments, 
première série, dans le Bulletin, t. I er , p. 68.) Malgré ce transfert, Jean 
Du Villard s’intéressait encore à l’horloge, puisqu’il fit faire en 1607 une 

6 


BULLETIN. - T. II. 



82 


BULLETIN. 


L’Histoire fera mention des événements mémorables dès 1717 à ce jour 
mais pour ne parler que des choses agréables à la patrie. 

Il y a eu, traité en règlement de Limites avec la france 1 
Traité avec la savoye 2 

Limitation des droits du Conseil souverain en 1738. 

Extension des dits Droits en 1768. 

Guichet ouvert aux natifs, pour entrer à la Bourgeoisie 
Paix et concorde autant qu’on peut l’espérer de nos mœurs. 

Le Beau Grenier à Blé bâti à Rive il n’est pas tout-à-fait fini 3 
Deux nouvelles fontaines faites cette année à la fusterie et près du 
Temple de S* Gervais 

Prix du blé florin 38 du vin II vaut aujourd’hui 25 e octobre florin 1 
le q. arl . 

Puisse l’abondance et la Paix 
fleurir à Jamais sur tes bords 
Amen 

Etienne Louis Ducloux. 


YII 

Avis au peuple Genevois 


Le présent Clocher a duré sa réparation en 1717 jusqu’à cette année 
1773 qu’il a été réparé de nouveau. 

Membres actuels des Seigneurs Sindics 
de cette année 

Nobles Jean-Louis Saladin Premier Sindic 
Barthélémy Rilliet 
René-Vincent Vial 
Jean Sarazin 

Sieur Controlleur Jacques Bordier 

S rs Commis en la Charpente J. Dentand, P re Voullaire. 

Les Ouvriers qui ont travaillé à la réédification de ce Clocher sont : 

1° La Combe serrurier 
2° Lapalu et 

3° Marc Rollier ferblantiers 

cloche qui lui était destinée, celle-là même qui tut transférée au temple 
de la Fusterie en 1763 Cette cloche porte les armes de Genève et celles 
du donateur. Les cloches actuelles de l’horloge du Molard appartiennent 
au XV e et au XVI e siècle. (Voy. ci-devant, p. 67.) 

1 Traité de Paris signé le 15 août 1749. 

2 Traité de Turin signé le 3 juin 1754. 

3 Commencé en 1769, le Grenier à blé tut achevé en 1774. 





83 


FRAGMENTS D’ARCHEOLOGIE GENEVOISE. 

Ouvriers Charpentiers J h Wuill et Yangier garde de la Charpente 
La l re Cloche de ce Clocher a été transportée au Clocher du Temple 
neuf et celle du Temple Neuf transportée ici il y a quelques années 
L’histoire fera mention des évènements mémorables dès 1717 à ce jour, 
mais pour ne parler que de choses agréables à la Patrie. 

1 ° Il y a eu Traité et Règlemens entre la France et Genève concernant 
les Limites 

2 ° Traité avec la Savoie 

3° Limitation des droits du Conseil Souverain en 1738 

4° Extension des dits droits en 1768 

5° Entrée à la Bourgeoisie en faveur des Natifs 

6 ° Paix & Concorde autant qu’on peut espérer de nos mœurs 

7° Grenier à bled construit à la Charpente 

8 ° Deux nouvelles fontaines construites à la Fusterie et à S‘ Gervais. 

9° La Coupe du Bled fl. 39, le vin fl 1 le quarteron 
10 ° Le Roi de Sardaigne mort cette année 

11° Le Duc de Chablais a passé près de Genève faisant la visite de son 
Diocèse 1 

12 ° Le Duc de Carignan a aussi fait son entrée à Genève il y a séjourné 
peu de jours, l’on a fait à ces deux Seigneurs des honneurs extraordi¬ 
naires sur le Lac, tous les canons de la Ville ont été mis sur leurs affûts 
pour différais salves. 

13° Cette année l’on a fait le Roi de l’Arquebuze Moïse Maudry a été 
fait Roi, l’on a fait des réjouissances extraordinaires, l'on tit à son occa¬ 
sion construire un Camp à Pleinpalais, Un Amphithéâtre construit en 
bois en formait l’angle et les places se sont louées jusqu’à fl 5.3. 

Les Grenadiers, les Volontaires, les Dragons et les Chasseurs se sont 
battus Vaillamment 

L’on a pendu et brûlé à plaiupalais un françois pour avoir tué volé et 
empoisonné un habitant de Chesne 

Toutes les denrées sont exessivement chères, il y a environ trois ans 
que le bled n’entre que par contrebande et le bois est fort cher le Bassin 
du port est vuidé par des difficultés survendes. 

Avis à nos descendans 

Renoncer à leur liberté, c’est renoncer à leur qualité d’homme, aux 
droits de l’humanité même à leur devoir 

Puisse l’abondance et la paix fleurir à jamais sur tes bords 
Tout le quartier de Rive s’est diverti à Grange Canal avec les femmes 
et les enfans. 


Diocèse est mis pour duché. 






84 


BULLETIN. 


LA TOUR DE L’ILE 

(Communication provisoire.) 


La conservation de la Tour de Pile, mise en question et ayant 
donné lieu à des discussions actives, nous avons entrepris l’explo¬ 
ration archéologique de cet édifice. Des recherches attentives ont 
permis de constater certains faits qui pourront être développés 
plus tard, mais que nous tenons à énumérer dès aujourd’hui : 

1 ° La Tour est entièrement construite en assises de molasses, avec 
parements à l’intérieur et à l’extérieur. Les maçonneries en « boulets » 

n’existent que dans quelques remplissages modernes. et dans certaines 

imaginations. 

2° Les piliers et voûtes d’arête mis au jour lors de la démolition de la 
maison Butin n’ont pas appartenu, comme on l’a dit, à l’ancien château, 
mais bien à la « Chambre des Blés » construite au XVII e siècle. Ces vous¬ 
sures sont simplement appliquées contre la tour. 

3° La face nord-ouest de la Tour, masquée par la maison Butin aujour¬ 
d’hui détruite, était complètement dégagée jadis, ainsi que le prouvent des 
vestiges de l’ancien appareil, dont les bossages assez aigus ont été détruits 
lors de la construction de la maison susdite. 

4° Tout le haut de la tour, à partir du plafond du troisième étage, est 
postérieur à l’incendie de 1670. 

5° Les parements présentent, tant à l’intérieur, sur toutes les faces, 
qu’à l’extérieur, sur la face nord-ouest, des traces évidentes d’incendie, et 
cela jusqu’au bas de la tour. 

6 ° La porte d’entrée de la tour se trouvait sur la face sud-ouest, mas¬ 
quée aujourd’hui, et au second étage. Comment on l’atteignait, c’est ce que 
l’on pourra voir lorsque la maison contiguë sera démolie. Il est plus que 
probable que la tour était entièrement isolée primitivement. 

7 ° Le second étage de la tour a dû servir de corps de garde. Il est 
encore intact aujourd’hui. De nombreux graffitis y ont été retrouvés ainsi 
qu’une armoire et plusieurs ouvertures. 


Jaques Mayor. 






l'HOTOTYPTP S.A.D.A G. 


GENÉVfi 




































Back of 
Foldout 
Not Imaged 




PL III. 



(Enseigne de pèlerinage). Fig. 1. (La Vierge portant le corps du Christ.) (Sceau.) 



Réduction au tiers de la grandeur originale.) 




o 

Fig. 5. 



Fig. 6. 


Grandeur originale. 




















































































































































































































































































BULLETIN 


DE LA 


SOCIÉTÉ D’HISTOIRE ET D’ARCHÉOLOGIE 


OCTOBRE 1898 


Personnel de la Société. 

Depuis la publication du dernier Bulletin, daté d’octobre 1897, 
la Société d’histoire et d’archéologie a reçu au nombre de ses 
membres effectifs : 

MM. 

1897 Émile Ciiatelan. 

» Henri Frederick, licencié en droit. 

» Léon Martin, licencié en droit. 

» Gustave Maunoir. 

» Ernest Næf. 

» Louis Keiifous, professeur à l’Université. 

» François Séchehaye. 

» Henri Vulliéty, licencié ès lettres, privat-docent à l’Uni¬ 
versité. 

» Anastase Baltazzi, licencié en droit. 

« Édouard Des Gouttes, ingénieur. 


BULLETIN. 


T. II. 


7 





86 


BULLETIN. 


MM. 

1898 William Guex. 

» Francis de Gallatin. 

» Henry Déonna, docteur en droit. 

Et au nombre de ses membres correspondants : 

1898 M. Albert Næf, archéologue, à Corseaux (canton de 
Yaud). 

D’autre part, la Société a eu le regret de perdre cinq de ses 
membres effectifs : MM. François Næf, Jean-Louis Binet 
( f 29 décembre 1897), Philippe Plantamour (f 20 février 1898), 
Pierre Vaucher (voy. ci-après) et Albert Annevelle (f 1 er juillet 
1898). 

François Næf, né à Genève le 31 mars 1825, est mort au Grand- 
Saconnex, près Genève, le 4 novembre 1897. Il étudia la théo¬ 
logie à Genève et exerça le ministère pastoral à Poliez-le- 
Grand, à Begnins et à Céligny. L’histoire et l’archéologie, vers 
lesquelles le poussaient ses goûts et ses aptitudes, l’attirèrent de 
bonne heure et il leur consacra les loisirs que lui laissaient ses 
fonctions. Dans la thèse qu’il avait présentée à la Faculté de théo¬ 
logie, en 1850, il avait étudié la personnalité du réformateur 
Zwingli, auquel il consacra de nouveau un article dans les 
Étrennes chrétiennes de 1876. En 1856 déjà, parut son Histoire 
de la Réformation (Paris, in-12; 2 me éd., 1867). Ce fut le point de 
départ d’une série de publications relatives à des questions d’his¬ 
toire religieuse, et dont la plus importante est une Histoire de 
l’Église chrétienne (Paris, 1890, in-8). 

Parmi les nombreux opuscules qu’il a laissés, nous mentionne¬ 
rons : Les premiers jours du christianisme en Suisse (Lausanne, 
1879, in-8) ; — Le cidte protestant à Lancy (Genève, 1889, in-12) ; 
— Une paroisse genevoise [ Céligny ] aux jours de l’occupation 
française et de la Restauration, dans les Étrennes chrétiennes, 
1881, p. 106-123, notice dont la suite parut sous le titre d 'Annales 
d’une paroisse genevoise, 1815-1845 (ibidem, 1891, p. 99-132). 

On lui doit également la publication de VAbrégé de l’histoire 



PERSONNEL DE LA SOCIETE. 


87 

des églises réformées du Pays de Gex (Genève, 1891, in-12) et de 
VHistoire de la Réformation en Savoie (Genève et Paris, 1893, 
in-12), ouvrages posthumes de son ami Théodore Claparède, aux¬ 
quels il avait collaboré. Enfin, l’un des travaux inédits qui nous 
restent de lui, YHistoire des Églises protestantes en Bourgogne, 
est actuellement sous presse. 

Næf prenait un vif intérêt aux travaux de la Société; il en fut 
membre pendant trente-trois ans et présenta à ses collègues plu¬ 
sieurs communications portant sur divers sujets. C’était un 
homme aimable et modeste, et un historien de mérite. 

Le nombre des membres effectifs de la Société est actuellement 
de 181. 

La Société a encore perdu deux de ses membres correspondants : 
MM. Edouard Sayous et Alphonse Rivier. 

Édouard Sayous, né à Genève le 10 juin 1842, est mort à Nice 
le 19 janvier 1898. Il était d’une famille protestante originaire du 
Béarn; son père, André Sayous, fut professeur de belles-lettres à 
l’Académie et principal du Collège de Genève. C’est dans notre 
ville qu’Édouard Sayous commença ses études; il les acheva à 
Paris, où il prit, en 1866, le grade de docteur ès lettres et où il 
fut chargé de l’enseignement de l’histoire au lycée Charlemagne. 
Ses travaux historiques les plus importants sont consacrés à la 
Hongrie ; il fit plusieurs voyages dans ce pays dont il possédait à 
fond la langue. En 1876, parut son Histoire générale des Hon¬ 
grois (Paris, 2 vol. in-8). 

A cette même époque (1876), Sayous, protestant convaincu, 
abandonna momentanément l’enseignement pour se lancer dans 
la carrière pastorale, et prit à Montauban les grades de licencié, 
puis de docteur en théologie. Mais il ne tarda pas à revenir à 
l’objet de ses premières études; il donna d’abord un cours libre à 
la Faculté de Montauban, puis, après avoir été chargé quelque 
temps d’un cours complémentaire d’histoire à Toulouse, il fut 
nommé professeur à la Faculté des lettres de Besançon, en 1886. 

A côté de l’histoire de la Hongrie, Sayous s’était occupé de celle 
de l’Angleterre; il travaillait à une histoire des partis politiques 




BULLETIN. 


de ce pays, que la mort ne lui a pas permis d’achever ; il en reste 
des fragments sous divers titres dans la Bibliothèque universelle 
et revue suisse, à laquelle il a fréquemment collaboré. 11 est éga¬ 
lement l’auteur des chapitres de l’ Histoire générale de MM. Lavisse 
et Rambaud, relatifs à la Hongrie, des origines à 1847, et à l’An¬ 
gleterre, de 1670 à 1870. 

Nous citerons encore, parmi ses nombreuses publications : 
Général G.-H. Dufour, notice biographique (Genève, 1877, in-12 de 
69 p.); — Mallet du Pan et le coup d’état de Fructidor, dans la 
Bibliothèque universelle (t. XXIV, décembre 1884, p. 449-471). 

Quoiqu’il eut repris la nationalité de ses ancêtres, Sayous était 
resté très attaché à sa ville natale, dont le rapprochaient encore 
ses convictions religieuses et la tendance de son esprit. 

La Société se l’était adjoint comme membre correspondant en 
1893 \ 

Alphonse Rivier, mort le 21 juillet 1898, était né à Lausanne 
le 9 novembre 1835. R fit ses études dans sa ville natale, puis à 
Genève, à Berlin et à Paris. A Berlin, il prit le grade de docteur 
en droit (4858) et fut pendant deux ans privat-docent à l’Univer¬ 
sité. En 1863, l’Université de Berne l’appelait comme professeur; 
de 1867 jusqu’à sa mort, il professa à la faculté de droit de 
l’Université libre de Bruxelles. En outre, il occupa, dès 1886, le 
poste de consul général de la Confédération suisse auprès du 
gouvernement belge et de l’État du Congo. 

Ancien président de l’Institut de droit international, rédacteur 
en chef pendant dix ans (1878-1888) de la Revue de droit interna¬ 
tional et de législation comparée, auteur de l’ouvrage devenu clas¬ 
sique, les Principes du droit des gens 1 2 , Rivier jouissait comme 
jurisconsulte d’une notoriété universelle. Aussi, dans ces der¬ 
nières années, avait-il été choisi comme arbitre dans des litiges 
internationaux 3 . 

1 Yoy. la Notice sur M. Édouard Sayous, suivie d’une Bibliographie, 
par Léonce Pingaud, Besançon, 1898, 24 p. in-8, et Un historien français, 
Édouard Sayous, par Louis Léger, dans la Bibliothèque universelle et 
revue suisse, t. XI (août 1898), p. 300-313. 

2 Paris, 1896, 2 vol. in-8. 

3 Yoy. Alphonse Bivier, notice nécrologique, par Ernest Lelir (Institut 
de droit international. Session de 1898). 





MÉMOIRES PRÉSENTÉS. 


89 


Dans les rares loisirs que lui laissaient ses absorbantes fonctions 
et la préparation de ses très abondantes publications juridiques, 
Rivier aimait à s’occuper d’histoire. Plusieurs de ses écrits confi¬ 
nent aux deux domaines du droit et de l’histoire, entre autres ses 
nombreuses monographies sur des juristes anciens ou contempo¬ 
rains; parmi celles-ci, mentionnons la Notice sur M. Bluntschli, 
dans la Revue de droit international et de législation comparée, 
t. XIII, p. 612-630. 

Son érudition se montre encore dans d’autres opuscules, dont 
le sujet est plus purement historique. C’est ainsi qu’il a publié, en 
allemand, les Berichte Burgundischer Agenten in der Schweiz von 
1619 bis 1629 (Zurich, 1875, in-8 de 153 p.), extraits des Archives 
royales de Bruxelles. C’est ainsi encore que dans une plaquette 
intitulée : A propos d’un album (Genève, 1890, in-12 de 86 p.), il a 
donné, avec un commentaire, des extraits de VAlbum amicorum 
d’Ésaïe Colladon 1 ; il fit don de cette plaquette à tous les mem¬ 
bres de la Société. 

Il a inséré également plusieurs articles dans Y Indicateur 
d’histoire suisse ; nous en relevons deux, intitulés : Die Schweizer 
auf der Hochschule Leyden, 1575-1875 (nouv. série, t. II, 1875, 
p. 138-160), et Schweizer als Mitglieder der « deutschen Nation » 
in Orléans (1876, p. 244-247 et 267-272). 

Rivier était membre correspondant de la Société depuis 1883. 


Mémoires, Rapports, etc. 

Présentés à la Société. 

629. — Séance du 11 novembre 1897. Les milliaires et l’église 
de Prévessin, par M. Émile Dunant. — Impr. ci-dessus, p. 42-54, 
avec 1 pl. 

Carte murale historique de la Suisse avant 1798, par MM. W. 


1 Rivier a légué cet Album à la Société. 





90 


BULLETIN. 


(Eclisli et A. Baldamus, Leipzig, 1897, présentée par le même 
membre. 

Un vitrail aux armes de Genève, appartenant à M. A.-R. Bal- 
tliazar, à Lucerne, par M. Jaques Mayor. — Impr. ci-dessus, 
p. 64-66, avec 1 pl. 

630. — Séance du 25 novembre 1897. La légende de la reine 
Berthe, par M. Ernest Muret. — Impr. dans les Archives suisses 
des traditions popidaires , l re année (1897), p. 284-317. 

Compte rendu, par M. Édouard Favre, de l’ouvrage intitulé : 
Basler Bauten des 18 ten Jahrhunderts , lirsgb. vom Ingénieurs 
und Arckitekten Verein, Bâle, 1897, in-4 de 16 p., avec 31 pl. 

631. — Séance du 9 décembre 1897. Les Stankope à Genève, 
par M. Louis Dufour. 

La ckapelle primitive du ckâteau de Ckillon, par M. Jaques 
Mayor. — Yoy. la Gazette de Lausanne du 11 décembre 1897 et 
le supplément au Journal de Genève du 16 décembre 1897. 

Tapis brodé, provenant du Valais et portant des armoiries, la 
date 1691 et les initiales CRC SNA, présenté par M. Édouard 
Favre. 

632. — Séance du 23 décembre 1897. Les relations diploma¬ 
tiques entre Genève et la cour de France sous le règne de 
Henri IV, par M. Francis Decrue. 

Épître en vers de Saint-Fvremond à Milady d’Hervart (vers 
1685), commun, par M. Eugène Ritter. 

633. — Séance du 13 janvier 1898. Rapports du président 
(M. Émile Rivoire) et du trésorier (M. Alfred Cartier) sur 
l’exercice 1897. 

Le Musée national à Zurick, avec projections lumineuses, par 
MM. Jaques Mayor et Louis Bron. — Voy. les articles de 
M. J. Mayor dans La Patrie Suisse des 5 janvier et 2 février 1898 
et les articles du même intitulés : Promenade au Musée national , 
dans le Journal de Genève des 13 et 27 juin, 11, 18 et 25 juillet 
et 1 er août 1898. 

Deux lettres (Jougne, 9 juillet et Berne, 30 juillet 1815), 




MÉMOIRES PRÉSENTÉS. 


91 


adressées par J.-J. Caton Chenevière, aumônier du bataillon 
genevois, à la Vénérable Compagnie, commun, par M. Émile 
Ri voire. 

634. — Séance du 27 janvier 1898. L’œuvre de Bèze dans 
l’École de Calvin, par M. Charles Borgeaud. 

Goûte-vin, de provenance française, orné d’une médaille suisse 
du XVI 0 siècle, dessin présenté par M. Camille Favre, avec 
exposition de pièces d’orfèvrerie analogues. 

Stèle funéraire romaine et fragments d’architecture romaine, 
trouvés à la cathédrale de Saint-Pierre, communication de 
M. Émile Dunant. — Impr. dans VAnzeiger für schweizerische 
Altertumskimde , 1898, n° 1, p. 11-15, avec fig. 

635. — Séance du 10 février 1898. Note sur les Confessions 
et la correspondance de J.-J. Rousseau, par M. Eugène Ritter. 

Cercle d’or, trouvé, le 25 janvier 1898, dans le tumulus de 
Roverex, près Payerne, photographies présentées par M. Jaques 
Mayor. 

Amulette, clefs et boutons de bronze, trouvés le 19 janvier 
1898, à Avenches, au lieu dit porte de l’Est, présentés par le 
même membre. 

Compte rendu, par M. Victor van Berciiem, de l’ouvrage inti¬ 
tulé : Die papstlichen Koïlektorien in Deutschland wahrend des 
XIV. Jahrhunderts, hrsgb. von D r J.-P. Kirsch, Paderborn, 
1894, in-8. 

Inscription funéraire romaine, trouvée à la cathédrale de 
Saint-Pierre, commun, par M. Émile Dunant. — Impr. dans 
VAnzeiger für schweizerische Altertumskimde, 1898, n° 1, p. 15- 
16, avec fig. 

636. — Séance du 24 février 1898. A propos des manuscrits 
d’Engelberg, par M. Camille Favre. 

La « matricule » des avocats, communication de M. Albert 
Choisy. 

637. — Séance du 10 mars 1898. La correspondance de Jean- 
Robert Chouet, communication de M. Eugène de Budé. 




92 


BULLETIN. 


De l’ordonnance ducale de mise en possession de l’évêché de 
Genève en faveur de Jean de Compeis (1483), document publié 
par M. François Mugnier dans les Mémoires et documents de la 
Société savoisienne d’histoire et d’archéologie , t. XXXVI (1897), 
p. cii-cvi, communication de M. Édouard Favre, 

Acte de François de Savoie, administrateur de l’évêclié de 
Genève (23 juin 1485), publié par M. F. Mugnier, ibidem , p. xxix 
et xxxm, communication du même membre. 

Des propriétés de François Favre à Rutli et d’Ami Perrin à 
Pregny, vers le milieu du XVI e siècle, par le même membre. 

638. — Séance du 24 mars 1898. La réunion de Genève à la 
France en 1798 (l re partie), par M. Edmond Pictet. — Voy. 
l’article intitulé : Il y a cent ans, dans le Journal de Genève du 
14 avril 1898. 

Correspondance inédite de Desportes, résident de la Répu¬ 
blique française à Genève, avec le Directoire, du 14 ventôse au 
7 messidor an VI (4 mars-25 juin 1798), conservée aux Archives 
nationales à Paris, commun, par M. Charles Borgeaud. 

Deux fragments d’architecture gothique, communication de 
M. Burkhard Reber. — Impr. ci-après avec fig. 

639. — Séance du 14 avril 1898. Le 300 me anniversaire de 
l’Édit de Nantes (15 avril 1598), communication de M. Édouard 
Favre. — Impr. dans le Journal de Genève du 16 avril 1898. 

La réunion de Genève à la France en 1798 (suite et fin), par 
M. Edmond Pictet. — Voy. l’article intitulé : Il y a cent ans, 
ibidem, n 09 des 15 et 16 avril 1898. 

Lettre adressée le 30 ventôse an VI (20 mars 1798) par Des¬ 
portes, résident de la République française à Genève, au Direc¬ 
toire, conservée aux Archives du Ministère des affaires étrangères 
à Paris, commun, par M. Charles Borgeaud. 

Lettre adressée le 8 germinal an VI (28 mars 1798) par Henri- 
Albert Gosse au Directoire, conservée au même dépôt, commun, 
par le même membre. 

Documents relatifs à la réunion de Genève à la France en 1798, 
commun, par M. Émile Dunant. 



FAITS DIVERS. 


93 

640. — Séance du 28 avril 1898. Fragments de deux lettres, 
adressées les 15 et 25 avril 1798 par Michel Micheli, ministre de 
la République de Genève à Paris, aux Syndics et Conseils, con¬ 
servées aux Archives d’État de Genève, commun, par M. Charles 
Seitz. 

Thomas de Thonon, le premier en date des poètes de Savoie 
(XIII e ou XIV e siècle), par M. Eugène Ritter. 

Le syndic Blondel et les troubles à Genève au commencement 
du XVII e siècle, par M. Émile Chatelan. 


Faits divers. 

Durant l’année qui vient de s’écouler, la Société a publié : 

Au mois de décembre 1897, la l ro livraison du tome II du 
Bidletin, datée d’octobre 1897. 

En cours de publication : 

Les inscriptions modernes de Genève , recueillies par Flournois , 
par M. Jaques Mayor, formant la 2 me livraison du tome II de la 
série in-4 de nos Mémoires et documents. 

La Société est entrée en échange de publications avec VAme¬ 
rican historical Review (Macmillan, New-York), sous la direction 
de J. Franklin Jameson, et avec les quatre sociétés suivantes : 

Historischer Verein von Schwaben und Neuburg, à Augsbourg. 

Asociacion artistico-arqueological barcelonesa, à Barcelone. 

Kongl. humanistiska Vetenskaps-samfundet, à Upsal. 

Société helvétique de Saint-Maurice. 

Il y a un an, la Société avait appuyé une pétition en faveur du 
maintien de la Tour de l’Ile \ 

Le 19 décembre 1897, les électeurs de la ville de Genève ont 


1 Yoy. ci-dessus, p. 7. 




94 


BULLETIN. 


adopté, par 2905 voix contre 1731, l’arrêté du Conseil municipal 
décrétant la conservation et la restauration de ce monument 
historique. 

Une souscription ouverte parmi les membres de la Société pour 
couvrir les frais de publication des Mémoires et documents a 
produit la somme de 1685 francs. 

Au début de la séance du 14 avril 1898, M. Édouard Favre a 
rappelé le 300 me anniversaire de l’Édit de Nantes (15 avril 1598). 

Les 4, 5 et 6 juin 1898, la Société a fait une excursion à Aigle, 
Ollon, Saint-Triphon (Vaud), Saint-Maurice, Martigny, Saillon, 
Saint-Pierre-de-Clages (Valais), et au château de Chillon. 

Le 10 novembre 1898, la Société a nommé membre honoraire 
le dernier de ses membres fondateurs, M. le professeur 
Paul Chaix, à l’occasion du 90 e anniversaire de sa naissance. 


Ouvrages reçus par la Société 

du 23 avril 1897 au 28 avril 1898. 


A 

Publications de Sociétés et recueils périodiques. 

La Société a continué à recevoir les publications des sociétés 
correspondantes dont on trouvera la liste à la fin du tome I er du 
Bulletin et ci-dessus, p. 8. 

Les sociétés avec lesquelles elle est entrée en échange de publi¬ 
cations depuis le dernier Bulletin , lui ont fait les envois suivants : 

Historischer Verein für Schwaben und Neuburg. Zeitschrift. 
Années 1-23 (1874-1896). 




OUVRAGES REÇUS. 95 

American liistorical Review. Vol. I-III. 

Asociacion artistico-arqueological barcelonesa.Revista. N 09 4-10. 

Kongl. humanistiska Yetenskaps-samfundet i Upsala. Skrifter. 
Tomes I, II et Y, et en outre 5 volumes et 26 brochures. 

Société helvétique de Saint-Maurice. Mélanges d’histoire et 
d’archéologie. Tome I. 

La Société a encore reçu les périodiques suivants : 

Revue d’histoire diplomatique. Année XI, 1897. (Don de 
M. Jaques Mayor.) 

Bibliographie et chronique littéraire de la Suisse. Année 1897, 
n 09 4-12; 1898, n 08 1-3. (Idem.) 

Revue de Belles-Lettres. Année 1896-97. (Don de M. Eugène 
Ritter.) 

Revue historique vaudoise. 5 e année (1897), n 03 5-12 ; 6 e année 
(1898) n 09 1-3. (Don de M. Édouard Favre.) 

Les Étrennes chrétiennes, par une réunion de pasteurs et de 
laïques. Années 1892 et 1893. (Don de M. Émile Rivoire.) 

Journal de Genève. Années 1884, 2 e sem.; 1885-1897. (Idem.) 

Les Archives de l’imprimerie. Années X, février-décembre 1897; 
XI, janvier-mars 1898. (Don de M. Maurice Reymond.) 


B 

Livres et Brochures. 

Donateurs : 

MM. d’Arcollières, 1 brochure. — Georges Autran, 1 broch 
— Yictor van Berchem, 4 broch. — C.-M. Briquet, 2 broch. — 
Max Bruchet, 1 broch. — Auguste Cahorn, 3 broch. — Eugène 
Choisy, 1 volume. — Francis Decrue, 1 broch. — M me Fran¬ 
çois Demole, 1 lot de 22 pièces imprimées. — MM. Johannes 
Dierauer, 1 broch. — Émile Dunant, 1 broch. — Édouard 
Favre, 4 vol. — François Gardy, 1 broch. — Raoul Gautier, 
1 broch. — Émile Golay, 1 broch. — Henri Heyer, 1 vol. — 
Charles Kohler, 2 vol. — Jaques Mayor, 11 vol., 40 broch. — 
Ernest Muret, 1 broch. — Albert Næf, 1 broch. — Léon 
Pélissier, 1 broch. — Burkhard Reber, 2 broch. — Eugène 








96 


BULLETIN. 


Ritter, 4 vol., 4 broch. — Émile Rivoire, 5 vol., 7 broch. — 
C.-F. Trachsel, 3 broch. — Pierre Vaucher, 1 vol. 

Les Archives fédérales suisses, 1 vol. 

La Bibliothèque de la Faculté des lettres de Genève, 45 broch. 
La Bibliothèque de Genève, 19 broch. 

Le Comité du X e Congrès international des orientalistes (Ge¬ 
nève 1894), 1 vol. 

Le Comité de publication de Y Histoire de Genève, par 
J.-A. Gantier , 1 vol. 

Le Département fédéral de l’Intérieur, 4 vol., 4 broch. 

La Société anonyme des arts graphiques, 2 broch. 


Gravures, photographies, etc. 

C 

Portrait de Jean-Alphonse Turrettini, théologien genevois 
(1671-1737), réimpression d’après J.-M. Liotard. ( Don de M. Eu¬ 
gène de Budé.) 

Les anciennes maisons de Genève, photographiées par Fréd. 
Boissonnas (l re série, 1897), 30 planches. (Don du Comité de publi¬ 
cation.) 


D 

Manuscrits. 

Donateurs : 

M me François Demole, un acte sur parchemin du 18juin 1676, 
avec sa quittance (affranchissement de Jacques Bernard, de 
Saint-Jeoire, par Marie Jeanne Baptiste, duchesse de Savoie); — 
un cahier contenant l’indication des immeubles de main-morte 
dans le canton de Genève en 1877. 

M. Frédéric Raisin, un acte sur parchemin du 26 janvier 1714, 
muni d’un sceau (contrat de mariage passé à Genève par le 
notaire Beddevole entre demoiselle Élisabeth Delapalud et 
André Guyon, citoyen de Genève). 





PIERRE YAUCHER 


ALLOCUTION A LA SOCIÉTÉ D’HISTOIRE ET D’ARCHÉOLOGIE 1 

PAR 

Frédéric GAlîhY 

SECRÉTAIRE 


Messieurs, 

Le 9 juin dernier s’éteignait à Lancy, après quelques mois de 
maladie, le professeur Pierre Yaucher, membre de notre Société 
depuis plus de trente ans. 

Cette mort a causé de profonds regrets à tous ceux qui 
savaient la place que tenait Pierre Yaucher dans notre Univer¬ 
sité et le rôle qu’il avait joué dans le développement des études 
historiques; ceux-là surtout qui l’ont connu de près, qui ont mis 
à profit ses lumières et ses conseils, lui gardent un souvenir 
durable, une affectueuse reconnaissance. Je n’en veux pour 
preuve que l’abondance des articles qui lui furent consacrés 2 , au 
lendemain de sa mort, tous empreints de la même émotion, tous 
écrits par des hommes qui pleuraient en lui un maître, bien 
plus, un véritable ami. Notre Société se doit à elle-même d’ap¬ 
porter son hommage à la mémoire de celui qui fut l’un de ses 
membres les plus assidus et les plus savants. Je m’en acquitte en 
votre nom, Messieurs, avec d’autant plus de tristesse et de sin¬ 
cérité, que j’ai personnellement plus de motifs de m’affliger de 
cette perte, 

Pierre Yaucher était né à Genève le 2 décembre 1833. Après 

1 Séance du 10 novembre 1898. 

2 On en trouvera la liste ci-après, p. 123. 




98 


BULLETIN. 


avoir étudié la théologie dans notre ville et conquis, en 1856, le 
grade de licencié, il était parti pour Berlin; pendant trois 
semestres, il y suivit avec zèle les cours du professeur Vatke, qui 
contribua sans doute à développer la tendance critique de son 
esprit. Pierre Vaueher ne tarda pas à s’apercevoir que la théo¬ 
logie n’était pas faite pour lui, ou, si l’on préfère, qu’il n’était 
pas fait pour la théologie; la droiture de sa conscience lui inter¬ 
disait de persister dans une carrière pour laquelle il ne se sentait 
pas la vocation, et il se tourna vers l’histoire; il devait lui rester 
fidèle toute sa vie. 

De retour à Genève, Pierre Vaueher donna d’abord, de 1859 
à 1865, plusieurs cours d’histoire comme privat-docent, tout 
en collaborant à la Bibliothèque universelle et à La Démocratie 
suisse. Il est intéressant de constater qu’à ce moment-là, il ne 
songeait nullement à l’histoire suisse. Ce fut bien plutôt le hasard 
qui l’amena à s’occuper, contre son gré, de notre histoire natio¬ 
nale, et à en faire l’objet d’un cours à l’Académie. Il adressait 
en effet, le 5 septembre 1865, à l’un de ses amis en séjour à 
l’étranger, la lettre suivante 1 : 

« Si je ne vous ai pas écrit dimanche, c’est que je tenais à mener 
auparavant à bonne fin une grosse affaire qui m’a donné fort à 
penser tous ces jours. Voici ce dont il s’agit. J’ai reçu la semaine 
dernière une lettre du Recteur, par laquelle il me demandait si 
j’avais l’intention de faire l’hiver prochain un cours à l’Acadé¬ 
mie. Il ajoutait qu’un cours d’histoire suisse comblerait utile¬ 
ment la lacune laissée dans le programme par la démission toute 
récente de Galiffe. Mon premier sentiment fut d’écrire au Rec¬ 
teur que je n’avais aucune envie d’enseigner à aucun titre l’his¬ 
toire nationale, préparant en ce moment un cours (histoire de 
France), qui me paraissait beaucoup plus intéressant (ô honte!), 
et qui compléterait utilement... l’enseignement de Barni. Toute¬ 
fois, avant de répondre, je voulus prendre conseil de mes amis, et 
comme il étaient à peu près tous à Berne, j’allai de ce pas en 

1 Nous adressons ici l’expression de notre vive gratitude à M lle M. Vau- 
cher, qui a eu l’obligeance de nous transmettre la copie de cette lettre, et 
au destinataire, M. Charles Kitter, qui a bien voulu en autoriser la repro¬ 
duction. 



PIERRE VAUCHER. 


99 


conférer à Cologny avec notre cher Claparède. Son avis fut très 
différent du mien. Suivant lui, la chaire d’histoire nationale 
n’avait qu’un avenir des plus précaires; elle serait supprimée à la 
première occasion, et l’on dédommagerait infailliblement le titu¬ 
laire en lui donnant la chaire d’histoire générale; il importait 
donc de ne laisser personne s’établir dans ce poste. L’essentiel 
était d’ailleurs pour moi d’avoir au plus tôt une position officielle 
à l’Académie; professeur d’histoire nationale, j’en serais quitte 
pour faire chaque année un petit cours qui justifiât mon titre, et 
je pourrais sans scrupule employer le reste de mon temps à 
quelque autre enseignement. De Cologny, très frappé que j’étais 
de toutes ces réflexions, mais désireux avant tout de savoir si 
la chaire d’histoire nationale serait réellement repourvue, de 
Cologny, je me rendis au Département. M. Richard m’accueillit 
avec beaucoup de bienveillance. Il me dit n’avoir point encore de 
projet relativement à ladite chaire, la chose dépendant du vote 
futur du Grand Conseil ; mais, en même temps, il m’exprima le 
désir de profiter de l’intérim pour faire donner à l’Académie un 
ou deux cours nouveaux d’histoire, et il s’en remit à moi du soin 
de sonder Amédée Roget, ou plutôt, après avoir sondé Roget, de 
prendre définitivement parti. Si Roget en effet avait eu l’intention 
de faire pendant l’hiver un cours d’histoire nationale, M. Richard 
aurait préféré me voir persister dans mon premier projet; mais, 
à défaut d’autre cours, il désirait que mes leçons fussent con¬ 
sacrées à l’histoire suisse. Roget, sondé délicatement, me dit 
vouloir donner cet hiver quelques séances publiques sur l’his¬ 
toire de Genève, mais préférer attendre pour l’Académie le 
semestre d’été (il fera peut-être alors un cours sur Calvin et les 
Genevois). Les choses étant ainsi, il ne me restait plus qu’à me 
résigner, et c’est ce que j’ai fait très galamment, soit vis-à-vis du 
Département, soit vis-à-vis du Recteur. 

« Voilà, cher ami, comment au lieu de faire un cours dont le 
plan était en grande partie tracé, je me trouve appelé à enseigner 
une histoire que je connais fort peu, et que je n’aime guère. Ce 
n’est pas, je vous l’avoue, sans une très grande angoisse que je 
me suis décidé à courir l’aventure. Et puis, par un effet naturel 
de notre contredisante nature, cette angoisse même s’est changée 
en charme, et après un jour ou deux de réflexion, je suis à peu 




100 


BULLETIN. 


près réconcilié avec mon sort. Le loup d’ailleurs est moins noir 
qu’il semblait au premier abord. Je prendrai la Confédération à 
ses origines (c’est-à-dire à la fin du XIII e siècle) et je la suivrai 
jusqu’à la fin du XVIII e , profitant de toutes les occasions qui se 
présenteront de sortir de l’étroit espace où me voilà confiné. Je 
veux en particulier chercher à m’éclaircir l’histoire de notre 
patrie pendant les deux premiers siècles, en la rattachant étroi¬ 
tement à l’histoire d’Allemagne. Puis viendront la guerre de 
Bourgogne, les guerres d’Italie (soyez tranquille, je serai bref), 
la Réformation, trois sujets que je connais assez bien, et ces caps 
doublés, j’espère arriver d’une course désormais plus rapide au 
terme que je me suis proposé. Au besoin, l’histoire de la Suisse 
au XIX e siècle (1798-1848) pourrait faire un très joli petit cours 
d’été. Mais nous n’en sommes pas encore là ! » 

Voilà, Messieurs, comment Pierre Vaucher fut amené, malgré 
lui, et en dépit d’un premier sentiment de répulsion, à enseigner 
l’histoire suisse. Il s’aperçut bien vite que son dédain était injuste, 
et vous savez quel intérêt toujours croissant il ressentit pour 
notre histoire nationale, qui devint, et resta jusqu’à la fin, l’objet 
de ses études favorites. 

L’année suivante, il fut chargé également du cours d’histoire 
générale et il occupa cette chaire jusqu’à sa mort — sauf les 
derniers mois de sa vie, pendant lesquels la maladie l’obligea à 
se faire remplacer par notre collègue, M. Charles Seitz, un de ses 
anciens élèves. Il avait reçu le titre de professeur ordinaire en 
1869 b 

Pierre Vaucher était professeur dans l’âme. Il préparait ses 
cours avec un soin extrême, sans jamais les écrire, les complétant 
sans cesse par de nouvelles lectures et de nouvelles recherches. 
Quelques notes jetées sur une feuille de papier suffisaient à son 
extraordinaire mémoire. Dans les dernières années de sa vie, 


1 En outre, depuis 1888, il donnait un cours de philosophie de l’his¬ 
toire et, de 1889 à 1895, il fit, à la Faculté de droit, un cours gratuit 
d’histoire politique de la Suisse. — Il eut la satisfaction de voir notre 
collègue, M. Charles Borgeaud, un de ses anciens élèves aussi, appelé, 
en 1896, à la chaire d’histoire des institutions politiques de la Suisse. 





PIERRE VAUCHER. 


101 

l’état toujours plus mauvais de sa vue l’empêchait même, sans 
qu’il y parût, d’user de ce faible secours. 

Ce résumé de l’activité professorale de Pierre Vaucher serait 
incomplet, si nous ne rappelions l’intérêt jaloux qu’il porta à la 
Faculté des lettres et à l’Université en général, et qui justifie cette 
parole prononcée devant son cercueil, par M. le professeur Gourd, 
recteur de l’Université : « L’homme que nous venons de perdre 
n'était pas à moitié des nôtres : il nous appartenait de tout son 
cœur, avec toutes ses forces \ » 

De caractère très sociable, Pierre Vaucher cachait, sous un 
scepticisme tout intellectuel, un cœur excellent, un fonds inépui¬ 
sable de désintéressement, une indulgence réelle, mais sans fai¬ 
blesse, qu’il se plaisait à dissimuler sous une franchise parfois un 
peu rude: car il était du petit nombre de ceux pour qui l’amitié 
ne va pas sans une entière sincérité. Il fut en cela un guide sûr 
et précieux pour ceux, collègues ou anciens élèves, qui sollicitaient 
l’aide de ses conseils et de son expérience. 

Il est facile de se rendre compte de ce que fut l’activité scien¬ 
tifique de Pierre Vaucher, en dehors de ses travaux de professeur, 
grâce à l’étude que notre collègue, M. Édouard Favre, a faite de 
son œuvre, et à la bibliographie qu’il en a dressée, il y a trois 
ans, dans les Pages d’histoire a . 

Un coup d’œil jeté sur cette bibliographie montre que Pierre 
Vaucher a laissé, non pas un ou plusieurs ouvrages de longue 
haleine et de grand format, mais une très grande quantité 
d’articles, de notes, de notices, de comptes rendus, le plus 
souvent très courts, en grande majorité relatifs à l’histoire suisse, 
et disséminés dans des publications périodiques. Les quelques 
petits volumes qui nous restent de lui sont eux-mêmes formés 
de la réunion d’un certain nombre de ces articles, parus précé- 

1 Aux amis de Pierre Vaucher f 9 juin 1898, allocutions pronon¬ 
cées aux obsèques de M. Pierre Vaucher par MM. J.-J. Gourd, recteur 
de l’Université de Genève, et Édouard Favre, Genève, in-8, p. 3. -— Piei’re 
Vaucher fut doyen de la Faculté de lettres des 1876 à 1884, vice-recteur 
de 1884 à 1886, recteur de 1886 à 1888. 

2 Pages d’histoire dédiées à M. Pierre Vaucher par quelques-uns de 
ses anciens élèves, Genève, 1895, in-8, p. 471-508. — Cette Bibliographie, 
revue par Pierre Vaucher lui-même, et complétée encore depuis sa mort, 
est reproduite ci-après. 


BULLETIN. 


T. II. 


8 



102 


BULLETIN. 


demment et à differentes époques. Dans l’un, il a rassemblé, sous 
le titre de : Professeurs , historiens et magistrats suisses 1 2 3 4 , les 
notices biographiques qu’il avait consacrées aux hommes dont, 
selon sa propre expression, il avait été « suivant les temps, l’élève 
ou le disciple, le collaborateur, le collègue ou l’ami », et parmi 
lesquels figurent Louis Vulliemin et Amédée Roget. Dans 
d’autres, tels que les Traditions nationales de la Suisse 2 et les 
Mélanges d'histoire nationale 3 se retrouvent en premier lieu, à 
côté de comptes rendus d’ouvrages historiques, les études cri¬ 
tiques auxquelles il avait soumis les récits traditionnels de 
diverses périodes de notre histoire. Armé d’un sens critique 
très développé et très pénétrant, et à la suite de Kopp, de Rilliet 
et de bien d’autres, il s’était à son tour résolument attaqué aux 
légendes qui entourent le berceau de la Confédération suisse. 
11 a contribué à en dégager, par un minutieux examen des textes 
du XIII e , du XIV e et du XY° siècle, l'histoire véritable, moins 
poétique peut-être, mais tout aussi belle que la tradition; dans 
ce travail toutefois, il était d’une circonspection extrême et ne 
tranchait jamais, par une opinion arrêtée, un point qui ne lui 
paraissait pas suffisamment établi. 

Dans les Esquisses d’histoire suisse \ son œuvre principale, 
Pierre Yaucher, utilisant les résultats acquis par cette méthode 
sûre et prudente, et se basant sur des documents soumis à la 
critique la plus sévère, a résumé, dans ses grands traits et sous 
son vrai jour, avec la clarté et la précision qui distinguent ses 
écrits, l’histoire des premiers siècles de la Suisse, Une seconde 
édition, soigneusement revue et corrigée, a paru quelques mois 
avant sa mort; elle est allégée de toute la seconde partie, qui 
avait trait à l’histoire de la Réformation, L’ouvrage y gagne en 
unité ce qu’il perd en étendue. 

Quand on a énuméré ces quatre ou cinq volumes, la liste des 
publications les plus importantes du professeur genevois est 
épuisée. Elle est courte, dira-t-on, si l’on se contente d’un aperçu 
superficiel et si l’on juge de la valeur d’une œuvre par le nombre 

1 Bibliographie, n° 95. 

2 Ibidem, n° 83. 

3 Ibidem , n° 116. 

4 Ibidem, n° 68. 




PIERRE VAUCHER. 


103 

et la dimension des volumes. On aurait pu, semble-t-il, attendre 
de l’érudition et de la science de Pierre Yaucher une œuvre plus 
étendue, en particulier une histoire de la Suisse, complète, dé¬ 
taillée, et pour laquelle il aurait utilisé les résultats des recherches 
les plus récentes et les documents de première main publiés en 
abondance depuis quelques années. Il est mort sans nous l’avoir 
donnée. A cela il y a deux causes, qui sont tout à l’honneur du 
savant. Tout d’abord, comme nous l’avons vu, il consacrait un 
temps considérable à la préparation de ses cours, et d’une ma¬ 
nière générale, à l’Université; en outre, il dépensait les heures 
sans compter, au service de ses élèves et de ses amis, et colla¬ 
borait activement à leurs travaux. On sait 1 ce que furent ses 
relations, rendues plus fécondes par une étroite amitié, avec 
Louis Vulliemin, Georges de Wyss et Charles Le Fort. La cor¬ 
respondance volumineuse qu’il entretint avec eux et avec bien 
d’autres, et qui, nous l’espérons, sera un jour publiée, est un 
témoignage frappant de son désintéressement et de l’activité de 
son esprit. Dans ces conditions, il ne lui restait pas beaucoup de 
temps à employer à des travaux personnels. On s’étonne même 
de tout ce qu’il a pu faire, si l’on songe aux difficultés qui résul¬ 
taient pour lui de la faiblesse de sa vue. 

Mais une autre raison, fondamentale celle-là, suffit, à elle 
seule, pour expliquer le caractère de son œuvre : c’est la concep¬ 
tion qu’il se faisait du rôle de l’historien, dans l’état actuel des 
données historiques. L’historien, selon lui, ne doit rien avancer 
qui ne repose sur des bases absolument solides; il ne doit pas 
s’écarter de la méthode qui fut inaugurée en Suisse au commen¬ 
cement de ce siècle, méthode qui, dit-il 2 3 , « n’est pas autre que 
celle qu’on pratique dans tous les pays cultivés de l’Europe, et 
qui...nous apprend soit à remonter aux sources, soit à soumettre 
les témoignages en apparence les plus autorisés à toutes les 
opérations de la critique historique. » Dans le même article s , 
passant en revue les publications relatives à la Suisse, il consta¬ 
tait qu’elles « ont souffert... des conditions nouvelles qui sont 
faites à la science et de l’abondance même des matériaux qui 

1 Yoy. Éd. Favre, loc. cit., p. 482-491. 

2 Revue historique, t. Y (1877), p. 384. 

3 Ibidem, p. 392. 



104 


BULLETIN. 


s’accumulent chaque jour. » Enfin, dans une séance de notre 
Société 1 , à propos du second volume de VHistoire de la Confédé¬ 
ration suisse de L. Vulliemin, il montrait « la quasi-impossibilité 
où l’on se trouverait aujourd’hui d’écrire une histoire détaillée 
de la Confédération, par suite de la double difficulté qu’il y a, 
antérieurement au XV e siècle, de se décider entre les diverses 
interprétations proposées pour les rares documents que nous 
possédons, et, postérieurement, de faire au contraire un choix 
parmi les innombrables matériaux qui se présentent. » 

On ne s’étonnera plus que, fidèle à une méthode dont il ne 
s’est jamais départi, le savant genevois ne se soit pas hasardé 
à écrire une histoire qui aurait risqué d’être dépassée, sur 
certains points, au bout de peu d’années. On comprend qu’il se 
soit toujours borné à fixer les points qui lui paraissaient défini¬ 
tivement acquis, et à rétablir la vérité toutes les fois qu’elle était 
méconnue. Ainsi enfin s’explique la longue et attentive prépa¬ 
ration de ses publications, le soin minutieux qu’il apportait à la 
rédaction de la moindre note, le souci de l’exactitude avec lequel 
il pesait les mots et les expressions. Il nous dit lui-même de la 
première édition des Esquisses : « J’ai mis à rédiger ce petit livre 
plus de temps qu’il n’en aurait fallu pour préparer un gros 
ouvrage, et je crains même qu’il n’ait gardé la marque des innom¬ 
brables retouches qu’il a subies 2 . » Il consacra trois ans à revoir 
la seconde édition. Aussi sévère envers lui-même qu’envers les 
autres, il refaisait, améliorait, corrigeait sans cesse ce qu’il avait 
fait. La bibliographie de ses travaux est à cet égard particuliè¬ 
rement instructive ; elle nous montre que, des nombreuses réim¬ 
pressions qu’il a faites, il n’en est peut-être pas une qui n’ap¬ 
porte quelques modifications au texte primitif. 

C’est dans ses études sur les traditions nationales de la Suisse 
que l’on saisit le mieux sa manière de procéder. Ramenant les faits 
à leur juste valeur, il rejetait impitoyablement ceux qui ne repo¬ 
saient pas sur une certitude absolue et s’en tenait sur les points 
douteux à de prudentes hypothèses, qu’il était toujours prêt à mo¬ 
difier à la lumière d’une interprétation plus exacte ou d’un docu¬ 
ment nouveau. Il a exposé sa méthode, ce que l’on pourrait appeler 

1 25 janvier 1877. 

2 Esquisses d’histoire suisse, l re éd., p. vu-vin. 





PIERRE VAUCHER. 


105 


sa profession de foi, dans les lignes par lesquelles il introduisait, 
devant les membres de la Société d’histoire suisse, en 1874, une 
étude sur la Chronique du Livre blanc : « En venant vous entre¬ 
tenir un instant de la chronique du Livre blanc, disait-il, je n’ai 
en aucune façon le dessein de me prononcer dès à présent pour 
l’un ou l’autre des deux systèmes d’interprétation auxquels cet 
ouvrage a donné lieu. Je désire seulement attirer votre attention 
sur une partie du livre qui ne me paraît pas avoir été examinée 
d’assez près, et vous rappeler par là même qu’il n’y a pas dans 
nos chroniques suisses une seule erreur, si grossière soit-elle, dont 
il ne soit utile de chercher la raison, un seul récit fabuleux dont 
il n’importe à certains égards de débrouiller les éléments. De 
telles études, pour être bien conduites, réclament par-dessus tout 
une méthode prudente et ferme, qui sache se contenter de ce 
qu’elle trouve, et ne demande aux textes que ce qu’ils peuvent 
légitimement lui fournir. Mais quand la critique a pris d’avance 
toutes les précautions nécessaires, quand elle a fait, comme elle 
le doit, la part de l’incertain et de l’insaisissable, elle a, ce semble, 
le droit d’essayer toutes les combinaisons possibles, jusqu’à ce 
qu’elle soit forcée de s’arrêter devant les limites opposées à ses 
investigations par la nature même des choses. C’est là la pensée 
qui bien souvent déjà m’a ramené vers nos légendes nationales \ » 

Pierre Vaucher excellait dans ce rôle de gardien de la vérité 
historique. Un auteur avait-il avancé un fait qui lui parût sujet à 
caution, attesté l’existence d’un Guillaume Tell ou d’un Winkelried, 
poétisé la bravoure d’un Wala de Glaris, affirmé la présence de 
Nicolas de Fluë à la diète de Stans, vite il envoyait à Y Indicateur 
d’histoire suisse une note rectificative, basée sur une connaissance 
approfondie et sur un examen serré des documents et des textes. 

Cette méthode rigoureuse, que les historiens avaient jusqu’alors 
trop souvent négligé de pratiquer, Pierre Vaucher a eu le mérite 
de contribuer dans une large mesure à la répandre en Suisse. 

Envisagée à ce point de vue, son œuvre prend une valeur 
nouvelle, par la confiance qu’elle mérite d’inspirer, par ce 
qu’on sait de la probité scientifique de l’écrivain et de la haute 
idée qu’il avait de sa mission ; elle est un enseignement vivant, 

1 Indicateur d’histoire suisse, nouv. série, t. II, 1874, n° 3, p. 46. 



106 


BULLETIN. 


elle est l’illustration et le résultat de la méthode historique 
professée par son auteur. 

Notre Société, à laquelle Pierre Vaucher appartenait depuis le 
9 novembre 1865 et qui l’appela à trois reprises à faire partie de 
son comité, fut la première à bénéficier de son activité intellec¬ 
tuelle. Il aimait en effet — le Mémorial et le Bulletin en font foi 
— à communiquer à ses collègues, avant de les publier, ses notes 
et ses articles, spécialement ceux qui avaient trait à l’histoire 
suisse. Il aimait aussi à provoquer la discussion, et il était bien 
rare que son exposé ne soulevât un intéressant échange d’idées, 
auquel ne manquait pas de prendre part son ami Charles 
Le Fort. Depuis quatre ou cinq ans seulement, l’état de sa santé 
ne lui avait plus permis d’assister à nos séances, et il avait dû 
renoncer à solliciter l’appui d’un bras ami pour gravir la colline 
de Saint-Pierre. 

Il y a trois ans, notre Société s’était associée à la célébration 
du trentième anniversaire de son entrée dans le professorat, et 
presque tous les collaborateurs des Pages d'histoire , qui lui 
furent dédiées à cette occasion par quelques-uns de ses anciens 
élèves, se trouvaient être alors ou devinrent dans la suite ses 
collègues. C’est assez dire quels liens étroits le rattachaient à 
notre Société. 

Pierre Vaucher fut également un membre très actif de la 
Société générale d’histoire suisse, dans le Conseil de laquelle il 
avait succédé à Charles Le Fort. 

Avec ce savant modeste, d’une érudition qu’il excellait, dans 
ses écrits, à cacher sous une forme nette et concise, avec ce cri¬ 
tique doué d’une conscience singulièrement exigeante, avec cet 
homme dont la carrière et la vie tout entière furent d’une rare 
unité, a disparu une lumière de la science historique suisse, 
à laquelle il a été enlevé trop tôt. Il eut du [moins la joie de for¬ 
mer de nombreux disciples fidèles à son enseignement et à sa 
méthode, et dont plusieurs déjà se sont fait un nom dans le 
domaine de l’histoire. C’était la plus belle récompense qu’il 
ambitionnât, et c’est la seule pensée qui puisse adoucir l’amer¬ 
tume de nos regrets. 





BIBLIOGRAPHIE DES TRAVAUX 


DE PIERRE VAUCHER 

PAR 

Édouard F A V R E 


1. — Recherches critiques sur les lettres d’Ignace d’Antioche. 
Genève, impr. Fick, 1856, in-8 de 68 p. 

2. — Étude sur le livre de Job. Bibliothèque universelle , revue 
suisse et étrangère , 64 me année, nouv. période, t. Y, 1859, 
p. 205-230. — Daté : Conches, mars 1859. — Des fragments, 
très modifiés, de cette étude ont été réimprimés dans Jeunes 
années , n ° 9 1 et n. 

3. — Les chants de Sol (Sôlar Liôd), poème tiré de l’Edda de 
Sœmund, publ... par F.-G. Bergmann. Strasbourg et Paris , 1858 , 
in-8. Compte rendu dans la Bibliothèque universelle, revue suisse 
et étrangère, 64 me année, nouv. période, t. VI, 1859, p. 497-498. — 
Anonyme. 

4. — Qu’est-ce que Vapologétique ? Dissertation présentée à la 
Vénérable Compagnie des Pasteurs , par E. Dandiran. Genève, 
1860. — Considérations sur l’apologétique par J. Gougnard , 
pasteur. Genève, 1860. Compte rendu dans la Nouvelle revue de 
théologie , t. VII, janvier-juin 1861, p. 98-110. — Daté : Genève. 

5. — [Charles Clavel.] Bibliothèque universelle , revue suisse, 
67 me année, nouv. période, t. XV, 1862, p. 532-533. — Daté : 
27 octobre 1862. 

6. — Du système pénitentiaire anglais. La Démocratie suisse 
des 13, 27 et 29 janvier et 7 février 1863, avec une rectification 
dans le n° du 10 février. — Signé : P. V. — Réimprimé, avec 




108 


BULLETIN. 


quelques modifications et adjonctions de notes, dans le Bulletin 
de l’Institut national genevois, t. XI, 1864, p. 94-111. — Tiré à 
part, Genève, impr. Vaney, 1863, in-8 de 20 p. — L’avant-propos 
est daté : janvier 1863. 

7. - Histoire de Sibylle, par Octave Feuillet. 6' me éd., Paris, 
1863. Compte rendu dans la Bibliothèque universelle , revue 
suisse, 68 me année, nouv. période, t. XVII, 1863, p. 331-332. — 
Signé : P. Y. 

8. — [L’enseignement de l’allemand dans le Collège classique.] 
La Démocratie suisse du 28 juillet 1863. — Signé : P. V. — 
Daté : 26 juillet. 

9. — A M. le Rédacteur de La Démocratie. [Lettre sur le pro¬ 
gramme de la Faculté des lettres de l’Académie de Genève, pour 
l’année 1863-1864.] Ibidem, n° du 8 août 1863. — Signé : P. Y. 

10. — [Comptes rendus de deux séances (2 novembre 1863 et 
29 mars 1864) de la Section des sciences morales et politiques de 
l’Institut national genevois.] Ibidem,u°* du 5 novembre 1863 et du 
5 avril 1864. — Signés : P. Y. 

IL — AM. le Rédacteur de La Démocratie suisse. [Lettre sur 
un concours ouvert en 1862 par l’Institut national genevois.] 
Ibidem, n° du 12 novembre 1863.— Daté : Genève, 11 novembre 

1863. 

12. — A M. le Rédacteur de La Démocratie. [Lettre sur le 
Gymnase de Genève.] Ibidem, n° du 6 février 1864. — Signé : P. V. 
— Daté : Genève, 5 février 1864. 

13. — Le Prince Vitale et récit à propos de la folie du Tasse, 
par Victor Cherbidiez. Paris, 1864. Compte rendu dans la Biblio¬ 
thèque universelle, revue suisse, 69 me année, nouv. période, t. XX, 

1864, p. 211-212. — Signé : P. V. 

14. — La démocratie moderne. Rapport présenté le 2 novembre 
1863 à MM. les membres effectifs de la Section des sciences 
morales et politiques [de l’Institut national genevois]. Bulletin de 
l’Institut national genevois, t. XII, 1865, p. 72-77. — Tiré à part, 
[Genève, impr. Yaney,] in-8 de 4 p. 

15. — Des traditions relatives aux origines de la Confédération 
suisse. Rapport présenté à la Section des sciences morales et 
politiques de l’Institut national genevois. Ibidem, t. XV, 1869, 
p. 192-217. — Tiré à part, Genève, impr. Vaney, 1868, in-8 de 



BIBLIOGRAPHIE DES TRAVAUX DE PIERRE VAUCHER. 109 


28 p. — Le tirage à part seul est daté : Genève, 6 janvier 
1868. 

16. — D r Martin Luthers Briefwechsél, hrsgb. von I) v C.-A.-H. 
Burkhardt. Leipzig , 1866. — Luther-Briefe , hrsgb. von D r 
C.-Alf. Hase. Leipzig, 1867. Compte rendu dans Théologie et 
philosophie , compte rendu des principales publications scienti¬ 
fiques , l re année, Genève, 1868, p. 160. — Anonyme. 

17. -— Besançon ou Byzance. Indicateur d’histoire suisse , nouv. 
série, t. I, 1870, n° 2, p. 24-25. 

18. — Encore un mot sur la bannière sclrwyzoise. Ibidem, 
n° 3, p. 60-61. — Réimprimé, avec plusieurs modifications, sous 
le titre : A propos de la bannière de Scliwyz, dans les Mélanges 

„ d’histoire nationale, p. 37-39. 

19. — Rapport sur le concours pour le prix Ador. Académie 
de Genève. Discours prononcés à la séance solennelle tenue le 
31 décembre 1870 dans la salle du Grand Conseil , pour la déli¬ 
vrance des prix Hentsch et Disdier, Genève, impr. Ramboz et 
Schuchardt, 1871, in-8, p. 26-29. — Tiré à part, Genève, in-8 
de 4 p. 

20. — [Opinion de G. Gervinus sur les événements de 1870.] 
Journal de Genève du 13 janvier 1871. — Lettre datée : Genève, 
10 janvier 1871. 

21. — J.-J.-C. Chenevière. Notice nécrologique, lue le 22 mai 
1871 à la séance générale de lTnstitut national genevois. Ibidem , 
n° du 8 juin 1871, sous le titre : J.-J.-C. Chenevière. — Réim¬ 
primé dans le Bulletin de lTnstitut national genevois , t. XVII, 
1872, p. 117-119. — Tiré à part, Genève, impr. Fick, 1871, in-8 
de 4 p. — Réimprimé, moins quelques lignes, dans Professeurs , 
historiens et magistrats suisses, p. 19-22, sous le titre : J.-J.-C. 
Chenevière (1783-1871). 

22. — Édouard Claparède. Journal de Genève du 19 août 
1871. — Réimprimé dans Professeurs, historiens et magistrats 
suisses, p. 1-18, sous le titre : Édouard Claparède (1832-1871), 
avec suppression de quelques lignes au début et adjonction 
(p. 9-18) d’un post-scriptum contenant une longue lettre de Cla¬ 
parède. 

23. — Einzelne Notizen über Nicolaus von Flüe. Indicateur 
d’histoire suisse , nouv. série, t. 1,1871, n° 4, p. 162-166; 1872, n° 2. 




110 


BULLETIN. 


p. 212-214. -- Tiré à part, Soleure, impr. Schwendimann, s. d., 
in-8 de 8 p. 

24. — De l’enseignement supérieur à Genève. A MM. les 
membres du Grand Conseil. Genève, impr. Fick, 1872, in-8 de 
11 p. — Daté : Genève, 6 septembre 1872. 

25. — [Lettre relative à sa lettre-brochure intitulée : De l’en¬ 
seignement supérieur.] Journal de Genève du 20 septembre 1872. 
— Datée : 18 septembre 1872. 

26. — Ein Wort der Erinnerung an F.-W. Kampschulte, Indi¬ 
cateur d’histoire suisse , nouv. série, t. I, 1872, n° 4, p. 263. — 
Daté : Genf, den 8. December 1872. 

27. — Lehrbuch der Schweizergeschichte für hohere Schulen, 
von Johann Strickler. 2 e Aujîage , Zurich , 1874, in-8. Compte 
rendu dans la Bibliothèque universelle et revue suisse , 79 me année, 
nouv. période, t. XLIX, 1874, p. 563-564. 

28. — Les souvenirs d’Étienne Dumont. Indicateur d’histoire 
suisse, nouv. série, t. II, 1874, n° 1, p. 13-16. — Tiré à part, 
Soleure, impr. Schwendimann, 1874, in-8 de 4 p. — Daté : Genève, 
10 mai 1874. — Cet article a été réimprimé, avec quelques modi¬ 
fications, sous le même titre, dans les Mélanges d’histoire natio¬ 
nale , p. 111-117. 

29. — La chronique du Livre Blanc. Notes communiquées, le 
29 septembre 1874, à Soleure, à l’Assemblée générale de la 
Société d’histoire suisse. Indicateur d’histoire suisse , nouv. série, 
t. II, 1874, n° 3, p. 46-56. — Tiré à part, s. 1. n. d., gr. in-8 de 
11p. — Des fragments de ce mémoire (p. 46 et 48-56) ont été 
réimprimés, avec de légères modifications, dans Les traditions 
nationales de la Suisse, p. 22-33 et 39-43. 

30. — Le recueil officiel des anciens recès fédéraux. Compte 
rendu dans le Journal de Genève du 12 janvier 1875. 

31. — Abrégé d’histoire suisse par J. Magnenat. Lausanne , 
1875, in-8. Compte rendu, ibidem, n° du 9 juillet 1875. — 
Signé : P. Y. 

32. — Zur Tellsage. Indicateur d’histoire suisse, nouv. série, 
t. II, 1875, n° 4, p. 161-163. — Réimprimé, en grande partie, dans 
Les traditions nationales de la Suisse, p. 49-50. 

33. — Die Urkunden der Belagerung und Schlacht von Mur- 
ten, von G.-F. Ochsenbein. Freiburg, 1876. in-4. Compte rendu 



BIBLIOGRAPHIE DES TRAVAUX DE PIERRE VAUCHER. 111 


dans la Revue historique , 1876, t. II, p. 611-614. — Réimprimé, 
avec quelques légères modifications, dans les Mélanges d'histoire 
nationale, p. 59-64, sous le titre : Les documents du siège et de la 
bataille de Morat. 

34. — Morat et Charles le Téméraire , par Ch. Hoch. Neuchâtel, 

1876 , in-12. Compte rendu dans la Revue historique, 1876, t. II, 
p. 614. — Signé : P. Y. 

35. — Galerie suisse. Biographies nationales publiées avec le 
concours de plusieurs écrivains suisses , par Eugène Secretan. 
Tome II, Lausanne, 1876, in-8. Compte rendu, ïbidem, p. 631. 
— Signé : P. V. 

Pierre Vaucher a été correspondant de la Revue historique dès la 
fondation de celle-ci jusqu’à l’année 1894. Outre les sommaires des 
recueils périodiques suisses, il a rédigé, dans la partie de cette Revue 
réservée à la Chronique et Bibliographie, les notes relatives à la Suisse; 
nous n’avons mentionné, sauf deux exceptions (n 09 101 et 133), que celles 
qu’il a signées. 

36. — Une question relative à l’histoire ancienne de Schwyz. 
Indicateur d'histoire suisse, nouv. série, t. II, 1876, n° 4, p. 235- 
236. — Signé : P. V. 

37. — Causes et préliminaires de la guerre de Bourgogne. 
Revue historique, 1877, t. III, p. 297-318. — Tiré à part, Nogent- 
le-Rotrou, impr. Gouverneur, G. Daupeley, s. d., in-8 de 24 p., 
augmenté d’une lettre de M. le pasteur Ochsenbein et d’une 
réponse de Pierre Vaucher, signée : P. Y., et datée : Genève, 
septembre 1876. 

38. — Nouveaux documents sur la Saint-Barthélemy. Ibidem, 

1877, t. IY, p. 345-346. Signé : P. V. — Réimprimé, presque sans 
modifications, dans les Mélanges d’histoire nationale, p. 77-80, 
sous le titre : Les Suisses et la Saint-Barthélemy. 

39. — [Suisse. Bulletin historique.] Revue historique, 1877, 
t. Y, p. 383-393. — Tiré à part sous le titre : Les études histo¬ 
riques en Suisse, 1835-1877. Lettre aux Directeurs de la Revue 
historique. Nogent-le-Rotrou, impr. Gouverneur, G. Daupeley, 
s. d., in-8 de 11 p. — Réimprimé, sous ce dernier titre, dans les 
Mélanges d’histoire nationale, p. 1-19, augmenté d’un fragment 
sur Vulliemin, mentionné ci-après, n° 52. 



112 


BULLETIN. 


40. — Fontes rerum bernensium. Bern's Geschichtsquellen. 
Tome II, 1218-1271. Berne, 1877, in-8. Compte rendu dans la 
Revue historique, 1877, t. Y, p. 406-408. — Réimprimé dans les 
Mélanges d’histoire nationale, p. 21-26, sous le titre : Sources de 
l’histoire de Berne. 

41. — Noch etwas über den Antheil der Schweizer an Colignv’s 
Tod. Indicateur d’histoire suisse, nouv. série,, t. IC 1877, n° 2, 
p. 293-294. — Signé : P. Y. 

42. — Problèmes d’histoire littéraire. 1. La chronique de 
Stretlingen et le traité de l’origine des Schwvzois. 2. Les Récits 
du Livre Blanc et la légende de Tell. Ibidem, n° 5, p. 339-340; 
n° 6, p. 346-349. — Ces deux articles ont été réimprimés, avec 
quelques modifications, dans Les traditions nationales de la 
Suisse, p. 16-18 et 34-38. 

43. — Lettre [sur T. Probst]. Journal de Genève du 24 avril 
1878. — Datée : Genève, 21 avril. 

44. — Bapst Julius II. und die Gründung des Kirchenstaates, 
von Moritz Brosch. Gotha, 1878, in-8. Compte rendu dans la 
Revue historique, 1878, t. VII, p. 181-182. — Signé : Y. 

45. — Schiveizergeschichte fur Scinde und Volk, von D v B. 
Hidber, Bern, 1878, in-8. Compte rendu, en allemand, dans la 
Bibliographie et Chronique littéraire de la Suisse, 1878, n° 7, 
col. 129-130. — Signé : V. 

46. — Encore un mot sur Nicolas de Flüe. Indicateur d’his¬ 
toire suisse, nouv. série, t. III, 1878, n° 3, p. 49-52. — Daté : 
Genève, 15 juillet 1878. 

47. — Bïbliothek altérer Schriftiverhe der deutschen Schweiz. 
Bd. II : Niklaus Manuel, von D 1 Jakob Bæchtold. Frauenfeld, 
1878, in-8. Compte rendu dans le Journal de Genève du 8 
novembre 1878. — Signé : P. Y. 

48. — Zur Notiz. Indicateur d’histoire suisse, nouv. série, 
t. III, 1879, n° 1, p. 116. — Daté : Genf, den 26. Dezember 
1878. 

49. — Histoire du peuple suisse par le D 1 K. Dàndliker; tra¬ 
duit de Vallemand par M me Jules Favre. Paris, 1879, in-8. 
Compte rendu dans la Bibliographie et Chronique littéraire de la 
Suisse, 1879, n° 2, col. 44-46. — Signé : P. Y. 

50. — Historisch-biographische Studien, von Léopold von 




BIBLIOGRAPHIE DES TRAVAUX DE PIERRE VAUCHER. 113 


Ranke. Leipzig, 1878, in-8. Compte rendu dans la Revue histo¬ 
rique, 1879, t. X, p. 460. — Signé : Y. 

51. — Questions d’exégèse et d’histoire, i et ii. Indicateur 
d'histoire suisse, nouv. série, t. III, 1879, n° 4, p. 180-183. — 
Daté : septembre 1879. — La l re partie de cet article (p. 180- 
181) a été réimprimée, avec de légères modifications, dans les 
Mélanges d’histoire nationale, p. 41-43, sous le titre : Sur un arti¬ 
cle du pacte de Brunnen. — La 2 rae partie a été réimprimée, avec 
quelques modifications, dans les Mélanges d’histoire nationale, 
p. 55-57, sous le titre : Sur la convention secrète du 5 avril 1475. 

52. — [Louis Vulliemin.] Revue historique, 1879, t. XL p. 500- 
502. — Réimprimé dans VIndicateur d’histoire suisse, nouv. série, 
t. III, 1879, n° 5, p. 227-228, et en partie dans les Mélanges d’his¬ 
toire nationale , p. 17-19. 

53. — Poésies par Alexandre Ecojfey, publ. par sa famille et 
ses amis. Genève et Bâle, 1879, in-16. Compte rendu dans la 
Bibliographie et Chronique littéraire de la Suisse, 1879, n° 12, 
col. 364-365. — Signé : P. Y. 

54. — Sempach et Næfels. Fragment d’un précis d’histoire 
suisse. Feuille centrale de la Société de Zofingue, XX e année, 
1879-1880, n° 2, p. 41-47. — Réimprimé, avec quelques modi¬ 
fications, dans les Esquisses d’histoire suisse, l re éd., p. 42-50 et 
2 me éd., p. 59-71. 

55. — La Confédération des Treize Cantons. Fragment d’un 
précis d’histoire suisse. Feuille centrale de la Société de Zofingue, 
XX e annee, 1879-1880, n° 8, p. 266-273. — Tiré à part, Genève, 
impr. nationale, [1880,] in-8 de 8 p. — Réimprimé, avec quel¬ 
ques modifications, dans les Esquisses d’histoire suisse, l re éd., 
p. 97-105 et 2 1116 éd., p. 141-153. 

56. — La Confédération des Huit Cantons. Etude historique 
sur la Suisse au XIV e siècle, par Edouard Favre. Leipzig, 1879, 
in-8. Compte-rendu dans la Revue historique, 1880, t. XIII, 
p. 186-187. — Réimprimé, avec quelques modifications, dans les 
Mélanges d’histoire nationale, p. 45-48, sous le titre : La Confé¬ 
dération des Huit Cantons. 

57. — [Une lettre de M. de Stürler sur le Sempacherlied.] 
Revue historique, 1880, t. XIII, p. 225. — Signé : P. V. — Réim¬ 
primé, avec une modification au début, dans VIndicateur d’his- 



114 


BULLETIN. 


toire suisse, nouv. série, t. III, 1880, n° 2, p. 270, sous le titre : A 
propos de Winkelried. 

58. — Poésies des XIV e et XV e siècles, 'publiées, d’après le 
manuscrit de la Bibliothèque de Genève, par Eugène Ritter. 
Genève et Bâle, 1880, in-8. Compte rendu dans la Bibliographie 
et Chronique littéraire de la Suisse, 1880, il 0 8, col. 221-222. — 
Signé : P. Y. 

59. — Esquisses d’histoire suisse. Jahrbuch fur schweizerische 
Geschichte, t. Y, 1880, p. 21-56. — Tiré à part, s. 1. n. d., 
in-8 de 35 p. — Réimprimé, avec quelques modifications, dans 
les Esquisses d’histoire suisse, l ro éd., p. 51-95 et 2 me éd., p. 72- 
140. 

60. — Calvin et les Genevois. Notes communiquées, le 5 août 
1880, à Saint-Gall, à la Société générale d’histoire suisse. Indi¬ 
cateur d’histoire suisse, nouv. série, t. III, 1880, n° 5, p. 342-348. 
— Tiré à part, s. 1. n. d., in-8 de 7 p. — Réimprimé dans les 
Esquisses d’histoire suisse, l 1 ' 8 éd., p. 149-163. 

61. — Esquisses d’histoire suisse. Ulrich Zwingli et la réfor¬ 
mation de Zurich. Étrennes chrétiennes, 8 me année, 1881, p. 166- 
179. — Tiré à part, s. 1. n. d., in-12 de 14 p. — Traduit dans 
Yllelvetia, 5. Jahrg., 1882, Heft 12, sous le titre : Ulrich Zwingli 
und die Reformation in Zurich. — Réimprimé dans les Esquisses 
d’histoire suisse, l re éd., p. 109-119. 

62. — Le refuge italien à Genève aux XVI e et XVII e siècles, 
par J.-B. Galijfe. Genève et Lyon, 1881, in-12. Compte rendu 
dans la Bibliographie et Chronique littéraire de la Suisse, 1881, 
n° 1, col. 19. — Signé : P. V. 

63. — [H.-F. Amiel. Paroles prononcées sur sa tombe.] Feuille 
centrale de la Société de Zofingue, XXI e année, 1880-1881, n° 9, 
p. 376-377. — Daté : Clarens, 13 mai 1881. 

64. — Zur Winkelriedfrage par M. v\on ] St[ürler\, dans l’In¬ 
dicateur d’histoire suisse, nouv. série, t. III, 1881, n° 2, p. 392- 
394. Compte rendu dans la Revue historique, 1881, t. XVII, 
p. 254-255. — Signé : P. Y. — Réimprimé dans les Mélanges 
d’histoire nationale, p. 49-50, sous le titre : Sur la légende de 
Winkelried, n° i. 

65. — Esquisses d’histoire suisse. Progrès, périls et catas¬ 
trophe de la Réforme. Étrennes chrétiennes, 9 me année, 1882, 




BIBLIOGRAPHIE DES TRAVAUX DE PIERRE VAUCHER. 115 


p. 16-49. — Réimprimé dans les Esquisses d’histoire suisse, l re éd., 
p. 121-148. 

66. — [Maurice de Stürler, 1807-1882.] Revue historique, 1882, 
t. XIX, p. 504. — Signé : P. Y. — Réimprimé dans Professeurs, 
historiens et magistrats suisses , p. 73-75. 

67. — [Le chanoine François Rohrer.] Revue historique , 1882, 
t. XX, p. 502. — Signé : P. Y. 

68. — Esquisses d’histoire suisse. Lausanne, H. Mignot, 1882, 
in-8 de vin et 196 p. — Deuxième édition, revue et corrigée [la 
seconde partie est supprimée], Lausanne, H. Mignot, 1898, in-8 
de 198 p. — Avec la dédicace : A la mémoire chère et vénérée 
de Louis Vulliemin. 

69. — [Notes historiques.] Poèmes helvétiques d’Albert Richard, 
Genève et Paris, 1882, in-8, p. xv et xvi. 

70. — Louis Yulliemin. Lettres à un ami. Jahrbuch fur 
schweizerische Geschichte, t. YIII, 1883, p. 307-339, avec un 
avant-propos (p. 309-310) daté : Genève, décembre 1882. — Tiré 
à part, sous le titre : Lettres à un ami, par Louis Yulliemin, 
s. 1. n. d., in-8 de 33 p. — Réimprimé, avec un autre avant-pro¬ 
pos, dans Professeurs, historiens et magistrats suisses, p. 23-72. 

71. — Henri-Frédéric Amiel, fragments d’un journal intime, 
précédés d’une étude par Edmond Scherer. Tome I, Paris, 1883, 
in-8. Compte rendu dans la Bibliographie et Chronique littéraire 
de la Suisse, 1883, n° 1, col. 13-15. — Signé : P. Y. — Réim¬ 
primé, en partie, dans Professeurs, historiens et magistrats 
suisses, p. 103-104. 

72. — [De l’enseignement de l’histoire de Genève à l’École 
secondaire de Genève.] Journal de Genève du 15 mars 1883. — 
Lettre datée : Genève, 14 mars 1883. 

73. — P. Sciobéret, Scènes de la vie champêtre, quatre nouvelles 
recueillies par Ch. Ritter. Lausanne, 1883, in-12. Compte rendu 
dans la Bibliographie et Chronique littéraire de la Suisse, 1883, 
n° 4, col. 83. — Signé : P. V. 

74. — Urkundenbuch der Abtei Sanct Galien. Theil III (Jahr 
920-1360), bearbeitet von Hermann Wartmann. St. Galien, 
1882, in-4. Traduction d’un compte rendu par M. G. Meyer de 
Knonau, dans la Revue historique, 1883, t. XXIII, p. 430-435. — 
La traduction est anonyme; deux notes sont signées : P. V. — 



116 


BULLETIN. 


Réimprimé, avec quelques modifications, dans les Mélanges d’his¬ 
toire nationale, p. 27-35, sous le titre : Le cartulaire de l’abbaye 
de Saint-Gall. 

75. — [Amédée Roget.] Revue historique, 1883, t. XXIII, 
p. 483. — Signé : P. Y. — Réimprimé, en partie, dans Profes¬ 
seurs ', historiens et magistrats suisses , p. 81-82. 

76. — Die Hochschule Zurich in den Jahren 1833-1883, von 
Georg von Wyss. Zurich, 1883, in-4. Compte rendu dans le 
Journal de Genève du 8 octobre 1883. — Signé : P. V. 

77. — [Amédée Roget, 1825-1883.] Histoire du peuple de 
Genève par A. Roget, t. VII, Genève, 1883, in-8, p. v-viii. — 
Tiré à part, s. 1. n. d., in-8 de 6 p. — Réimprimé, avec une modi¬ 
fication à la seconde phrase, dans Professeurs, historiens et 
magistrats suisses, p. 77-82, et, en partie, dans la Revue histo¬ 
rique, 1884, t, XXV, p. 485-486. 

78. — Notes bibliographiques. Reimarus ; Baur ; Renan. 
Étrennes chrétiennes, ll rae année, 1884, p. 204-216. — Tiré à 
part, s. 1. n. d., in-8 de 14 p. 

79. — Le landammann Hungerbühler (1805-1884). Journal de 
Genève du 17 juillet 1884. — Tiré à part, [Genève, impr. Schu¬ 
chardt,] in-8 de 4 p. — Réimprimé dans Professeurs, historiens 
et magistrats suisses, p. 83-87. 

80. — Encore un mot sur le traité « de l’origine des Schwyzois. » 
Note communiquée, le 23 septembre 1884, à Berne, à la Société 
générale d’histoire suisse. Indicateur d’histoire suisse, nouv. 
série, t. IV, 1884, n° 5, p. 326-329. — Réimprimé, sans le 
résumé du début, dans Les traditions nationales de la Suisse, 
p. 18-21. 

81. — Lebenserinnerungen von Ludwig Meyer von Knonau, 
1769-1841, hrsgb. von G. Meyer von Knonau. Frauenfeld, 1883, 
in-8. Compte rendu dans le supplément au Journal de Genève du 
28 septembre 1884. — Signé : P. V. — Réimprimé dans Profes¬ 
seurs, historiens et magistrats suisses, p. 99-102, sous le titre : Les 
souvenirs d’un vieux conseiller zurichois. 

82. — Problèmes d’histoire littéraire. Des traditions relatives 
aux origines de la Confédération suisse. Feuille centrale de la 
Société de Zofingue, XXV e année, 1884-1885, n° 3, p. 146-154. — 
Réimprimé dans Les traditions nationales de la Suisse, p. 7-13, 
sous le titre : Vue générale du sujet. 




BIBLIOGRAPHIE DES TRAVAUX DE PIERRE VAUCHER. 117 

83. — Les traditions nationales de la Suisse. Études anciennes 
et nouvelles. Mémoires de l’Institut national genevois , t. XVI, 
1883-1886, p. 1-51. — Tiré à part, Genève, H. Georg, 1885, in-4 
de 51 p. — L’avant-propos est daté : Genève, octobre 1884. 

84- -— Le Canton de Vaud, par Louis Vulliemin. 3 me édition 
revue et augmentée. Lausanne, 1885, in-12. Compte rendu dans 
le supplément au Journal de Genève du 27 février 1885. 

85. — [Mgr. Fiala et Y Alliance libérale.] Journal de Genève 
du 26 avril et du 8 mai 1885. — Un article anonyme et une 
lettre datée : Genève, mai 1885. 

86. — Caspar Schweizer, ein Charakterbild ans dem Zeitalter 
der franzôsischen Révolution, von David Hess, hrsgb. von 
J. Bæchtold. Berlin, 1884, in-8. Compte rendu, ibidem, n° du 
8 mai 1885. — Signé : P. V. 

87. — Choses vieilles et nouvelles. La Tribune de Genève du 
31 juillet 1885. — Anonyme. — Réimprimé, avec de nombreuses 
modifications, dans les Mélanges d’histoire nationale, p. 107-110, 
sous le titre : Les procédés de l’historiographie catholique. 

88. — Propos du soir. N° 1, H.-F. Amiel. Feuille centrale de la 
Société de Zofingue, XXVI e année, 1885-1886, n° 3, p. 168-170. — 
Daté : décembre 1885. — Signé : P. V. — Un fragment en a été 
réimprimé dans Professeurs, historiens et magistrats suisses, 

p. 106. 

89. — [Nancy Boileau.] Journal de Genève du 6 janvier 1886. 
— Anonyme. 

90. — Rapport sur le concours pour le prix Hentsch [décerné 
à M. Philippe Monnier, auteur de Choses et autres]. Université de 
Genève. Discours prononcés à la séance solennelle tenue le 9 jan¬ 
vier 1886 dans la salle de l’Aula, Genève, impr. Schuchardt, 1886, 
in-8, p. 11-17. — Tiré à part, s. 1. n. d., in-8 de 7 p. — Réimprimé 
dans Professeurs, historiens et magistrats suisses, p. 107-116, 
sous le titre : Discours prononcé, le 9 janvier 1886, à la séance 
publique de l’Université. 

91. — La chaire de littérature comparée à Genève. A MM. les 
professeurs de l’Université. [Genève, 1886,] in-8 de 4 p. — Daté : 
Genève, 22 février 1886. 

92. — [John Garin.] Journal de Genève du 23 février 1886. — 
Signé : P. V. 


BULLETIN. 


T. II. 


9 




118 


BULLETIN. 


93. — [La section de philosophie de l’Université de Genève,] 
Ibidem, il 0 du 4 mai 1886. — Lettre datée : Genève, 2 mai 1886. 

94 . — [W. Visclier.] Revue historique, 1886, t. XXXI, p. 239- 
240. — Signé : P. Y. — Quelques lignes de cet article ont été 
réimprimées dans Professeurs, historiens et magistrats suisses, 
p. 96. 

95. — Professeurs, historiens et magistrats suisses. Notices 
biographiques. Genève et Bâle, H. Georg, 1886, in-12 de 116 p. 
Avec la dédicace : A mon ami le docteur Hermann Wartmann, 
président de la Société d’histoire de Saint-Gall. — L’[avant- 
propos] est daté : Conches, près Genève, août 1886, et signé : 
P. V. 

96. — [Publications relatives à la bataille de Sempach.] Revue 
historique, 1886, t. XXXII, p. 469-470. — Signé : P. Y. — 
Réimprimé, avec quelques modifications, dans les Mélanges 
d’histoire nationale, p. 51-54, sous le titre : Sur la légende de 
Winkelried, n° ii. 

97. — Encore le Sempacherlied. Indicateur d’histoire suisse , 
nouv. série, t. Y, 1887, n os 2 et 3, p. 53-54. — Daté : Genève, 
janvier 1887. 

98. — [Réponse à M. A 7 ogt. | Journal de Genève du 10 mai 
1887. 

99. — Questions de critique historique. Résumé d’un cours 
fait, pendant le semestre d’hiver 1886-87, à la Faculté des lettres 
de Genève. Indicateur d’histoire suisse, nouv. série, t. Y, 1887, 
n° 5, p. 115-116. — Tiré à part, s. 1. n. d., in-8 de 3 p. 

100. — Sur le « Kolbenpanner » de 1450. Ibidem, p. 119-120. — 
Daté : Genève, octobre 1887. — Cette note a été réimprimée dans 
le tirage à part des Questions de critique historique , p. 3. 

101. —- Gescliichte der schweizerischen Eidgenossenscliaft, von 
J. Dierauer. Erster B and (bis 1415). Gotha, 1887, in-8. Compte 
rendu dans la Revue historique , 1887, t. XXXV, p. 454. — Ano¬ 
nyme. — Réimprimé, avec quelques modifications, dans les 
Mélanges d’histoire nationale , p. 123-124, sous le titre : Dernier 
propos. 

102. — Alexandre Martin. Discours prononcé le 9 novembre 
1887, au cimetière de Cologny, par M. le professeur P. Vaucher, 
recteur de l’Université de Genève. Feuille centrale de la Société 




BIBLIOGRAPHIE DES TRAVAUX DE PIERRE VAUCHER. 119 

de Zofingue, XXVIII e aimée, 1887-1888, n° 3, p. 137-139. — 
Tiré à part, Lausanne, s. d., in-8 de 3 p. 

103. — Le combat de Chillon. A-t-il eu lieu et à quelle date ? 
Extr. des Mémoires et Documents publiés par la Société d’histoire 
de la Suisse romande, série II, tome I. Lausanne , 1887 , in-8. 
Compte rendu dans le supplément au Journal de Oen'eve du 
15 novembre 1887. — Signé : P. V. 

104. — [Don de la bibliothèque Jousserandot à l’Université de 
Genève.] Journal de Genève du 9 décembre 1887. — Deux 
lettres datées : Genève, le 8 décembre. 

105. — Discours prononcé à l’inauguration du buste de Marc- 
Monnier. Ibidem, n° du 28 février 1888. — Tiré à part, 
Genève, impr. Schuchardt, 1888, in-12 de 8 p., sous le titre : 
Marc Monnier, discours prononcé, le 25 février 1888, dans la salle 
de l’Aula. - Réimprimé dans la brochure intitulée : Inauguration 
du buste de Marc-Monnier, Genève, Georg, 1888, in-12, p. 12-17, 
et dans les Mélanges d’histoire nationale , p. 127-132. 

106. — Grandson, Morat, Nancy. Bibliothèque populaire , Lau¬ 
sanne, mars 1888. — Tiré à part, Lausanne, impr. A. Jaunin, 
in-8 de 12 p. 

107. — La théologie et le grec. Semaine religieuse de Genève 
du 16 juin 1888. — Lettre datée : Conches, 7 juin 1888. — Réim¬ 
primé, avec adjonction d’une note, dans Questions universitaires, 
p. 3-8. 

108. — Questions universitaires. Genève, impr. Wyss et 
Duchêne, 1888, in-12 de 12 p. 

109. — La poésie et l’histoire. Wala de Glaris. Bibliothèque 
populaire, Lausanne, juin 1888. —Tiré à part, s. 1. n. d., in-12 de 
4 p, — Réimprimé dans les Mélanges d'histoire nationale, p. 73- 
76, sous le titre : Un épisode de la guerre de Souabe. 

110. — [Frédéric Fiala.] Revue historique , 1888, t. XXXVIII, 
p. 238. — Signé : P. V. — Réimprimé dans les Mélanges d’his¬ 
toire nationale , p. 133-134. 

111. — [Antoine-Philippe de Segesser.] Revue historique, 1888, 
t. XXXVIII, p. 238-239. — Signé : P. V. — Réimprimé, avec 
modifications, dans les Mélanges d’histoire nationale, p. 135-136. 

112. — [Charles Le Fort.] Revue historique , 1888, t. XXXVIII, 
p. 468-469. — Signé : P. V. 



120 


BULLETIN. 


113. — Sur quelques affirmations de Frédéric-César de la 
Harpe. Indicateur d’histoire suisse, nouv. série, t. Y, 1888, n 09 5 
et 6, p. 300-303. — Tiré à part, s. 1. n. d., in-8 de 4 p.— Réim¬ 
primé dans les Mélanges d’histoire nationale, p. 81-88. 

114. — IL Kraass. Abriss der Geschichte der deutschen 
Dichtvng. Genève, 1888, in-8. Compte rendu dans le Journal de 
Genève du 17 novembre 1888. — Signé : P. V. 

115. — Charles Le Fort. Allocution à la section genevoise de 
la Société de Zofingue. Feuille centrale de la Société de Zofingue, 
XXIX e année, 1888-1889, n° 3, p. 134-142.— Réimprimé dans les 
Mélanges d’histoire nationale, p. 137-146, sous le titre : Charles 
Le Fort (1821-1888), allocution à la section genevoise de la 
Société de Zofingue, le 28 novembre 1888. 

116. — Mélanges d’histoire nationale. Lausanne, H. Mignot, 
1889, in-8 de 148 p. Avec la dédicace : A mes amis Charles 
Kohler, Paul Oltramare et Charles Seitz. — Daté : Genève, 
décembre 1888. 

117. — Rapport sur le concours pour le prix Hentsch. Univer¬ 
sité de Genève. Discours prononcés à la séance tenue dans la salle 
de VAula le samedi 26 janvier 1889, Genève, impr. Schuchardt, 

1889, in-8, p. 21-22. 

118. — Les luttes de Genève contre la Savoie (1517-1530). 
Genève, 1889, in-8 de 32 p. 

119. — Notes d’histoire suisse par un Y[ieux].-Z[ofingien]. 
Feuille centrale de la Société de Zofingue, XXX e année, 1889-1890, 
n° 1, p. 22-31. — Tiré à part, [Genève,] impr. J. Carey, s. d., in-8 
de 10 p. — Anonyme. 

120. — Rapport sur le concours pour le prix Ador. Université 
de Genève. Discours prononcés à la séance tenue dans la salle de 
VAula le mardi 21 janvier 1890, Genève, impr. Aubert-Schu¬ 
chardt, 1890, in-8, p. 17-18. 

121. — [La chaire de littérature française.] Journal de Genève 
du 7 février 1890. — Lettre datée : Genève, 5 février. 

122. — Rimes du soir par un V[ieux].-Z[ofingien]. Ne se 
vend pas. Genève, impr. Carey, 1890, in-12 de 12 p. — Ano¬ 
nyme. 

123. - [Adhémar Fabri, évêque de Genève. ] Revue historique, 

1890, t. XLII, p. 481-483. — Signé : P. Y. 




BIBLIOGRAPHIE DES TRAVAUX DE PIERRE VAUCHER. 121 


124. — [Gottlieb Studer.] Ibidem, 1890, t. XLIII, p. 466-467. 

— Signé : P. Y. 

125. — [J.-B. Galiffe.] Ibidem, 1890, t. XLIY, p. 238-239. — 
Signé : P. Y. 

126. — [La bataille de Laupen et Rodolphe d’Erlach.] Ibidem, 
p. 465-466. — Signé : P. Y. 

127. — Une remarque sur la chronique de Justinger. Indi¬ 
cateur d’histoire suisse, nouv. série, t. YI, 1891, n° 1, p. 152. — 
Daté : Genève, septembre 1890. 

128. — Société suisse d’histoire. Journal de Genève du 
18 octobre 1890. — Anonyme. 

129. — Les commencements de la Confédération suisse. Lau¬ 
sanne, 1891, in-8 de 24 p., avec une vue de la vallée de Schwyz. 
Édition revue et corrigée du chapitre I er des Esquisses d’his¬ 
toire suisse, l re éd., p. 3-21. — Réimprimé, moins les p. 23-24, 
dans les Esquisses d’histoire suisse, 2 me éd., p. 5-32. — L’avant- 
propos est daté : Genève, avril 1891, et signé : P. V. 

130. — [A. Bernoulli. Die Sagen der Waldstætte im Weissen 
Bûche von Sarnen, dans l’Indicateur d’histoire suisse, 1891, n° 2. J 
Compte rendu dans la Revue historique , 1891, t. XLVII, p. 235. 

— Signé : P. V. 

131. — [A de Montet, M me de Warens et le pays de Vaud; — 
Eug. Ritter, Magny et le piétisme romand (1699-1730) ; dans 
les Mémoires de la Société d’histoire de la Suisse romande, 
2 me série, t. III, Lausanne, 1891. J Compte rendu, ibidem, p. 236- 
237. — Signé : P. Y. 

132. — [W. Œchsli. Les origines de la Confédération suisse. 
Berne , 1891, in-8. — C. Hilty, Les constitutions fédérales de la 
Confédération suisse. Neuchâtel, 1891, in-8) Compte rendu, 
ibidem, p. 456-457. — Signé : P. Y. 

133. — Rede bei der Bundesfeier der eidgenbssischen polytechn. 
Scinde und der Hochschide Zurich , am 25. Juli 1891, von Georg 
von Wyss. Zurich, 1891, in-8. Compte rendu, ibidem, 1892, 
t. XLYIII, p. 221-222. — Anonyme. 

134. — Un mémoire inédit de F.-C. de la Harpe. Indicateur 
d’histoire suisse, nouv. série, t. VI, 1892, n° 2, p. 347-354.— Daté : 
Genève, décembre 1891. — Tiré à part, s. 1. n. d., in-8 de 8 p. — 
Un fragment de ce mémoire (p. 351-352), précédé de quelques 




122 


BULLETIN. 


lignes d’introduction, a été réimprimé dans la Revue historique, 

1892, t. L, p. 223-224. — Signé : P. Y. 

135. — Rapport sur le concours pour le prix Stolipine [décerné 
à M. Gaspard Yallette, auteur d’un mémoire sur Mailet-Du Pan 
et la Révolution française ]. Université de Genève. Discours pro¬ 
noncés à la séance tenue dans la salle de VAula le mercredi 20 
janvier 1892, Genève, impr. Aubert-Schuchardt, 1892, in-8, 
p. 17-23. — Tiré à part, s. 1. n. d., in-8 de 7 p. 

136. — Échos du centenaire fédéral. Bulletin de la Société 
d’histoire et d’archéologie de Genève, t. I, livr. 2, 1892, p. 221- 
226. — Tiré à part, Genève, impr. Romet, 1892, in-8 de 7 p. 

137. — Fin d’année. Feuille ce>drale de la Société de Zofingue, 
XXXIII e année, 1892-1893, n° 2, p. 92-93. — Daté : Genève, 30 
novembre 1892. 

138. — Louis Vulliemin d’après sa correspondance et ses écrits, 
essai biographique par Ch. Vulliemin. Lausanne, 1892, in-8. 
Compte rendu dans le supplément au Journal de Genève du 7 
décembre 1892. — Anonyme. 

139. — Calviniana. Indicateur d’histoire suisse, nouv. série, 
t. VI, 1893, n 08 1 et 2, p. 449-455. — Tiré à part, s. 1. n. d., in-8 
de 6 p. — Daté : Genève, décembre 1892. 

140. — Un pieux désir. L’Éducateur, organe de la Société 
pédagogique de la Suisse romande , XXIX e année, n° 7, 1 er avril 

1893, p. 126. 

141. — [Dépêche de l’ambassadeur milanais à Galéas-Marie 
Sforza, relative à Morat.] Revue historique, 1893, t. LU, p. 237- 
238. — Signé : P. V. 

142. — Rapport sur le concours pour le prix Ador [décerné à 
MM. Émile Dunant et Lucien Chalumeau]. Université de Genève. 
Discours pronoyicés à la séance tenue dans la salle de VAida le 
lundi 15 janvier 1894, Genève, impr. Aubert-Schuchardt, 1893 
[1894], in-8, p. 15-17. 

143. — [Georges de Wyss.] Feuille centrale de la Société de 
Zofingue , XXXIV e année, 1803-1894, n° 5, p. 279-280. — Lettre 
datée : Genève, 5 février 1894. 

144 . — [Georges de Wyss.] Revue historique, 1894, t. LIV, 
p. 461-465. — Cette notice a été réimprimée sous le titre : 
Georges de Wyss, simples notes, Genève, impr. W. Ivündig et fils, 




ARTICLES NÉCROLOGIQUES SUR PIERRE VAUCHER. 123 

1894, in-12 de 14 p., augmentée d’une épigraphe et d’un avant- 
propos signé : P. Y. et daté : Genève, avril 1894. Ne se vend pas. 

145. — Jeunes années. Feuille centrale de la Société de 
Zofingue, XXXV e année, 1894-1895, n° 1, p. 46-64.— Tiré à part 
(les parties n et iu sont interverties), Genève, irnpr. W. Kündig 
et fils, 1894, in-8 de 23 p. 


Principaux articles nécrologiques parus en 1898 
sur Pierre Vaucher. 


Aux amis de Pierre Vaucher f 9 juin 1898, allocutions prononcées 
aux obsèques de M. Pierre Vaucher par MM. J.-J. Gourd, recteur de 
l’Université de Genève, et Édouard Favre, Genève, in-8 de 12 p. 

Gaspard Vallette, dans La Suisse du 10 juin. 

[Marc Debrit,] dans le Journal de Genève du 11 juin. 

[Anonyme,] dans La Tribune de Genève du 11 juin. 

[Anonyme,] dans les Basler Nachrichten du 14 juin. 

B. van Muyden, [Allocution prononcée à la séance du 16 juin de la 
Société d’histoire de la Suisse romande,] dans la Eevue historique 
vaudoise, 6 me année, p. 250-252. 

Charles Seitz, dans La Semaine littéraire, 6 rae année, p. 291-292, avec 
portr. 

Philippe Monnier, La maison en deuil, dans le Journal de Genève du 
20 juin. 




124 


BULLETIN. 


Émile Dunant, dans La Suisse universitaire, 3 me année, p. 130-132, 
avec portr. 

Fréd. Gardy, dans la Feuille centrale de la Société de Zofingue, 
38 ,ne année, p. 493-498. 

E. Kuhne, dans La Latrie suisse, 5 me année, p. 157-158, avec portr. 
Édouard Favre, dans la Revue historique, t. LXYIII, p. 92-96. 

Eug. Mottaz, dans la Revue historique vaudoise, 6 me année, p. 311-317. 




ARCHÉOLOGIE GENEVOISE 


DEUX FRAGMENTS D’ARCHITECTURE 
GOTHIQUE 


Les vestiges de la sculpture du moyen âge sont assez rares dans 
notre pays. Une brève notice sur deux fragments en notre pos¬ 
session, figurés plus loin, sera, croyons-nous, bien accueillie de 
ceux qui s’occupent de l’architecture et de son histoire dans 
l’ancienne Genève et ses environs. 

Le premier de ces fragments — un petit bassin ou bénitier 
sculpté (fig. 1) — a été trouvé, il y a une quinzaine d’années, à la 
rue des Étuves, à Genève, dans la maison portant les n 0B 5-7. 
C’est un vieux bâtiment, à portes et fenêtres basses en pierres 
taillées, mais sans décoration. L’escalier, en pierre de taille 
également, est en colimaçon. Au premier étage, on pénètre 
directement dans une salle carrée où se trouve, à gauche, non 
loin de la porte, une niche profonde, haute de 2 m ,25 et de peu de 
profondeur, ménagée dans la muraille très épaisse; à 0 m ,80 
au-dessus du plancher on remarquait le petit bassin en question. 

La partie sculptée de ce bloc de marbre blanchâtre et à gros 
grain mesure, en dessus, 0 m ,30 de largeur sur O m ,25 de saillie; 
hauteur 0 m ,27 ; la partie brute, destinée à pénétrer dans le mur, 
a, à peu près, les mêmes dimensions. Le bassin creusé dans la 
partie saillante a près de O m ,17 de diamètre, avec une profondeur 
en proportion; au fond, un trou, percé dans l’épaisseur de la 
pierre, servait à le vider. 





















127 


DEUX FRAGMENTS D’ARCHITECTURE GOTHIQUE. 

branches; à la naissance, du côté gauche, on remarque un escargot 
très étudié qui monte le long du tronc, tandis qu’un autre animal 
du même genre, plus petit, a réussi à se hisser sous le rebord 
saillant, à droite. L’ensemble fait une fort bonne impression et 
appartient, sans doute, au milieu du XV e siècle. 

Il se pourrait qu’à l’origine cette pièce ait fait partie d’un 
édifice de même style, d’une église ou d’une chapelle particulière, 
et que plus tard seulement, à la Réformation par exemple, il soit 
venu échouer à la rue des Étuves. 


Le second fragment a été trouvé en 1852, à la pointe de 
Bellerive, entre la Belotte et Anières (canton de Genève), sur la 
rive gauche du lac (fig. 2). L’amateur qui l’avait remarqué au 
fond de l’eau, non loin du bord, plongea et parvint à l’amener 
à la surface ; il était immergé à près de quatre mètres de pro¬ 
fondeur. 

Il s’agit du fût d’un pinacle d’architecture gothique, dont le 
couronnement pyramidal n’existe plus; sa hauteur est de 0 m ,38 
sur une largeur, à la base en saillie, de 0 m ,10. La pierre employée 
est un grès verdâtre, très dur; elle paraît avoir été peinte en 
rouge, couleur que l’on retrouve particulièrement sur le côté le 
mieux conservé de la base. Les quatre faces du fût sont ornées de 
meneaux simulés, de dessins differents, selon la coutume des 
architectes gothiques. 

Ce morceau provient évidemment d’une chapelle, d’un autel 
ou d’un tombeau. Il n’est pas téméraire de supposer qu’il a 
appartenu à l’abbaye de Bellerive, ordre de Cîteaux, fondée au 
milieu du XII e siècle. On sait que ce monastère de femmes fut 
détruit en 1530 par les troupes bernoises et genevoises. Depuis 
longtemps on n'aperçoit plus aucun vestige des bâtiments, mais 
l’emplacement porte encore le nom de « champ de l’abbaye ». En 
creusant le sol, differents ustensiles à l’usage de la communauté 
y ont été retrouvés b 


1 Gaudy-Le Fort, Promenades, 2 rae édit., t. I er , 1849, p. 18. 



128 


BULLETIN. 


Le long séjour dans l’eau de notre fragment, véritable relique 
d’un antique édifice, n’a pas altéré les traces de destruction 
violente, les brisures intentionnelles que l’on y remarque. La 



Fig. 2. 


conservation générale est cependant assez bonne pour prouver 
qu’il a fait partie d’un ensemble qui n’était point exposé aux 
intempéries. 


Burkhard Reber. 





































BULLETIN 


SOCIÉTÉ D'HISTOIRE ET D'ARCHÉOLOGIE 


OCTOBRE 1899 


Personnel de la Société. 

Depuis la publication du dernier Bulletin, daté d’octobre 1898, 
la Société d histoire et d’archéologie a reçu au nombre de ses 
membres effectifs : 

MM. 

1898 Frédéric Roget, ancien professeur à l’Université de 

Saint-Andrews (Écosse). 

» Jacques Brun, pharmacien. 

» Lucien Cramer, docteur en droit. 

» Guillaume Favre. 

» Eugène-H. Le Royer, avocat. 

» Philippe Monnier, licencié ès lettres. 

» Henry Patry, avocat. 

» Henri Annevelle. 

1899 Gabriel Dallinges. 

» Max Kamm, à Baden-Baden. 


BULLETIN. 


T. II. 


10 





BULLETIN. 


130 

D’autre part, la Société a eu le regret de perdre deux de ses 
membres effectifs : MM. Ernest Long (f 21 mai 1899) et William 
Serment (f 29 octobre 1899). 

Le nombre des membres effectifs est actuellement de 185. 

La Société a encore perdu un de ses membres correspondants, 
M. Charles Read. 

Charles Read est mort le 19 décembre 1898, à Paris, où il 
était né le 22 janvier 1819. Après avoir passé quelques années en 
province comme magistrat, il fut nommé, en 1849, chef du ser¬ 
vice des cultes non catholiques au ministère de l’Instruction 
publique et des Cultes. En 1857, il devint chef du contentieux de 
la Ville de Paris, et, dix ans plus tard, directeur du service des 
travaux historiques. 

Très attaché aux principes de la foi réformée, il avait créé, en 
avril 1852, la Société pour l’histoire du protestantisme français, 
dont il rédigea le Bulletin de 1852 à 1865. A partir de cette 
époque, il se consacra plus spécialement à Y Intermédiaire des 
chercheurs et curieux, qu’il avait fondé en 1864, sous le pseudo¬ 
nyme de Carie de Rash. 

C’est à lui encore que l’on doit l’organisation du « Musée 
municipal », destiné à mettre à 1 abri les documents relatifs à 
l’histoire de Paris, et qui est devenu le Musée Carnavalet. 

Charles Read était un homme d’initiative, et, en même temps, 
un érudit. On lui doit, entre autres, la publication de plusieurs 
ouvrages concernant l’histoire du protestantisme français, tels 
que : Daniel Charnier. Journal de son voyage à la cour de 
Henri IV en 1607 et sa biographie (Paris, 1858, in-8). Il publia 
également, seul ou en collaboration, les Mémoires inédits de 
Dumont de Bostaquet (Paris, 1864, in-8), — Bossuet dévoilé par- 
un prêtre de son diocèse (Paris, 1864, in-8), Des 95 thèses de 
Luther contre les indulgences (Paris, 1870, in-8), ainsi que des édi¬ 
tions critiques de diverses œuvres d’Agrippa d’Aubigné, de 
Pierre de l’Estoile, etc. 

La Société se l’était associé en 1854. 





MÉMOIRES PRÉSENTÉS. 


131 


Mémoires, Rapports, etc. 

Présentés à la Société. 

641. — Séance du 10 novembre 1898. Pierre Vaucher, allo¬ 
cution de M. Frédéric Gardy. — Impr. ci-dessus, p. 97-106. 

Le Congrès d’histoire diplomatique tenu à La Haye en sep¬ 
tembre 1898, communication de M. Francis Decrue. 

Visite de Paul Chevalier, député de Genève, aux Églises 
françaises de l’Ouest (1592-1594), communication du même 
membre. 

642. — Séance du 24 novembre 1898. Notes sur le couvent de 
Rive, par M. Albert Choisy. 

Lettre adressée, le 10 août 1784, par le comte de Vergennes à 
Chérin, généalogiste du roi, conservée à la collection Chérin, 
à Paris, commun, par M. Charles-Alfred Vidart. 

643. — Séance du 8 décembre 1898. Les plus anciens monu¬ 
ments de l’Égypte, par M. Édouard Naville. 

Deux pipes en fer trouvées l’une dans le lac de Neuchâtel 
(station lacustre d’Auvernier), l’autre dans le lac Léman (à Ver- 
soix, en 1896), présentées par M. Burkhard Reber. — Voy., 
ci-après, ses Notes sur des pipes antiques. 

644. — Séance du 22 décembre 1898. Les héros de l’Escalade 
(suite), par M. Louis Dufour. 

Lettre apocryphe de François de Sales, datée d’Annecy, 
8 juin 1603, et adressée « à MM. Jehan Diodati et Théodore de 
Bèze, professeurs en théologie et langues anciennes, et aux pas¬ 
teurs et professeurs de Genève », présentée par M. Charles 
Bouge aud. 

645. — Séance du 12 janvier 1899. Rapports du président 
(M. Émile Rivoire) et du trésorier (M. Alfred Cartier) sur 
l’exercice 1898. 




BULLETIN. 


132 

Élection du Comité : MM. Victor van Berchem, président ; 
Alfred Cartier, vice-président; Frédéric Gardy, secrétaire; 
Charles Seitz, trésorier; Jaques Mayor, bibliothécaire; Émile 
Rivoire; Édouard Favre; Charles Borgeaud; Lucien Cramer. 

De quelques fouilles récentes en Suisse (à Petinesca, près 
Bienne, à Avenches, etc.), communication de M. Jaques Mayor, 
avec plans et photographies. — Voy. ses articles intitulés : 
Fouilles récentes en Suisse. 1. Petinesca , dans le Journal de 
Genève du 24 juillet 1899, et Aventicensia, dans VAnzeiger fur 
schweizerische Altertumskunde, 1899, n° 1, p. 2-20, et n° 2, p. 70-75, 
avec fig. 


646. — Séance du 26 janvier 1899. La collaboration d’Antoine 
Tronchin et de Jean-Antoine Gautier aux travaux historiques de 
J.-J. Leu, de Zurich (1717-1721), par M. Édouard Favre. 

Le club révolutionnaire genevois « les Amis de Jean-Jacques », 
d’après le cahier de ses procès-verbaux (1792-94), appartenant à 
M. Charles Bastard, communication de M. Émile Rivoire. 

Sculptures préhistoriques trouvées à Saizia (Haute-Savoie), 
communication de M. Burkhard Reber, avec photographies. 

647. — Séance du 9 février 1899. — Notes sur l’église de la 
Madeleine et sur la Tour de l’Ile, à Genève, par M. Jaques 
Mayor, avec plans, photographies et moulages. 

Les anciennes papeteries bavaroises, par M. Moïse Briquet. 

648 . Séance du 23 février 1899. — Compte rendu, par 
M. Victor van Berchem, de l’article de M. W. Heyd intitulé : 
Schwaben auf den Messen von Genf und Lyon, dans les Württem- 
bergische Vierteljahrshefte fur Landesgeschichte, nouv. série, 
t, I (1892), p. 373-385. 

La succession ecclésiastique de Théodore de Bèze, par 
M. Charles Borgeaud. 

La Pierre-à-Pény, monument préhistorique, communication de 
M. Burkhard Reber, avec photographies et dessins. 

649. — Séance du 9 mars 1899. Compte rendu, par M. Victor 
van Berchem, de l’ouvrage de M. J.-J. Vernier intitulé : Die- 



MÉMOIRES PRÉSENTÉS. 133 

tionnaire topographique du département de la Savoie, Chambéry, 
1897, in-8. 

Nouvelles recherches sur le poète Claude de Buttet, par 
M. Eugène Ritter. 

Les Genevois en 1558, d’après un libelle contemporain 
(Les Grandes Chroniques et Annalles de Passe par tout , Chro¬ 
niqueur de Genève, avec Vorigine de Jean Covin, faucement 
surnommé Calvin. Ensemble la mort et conversion de Mada- 
moiselle la Budée, par Artus Désiré, Lyon, Benoist Rigaud et 
Jean Saugrain, 1558, in-16), communication deM. Alfred Cartier. 

Lettre d’Henri Boissier à Guillaume van Berchem (24 dé¬ 
cembre 1812), relative à la création d’un musée à Genève, 
commun, par M. Victor van Berchem. — Un fragment de cette 
lettre a été publié dans la Notice sur le Musée d'histoire natu¬ 
relle de Genève, par Maurice Bedot et Alfred Cartier, Genève, 
1899, in-8, p. 9, note. 

650. — Séance du 23 mars 1899. La réunion des Grisons à la 
Suisse, d’après les sources diplomatiques, par M. Émile Dunant. 
— Voy. Y Introduction de son ouvrage intitulé : La réunion des 
Grisons à la Suisse. Correspondance diplomatique de Florent 
Guiot , résident de France près les Ligues Grises (1798-1799), 
et des députés Grisons à Paris avec Talleyrand, le Directoire et 
les gouvernements helvétique et grison. Bâle et Genève, 1899, 
gr. in-8. 

Le château d’Avenches, par M. Jaques Mayor, avec exposition 
de photographies. 

La maison-forte des nobles d’Avenches, à Avenches, photo¬ 
graphies présentées par le même membre. 

Trois vitraux à personnages, de la fin du XV e siècle, et un 
vitrail aux armes de Praroman et Aumont, daté de 1659, pro¬ 
venant du couvent de la Fille-Dieu, à Romont (canton de Fri¬ 
bourg), conservés actuellement au Musée historique de Berne, 
présentés par le même membre. 

651. — Séance du 13 avril 1899. F Annuaire du département 
du Léman pour Vannée 1814 , Genève et Paris, 1814, in-12, 
communication de M. Edmond Pictet. 



134 


BULLETIN. 


Monuments religieux du groupe syro-égyptien (architecture 
arabe), par M. Max van Berchem, avec plans, dessins, photo¬ 
graphies et projections lumineuses. — Voy. son article intitulé : 
Architecture , dans Y Encyclopédie musulmane, fascicule spécimen, 
Leyde, 1899. 

652. — Séance du 27 avril 1899. Le livre de la sédition 
(1555), par Antoine Froment, manuscrit inédit, retrouvé aux 
Archives d’État de Genève et commun, par M. Édouard Favre. 

Nicolas Colladon et les registres de la Compagnie des pasteurs 
et professeurs de Genève, par M. Hippolyte Aubert. — Impr. 
ci-après. 

De quelques monuments druidiques du bassin du Léman, par 
M. Burkhard Reber, avec dessins et photographies. 


Faits divers. 


Durant l’année qui vient de s’écouler, la Société a publié : 

Au mois de février 1899, la 2 mo livraison du tome II du 
Bulletin, datée d’octobre 1898. 

En cours de publication : 

Les inscriptions modernes de Genève, recueillies par Flournois , 
par M. Jaques Mayor, formant la 2 rae livraison du tome II de la 
série in-4 de nos Mémoires et documents. 

La Société est entrée en échange de publications avec l’Uni¬ 
versité de Lyon, le Yerein fur Geschichte des Bodensees und seiner 
Umgebung, à Lindau, et le Musée national suisse, à Zurich. 

La famille de feu le professeur Pierre Vaucher a fait don 
à la Société d’une collection de brochures d’histoire suisse, for¬ 
mant 27 volumes. 




OUVRAGES REÇUS. 135 

La Société a souscrit au monument, élevé sur la tombe de 
Pierre Vaucher, au cimetière de Saint-Georges, et a été repré¬ 
sentée à l’inauguration de ce monument, qui a eu lieu le 
11 juin 1899. 

Les 27, 28 et 29 mai 1899, la Société a fait une excursion à 
Moudon, Lucens, Payerne, Avenches (Vaud), Morat (Fribourg), 
Cerlier (Berne), et au Landeron (Neuchâtel). 


Ouvrages reçus par la Société 

du 29 avril 1898 au 27 avril 1899. 


A 

Publications de Sociétés et recueils 'périodiques. 

La Société a continué à recevoir les publications des sociétés 
correspondantes dont on trouvera la liste à la fin du tome I er du 
Bulletin et ci-dessus, p. 8 et 93. 

Les Sociétés avec lesquelles elle est entrée en échange de publi¬ 
cations depuis le dernier Bulletin , lui ont fait les envois suivants : 

Verein fur Geschichte des Bodensees und seiner Umgebung, 
Schriften, Heft 27 (1898). 

Université de Lyon, Annales. Fasc. XXXVI, XXXVII, XXXVIII, 
XL. Nouvelle série, Il (Droit, Lettres), fasc. 1 et 2. 

Musée national suisse. Anzeiger fur schweizerische Altertums- 
kunde, n os 1 et 2. 

La Société a encore reçu les périodiques suivants : 

Bibliographie et chronique littéraire de la Suisse. Années 1898, 
n 09 4-12; 1899, n us 1-3. (Don de M. Jaques Mayor.) 

La Suisse universitaire. Années I-III (1896-1898). (Don de 
M. Eugène Ritter.) 



136 


BULLETIN. 


Revue de Belles-Lettres. Année 1897-98. (Idem.) 

Bulletin de l’Association Pro Aventico. N 09 3-7. (l)on de 
M. Jaques May or.) 

Revue historique vaudoise. 6 e année (1898), n 09 4-12; 7 e année 
(1899), n 09 1-3. (Don de M. Édouard Favre.) 

Église nationale protestante de Genève. Mémorial des séances 
du Consistoire. Années 1897 et 1898. (Envoi du Consistoire.) 

Les Archives de l’imprimerie. Années XI, avril-décembre 1898; 
XII, janvier-mars 1899. (Don de M. Maurice Reymond.) 


B 

Livres et Brochures. 


Donateurs : 

MM. A. Artozoijl, 2 brochures. — Sigismond Balitzer, 
1 broch. — Charles Bastard, 1 brocli. — Max van Berchem, 
1 volume, 5 broch. — Victor van Berchem, 3 broch. — Le cha¬ 
noine Pierrre Bourban, 1 broch. — C.-M. Briquet, 1 broch. — 
Le chanoine Ulysse Chevalier, 1 broch. — Arthur de Clapa¬ 
rède, 1 broch. — Johannes Dierauer, 1 broch. — Emile 
Dunant, 1 broch. — Guillaume Patio, 1 vol. — Édouard Favre, 
1 vol., 3 broch. — Frédéric Gardy, 1 broch. — Alexandre 
Jullien, un lot de 20 pièces imprimées. — Charles Kohler, 
1 vol. — Henri Le Fort, 1 broch. — Anatole Loquin, 1 broch. 

— Jaques Mayor, 8 vol., 19 broch. — Ernest Muret, 1 vol.. 
5 broch. — Léon Pélissier, 1 broch. — Edmond Pictet, 1 vol. 

— Edouard Piette, 2 broch. — Léonce Pingaud, 1 broch. — 
Burkhard Reber, 2 broch. — Eugène Ritter, 4 vol., 2 broch. 

— Charles Rivier, 1 broch. — Émile Rivoire, 2 vol. — Albert 
Sarasin, un lot de 4 pièces imprimées. — Victor de Saint-Genis, 
3 vol., 10 broch. — Gustave Tobler, 1 broch. — C.-F. Trachsel, 

I broch. — La famille de feu Pierre Vaucher, 27 vol. 

La Bibliothèque de la Faculté des lettres de Genève, 1 vol., 

II broch. 

Le Comité de publication de Y Histoire de Genève , par J-A. 
Gautier , 1 vol. 

Le Département fédéral de l’Intérieur, 3 vol., 3 broch. 



OUVRAGES REÇUS. 


137 


C 

Gravures, photographies, etc. 

Les anciennes maisons de Genève, photographiées par Fréd. 
Boissonnas (2 me série, 1898), 30 planches. (Bon du Comité de 
publication.) 


1 ) 

Manuscrits. 

Donateurs : 

'M. Jaques Mayor, un volume de minutes d’un notaire valaisan 
du XV e siècle. 

M. Frédéric Raisin, un acte sur papier, du 16 août 1746, 
(inventaire des hiens, meubles, etc., de noble Gratian de Bar, 
baron de Mauzac, pour Anne-Isabelle de Bar, femme de noble 
Jean-Antoine de Jaussaud). 

M. Émile Rivoire, un volume, rédigé à la fin du XVIII e siècle, 
de copies et de notes relatives à l’histoire du Valais et de la 
Savoie. 

M. Albert Sarasin, une copie de la lettre de licenciement 
accordée à Jean de Caro, de Genève, officier au service de l’im¬ 
pératrice Élisabeth I de Russie, datée : Saint-Pétersbourg, 
12 juin 1750. 

M. André Thury, un cahier contenant le cours d’histoire 
professé à T Université de Genève par Pierre Vaucher, en 1875, 
sténographié par M. Émile Gaidan. 


Album amicorurn d’Ksaïe Colladon (1601-1672). (Legs de 
M. Alphonse Rivier.) 





NICOLAS COLLADON 


ET I.ES 

Registres de la Compagnie des Pasteurs et Professeurs 

DE GENÈVE 1 


Lorsque, après avoir consulté les Registres du Consistoire et du 
Conseil de Genève pendant la seconde moitié du XVI e siècle, on 
est amené à faire une recherche dans les Registres de la Vénérable 
Compagnie, pour la même période, on éprouve toujours quelque 
désappointement. Au lieu des procès-verbaux si exacts et si 
complets des séances du Conseil ou du Consistoire, nous n'avons 
ici, le plus souvent, qu’une sorte de memento ou de chronique 
fort sommaire des principaux événements qui se sont passés 
dans le sein de la Compagnie, parfois un simple rappel de 
décisions importantes prises par ce corps. Mais toutes les 
décisions ne sont pas enregistrées et il n’est point rendu compte 
de chaque séance à part. La plupart du temps, on ne trouve plus 
trace des délibérations, et le Registre ne contient trop fréquem¬ 
ment que la mise au net, faite souvent après plusieurs années, de 
notes prises d’une façon incomplète et arbitraire par le ministre 
chargé de « tenir le Registre ». 

R y aurait lieu pourtant de faire quelques exceptions, en 
particulier pour le ministre Jean Pinaut, qui tint le Registre 
pendant les années 1571 à 1578 d’une manière fort régulière, 
sinon toujours très impartiale. Car ce pasteur, très véhément 
dans ses antipathies, donne des appréciations personnelles sur 
certains faits et certaines décisions, plutôt qu’un simple compte 
rendu. Mais Pinaut a du moins pris la plume plus souvent que 
tels de ses collègues, et il nous renseigne d’une façon plus 
complète sur les délibérations de la Compagnie. 

1 Communication faite à la Société le 27 avril 1899. 





NICOLAS COLLADON. 


139 


Nous parlerons tout à l’heure des ennuis causés à ce corps 
par la négligence et le désordre de Nicolas Colladon, le prédé¬ 
cesseur immédiat de Pinaut en qualité de gardien du Registre. 
Mais nous ferons remarquer qu’on s’en est pris souvent, assez 
injustement, à Colladon seul des lacunes et des imperfections des 
Registres de la Compagnie jusqu’en 1600, tandis qu’en réalité la 
plupart des ministres chargés de tenir le Registre de la Com¬ 
pagnie de 1547 à 1598 méritent les mêmes reproches que 
Colladon. Celui-ci a pu dire à bon droit, dans la justification de 
sa conduite qu’il adressa au Conseil de Berne, que le Registre 
avait été si mal tenu avant lui, qu’il ne savait ce qu’il convenait 
d’y inscrire, ni sous quelle forme. Et après Colladon on ne fit 
guère mieux, si ce n’est pire. Que dire en effet des ministres 
Petit et Rotan, chargés de tenir le Registre pendant les années 
1578 à 1585, et qui ne nous ont pas laissé une ligne? On est 
forcé d’admettre qu'ils ont égaré leurs notes, ou le carnet sur 
lequel ils les avaient transcrites. 1 

Les autres ministres dont les notes nous ont été conservées, 
se sont bornés à consigner les choses et les décisions « notables ». 
C’est donc en vain que l’on cherche dans les premiers Registres 
de la Compagnie, au XVI e siècle, bien des renseignements et des 
détails précis que l’on croirait devoir y trouver à coup sûr. Et l’on 
ne peut assez regretter que, dès le début, la Compagnie n’ait pas 
suivi l’exemple du Consistoire, et n’ait pas cru devoir conserver 
de véritables procès-verbaux de toutes ses séances et délibé¬ 
rations. Nous aurions là une source incomparable d’informations 
sur les relations de l’Église de Genève avec les Églises étrangères 
pendant cette période si intéressante. Nous retrouverions en parti¬ 
culier les noms des nombreuses Eglises françaises qui adressaient 
aux Ministres de Genève des demandes constantes de pasteurs. 
Or, beaucoup de ces lettres n’existent plus, et trop souvent le 
Registre est muet sur leur réception et sur les décisions prises à 
leur sujet. 

Ce n’est pas à dire pourtant que ces Registres, tels qu’ils sont, 


1 II n’est pourtant pas impossible que la perte du Registre embrassant 
les années 1578 à 1585 ne se soit produite que beaucoup plus tard, peut- 
être à la fin du XVIII e siècle. 




140 BULLETIN. 

n’offrent ni utilité ni intérêt. Ils nous donnent encore sur certains 
points des renseignements, très sommaires, il est vrai, mais que 
l’on ne trouve pas ailleurs. Grâce à leur caractère même de 
chronique, d’annales rédigées sous la responsabilité et l’inspiration 
personnelle de leurs rédacteurs successifs, les Registres de la 
Compagnie présentent des pages d’une lecture assurément plus 
attrayante que de corrects procès-verbaux, précis et impersonnels. 
Nous reproduisons plus loin un passage du récit de Nicolas 
Colladon, où l’ancien registrateur, désormais brouillé avec la 
Compagnie, s’est plu à faire revivre, de sa plume bien taillée, 
certain épisode dont le souvenir n’était point pour plaire à ses 
collègues d’antan. Et cette scène anecdotique, si vivement dessinée, 
n’est pas isolée. Nous croyons que d’autres pages, soit de Colla¬ 
don, soit de tel autre chroniqueur ecclésiastique, mériteraient de 
voir le jour. 

On peut donc tout à la fois regretter l’absence de procès- 
verbaux détaillés et complets, et reconnaître la valeur historique 
ou littéraire de certaines parties de ces registres. 

Avant d’en arriver à l’exposé des démêlés de Nicolas Colladon 
avec la Compagnie, à propos des papiers dont il avait eu la garde 
pendant une dizaine d’années, il est bon d’indiquer rapidement 
ce qui subsiste aujourd’hui de ces fameux papiers. 

Notons tout d’abord que la correspondance de la Compagnie, 
pour le XVI 0 comme pour le XVII e siècle, est depuis longtemps 
déposée à la Bibliothèque publique. Elle se compose des lettres 
et autres pièces reçues, et de quelques brouillons ou minutes de 
lettres, de rapports ou de témoignages émanant de la Compagnie. 
Plusieurs des ministres qui eurent la garde de ses archives 
paraissent n’avoir attaché qu’un intérêt médiocre à la conser¬ 
vation des documents relatifs à des affaires liquidées, et qui 
leur semblaient de peu d’importance. Aussi est-il certain que 
beaucoup de lettres ou de minutes anciennes ont disparu, par suite 
de négligence, ou bien ont été détruites systématiquement, dans 
l’idée qu’il ne fallait pas encombrer de vieilles paperasses, désor¬ 
mais inutiles, les archives de la Compagnie. Néanmoins, ce qui a été 
conservé constitue encore un fonds considérable, l’un des plus 
riches et des plus souvent consultés parmi les manuscrits de la 
Bibliothèque publique. La plus grande partie de ces documents, 




NICOLAS COLLADON. 


141 


classés par ordre chronologique, forment la série connue sous le 
nom de Correspondance ecclésiastique, qui porte la cote Mfr. 197 aa . 
D’autres pièces de même origine, mais entrées antérieurement à 
la Bibliothèque, par des voies diverses, ont été réparties au 
XVIII e siècle, sans beaucoup d’ordre ni de méthode, dans diffé¬ 
rents volumes manuscrits, entre autres Ml. 121, Mfr. 197, etc. 

Quant aux Registres, ils sont conservés dans les Archives de 
la Vénérable Compagnie, à l’Auditoire. Ils se composent, pour le 
XVI e siècle, de trois volumes originaux en tout ou en partie, 
cotés A., B. 1, et B. 2, et de deux volumes de copies. Les trois 
volumes originaux étant formés de parties diverses, rapportées 
ensemble suivant un ordre assez capricieux et qui déroute au 
premier abord, nous en donnons ici une description sommaire. 

A. (1546-1553). 

Volume manuscrit de 230 pages numérotées, plus un certain 
nombre de feuillets intercalés et non foliotés ; écritures diverses 
du XVI e siècle. 

Les dates extrêmes du Registre proprement dit sont : 
17 décembre 1546 et 20 juin 1553. — 1° En tête du volume, aux 
pages 1-15, les Ordonnances ecclésiastiques de l’Église de 
Genève, copiées probablement en 1547. — 2° Après quelques 
feuillets blancs, à la page 19, commence ce qu’on pourrait appeler 
le « Livre de raison » de la Compagnie, pour les années 1547 
à 1553. Les notes enregistrées sont d’importance fort variable. 
Les mentions sont en général des plus sommaires et rares pour 
certaines années ; quelquefois, elles sont plus développées et plus 
abondantes. On a inséré toutes sortes de pièces annexes, lettres, 
extraits, etc., presque toujours sans commentaire ni explica¬ 
tion. — 3° A la fin du volume, et reliées tête-bècbe, se trouvent les 
Propositions disputées de 1548 à 1551. 

B. 4 (1561-71, 1585-98). 

Ce volume comprend : 1° L’ Extrait, rédigé en 1573 par Nicolas 
Colladon, d’après ses notes et surtout d’après ses souvenirs, pour 



142 


BULLETIN. 


les années 1561 à 1571. Il est de la main de Colladon. — 2° Un 
certain nombre de feuillets blancs, réservés sans doute pour la 
chronique des années 1571 à 1578, dont l’original se trouve dans 
B. ‘2, et qu’on avait eu l’intention de recopier ici. — 3° Le 
Registre tenu par le ministre Jaquemot, pour les années 1585 
à 1591. Ces notes autographes de Jaquemot ont été écrites 
au fur et à mesure, de 1585 à 1588, sur des feuillets séparés 
qui ont été reliés ensemble postérieurement; pour les années 
1588-1591, Jaquemot a fait usage d’un petit livret spécial. — 
4° Le Registre de 1591 à 1598 (avec une lacune de mai à 
décembre 1592), par David Le Boiteux ; ce sont les minutes 
originales et autographes de ce ministre. 

B. 2 (1553-60, 1561-78, 1585-98). 

Ce volume comprend : 1° Un Catalogue des sermons de Calvin, 
recueilli par M e Denis Raguenier, et copié dans ce Registre en sep¬ 
tembre 1564 par Nicolas Colladon. — 2° Le Registre des années 
1553 à 1560. C’est évidemment un résumé fait vers 1560, d’après 
des notes fort brèves, réunies sans doute après coup, et 
non pas au fur et à mesure. Comme le fait remarquer Colla¬ 
don, cette partie du Registre, dont il n’est pas responsable, 
est tout à fait insuffisante. Beaucoup de délibérations et de déci¬ 
sions importantes, qui ont dû être prises à cette époque, ne sont 
pas rapportées; par contre, on trouve là de longs extraits des 
opinions et des œuvres de Servet. — 3° Une copie, faite au 
XVII e siècle, de la chronique de Colladon (1561-1571), dont l’ori¬ 
ginal se trouve dans B. 1. — 4° Le Registre original de Jean 
Pinaut pour les années 1571 à 1578; il est de la main de Pinaut, 
et tenu fort régulièrement. — 5° La Déclaration des Ministres 
de Genève, en date du 8 août 1582, relativement au Magistrat ; 
c’est une copie du XVII e siècle. — 6° et 7° La copie, faite à la 
même époque, des Registres de Jaquemot et de Le Boiteux, dont 
les originaux sont dans B. 1. Il est à remarquer que cette copie a 
été faite avant la perte des feuillets du Registre de Le Boiteux 
embrassant les mois de mai à décembre 1592, qui manquent dans 
l’original. 

Les Archives de la Compagnie comprennent en outre une copie 



NICOLAS COI/L A DON. 


143 


du Registre A., faite de nos jours avec le plus grand soin par 
M. Dufour-Vernes, archiviste d’État, et une copie, exécutée en 
1772, du Registre de Jean Pinaut (1571-1578). Cette dernière 
copie porte la cote B. 3. 

Nous avons dit plus haut combien il est à regretter que la, 
Compagnie n’ait pas fait tenir, dès le début, des procès-verbaux 
détaillés de chacune de ses séances. Pourtant la résolution prise 
à la fin de 1546, et qui figure en tête du Registre dont la création 
venait d’être décidée, montre qu’on avait bien senti la nécessité 
de conserver par écrit une relation exacte des délibérations et des 
décisions de la Compagnie. Le malheur fut qu’une fois cette 
sage résolution prise, on s’en tint avec trop d’insouciance à 
ses termes un peu vagues. L’usage s’établit que le ministre 
chargé de tenir le Registre fût laissé seul juge de ce qu'il 
convenait d’v inscrire, et plusieurs abusèrent, dans un sens 
ou dans l’autre, de la latitude qui leur était laissée à l’égard 
des « cas dignes de mémoire ou non ». Aucun contrôle ne semble 
avoir été exercé par la Compagnie sur la manière dont ses Regis¬ 
tres étaient tenus, jusqu’à ce que l’attention eût été sérieusement 
attirée, par l’affaire Colladon, sur les inconvénients du système 
adopté. Ce qui n’empêcha pas qu’aussitôt que Jean Pinaut, chro¬ 
niqueur très zélé, eût déposé la plume, on retomba pour quelque 
temps dans les mêmes errements de laisser aller et de laisser faire. 
D’où la fâcheuse lacune pour les années 1578 à 1585, que nous 
avons déjà signalée. 

En tête du premier Registre, donc, on lit les lignes suivantes 
(A., p. 19) : 


« L’an 1546, le vendredi 17 e jour de décembre, fut advisé par nous 
ministres de ceste Eglise de Geneve, estantz assemblez en congréga¬ 
tion generalle, que ce seroit chose utile de mettre doresnavant par escript 
les deliberations, advis et ordonnances, et autres cas dignes de mémoire, 
concernantz l’estât et police de l’Eglise, pour s’en ayder en temps et lieu. 
Et fut résolu que pour ce faire, l’un des ministres tiendroit le Registre ». 


Et c’est seulement vingt-cinq ans plus tard que nous rencontrons 
de nouveau une mention relative à la tenue des Registres de la 
Compagnie (B. 2, fol. 56) : 



144 


BULLETIN. 


Le sabmedy 22 e jour de décembre 1571, fut advisé en la Compagnie 
qu’on pratiqueroit plus diligemment l’ordonnance ancienne, qui porte 
que les choses notables qui se passent ordinairement entre nous, seront 
enregistrées par l’un des freres, qui raportera en la Compagnie, au jour de 
noz censures qui se font devant chascun, tout ce qu’il aura recueilly. 

Charge de ce fut donnée à M° Jean Pinaut. 

Voici ce qui s’était passé pour motiver cette mesure de surveil¬ 
lance. 

En 157 V Nicolas Colladon auquel il est temps de revenir, 
venait de rompre bruyamment avec l’État et l’Église de Genève. 
Ce n’est pas ici le lieu de retracer l’histoire de la lutte entre¬ 
prise contre l’autorité du Conseil par les deux pasteurs Jean 
Le Gagneux et Nicolas Colladon, imbus des idées théocratiques 
les plus absolues, et entichés d’un rêve de suprématie du pouvoir 
ecclésiastique. Cette insubordination ne s’étendit pas à la majo- 

1 II était fils de honorable et sage maître Léon Colladon, de la Châtre, 
docteur en droit et avocat à Bourges, qui se retira à Genève, pour cause 
de religion, ainsi que sou frère le jurisconsulte Germain Colladon, et de 
Guimon Bigot, fille de Nicolas Bigot, seigneur des Fontaines, de la Vacherie, 
du Marais, etc., échevin de Bourges, conseiller du Boi et son lieutenant 
général au bailliage de Berry. Nicolas Colladon fut admis à la bour¬ 
geoisie genevoise le 22 juillet 1557, gratis, en sa qualité de ministre 
(A. Covelle, Livre des Bourgeois, p. 257). Nous le trouvons mentionné pour 
la première fois dans les Begistres de la Compagnie en 1553, à l’occasion de 
sa nomination comme pasteur : « Le 12 jour de may 1553, fut esleu au lieu de 
« maistre Philippes de Ecclesia, maistre Nicolas Colladon. Et après avoir 
« proposé et presché selon la coustume, après avoir esté examiné, fut 
« présenté à Messieurs, le jeudi 18 e du mois, qui luy assignèrent lieu à 
« Vandœuvres et à Coulogny. » (Archives de la Compagnie, Beg. A.). Le 
3 juillet 1553, il épousa Marthe Le Breton, fille de sire Jean Le Breton? 
d’Orléans, dont il eut deux fils et une fille. — Fort appuyé par Calvin, qui 
appréciait son savoir et ses facultés, Nicolas Colladon fut appelé en 1560 
à un poste de la ville. En même temps, il devint professeur à l’Acadé¬ 
mie, dont il fut nommé recteur en 1564, et où il occupa à partir de 1566 la 
chaire de théologie que Calvin avait tenue naguères. Il s’acquitta fort bien 
de ses doubles fonctions pastorales et professorales, se signalant en par¬ 
ticulier par son zèle pendant la peste de 1570, jusqu’au moment où ses 
visées théocratiques suscitèrent le mécontentement du Conseil. 

Déposé en 1571, Colladon se retira à Lausanne, où la Classe des pas¬ 
teurs le reçut fort bien et mit à profit ses lumières, en lui donnant une 
chaire à l’Académie, avec le titre de sacrarum litterarum prof essor; il 
résidait encore à Lausanne en 1578. Il mourut en 1586. 



NICOLAS COLLADON. 


145 


rite des membres de la Compagnie. Sous la direction de Théodore 
de Bèze, le corps ecclésiastique ne se départit pas de son devoir 
envers le magistrat et condamna sévèrement la conduite des deux 
pasteurs rebelles, qui furent déposés par le Conseil. Mais nous 
devons nous borner à signaler le contre-coup de ces péripéties 
sur le sort des archives, ou, comme on disait alors, des papiers de 
la Compagnie, dont Colladon avait la garde depuis 1561. 

Professeur très distingué et pasteur plein de zèle et de dévoue¬ 
ment— si l’on fait abstraction de sa révolte contre l’autorité civile, 
— Nicolas Colladon était assurément un piètre archiviste, car il 
manquait absolument d’ordre et d’exactitude. Aussi peut-on 
s’étonner que ses confrères de la Compagnie, qui devaient bien 
connaître ce défaut, lui aient confié la garde de leurs papiers et 
le soin de tenir le Registre. C’est peut-être à cause de sa facilité 
de rédaction qu’on le choisit pour remplir les fonctions, sans en 
porter le titre, de secrétaire-archiviste de la Compagnie, ou plu¬ 
tôt ce fut l’amitié que lui portait Calvin qui le désigna pour cette 
charge. En cette qualité, en effet, Colladon était appelé à tra¬ 
vailler avec le réformateur, et à l’aider dans le labeur énorme 
que lui imposait la correspondance de l’Église de Genève. 

Ainsi qu’on peut s’en rendre compte encore aujourd’hui, et 
comme Colladon le fait ressortir dans sa lettre et dans son mémoire 
au Conseil de Berne, le premier Registre de la Compagnie, pour 
les années 1547 à 1560, était fort incomplet, fort incohérent au 
point de vue du contenu, et ne pouvait guère lui servir de modèle 
et de guide pour l’enregistrement correct des « délibérations et 
autres cas dignes de mémoire concernant la Compagnie », dont 
il était chargé. Colladon affirme avoir éprouvé des scrupules et 
des hésitations au sujet de ce qu’il convenait d’inscrire ou de 
négliger. Et c’est fort possible. Mais il aurait dû, dans ce cas, 
nantir la Compagnie de ses incertitudes; et l’on aurait probable¬ 
ment reconnu dès lors que le seul moyen de trancher la difficulté, 
était de faire tenir, séance par séance, des procès-verbaux exacts, 
soumis à l'approbation de la Compagnie. Nicolas Colladon 
n’en fit rien et, l’incurie aidant, il se borna à inscrire par-ci 
par-là, sur des feuillets détachés, sur le dos des lettres reçues, 
quelques notes qui devaient lui servir, un jour ou l’autre, de 
canevas pour la rédaction de son Registre. Puis il mettait ces 

12 


BULLETIN. 


T. U. 



146 


BULLETIN. 


notes pêle-mêle avec ses papiers personnels. L'on comprend 
sans peine qu'il lui soit devenu chaque année plus difficile de se 
retrouver dans ce fouillis, et que nombre de feuillets se soient 
égarés. 

Ce fut bien pis, lorsque, au lendemain de sa déposition, il 
quitta précipitamment Genève pour se retirer à Lausanne, où il 
fit transporter tous ses livres et papiers. 

A ce moment, ses anciens confrères, fort montés contre lui à 
cause de sa rébellion, s’avisèrent tout à coup que, depuis une 
di/aine d’années, il avait la garde de leurs archives. Qu’étaient 
donc devenus les Registres? Il était vraiment grand temps d’y 
songer. N’est-il pas surprenant que, pendant dix ans, personne 
ne s’en soit inquiété, et que la Compagnie ne se soit jamais 
informée si ses papiers étaient bien classés et ses registres régu¬ 
lièrement tenus? Il est donc juste d’attribuer à chacun sa part 
de responsabilité, et de dire que l’insouciance et la négligence 
à cet égard avaient été générales. 

On trouvera dans les extraits des Registres de la Compagnie et 
du Conseil, placés à la fin de cet article, le récit des démarches 
multiples que la Compagnie dut entreprendre auprès de Colladon, 
pour recouvrer ses papiers. Mais, en cette occurrence, qu’enten¬ 
dait-elle par ses papiers ? x4. lire les Registres de la Compagnie, 
il semblerait au premier abord que Colladon eût emporté tous les 
papiers, autrement dit, toutes les archives de la Compagnie. Nous 
ne le pensons pas, et cela en raison du grand nombre de lettres, 
soit antérieures à l’époque où Colladon eut la garde des archives, 
soit contemporaines de cette période, qui ont été conservées. Or, 
lorsque Colladon, en 1573, se décida à envoyer à la Compagnie 
sa chronique des années 1561 à 1571, il n’est pas question de 
lettres ou autres documents remis en même temps que cette 
chronique, qui se trouvait seule renfermée dans le paquet 
déposé par l’oncle de Colladon. D’autre part, dans son mémoire 
au Conseil de Berne, il affirme avoir rendu aux ministres de 
Genève, avant son départ de cette ville, les livres communs (soit 
le Registre 1547-1560), lettres missives et semblables papiers. Il 
n’avait donc pas déménagé subrepticement les archives de la 
Compagnie, comme on serait tenté de le croire. 

Pourtant, un certain nombre de lettres concernant la Com- 



NICOLAS COLLADON. 


147 


pagnie avaient bien dû rester dans les papiers de Colladon, car 
nous en voyons plusieurs figurer parmi les manuscrits de la 
Bibliothèque publique (Ml. 121, Mfr. 197), entremêlées de pièces 
particulières à Colladon ou à des membres de sa famille \ 
Peut-être, ayant échappé à son attention, lors du premier 
triage de ses papiers, ont-elles été retrouvées après sa mort et 
remises à la Compagnie par son fils Théodore, qui revint se fixer 
à Genève en 1615. Malheureusement, ces lettres ne constituent 
pas, avec les missives rendues dès 1571, l’ensemble de la corres¬ 
pondance adressée à la Compagnie, de 1561 à 1571. Nous en 
avons la preuve, entre autres, par certaines listes, où Colladon a 
récapitulé les demandes de pasteurs adressées par diverses Églises 
françaises à l’Église de Genève, en 1561 x Or, plusieurs des lettres 
mentionnées ont disparu. Mais, nous le répétons, en perdant ou en 
détruisant de vieilles lettres, Colladon n’a peut-être pas fait pis que 
beaucoup d’autres ministres du XVI e et du XVII e siècle, qui 
eurent, avant ou après lui, la garde des papiers de la Compagnie. 

Ce qu’on lui réclama sous ce nom, avec de si pressantes 
objurgations, pendant deux ans, de 1571 à la fin de 1573, c’était 
le Registre des années 1561 à 1571, qui aurait dû en effet être 
rendu par lui avant son départ de Genève. Lettres, bons offices 
d’intermédiaires bénévoles tels que M. Van Til, délégations de 
membres de la Compagnie, menaces, démarches auprès du Conseil 
de Genève, auprès du bailli bernois à Lausanne et de la Classe 
des pasteurs de cette ville, enfin auprès du Conseil de Berne 
même, tous les moyens furent employés par la Compagnie pour 
forcer son registrateur récalcitrant à s’exécuter et à déposer le 
Registre dont il avait eu la charge. Au cours de cette discusssion, 
la Compagnie prétendait que Colladon avait, par devers lui, un 
Registre original des années 1561 à 1571, rédigé au fur et à 
mesure. Et lorsqu’il se décida à envoyer, à la fin de 1573, la 
chronique qu'il venait de rédiger dans le courant de l’été, ses 

1 J’ai publié une de ces pièces dans le Bulletin de la Société de l’his¬ 
toire du protestantisme français, t. XLVIII, p. 283-300, sous ce titre : Lettre 
d’une huguenote ci son fils, réfugié à Genève. 

2 Une de ces listes a été publiée dans le Bulletin de la Société de l’his¬ 
toire du protestantisme français : en 1860, par M. Ch. Pradel (t. IX, p. 293- 
297), et en 1897, par moi (t. XLVI, p. 447-456). 




148 


BULLETIN. 


anciens collègues déclarèrent que ce n’était là qu’un résumé 
tronqué et falsifié du Registre original qu’ils réclamaient. 

De son côté, Nicolas Colladon affirmait qu’il n’existait pas 
d’autre Registre que celui qu’il venait de rédiger et de faire 
remettre à la Compagnie : pendant dix ans, il s’était borné à 
prendre des notes sur des feuillets volants, dont une partie s’était 
égarée. Il n’y a pas lieu de douter qu’il ne dît vrai. Car cette 
confession, si elle 11 e fait pas l’éloge de l’exactitude et de la régu¬ 
larité qu’il avait apportées à s’acquitter de son office, s’accorde 
tout à fait avec l'idée que nous avons pu nous former du 
désordre qui régnait dans ses papiers. 

Mais la Compagnie, qui aurait bien eu aussi quelques reproches 
à se faire à ce point de vue, ne s'en montrait que plus exigeante 
dans ses réclamations. Il faut dire d’ailleurs, à sa décharge, 
qu’elle avait commencé par faire preuve de modération à l’égard 
de Colladon, dans les démêlés de celui-ci avec le Conseil. On avait 
prêché la soumission au pasteur révolté, dont on désirait la récon¬ 
ciliation avec le Magistrat. C’est en face de l’obstination de Colla¬ 
don que le ton change. L’attention une fois éveillée sur la ques¬ 
tion des Registres, on 11 e pardonne plus à Colladon les délais qu'il 
invoque pour arranger ses papiers et mettre ses notes au net. 
Désormais, les délégués de la Compagnie, entre autres Jean 
Pinaut, qui dut aller à plus d’une reprise relancer Colladon, 11 e 
ménagent plus les susceptibilités du ministre déposé. Mais ils trou¬ 
vaient à qui parler, et il est amusant de voir avec quel dépit les 
mandataires de la Compagnie, à leur retour de Lausanne, 
racontent comment Colladon a affecté de ne pas tenir compte 
de leur mandat et de ne les désigner ironiquement que par les 
termes de « ils », ou « ces gens », etc. Il 11 e se borna pas là, et 
lorsqu’il se mit à rédiger son Registre, en 1573, d’après les 
notes sur lesquelles il avait pu enfin mettre la main, et surtout 
d’après ses souvenirs, il saisit toutes les occasions de glisser un 
mot d’éloge pour Le Gagneux, ou de lancer quelques pointes 
contre certains de ses anciens confrères : ce qui donne à son récit 
une allure singulièrement animée, comme on en peut juger par 
l’épisode que nous en détachons pour l’insérer ici. Il se trouve à 
sa place avant les extraits des Registres de la Compagnie, qui 
font précisément allusion à ce passage, dont la lecture avait 



NICOLAS COLLADON. 


149 


eu le don d’exaspérer certains membres de la Compagnie. Mais 
qu’on n’accuse pas Colladon d’avoir inventé la scène, car elle 
porte le cachet de l’authenticité : c’est vécu. 

H.-V. Aubert. 


I. Nomination de Jean Le Gauneux a un poste de pasteur 

EN VILLE, RACONTÉE PAR NlCOLAS COLLADON. 

Archives de la Compagnie, lîeg. B. 1. 

Les freres estans assemblez le vendredy soir XIX jour dejuing [1562], 
M. Calvin proposa qu’il faloit délibérer d’ordonner ministres tant à Ressin 
[Russin] et paroisses conjointes, qu’à Chanci et Cartigni. Car M. André 
Le Cour (comme dict a esté), estoit allé estre ministre à Yssoire. demandé 
par ceulx dndict lieu, et M. Pierre Le Duc à Dombes, estant aussi 
demandé par ceulx de ladicte Eglise, et faloit aussi mettre ung ministre 
en la ville. 

Or nous avions lors en main M. de la Faverge et M. Jehan Le Gaigneux, 
et M. Claude Marquis. Et pour ce qu’aucuns des freres ministres des 
champs (comme on appercevoit) desiroyent d’estre appeliez en la ville, 
fut advisé de les faire tous sortir de la Compagnie, et puis faire rentrer 
ceulx d’entre eulx qui ne sembleroyent debvoir estre pour lors mis en 
élection. 

Ce qu’estant faict, fut par advis commun des freres, tant de la ville que 
de ceulx des champs qui estoyent rentrez, advisé que ledict de La 
Faverge seroit ministre and lieu de Ressin, et ledict Marquis à Chanci. 

Et d’aultant que ledict Le Gaigneux, ayant desia faict aucuns sermons 
en la ville, avoit esté agréable aux auditeurs, comme raportoit M. Calvin 
l’avoir entendu de plusieurs, et d’aucuns mesme de Messieurs, oultre ce 
qu’en savoyent aussi quelques aultres des freres ; d’avantage, pour ce que 
la Compagnie par l’espreuve l’avoit cognu de bien bon savoir, fut trouvé 
bon de le retenir pour la ville. Joinct qu’il ne sembloit pas expédient de 
remuer aucun des freres des champs de son lieu, pour ce que ceulx d’entre 
eulx desquelz on eust peu se servir en la ville, avoyent esté mis en leurs 
parroisses il n’y avoit pas longtemps; et ne trouvoit on pas que les chan- 
gemens frequens en telle chose soyent guières proffitables aux pouvres 
paisans, qui reçoyvent mieulx, et entendent plus aisément la doctrine de 
la houche de ceulx qu’ils ont desia accoustumé. 

La conclusion de la deliberation estant notifiée à la Compaignie, tous 
estans rentrez, aucuns des freres des champs, selon ce qu’à chascun 
sembloit qu’il debvoit estre appellé en la ville, et ledict Le Gaigneux pour 
son commencement envoyé aux champs, se montrèrent mal contens de 
l’yssue de telle deliberation. Et mesmes dirent l’ung apres l’aultre (je di 
ceulx la, non pas tous), qu’il leur sembloit que cela estoit les décourager, 




150 


BULLETIN. 


et qu’ils n’eussent jamais accepté le ministère, s’ils eussent pensé qu’on 
les eust laissé aux champs, et qu’ils avoyent bien aultre moyen de vivre. 

Ce que les aultres trouvèrent fort estrange. Touteffois on les laissa dire, 
pour ce que M. Calvin mesme, fort estonné, se taisoit. 

Seulement, estant en sa chambre après le départ de la Compaignie, il 
dit à quelqu’ung en se complaignant, et tendant les mains joinctes en 
hault : « Qu’est ce que je voy avant que mourir? » 

Pour atténuer la portée de cet épisode, où Colladon faisait 
fort adroitement la leçon à tels de ses anciens collègues, sous le 
couvert de Calvin, on a cru devoir ajouter en marge de ce récit 
une note rectificative, conçue naturellement en termes fort vifs à 
l’égard de Le Cagneux. On reconnaît dans cette réplique le style 
et la main de Jean Pinaut, toujours prêt à entrer en guerre 
contre Le Gagneux et Colladon. Il n’est pas impossible du reste 
que Pinaut ait été du nombre des « pasteurs des champs » visés 
par Colladon, car il a l’air de présenter sa propre défense : 

« Les traictz d’ambition incomparable qui s’appercevoyent dès lors en 
ce personnage [Le Gagneux], fit que quelques ungs estimoyent qu’il luy 
eust esté utile d’estre exercé aux champs et esprouvé, et sembloyent voir 
que cest avancement, lequel voirement n’agreoit pas à quelques ungs, qui 
avoyent servi longuement aux champs, comme M e Charles Maubué et 
aultres, servit moins à son bien et à l’Eglise. Ce qui s’est tousiours montré 
depuis en luy, jusques à ce qu’après beaucoup de peines et de scandales 
qu’il a faict, il s’est arraché, ou a esté déposé par ceste Église. » 


II. Extraits des Registres de la Compagnie. 

Archives de la Compagnie, Reg. B. 2, orig. de Jean Pinaut. 

22 décembre 1571 (fol. 5G). 

Décidé... que sur les lettres que M. Colladon avoit escrites par cy devant 
qu’il pourvoirroit aux lettres qu’il avoit escrites touchant les affaires 
passées, à ce que tout scandale feust assopi d’une part et d’aultre, on lui 
respondroit que la Compagnie desire scavoir par quel moyen il deliberoit 
de ce faire, et avoir communication de ce qu’il prétendait, escrire. La 
charge d’escrire fut donnée à M. Jean Pinaut. 

28 décembre 1571 (fol. 56). 

« ... après disner, la Compagnie s’assembla derechef sur les lettres 
« reçues de M. Colladon, adressantes tant à la Compagnie qu’à M. de 




NICOLAS COLLA DON. 


151 


« Besze, ausquelles il a esté respondu que ne la Compagnie ne M. de 
« Besze ne refusent la réconciliation qu’il y demande, mais qu’on desire 
« qu’il déclaré mieux ses fautes, et y satisface mieux. » 

4 janvier 1572 (fol 56 v°). 

... tous les freresestans assemblez M. Van Til vint en la Compagnie, et 
exposa de son voiage vers M. Colladon, et comment iceluy desiroit estre 
reuny, et recognoistre qu’il auroit esté occasion de tous ces scandales, 
desquelz il demanderoit pardon à Dieu et à l’Eglise. Et qu’au reste il se 
comporteroit mieux avec ses freres, et n’attenteroit aucune chose contre 
leur advis. Ledict Van Til exliortoit les freres tant qu’il pouvoit à ladicte 
réconciliation, et qu’il deliberoit de solliciter Messieurs à son pouvoir, et 
les faire solliciter par aultres. 

M. de Besze, au nom de la Compagnie l’a remercié de la peine qu’il 
avoit prinse, protestant de nostre bon vouloir et désir en cest affaire, sur 
lequel on adviseroit du mieux qu’il seroit possible. 

La Compagnie, puis après advisant sur ce faict, ne trouve pas que nous 
debvions entrer en deliberation de le rappeller ou non, la chose n’estaut 
en nostre puissance, mais au bon plaisir de Messieurs, joinct que quand il 
y faudroit entrer, il y escherroit de grandes considérations d’un costé et 
d’aultre. Mais qu’on attendroit qu’il eust escript à Messieurs, comme il 
avoit promis. Une aultre difficulté a esté mise en avant, assavoir qu’on 
avoit entendu de luy mesme qu’il estoit professeur à Lausanne : auquel 
cas nous aurions les mains liées, et mesme nous esmerveillons fort 
commment il met ce propos en avant, par lequel il sembleroit qu’il ne va 
pas simplement, ou qu’il vouldroit comme tenir deux cordes en son arc. 
Au reste la Compagnie ne lui rescript point, mais en laisse faire M. Vau 
Til. 


11 janvier 1572 (fol. 58). 

Le mesme jour a esté raporté à la Compagnie comment M. Van Til 
auroit escript à M. Colladon, lequel auroit rescript audict Van Til et à 
M. de Besze. 

Les lettres à M. de Besze portent qu’ils le prie de faire qu’il ne soit 
poinct injuste, et qu’il ait pitié de sa povre famille, femme et enfans, afin 
qu’ilz ne soient poinct destruictz. Que s’il s’employe pour luy envers la 
Compagnie, il espère que tout ira bien. — Les lettres qu’il a escriptes à 
M. Van Til portent qu’il n’est besoin qu’il luy escrive ne à la Compagnie 
pour confermer ce qu’il lui aurait raporté de sa part, veu qu’on ne doibt 
poinct doubter de sa foy. Et au reste, que puis qu’il l’exhortait d’escrire 
à Messieurs, selon ce qu’il l’auroit promis, et que son debvoir le porte, 
affin aussi que par là Messieurs eussent occasion de nous demander 
quelque advis, et que par ce moyen la bouche nous feust ouverte pour 
parler de ses affaires, il ne voit pas que nostre vouloir n’y estant, il se 
doibve tourmenter davantage sur cest affaire, et en fascher ses amis en 




152 


BULLETIN. 


vain, presuposant que M e Jean Pinaut et M. Antoine Chauve n’estoyent 
pas allez vers luy ci-devant, ne Monsieur Yan Til et le sire JeanFlamend, 
sans le sceu et advis de Messieurs. 

Escript aussi qu’il nous renvoira les papiers de la Compagnie, quand 
il aura moyen de desployer ses livres, lequel il n’avoit lieu jusques à 
présent. 

Il apert par ce que dessus, que M. Yan Til luy avoit escript, et de 
quelles choses. Et faut noter que quand il ne veut pas qu’il aparoisse par 
escript de ce qu’il avoit fait scavoir à nostre Compagnie par M. Yan Til, 
touchant la recognoissance qu’il estoit prest de faire, au cas qu’on le 
remist, il faict cela en fraude, comme aussi en ce que nous entretenant de 
tous ces propos, il ne dict mot de ce qu’il est professeur à Lausanne, 
comme il nous apert qu’il a accepté la charge. 

A esté advisé qu’on laisseroit la charge à M. Yan Til de luy remonstrer 
qu’il se trompe, estimant que les dessusdicts voiages et communications 
avec luy ayent esté faictes aucunement avec le sceu et advis de Messieurs. 
Qu’il n’a deu estimer qu’il perdroit ses peines, s’il leur eust escript 
touchant sa restitution, les freres estants tous de bonne affection, et rien 
n’estant impossible au Seigneur, qui nous a faict voir de plus grandes 
choses. 

Au reste, que quand il 11 e le voudra faire pour ce regard, son debvoir 
seroit tousiours de satisfaire à Messieurs par bonnes lettres, non seulement 
touchant les aultres choses par luy faictes, mais pour s’estre desparty de 
la Yille, luy bourgeois, sans leur congé, mesmes sans leur dire adieu. 
Qu’il doibt mieux escripre à la Compagnie qu’il n’a faict jusques à présent. 
Et que quant à ce que qu’il auroit promis reparer par lettres la faute 
qu’il avoit faicte, escrivant par cy et par là lettres nous grevant touchant 
les affaires passées, que de ce nous le sommons, et qu’il nous communique 
les lettres qu’il prétend escripre à ces fins. — Le tout est que luy ayant 
satisfaict à raison et debvoir, il puisse avoir repos de conscience, et 
demourer en paix où il est apellé, nous alors n’ayant poinct d’occasion 
de poursuivre nostre droict contre luy, ne Messieurs pareillement, ausquelz 
il auroit faict grand tort. 

18 janvier 1572 (fol. 58 v°). 

Sur ce que M. Colladon avoit promis d’escripre à Messieurs et 11 e le 
faisoit, item de reparer par lettres ce qu’il avoit semé par ses lettres en 
France touchant ceste Eglise et M. de Besze; ce qui ne nous apparoissoit 
poinct qu’il fist, ne nous communiquant point les lettres qu’il pretendoit 
escrire; sur quoy la Compagnie reçoit tous les jours nouveaux plaintifs de 
la France; — A esté advisé que M. Ch. Perrot luy escriroit qu’il pourveust 
à ces choses, afin que la Compagnie ne feust contrainte de prendre nouvel 
advis, pour pourvoir au mal par d’aultres moyens. 

22 mars 1572 (fol. 63 v°). 

Et fut faicte mention de ce que M. Colladon, oultre les aultres choses 
de son debvoir lequel il oublie, aussy ne fait conte de nous renvoyer les 



NICOLAS COLLADON. 


153 


papiers de la Compagnie. Et fut donné charge à M. Ch. Perrot de luy en 
escrire, et le sommer encore de nous en satisfaire, s’il ne vouloit que nous 
poursuivions nostre droict par aultre moyen. 

25 avril 1572 (fol. 67). 

Fut reporté à la Compagnie par M. Jean Pinaut, revenant de Lausanne, 
et qui avoit demandé noz papiers à M. Colladon, que la responce dudict 
Colladon avoit esté qu’il n’avoit aucuns papiers de la Compagnie, et que 
s’il avoit recueilly en ses papiers quelque chose qu’il vueille commu¬ 
niquer, il y regardera à sa commodité, pour en faire ce qui luy semblera. 
En laquelle responce il persista par trois fois, et si ne voulut pourtant la 
mettre par escript, comme ledict Pinaut l’en prioit, par une lettre qu’il 
luy envoya de Lausanne mesme par Aimerand Lemelays. 

13 juin 1572 (fol. 69). 

Item le faict de M. Colladon, qui ne tient conte de rendre les papiers 
de la Compagnie, a esté mis sus, et les lettres produictes, par lesquelles il 
avoit auparavant promis de nous les rendre. A esté advisé que Monsieur de 
Besze et M. Jean Trembley iroyent lundv prochain devant Messieurs, pour 
leur mettre lesdictes lettres et le faict en main, car il a semblé dangereux 
aux freres s’ils renvoyent cela sans l’authorité d’iceulx, d’aultant (pie 
l’affaire peut aller bien loing, et revenir finalement à eux. 

13 mars 1573 (fol. 75). 

A esté dict que l’on poursuivrait à demander les registres de ceste 
Eglise, que Monsieur Colladon avoit emportez. 

29 mai 1573 (fol. 76). 

La Compagnie a advisé d’envoyer M e Jean Pinaut et M e Jean Jacquemot 
à la Compagnie des ministres de la Classe de Lausanne, qui s’assemblent 
mercredy prochain, pour demander là à Monsieur Colladon les registres 
de nostre Compagnie. 

3 juin 1573 (fol. 76). 

Lesdicts Pinault et Jacquemot demandèrent lesdicts registres à 
Mons r Colladon en la congrégation generale de la Classe de Lausanne, 
présent Mons 1 ' le Baillif dud. lieu, le tout avec paroles de douceur et 
honneur. Ledict Colladon ne nia avoir lesdicts escripts, mais qu’il en avoit 
perdu à son départ, qu’il n’en avoit receu charge d’aucun de ceux qui 
estoyent aujourd’huy en nostre Compagnie; qu’il douhtoit de nostre envoy, 
et voudroist qu’il aparust par lettres signées de tous ceux de la Com¬ 
pagnie de nostre charge, auquel cas il estoit prest dedans quelque temps 
rendre les papiers à sa Classe pour nous, à la charge touteffois que nous 
luy en donnerions quant et quant quittance, avec promesse de ne jamais 
l’en molester ! — En parlant, jamais il ne nomma les commis de la Com¬ 
pagnie par aucun nom d’honneur, mais seulement par il ou Hz, ou ceux la, 




154 


BULLETIN. 


item ceux qui se disent envoyez de la Ville de Grencve, mesme 11 e voulut 
jamais attribuer le nom d’Eglise à ceste Compagnie et Eglise. Il fut 
respondu à ses exceptions et à quelques querelles qu’il voulut mesmes 
allumer calomnieusement. Et puis la Classe ayant advisé sur le faict en 
nostre absence, et par l’advis dudict Colladon, lequel ilz apellerent, nous 
respondit qu ilz trouvoyent nostre demande raisonnable, et la resyionce de 
Mons r Colladon aussy. Qu’ilz l’avoyent exhorté de nous satisfaire promp¬ 
tement, mais qu’il ne pouvoit. Et pourtant auroyent advisé de luy donner 
terme de o moys, et que lors, à leur prochaine congrégation, il rendroit 
lesdictz papiers à sa Compagnie pour nous, à la charge que ferions appa¬ 
raître de nostre charge par lettres signées de tous ceux de la Compagnie, 
avec quittance et promesse de ne l’en jamais molester. Advertissants 
lesdictz commis et députez de ceste Compagnie de raporter le tout. Ce qui 
tut promis et faict, et en oultre le tout reporté à Messieurs le Yendredy 
suivant 5 e dud. mois. 


7 août 1573 (fol. 77 v°). 

La responce que Monsieur le Baillif de Lausanne faict à Messieurs tou¬ 
chant Mons r Colladon a esté leue en la Compagnie, par laquelle il déclaré 
qu'il a parlé à luy, et exhorté touchant noz registres, lequel luy auroit 
respondu qu’il n’en feroit aultre que ce que sa Classe avoit advisé. Sur 
quoy la Compagnie a arresté de remettre l’affaire à Messieurs, pour la 
poursuivre et repeter leur droict dudict Colladon vers Messieurs de Berne, 
selon leur bon advis. 

Le Lundy 24, le Doyen de la Classe de Lausanne nous advertit par 
lettres du jour de leur prochaine congrégation, afin que nous pourvoyons 
là à l’affaire de Mons r Colladon. 

Le Yendredy 28, la Compagnie a faict faire responce audict Doyen par 
M. Jean Pinault, que nous ne nous pouvions tenir à l’advis qu’ilz avoyent 
baillé en leur derniere congrégation touchant nostre affaire avec ledict 
Colladon, et ne délibérions de plus insister en leur Compagnie, ne les 
empescher de ce faict, lequel noz Seignenrs avoyent prins en main, et y 
pourvoyroyent, comme desia ilz avoyent commencé de faire. 

21 septembre 1573 (fol. 78). 

Eut receu de Mous 1 ' Colladon, professeur de Lausanne, par les mains 
de Mons 1 ' Colladon son oncle, ung paquet plié et scelé, sans estre accom¬ 
pagné d’aucunes lettres à aucuns de Messieurs, 11 e de nous. Lequel paquet 
ayant esté ouvert par l’advis de Messieurs, ausquelz il fut présenté par 
Mons 1 ' de Besze, a esté trouvé que c’estoit ung extraict faict de frais et 
briefvement, par lequel il prétend nous payer de noz registres, lesquelz au 
lieu de nous envoyer, comme il les a emportez. 11 passe soubs silence quasi 
tout ce qui a esté faict du temps qu’il a tenu le livre, ou se trompe de 
mémoire en certains endroicts, s’eslargit en certains aultres, seulement 
pour louer Le Gasgneux, et pour blasmer Mons r de Besze et quelques 
aultres de la Compagnie. 



NICOLAS COLL A DON. 


155 


A esté advisé que nous ne nous devions contenter de cest abrégé prins 
et corrompu de noz vrais registres, et que nous le proposerions à 
Messieurs, qu’ilz pourveussent que ledict Colladon nous rendit tous nos 
papiers, mesme sur son serment, non ce qu’il en auroit extraict à plaisir 
despuis qu’il est notoirement mal affectionné à l’encontre de nous. 
Tellement que par l’advis de la Compagnie, le 9 e d’octobre fut advisé que 
M. de Besze et M e Jean Pinault iroyent devant Messieurs, pour leur 
remontrer le tout. 


9 octobre 1573 (fol. 80 v°). 

Lettres de Messieurs de Berne ont esté leues eu la Compagnie, respon- 
sives aux poursuittes que nous avions faictes pour recouvrer noz papiers de 
Monsieur Colladon, par lesquelles ilz déclarent que par le raport du 
S 1 ' Baillif de Lausanne, et par les responces propres dudict Colladon, 
lequel ilz avoyent appelé pour cest effect, ledict Colladon nous a rendu 
eu toute rondeur et conscience tout ce qui nous apartenoit, sans en avoir 
rien retenu. 

Sur quoy ilz prient Messieurs de se contenter, et donner contentement à 
leurs ministres, afin (pie ledict Colladon ne soit plus recerché là dessus, 
et qu’on ne luy demande choses impossibles. 

La Compagnie, voyant que ledict Colladon, après nous avoir fraudé de 
tous noz registres, faict entendre à ses Seigneurs qu’il s’est bien acquitté, 
et leur peut avoir imprimé que nous l’avons poursuivy sans cause, comme 
il sembleroit si nous nous taisons en cest endroict, [a advisé que] nous 
ferions responce à noz Seigneurs que nous n’avions receu de luy qu’un 
extraict qu’il a faict fraischement, et que nous demandons qu’il nous 
rende les papiers dont il a tiré ledict extraict, et qu’il soit enquis par 
serment s’il en a aucuns, pour nous les restituer. 


III. Extraits des Registres du Conseil de Genève. 

Archives d’Etat, Genève. 

29 mai 1573 (fol. 116 v°). 

Nicole Colladon. Sur ce que M 1 ' de Besze a declairé qu’ilz ont advisé 
en Compagnie d’escrire à la Classe de Lausanne à ce qu’elle induise led. 
Colladon à leur renvoier le livre qu’il a des choses et afaires mémorables 
de leur Compagnie suyvant sa promesse, de laquelle il ne tient compte, le 
tout touteffois soubz le bon advis de Messieurs, a esté arresté qu’ilz le 
facent ainsy. 

5 juin 1573 (fol. 124). 

Nicole Colladon. Lesd. S 1 ' 8 Pinault et Jaquemot ministres de la parolle 
de Dieu, ont raporté qu’estans envoyés par leurs freres ministres à Lan- 




156 


BULLETIN. 


saune, pour obtenir dudict Colladon restitution des papiers qu’il avoit, 
apartenans à ceste Eglise, n’ayans rien peu obtenir de luy, particu¬ 
lièrement ceulx ipii luy en parlèrent, ilz se présentèrent à la Classe avec 
led. Là où ilz feirent leur requeste, le plus doucement et sans aigreur 
qu’ilz le peurent faire, à quoy led. Colladon ayant respondu qu’il n’avoit 
rien receu des ministres d’aujourd’huy; que desd. papiers en avoit esté 
égaré une partie; le reste il ne l’avoit registre, pour la raison qu’il 
desclaire : ascavoir d’aultant qu’il y en avoit plusieurs qui y estoient 
intéressez, et ne l’avoir voulu faire sans leur communiquer, estant 
neantmoings prest de le rendre dans quelque bon terme qui luy seroit 
préfixé, pourveu qu’on aportat lettres de tote la Compagnie des ministres, 
avec quictauce et promesse que pour raison de ce qu’il remettroit, il ne 
seroit molesté ni recherché. — Ayant là dessus faict quelque répliqué, fut 
arresté par la Classe que led. Colladon rendroit dans trois moys ce qu’il 
avoit desd. papiers, moyennant la déchargé, et que ce ne sera pour le 
resprocher ou molester. 

Ilz ont encore raporté le mespris que led. Colladon a monstré par ses 
propos contre leur assemblée, et particulièrement contre eulx. 

14 juillet 1573 (fol 152). 

Nicole Colladon. D’aultant que led. Colladon ne tient compte de 
renvoier les papiers et registres concernans ceste Eglise, dont il a charge, 
nonobstant le terme à luy donné par la Classe de Lausanne, parce qu’il 
promettoit de vouloir dresser le tout, a esté arresté qu’on eu parle au 
S 1 ' bally de Lausanne, qui est en la ville pour le jour d’huy, le priant de 
luy faire rendre et reporter le tout par serment, sans qu’on le veuille 
adstraindre à dresser aultre chose. 

11 août 1573 (fol 163 v°). 

Nicole Colladon. M. le bally de Lausanne a escript à Messieurs que 
suyvant la charge à luy dernièrement baillée, il a parlé à M. Colladon 
tochant les registres de ceste Eglise. Mays qu’il luy a respondu qu’il n’en 
feroit aultre que ce qui a esté ordonné par la Classe de Lausanne. 

Attendu quoy, a esté arresté qu’on en escrive à Berne, comme 
requièrent les Ministres. 


13 août 1573 (fol. 166). 

Nicole Colladon. Quant à la requeste qu’il [Théodore de Bèzej a faicte 
au nom de ses compagnons de prouvoir au faict dud. Colladon, arresté 
qu’on en escrive à Berne, comme fust dernièrement arresté. 

17 août 1573 (fol. 167). 

Nicole Colladon. Estant icy veues les lettres dressées par les Ministres 
pour envoier à Berne suyvant le dernier arrest, icelles ont esté approuvées. 




NICOLAS COLLADON. 


157 


28 août 1573 (fol. 173). 

Nicole Colladon. Messieurs de Berne, pour respondre aux doubles lettres 
à eulx dernièrement envoyées, ont respondu le 24 Aoust x ... Au surplus, 
quant aux registres emportés par led. Colladon, ilz ont mandé à leur 
bailly de Lausanne d’iceluy induire et contraindre sans plus long delay à 
délivrer lesd. registres, ou les advertir de son refus à cause de suspens. 
Estant sur ce mis en deliberation si on envoyera lesd. lettres au Sénat, 
ou si on le priera derechef de faire que ce qu’ilz ont une fois accordé soit 
observé, arresté qu’on le fasse tenir. 

31 août 1573 (fol. 174). 

Nicole Colladon. Mr. Colladon l’advocat son oncle, a faict entendre 
avoir parlé à luv à Saconnay le grand, oû il est arrivé. Et qu’il luy a 
promis rendre entièrement les papiers et actes qu’il a de ceste Eglise, 
pourveu qu’il en soit déchargé par la Classe devant laquelle il en a esté 
cogneu. Arresté qu’on luy escrive qu’il les envoyé icy, et on luy fera sa 
déchargé. 


29 septembre 1573 (fol. 191). 

Nicole Colladon. Mr de Besze a icy aporté ung paquet clos et cacheté, 
sans aucune superscription, lequel luy a esté baillé par Mr. Colladon 
l’advocat, luy aiant esté envoyé par led. Colladon, priant Mess rs en faire 
comme il leur playra. — Là dessus estant iceluy declos, s’est trouvé qu’il 
ny avoit que des feuilles egrenées, mises nouvellement au net, de l’an 1561 
jusques à 1571, iceluy inclus. — Après il a esté remis aud S r de Beze 
pour le veoir avec les aultres ministres. 

2 octobre 1573 (fol. 192 v°). 

Ministres de la parolle de Dieu. — Nicole Colladon. Mons r de Beze 
avec M. Pinaut estans icy comparus, et envoyés de la reste de la Com¬ 
pagnie des ministres, ont proposé avoir veu l’extraict à eulx envoyé par 
led. Colladon, qui fust icy ouvert dernièrement, estant l’an 62 auquel les 
principales choses passées en ceste Eglise défaille; comme la deposite de 
M re Le Gagneulx. Joinct qu’il y a des calomnies et faussetés toutes évi¬ 
dentes. Et d’aultant qu’on n’avoit pas requis cela de luy, ainsi seullement 
qu’il peust rendre tous les originaux qu’il avoit emportés, mesmes par 
serment, ils supplient y prouvoir, et escrire au S 1 ' bally de Lausanne pour 
le contraindre à ce faire, afin d’obvier à la malice dud. Colladon. A esté 
arresté qu’on face ceste instance envers led. S r bally par la première 
ambassade qui sera envoyée à Berne. 


Nous omettons ce qui concerne d’autres questions. 



158 


BULLETIN. 


19 octobre 1573 (fol. 204). 

Nicolas Collation Quant, aud. Colladon duquel il leur [Messieurs de 
Berne] avoyt parlé suyvant sa charge, le feroient venir à Berne pour 
entendre quelles difficultés il faict de rendre l’original des mémoires et 
registres qu’il peult avoir. 

5 novembre 1573 (fol. 215). 

Nicole Colladon. [Messieurs de Berne] ont aussy escript qu’ayans ouy 
led. Colladon, il leur a affermé en bonne conscience n’avoir aultres papiers 
que ceulx qu’il a envoyé par deçà, et ilz prient Messieurs s’en contenter, 
et induire les ministres à s’en contenter. 

Arresté qu’on communique lesd. lettres auxd. S rs ministres. 

23 novembre 1573 (fol. 225). 

Nicole Colladon. Sur ce que lesd. S rs ministres ont requis qu’il plaise à 
Messieurs remonstrer encore à Berne comme led. Colladon n’a envoyé 
l’original des papiers et registres qu’il a en mains, comme apert par ce 
qu’il a envoyé, qui est escript tout en ung train et de mesme ancre, priant 
qu’il recpiis par serment, comme ilz ont remonstré par escript, arresté 
qu’on en donne charge auxd. S rs ambassadeurs. 

Mais à partir de cette époque, il n’est plus question de cette 
affaire, ni dans les Registres du Conseil, ni dans ceux de la Com¬ 
pagnie. On se résigna à faire son deuil de ce Registre original 
des années 1561 à 1571, qui, selon l’affirmation très catégorique 
de Colladon, n’avait jamais existé qu’à l’état de notes incohérentes, 
dont il avait égaré une partie. 

On a vu, dans le dernier extrait ci-dessus, qu’une démarche fut 
tentée par l’intermédiaire des députés que le Conseil envoyait 
auprès de Messieurs de Berne et des Ligues, pour traiter d’une 
alliance depuis longtemps recherchée. Or ces ambassadeurs, en 
rendant compte de leur mission au Conseil, le 15 décembre 1573, 
ne touchent pas un mot de cette réclamation spéciale. L’incident 
était clos, mais non à la satisfaction de la Compagnie, 

Malgré la longueur de ces extraits, nous avons cru devoir 
donner in extenso les passages des Registres de la Compagnie et 
du Conseil. Il est intéressant de suivre pas à pas la marche d’une 
affaire dans ces deux corps; chemin faisant, on a des aperçus 

1 Ce passage est tiré d’une lettre adressée au Conseil par Roset, qui 
avait été envoyé à Berne pour diverses affaires. 



NICOLAS COLLADON. 


159 

assez nets sur les relations de l’autorité ecclésiastique avec le 
pouvoir civil, à cette époque. Certaines décisions, voire même 
telles expressions du Registre de la Compagnie, sont caractéris¬ 
tiques. 

A côté des extraits des Registres de la Compagnie et du 
Conseil, où l’on voit énumérés tous les griefs invoqués contre 
Colladon, il nous a paru intéressant de reproduire la défense de 
celui-ci. Elle est contenue dans une lettre et un mémoire qu’il 
adressa pour sa justification au Conseil de Berne. Nous avons 
retrouvé ces deux documents aux Archives d’État de Berne, et 
les donnons en dernier appendice à cet article. Après avoir 
entendu les deux cloches, il est plus facile de remettre les choses 
au point. 

Nous laissons donc la parole à Nicolas Colladon pour la 
défense d’une cause que nous estimons mauvaise, tout en faisant 
cette réserve que les responsabilités étaient jusqu’à un certain 
point partagées. Mais ce plaideur avisé s’entend assez bien à la 
discussion et à la défense de son cas, pour qu’il soit inutile de 
venir à son aide. 


IV. L E r r'L'RE de Nicolas Colladon au Conseil de Berne. 

Staats-Archiv Bern, n°83, KirchlicheAngelegeuheiten, 1560-1653; 
original, autographe. 

Lausanne, 31 août 1573. 

Magnifiques, puissans, redoubtez et très honorez Seigneurs. D’autant 
qu’il a pieu à Dieu et à voz Seigneuries que j’aye esté receu en office 
honorable en voz terres et en vostre escole de ceste ville de Lausanne, je 
ne puis qu’estre marri, si quelque plaintif contre moy vous est adressée. 
Mais encore plus ay je occasion d’estre contristé, si c’est comme de la 
part de quelque Seigneurie. Tant y a que la chose m’est plus estrange, 
quand j’entens que c’est comme de par les Magnifiques Seigneurs de 
Genefve, auxquels ay pris peine de faire service selon Dieu en quoy qu’on 
m’ait employé, et tant qu’ay esté en leurs terres, et encores aujourd’hui 
desire toute prospérité, comme à ceulx qui sont de vostre grâce voz alliez 
et combourgeois. 

Or est-il que de la part de mon très honoré Seigneur Mons r vostre 
Bailli me fut certifié dernièrement qu’eusse à délivrer certains papiers 
dont vous avoient escript lesdicts Seigneurs de Genefve, ou vous mander 
les raisons. Et ce fut le 27 de ce mois. Auquel ay respondu qu’à vostre 



160 


BULLETIN. 


commandement je veulx obéir en toutes choses, ce qui est très raison¬ 
nable. Et de faict si le herault de Genefve qui apporta vosdictes lettres 
eust encores esté icy, je lui pouvoye mettre entre mains ce dont il est 
question, et l’eusse faict très volontiers. 

Davantage di aussi à mondict Seigneur Bailly que les ministres de 
l’Eglise de Genefve ayans esté sur ce ouys en la congrégation tenue le 
mois de juing dernier en sa presence, et moy ayant aussi rendu mes 
raisons, et neantmoins offert dedans trois mois de transcrire et mettre au 
net de tout, pour ce qu’il estoit requis d’ainsi faire pour le délivrer aux- 
dicts ministres de Genefve, en la congrégation qui escheoit au commen¬ 
cement de septembre, je ne pensoye point avoir défailli en ma promesse. 

Si est ce, Magnifiques et très honorez Seigneurs, que quand il vous 
plairoit entendre plus au long ce qui concerne ce poinct, je serai tousiours 
prest comme je doy à me représenter devant vos Seigneuries; et espere, 
Dieu aidant, que de vostre grâce aurez contentement de moy. Mais 
cependant vous envoyé ung brief narré du faict, s’il vous plaist me faire 
ce bien en me pardonnant mon importunité, commander qu’il soit leu 
devant voz Excellences. J’espere qu’il me servira d’excuses envers icelles 
pour le passé et m’asseure par la grâce de Dieu qu’à l’advenir n’aurez à 
l’occasion de moy aucune plainte- Car ceci est du reste de ce qu’il m’a 
falu soustenir au lieu d’où Dieu m’a tiré pour me mettre soubz vostre 
obéissance. Dont le remercie sans cesse. 

Au reste suivant vostre commandement, je feray tenir seurement à 
Genefve lesdicts papiers, comme aussi cela s’en alloit [estre] faict en la 
Congrégation du second jour du mois prochain, c’est-à-dire dedans trois 
jours, si ceulx à qui il seroit bien séant particulièrement, avoyent au lieu 
susdict bonne patience, ou pour mieulx dire, modération convenable. 

Sur ce, Magnifiques, puissans et très honorez Seigneurs, vous suppliant 
excuser la longueur de ma lettre, et me recommandant très humblement 
à vos bonnes grâces, je prierai le Seigneur Dieu tout puissant pour l’aug¬ 
mentation de vostre noble estât et prospérité de tous vos subiectz. 

De vostre ville de Lausanne, ce dernier d’Aoust 1573. 

Vostre très humble et obéissant 
subject et serviteur 

Nicolas Colladon, professeur-theologien. 

A mes très honorez Seigneurs 
les magnifiques puissans 
et redoubtez Seigneurs 

Messieurs l’Advoyer et Conseil 
à Berne. 

(Letstes Aug. 1573, Colladonii Bericht sines Verzieges den Genffern 
ihre Kilch Acta ze uberschicken). 



NICOLAS COLLADON. 


161 


V. Mémoire présenté par Nicolas Colladon 
au Conseil de Berne. 

(Inséré comme annexe dans sa lettre du 31 août 1373 
et relié avec cette lettre.) 

Le faict est tel, Magnifiques et très honorez Seigneurs. 

Après qu’avoye esté plusieurs années ministre en l’Eglise de Genefve, 
on m’a baillé en garde certains livres de papier blanc communs de la 
compaignie des ministres, esquelz ceulx qui auparavant les ont gardez 
escrivoyent, chascun selon que bon lui sembloit, quelques briefs articles 
d’aucunes choses advenues en ladicte Compaignie, et y mesloyent aussi 
parfois d’aultres matières, et mesmes quelques unes où j’eusse doubté du 
stile qu’on y debvoit tenir. 

Ainsi de ma part, du temps qu’ay eu lesdictz livres, pour ne mes- 
prendre, ay escript et annoté hors d’iceulx en petits papiers divers, selon 
qu'il s’est rencontré, ce qu’ay pensé estre bon. Et mon intention estoit au 
bout du temps de savoir de ladicte compaignie, en quelle forme, et par 
quels termes et motz, ilz vouldroyent toutes lesdictes choses estre trans- 
criptes et insérées à perpétuel au livre commun, comme je l’ai declairé. 

Cependant est advenu qu’apres avoir servi vingt et ung an en ladicte 
Eglise, assavoir trois ans en l’escliole, et dix-huict ans au ministère de la 
parolle de Dieu, j’en ai esté deschargé sans crime, Dieu merci, tellement 
touteft'ois qu’il m’a esté besoing d’en sortir. 

Au mesme temps lesd. ministres de Genefve ont escript lettres com¬ 
munes à toute la Classe de Lausanne signées quasi par eulx tous, ten¬ 
dantes à empescher que n’y fusse reçeu. Combien que de trois mois après 
n’y suis venu, ni ay escript n’envoyé message aucun, combien aussi que 
lad. classe de Lausanne ne leur eust rien demandé pour s’enquérir de moy, 
ny escript de mes affaires. 

Nonobstant il a pieu à Dieu et à vous, mes très honorez Seigneurs, que 
j’aye esté employé suivant le rapport des spectables, doctes et scavants 
les ministres et professeurs tant de vostre ville de Berne que de Lau¬ 
sanne. 

Or plus de deux mois avant que venir ici, ayant pris le loisir de visiter 
quelques ungs de mes livres et papiers concernant mes estudes et aultres 
affaires, avoye envoyé ausdictz ministres de Genefve les susdicts livres 
communs, lettres missives et semblables papiers, espérant à loisir mettre 
par ordre et au net [ce dont] est maintenant question, comme il n’y avoit 
rien de pressé, ainsi que vous feroye bien entendre maintenant, si je ne 
craignoye d’estre trop long. 

Depuis ung desd. ministres est venu ici soubz couleur d’aultres affaires 
qui ne m’attouchoyent nullement, et après plusieurs aultres devis, me mit 

12 


BULLETIN. 


T. II. 





162 


BULLETIN. 


en propos desd papiers, auquel respondi que j’estoye après, mais que je 
ne les pouvais expedier qu’avec le temps. Et de faict, le remuement de 
mesnage et aultres incommoditez particulières, le debvoir requis en mes 
estudes, et semblables choses concernans la charge que j’ai receue de vous, 
Magnifiques Seigneurs, estoit à preferer à telles matières. Si est ce que 
ledict ministre passant jusques à me menacer d’aultres moyens, je lui 
respondi ainsi qu’il faloit, comme je pense, sans passer une bonne sim¬ 
plicité. Mais le mesme jour au soir il m’envoya une demie feuille de 
papier escrite de sa main requérant que je la signasse. En quoy voyant 
où il tendoit, je di à son messager que je savoye bien ce que lui avoye 
respondu et aultrement que ne le portoit son escript, et que quand je 
vouldroye signer, je n’avoye poinct besoing de tel dictateur. 

Au reste à la congrégation tenue au mois de Juing, est ici venu le 
mesme ministre accompaigné d’ung aultre ministre des champs, demandans 
d’estre ouis en lad. congrégation, à laquelle ils apportoyent lettres signées 
et escriptes par un seul de leur Compaignie, esquelles nul desd. deux 
ministres n’estoit nommé, ni estoit dict pourquoy ils venoyent ici. 
Neantmoins se disans estre envoyez par la Compaignie de tous les 
ministres et professeurs de la ville de Genefve, et demandans lesd. papiers 
avec protestation que l’Eglise en avoit affaire. 

Apres leur proposite, m’estant demandé par le Doyen si j’avoye quelque 
chose à respondre, ay dict, en la presence de Monsieur le Bailli, que celui 
qui avoit parlé savoit bien ce que lui avoye dict avant que sortir de 
Genefve, et depuis ici, et qu’encore estoye prest dedans quelque terme 
competant de tenir ma promesse. Mais que quant à ce qu’il disoit de 
l’Eglise, je savoye bien qu’elle ne demandoit lesd. papiers, et qu’elle ne 
m’avoit qu’en bonne estime. Au reste, je requis que comme ils avoyent 
bien, sans besoing, sans en estre priez, escript lettres signées d’eulx tous, 
non pas aux ministres et professeurs de Lausanne seulement, mais à toute 
la Classe pour empescher que je fusse jamais ici receu; aussi que main¬ 
tenant, veu qu’ils apportoyent lettres telles que dict est, ou les porteurs ne 
sont nommez, ni est dict ou touché de quoy ils veulent traicter, ou de qui 
parler, et nul n’escrit ne signe qu’ung seul, je requis di je, et non sans 
cause, que lesd. deux ministres se fissent advouer de toute la Compaignie, 
veu qu’ils se disoyent envoyez de tous les ministres et professeurs de 
Genefve. Et adjouxtay que je requeroye telle chose pour ce que je savoye 
bien à qui j’avoye affaire, et qu’il me faloit adviser à leur oster toutes 
occasions de me nuire. 

Pourtant, fut trouvé bon par toute la congrégation, après avoir délibéré 
en la presence de Mons 1 ' le Bailli, et en l’absence d’eulx et de moy, de les 
faire entrer ; et, moy présent, leur declairer qu’on trouvoit mon offre rai¬ 
sonnable, mes raisons considérées, et que dedans trois mois je tiendroye 
lesd. papiers prestz, et eulx, en se faisant advouer par leur Compaignie 
(comme j’avoye requis), les recevroyent, m’en baillans au nom d’icelle 
Compaignie quictance signée, et promesse de ne se servir d’iceulx papiers 



NICOLAS COLLADOX. 


163 


à l’advenir pour me molester aucunement. Et de faict, il n’estoit pas rai¬ 
sonnable que pour avoir prins cette peine, on me faschast, et que ce fust 
la recompense du travail que j’y auroye employé. 

Or, ainsi que le terme qu’estoye prest de leur délivrer lesd. papiers 
escheoit dedans huict jours, assavoir la congrégation se tenant, on a suivi 
un aultre moyen, selon qu’ay esté adverti par Mons r le Bailli. C’est. 
Magnifiques Seigneurs, qu’on s’est adressé à vous, de la part des honorez 
Seigneurs de Genefve. Tous voyez s’il y a raison, tout ce que dessus 
présupposé, comme il est véritable. Mais peult estre que quelques uns 
l’ont autrement donné à entendre à mesd. sieurs de Genefve, ou à aucuns 
d’eulx. Et toutefois, Magnifiques Seigneurs, je vous supplie de considérer 
que ce dont il est question ne sont point Registres. Ce ne sont livres du 
Conseil de la ville (car mon office n’a point porté cela), ni du Consistoire 
(car combien que parfois en l’absence du secrétaire, j’y aye escript pour 
lui faire plaisir, on ne m’en peult rien demander), ni de l’Eglise, comme 
sont les livres des Baptesmes et mariages. Ce ne sont point livres qu’on 
apportast en la Compaignie des ministres quand ils s’assembloyent. Jamais 
cela ne s’est faict, mais [c’estoient des livres] où il estoit permis à celui 
qui les gardoit d’escrire en particulier, comme aussi ceste charge n’a 
jamais esté baillée à aucun avec serment, comme sont baillées toutes 
charges publiques. 

Davantage, avant que jamais tels livres fussent dressez, l’Eglise et le 
ministère et le Consistoire ont consisté à Genefve plusieurs années. 

Item, cependant qu’ay demeuré là, j’ay esté souvent malade, et six mois 
absent de la Compaignie, faisant à part office de ministre entre les pestez. 
Jamais la Compaignie ne s’est donnée peine de retirer lesd. livres. 

Et aujourd’huy que par les troubles la plupart des Eglises de France 
ont perdu tous semblables mémoires, elles ne laisseront pourtant de se 
rassembler et estre remises en leur entier, quand il plaira Dieu. Et ainsi 
soit bien tost pour plusieurs poures et affligez. 

Pour le dernier, je vous prie, Magnifiques Seigneurs, de tenir pour 
certain que, quand on a commencé à Genefve d’avoir tels livres entre les 
ministres, ce n’a esté, ne par congé, ou commandement, ni consentement, ou 
adveu, ou sceu de la Seigneurie et Magistrat. Ce qui monstre que c’est 
une chose purement particulière, et non de publiq de la ville ou de 
l’Eglise. 

Or tout ce que dessus n’est pas pour refuser ou dilayer de rendre ce 
dont est question. Car aussi le terme, comme dict a esté, s’en va escher, 
où tout alloit se transiger, sans qu’il fust besoing d’en importuner voz 
Seigneuries. 




NOTE 


SUR DES 

PIPES ANTIQUES 1 


Cette notice a un double but : faire connaître un objet ancien 
et intéressant trouvé dans le canton de Genève et contribuer à 
détruire un préjugé qui consiste à mettre en doute la parfaite 
authenticité de cette sorte d’objets. Ce dernier point semble 
d’autant plus justifié, qu’au)ourd’hui encore, — et bien qu'un 
bon nombre de pipes antiques soient conservées dans les col¬ 
lections publiques et privées, — il y a des personnes qui persistent 
à nier leur ancienneté. Il ne paraîtra donc pas superflu d’apporter 
au débat les observations que nous suggèrent deux pipes prove¬ 
nant, l’une d’Auvernier (canton de Neuchâtel), l’autre de Versoix 
(canton de Genève), toutes deux trouvées au milieu d’objets 
lacustres de l’époque du bronze. 

* 

* * 

Passons d’abord en revue la bibliographie du sujet, ou, du 
moins, ce qui a été écrit de plus saillant sur les pipes antiques. 

Le baron de Bonstetten semble avoir été l’un des premiers à 
leur vouer une attention spéciale. Dans son Recueil d'antiquités 
suisses 2 , il en mentionne une, en fer, trouvée à Faoug, entre 
Avenches et Morat, au pied d’une muraille romaine, et conservée 
au Musée d’Avenches; elle a la forme des pipes que je possède, 
avec un tuyau plus allongé. L’auteur réfute, dans un commen¬ 
taire comparatif, l’idée, alors prédominante, de la non ancienneté 
delà pipe. Dans son Second supplément 3 , Bonstetten reproduit 

1 Communication faite à la Société le S décembre 1898. 

2 Berne, Paris et Leipzig, 1855, in-fol., p. 36 et pl. XIY, fig. 5. 

3 Lausanne, 1867, in-fol., p. 12 et suiv. et pl. XI, fig. 1 à 5. 



NOTE SUR DES PIPES ANTIQUES. 


165 


encore cinq pipes en bronze, en terre cuite et en fer; on remarque 
deux pipes en fer, également semblables aux miennes, dont l’une, 
provenant de la station romaine de Kaiser-Augst (Argovie), pos¬ 
sède un reste de couvercle. L'archéologue bernois estime que les 
Romains fumaient du chanvre, comme certains peuples le font 
aujourd'hui, les Chinois en particulier. Sans vouloir le moins du 
monde répéter tout ce qui a été dit sur l'usage de fumer et sur 
les substances employées, nous voudrions faire remarquer qu'il y 
a lieu de distinguer deux coutumes bien différentes, — fumer 
l’opium et le haschisch n’étant pas la même chose que fumer du 
tabac ou d’autres plantes aromatiques, — et que nous ne savons pas 
si les anciens y cherchaient un délassement, une distraction rela¬ 
tivement inoffensive, ou une surexcitation rendue possible par de 
très petites doses. Leurs pipes étaient, en tout cas, de dimensions 
restreintes, comme le sont nos pipes de Yersoix et d’Auvernier. 

Après Bonstetten, Quiquerez donna la description de plu¬ 
sieurs pipes et en reproduisit une, identique aux nôtres \ 

En 1883,M. H. Messikommer résume la question 2 . Il donne, les 
figures de quatre formes différentes de pipes antiques, dont l'une en 
fer, romaine, semblable à celles qui font l’objet de la présente note, 
et trois en bronze. De ces dernières, l'une est étrusque, la seconde 
provient de la Tène: quant à la troisième, elle affecte absolument 
la forme des pipes considérées comme romaines, mais elle est 
percée, en outre, d'un trou carré sur l’un des côtés. 

L’énumération publiée par M. A. de Molin 3 4 ne semble pas 
moins concluante à l’égard de l’antiquité de la pipe. D’après cet 
auteur, on connaît des pipes celtiques provenant de tumiili et des 
pipes romaines et gallo-romaines trouvées en France, en Angle¬ 
terre, en Italie, en Suisse, etc. L’usage de fumer était, semble-t-il, 
plus répandu chez les Celtes que chez les Romains. 

Mais voici M. Alfred Godet 1 , qui soutient une opinion diamé¬ 
tralement opposée à celle des précédents écrivains. Il croit que 
les pipes dites romaines ne sont pas antérieures aux XVII e et 


1 Indicateur d’histoire et d’antiquités suisses, 1864, ii° 2, p. 30-32. 

2 Antiqua, I. Halbjahr, 1883, p. 93-95. 

3 Bulletin de VAssociation pro Aventico, n° VII, 1897, p. 35-42. 

4 Indicateur d’antiquités suisses, 1898, n° 4, p. 129-135. 




166 


BULLETIN. 


XVIII e siècles. Sa thèse, quoique bien documentée et fort spirituel- 
lemment exposée, n’est pas concluante. Elle ne détruit aucune 
des preuves accumulées en faveur de l’ancienneté des pipes 
étrusques, romaines, gauloises ou du moyen âge, trouvées dans 
des couches archéologiques nettement caractérisées. Il est certain 
aussi que si, aux deux derniers siècles, on avait fabriqué et utilisé 
autant de pipes en fer que le dit M. Godet, on en trouverait 
encore de nos jours dans les familles, parmi les reliques des 
ancêtres. Les recherches du savant conservateur du Musée his¬ 
torique de Neuchâtel prouvent que l’habitude de fumer était très 
répandue dans le pays de Neuchâtel au XVII° siècle, mais elles 
ne prouvent pas que cette habitude n’ait pas été fort ancienne. 

A l’étranger, M. G. Lejeal a publié un excellent résumé de la 
question dans la Revue encyclopédique \ Ce travail montre, de la 
façon la plus probante, que l’usage de la pipe était pratiqué dans 
les temps préhistoriques et qu’ensuite tous les peuples européens 
l’ont adopté. Nous insistons sur l’expression « usage », car le 
nombre des pipes retrouvées ne semble pas assez considérable 
pour indiquer une habitude générale. Il est à remarquer, en effet, 
qu’il n’en existe pas dans tous les musées, et que ceux qui en pos¬ 
sèdent n’en ont qu’un petit nombre. Des stations importantes, 
comme Aventicum, Vindonissa, etc., n’en ont que peu ou pas 
révélé. 

Tout porte donc à admettre l’hypothèse que les pipes antiques 
ont servi plutôt à un usage très spécial et peut-être sacré. Il est 
possible que les prêtres les aient utilisées en fumant autour de 
leurs autels pendant certaines cérémonies, les sacrifices par 
exemple. Cela pourrait être l’origine de la tradition de l’en¬ 
censoir à brasier ardent saupoudré d’encens, qui aurait remplacé 
la pipe à un moment donné. 

Les pipes ne sont pas les seuls objets dont la forme ait peu 
varié à travers les âges. Il en est de même de la plupart de ceux 
qui ont servi à des usages bien déterminés, comme les fibules. 
La pipe, une fois inventée, a dû prendre très vite la forme défi¬ 
nitive sous laquelle elle a traversé les temps et les civilisations, 
changeant seulement de dimensions, lorsque, à une époque 


1 Année 1897, p. 277-280. 



NOTE SUR DES PIPES ANTIQUES. 167 

récente, le tabac est devenu la seule et habituelle consommation 
des fumeurs européens. 

* ‘ *. 

Puisque les matériaux déjà connus ne suffisent pas à con¬ 
vaincre tout le monde de l’antiquité de la pipe, il y a lieu d’en 
publier de nouveaux, sans s’arrêter aux railleries qui peuvent 
accueillir l’apparition de pipes antiques inédites. Il en existe cer¬ 
tainement dans des tiroirs, où on les a enfouies peu après les avoir 
trouvées et par crainte du ridicule. Aujourd’hui, la question a 
progressé, et l’on ose aborder ce sujet entre érudits. Nous pensons 
que l’on ne songerait plus à détruire des trouvailles de cette 
nature, comme on l’a fait. Il faut donc que les musées et les 
amateurs mettent au jour tout ce qu’ils possèdent en fait de 



pipes; cette étude nous ménage des surprises. Et pour donner 
l’exemple, nous reproduisons ici les deux pipes dont il a été ques¬ 
tion au début de cette notice. 

Toutes deux ont été trouvées, détail à retenir, sur rempla¬ 
cement de stations lacustres, de même que bien d’autres pipes. 





168 


BULLETIN. 


Appartiennent-elles à cette période lointaine, ou sont-elles un peu 
plus récentes? Cela est difficile à dire. Le fait certain, c’est 
qu’elles proviennent d’emplacements habités à une époque 
reculée. Ces deux objets sont de même type; ils possèdent, l’un et 
l’autre, sous le fourneau, le petit bouton aplati dont toutes les 
pipes que nous avons vues — originaux ou reproductions — sont 
pourvues, de même que les pipes modernes ont un appendice 
analogue de forme variable. La pipe d’Auvernier, garnie de son 
couvercle complet (fig. 1), est un peu plus évasée que celle de 
Versoix (fig. 2), qui n’en a plus que la charnière; elle est aussi 
d’aspect plus élégant. Il est à supposer qu’on ajoutait jadis 
à ces pipes une embouchure plus ou moins longue faite de 
matière légère, roseau, corne, etc. Ni l’une ni l’autre ne porte le 
moindre ornement; la construction en est lourde et massive. 


Burkhard IIeber. 



NOTE 


SUR UN 

VITRAIL AUX ARMES DE GENEVOIS 1 


La Société auxiliaire du Musée de Genève a acquis, dans le 
courant de l’année 1899, un vitrail aussi intéressant au point de 
vue artistique qu’au point de vue historique (pi. IV). C’est un 
panneau, large de 0 m ,22 et haut de 0 m ,32, qui porte les armes 
bien connues de la maison de Genevois — d’or à quatre points 
équipollés d’azur — au-dessus d’un cartouche chargé de l’inscrip¬ 
tion suivante : 

MESS"* GASPARD DE GENEVE S« DE 
LA BASTIE LVLLiN CHAMBERLAN 
DE MONSEiGNEVR LE DVC DE 
SAVOŸE SON CONSEILLER ET 
EMBASSADEVR AVX PELS 
DES LIG VE S. 1584. 

L’écu aux armes, élégamment découpé, est sommé d’un heaume 
à lambrequins tout naturellement or et azur et porte pour cimier, 
sui* un tortil de baron des mêmes émaux, une tête et col de buffle 
d’or, bouclés de même 2 . Ceci est inscrit dans un cartouche ovale, 
flanqué, à droite et à gauche, de deux personnages costumés à 
l’antique, porteurs de sceptres ou masses d’armes et de vastes 

1 Communication faite à la Société le 23 novembre 1899. 

2 En réalité, le buffle doit être de sable. 




170 


BULLETIN. 


boucliers, placés au devant de deux piliers d'architecture très 
ornée. Dans le haut, entre ces piliers, on voit un combat de cheva¬ 
liers s’escrimant de la lance. L’ensemble est de couleurs vives, 
quoique harmonieuses. Il est à remarquer que le bleu intense 
que l’on peut admirer dans l’armoirie, dans le costume des deux 
tenants et dans l’encadrement de l’inscription, est posé au pinceau, 
que ce n’est pas du verre bleu: que ne donneraient pas les modernes 
verriers pour retrouver le secret aujourd’hui perdu de cet azur 
profond? Quant au vert, qui apparaît aussi dans le costume des 
tenants et dans certains détails d’ornementation, il est obtenu par 
la superposition du jaune d’argent sur ce même bleu. En fait de 
verre de couleur, il n’y a que deux morceaux de pourpre aux 
angles supérieurs, puis du rouge aux angles inférieurs, lesquels 
sont devenus noirs sur notre photographie; ce dernier est plaqué, 
ce qui a permis l’enlevage en clair des mascarons. 

Chose rare, l’état de conservation est parfait, la grisaille ne 
s’est point oxydée \ C’est à peine si l’on constate une ou deux 
fêlures postérieures à la mise en plomb primitive. Cependant, le 
vitrail, qui occupe encore le vantail, garni de « culs de bouteille », 
de la fenêtre dans laquelle il avait été posé à l’origine, se trouvait 
un peu enfoncé. Le Musée national, grâce à l’intervention duquel 
la Société a pu l’acquérir 1 2 , lui a fait subir une restauration dis¬ 
crète — plombs neufs par-ci par-là, quelques « culs de bouteille » 
remis, réfection d’un minuscule morceau manquant dans les 
jambes du personnage de gauche — et maintenant notre vitrail 
est prêt à faire l’ornement du futur Musée historique genevois. 

Nous ne savons malheureusement pas à quel verrier attribuer 
cette peinture. On connaît d’autres panneaux de la même facture; 
tout ce qu’on peut dire, c’est que l’auteur fut certainement un 
Suisse, un verrier de Berne ou de Fribourg, bien que le vitrail 
ait été donné — « fondé » comme on dirait dans la Suisse alle¬ 
mande — par un noble Savoyard. Notre collègue, M. Charles 
Eggimann, possède une maquette non datée, qui est certainement 

1 Le fond de l’armoirie, le heaume, les parties nues des tenants, la 
scène militaire du haut sont traités en grisaille avec des rehauts de jaune 
d’argent. 

2 Elle en est particulièrement reconnaissante à M. le directeur II. Angst. 



NOTE SUR UN VITRAIL AUX ARMES DE GENEVOIS. 171 

de la même main; on y remarque des détails analogues à ceux 
du vitrail Lullin, dont les dimensions sont conformes : encadre¬ 
ment central ovale, disposition générale de l’armoirie, forme de 
Técu, manière de traiter les lambrequins, affection pour les mas- 
carons et pour les cartouches très découpés pourvus d’enroule¬ 
ments bien dessinés, personnages casqués à grands boucliers, etc. 
Tout cela permet une identification absolue entre les deux pièces. 
Seulement, le dessin à la plume rehaussé de lavis de M. Eggimann, 
que nous sommes heureux de reproduire ici grâce à la parfaite 
obligeance de ce dernier (pl. V), est un modèle banal pour le 
commerce, un cartouche « non meublé » destiné à séduire un 
possesseur quelconque d'armoiries. Rien ne nous dit, il est vrai, 
que Gaspard de Genève-Lullin ne l’ait pas eu sous les yeux et 
qu’il ait préféré la maquette, d’apparence plus guerrière, qui a 
servi à exécuter son vitrail. 

Le dessin Eggimann porte bien une sorte de signature, un 
monogramme formé des lettres liées THWB, mais nous croyons 
que ce monogramme — on le distingue sur notre planche, dans le 
cartouche du bas destiné à l’inscription— a été ajouté après coup. 
D’après une obligeante communication de M. le D r Paul Ganz, 
de Zurich, ce serait celui du peintre bâlois T.-H. Wannewetsch, 
lequel signait habituellement les dessins qu’il exécutait sur verre, 
qu’ils fussent ou non de sa main; et il est certain qu’on rencontre 
le monogramme THWB — tantôt avec, tantôt sans le B final 
| Basiliensis] — sur des maquettes dessinées par des artistes 
différents. 11 ne faudrait cependant pas inférer de ce fait que 
c’est Wannewetsch qui a peint le vitrail Lullin, d’après un modèle 
fourni par un autre artiste. Ce vitrail n’est pas dans sa manière; 
elle se rapprocherait davantage de celle de J.-H. Düntz, de Berne. 
Mais la question est des plus compliquées. Nous avons vu que ce 
n’étaient pas nécessairement les peintres-verriers qui préparaient 
les compositions dont l’exécution sur verre leur incombait. En 
outre, certains maîtres se faisaient des collections de modèles 
en calquant des maquettes réputées ou des vitraux, quitte à les 
modifier selon les exigences de leur clientèle; d’autres mettaient 
leur nom, comme marque de propriété, sur des dessins 
d’époques et d’auteurs différents. De là règne dans les collec¬ 
tions suisses de maquettes de vitraux une incertitude complète 



172 


BULLETIN. 


au sujet de l’attribution exacte des dessins \ La collection 
Wyss 1 2 est caractéristique à cet égard : on y remarque des 
dessins plus ou moins achevés, qui pourraient à la rigueur être 
attribués soit au dessinateur de la maquette Eggimann, soit au 
peintre du vitrail Lullin, mais ils présentent des divergences trop 
essentielles pour qu’on puisse rien préciser. Ce qu’on peut 
attribuer avec certitude à notre peintre, ce sont deux petits 
vitraux non signés du Musée historique de Berne, aux armes de 
Jacob Wyss (1588) et de Freudenreich (1631). L’auteur n’en est 
pas connu. 

* " * 

Qui était ce « Messire Gaspard de Genève » ? Ce fut un des 
membres les plus connus de la puissante famille de Genève- 
Lullin, dont la souche remonte à Pierre de Genève, bâtard de 
Guillaume III, comte de Genève ou de Genevois, lequel vivait 
encore en 1385. 

Gaspard, né le 23 juin 1549, mort le 23 juin 1619, était fils de 
Guy, chevalier, seigneur de la Bâtie, baron de Lullin, et de 
Catherine de Ray. Ce fut lui qui continua la famille. On érigea 
la baronnie de Lullin en marquisat à son intention, en 1597. 
Baron de la Grande Bâtie (La Bâtie-Cholex, Roelbau) et de la 
Petite Bâtie (à Thonon), seigneur de Cursinge, Cervens, Boringe, 
Pressy et Braillant, seigneur de Cliarmoisy en Chablais, de 
Ilans et Ranchot en Bourgogne, chambellan et conseiller d’état 
du duc de Savoie, colonel de 4000 Suisses en 1591, colonel général 
des gardes de ce prince et capitaine des gentilshommes-archers 
en 1607, gouverneur et lieutenant général au duché d’Aoste et 
cité d’Ivrée (1595), chevalier de l’Annonciadc (1598), Gaspard de 
Genève, a été, comme l’on voit, un personnage. Indépendamment 
de ses charges à la Cour de Savoie, il remplit plusieurs missions 
diplomatiques auprès de l’Empereur, des rois de France, d’Angle¬ 
terre et d’Écosse, des archiducs d’Autriche, des Électeurs alle¬ 
mands et des Ligues suisses. Il accompagna le duc en Espagne 

1 II faut ajouter encore à cela l’incertitude causée par les monogrammes 
apocryphes, les dessins falsifiés, etc. 

2 Propriété de la Confédération ; déposée au Musée historique de Berne. 



NOTE SUR UN VITRAIL AUX ARMES DE GENEVOIS. 173 


pour son mariage avec l’infante Catherine et, après une existence 
bien remplie, il fut enterré à Thonon, dans la chapelle par lui 
fondée en l’église de Saint-Augustin \ 

Notre vitrail concerne donc un homme qui, dans la seconde 
moitié du XVI e siècle, a joué un rôle important en nos contrées, 
et même en Europe, Mais il nous intéresse plus directement 
encore. Gaspard de Genève était ambassadeur auprès des cantons 
confédérés 1 2 lors des négociations relatives au traité d’alliance de 
1584, entre Berne, Zurich et Genève. [Et il ne se fit pas faute 
d’entraver, autant qu’il était en son pouvoir, des négociations déjà 
terriblement laborieuses. Sans aucun doute, l’envoyé du duc de 
Savoie excitait par dessous main les cantons catholiques à 
repousser une alliance qui, semblait-il, devait mettre définitive¬ 
ment Genève à l’abri des convoitises savoyardes. Et c’est proba¬ 
blement pour cela que nous trouvons un vitrail à ses armes, 
daté précisément de 1584, dans un château du canton de Fri¬ 
bourg 3 . Si M. de La Bastie, comme on l’appelait alors dans les 
cantons allemands, était en excellents termes avec MM. de Fri¬ 
bourg, les Bernois ne lui voulaient aucun bien. Le 4 janvier 1584, 
le train de l’ambassadeur passant sur le pont de Berne, de 
mauvais garnements arrêtèrent les mulets et lorsqu’ils eurent 
appris à qui ils appartenaient, ils en blessèrent un, insultèrent 
leurs conducteurs en traitant rambassadeur de traître, et firent 
si bien que les attelages, désemparés, ne purent continuer leur 
route 4 . L’avoyer de Berne dut faire, de mauvaise grâce, des 
excuses à M. de La Bastie, qui se montrait fort irrité. 

Ainsi notre vitrail se rattache, indirectement, sans doute, à 
l’alliance de Genève avec les deux grands cantons suisses. C’est 

1 Amédée de Foras, Armorial et Nobiliaire de Savoie, t. III, p. 76 et 78. 
— Qu’il nous soit permis, en citant ce précieux ouvrage, de dire combien 
la mort récente de son auteur est déplorable pour tous ceux qui, dans nos 
contrées, s’occupent d’histoire et d’archéologie. Ils trouvaient toujours au¬ 
près de M. de Foras un accueil bienveillant et le constant appui de son 
érudition. 

2 II le fut de 1582 à 1584. 

3 II provient, en effet, du château de Givisiez, près Fribourg, propriété 
des d’Affry au XVI e siècle, si nous ne nous trompons. 

4 Henri Fazy, L’alliance de 1584 entre Berne, Zurich et Genève t 
Genève, 1892, in-8, p. 19. 



174 


BULLETIN. 


donc un petit monument historique, à peu près au même titre que 
les vitraux donnés par le duc de Savoie, en 1519, à la diète 
helvétique, lorsqu’il obtint que la combourgeoisie de Genève et 
de Fribourg serait rompue \ Berne et Zurich gardent précieuse¬ 
ment les coupes données par leur alliée en 1584; nous avons 
maintenant un souvenir de plus de l’acte mémorable accompli 
cette année-là 1 2 . 

Jaques Mayor. 

1 Ces deux vitraux, aux armes de Savoie, proviennent de la collection de 
Jean-Martin Usteri et se trouvent maintenant au Musée national, à Zurich. 

2 Le Musée archéologique de Genève possède un panneau de bois sur 
lequel est peinte, avec les armoiries des trois cantons, une inscription 
commémorative de l’alliance de 1584. Il y a, en outre, à la Salle des 
Armures le curieux surtout de table qui a figuré au banquet et, si l’on en 
croit la tradition, la table elle-même sur laquelle ce banquet fut servi à 
l’Hôtel de ville, lors de la prestation du serment entre les mains des 
députés de Berne et Zurich. 











mESr f GASPARD DE GENEVE S* DE 
'LAhASHE LVLLIN CHAMEKLAJNI 
DE MONSEIGNEVR LE DVC DE 
SAVOVE SON CONSEILLER ET 
lEAIB/tèS/UiEVB AVX PEIS 
\ DES LIGVES. J S S+. 


PI. IY 
















































BULLETIN 

DE LA 

SOCIÉTÉ D’HISTOIRE ET D’ARCHÉOLOGIE 


OCTOBRE 1900 


Personnel de la Société. 

Depuis la publication du dernier Bulletin, daté d’octobre 1899, 
la Société d’histoire et d’archéologie a reçu au nombre de ses 
membres effectifs : 

MM. 

1899 Adolphe Bubjdet. 

» Pierre-J. Bordier. 

» Edmond de la Rive, colonel. 

» Auguste Eggimann. 

D’autre part, la Société a eu le regret de perdre deux de ses 
membres effectifs : MM. Albert de Rougemont (f 12 décembre 
1899) et Alphonse Revilliod. 

Alphonse Revilliod, né à Genève le 24 janvier 1833, mort à 
Pise le 25 mars 1900, était un protecteur éclairé et bienveillant 


BULLETIN. 


T. II. 


13 




176 


BULLETIN. 


des arts et des artistes dans notre pays. Il présida à plusieurs 
reprises la classe des Beaux-Arts et fit pendant longtemps partie 
de la Commission fédérale des Beaux-Arts. 11 avait réuni de très 
belles collections d’estampes. 

Revilliod publia, en collaboration avec Édouard Humbert et 
M. J.-W.-R. Tilanus, un ouvrage intitulé : La vie et les œuvres 
de Jean-Étienne Liotard (1702-1789), étude biographique et ico¬ 
nographique (Amsterdam, 1897, gr. in-8, pi.). 

Il appartenait à la Société depuis 1878. 

Le nombre des membres effectifs de la Société était, au 
31 octobre 1900, de 183. 

La Société a encore perdu deux de ses membres correspon¬ 
dants : MM. le comte Amédée de Foras et Émile Blœsch. 

Le comte Amédée de Foras, mort au château de Thuvset, 
près Thonon, le 31 décembre 1899, était né à Gênes en 1830. Il 
appartenait à une famille de vieille noblesse, originaire du Gene¬ 
vois, et était devenu Français à la suite de l’annexion de la 
Savoie. 

De bonne heure, il se sentit attiré vers les études héraldiques 
et généalogiques, qui absorbèrent, jusqu'à la fin de sa vie, la plus 
grande partie de son temps et de ses forces. Il ne sortit de sa 
retraite studieuse que pour remplir, pendant une dizaine d’an¬ 
nées, les fonctions de grand-maréchal de la cour du prince Fer¬ 
dinand de Bulgarie, 

L’ouvrage le plus important du comte de Foras, fruit de toute 
une vie de travail, Y Armorial et nobiliaire de l’ancien duché de 
Savoie, est remarquable non seulement par sa haute valeur artis¬ 
tique, mais encore par l’abondance et la sûreté de l’information, 
et par la rigueur de méthode dont l’auteur fait preuve. Laissant 
de côté les légendes qui ont pénétré dans l’histoire de la plupart 
des familles, il s’est attaché à recourir aux sources les plus sûres. 
Il avait amassé dans son château de Thuyset une collection 
considérable de documents, collection dont le noyau était formé 
des chartes et des notes réunies par le marquis Costa de Beau- 
regard, et léguées par lui au comte de Foras. 



PERSONNEL DE LA SOCIETE. 


177 


Foras, en mourant, laissa malheureusement inachevée la 
publication de Y Armorial. Le premier volume avait com¬ 
mencé à paraître en 1863, le deuxième, en 1878, le troisième, 
en 1893. Il y a lieu d’espérer toutefois que son œuvre sera pour¬ 
suivie et menée à bien. 

L 'Armorial présente pour l’histoire de Genève un intérêt 
direct, puisque un grand nombre des familles nobles dont il donne 
la généalogie ont joué un rôle dans les annales de notre ville ou 
des pays qui l’environnent. 

L ouvrage intitulé : Le Blason, dictionnaire et remarques 
(Grenoble, 1883, in-4, fig.), est, grâce à la longue expérience de 
son auteur, un des guides les meilleurs et les plus complets qui 
existent pour se diriger dans la science compliquée de l’héraldique. 

Foras a écrit en outre de nombreux articles dans les Mémoires 
des diverses Sociétés savantes de la Savoie, dans les Atti délia 
R. Accademia dette scienze di Torino, et ailleurs encore. 

Il convient de rappeler la part qu’il prit à la discussion relative 
au nom de famille de l’évêque Adhémar de Genève. Dans une 
Note sur Adhémar, évêque de Genève de 1385 à 1388 \ il com¬ 
battit l’opinion traditionnelle, soutenue par Jules Vuy; mais, 
lorsque, plus tard, sortirent des Archives de Rome de nouveaux 
documents rattachant d’une manière certaine l’évêque Adhémar 
à la famille Fabri, il s’empressa de reconnaître son erreur et de 
donner raison à la thèse de son adversaire. 

Signalons encore son étude sur Le Droit du seigneur au 
moyen âge (Chambéry, 1886, in-8), sa Notice historique et généa¬ 
logique sur les princes Bassaraba de Brancovan (Genève, 1889, 
in-fol.), et sa traduction abrégée de l’ouvrage du baron Carutti 
sur Le comte Humbert I er (Chambéry, 1885, in-8). 

Le début des relations du comte de Foras avec la Société 
datait de près de quarante années; il en était membre cor¬ 
respondant depuis 1869. A plusieurs reprises, il lui commu¬ 
niqua des documents provenant de ses Archives de Thuyset et 
présentant de l’intérêt pour l’histoire de notre ville. M. Édouard 
Favre, notre collègue, en a publié une partie dans le Bulletin 2 , 

1 Mémoires et documents de VAcadémie chablaisienne, t. II, p. 205. 

2 T. I, p. 478-494. 



178 


BULLETIN. 


sous le titre de : Quelques actes du XIV e siècle relatifs à Genève. 
En 1888, il prit part à la célébration du cinquantenaire de la 
fondation de notre Société. Celle-ci a perdu dans le comte de 
Foras un de ses correspondants auxquels rattachaient les liens 
les plus étroits 1 . 

Émile Blcesch, né à Burgdorf en 1838, est mort à Berne le 
11 mars 1900. Il avait d’abord exercé le pastorat; mais, en 1875, 
il abandonna la carrière ecclésiastique et se consacra dès lors 
tout entier aux études historiques. Il remplit, de 1875 à 1878, les 
fonctions d’archiviste de l’État de Berne, et, à partir de 1878 
jusqu’à sa mort, celles de directeur de la Bibliothèque de la Ville 
de Berne. Il fit en outre, dès 1885, un cours d’histoire ecclésias¬ 
tique de la Suisse à l’Université de Berne, d’abord comme privat- 
docent, puis comme professeur extraordinaire. 

Ses multiples occupations n’empêchèrent pas Blœsch de publier 
d’importants travaux et de très nombreux articles, consacrés à 
l’histoire suisse et spécialement à l’histoire de Berne. On lui doit 
entre autres une nouvelle édition de la jBerner-Chronik des Vale- 
rius Anshelm (Berne, 1884-1888, 3 vol. in-8) et l’achèvement de 
la première partie des Fontes rerum bernensium. Son Katalog der 
Handschriften zur Schweizergeschichte der Stadtbïbliothek Bern 
(Berne, 1895, in-8) est un précieux instrument de travail. Enfin, 
le dernier en date de ses ouvrages : Geschichte der schweizerisch- 
reformierten Kirchen (Berne, 1898-1899,2 vol. in-8) témoigne de 
sa vaste et sûre érudition. 

Blœsch fut, pendant dix-huit ans, président de la Société histo¬ 
rique de Berne. C’était un homme d’une activité infatigable, qui 
avait acquis une somme énorme de connaissances. Tous ceux qui 
l’ont connu se plaisent à rendre hommage à son savoir et à son 
inépuisable obligeance. 

Il était membre correspondant de la Société depuis 1888. 


1 Voyez l’article intitulé : L’œuvre historique du comte de Foras, dans 
la Revue savoisienne, 41 e année, 1900, p. 39-46. 




MÉMOIRES PRÉSENTÉS. 


179 


Mémoires, Rapports, etc. 

Présentés à la Société. 

653. — Séance du 9 novembre 1899. Compte rendu, par 
M. Eugène Ritter, de l’ouvrage de M. Ottokar Lorenz intitulé : 
Lehrbucli der gesammten wissenschaftlichen Genealogie. Stamm- 
baam und Ahnentafel in ihrer geschichtlichen, sociologischen und 
natunvissenschaftlichen Bedeutung, Berlin, 1898, in-8. — Impr. 
dans la Gazette de Lausanne du 12 janvier 1900. 

Notes sur la famille Tavel au XIV e siècle, par M. Victor van 
Berchem. — Voy. son ouvrage intitulé : Guichard Tavel, évêque 
de Sion (1342-1875), étude sur le Voilais au XIV e siècle, dans le 
Jahrbuch fur schiveizerische Geschichte, t. XXIV, p. 89-96 et 
Appendice I. 

654. — Séance du 23 novembre 1899. Discussions entre le Con¬ 
seil et les ministres de Genève au sujet de l’usure et de la com¬ 
mutation de peine octroyée aux adultères (1580-1582), communi¬ 
cation de M. Eugène Choisy. 

Arthur Giry (1848-1899), allocution de M. Édouard Favre. 

Note sur un vitrail aux armes de Genevois (1584), acquis par 
la Société auxiliaire du Musée de Genève, communication de 
M. Jaques Mayor. — Impr. ci-dessus, p. 169-174, avec 2 pl. 

655. — Séance du 7 décembre 1899. Les fondations du phare 
d’Alexandrie et l’origine de la croisée d’ogives gothique, par 
M. Max van Berchem, avec plans, dessins et photographies. — 
Impr. dans ses Matériaux pour un « Corpus inscriptionum arabica- 
rum )), l re partie, dans les Mémoires publiés par les membres de la 
mission archéologique française du Caire, t. XIX, p. 47 3-489 ; voy. 
aussi sa communication à l’Académie des inscriptions et belles- 
lettres, dans les Comptes rendus des séances, 1898, p. 339-345. 

Antiquités préhistoriques égyptiennes, par M. Édouard Naville, 
avec photographies et exposition d’objets appartenant au Musée 
archéologique de Genève, 



180 


BULLETIN. 


656. — Séance du 21 décembre 1899. Les Bonaparte en Suisse: 
Louis-Napoléon (Arenenberg, Thun, Genève), par M. Eugène de 
Budé. 

Les héros de l’Escalade (3 me partie), par M. Louis Dufouk. 

Compte rendu, par M. Victor van Berchem, de l’ouvrage de 
M. Italo Raulich intitulé : Storia di Carlo Emanuele I, duca di 
Savoia, con docmnenti degli Archivi italiani e stranieri , t. I, 
(1580-88), Milan, 1896, pet. in-8. 

Vue de Genève représentant l’Escalade de 1602, gravure 
signée : L. S., et datée : 1616, présentée par M. Charles Bastard. 
— Cette gravure est décrite par Hammann ( Les représentations 
graphiques de l’Escalade, p. 7-9), qui lui attribue la date de 1606. 

657. — Séance du 11 janvier 1900. Rapports du président 
(M. Victor van Berchem) et du trésorier (M. Charles Seitz) sur 
l’exercice 1899. 

Les fouilles du Mont-Beuvray (Bibracte), par M. Jaques 
Mayor, avec plan, carte et planches. 

658. — Séance du 25 janvier 1900. Dans quelle mesure le Rig- 
Veda peut être utilisé comme document indo-européen, com¬ 
munication de M. Paul Oltramare. 

La date de trois impressions précisées par leurs filigranes, par 
M. Moïse Briquet. — Impr. dans le Bibliographe moderne, 1900, 
il 0 2, p. 113-133; tiré à part, Besançon, 1900, in-8 de 23 p., fi g. 

659. — Séance du 8 février 1900. Commentaire du papyrus 
latin de Genève n° 1 (l re partie), par M. Charles Morel. — Impr. 
dans : Archives militaires du I er siècle. Texte inédit du papyrus 
latin de Genève n° 1, publié sous les auspices de la Société acadé¬ 
mique de Genève, avec fac-similé, description et commentaire, par 
Jules Nicole et Charles Morel, Genève, 1900, in-fol., p. 15-23. 

Lettre de Charles IX à Philippe II [1563 ou 1564), relative à la 
prise du Hâvre par les Français en 1563, commun, par M. Édouard 
Favre. 

Des traces de caractères gothiques que semble présenter l’un 
des bossages de la tour Baudet, à Genève, communication de 
M. Émile Rivoire. — Voy. Arch. de Genève, Registre du Conseil, 




MÉMOIRES PRÉSENTÉS. 


181 


vol. III, f os 21 et 25 (5 et 12 avril 1457). Comp. les Fragments 
d'archéologie genevoise, par M. Jaques Mayor, dans le Bulletin, 
t. I, p. 386. 

Le noble jeu des armoiries de l’Europe enrichy de cartes géogra¬ 
phiques, par J-J. Chenevière, tableau gravé au XVIII e siècle, 
appartenant à M. Édouard Chenevière, présenté par M. Edmond 
Chenevière, avec une copie exécutée en 1900 par M. Charles 
Meltzer. 

660. — Séance du 22 février 1900. Commentaire du papyrus 
latin de Genève n° 1 (suite et fin), par M. Charles Morel. 
— Impr. dans : Archives militaires du I er siècle. Texte inédit du 
papyrus latin de Genève n° 1, publié sous les auspices de la Société 
académique de Genève, avec fac-similé, description et commentaire, 
par Jides Nicole et Charles Morel, Genève, 1900, in-fol., p. 23-31. 

Notes sur la famille Bossi, par M. Auguste Blondel, avec 
exposition d’objets. 

La restauration de l’église abbatiale de Bomainmôtier, com¬ 
munication de M. Max van Berohem, avec photographies. 

661. — Séance du 8 mars 1900. Lettres adressées de Genève, 
en 1766, par J.-L. Du Pan (1698-1775) au banneret Abraham 
Freudenreich (1693-1773), à Berne, appartenant à M. Édouard 
de Freudenreich, commun, par M. Edmond Pictet. 

Les fouilles du « Babylonian exploration Fund» à Nuffar 
(Babylonie), communication de M. Alfred Boissier. 

Compte rendu, par M. Victor van Berchem, du mémoire de 
M. Wilhelm Oechsli intitulé : Der Lausanner Vertrag von 1564, 
dans le Politisches Jahrbuch der schweiz. Eidgenossenschaft, 
hrsgb. von Cari Hilty, 13 me année (1899), p. 139-278. 

662. — Séance du 22 mars 1900. Le conflit diplomatique entre 
la France et la Suisse au sujet de la cession du Valais (1801- 
1802), par M. Émile Dunant. 

Les idées politiques de Théodore de Bèze d’après le traité Du 
droit des Magistrats sur leurs sujets (1574), communication de 
M. Alfred Cartier. — Impr. ci-après. 

Recherches archéologiques dans le canton de Genève et les 



182 


BULLETIN. 


pays limitrophes (l re partie), par M. Burkhard Reber, avec expo¬ 
sition d’objets et de photographies. 

663. — Séance du 5 avril 1900. Genève et le traité de Vervins 
(1598), par M. Henri Fazy. 

Recherches archéologiques dans le canton de Genève et les 
pays limitrophes (suite et fin), par M. Burkhard Reber, avec 
exposition d’objets. 

664. — Séance du 19 avril 1900. Le glossaire des patois de 
la Suisse romande, communication de M. Ernest Muret. 

Extraits des comptes de péage de Villeneuve relatifs à 
Genève (1303-1320), conservés aux Archives de Turin, commun., 
de la part de M. Albert Næf, par M. Victor van Berciiem. 

Monnaies celtiques en or, de provenances diverses, présentées 
par M. Burkhard Reber. 


Faits divers. 


Durant l’année qui vient de s’écouler, la Société a publié : 

Au mois de janvier 1900, la 3 ,ne livraison du tome II du Bul- 
letin, datée d’octobre 1899. 

En cours de publication : 

La 2 rae et dernière livraison du tome XXV (nouv. série, t. V) 
des Mémoires et documents, qui contiendra les mémoires suivants : 

Les Genevois en 1558, d’après un libelle contemporain (Les 
grandes Chroniques et Annalles de Passe-partout, par Artus 
Désiré), par M. Alfred Cartier. 

L’état du gouvernement présent de la république de Genève 
[1721], par Antoine Tronchin, publié par M. Édouard Favre. 

Relations diplomatiques de la Seigneurie de Genève avec la 
cour de France. Henri IV et les députés Chevalier et Chapeau- 
rouge, par M. Francis Decrue. 




FAITS DIVERS. 183 

La 2 me livraison du tome II de la série in-4 des Mémoires et 
documents, qui contiendra : 

Les inscriptions modernes de Genève, recueillies par Flournois, 
par M. Jaques Mayor. 

La Société a donné son adhésion à la Société qui s’est fondée, 
au mois de mars dernier, pour la commémoration annuelle de la 
Restauration de la République de Genève et de sa réunion à la 
Suisse. 

Elle a autorisé le Comité de patronage des étudiants étrangers 
à délivrer à ceux-ci une carte d’introduction, leur donnant le 
droit d’assister aux séances. 

Par suite du développement croissant de la bibliothèque, le 
Comité a adjoint au bibliothécaire, à titre d’essai, à partir du 
mois de février 1900, M. M.-A. Portier, étudiant en lettres. 

M. le baron Édouard de Septenville, membre correspondant, 
a fait don à la Société de soixante-neuf lettres adressées, de 1827 
à 1853, par M lle Henriette Rath (1773-1856) à Pierre Hébert 
(1783-1867). 

La Bibliothèque de la Société a reçu, en don de M. C.-M. Bri¬ 
quet, la collection de brochures genevoises du XVIII e et du 
XIX e siècle formée par feu Moïse Paris. Cette collection, continuée 
par M. Briquet, comprend environ 450 volumes. 





184 


BULLETIN. 


Ouvrages reçus par la Société 

du 27 avril 1899 au 19 avril 1900. 


A 

Publications de Sociétés et recueils périodiques. 

La Société a continué à recevoir les publications des sociétés 
correspondantes dont on trouvera la liste à la tin du tome I er du 
Bulletin et ci-dessus, p. 8, 93 et 134. 

La Société a encore reçu les périodiques suivants : 

Bibliothèque de l’École des Chartes. Années 1897 et 1898, 
tomes LVI1I et L1X. (Don de M. Camille Favre.) 

Bibliographie et chronique littéraire de la Suisse. Année 1899, 
n os 4-12. (Don de M. Jaques Mayor.) 

La Suisse universitaire. Année IV (1898-99). (Don de M. Eu¬ 
gène Ritter.) 

Revue de Belles-Lettres. Année 1898-99. (Idem.) 

Revue historique vaudoise. 7 e année (1899), n os 4-12; 8 e année 
(1900), n os 1-3. (Don de M. Édouard Favre.) 

Église nationale protestante de Genève. Mémorial des séances 
du Consistoire. Année 1899. (Envoi du Consistoire.) 

Les Archives de l'imprimerie. Années XII, avril-septembre 
1899; XIII, octobre-décembre 1899, janvier-mars 1900. (Don de 
M. Maurice Reymond.) 


B 

Livres et Brochures. 


Donateurs : 

MM. Victor van Berciiem, 1 volume. - Le chanoine Pierre 
Bourban, 1 brochure. — C.-M. Briquet, 6 vol., 1 broch. — 
Eugène de Budé, 1 vol. — Le chanoine Ulysse Chevalier, 





OUVRAGES REÇUS. 


185 


1 broch. — M me John Cuénoud, 1 broch. — MM. Johannes Die- 
rauer, 1 broch. — Émile Dunant, 2 vol. — Guillaume Fatio, 
1 vol. — Amédée de Foras, 2 broch. — Guillaume Ivündig, 
1 vol. — Henri Le Fort, 1 broch. — La famille de feu Alexandre 
Lombard, 1 vol. — MM. Jaques Mayor, 6 vol., 11 broch. — 
Albert Næf, 1 broch. — M üe Gabrielle Navigue, 1 vol. — 
MM. Charles Rigaud, 1 vol. — Eugène Ritter, 11 vol., 6 broch. 
— Frédéric Roget, 1 vol. — Rodolphe Thommen, 1 vol. — 
Henri Toluin, 1 broch. — C.-F. Trachsel, 2 broch. — J. Win- 
teler, 1 broch. 

Les Archives fédérales suisses, 1 vol. 

La Bibliothèque de la Faculté des lettres de Genève, 1 vol. 

La Bibliothèque publique de Genève, 3 vol. 

Le Département fédéral de l'Intérieur, 3 vol., 2 broch. 

C 

Gravures , 'photographies, etc. 

Médaillon en plâtre de feu le professeur Pierre Vaucher, par 
Hugues Bovy (1899). (Don de M. Édouard Favre.) 

Les anciennes maisons de Genève, photographiées par 
Fréd. Boissonnas (3 rae et 4 me séries, 1899), (30 planches. (Don du 
Comité de publication.) 


D 

Manuscrits. 


Donateurs : 

M. Louis Braschoss, un manuscrit de 3 pages in-folio intitulé: 
Précis sur le transit en Suisse, signé : Béranger, daté : Genève, 
le 19 février 1832. 

M. Charles Rigaud, six volumes de pièces relatives à l’histoire 
de Genève aux XVII e et XVIII e siècles, et un cahier contenant les 
procès-verbaux des Conseils généraux tenus à Genève de 1779 
à 1782, accompagnés de notes. 









LES IDÉES POLITIQUES 

DE 

THÉODORE DE BÈZE 

d’après le Traité 

Du droit des Magistrats sur leurs sujets \ 


Il est bien vrai que les livres ont leur destinée. En 1574, deux 
ans après la Saint-Barthélemy, paraissait, sous le voile de l’ano¬ 
nyme, un petit volume de quatre-vingt-cinq pages, intitulé : 

Dv DROIT || DES MAGISTRATS || SVR LEVRS SVBIETS. |j Tl’aitté 

tres-necessaire en ce temps, || pour aduertir de leur deuoir, 
tant || les Magistrats que les Subiets : pu- || blié par ceux de 
Magdebourg l’an || m.d.l. : & maintenant re-1| ueu & augmenté 
de plu- || sieurs raisons & ex- || emples. Psal. 2. || Erudimini qui 
iudicatis terram. || 1574 1 2 3 . 

Ce livre est aujourd’hui presque oublié et les historiens n’ont 
même pu se mettre d’accord sur le nom de son auteur. Il constitue 
cependant une date importante dans l’histoire des idées poli¬ 
tiques, il a été célèbre, il a exercé une influence considérable, il a 
inspiré de nombreux écrivains qui en ont repris et développé les 

1 Communication faite à la Société le 22 mars 1900. 

2 In-8 de 85 pages chiffr. (Bibliotli. du Musée Inst, de la Réforma¬ 
tion). Réimprimé en 1575, 1578 et 1579 (79 e cat. Rosenthal à Munich, 
n os 19347, 19348, 19349), et dans les Mémoires de l’Estat de France 
sous Charles neufîesme, édition sous la rubrique de Middelburg, 1578, 

3 vol. in-8, t. II, f 08 483 v° et suiv.). — Un contemporain généralement 
très bien informé, Jean de Serres, affirme que l’ouvrage parut, pour la 
première fois, à la fin de 1573 (voir Comment, de statu religionis et 
reip. in regno Galliæ, pars IY, éd- de 1575, f os 118 v°). Aucun exemplaire 




188 


BULLETIN. 


thèses, il a posé enfin des principes dont les conséquences, pour 
avoir été moins immédiates et moins retentissantes que celles du 
Contrat social, n’ont guère été moins étendues. En réalité, c’est la 
théorie moderne de la souveraineté du peuple, qui est exposée 
et soutenue dans le traité du Droit des Magistrats et c’est là, 
en plein seizième siècle, une constatation assez intéressante pour 
que cet ouvrage mérite une étude plus approfondie que celles 
dont il a été l’objet jusqu’ici. 

Mais avant d’en rechercher le véritable auteur, il convient de 
montrer tout d’abord que ses thèses ont bien la portée que je 
viens de dire et je ne puis mieux faire pour cela que d’en citer 
les principales : 

« Il n’y a d’autre volonté que celle d’un seul Dieu, qui soit per¬ 
pétuelle et immuable, règle de toute justice. » 

« Les peuples auxquels il a plu de se laisser gouverner ou parmi 
prince ou par quelques seigneurs choisis, sont plus anciens que 
leurs magistrats, et, par conséquent, le peuple n est pas créé pour 
les magistrats, mais au contraire les magistrats pour le peuple.)) 

« Toute résistance du sujet contre son supérieur n’est pas illi¬ 
cite ni séditieuse. » 

« Juste résistance par les armes n’est point contraire à la 
patience ni aux prières des chrétiens. » 

« Tous se doivent opposer à ceux qui veulent usurper domina¬ 
tion sur leurs concitoyens ou autres non sujets à eux. » 

« Les États 1 sont par dessus les rois. » 


d’une édition sous cette date n’ayant, sauf erreur, été signalé jusqu’ici, 
on peut admettre que le volume fut lancé dans les dernières semaines de 
1573, mais avec le millésime de l’année suivante. 

Dès 1576, notre traité paraissait en latin, sous le titre suivant : De jure 
magistratuum in subditos, et officio subditorum erga Magistratus : Trac- 
tatus brcvis et perspicuus his turbulentis temporibus utrique ordini 
apprime necessarius. E Gallico in Latinum conversas. MDLXXVI. 
[Bâle?], Apud Ioannem Mareschallum Lugdunensem. In-8 de 128 pp. 
Réimprimé en 1580, 1589, 1595, 1599, 1600 et 1608, avec les Vindiciæ, 
à la suite du texte latin du Prince de Machiavel, édité par Nicolas Stu- 
panus. Cf. Lossen, «Die Vindiciæ contra Tyrannos des angeblichen Ste 
phanus Junius Brutus», dans Sitmngsberichte der le. bayer. Akad. der 
Wiss., phil.-histor. Klasse, 1887, t. I, p. 243 et 247-252. 

1 C’est-à-dire les représentants de la nation, élus par elle. 




LES IDÉES POLITIQUES DE THÉODORE DE BEZE. 189 

« Les États ou autres ordonnés pour servir de frein aux souve¬ 
rains peuvent et doivent les réprimer par toutes voies quand ils 
sont devenus tyrans. » 

« Le bien public et les droits de la nation sont supérieurs à 
ceux de l’individu, même à ceux du souverain. » 

« L'injuste usurpateur d’une domination peut devenir magis¬ 
trat légitime et inviolable, y entrevenant le volontaire et droit 
consentement par lequel les légitimes magistrats sont créés \ » 

a Étant persécutés pour la religion, on se peut défendre par 
armes en bonne conscience 1 2 . » 

Ainsi, le peuple a été « avant aucun magistrat » ; les droits de 
la nation sont donc antérieurs et supérieurs à ceux de toute 
espèce de pouvoir : c’est la théorie de la souveraineté du peuple. 
— La nation doit être à même d’exercer un contrôle efficace sur 
les actes du gouvernement, et les « États », c’est-à-dire les représen¬ 
tants élus de la nation, sont «par dessus les rois» : c’est la théorie 
du gouvernement constitutionnel. — Enfin, le peuple, conduit 
par ses représentants, peut et doit résister à la tyrannie, même 
par la force des armes, et déposer le tyran : c’est proclamer le 
droit à la révolution. 

« Que ceux-là, s’écrie l'auteur dans une de ses plus belles 
pages, qui élèvent l’autorité des souverains jusques là qu’ils osent 
dire qu’ils n’ont autre juge que Dieu, quelque chose qu’ils fassent, 
me montrent qu’il y ait jamais eu nation qui sciemment et sans 


1 Ce n’est rien moins que la théorie du plébiscite sanctionnant le coup 
d’état. 

2 La religion, explique l’auteur, ne peut ni ne doit être imposée par la 
force, mais le prince a le devoir de faire instruire ses sujets dans la saine 
doctrine, puis d’établir de sages ordonnances contre ceux qui, par seule 
opiniâtreté, voudraient résister à l’établissement de la vraie religion. Et, 
d’autre part, si l’on veut forcer les consciences, que feront les sujets? 
Prétendre obliger le souverain à changer l’état public, ne serait pas dans 
l’ordre. Il faut donc endurer patiemment la persécution ou quitter le pays. 
« Mais les édits étant légitimement dressés et homologués par autorité 
publique, par lesquels sera permis d’exercer la vraie religion, je dis que 
le Prince est d’autant plus tenu de les observer que nul autre... sinon je 
dis qu’il use de manifeste tyrannie à laquelle il est permis de s’opposer. » 
(Éd. citée, f° 520v°-f521). 



190 


BULLETIN. 


crainte ou force, se soit oubliée jusques à se soumettre à la volonté 
de quelque souverain, sans cette condition expresse ou tacitement 
entendue, d’être justement et équitablement gouvernée 1 . » 

Thèses d’une hardiesse singulière, alors que, presque partout 
en Europe, l’absolutisme royal se réclame du droit divin et que, 
d’en vouloir seulement discuter l’origine ou limiter l’étendue, 
c’est se rendre coupable du crime de lèse-majesté. 

L’œuvre est donc de haute portée, mais elle va prendre une 
importance bien autrement considérable par le nom de l’auteur. 
Quel est-il? Dès l’apparition du livre, l’incertitude est grande et 
parmi les contemporains, les uns ne veulent pas dévoiler l’ano¬ 
nyme, les autres ne savent à qui attribuer l’ouvrage, bien qu’ils 
n’hésitent pas à y reconnaître la main d’un calviniste 2 . D’après 
une réfutation parue dans les dix dernières années du XVI e siècle, 
sous le nom de Beccaria 3 , l’auteur du traité du Droit des Magis¬ 
trats doit être « un juriste, et s’il est permis de le conjecturer, 
un juriste retors ( leguleius ), versé dans les lettres humaines, 
mais assez médiocre théologien. » 

Sutcliffe, plus avisé, prononce, dans un de ses traités de contro¬ 
verse contre les presbytériens 4 , le nom de Théodore de Bèze, 
mais cette imputation fut vivement repoussée par quelques-uns 
des partisans du réformateur. Hotmail qui, au mois de janvier 1575, 
signalait, dans une lettre à Capel du Tilloy 5 , l’apparition du 
volume, et qui, nous le verrons, aurait été mieux placé que per¬ 
sonne pour en désigner l’auteur, se borne à annoncer à son cor¬ 
respondant « qu’il y a huit jours à Chambéry, trois crieurs 
publics ont proclamé à son de trompe, dans le palais du duc de 

1 Mémoires de France, édition de Middelburg, 1578, f° 508. 

2 J.-B. Fickler, De jure Magistratuum in subditos et officio subdi- 
torum erga magistratus. Contra libellum cujusdam Calviniani. Ingol- 
stadt, 1578, in-8. 

3 Befutatio cujusda m libelli sine auctore cui titulus est, De jure Magis¬ 
tratuum in subditos et officio subditorum erga Magistratus. Auctore 
Joanne Beccaria, Anno MDXCIY, in-8, p. 9. — D’après Yoet et Bayle, 
il existerait une première édition de cet ouvrage, sous la date de 1590; 
cf. Lossen, mém. cité, p. 245. 

4 Cf. Mac Crie, Life of Andrew Melville, Edimbourg, 1824, in-8, t. I, 
p. 428. 

5 Hotornanorum Epistolæ, Amsterdam, 1700, p. 46. 



191 


LES IDÉES POLITIQUES DE THÉODORE DE BEZE. 

Savoie et du Sénat, qu’il était interdit à quiconque d’avoir chez 
soi, de lire ou seulement de feuilleter le livre de lui Hotman 1 et 
un autre nouveau des Magistrats et de la vérité. » Dans une autre 
lettre, le grand jurisconsulte ajoute seulement que si l’auteur a 
gardé l’anonyme, c’est à cause de l’attitude du Conseil de Genève, 
qui «par une sagesse admirable et nouvelle, mais que beaucoup 
n’approuvent pas», n’a pas même permis l’impression de la Vie 
de l’Amiral 2 . Hotman avait ses raisons pour n’en pas dire davan¬ 
tage. 

De Thou 3 4 et Bayle 1 , qui ont mentionné notre traité, se sont 
laissé prendre à la fausse indication du titre : « publié par ceux 
de Magdebourg l’an 1550 » et n’ont vu, dans le volume de 1574, 
que la réimpression d’un ouvrage antérieurement paru 5 . 

De nos jours, une imposante autorité en matière de bibliogra¬ 
phie, Jaques-Charles Brunet, s’est prononcé sans restriction : 
« Ce traité a été attribué mal à propos à Th. de Bèze, parce qu’on 
l’a confondu avec le Traité de l’autorité du magistrat en la puni¬ 
tion des hérétiques, de ce dernier 6 7 . » 

Plus récemment encore, M. Lossen, dans sa remarquable 
étude sur les Vindiciæ contra tyrannos \ déclare qu’en ce qui con- 


1 Le Franco-Gallia. 

2 Hotomanorum Epistolæ, p. 49. 

3 Histoire universelle, éd. de Londres, 1734, t. VII, p. 19. 

4 Dictionnaire, «Dissertation concernant le livre d’Etienne Junius 
Brutus », éd. de 1730, t. IV, p. 573, XII. 

° On connaît, il est vrai, deux manifestes publiés par les autorités et 
les pasteurs de Magdebourg, sous la date des 24 mars et 13 avril 1550, à 
l’occasion des édits portés par l’empereur contre cette ville. Il n’est pas 
impossible que l’auteur de notre traité ait eu directement connaissance de 
ces écrits, mais il est bien plus probable que l’idée de placer son ouvrage 
sous le couvert de «ceux de Magdebourg », lui a été simplement suggérée 
par la lecture du 22 e livre des Commentaires de Sleidan (éd. française de 
Genève, 1557, f° 384). En tout état de cause, ces manifestes n’ont pu 
lui fournir que quelques exemples empruntés à l’Écriture et à l’histoire, 
pour établir qu’il est légitime de résister à la tyrannie par la force des 
armes. Cf. Lossen, mém. cité, p. 243. 

6 Manuel du libraire, t. II, col. 838. — Le Dictionnaire des anonymes 
de Barbier reproduit servilement l’article du Manuel. 

7 Mém. cité, p. 244. — M. Lossen combat, par des raisons très 
fortes, l’opinion généralement admise, que ce célèbre ouvrage serait 

14 


BULLETIN. 


T. II. 




192 BULLETIN. 

cerne l’auteur du traité du Droit des Magistrats, aucune hypo¬ 
thèse sérieuse n’a été présentée jusqu’ici \ 

Cependant, dès l’année 1824, Mac Crie 2 avait signalé un manu¬ 
scrit de la Bibliothèque de droit d’Edimbourg, intitulé : Recueil 
de diverses particularités concernant Genève, dans lequel Théo¬ 
dore de Bèze est expressément désigné comme l’auteur du 
traité du Droit des Magistrats. Ce recueil, dont on ignore l’origine, 
ne constitue pas, il est vrai, un document authentique, mais il 
indiquait une piste à suivre, et, puisque le nom de Genève se 
trouvait mêlé à l’affaire, c’est dans nos Archives qu’il fallait 
tenter de poursuivre la solution du problème; ce sont elles en 
effet qui vont nous révéler le secret si bien gardé par ceux qui l’ont 
connu. 

Registre du Conseil, de l’année 1573. 3 

30 juillet. Spectable Théodore de Beze ayant composé ung livre 
De jure Magistratuum qu’il desire faire imprimer, 
a esté arresté que le S r Boset le voye. 

10 août. Théodore de Beze. Le livre par luy dernièrement 
présenté De jure Magistratuum ayant esté veu par 
M. le syndique Yarro, M. le Lieutenant, leS r Roset, etc., 
et trouvé qu’encores qu’il ne contienne que la vérité, 
totesfois pour le présent, il ne leur semble pas 
bon qu'il soit imprimé, d’aultant qu’il seroit fort 
scandaleux et pourroit causer plusieurs troubles et 


dû à Hubert Languet et en revendique la paternité pour Duplessis- 
Mornay. 

1 Je ne mentionne que pour mémoire l’article dépourvu de critique, 
publié par Polenz dans le Bulletin du protestantisme français (t. IX, 
p. 278). Cet auteur, admettant, lui aussi, que le traité du Droit des Magis¬ 
trats n’est autre que le manifeste de Magdebourg, conclut en attribuant 
une origine allemande à notre ouvrage et aux thèses qu’il renferme. 

3 Ouvr. cité, t. I, p. 427. 

3 Dans son étude si documentée sur « La Saint-Barthélemy et Genève » 
(Mémoires de VInst. nat. genevois , 1S79, t. XIV), M. Henri Fazy a publié 
quelques extraits de ces textes, mais ils sont appliqués ici pour la pre¬ 
mière fois au traité même du Droit des Magistrats. — On trouvera égale¬ 
ment dans VHistoire littéraire de Genève , par Senebier (t. I, p. 286), une 
courte mention de l’incident, mais sans aucune indication de source. 




LES IDÉES POLITIQUES DE THEODORE DE BÈZE. 193 

émotions dont ceste ville seroit chargée, par ce 
mesmes que le stile dudit S r de Beze est assez cogneu. 
Attendu quoy a esté arresté qu’on ne permette pas 
l’impression de ce livre et d’aultant qu’on raporte 
qu il est desja imprimé, qu’on s’en enquiere pour 
chastier l’imprimeur et retirer les copies. 

13 août. Théodore de Beze estant comparu, a proposé avoir 
entendu de Jean Durand comme on a esté par deux 
fois en sa mayson pour s’enquérir de luy s’il avoit 
pas imprimé le livre par luy dressé d’une leçon 
qu'il avoit faite sus le cincquiesme commandement, 
lequel il avoit cy devant présenté à Messieurs, intitulé 
De jure Magistratuum, comme s’il eust voulu abuser 
Messieurs, ce qu’il n’a faict, priant non le tenir en 
telle réputation, estant asseuré que sa copie n’est 
sortie de ses mains et de son homme qui l’a copiée et 
de M. Hotoman qui l’a veu. Attendu quoy, arresté 
qu’on appelle M 1 ' Pierre Chevalier que on dict en 
avoir veu ung exemplaire imprimé pour savoir si 
ainsy est. 

\ oilà donc la cause entendue : Théodore de Bèze est l’auteur 
du traité du Droit des Magistrats. C’est Bèze, le chef des églises 
réformées de France, le conseille]- et l’ami des princes protestants, 
qui, par la parole d’abord dans ses cours à l’Académie de Genève, 
par la plume et par l’impression ensuite, va soutenir et propager 
ces thèses grosses de conséquences et dont le retentissement fut 
immense en Europe. « C’est la première fois, dit un critique émi¬ 
nent, à propos des Vindiciæ contra tyrannos, que la doctrine de 
la souveraineté populaire, imprescriptible et inaliénable, est nette¬ 
ment posée 1 . » Conclusion irréprochable, mais à condition de l’ap¬ 
pliquer au traité du Droit des Magistrats, publié cinq ans au 
moins avant les Vindiciæ, qui n’en sont que l’amplification véhé¬ 
mente et passionnée 2 . 

1 Emile Faguet, Histoire de la littérature française , depuis les origines 
jusqu’à la fin du XVI e siècle, Paris, 1900, in-12, p. 318. 

2 « Ce dernier ouvrage, dit Le Clerc, est absolument semblable pour le 

fond à ce traité de Jure magistratuum. La différence qu’il y a ne 




BULLETIN. 


194 

Je ne conteste pas, d’ailleurs, que l’on ne puisse trouver dans 
les écrits de Calvin, mais surtout dans ceux de Knox et de ses 
collaborateurs, l’origine de quelques-unes des théories du traité 
du Droit des Magistrats \ mais c’est Bèze qui définira la doc¬ 
trine, la systématisera, en arrêtera la formule et s’efforçant 
de l’appuyer sur la raison, l’Écriture et l’histoire, la gravera en 
traits ineffaçables dans la conscience des peuples. 

A peine le livre a-t-il paru que ses thèses se propagent comme 
une traînée de poudre. Dans une foule d’écrits, publicistes et 
hommes politiques les reprennent pour leur compte, en déve¬ 
loppent les conséquences et les appliquent aux événements contem¬ 
porains : c’est le Réveille matin des François et de leurs voisins 
(1574), c’est le Discours merveilleux de la vie, actions et déporte- 
mens de Catherine de Médicis (1575), c’est la France-Turquie 
(1576), c’est le Traité singulier, de Pierre Fabre (1576), ce sont sur¬ 
tout ces célèbres Vindiciæ, revendication contre les tyrans et aussi 
apologie du tyrannicide, qui va remuer l’Europe par son éloquence 
enflammée, la violence même et la passion dont il déborde, en 
même temps que Buchanan entre à son tour dans la lice pour 
soutenir les droits du peuple et déclarer le tyran digne de mort ". 

Voilà pour la théorie, les actes ne tarderont pas à suivre; 
laissez à la semence le temps de germer dans le sol obscur, la 
moisson sortira et c’est au nom des principes proclamés par Théo¬ 
dore de Bèze que, soixante-quinze années plus tard, le Parlement 
d’Angleterre et les presbytériens d’Écosse renverseront la royauté s . 

consiste qu’en ce que les Yindiciæ sont un ouvrage plus loug du double que 
l’autre. » ( Remarques critiques sur le Dictionnaire de Bayle, Paris, 1748- 
52, Critique de la Dissertation de Bayle, n° XXXII). 

1 Voir l’excellent travail publié par M. le professeur Ch. Borgeaud dans 
les Annales de VÉcole libre des sciences politiques, avril 1890 et janvier 
1891, traduit en anglais, sous le titre de : The Bise of modem Democracy 
in Old and New England, Londres, 1894, in-12. 

2 De jure regni apud Scotos (1579). — L’impression de cet ouvrage fut 
également interdite à Genève; cf. Reg. du Conseil, vol. 75, f° 18 r°, 
2G janv. 1580. 

3 « Le souverain gouvernement est tellement entre les mains des rois 
ou aultres tels souverains magistrats, que si, ce néanmoins, se détournons 
des bonnes loix et conditions qu’ils auront jurées, ils se rendent tyrans 
tous manifestes et ne donnent lieu à meilleur conseil, alors il est permis 




195 


LES IDÉES POLITIQUES DE THEODORE DE BEZE. 

En vain, Louis XIY semble-t-il faire triompher sur le conti¬ 
nent la cause de l’absolutisme et du pouvoir sans contrôle; il y a 
des courants que l’on ne remonte pas, des sentiments et des con¬ 
victions que l’on ne parvient plus, une fois enracinés, à arracher 
du cœur des hommes. Les protestants de France accueillis par la 
Hollande y relèveront le drapeau déployé jadis par les Théodore 
de Bèze, les Hotman, les Barnaud, les Duplessis-Mornay; ils 
engageront contre le despotisme une lutte désespérée et sauveront 
du moins, au profit du XVIII e siècle, la liberté de la pensée. 

Maintenant, le Contrat social peut paraître, la Révolution a 
trouvé son évangile, mais Rousseau lui-même ne fera que 
reprendre, sous une autre forme, quelques-unes des thèses fonda¬ 
mentales du traité du Droit des Magistrats, lorsqu’il procla¬ 
mera que force ne fait pas droit, qu’on n’est obligé d’obéir qu’aux 
puissances légitimes, que la puissance législative appartient au 
peuple et ne peut appartenir qu’à lui, que le magistrat doit être 
toujours prêt à sacrifier le gouvernement au peuple et non le 
peuple au gouvernement, que, dès que le gouvernement usurpe la 
souveraineté, tous les simples citoyens, rentrés de droit dans leur 
liberté naturelle, sont forcés mais non pas obligés d’obéir, que 
les dépositaires de la puissance exécutive ne sont point les maîtres 
du peuple, mais ses officiers; qu’il peut les établir et les destituer b 


aux magistrats inférieurs de pourvoir à soi et à ceux qu’ils ont en charge, 
résistant à ce tyran manifeste. Quant aux États du pays ou autres à qui 
telle autorité est donnée par les loix, ils s’y peuvent et doivent opposer 
jusqu’à remettre les choses en leur état, et punir même le tyran, si besoin 
est, selon ses démérites. En quoi faisant, tant s’en faut qu’ils doivent être 
tenus séditieux et rebelles, que tout au rebours, ils s’acquittent du devoir 
et serment qu’ils ont à Dieu et à leur patrie. » (Ed. citée, f° 507 v°). 

1 Je ne prétends point par là que Rousseau ait lu le traité du Droit 
des Magistrats ou même les Vindiciæ; cela est possible, probable même, 
mais la preuve n’en est pas faite. Je veux dire simplement que les théo¬ 
ries propagées par ces écrits sont parvenues jusqu’à lui et ont exercé une 
influence sur la formation de sa doctrine ; il les a renouvelées et les a 
faites siennes, en plaçant à la base l’idée essentielle du pacte fondamental. 
— Il convient de remarquer aussi que, d’après Th. de Bèze, il existe un 
contrat formel ou tacite entre la nation et les détenteurs du pouvoir 
(cf. plus haut, p. 190), tandis qu’aux yeux de Rousseau, l’acte par lequel 
un peuple se soumet à des chefs n’est point un contrat, mais une commis¬ 
sion, « un emploi dans lequel, simples officiers du [peuple] souverain, ils 




196 


BULLETIN. 


Enfin, c’est un autre citoyen de Genève, François d’Ivernois, 
qui, s’adressant à Louis XVI pour défendre, contre une oligarchie 
envahissante, les droits ,et les libertés de ses concitoyens, repren¬ 
dra la formule saisissante et presque les paroles du réformateur : 
«Il est un principe sacré dans toutes les républiques, c’est qu’elles 
sont établies pour ceux qui sont gouvernés et non pour ceux qui 
gouvernent. » 

Il semble, en vérité, que Genève fût prédestinée à devenir 
comme le laboratoire où s’est essayée la démocratie moderne et 
où devaient se développer les idées et les principes qui ont trans¬ 
formé le monde, au triple point de vue religieux, politique et social. 

Spectacle étrange assurément que celui du successeur de 
Calvin forgeant l’arme redoutable dont il entend sans doute ne 
diriger la pointe que contre le despotisme persécuteur, mais que 
la Ligue et les fanatiques sauront retourner contre leurs adver¬ 
saires 1 . Aristocrate d’origines et de tendances, homme de froide 
raison, de grand sens politique, Bèze fut tout l’opposé d’un déma¬ 
gogue et d’un révolutionnaire, mais c’est ici que l’on touche 
du doigt l'étroite connexité des questions politiques avec les 
questions religieuses dans les luttes des partis en France au 
X'\ I e siècle, et que l’on peut saisir — conséquence fatale des 
principes et nécessité implacable des situations, bien plus que 
volonté des réformateurs — la part capitale de la Réforme dans 
la naissance et le développement de la démocratie moderne. 

Il fallait en effet que ce ministre ayant charge d’âmes, ce chef 
d’un grand parti religieux et politique fût poussé par de bien 
impérieuses considérations pour lancer à travers le monde ces 

exercent en son nom le pouvoir dont il les a fait dépositaires. » Il n’est 
donc pas question, pour les dépositaires de la puissance exécutive, «de 
contracter, mais d’obéir. » ( Contrat social, liv. III, chap. 1, 16 et 18). 

1 C’est ainsi que le fougueux ligueur, Jean Boucher, dans son livre 
intitulé : De justa Henrici III abdicatione (1589), tirera des Vindiciæ 
une bonne partie de ses arguments. Plus tard encore, après l’assassinat 
d’Henri IV, Baricave, l’auteur de la Dcfence de la Monarchie françoise 
(1614), affirmera que c’est Théodore de Bèze, caché sous le nom de Junius 
Brutus, qui « par le moyen de ceste infernale doctrine a mis en la main de 
ce monstre de Ravaillac le funeste couteau dont il a percé le cœur du 
très-invincible Henry le Grand », accusation injuste, mais qui, plus que toute 
autre, eût été douloureuse pour celui que le Béarnais appelait son père. 




197 


LES IDÉES POLITIQUES DE THEODORE DE BÈZE. 

audacieuses propositions dont ses amis genevois eux-mêmes 
dénonçaient le scandale et le danger. Ce n’est pas à Genève qu’il 
pensait, cela s’entend de reste, c’est à la France et ci la situation 
presque désespérée dans laquelle se trouvaient alors les protes¬ 
tants de ce pays. Après la paix de Saint-Germain (août 1570), qui 
leur était favorable, les réformés s’étaient laissé endormir par 
l’attitude trompeuse de la cour. Le réveil, sonné par la cloche de 
Saint-Germain-l’Auxerrois, fut terrible; tout ce qui avait pu 
échapper au massacre courut aux armes : il fallait défendre sa 
vie et sauver les restes du parti. Cependant Charles IX et sa 
mère, devant les manifestations d’horreur et de réprobation que 
leur crime soulevait dans toute l’Europe, avaient senti la néces¬ 
sité de pallier le forfait en le représentant comme un acte de 
légitime défense contre une prétendue conspiration de Coligny et 
de ses partisans. De là, pour les protestants, l’obligation de 
rétablir la vérité travestie et d’affirmer la légitimité de leur résis¬ 
tance, les armes à la main, pour maintenir les droits qui leur 
avaient été solennellement garantis; de là aussi, cette éclosion 
presque simultanée d’écrits, plaidant la même cause et soutenant 
les mêmes doctrines. 

Mais c’est Bèze qui parlera le premier, c’est lui qui cou¬ 
vrira de son autorité la hardiesse même de ces revendica¬ 
tions, parce qu’à côté de la question politique, il y a un cas 
de conscience : Toute puissance vient de Dieu, obéissez aux 
puissances, dit l’Écriture. Mais cette règle est-elle absolue, 
implique-t-elle soumission passive à tous les excès du despotisme 
et de la persécution? A cette question qui, chaque jour, devient 
plus brûlante, il faut que le chef des églises, l’héritier de la pensée 
de Calvin, donne une réponse qui fixe la doctrine et rassure les 
timorés. «J’ai voulu, dit-il, répondre à ceux qui la mettent en 
avant, de peur qu’ils ont de faillir en entreprenant quelque 
chose contre Dieu. » C’est non seulement son droit, mais encore 
son devoir. Oui, l’obéissance est due aux puissances, mais à con¬ 
dition qu’elles ne commandent rien d’inique ou d’irréligieux : 
« Piété et charité sont les limites de l’obéissance due aux magis¬ 
trats. Juste résistance par les armes n’est point contraire à la 
patience ni aux prières des chrétiens. » 

Au surplus, c’est une effronterie singulière que d’invoquer les 



198 


BULLETIN. 


préceptes de l’Évangile contre ceux qui refusent de tendre la 
gorge au poignard. Quels sont-ils, en effet, ceux qui, « couvrant 
toutes leurs cruautés du manteau de leur fausse religion», usent 
d’un tel argument? «Je ne les estime dignes d’autre réponse que 
de celle qu’il faudrait faire à quelques brigands qui plaideraient 
contre les marchands et autres allant par pays, à ce qu’ils ne 
portassent plus d’épée pour se défendre, se permettant cependant 
toute sorte d’armes pour les égorger \ » 

Tel est le but de l’ouvrage et l’intention en apparaît nettement 
lorsqu’on le rapproche des circonstances qui le virent naître.Mais on 
comprend aussi l’embarras des magistrats genevois et leur refus 
d’en autoriser la publication, mesure sans précédent à l’égard de 
l’auteur, qui jouissait auprès d’eux d’une considération toute par¬ 
ticulière et dont ils sollicitaient constamment les avis, même en 
matière politique. 

Citadelle des réformés de France, toujours prête à leur envoyer 
des ministres, des subsides ou des livres, Genève était fort sus¬ 
pecte aux yeux du roi, qui lui reprochait, en particulier, d’être 
l’officine d’où se répandaient tous ces pamphlets, mémoires et traités 
politico-religieux, pleins d’invectives contre sa personne et atten¬ 
tatoires à son autorité. Sans l’obligation où il était de ménager 
les Bernois et les cantons protestants, dont il avait besoin, il n’eût 
pas tardé, tout le fait croire, à porter la main sur l’indépendance 
de la république. Mais il ne cessait du moins, par l’intermédiaire 
de son ambassadeur auprès des Ligues, de faire parvenir ses 
réclamations au Conseil : 

« Les cruautés de la Saint-Barthélemy, remarque l’historien 
Jean-Ant. Gautier, à la date de 1573 1 2 , donnèrent lieu à divers 


1 Rousseau retrouve l’argument et presque la comparaison de Bèze, 
mais son style incomparable leur donne une force et une vie nouvelles : 
« Obéissez aux puissances. Si cela veut dire, cédez à la force, le précepte 
est bon mais superflu; je réponds qu’il ne sera jamais violé. Toute puis¬ 
sance vient de Dieu, je l’avoue; mais toute maladie en vient aussi; est-ce 
à dire qu’il soit détendu d’appeler le médecin? Qu’un brigand me sur¬ 
prenne au coin d’un bois, non seulement il faut par la force donner la 
bourse; mais quand je pourrais la soustraire, suis-je en conscience obligé 
de la donner? Car enfin le pistolet qu’il tient est aussi une puissance. » 
( Contrat social, liv. I, chap. 3). 

2 Histoire de Genève, t. Y, p. 97. 



199 


LES IDÉES POLITIQUES DE THEODORE I)E BÈZE. 

écrits satiriques oîi le roi de France et sa cour n’étaient pas 
épargnés. 11 s’en débitait même quelques-uns dans Genève, un 
entre autres dont on faisait Théodore de Bèze auteur, qui était 
une réponse en latin au discours que l’ambassadeur de France 
avait fait à la diète de Baden qui fut tenue peu de temps après 
les massacres, pour les excuser. Les seigneurs de Berne, sentant 
que leurs alliés s’attireraient laFrance à dos d’une cruelle manière, 
s’ils n’empêchaient pas que de tels livres se composassent et se ven¬ 
dissent dans leur ville, leur en écrivirent leur pensée. On déféra 
à leurs exhortations; tous les exemplaires du livre qui avait causé 
le scandale furent supprimés. De Bèze, de même que tous ceux 
de ses collègues que le Conseil manda pour savoir d'eux quelle 
part ils avaient à la composition de cet écrit, nièrent tous cons¬ 
tamment et protestèrent solennellement de n’y en avoir aucune. 
Bellièvre, informé des diligences des seigneurs de Genève, leur 
écrivit une lettre pour leur marquer la satisfaction qu’il en avait. 
Il leur faisait sentir en même temps qu’ils avaient un grand inté¬ 
rêt à 11 e point irriter un aussi grand prince que le roi son maître, 
lequel, de même que ses prédécesseurs, ayant toujours honoré la 
République de son affection, les seigneurs de Genève devaient se 
conduire de manière à ne donner aucun lieu à se faire soupçonner 
de favoriser ceux qui entretenaient en France la guerre civile, et 
travailler à lever les préjugés que l’on avait contre eux à cet 
égard. » 

Sous les fleurs de rhétorique et les formules du diplomate, 
on sent percer la pointe menaçante. 

On voit donc à quelle extrême prudence étaient tenus les magis 
trats genevois, sous peine d’exposer leur ville aux plus graves 
dangers. Malgré leurs ardentes sympathies pour les églises 
réformées de France, ils avaient d’autres intérêts plus immé¬ 
diats, plus importants pour eux à défendre; ils ne pouvaient se 
placer tout à fait sur le même terrain que Bèze, préoccupé sur¬ 
tout des angoisses et des périls de ses coreligionnaires, et qui eût 
souvent désiré, de la part du Conseil, une attitude plus résolue. 

Ainsi se trouve expliquée la mesure prise à l’égard d’un livre 
qui ne pouvait manquer d’exciter les colères de la cour de 
France, et l’on comprend dès lors pourquoi les commissaires- 
rapporteurs, Roset en tête, le déclarent « fort scandaleux et pou- 





200 


BULLETIN. 


vaut causer plusieurs troubles et émotions dont cette ville seroit 
chargée. » 

Il s’en fallut de peu que, deux mois plus tard, sur les réclama¬ 
tions de l’ambassadeur de France auprès des Ligues, le célèbre 
traité d’Hotman, le Franco-Gallia, dont le Conseil avait cepen¬ 
dant autorisé l’impression quelque temps auparavant, ne fût sup¬ 
primé à son tour. L’intervention de Bèze parvint cette fois à 
détourner le coup \ 

C’est donc bien certainement dans les circonstances de la poli¬ 
tique extérieure que l’on doit chercher le motif principal de la 
décision du Conseil. Il en est peut-être un autre dont il con¬ 
vient de dire quelques mots. D’abord simples magistrats muni¬ 
cipaux d’une ville soumise à l’autorité d’un évêque, les 
syndics et conseil de Genève étaient devenus, depuis la 
Réforme, les représentants d’un état souverain. Cette révolu¬ 
tion ne pouvait manquer d’amener par degrés un change¬ 
ment considérable dans le recrutement des membres du gou¬ 
vernement et dans l’esprit qui les animait. Les négociations 
incessantes et délicates qu'il faut conduire à l’extérieur exigent 
des hommes de carrière, rompus aux affaires et consacrant 
leur existence à la chose publique. Tels les Roset, les Yarro, les 
Chevalier. Ainsi se forment peu à peu un certain nombre de 
familles gouvernementales; le patriciat va naître qui s’épanouira 
au XVII e siècle. 

Mais avec la conscience très légitime des services rendus au 
pays, apparaît aussi l’esprit de caste. Les magistrats s’habi¬ 
tuent à se considérer comme la personnification même du sou¬ 
verain, d’autant plus que l’exemple est constamment là, sous 
les yeux, de Leurs Excellences de Berne et de leurs allures prin- 
eières. On a des sujets, on donne des investitures; de moins en 
moins, on consulte le Conseil général et même le Deux-Cents; les 
titres de Magnifiques et Très honorés Seigneurs, qui passent au 
protocole 1 2 , sonnent harmonieusement aux oreilles. 

1 Reg. du Conseil, vol. 68, f os 145 r°, 185 r°, 208 v°, 209 v° (7 juillet- 
23 oct. 1573). 

2 En 1585, le conseiller Jean Canal, commis sur l’imprimerie, fait sup¬ 
primer ces titres dans un almanach dédié aux magistrats de Lausanne, 
attendu que ce sont «titres de souverains». (Reg. du Conseil, vol. 80, f° 172). 




201 


LES IDÉES POLITIQUES DE THEODORE DE BEZE. 

Dès l’année 1571, on décide que les membres du Conseil seront 
vêtus à la manière des magistrats de Suisse et qu’ils porteront 
une robe, du moins lorsqu’ils iront au Conseil, « pour ne rien 
négliger, remarque encore Gautier, de ce qui pouvait contribuer 
à faire respecter ceux qui étaient à la tête de l’État 1 2 ». 

Donner à des hommes un costume spécial, c’est le plus sûr 
moyen de créer chez eux l’esprit de caste. 

Et, remarquons-le, précisément en ces années, commencent à 
s’élever de graves dissentiments entre les ministres et les magis¬ 
trats. Depuis la chute des Libertins jusqu’à la mort de Calvin, 
l’harmonie la plus complète n’avait cessé de régner entre l’auto¬ 
rité religieuse et le pouvoir civil, ou, pour mieux dire, sous l’as¬ 
cendant absolu du réformateur, l’Église et l’État n’avaient formé 
qu'un corps et qu’une âme. Mais, à mesure que la grande ombre 
redoutée disparaît dans le passé, le magistrat s’émancipe et affirme 
de plus en plus ses prérogatives et sa suprématie. Il supporte 
malaisément le droit de censure publique, .je dirai même le rôle de 
tribuns du peuple, que s’attribuent les ministres, il déclare intolé¬ 
rables leurs attaques violentes, parfois injurieuses et personnelles. 
Sans vouloir porter atteinte à la sainte liberté des interprètes de la 
Parole de Dieu, on leur rappelle qu’ils doivent aux représentants 
de l’État, respect, honneur et obéissance, qu’ils en ont prêté le ser¬ 
ment, tandis que, par leurs discours et leur attitude, ils ne ten¬ 
dent à rien moins qu’à exciter le peuple à la sédition. Durant une 
trentaine d’années, la lutte se poursuivra avec une singulière 
âpreté des deux parts, et ce ne sera pas l’une des moins lourdes 
tâches de l’admirable Théodore de Bèze que de s’interposer 
entre l’intransigeance de ses collègues et les revendications tou¬ 
jours plus impérieuses du pouvoir politique. Vers la fin du 
XVI e et au début du XVII e siècle, la victoire de l’État sera défi¬ 
nitive; en 1573, la lutte commence seulement à se dessiner, mais 
le Conseil a déjà nettement pris position a . 


1 Ouvr. cité, t. V, p. 95. 

2 M. le pasteur Eugène Choisy prépare, sous le titre de : L’Etat 
chrétien à Genève au temps de Théodore de Bèze, un travail complet sur 
les rapports, si intéressants e t si mal connus encore, de la Compagnie 
des Pasteurs avec le Conseil, dans le dernier tiers du XVI e siècle. — 
Voir aussi Ch. Borgeaud, Histoire de V Université de Genève, l’Académie 




202 


BULLETIN. 


Ce dut être par conséquent une note discordante aux oreilles 
de nos très honorés Seigneurs, que ce traité du Droit des Magis¬ 
trats. Sans doute, ou a soin de déclarer qu’il ne contient que la 
vérité; on ne pouvait moins faire dans une république d’origine 
essentiellement démocratique. Mais en pratique, on estime que 
toute vérité n’est pas bonne à dire au peuple, surtout au peuple 
de col roide que fut toujours le nôtre. Il est pour le moins inutile 
de lui rappeler que les magistrats sont faits pour le peuple, et 
non le peuple pour les magistrats; il est dangereux de donner la 
sanction officielle à cette proposition si grave, que la résistance par 
les armes peut s’imposer comme un devoir lorsque l’autorité 
constituée devient tyrannique. C’est,, ai-je dit, proclamer, avec 
quelques précautions oratoires \ le droit à la révolution : Roset et 
ses collègues avaient encore présent à la mémoire le souvenir de 
l’émeute du 16 mai 1555 et des angoisses de cette nuit historique. 

Aussi, lorsque deux ans plus tard environ, l’imprimeur 
Abel Rivery sollicita, pour son propre compte, l’autorisation 
de publier le traité qui avait paru ailleurs et se trouvait 
déjà partout répandu, le Conseil demeura-t-il ferme dans sa 
résolution, malgré l’avis favorable des ministres, et décida que 
l’impression n’en serait point permise dans la ville, « pour la 
conséquence du dit livre et pour la matière qu’il traite 2 . » 

L’auteur en effet ne s’était pas laissé arrêter par une décision 


de Calvin, Genève, 1900, in-4, et le mémoire de M. Hippolyte Aubert sur 
«Nicolas Colladon et les Registres de la Compagnie des Pasteurs», dans le 
présent Bulletin, t. II, p. 138. 

1 « Je déteste les séditions et toute confusion, comme monstres horri¬ 
bles ; j’accorde que surtout en l’affliction, il nous faut dépendre d’un seul 
Dieu. » (Éd. citée, f° 488). 

2 Du 20 janvier 1575. « Abel Riveri a présenté requeste tendante à 
luy permettre d’imprimer ung livre intitulé Du droict des Magistratz 
envers leurs subjectz. A esté arresté qu’on en communique aux ministres 
par ce mesmes qu’on l’a cy devant refusé. » (Reg. du Conseil, vol. 70, 
f° 14 r°). 

Du 7 février. « Abel Riveri. Sus sa requeste cy devant présentée ten¬ 
dante à luy permettre d’imprimer le livre composé par M. de Beze, intitulé 
De jure Magistratuum, encor qu’il ayt esté veu par les aultres ministres 
qui ne le trouvent pas mauvais, totesfois pour la conséquence dudit livre 
et la matière qu’il traicte, arresté qu’on ne permette pas de l’imprimer 
icy. » {Ibid., f° 27 v°). — Documents inédits. 




203 


LES IDÉES POLITIQUES DE THEODORE DE BEZE. 

qui ne lui interdisait pas de publier son ouvrage ailleurs. Il prit 
ses mesures en conséquence et c’est dans une autre ville, à Lyon 
probablement 1 , que fut imprimé, vers la fin de 1573 ou au début 
de 1574, le traité du Droit des Magistrats. Il n’est pas admis¬ 
sible, en tous cas, que la première édition ait vu le jour à 
Genève. Bèze avait donné sa parole et n’était pas homme à la 
violer. Mieux que personne, il connaissait les ordonnances qui 
défendaient la publication d’aucun livre sans l’autorisation du 
magistrat 2 et ce n’est pas lui qui eût donné l’exemple d’une 
désobéissance à la loi. On comprend qu’il ait vivement protesté 
contre la perquisition, presque injurieuse pour lui, mais qu’expli¬ 
quent les circonstances, faite sur l’ordre du Conseil, dans la 
maison du libraire Jean Durand. 

Ce n’est pas toutefois, il faut insister sur ce point, que Bèze se 
montre agressif ou sectaire. Par le mouvement de la pensée, par 
l’aisance et l’ampleur de la forme, le traité Du droit des Magis¬ 
trats est une œuvre très distinguée. Rarement l’auteur, dont le 
style est généralement un peu terne lorsqu’il ne manie pas la 
satire, a été mieux inspiré. Mais s’il écrit encore sous le coup de 
l’émotion ressentie à la nouvelle des horreurs de la nuit tragique, 
s’il frémit à la pensée des angoisses de ceux qui ont souffert la 
mort et les pires outrages, il se garde de toute violence, de toute 
allusion même aux événements contemporains et demeure iné¬ 
branlable sur le terrain des idées pures. En dénonçant la tyrannie, 
il parle le langage d’un ministre de l’Evangile et d’un homme 
d’état, mais non celui d’un pamphlétaire; c’est, en définitive, par 
un appel à la Justice divine qu’il termine son livre : « Quant à 
cette manière de gens qui ne servent au monde que pour le faire 
regorger de sang innocent, abusant des princes de la seule ruine 
desquels ils s’agrandissent... je les remets, non point tant à leur 
conscience, d’autant que la plupart n’en a plus, qu’au tribunal de 

1 C’est du moins ce qui me paraît résulter de l’aspect typographique du 
volume. On sait que la presse jouissait à Lyon d’une liberté inconnue ail¬ 
leurs. 

2 « Que nul n’ayt à mettre soubz la presse livre qui ne soit 
approuvé et qu’il n’en ayt obtenu permission de la Seigneurie. » 
(Ordonnances de 1560 sur l’imprimerie, Archives de Genève, Mss. hist., 
n° XI). 



204 


BULLETIN. 


celui de la Souveraineté et Justice duquel le temps et l’effet mon¬ 
trera qu’ils n’auront pu s’exempter \ » 

Les Vindiciæ ont de bien autres allures. 

Suivant la coutume du temps, Théodore de Bèze professait en 
latin et il paraît bien résulter du texte des arrêts des 10 et 
13 août 1573 2 que son intention primitive fût de publier l’ou¬ 
vrage dans cette langue. C’était lui laisser un caractère acadé¬ 
mique, le destiner aux seuls lettrés et obtenir ainsi plus aisément 
l’autorisation de l’imprimer. Mais le refus du Conseil ayant 
rendu ces ménagements superflus, l’auteur jugea utile de 
s’adresser au peuple lui-même et c’est pourquoi il fit paraître 
son livre en français. 

Au moment même où Théodore de Bèze développait à l’Aca¬ 
démie, devant un auditoire composé d’étudiants de toutes les 
nations, les thèses du traité du Droit des Magistrats, François 
Hotmail composait le Franco-Gallia 1 2 3 ; il soutenait, dans cet 
ouvrage, que le pouvoir d’élire les rois de France appartenait 
anciennement aux États du royaume et à toute la nation assem¬ 
blée en corps, que celle-ci avait dès lors le droit de les déposer, 
que la royauté n’est donc point successive mais élective, enfin 
que les femmes sont incapables de parvenir à la couronne. 

De telles coïncidences ne sont pas dues au hasard. Nous 
avons vu, en effet, que Bèze soumit à Hotman le manuscrit de 
son ouvrage 4 . Il me paraît donc hors de doute que ces publica¬ 
tions presque simultanées furent décidées de concert par les deux 
illustres écrivains 5 et c’est dans un fait historique qu’il faut cher- 

1 Éd. citée, f° 521 v°. 

2 «Le livre par luy présenté De jure Magistratuum ». 

3 L’autorisation du Conseil pour l’impression de cet ouvrage est du 
7 juillet 1573 (voir plus haut, p. 200, note 1); la première édition, parut la 
même année, à Genève, chez Jacob Stœr, in-8. — Je rappelle que la requête 
de Bèze pour l’impression de son traité est du 30 juillet; c’est donc dans 
la première quinzaine de ce mois au plus tard, c’est-à-dire avant l’appa¬ 
rition du Franco-Gallia, qu’il a dû traiter le sujet dans ses leçons. 

4 Arrêt du 13 août 1573 : «Estant asseuré que sa copie n’est sortie de 
ses mains et de son homme qui l’a copiée et de M. Hotoman qui l’a veu. » 
(Voir plus haut, p. 193). 

5 Dans une lettre du 26 août 1573, adressée à Claude Textor, qui 
enseignait alors le français à Wittenberg, Théodore de Bèze signale la 



LES IDÉES POLITIQUES DE THEODORE DE BÈZE. 205 

cher les motifs de leur commune détermination. Sous la menace 
des persécutions religieuses, un grand nombre d’hommes distin¬ 
gués par le savoir et l'intelligence, avaient été contraints de 
quitter la France et de se retirer à Genève, mais ils étaient 
demeurés profondément attachés à leur pays d’origine et sui¬ 
vaient d’un œil anxieux les tragiques événements dont il était le 
théâtre 1 . Bèze, Hotmail, Henri Estienne, Innocent Gentillet 2 , 
membre du parlement de Grenoble, « l’oracle de la jurisprudence », 
ont dû souvent discuter ensemble les questions politiques à 
l’ordre du jour et les moyens les plus propres à employer pour 
combattre un gouvernement inique. 

Or, c’est précisément à cette époque qu’allait se former le parti 
des Politiques, c’est-à-dire celui des honnêtes gens, décidé à réta¬ 
blir la paix sociale et à délivrer la France des factions qui l’en¬ 
traînaient aux abîmes. Unis aux réformés et conduits d’abord 
par le duc d’Alençon, le maréchal de Damville et les princes pro¬ 
testants, ces mêmes politiques devaient plus tard soutenir 
Henri IV et lui donner la couronne. 

Ce mouvement répondait trop aux aspirations et aux idées de 
Bèze et de ses amis pour qu’il ne fût pas énergiquement appuyé 
par eux. Il s’agissait surtout de refréner les abus du pouvoir, en 
faisant revivre l’autorité de la nation et des États généraux. Cette 
cause était la leur; ils pouvaient la servir par la plume autant 
que d’autres par l’épée. Les rôles furent partagés : tandis 
qu’Hotman attaquera, sur le terrain juridique et celui de l’his- 


publication du Franco-G-allia, et ajoute que cet ouvrage pourra peut-être 
convenir aux leçons de son correspondant. M. le professeur Borgeaud 
(ouvr. cité, p. 131) infère de ce passage que Bèze ne s’étant même pas 
donné la peine d’ouvrir le volume, ignorait jusqu’au sujet traité par l’au¬ 
teur et en jugeait d’après le titre. Cette opinion ne me paraît pas compa¬ 
tible avec les faits et les documents qui viennent d’être mentionnés ici. Il 
est vrai que l’on s’explique mal comment la matière du Franco-Gallia, 
savoir les anciennes institutions politiques du royaume, pouvait trouver 
sa place dans un cours consacré à la langue française. 

1 Voir à ce sujet la thèse magistrale de M. le professeur Louis Clément, 
sur Henri Estienne et son œuvre française, Paris, 1899, in-8, p. 29 et suiv. 

2 II fut reçu habitant à Genève, le 23 octobre 1572, et mourut dans 
cette ville, le 23 juin 1588, «âgé d’environ 56 ans ». (Archives de Genève, 
Reg. des décès). 



206 


BULLETIN. 


toire, les prétentions absolues de la royauté, en montrant qu’elles 
sont contraires aux institutions primitives et à l’ancien droit du 
royaume, Bèze, comme chef des églises, établira que la tyrannie 
ne peut se réclamer du droit divin, Gentillet dénoncera, dans son 
Discours contre Machiavel (1576) \ le danger et l’infamie des 
procédés de gouvernement chers à Catherine de Médicis, Estienne 
enfin, dans ses Dialogues du nouveau langage français italianisé 
(1578), exercera sa verve aux dépens de la cour avilie et cor¬ 
rompue par l’invasion italienne 2 . 

Il est permis de voir dans ces écrits, si divers en apparence, 
mais qui tous concouraient au même but. la réalisation d’un 
plan arrêté pour soutenir l’effort des Politiques. Et, d’autre 
part, ces publications répondaient trop bien aux vues des chefs 
de ce parti pour qu’il n’y ait pas eu, entre ceux-ci et les écrivains 
retirés à Genève, sinon entente formelle, du moins communauté 
d’idées et concordance d’action. 

Alfred Cartier. 

1 Cet ouvrage a été généralement attribué, mais sans preuves formelles 
jusqu’ici, à Innocent Gentillet. Yoici un document inédit, tiré des Regis¬ 
tres du Conseil de Genève et qui tranche la question : « Gentillet a faict 
présenter certaine Besponce qu’il a faicte au livre de Maclviavelli, laquelle 
comme on atteste a esté veue par M 1 ' de Beze. A esté arresté qu’on luy 
permette de l’imprimer, suyvant sa requeste. » (Vol. 70, f° 166 r°, 
21 octobre 1575). 

2 Sur «l’esprit de cour et l’italianisme», voir l’ouvrage déjà cité de 
M. Clément, p. 107 et suiv. — Le Discours merveilleux de la vie de 
Catherine de Médicis est-il dû à la collaboration d’Henri Estienne, 
de Théodore de Bèze et d’innocent Gentillet, suivant l’hypothèse ingé¬ 
nieusement soutenue par M. le professeur Clément (ouvr. cité, p. 32 et 
112)? Je ne crois pas que cette attribution puisse être considérée comme 
suffisamment établie; elle rencontre même de sérieuses objections de fait, 
mais que ce n’est pas le lieu de développer ici. 





BULLETIN 


UK LA 

SOCIÉTÉ D’HISTOIRE ET D’ARCHÉOLOGIE 


OCTOBRE 1901 


Personnel de la Société. 


Depuis la publication du dernier Bulletin, daté d’octobre 1900, 
la Société d’histoire et d’archéologie a reçu au nombre de ses 
membres effectifs : 

MM. 

1900 Théodore N a ville, pasteur. 

» Jean-Jacques Monnier, licencié ès lettres. 

» Edouard Andreæ, docteur en médecine. 

» Alfred Audéoud, colonel. 

» Jules COUGNARD. 

» Edouard Bonna, licencié en théologie. 

» Tobie Chaperon, docteur en médecine. 

1901 Edmond Barde, licencié en droit. 

» Henri Ivündig. 

Et au nombre de ses membres correspondants : 

1901 M. Émile Doumergue, professeur à la Faculté de théo¬ 
logie protestante de Montauban. 


BULLETIN. 


T. II. 


lo 




208 


BULLETIN. 


D’autre part, la Société a eu le regret de perdre quatre de ses 
membres effectifs : MM. Henri Silvestre (f 20 novembre 1900), 
Edmond Pictet (y 25 janvier 1901), Hippolyte Gosse (f 22 fé¬ 
vrier 1901), et Charles Galland (y 12 mars 1901). 

Allocution prononcée, dans la séance du 14 février 1901, par 
M. Alfred Cartier, président, à l’occasion du décès de M. Edmond 
Pictet : 


Messieurs, 

Il y a quelques semaines à peine, notre regretté collègue, 
Edmond Pictet, dans une de ces communications dont d avait le 
secret, toujours si captivantes par l’intérêt de détails curieux et 
inédits puisés aux sources mêmes, nous tenait sous le charme de 
sa parole pittoresque et animée. 

Nous ne pensions pas alors que nous entendions sa voix pour 
la dernière fois et que nous ne le verrions plus prendre place au 
milieu de nous. 

Aussi, est-ce avec un profond sentiment de tristesse que je dois, 
à peine installé, remplir le devoir de ma charge, eu apportant à 
la mémoire de notre collègue, au nom de la Société d’histoire, 
un juste tribut d’hommages et de regrets. 

On a dit ailleurs, et mieux que je ne saurais le faire, ce qu’a 
été Edmond Pictet, comme homme de bien, comme citoyen 
dévoué autant que modeste et désintéressé. Mais il est un côté de 
son existence et de son activité, et non celui qui lui tenait le moins 
à cœur, par lequel il nous appartient tout spécialement. 

Il laisse, dans le domaine de l’histoire genevoise, comme dans 
le sein de cette Société, à laquelle il n’a jamais cessé jusqu’à la 
fin de témoigner son zèle et son attachement, un vide qui ne sera 
pas comblé. 

Rien de ce qui touchait au passé de notre pays, à ses glorieuses 
traditions ne le trouvait indifférent; il y apportait un intérêt 
passionné, parce qu’il sentait profondément que c’est dans le culte 
de ce passé d’honneur et de sacrifices incessants à la patrie qu’est 
le salut de notre nationalité. Il n’ignorait pas non plus que la 
Société d’histoire considère comme son plus beau privilège le 
devoir qui lui incombe de maintenir, avec un soin jaloux, ces 




PERSONNEL DE LA SOCIETE. 


209 


nobles traditions et de les transmettre intactes aux générations 
à venir, aussi avait-il reporté sur notre association, dont il a fait 
partie pendant plus de trente-trois ans, quelque chose des senti¬ 
ments qu’il éprouvait pour sa ville natale. 

Son œuvre capitale est bien certainement cette biographie 
de Pictet de Itochemont, dont on a dit très justement qu’elle 
n’était pas seulement le récit de la vie de l’éminent négociateur 
du Congrès de Vienne, mais encore toute l’histoire documentée 
et même anecdotique de ces solennelles assises qui ont créé 
l’Europe moderne 1 . Ce livre restera, parce qu’au mérite d’une 
forme personnelle incisive et vivante, se joint une méthode rigou¬ 
reuse, une grande sûreté d’appréciation et une haute impar¬ 
tialité. Seul du reste, l’auteur pouvait l’écrire, comme détenteur 
des papiers de son grand aïeul maternel. 

Mais à part cet important ouvrage, c’est à notre Société que 
Pictet a fidèlement réservé le fruit de ses recherches et de ses 
travaux. Il serait difficile d’énumérer ici toutes les communi¬ 
cations dont nous lui sommes redevables, je veux signaler du 
moins celles qui ont paru dans nos publications: le Journal d’un 
Genevois à Paris sous le Consulat , qui renferme les souvenirs 
personnels du professeur Marc-Auguste Pictet, les Lettres du secré¬ 
taire d’Etat M.-A. Puerari à Jean-André de Luc , relatives à 
l’une des périodes les plus troublées de notre histoire (1790-1791), 
enfin des Lettres inédites de Voltaire à Louis Necker de Ger- 
many et à J.-A. de Luc, éditées en collaboration avec notre 
collègue M. Édouard Favre. 

Ce sont là autant de documents précieux mis à la disposition 
des historiens. Les travaux de ce genre demeurent généralement 
ignorés du grand public, mais c’est à nous précisément qu’il 
appartient de leur rendre justice et d’en proclamer la valeur. 

Il faudrait pouvoir énumérer aussi les nombreux articles de 
journaux consacrés par Edmond Pictet à des ouvrages ayant 
trait aux lettres ou à l’histoire genevoises. Ces comptes rendus 
se distinguent par une grande justesse de vues, autant que par 
l’équité et la bienveillance des jugements. 

1 Biographie , travaux et correspondance diplomatique de C. Pictet de 
Bochemont, 1755-1824. Genève 1892, in-8, avec un portrait et une carte. 




210 


BULLETIN. 


J’aurais voulu, Messieurs, qu’une voix plus autorisée que la 
mienne se fît entendre pour rappeler le rôle et les mérites de 
notre collègue comme historien et comme membre de notre asso¬ 
ciation, mais je puis du moins, à un point de vue plus personnel 
et plus intime, faire appel au témoignage de beaucoup d’entre 
nous. Malgré l’abord peut-être un peu genevois qui était parfois 
le sien, Edmond Pictet était l’obligeance même. Jamais un de nos 
présidents, mis dans l’embarras par une défection de la dernière 
heure, ne s’est adressé à lui sans que sa requête fût cordialement 
accueillie. Pictet avait toujours une réserve prête pour de sem¬ 
blables occasions. C’est de même avec une complaisance iné¬ 
puisable qu’il mettait au service des chercheurs la connaissance 
approfondie et que seul il possédait, des archives particulières 
des familles genevoises, dont il était devenu, par la confiance 
absolue qu’inspirait son caractère, le directeur bénévole et le 
dispensateur autorisé. 

Nous garderons, Messieurs, le souvenir reconnaissant de tant 
de services rendus par cet ami fidèle, par cet homme de cœur, de 
devoir et de talent et vous vous joindrez à moi, j’en ai l’assu¬ 
rance, dans l’expression de ces sentiments et de ces regrets. 

Allocution prononcée, dans la séance du 28 février 1901, par 
M. Alfred Cartier, président, à l’occasion du décès du D r Hippo- 
lyte Gosse : 

Messieurs, 

La mort creuse dans nos rangs des vides difficiles à combler. 
Après Edmond Pictet, dont la perte toute récente nous est encore 
si douloureuse, elle vient de nous enlever le docteur Hippolyte 
Gosse, le plus ancien de nos membres effectifs. 

L’état de sa santé et peut-être un peu de lassitude aussi, sur la 
fin d’une carrière bien remplie, l’avaient, depuis quelque temps, 
tenu éloigné des séances et des travaux de notre société, mais il 
en a été, pendant bien des années, l’un des membres les plus 
assidus. 

Médecin, par vocation et par devoir, mais archéologue né, 
Gosse devait trouver en effet dans notre association, à l’époque 
oîi il y entra, c’est-à-dire en 1853, un milieu sympathique et 




211 


PERSONNEL DE EA SOCIÉTÉ. 

particulièrement favorable au développement de ses goûts. Sous 
l’influence des Henri Boissier, des Soret, des Cliaponnière, des 
Blavignac, des François Mavor, des Ferrucci, l’archéologie tenait 
alors une place prépondérante, presque exclusive, dans les séances 
et les préoccupations de la Société d’histoire. Gosse ne tarda pas 
à prendre sa place en bon rang parmi ces hommes distingués 
dont l’exemple et les conseils durent lui être précieux. Avant 
même d’être reçu membre, il avait débuté par deux commu¬ 
nications — l’une en collaboration avec son père — sur des 
agrafes de ceinturon en bronze et en fer trouvées à La Balme. 
Dès lors, il se passa peu de séances sans qu’il fît part à ses 
collègues de ses recherches et de ses découvertes. Le nombre de 
ses communications s’élève à plus de cent, mais, par le fait sans 
doute de leur caractère un peu improvisé, une seule a trouvé 
place dans nos Mémoires, la Notice sur d'anciens cimetières 
trouvés soit en Savoie soit dans le canton de Genève, et principa¬ 
lement sur celui de La Balme près de La Roche (M. D. G., t. IX). 

Parmi les plus importantes, il convient de signaler celle relative 
à ces célèbres étoffés égyptiennes des premiers siècles de l’ère 
chrétienne, trouvées dans l’oasis du Fayoum et dont l’étude a 
inspiré à notre collègue son mémoire : Sur quelques représen¬ 
tations du vase eucharistique, paru en 1894, qui restera peut-être, 
avec ses recherches sur l’âge du renne en Suisse, ses titres scien¬ 
tifiques les plus solides et les plus incontestés. 

Mais la part qu’il prenait aux travaux de notre association ne 
forme qu’un côté restreint de son activité dans le domaine archéo¬ 
logique, et la réunion complète de ses publications formerait 
un recueil considérable. C’est que l’archéologie toute entière était 
son domaine. I! se portait avec une ardeur passionnée sur toutes 
les questions à l’ordre du jour, sur toutes les découvertes nou¬ 
velles. Je n’oserais affirmer que les conclusions oii l’entraînaient 
parfois l’hypothèse hardie et son imagination très vive plus que 
la rigoureuse méthode, demeurent toutes inattaquables. On ne 
peut traiter avec une égale compétence les époques les plus 
diverses, depuis celle des cavernes jusqu’à l’âge du fer, les sépul¬ 
tures mérovingiennes, l’art byzantin, l’architecture du moyen âge 
et le reste, et l’on doit regretter que, sans tomber dans l’étroitesse 
d’une spécialisation à outrance, Gosse irait pas concentré davan- 



212 


BULLETIN. 


tage ses brillantes facultés et sa vaste érudition. L’étendue même 
de ses recherches, dispersées sur un domaine immense, risque de 
nuire à leur valeur intrinsèque. Son œuvre ne demeurera pas 
intacte en toutes ses parties, mais il en restera assez pour assurer 
au nom d’Hippolyte Gosse une place dans les annales de la science 
qu’il a tant aimée. 

Le Musée archéologique, dont il fut le conservateur depuis 1S72 
et qu’il a presque créé, suffirait d’ailleurs à lui seul pour mériter 
à Gosse le souvenir reconnaissant de tous les amis de l’histoire 
locale. Son zèle infatigable nous a conservé bien des objets pré¬ 
cieux qui, sans lui, seraient aujourd’hui perdus ou éloignés sans 
retour, et c’est avec un désintéressement absolu qu’il n’a cessé 
d’enrichir ce précieux dépôt. Dès son entrée en fonctions, il avait 
déclaré qu’un directeur de musée ne devait pas avoir de collec¬ 
tion particulière et il n’hésita pas à incorporer la sienne à celle 
du public. 

Comme homme et comme savant, Hippolyte Gosse a été quel¬ 
qu'un : une physionomie, une personnalité et un caractère. C’est 
beaucoup par le temps qui court. Ceux qui l’ont connu n'ou¬ 
blieront pas cette originale figure, dont je souhaiterais de voir 
ici conserver le portrait, et notre association saura garder la 
mémoire des services rendus pendant cinquante ans à l’histoire 
de notre pays \ 

Le nombre des membres effectifs de la Société était, au 31 oc¬ 
tobre 1901, de 185. 

La Société a encore perdu M. Paul Chaix, le dernier de ses 
membres fondateurs et membre honoraire depuis 1898; et deux 
de ses membres correspondants, MM. Aimé-Louis Herminjard 
et M. Basile Hidher. 


1 Voyez la liste de ses publications jusqu’en 1896 dans les ouvrages 
suivants : 

Catalogue des ouvrages , articles et mémoires publiés par les professeurs 
de V Université de Genève, par Charles Soret, Genève, 1896, in-8, p. 301. 

Publications des membres actuels de la Société de physique et d’histoire 
naturelle de Genève, Genève, 1883, in-8, p. 52. 

Id. Premier supplément, Genève, 1896, in-8, p. 71. 



PERSONNEL DE LA SOCIÉTÉ. 


213 


Paul Chain, né à Crest (Drôme), le 1 er octobre 1808, est mort 
à Genève le 28 mars 1901. 11 était d’origine dauphinoise. Sou 
père vint s’établir à Genève dès 1816 et il obtenait en 1823 les 
lettres de bourgeoisie de la République, C’est donc à Genève que 
Paul Cliaix fit ses premières études avant de partir pour l’étranger 
où l’entraînait son goût pour l’enseignement et les voyages qui 
devait l’illustrer plus tard. En 1835 il rentrait à Genève pour y 
trouver une place de maître d’histoire et de géographie au Col¬ 
lège. Il a été fidèle à cette carrière, qu'il a poursuivie jusqu’à sa 
retraite en 1882. 

Dans la séance du 11 avril 1901, M. Alfred Cartier, président 
de la Société, a fait part de la mort de M. Paul Chaix dans les 
termes suivants : 


Messieurs, 

Genève vient de perdre un de ses fils les plus dévoués, l’un de 
ceux qui l’ont le mieux servie et honorée, et dont, à juste titre, 
elle peut être hère. La Société d’histoire perd davantage encore 
dans la personne de Paul Chaix, le dernier de ses fondateurs, 
celui qui, rendant la tradition vivante au milieu de nous, ratta¬ 
chait le présent au passé et représentait ici, avec une autorité 
incontestée, ces hommes éminents qui furent nos devanciers et 
dont nous nous efforçons de suivre les exemples. 

Il a été notre maître à tous, un maître aimé et respecté, car à 
cette bienveillance, à ce don de sympathie qui lui gagnait les 
cœurs, il joignait une fermeté qui imposait aux plus hardis. 
Et c’était dès iors une joie pour nous lorsque, plus avancés dans 
la vie et devenus membres de cette association, nous trouvions 
dans nos séances l’occasion de le rencontrer et de prendre place 
auprès de lui à titre de collègues. 

Géographe éminent et dont l’œuvre restera, Paul Chaix a été 
aussi un curieux de l’histoire, admirablement informé et d’une 
incomparable érudition; il savait tout ce qu’on peut savoir; 
c’était une encyclopédie vivante, mais non pas à la façon de ces 
livres indigestes qui transforment en nécropole la connaissance 
du passé. Sa manière, Messieurs, vous l’avez connue : le récit 
faisant tableau, courant parfois, avec quelques détours, à travers 




214 


BULLETIN. 


les hommes et les choses, le don du pittoresque, l’art de rendre 
la vie aux événements et aux figures, cette façon enfin de souli¬ 
gner les bons endroits d’un trait de fine bonhomie, de cet 
humour qu il avait peut-être appris ailleurs, mais qui semblait 
inné chez lui. 

Paul Chaix, d’ailleurs, a su montrer, quand il le fallait, toutes 
les qualités qui font le véritable historien : son Histoire de l’Amé¬ 
rique du Sud est une œuvre très distinguée, qui place son auteur 
au premier rang. 

Membre ancien de la Société de géographie, qui lui doit, en bonne 
partie, sa prospérité et son légitime renom, Paul Chaix ne nous 
en était pas moins resté fidèle. Il suffit, pour le constater, de par¬ 
courir notre Mémorial où l’on voit, dans les nombreuses commu¬ 
nications de notre collègue, l’archéologie tenir une place égale à 
celle de 1 histoire proprement dite, car toutes les questions ressor¬ 
tant du vaste domaine qui est le nôtre l’attiraient également, et 
partout il apportait cette netteté de vues, cette sûreté d’informa¬ 
tion, cette exactitude scrupuleuse dans le détail, qui caractérisaient 
sa manière. 

Nous avons vu, jusqu’en ces derniers temps, ce nonagénaire 
nous émerveiller ici même par d’exquises causeries où l’on ne 
savait qu admirer le plus, du charme de l’exposition ou de la 
prodigieuse sûreté de la mémoire, dédaigneuse de tout secours 
étranger. 

La mort de Paul Chaix. Messieurs, est un deuil profond pour 
la Société d histoire ; elle est aussi un deuil personnel pour chacun 
de nous; je me reprocherais d’affaiblir, en des phrases banales, 
les sentiments que vous éprouvez et auxquels j’aurais voulu 
donner une expression, sinon plus sincère, du moins plus digne 
de l’homme éminent auquel nous rendons ici un dernier hom¬ 
mage. 

La liste des publications faites par Paul Chaix jusqu’en 1896 se trouve 
dans : 

Catalogue des ouvrages, articles et mémoires publiés par les professeurs 
de V Université de Genève, par Charles Soret, Genève, 1896, in-8, p. 57. 

7 ublications des membres actuels de la Société de physique et d’histoire 
naturelle de Genève, Genève, 1883, in-8, p. 22. 

Id., Premier supplément, Genève, 1896, in-8, p. 25. 




PERSONNEL DE LA SOCIETE, 


215 


Depuis 1896, Paul Cliaix avait fait les publications suivantes : 

Raihvays in India. — Scottish geographical Magazine, 1896, p. 259. 

Hydrographie works in Switzerland. — Ibid., p. 587. 

(En collaboration avec Emile Cliaix). Précis de géographie élémentaire, 
13 e éd., Genève, 1896, in-12, et 14 e éd., Genève, 1900, in-12. 

Escalades et explorations dans V Himalaya de Karaleorum, par W. Mar¬ 
tin Conway. — Le Globe, t. XXXYI (1897), Bulletin, p. 44-54. 

The river Systems and watercourses of Zwitzerland. — The geographical 
journal, Londres. 18(17, p. 318. 

L’empire colonial de l’Angleterre en 1897. — Le Globe, t. XXXYII 
(1898), Bulletin, p. 33 et 43. 

Lake Trasimene. — The geographical Journal, Londres, 1899, p. 60. 

Régulation of Lake Trasimene. — Scottish geographical Magazine, 
1899, p. 36. 

Marco Polo. — Le Globe, t. XXXIX (1900), Bulletin, p. 84-94. 

Atlas de géographie élémentaire, 8 e éd., Genève, 1900. 

Carte des Vallées vaudoises dressée en 1854, et Notice sur les Vallées 
vaudoises du Piémont. — Le Globe, t. XL (1901), Mémoires, p. 85-110. 

(Liste complète dans Le Globe, organe de la Société de géographie de 
Genève, Mémoires, t. XL, 1901, p. 111-119). 


Aimé-Louis Herminjard, né à Yevey le 7 novembre 1817, est 
décédé à Lausanne le 11 décembre 1900. Après avoir achevé ses 
études de théologie à Lausanne, il choisissait, vers 1840, Pierre 
Viret pour sujet de sa thèse de licence. En étudiant dans ce but, 
avec le sens critique qui était inné en lui, les lettres de Calvin, 
Farci, Viret et autres réformateurs contemporains il conçut l’idée 
d’exploiter cette source d’informations et il entreprit l’œuvre 
capitale de sa vie qu'il a réalisée par la publication de la Corres¬ 
pondance des réformateurs de langue française. 

Pendant une vingtaine d’années, Herminjard a consacré les 
loisirs d’une vie laborieuse à rassembler les matériaux nécessaires 
à l’accomplissement d’un travail qui représente toute l'histoire 
de l’établissement de la Réforme dans les pays de langue fran¬ 
çaise. 

La mort seule l’a empêché d’achever cette publication d’une 
si grande importance. Il avait assigné comme terme à son œuvre 
la date du 13 septembre 1565, anniversaire de la mort de Farel, 
et il avait rassemblé tous les documents qui pouvaient lui servir, 
mais il n’a pu arriver qu’à l’année 1544 par la publication du 
tome IX de la Correspondance , le dernier paru, en 1897. tandis 



216 


BULLETIN. 


que le premier commence à l’année 1512. Sur les 4000 pièces 
réunies par ses soins il n’en est guère plus de 1500 qui aient vu 
le jour jusqu’à présent. 

Le 7 novembre 1896, une imposante cérémonie réunissait à 
Ouehy une nombreuse assemblée d’amis et d’admirateurs accou¬ 
rus de toutes les parties de l’Europe pour célébrer l’entrée du 
modeste et savant historien dans sa 80 e année. 

Herminjard était membre correspondant de la Société d’his¬ 
toire et d’archéologie depuis l’année 1864. 

Basile Hiober est décédé le 17 juillet 1901 à Berne. Né le 
22 novembre 1817 à Mels, dans le canton de Saint-Gall, il avait 
été d’abord maître à Herzogenbuchsee. puis au gymnase de Berne. 

Nommé privat-docent à l’Université de cette ville en 1861 et 
professeur extraordinaire d’histoire suisse et de diplomatique en 
1868, il a rempli depuis 1870 la chaire d’histoire de cette Uni¬ 
versité en qualité de professeur ordinaire, jusqu’à sa retraite, 
survenue en 1896. Le professeur Hidber laisse plusieurs ouvrages. 
Nous citerons entre autres sa Scliweizergeschichte für Scinde nnd 
Volk (Berne, 1882-1888, 2 vol. in-8). On lui doit encore les 
tomes 1 et 11 du Schweizerischer Urkundenregister, hsgg. von 
der Allgemeinen geschichtsforschenden Gesellschaft der Schweiz 
(Berne, 1863-1877, 2 vol. in-8). Il a collaboré à diverses reprises 
aux NenjahrsbUitter des historischeu Vereins des Kantons Bern. 


mémoires. Rapports, etc. 


Présentés à la Société. 


665. — Séance da 8 novembre 1900. Les lépreux à Genève au 
moyen âge et au XVI e siècle, par M. Léon Gautier. — Irnpr. dans 
la Revue médicale de la Suisse romande, 20"' e année (1900), 
p. 613-632. 





MÉMOIRES PRÉSENTÉS. 217 

Maquette d’une statue de Rousseau par Houdon, photographie 
présentée par M. Jaques Mayor. 

Couteau romain trouvé à Avenches, le 10 novembre 1899, pré¬ 
senté par le même membre. 

A propos de l’article de M. Th. de Liebenau intitulé : TJeber 
einige Genfer Chroniken, paru dans les Katholische Schweizer 
Blatter, 1899, p. 458-470, communication de M. Frédéric Gardy. 

600. — Séance du 22 novembre 1900. Familles féodales éteintes 
et châteaux disparus qui ont existé dans l'ancien comté de 
Genève, par M. Charles Du Bois-Melly. 

Le cimetière gallo-helvète de Yevey, par M. Albert Naef, 
membre correspondant, avec photographies. 

Le château de la Batiaz, à Martigny, par le même membre, 
avec photographies. 

667. — Séance du 6 décembre 1900. La captivité de J.-B. Mi- 
cheli du Crest à Aarbourg (1747-1765) d’après des papiers iné¬ 
dits, par M. Edmond Pictet. 

Compte rendu, par M. Alfred Cartier, de l’ouvrage intitulé : 
Henri Estienne et son œuvre française, Paris, 1899, in-8. 

668. — Séance du 20 décembre 1900. Le royaume d’Élam et 
les nouvelles fouilles de Suse, par M. Gustave Jéquier. 

Lettre de François-André Naville relative à une visite au pré¬ 
tendant Charles-Edouard en Italie, communiquée par M. Édouard 
Naville. 


669. — Séance du 10 janvier 1901. Rapports du président 
(M. Victor van Berchem) et du trésorier (M. Charles Seitz) sur 
l’exercice 1900. 

Élection du Comité : MM. Alfred Cartier, président; Charles 
Seitz, vice-président; Lucien Cramer, secrétaire; Victor van 
Berchem, trésorier; Jaques Mayor. bibliothécaire; Émile Ri- 
voire; Francis Décrite; Frédéric Gardy; Édouard Bonna. 

Correspondance échangée entre J.-J. Rousseau, M me Gabriel 
Cramer et Philibert Cramer, communication de M. Eugène 
Ritter. 




218 


BULLETIN. 


070.— Séance du 24 janvier 1901. Les héros de l'Escalade 
(suite et fin), par M. Louis Dufour. 

Coup d’œil sur l’histoire de l’archéologie genevoise, par 
M. Jaques Mayor. 

071. — Séance du 14 février 1901. Deux chapitres de l’his¬ 
toire de Genève relatifs aux événements de l’année 1601, par 
M. Henri Fazy. 

Dante à Lausanne?, communication de M. Ernest Muret. — 
Impr. dans la Revue historique vaudoise, septembre 1901, 
p. 272-286. 

672. — Séance du 28 février 1901. Napoléon I er et l’éveil des 
nationalités en Europe, par M. Charles Seitz. 

Observations onomastiques et historiques à propos de quelques 
chartes du X e siècle relatives au comte Turimbert, par M. Charles 
Morel. — Impr. dans VAnzeiger für schweizerische Geschichte, 
1901, n° 2, p. 416-425. 

673. — Séance du 14 mars 1901 (au Casino). L’époque mycé¬ 
nienne en Grèce, par M. Édouard Naville, avec exposition de 
reproductions galvanoplastiques et projections lumineuses. 

674. — Séance du 28 mars 1901. L’État chrétien à Genève au 
temps de Théodore de Bèze, par M. Eugène Choisy. 

Le nom de la ville d’Oron à l’époque romaine, par M. Ferdi¬ 
nand de Saussure. 

675. — Séance du 11 avril 1901. Compte rendu, par M. Émile 
Rivoire, de sa publication des Registres du Conseil de Genève. 
Tome I er (du 26 février 1409 au 6 février 1461), volumes 1 à 4, 
Genève, 1900, in-8, 558 pages. 

Lettres de M mo Étienne-Salomon Reybaz (1785-1791), commun, 
par M. Edmond Barde. 

676. — Séance du 25 avril 1901. Les relations diplomatiques 
de Genève avec la France en 1602, par M. Francis Decrue. — 
Fragment (chap. VI) de son ouvrage intitulé : Relations diploma- 




FAITS DIVERS. 


219 


tiques de Genève avec ta cour de France. Henri IV et les députés 
de Genève, Chevalier et Chapea urouge, paru dans M. D. G., 
t. XXV, 1893-1901; p. 237-688. 

Compte rendu, par M. Victor van Berchem, de l’article de 
M. H. Grauert intitulé : Die Kaisergraber im Dôme zu Speyer, 
dans les Sitzungsberichte der philosophisch-philologischen and der 
historischen Classe der h. b. Akademie der Wissenschaften zu 
München, année 1900, p. 539-617, pl. 


Faits divers. 


Durant l’année qui vient de s’écouler, la Société a publié : 

Au mois de décembre 1900, la 4""' livraison du tome II du 
Bulletin , datée d’octobre 1900. 

Au mois de novembre 1901, la 2 me et dernière livraison du 
t, XXV (nouv. série, t, V) des Mémoires et Documents, contenant 
les mémoires suivants : 

Les Genevois en 1558, d'après un libelle contemporain : Les 
grandes Chroniques et Annales de Passe-partout, par Artus Désiré, 
par M. Alfred Cartier. 

L’état du gouvernement présent de la république de Genève [1721], 
par Antoine Tronchin, publié par M. Édouard Favre. 

Relations diplomatiques de Genève avec la cour de France. 
Henri IVet les députés Chevalier et Chapeaurouge, par M. Francis 
Decrue. 

En cours de publication : 

La 6 me livraison du tome II du Bulletin, qui contiendra : Liste 
des publications des membres de la Société d’histoire et d’archéo¬ 
logie de Genève faites de 1890 à 1900. 

La Société est entrée en échange de publications avec la 
Societa storica subalpina, à Turin. 

M. le professeur Charles Borgeaud a fait paraître en décembre 



220 


BULLETIN. 


1900 le premier volume de sou Histoire deVUniversité de Genève 
intitulé L'Académie de Calvin, 1559-1798. 

M. Émile Ri voire a publié, en 1901, les Registres du Conseil de 
Genève, t, I, du 26 février 1409 au 6 février 1461 (volumes là 4), 
Genève, 1900. — M. Rivoire, qui avait pris l’initiative de cette 
publication et en a supporté entièrement les frais, a tenu à la 
placer sous les auspices de la Société et lui a fait complet abandon 
de l’édition, à condition que le produit de la vente serait affecté 
à la continuation de la même œuvre. 

La Société a reçu les dons et legs suivants : 

De M. Charles Galland, un legs de 1000 francs. 

De M. Henri Le Fort, un don de 92 volumes et brochures pro¬ 
venant de la bibliothèque de M. Charles Le Fort, son oncle. 

De la Bibliothèque publique et de la Société de Lecture, un 
don de 22 volumes et 53 brochures provenant du legs Ch. Schaub. 

Les 15, 16 et 17 juin 1901, la Société a fait une excursion à 
Chalon-sur-Saône, Autun et Beaune. 


Ouvrages reçus par la Société 

du 19 avril 1900 au 25 avril 1901. 


A 

Publications de Sociétés et recueils périodiques. 

La Société a continué à recevoir les publications des Sociétés 
correspondantes, dont on trouvera la liste à la fin du tome I or du 
Bulletin et ci-dessus, p. 8, 93 et 134. 

La Société a encore reçu les périodiques suivants : 

Revue historique. Années 1898-1900, tomes LXVI-LXXH. (Don 
de Al. Victor van Berchem.) 

Bibliothèque de l’École des Chartes. Années 1899 et 1900, 
tomes LX et LXI. (Don de Al. Camille Favre.) 






OUVRAGES REÇUS. 221 

La Suisse universitaire. Année Y (1899-1900). (Don de M. Eu¬ 
gène liitter.) 

Revue de Belles-Lettres. Année 1899-1900. (Idem.) 

Revue historique vaudoise. 8 me année (1900), n° 9 4-12; 9 me année 
(1901), n os 1-3. (Don de M. Édouard Favre.) 

Les Archives de l’imprimerie. Avril-décembre 1900; janvier- 
avril 1901. (Don de M. Maurice Reymond.) 


B 

Livres et Brochures. 

Donateurs : 

MM. Émile Balland, 1 brochure. ----- Charles Bastard, 1 broch. 

— Maurice Bedot et Alfred Cartier, 1 broch. — Victor van Ber- 
ciiem, 11 volumes, 5 broch. — Max van Berchem, 1 vol. — 
Auguste Bernus, 1 broch. — Charles Borgeaud, 1 vol. -— 
C.-M. Briquet, 456 vol. — Max Bruchet, 5 broch. — Auguste 
Cahorn, 1 broch. — Edmond Chenevière, 2 placards. — Charles 
Eggimann, 1 vol., 2 broch. — Juan-F. Ferraz, 1 broch. — Léon 
Gautier, 1 broch. — Raoul Gautier, 2 broch. — Alexandre 
Guillot, 1 vol., 2 broch. — Max Henriouo, 1 broch. — Henri 
Le Fort, 92 vol. — Jaques Mayor, 3 vol., 3 broch. — Jean Morax, 
1 broch. — Gustave Moynier, 15 vol., 2 broch. — Ernest Muret. 
1 broch. — Albert Naef, 1 broch. — Lecomte Plunkett, 1 broch. 

— Eugène Ritter, 7 vol., 3 broch. — Émile Rivoire, 2 vol. — 
C.-F. Trachsel, 1 broch. — Albert Wellauer, 1 broch. — 
J. WlNTELER, 1 vol., 1 brOCll. 

La Bibliothèque de la Faculté des lettres de Genève, 24 broch. 
La Bibliothèque publique, 1 broch. 

La Bibliothèque publique et la Société de Lecture, 22 vol., 
53 broch. 

Le Consulat d’Allemagne, 2 vol. 

Le Département fédéral de l’Intérieur, 3 vol. 

L’Institut national genevois, 1 vol. 

La Société anonyme des arts graphiques, 2 broch. 

La Société auxiliaire du Musée de Genève, 1 broch. 

La Société générale d’histoire suisse, 1 vol. 



222 


BULLETIN. 


C 

Manuscrits. 

Donateurs : 

M. C.-M. Briquet, un cahier de 27 pages intitulé : Journal des 
événements qui se sont passés à Genève de 1813 à 1837; — un 
acte sur parchemin, du 6 juillet 1770 (bourgeoisie de Pierre Guy, 
maître orfèvre); — un acte sur parchemin, du 1 er février 1694 
(contrat de mariage entre Jean Miville, citoyen de Genève et 
Esther Brun, de Cologny). 

M. Henri Le Fort, une copie d’une lettre de Robert d’Erlach 
à Pictet, relative à la famille d’Erlach et spécialement à Ulrich 
et Rodolphe d’Erlach (XIII e et XIV e siècles), et datée : Weg- 
mühle, 17 avril et 25 mai 1871; — une copie de quatre pièces 
relatives à l’histoire de Genève et de la Suisse au XVI e siècle, 
conservées aux archives cantonales de Lucerne et retrouvées 
dans les papiers de Charles Le Fort : quittance de Lucerne aux 
Syndics et Conseils, de 100 florins d’or (1521); une lettre de 
François I er aux VIII cantons; deux lettres d’Elisabeth d’Angle¬ 
terre (1583 et 1590). 





LISTE DES PUBLICATIONS 

RELATIVES AUX SCIENCES HISTORIQUES 


faites par les membres 

DK LA 

SOCIÉTÉ D’HISTOIRE ET D’ARCHÉOLOGIE DE GENÈVE 

de 1890 à 1900 


Il a paru utile au Comité de donner dans le Bulletin la liste 
des travaux publiés par les membres de la Société dans le 
domaine des sciences historiques. Cette première série comprend 
onze années, du 1 er janvier 1890 au 31 décembre 1900. 

Le terme de « sciences historiques » a été pris dans son sens 
le plus large; on y a fait rentrer non seulement les sciences qui 
se rattachent directement à l’histoire (l’archéologie, la numisma¬ 
tique, etc.), mais aussi la géographie et l’histoire des littératures 
et des sciences. 

Le classement chronologique a été adopté comme étant le plus 
simple. Les références bibliographiques sont données aussi 
exactes et complètes que possible; toutefois les comptes rendus 
critiques, dont la mention détaillée aurait occupé une place hors 
de proportion avec l’intérêt qu’ils présentent, ne sont indiqués, 
sauf de rares exceptions, que sommairement et en bloc. Il en 
est de même pour les articles de journaux d’un même auteur, 
lorsqu’ils sont trop nombreux pour qu'il soit possible de les 
énumérer en détail '. 

Nous ne nous dissimulons pas ce qu’ont de factice les limites 

1 Voir à la dernière page la liste des abréviations. 


BULLETIN. 


T. II. 


16 





224 


PUBLICATIONS HISTORIQUES 


que nous avons fixées à cet essai, ni les lacunes qu'il présente. Ce 
n'est qu’une modeste contribution à la littérature bibliographique 
de notre pays, une première série, qui, pour avoir toute son 
utilité, devra être continuée. 

Le principal mérite d’une bibliographie est l’exactitude ; si 
nous l’avons obtenue en quelque mesure, nous le devons surtout 
au zèle et à l’obligeance avec lesquels les auteurs nous ont fourni 
les renseignements nécessaires. Nous leur exprimons nos remer¬ 
ciements, et plus spécialement à MM. Émile Ki voire et Victor 
van Berchem, dont nous avons mis à contribution l’expérience et 
le dévouement pour exécuter la tâche que le Comité nous avait 
confiée. 

Nous serons reconnaissant à tous ceux qui voudront bien nous 
signaler les erreurs et les omissions dont un travail de ce genre 
n’est jamais exempt. 

Genève, mai 1902. 


Fréd. Garüy. 




1890-1900. 



ART, David, né à Genève le 2 février 1834. 

La Chapelle et le Mausolée du duc Henri de Rohan. Étude 
archéologique, historique et artistique, — Saint-Pierre, 2 me fasc., 
1892, p. 9-142, pl. et plan. 

AUBERT, Hippolyte, né à Genève le 31 mai 1865, ancien 
élève de l’École des chartes, directeur de la Bibliothèque pu¬ 
blique, 

1. — La cour d’Espagne et la situation de la Savoie en 1746, 
d’après une correspondance contemporaine, — Revue d’Irist. 
diplomatique, 5 rac année (1892), p. 253-274. = Tiré à part, Paris, 
1891, in-8. 

2. — A Brousse. — Journal de Genève des 6, 9 et 14 sep¬ 
tembre 1894. = Tiré à part, Genève, 1894, in-12, 32 p. 

3. — Documents diplomatiques relatifs au traité de Soleure 
(8 mai 1579). — Pages d'histoire , p. 281-329. = Tiré à part, 
Genève, 1896, in-8. 

4. — L’organisation des Églises réformées de France et la 
Compagnie des pasteurs de Genève, 1561. [Avec une introduction 
par N. W[eiss].] — Bull. prot. franç., t. XLYI (1897), p. 442-468. 
= Tiré à part, s. 1. n. d., in-8. 

Avec une rectification, ibid., t. XLYII (1898), p. 167-168. 

5. — Établissement de l’Église réformée de Mâcon (1561-1562). 

— Ibid., t. XLYII (1898), p. 28-36. = Tiré à part, s. 1. n. d., in-8. 

6. — (En collaboration avec Eug. Choisy.) La réforme fran¬ 
çaise après la mort de Calvin, d’après des extraits de la corres¬ 
pondance de Théodore de Bèze, 1564-1575. — Ibid., p. 430-438, 
594-603; t. XLYIII (1899), p. 434-449; t. XLIX (1900), p. 87-91. 

7. — Lettre d’une huguenote à son fils réfugié à Genève (1557). 

— Ibid., t. XLYIII (1899), p. 294-300. = Tiré à part, s. 1. n. d., 
in-8. 

8. — Nicolas Colladon et les Registres de la Compagnie des 
pasteurs et professeurs de Genève. —■ B. H. G., t. II, p. 138-163 
(1900). = Tiré à part, (Genève, 1900), in-8. 




226 


PUBLICATIONS HISTORIQUES 


AUTRAN, George, né à Genève le 19 juin 1857, ingénieur. 

L inspecteur divisionnaire Céard et la construction de la route 
du Simplon (1801-1805). -— Moniteur de Vindustrie et de la cons¬ 
truction et Bull, de la Classe d'industrie et de commerce de la 
Soc. des Arts de Genève, 4 me année, 1897, p. 65-76, fig. et carte. 
= Tiré à part, Genève, 1897, in-8, 46 p., pl. et carte. 


BALITZER, Sigismond, né à Saybusch(Galicie) le 25 avril 1860, 
professeur de l’Université de Vienne. 

Nicolas Antoine, un pasteur protestant brûlé à Genève en 1632 
pour crime de judaïsme. [l re partie.] — Revue des études juives, 
n° 72 (1898), p. 161-196. 

La suite n’a pas paru. 


BASTARD, Charles, né à Genève le 1 er avril 1854. 

1 . — DieKriegskunstin derschweizerischenLandesausstellung, 
1896. — Zeitsch. f. Artillerie und Genie, 1896, p. 219-226 et 262- 
270, plan. 

2. — Notes sur l’iconographie genevoise. Histoire de Genève 
par la gravure, — La Suisse des 8, 9 et 12 janvier 1899. = Tiré 
à part, Genève, 1899, in-8, 24 p. 

3- — Opérations des Alliés en 1813-1814 : I. Marche du corps 
d’armée du maréchal comte Bubna de Leipzig sur Genève et 
Lyon, en 1813. — IL Relation (officielle) des combats de l’armée 
impériale et royale autrichienne du Sud, près Genève, en février 
et mars 1814. Avec une carte. — Revue militaire suisse, 44 me 
année, 1899, p. 634-651. 


BEDOT, Maurice, né à Genève le 7 avril 1859, I) 1 ' scient., 
professeur extraordinaire à la Faculté des sciences, directeur du 
Musée d’histoire naturelle. 

L — (En collaboration avec Camille Pictet.) Compte rendu 
d’un voyage scientifique dans l’archipel malais. Genève, 1893, 
in-8, lxiv p. 






1890 - 1900 . 


227 

2. — Notes anthropologiques sur le Valais. — Bull, de la Soc. 
d’anthropologie de Paris, 4 me série, t. VI, 1895, p. 486-494. 

3. — Id. IL — Ibid., t. IX, 1898, p. 222-236. 

4. — (En collaboration avec Alfred Cartier.) Notice sur le 
Musée d’histoire naturelle de Genève. Genève, 1899, in-12, 53 p., 
pl. et portrait. 

Voyez aussi : (Mal. de VUniv., p. 182, et Public. Soc. plu/s., p. 4. 


van BERCIiEM, Max, né à Genève le 16 mars 1863, I) 1 ' pliil. 

1. — Notes d’archéologie arabe. [1 er article :] Monuments et 
inscriptions fatimites. -— Journal Asiatique, 8 me série, t. XVII 
(1891), j). 411-495; t. XVIII (1891), p. 46-86; pl. = Tiré à part, 
Paris, 1891. in-8, 129 p. 

2. — Id. 2 me article : Toulounides et Fatimites. — Ibid., t. XIX 
(1892), p. 377-407. = Tiré à part, Paris, 1892, in-8. 

3. — Lettre à M. Barbier de Meynard sur le projet d’un 
« Corpus inscriptionum arabicarum ». — Ibid., t. XX (1892), 
p. 305-317. = Tiré à part, [Paris], 1893, in-8. 

4. — Fine arabische Inschrift ans dem Ostjordanlande. Mit 
historischen Erlàuterungen. — Zeitsch. des Deidschen Palæstina- 
1 ereins, t. X^ I (1893), p. 84-105, pl. = Tiré à part, [Leipzig, 
1893], in-8. 

5. — Matériaux pour un « Corpus inscriptionum arabicarum ». 
l ie partie : Égypte. Fasc. 1-3 : Le Caire. — Mém. publ. par les 
membres de la Mission archéologique française au Caire, Paris, 
t. XIX, in-4, p. i-599 (1894-1900), pl. 

6. — Recherches archéologiques en Syrie. — Journal asia¬ 
tique, 9 me série, t. VI (1895), p. 485-515. = Tiré à part, Paris, 
1896, in-8. 

7. — Arabische Inschriften aus Syrien. — Zeitsch. des Deut- 
schen Palæstina- Y ereins, t, XIX (1896), p. 105-113, pl. = Tiré à 
part, [Leipzig, 1896], in-8. 

8. — Arabische Inschrift aus Jérusalem. — Mittheilungm und 
Nachrichten des Deutschen Palæstina-Vereins, 1897, p. 70-78. 

Traduit en anglais dans Palestine Exploration Eund, Quarterly 

Statement for 1898, p. 86-93. 

b- — Épigraphie des Assassins. — C. R. des séances de VAcad. 



228 


PUBLICATIONS H1ST0RIQUES 


des inscriptions et belles-lettres, 4 mu série, t. XXV. 1897, p. 201 - 
208. = Tiré à part, Paris, 1897, in-8. 

L’article suivant (n° 10) traite le même sujet avec de plus amples 

développements. 

10. — Épigraphie des Assassins de Syrie. — Journal asiatique, 
9™ e série, t. IX (1897), p. 453-501, pi. = Tiré à part, Paris, 1897, 
in-8. 

11. — Les châteaux des Croisés en Syrie. — Bull, de V Union 
syndicale des architectes français, t. IV (1897), p. 260-276, tig. 

12. — Inscriptions arabes de Syrie.— Mém. de VInstitut égyp¬ 
tien, t. III (sous presse), p. 417-520, pi. = Tiré à part, Le Caire, 
1897, in-4. 

13 . — Note sur les fondations du phare d’Alexandrie (et l'ori¬ 
gine de la croisée d’ogives). — C. R. des séances de VAcad, des 
inscriptions et belles-lettres, t. XXVI. 1898, p. 339-345. = Réim¬ 
primé, avec des additions, dans les Matériaux pour un « Corpus 
inscriptionum arabicarum » (ci-dessus, n° 5), p. 473-489. 

14. — Les principaux types des édifices religieux dans l’archi¬ 
tecture mulsumane de l’école syro-égyptienne. — Encyclopédie 
musulmane, n° spécimen, Leyde, 1899, in-4, p. 15-18. 

15 . — Épitaphe arabe de Jérusalem. — Revue biblique inter¬ 
nationale, t. IX, 1900, p. 288-290. 

16. — Comptes rendus bibliographiques dans la Revue critique. 


van BERCHEM, Victor, né à Clarens (Vaud) le 7 décembre 
1864. 

1 . — Notes sur l’histoire vallaisanne. I. La donation du comté 
du Val lais à l’évêque Hugue de Sion par Rodolphe III, roi de 
Bourgogne, en 999. — Anz.f. schweiz. Qesch., nouv. série, t. VI, 
1890-1893, p. 241-245. = Tiré à part, [Berne, 1891], in-8. 

2. — Id. II. L’étendue du comté du Vallais donné à l’église de 
Sion en 999. — Ibid., p. 363-369. = Tiré à part, [Berne, 1892], in-8. 

Voyez ci-après, u° 5. 

3. — Ce que coûtait un diplôme impérial au XIV me siècle. — 
Ibid., p. 505-507 (1893). 

4. _ jean de la Tour-Châtillon, un grand seigneur vallaisan 





1890-1900. 229 

au XIY me siècle. — 21. 12. R., 2 me série, t. IV, p. 1-91. = Tiré à 
part, Lausanne, [1892], in-8. 

5. — Notes sur l’histoire vallaisanne. III. Les relations des 
évêques de Sion avec l’Empire. — Anz. f. schweiz. Gesch., nouv. 
série, t. VII, 1894-1897, p. 49-59. = Tiré à part, [Berne, 1894], 
in-8. 

6. — Le rôle du comte Aimon de Savoie dans la guerre de 
Laupen, d’après les comptes du bailli de Chablais. — Ibid., 
p. 178-186. = Tiré à part, [Berne, 1895], in-8. 

7. — Lettres de Mallet-Du Pan à Saladin-Egerton, 1794-1800. 
— Pages d’histoire, p. 331-366. = Tiré à part, Genève, 1896, in-8. 

8. — (En collaboration avec Édouard Favre. ) Histoire de Genève 
des origines à Vannée 1691, par Jean-Antoine Gautier. [Édition 
annotée.] T. I. [Avec une introduction, p. xvii-xlvui, intitulée : 
L’œuvre historique de Jean-Antoine Gautier.] Genève, 1896 
[1897], gr. in-8, xlviii- 461 p., portrait. = L’[introduction] a été 
tirée à part, Genève, 1897, gr. in-8, 38 p. 

9. — Guichard Tavel, évêque de Sion, 1342-1375. Étude sur le 
Val lais au XIV e siècle. — Jahrbuch f. schweiz. Gesch., t. XXIV 
(1899), p. 27-397. =- Tiré à part, (Zurich, 1899), in-8, vi-365 p. 

10. — Note sur Geoffroi, évêque de Lausanne, 1342-1347. — 
Revue historique vaudoise, 8 me année, 1900, p. 289-298. = Tiré à 
part, Lausanne, 1900, in-8. 


BOISSIER, Alfred, né à Genève le 23 décembre 1867, D r phil. 

1. — Recherches sur quelques contrats babyloniens. Genève, 
1891, in-8, 65 p. 

Thèse (le doctorat (Leipzig, 1889). 

2. — En Cappadoce. — Le Globe, t. XXXVI (1897), Méin., 
p. 75-113, pl. = Tiré à part, Genève, 1897, in-8. 

Avec des Addenda, ibid., t. XXXIX (1900), Bidl., p. 41-44, pl. 


BOREL, Frédéric, né à Chougny (Genève) le 16 septembre 1859, 
lie. jur., ancien élève de l'École des chartes. 

1. — Les foires de Genève au quinzième siècle. Genève, 1892, 
pet. in-4, 256 p. 





230 


PUBLICATIONS HISTORIQUES 


2. — Un document inédit relatif à la paix de Saint-Germain 
(21 août 1570). — Bull. prot. /rang., t. XLIII (1894), p. 297-313. 

3. — Une poursuite en mariage en 1572 : le pasteur Cyprien 
Isnard et les ministres de l’Église de Genève. [Suivi de deux do¬ 
cuments.] — Ibid., t. XLIV (1895), p. 113-121. 

4. — Trois documents sur la Réforme en Savoie (1558, 1563, 
1586). — Ibid., t. XLV (1896), p. 572-577. 

5. — Papiers inédits de l’époque du Désert en Languedoc et en 
Dauphiné. — Ibid., t. XLYI (1897), p. 246-249 et 471-474. 


BORGEAUD, Charles, né au Sentier (Yaud) le 15 août 1861, 
D r phil. et jur., professeur aux Facultés des lettres et de droit. 

1- — Un problème d’histoire. A propos d’un livre récent sur 
Louis XVII. — Journal de Genève du 29 décembre 1889. = Tiré 
à part, Genève, 1890, in-12, 12 p. 

2. — Premiers programmes de la démocratie moderne en 
Angleterre (1647-1649). — Annales de l’École libre des sciences 
politiques, t. V (1890), p. 290-325. 

3. — Premières constitutions do la démocratie américaine. — 
Ibid., t. VI (1891), p. 1-24. 

Les deux articles qui précèdent ont servi de base à l’ouvrage intitulé : 

The rise of modem democracy in Old and New England, Londres et 

New York, 1894, in-12 (traduction de M rs Birkbeck Hill). 

4. — The origin and development of written constitutions. — 
Political Science Quarterly, t. YII (1892), p. 613-632. 

5. — L’établissement et la révision des constitutions aux Etats- 
Unis d’Amérique. — Annales de VÉcole libre des sciences poli¬ 
tiques, t. VIII (1893), p. 212-237. 

6. — Établissement et révision des constitutions en Amérique 
et en Europe. Paris, 1893, in-8, vi-423 p. 

Couronné par la Faculté de droit de Paris (prix Rossi, 1892). 

Traduit en anglais par Charles-D. Hazen, sous le titre de : Adoption 

and amendaient of constitutions in Europie and America , New York et 

Londres, 1895, in-8. 

7. — Les étudiants de l’Académie de Genève au XVI e siècle. — 
Pages d’histoire , p. 87-130. — Tiré à part, Genève, 1895, in-8. 

8. — Calvin fondateur de l’Académie de Genève. — Revue 
internationale de l’enseignement, t. XXXII (1896), p. 97-111, 
328-345 et 425-441. = Tiré à part, Paris, 1897, in-8, 53 p. 






1890 - 1900 . 


231 


9. — [Leçon d’ouverture de la chaire d‘ | histoire des institu¬ 
tions politiques de la Suisse (à T Université de Genève). — Suisse 
univ., t, II, 1890-1897. p. 102-108. = Tiré à part sous ce titre : 
Séance d’inauguration de la chaire d’histoire des institutions 
politiques de la Suisse, 12 avril 1897. Leçon d’ouverture dédiée 
à M. Pierre Vaucher, professeur d'histoire générale à la Faculté 
des lettres. Genève, 1897, in-12, 24 p. 

10. — Charte universitaire octroyée par le pape Martin V à 
Jean de Rochetaillée, patriarche de Constantinople, évêque com- 
mendataire de Genève (1418-1422). [Texte, traduction et intro¬ 
duction.] — B. H. G., t. II, p. 11-18 (1898). -= Tiré à part, (Ge¬ 
nève, 1898), in-8. 

11. — Cartwright and Melville at the University of Geneva, 
1569-1574. — American historical Review, t. Y, 1899-1900, p. 284- 
290. = Tiré à part, New York, 1899, in-8. 

12. — Théodore de Bèze et l’Académie de Genève. [Avec un 
portrait.] — Bull. prot. franç., t. XLYIII (1899), p. 57-76. = 
Tiré à part, s. 1. n. d., in-8. 

13. — Histoire de l’Université de Genève. [T. I :] L’Acadé- 
démie de Calvin, 1559-1798. Genève, 1900, in-4, xvl-664 p., pl. et 
portraits. 

14. — Nos institutions vues d’Amérique. [A propos de l’ouvrage 
de John-Martin Vincent intitulé : State and fédéral government 
in Switzerland , Baltimore, 1891. in-8.] — Journal de Genève du 
30 décembre 1891. 

15. — Les papiers de Clarke. Documents nouveaux sur la 
révolution d’Angleterre. [A propos du t. I or de l’ouvrage de 
C.-II. Firth intitulé : The Clarke papers, Londres, 1891.] — 
Annales de l’École libre des sciences politiques , t. YI1 (1892), 
p. 145-151. 

16. — The life of Thomas Paine, by Moncure Daniel Conway. 
New York, 1892, 2 vol. in-8. — Political Science Quarterly, t. YIII 
(1893), p. 349-352. 

17. — Les mémoires de Ludlow. [A propos de l’édition cri¬ 
tique de C.-H. Firth : The memoirs of Edrnund Ludlow (1625- 
1672), Oxford, 1894, 2 vol. in-8.] — Gazette de Lausanne du 
14 septembre 1895. 




232 


PUBLICATIONS HISTORIQUES 


18. — De 1894 à 1900, M. Borgeaud a rédigé la Chronique 
politique suisse et la revue des Périodiques suisses dans la Revue 
du droit public et de la science politique en France et à Vétranger. 


BRIQUET, C.-Moïse, né à Genève le 29 août 1839. 

1. — Les « bisses » ou canaux d’irrigation du Valais. — Écho 
des Alpes , 1890, p. 191-208. 

2. — Alphonse Favre, membre honoraire du Club alpin suisse. 
— Ibid., p. 218-248. = Tiré à part, (Genève, 1890), in-8.= Réim¬ 
primé, avec un portrait, dans : Alphonse Favre, 1815-1890. 
Trois notices biographiques (par Éd. N. , C-M. Briquet et A. Jac¬ 
card), Genève, 1891, in-8, p. 19-60. 

3. — De la valeur des filigranes du papier comme moyen de 
déterminer l’âge et la provenance de documents non datés. — 
B. H. Q., t. I (1892-1897), p. 192-202. = Tiré à part, Genève, 
1892, in-8. 

4. — Lettre à M. le chevalier I. Giorgi, préfet de la Biblio¬ 
thèque nationale de Païenne, sur les papiers usités en Sicile, à 
l’occasion de deux manuscrits en papier dit de coton. — Archivio 
storico siciliano, nouv. série, 17 me année (1892), p. 52-65, pl. = 
Tiré à part, Païenne, 1892, in-8. 

•T — Le papier et ses filigranes, compte rendu des plus récents 
travaux publiés à ce sujet. — Revue des Bibliothèques, 4 me année 
(1894), p. 209-231. = Tiré à part, Paris, 1894, in-8. 

6. — Associations et grèves des ouvriers papetiers en France 
aux XVII e et XVIII e siècles. — Revue internationale de sociologie, 
5 me année (1897). = Tiré à part, (Paris, 1897), in-8, 30 p. 

7. — Les anciennes papeteries du duché de Bar et quelques 
filigranes barrois de la seconde moitié du XV e siècle. — Biblio¬ 
graphe moderne, 1898, p. 16-41. = Tiré à part, Besançon, 1898, 
in-8. 

8. — J.-L. Binet-Hentsch. [Avec une Bibliographie.] — Écho 
des Alpes, 1898, p. 57-68. = Tiré à part, Genève, 1898, in-8. 

9. — Les mots alpins et le Dictionnaire de l’Académie. — 
Ibid., 1899, p. 157-174. 

10- — Notice sur le recueil de filigranes ou marques des papiers 





1890 - 1900 . 233 

présenté à l’Exposition rétrospective de la papeterie (groupe XIY, 
classe 88) à Paris, en 1900. Genève, 1900, in-8, 16 p. 

11. — La date de trois impressions précisée par leurs filigranes 
(Missel Rosenthal; — Les neuf preux du Musée de Metz; — Vue 
de Lubeck). — Bibliographe moderne, 1900, p. 113-133. = Tiré à 
part, Besançon, 1900, in-8. 


BROCHEE,, Henri, né à Genève le 10 octobre 1835, D 1 ' jur., 
professeur aux Facultés de droit de Genève et de Lausanne. 

1. — Philosophie de l’histoire du droit à Genève. — Bull. Inst, 
qenev., t. XXXIJI (1895), p. 585-616. = Tiré à part, Genève, 1895, 
in-8. 

o. _ Autres articles relatifs à l’histoire et à la philosophie du 
droit, dans la Revue générale du droit, de la législation et de la 
jurisprudence en France et à Vétranger, t. XIV, XV, X\ II, XIX- 
XXI, XXIII, 1890-1899; — dans la Revue de droit international 
et de législation comparée, t. XXIII, XXIV, XX\I, 2 me série, t. I, 
1891-1899; — dans le Bull. Inst, genev., t. XXXV (1900); — dans 
le Recueil publié par la Faculté de droit de V Université de Lau¬ 
sanne à l’occasion de l’Exposition nationale suisse, Genève 1896, 
Lausanne, s. d., in-4. 

Voyez aussi : Catal. de l’Univ., p. 254. 


BRON, Louis, né à Genève le 24 février 1849. 

Le drapeau des Cent Suisses de la garde des rois de France. 
— Arcli. héraldiques suisses, 9 me année, 1895, p. 33-37, pl. = 
Tiré à part, Neuchâtel, 1895, gr. in-8. 


BUDÉ (de), Eugène, né au Petit-Saconnex (Genève) le 7 juin 
1836. 

1. — Un théologien genevois au XVIII e siècle : Jacob Vernet 
(1698-1789). — Séances et travaux de VAcad, des sciences morales 
et politiques, 52 me année, nouv. séide, t. XXXVIII (1892), p. 668- 
719. 







234 


PUBLICATIONS HISTORIQUES 

2. — \ ie de Jacob Yernet, théologien genevois (1698-1789). 
Lausanne, 1893, pet. in-8, 304 p. 

3. — Joséphine et Marie-Louise : leurs voyages en Suisse. — 
Bibl. univ., 99 me année (1894), 3 mc période, t. LXIY, p. 129-144 
et 350-360. 

4. - Le général Delmas de Grammont (1796-1862), auteur de 
la loi française pour la protection des animaux. Genève, 1896, 
in-8, 32 p., portrait. 

5- Manuscrits inédits de Guillaume Budé: les « Adversaria ». 

— Revue bleue, 4 me série, t, Y (1896), p. 770-775. 

6. — La reine Hortense, ses voyages, son séjour en Suisse 
(1815-1837). — Bibl univ., 103 me année (1898), t. IX, p. 553-577. 

7. — Les Bonaparte en Suisse : Bonaparte en 1797 et en 1800. 

— Ibid., t. XII, p. 21-51. 

8. —- Id. : Le roi Joseph à Prangins (1814-1815). — Ibid., 
104™ année (1899), t. XIV, p. 541-557. 

9. — (Jn cartésien genevois au XVII e siècle, Jean-Robert Chouet 
(1642-1731). — Revue Bleue, 4 me série, t. XII (1899), p. 354-359. 

10. Y ie de Jean-Robert Chouet, professeur et magistrat ge¬ 
nevois (1642-1731). Genève, 1899, in-12, 301 p. 


CAHORN, Auguste, né à Genève le 8 décembre 1864. 

1. — Médailles des résidents de France à Genève. — Revue 
suisse de nurnism., t. I (1891), p. 122-135, pi. = Tiré à part, Ge¬ 
nève, 1891, in-8. 

2. — Médailles du général Bonaparte, par Pierre Ferrier, de 
Genève. — Bull, suisse de nurnism., ll me année (1892), p. 16 et 

112-116. 

3- — Une page de l’histoire monétaire fribourgeoise au 
XVIII’ 110 siècle. — Revue suisse de nurnism., t. III (1893), 
J). 35-54. 

Reproduit, d après les Archives de Genève, les principales pièces 
d’une correspondance échangée en 1786 et 1787 entre l’État de Fri¬ 
bourg et celui de Genève. 

4. — Quatre projets de médailles genevoises, 1706-1707. — 
Revue suisse de nurnism., t. IV (1894), p. 39-48, pl. — Tiré à 
part, Genève, 1894, in-8. 





1890 - 1900 . 


235 

5. — Les monnaies de Glaris. — Ibid.., t. Y (1895), p. 327-349, 

pl. = Tiré à part, Genève, 1896, in-8. 

Voyez ci-après n° 11. 

6. — L’ancienne monnaie genevoise pendant la période fran¬ 
çaise, 1798-1813. — Ibid., t. YI (1896), p. 317-324. = Tiré à 
part, s. 1. n. d., in-8. 

7. — Les écus de dix francs frappés pour le Tir fédéral de 1851 
à Genève. — Circulaire numism. universelle, n° 13 (1896), p. 186. 
Signé : A. C. 

8. — Le grenier à blé de Rive. — Supplément au Journal 
de Genève du 9 mai 1897. = Tiré à part, Genève, 1897, in-12, 8 p. 

9. — Le passage à Genève du général Bonaparte, no¬ 
vembre 1797 . — Ibid., 23 novembre 1897. = Tiré à part, Genève, 
1897, in-12, 16 p. 

10. — Un projet de médaille sur l’union des royaumes d’An¬ 
gleterre et d’Écosse, 1707. — Monthly numismatic Circular , 
n° 65 (avril 1898), fig. = Tiré à part, Londres, 1898, in-4, 8 p. 

11. — Les monnaies de Glaris (supplément). — Revue suisse de 
numism., t. VII (1898), p. 380-381, fig. = Tiré à part, s. 1. n. d.,in-S. 

12. — Les jetons de péage des portes et ponts de la ville de 
Genève. — Ibid., t. IX (1899), p. 291-301, fig. Signé : A. C. = 
Tiré à part, Genève, 1900, in-8. 


CAILLER, Henri, né à Genève le 5 août 1863. 

1. — Une médaille vaudoise. — Bull, suisse de numism ., 10 me 
année (1891), p. 20-21. 

Cette description, qui est fautive, grâce à une erreur d’impression, a 
été rectifiée par J. Mayor, ibid., p. 179. 

2. — Les médailles du réformateur suisse Ulrich Zwingli. — 
Revue suisse de numism., t. IV (1894), p. 20-38. == Tiré à part, 
Genève, 1894, in-8. 

3. — Catalogue de la bibliothèque de la Société suisse de numis¬ 
matique. 2 me éd. Genève, 1897, in-8, 172 p. 

4. — A propos d’une médaille à l’effigie du Christ. — Revue 

suisse de numism ., t. VIII (1898), p. 353-354. Signé : H. C. 

Voyez ci-après n° 7. 

5. — Les médailles du prince de Bismarck. — Ibid., p. 354-356. 
Signé : H. C. 




236 


PUBLICATIONS HISTORIQUES 


6. — Un médaillon de J.-B. Nini retrouvé. — Ibid., t. IX 
(1899), p. 219-220. Signé : H. C. 

7. — Encore la médaille à l’effigie du Christ. — Ibid., p. 340. 
Signé : H. C. 

8. — Un article de M. le D r G. Grunau sur la collection de 
numismatique du Musée historique de Berne. [Trad. de l’alle¬ 
mand.] Réflexions suggérées par cet article. — Ibid., p. 358-361. 
Signé : H. C. 

9. — Comptes rendus bibliographiques, signés : H. C., dans la 
Revue suisse de numism., t. VIII (1898). p. 361-370; t. IX (1899), 
p. 228-231 et 361-369. 


CARTIER, Alfred, né à Genève le 30 août 1854. 

1. — Une édition inconnue. Notice historique et bibliographique 
sur la « Brieve Resolution » de Calvin, Genève, 1555. — B. H. G., 
t. I (1892-1897), p. 203-211. = Tiré à part, (Genève, 1892), in-8. 

2. — Arrêts du Conseil de Genève sur le fait de l’imprimerie 
et de la librairie de 1541 à 1550, recueillis et annotés. — M. D. 
G., t. XXIII (1888-1894), p. 361-566, pl. = Tiré à part, Genève, 
1893, in-8. 

3. — Le siège et la bataille de Ravie par Francesco Taegio, 
traduit de latin en français par Morillon et réimprimé pour la 
première fois [sur l’éd. de Genève, s. d., vers 1525], avec une 
introduction et des notes. Genève, 1893, pet. in-4, xxi-81 p., pl. 

4. — Les Faits du Chien insatiable du sang chrétien. Récit de 
l’invasion des Turcs en Hongrie après la bataille de Moliâcs. 
Réimprimé pour la première fois [sur l’éd. de Genève, 1526], avec 
une introduction et des notes. Genève, 1894, pet. in-4, xiv-12 p. 

5. — Le tombeau de Claire Turrettini, réimprimé pour la pre¬ 
mière fois sur l’unique exemplaire de l’édition de Genève, 1612, 
[avec une notice biographique et littéraire]. Genève, 1894, gr. 
in-8, xi-16 p. 

6. — Les Bains de Pfàffers, poème latin de Charles Pascal, 
imité en vers français par Marc Lescarbot et réimprimé sur 
l’édition de Genève, 1613, [avec une notice biographique et biblio¬ 
graphique]. Genève, 1894, gr. in-8, x-13 p. 





1890 - 1900 . 237 

7. — Les poètes de Louise Labé. — Revue d'hist. litt. de la 
France, t, 1(1894), p. 433-440. = Tiré à part, s. 1. n. d., in-8. 

8. — (En collaboration avec Adolphe Chenevière.) Un homme 
de lettres du XVI e siècle : Antoine Du Moulin, valet de chambre 
de la reine de Navarre, étude biographique et litttéraire. — 
Ibid., t. II (1895), p. 469-490; t. III (1896), p. 90-106 et 218-244. 
= Tiré à part, Paris, 1896, in-8, 69 p. 

9. — L’Excuse de noble seigneur Jacques de Bourgogne, sei¬ 
gneur de Falais et de Bredam, par Jean Calvin, réimprimée pour 
la première fois sur l’unique exemplaire de l’édition de Genève, 
1548, avec une introduction. Paris, 1896, pet. in-12, lxxv-54 p. 

10. — Histoire de Genève des origines à l’année 1691, par Jean- 
Antoine Gautier. [Édition annotée. | T. II (en collaboration avec 
Jaques Mayor) et III. Genève, 1896-1898, 2 vol. gr. in-8, 552 et 
677 p. 

11. — La reine de Navarre et les bains de Cauterets. — Journal 
de Genève du 29 août 1897. 

12. — (Avec plusieurs collaborateurs.) Exposition nationale 
suisse, Genève 1896. Rapport technique, publié par ordre du Haut 
Conseil fédéral. Genève, 1898, in-4, vm-896 p. 

La rédaction définitive et l’introduction (p. i-viii) sont dues à M. Car¬ 
tier. 

13. — Imprimeurs et libraires lyonnais au XVI e siècle. — 
Revue du Lyonnais , 1899. = Tiré à part, Lyon, 1899, in-8, 25 p. 

14. — (En collaboration avec Maurice Bedot.) Notice sur le 
Musée d’histoire naturelle de Genève. Genève, 1899, in-12, 53 p., 
pl. et portrait. 

15. — Les idées politiques de Théodore de Bèze, d’après le 
traité Du droit des magistrats sur leurs sujets (1574).— B. H. G., 
t. II, p. 187-206 (1900). = Tiré à part, (Genève, 1900), in-8. 


CHAIX, Émile, né à Genève le 22 mars 1855, professeur de 
géographie à l’École supérieure de commerce et à l’École secon¬ 
daire et supérieure des jeunes filles. 

1. — (En collaboration avec Paul Chaix.) Précis de géographie 
élémentaire. 13 mo éd., Genève, 1896,in-8; 14 me éd., Genève, 1900, in-8. 

La l re éd., par Paul Chaix, est de 1839. 




PUBLICATIONS HISTORIQUES 


238 

2. — Encore le Mont-Blanc. — Écho des Alpes, 1899, p. 393- 
404, pl. = Tiré à part, (Genève, 1899), in-8. 

3. — Switzerland. — The international Geograpliy, by H.-R. 
Mïll , Londres, 1899, p. 256. 

4. — Le I) 1 ' Édouard Dufresne, ancien président de la Société 
de géographie de Genève, 1818-1898. — Le Globe , t. XXXYIII 
(1899), Bull, p. 91-94. 

5. — (En collaboration avec Paul Chaix.) Atlas de géographie 
élémentaire. 8 mo éd., Genève, 1900, in-4. 

La l re éd., par Paul Chaix, est de 1841. 

6. — Articles de géographie physique dans Le Globe, t. XXIX- 
XXXV (1890-1896); — La Famille, 1893 et 1894. 

7. — Comptes rendus bibliographiques dans Le Globe, 
t. XX1X-XXXVIII (1890-1899). 

Voyez aussi : Public. Soc. Phys., p. 24. 


CHALUMEAU, Lucien, né à Genève le 14 août 1867, lie. litt., 
professeur d’histoire à l’École secondaire et supérieure des jeunes 
tilles. 

1. — Influence de la taille humaine sur la formation des classes 
sociales. — Pages d’histoire, p. 409-426. = Tiré à part, Genève, 
1896, in-8. 

2. — Les races et la population suisse. Rapport présenté à la 
réunion annuelle des statisticiens officiels et de la Société suisse 
de statistique à Genève. — Journal de statistique suisse, 32 ,ue année, 
1896, p. 611-629, carte. = Tiré à part, Berne, 1896. in-4. 


CHOISY, Albert, né à Genève le 25 octobre 1867, lie. jur. 

1. — Notices généalogiques sur les familles genevoises : Choisy, 
De Rabours, Doisseau, Fayolle, Kunkler, Masbou, Peyrot. — 
Notices généal., t. VI (1892). Signées : A. Ch. 

2. — Id. : de Bar, de Bontems, Céard, Charton, Crotto, 





1890 - 1900 . 239 

Dorade, de Durand, Girod, Girod dit Larchier, Girodz, Guiller- 
met (deux familles), de Jaussaud, Lalouet, Macaire, Masseron, 
Savyon, Siordet. — Ibid., t. AGI (1895). Signées : A. Ch. 


CHOIS Y, Eugène, né à Genève le 25 février 1866, lie. theol., 
pasteur. 

1. — Genève centre protestant international? Genève, 1892, 
pet. in-8, 16 p. 

2. — Les villes du Canada et des États-Unis du nord-est. — 
Le Globe, t. XXXII (1892-1893), Bull., p. 199-212. 

Précis de l histoire des dogmes, par Ad. Harnack. Trad. 
de l’allemand. Paris, 1893, in-8, vi-481 p. 

4. La vie religieuse aux États-Unis. — Étrennes religieuses, 
1894, p. 201-229. 

5. - L’Église de Genève de 1564 à 1580. — Au Foyer chrét., 
l re année (1895), p. 177-201. 

6. — Calvin. — PetiteBibl. helvétique, 3 me série (1895), p. 81-96. 

1 ■ ~ La théocratie à Genève au temps de Calvin. Genève, 1897, 

in-8, 286 p. 

Thèse de licence (Genève, 1897). 

Articles : Beza, Boisée, Dutoit-Membrini, Froment, Fron¬ 
ton du Duc, Goulart. — Realencyclopcidie f. protestantische Théo¬ 
logie und Kirche, 3 mo éd., t. II-AGI (1897-1899). 

9. — (En collaboration avec Hippolyte Aubert.) La réforme 
française après la mort de Calvin, d’après des extraits de la cor¬ 
respondance de Théodore de Bèze, 1564-1575. — Bull. prot. 
franç., t. XL\II (1898), p. 430-438, 594-603; t. XLAGII (1899), 
p. 434-449; t. XLIX (1900), p. 87-91. 

10- L idée de l’État et de VÉglise chez les théologiens luthé¬ 
riens, réformés et modernes , par le D* Karl Rieker. Trad. de 
l’allemand. — Revue de théol. et de phil, 33 me année (1900), 
p. 302-344. = Tiré à part, Lausanne, 1900, in-8. 

11. — Une page de l’histoire de Genève (1566-1570). — Revue 
du Foyer, 1900, p. 426-428. 

12. — Genève, cité de refuge des protestants français au temps de- 
la Saint-Barthélemy. — Almanach protestant genevois pour 1901, 
(1900), p. 27-40. 


BULLETIN. 


T. II. 


17 





PUBLICATIONS HISTORIQUES 


240 

CLAPARÈDE, Alexandre, né à Chancy (Genève) le 14 avril 
1858, D r scient. 

1. — [Préface], Appendice (Dates des principaux événements 
relatifs au rétablissement du culté réformé sur le territoire de 
l’ancienne Savoie), Index alphabétique et Carte de YHistoire de 
la Réformation en Savoie, par Théodore Claparède (ouvrage pos¬ 
thume), Genève et Paris, 1893, in-12. 

2. — Catalogue de la bibliothèque de la Classe d’industrie et de 
commerce de la Société des Arts. Genève, 1895, in-8, xvi-399 p. 


CLAPARÈDE (de), Arthur, né à Genève le 4 avril 1852, 
D r jur., privat-docent à la Faculté des lettres. 

1. — Cliampéry, le val d’Illiez et Morgins, histoire et descrip¬ 
tion. 2 me éd. revue et augmentée, Genève, 1890, in-12, 195 p. 

La l re éd. est de 1886. 

2. — Souvenirs du Canada : du Niagara à Montréal par le lac 
Ontario et le Saint-Laurent. — Le Globe, t. XXIX (1890), Bull:, 
p. 79-91. 

3. — La Linnæa, un jardin botanique à la haute montagne. — 
Bïbl. univ., 95 me année (1890), 3 me période, t. XLYI, p. 162-172. = 
Réimprimé, avec quelques additions, dans le Jahrbuch des S. A. C., 
26 me année (1891), p. 363-373, et tiré à part, Berne, 1891, 

in-8. 

4. — M. Mounteney Jephson, retour d’Afrique. Un compagnon 
de Stanley dans sa récente expédition à la recherche d’Émin 
Pacha. —■ Journal de Genève du 2 avril 1890. Signé: Ar. de C. 

5. — Le congrès géographique de Neuchâtel. — Ibid., 21 et 
23 septembre 1890. Anonyme. 

6. — M. et M me Stanley et la Société de géographie (de Genève). 
— Ibid., 23 septembre 1890. Anonyme. 

7. — L’île de Porquerolles (îles d’Hyères). — Bull, de la Soc. 
neuchâteloise de géographie, t. VI (1891), p. 45-58. = Tiré à part, 
Neuchâtel, 1891, in-8. 

8. — Le cinquième congrès international des sciences géogra¬ 
phiques (Berne, 1891). — Journal de Genève des 20 et 22 août 1891. 

9. — Charles Sautter. — Ibid., 5 mai 1892 (suppl.). Anonyme. 




1890-1900. 241 

10. — Le congrès géographique de Gênes. — Ibid., 23, 27 et 
30 septembre 1892. Anonyme. 

11. — Le congrès international des américanistes à Huelva et 
le IV me centenaire de la découverte de l’Amérique. — Ibid., 
29 octobre et 2 novembre 1892. Signé : Ar. de C. 

12. — Gloire à Christophe Colomb! — Ibid., 28 décembre 1892 
(suppl.) 

13. — Souvenirs des îles Philippines : de Manille à Majayjay. 
Notes de voyage. — C. R. du cinquième congrès international des 
sciences géographiques, Berne, 1892, p. 455-471. = Tiré à part, 
Berne, 1892, in-8. 

14. — Annuaire universel des Sociétés de géographie, 1892- 
1893. Genève, [1892], in-16, xiv-73 p. 

15. — Sociétés suisses de géographie. [Neuvième assemblée 
générale, Berne, 1893.] — Journal de Genève des 6 et 7 septembre 
1893. Anonyme. 

16. — Des Philippines à Java. — XII ter Jahresbericht der 
geographisclien Gesellschqft von Bern, 1893, Berne, 1894, p. 56-58. 

17. — A travers le monde. De ci de là. Genève et Paris, 1894, 
in-12, x-419 p. 

18. — Une carte de géographie faite par Christophe Colomb. 

— Le Globe, t. NXNIII (1894), Bull, p. 45-47. 

19. — Le XV me congrès des Sociétés françaises de géographie. 

— Journal de Genève du 15 août 1894. 

20. — Sur le Rhône : de Lyon à Vienne et au château d’Arn- 
puis. — Ibid., 19 et 26 août 1894. 

21. — Chinoiseries (revue politique). — Semaine litt., 1894, 
p. 584-586. 

22. — Lettres sur l’Algérie. — Journal de Genève des 13, 15 
(suppl.), 19,29 (suppl.) mars; 4 (suppl.), 10 (suppl.), 12, 14 (suppl.), 
19, 20, 27 et 28 (suppl.) avril; 1 er et 3 mai 1895. 

23. — [A propos de la première ascension du Cervin.] — 
Ibid., 20 août 1895. Lettre écrite de Randa (Valais). Anonyme. 

24. — Dixième réunion de l’Association des sociétés suisses 
de géographie, — Ibid., 31 août, 1 er et 4 septembre 1895. 
Anonyme, 

25. — Une visite de l’impératrice Joséphine à Hofstetten, 
en 1810. — Ibid., 13 novembre 1895. 



242 


PUBLICATIONS HISTORIQUES 


26. — Le nom du lac de Genève. — Le Globe, t. XXXV (1896), 
Numéro spécial, p. 91-94. 

27. — Coup d’œil sur la Société de géographie de Genève 
depuis sa fondation en 1858 jusqu’en 1896. — Ibid., Méni., 
p. 1-46. = Tiré à part, Genève, 1896, in-8, vii- 46 p. 

28. — En ballon libre. — Journal de Genève des 11, 15 et 
19 août 1896. 

29. — Cartographie privée: reliefs (Exposition nationale suisse, 
Genève 1896). — Ibid., 12 octobre 1896 (suppl.). 

30. — La cartographie ancienne (Id.). — Ibid., 19 octobre 
1896 (suppl.). 

31. — En Algérie. Genève et Paris, 1896, in-16, x-213 p. 

32. — De Genève à Cercier en ballon. Genève, 1896, in-8, 39 p. 

33. — Notice sur l’École cantonale d’horticulture de Genève. 
Genève, 1896, in-8, 36 p. 

34. — Louis Vivien de Saint-Martin. — Le Globe, t. XXXVI 
(1897), Bull, p. 73-75. 

35. — Un projet de relief de la Suisse à l’échelle de 1 : 100.000. 
— Écho des Alpes, 1897, p. 53-60. = Tiré à part, Genève, 1897, 

in-8. 

36. — [L’île de Corfou.] — Journal de Genève des 21 et 22 
avril, 2, 4 et 9 mai 1897. Lettres datées de Corfou et signées : 
A. de C. 

37. — Catalogue des livres de la Société de géographie de 
Genève au 1 er janvier 1897. Genève, 1897, in-8, x-94 p. Anonyme. 

M. de Claparède a dirigé la publication de ce Catalogue et en a 
rédigé la préface, qui est reproduite dans Le Globe, t. XXXVI (1897), 
Bull., p. 79-81. 

38. — Henry Bouthillier de Beaumont (1819-1898). — Le 
Globe, t. XXXVII (1898), Mém., p. 1-14, portrait. = Tiré à part, 
Genève, 1898, in-8. 

39. — Paolo Toscanelli et Americo Vespucci. — Journal de 
Genève du 18 avril 1898. 

40. — [L’île de Crête.] — Ibid., 19, 22, 26 mai et 2 juin 1899 
(suppléments). Lettres datées de La Canée. 

41. — Le projet de loi sur l’enseignement agricole et l’Ecole 
cantonale d’horticulture. — Ibid., 21 et 30 juin 1899. 

42. — Souvenirs du VII me congrès international de géographie 



1890-1900. 243 

(Berlin, 1899). — Ibid., 16, 23 et 30 octobre 1899. = Tiré à part, 
Genève, 1899, in-16, 52 p. 

43. — Charles Bourrit (1840-1899). — Le Globe, t. XXXVIII 
(1899), Bull, p. 172-174. Signé : A. de C. 

44. — Note sur le grand barrage du Nil au-dessus d’Assouan. — 
YHter internationale?' Geographencongress, Berlin, 1899, t. II, 
]). 538-544. = Tiré à part, Berlin, 1900, in-8. 

45. — Quelques particularités de la première et de la seconde 
cataracte du Nil. — Ibid., p. 748-758. = Tiré à part, Berlin, 1900, 
in-8. 

46. — Un nouveau procédé de construction des reliefs employé 
par M. Ch. Perron, cartographe, à Genève. — Ibid., p. 941-945. 
= Tiré à part, Berlin. 1900, in-8. 

47. — Corfou et les Corfiotes. Genève et Paris, 1900, in-16, 
x-177 p. 

48. — Dans la Haute-Égypte : Le temple de Louqsor. — 
Semaine lût. du 8 septembre 1900, fi g. 

49. — La ligne de chemin de fer la plus directe entre Paris et 
Milan, par Lons-le-Saulnier, Genève et le Simplon. — Journal de 
Genève du 24 septembre 1900. 

50. — Revue sommaire des principales explorations de l’an¬ 
née 1900. — Ibid., 26 novembre et 3 décembre 1900. = Tiré à 
part, Genève, 1900, in-16, 36 p. 

51. —- Les reliefs Perron. — Le Globe, t, XXXIX (1900), Mém., 
p. 1-10. = Tiré à part, Genève, 1900, in-8. 

52. — Articles : Bingemma, Bonmont (avec fig.), Brigue, Ca- 
rouge, Città-Yecchia (Malte), etc. — La Grande Encyclopédie, 
t. VI-XI [1889-1890]. 

53. — Rapports, discours, etc., publiés de 1890 à 1900 dans 
Le Globe, dont M. de Claparède a été le directeur de 1889 à 1891 
et dont il est resté dès lors l’un des principaux rédacteurs. 

54. — Comptes rendus bibliographiques, principalement dans 
le Journal de Genève des 12 février, *26 mars, 15 juin (suppl.), 
*20, *27 et 30 juillet, *2 et *13 août, 14 et 15 septembre, 6 oc¬ 
tobre, *22 octobre (suppl.), *12 novembre, *12 et 25 décembre 
(suppl.) 1890; 14 février, *6 juillet (suppl.), 25 juillet, *5 août, 
10 septembre (suppl.), 16 novembre (suppl.), *24 décembre 




PUBLICATIONS HISTORIQUES 


244 

(suppl.) 1891; 15 avril (suppl.), *l er , *11 et 25 décembre (suppl.) 
1892; 2 juin, 22 juin (suppl.), *21 et *26 décembre (suppl.) 1893; 
28 juin (suppl.), 29 et 30 décembre (suppl.) 1894; 25 août, 15 dé¬ 
cembre (suppl.) 1895; 25 décembre (suppl.) 1896; — dans la 
Bibl. univ., 96 me année (1891), 3 me période, t. XLIX, p. 652-656, 
et LU, p. 162-168 et *643-644; 97 me année (1892), 3 me période, 
t. LIÜ, p. 662-664; — dans Le Globe, t. XXIX-XXXII (1890-1893), 
XXXIV (1895), XXXVI (1897), XXXVII (1898), XXXIX (1900), 
Bull .;— dans la Semaine lût. du 25 juin 1898. 

L’astérisque (*) indique les articles signés : Ar. de C., ou : A. de C. 
Les autres sont signés du nom entier. 


COVELLE, Alfred, né à Genève le 23 octobre 1853, D r jur. 

Le Livre des bourgeois de l’ancienne République de Genève, 
publié d’après les registres officiels (1339-1792). [Avec un Avant- 
propos.] Genève, 1897, in-8, xvi-563 p. 


CRAMER, Auguste, né à Genève le 23 juillet 1853, lie. jur., 
avocat. 

1. — Cols du Mont Tondu et de Miage. — Écho des Alpes, 

1891, p. 222-231. 

2. — L’Aiguille Verte. — Journal de Genève du 14 août 1891. 
Signé A. C. = Tiré à part, Genève, 1891, in-12, 14 p. 

3. — Catastrophe de Saint-Gervais-les-Bains. — Ibid., 17 juillet 

1892. Signé : A. C. 

4. — L’Aiguille du Géant et les cabanes du Mont-Blanc. — 
Ibid., 14 août 1892, fig. Signé : Atig. C. = Tiré à part, Genève, 
1892, in-12, 23 p. 

5. — Les Grands Charmoz et l’Aiguille du Dru. — Écho des 
Alpes, 1894, p. 183-198. = Tiré à part, Genève, 1894, pet. in-8, 

21 p. 

6. — La traversée des Grépons. — Journal de Genève du 
15 septembre 1895, fig. Signé : Aug. C. = Tiré à part, Genève, 
1895, in-12, 16 p. 






1890 - 1900 . 245 

I)E CEUE, Francis, né à Genève le 9 septembre 1854, D r ès 
lettres de Sorbonne, professeur à la Faculté des lettres. 

1. — Le parti des politiques au lendemain de laSaint-Barthc- 
lemy. La Molle et Coconat. Paris, 1892, in-8, 365 p. 

2. — La Molle et Coconat et les négociations du parti des 
Politiques. — Revue d’hist. diplomatique, 6 me année (1892), p. 375- 
394. = Tiré à part, Paris, 1892, in-8. 

3. — Pierre-le-Grand et le genevois Le Fort. — Bull, de V Uni¬ 
versité de Lyon, 1893, p. 265. === Tiré à part, Lyon, 1893, in-8,19 p. 

4. — Les transformations politiques, administratives et sociales 
en France, de Charles VIII à la fin de Henri II (1492-1559). — 
Hist. générale du IV e siècle à nos jours, pnbl. sous la direction 
d’Ernest Lavisse et d’Alfred Rambaud, t. IV (1894), p. 136-184. 

5. — Souvenirs de Sicile. — Semaine litt., 1894, p. 92-94. 

6. —• Aventicum. — Ibid., p. 368-370. 

7. — Villes byzantines. — Ibid., p. 423-425. 

8. — Constantinople aujourd’hui. — Ibid., p. 520-522. 

9. — Barthélemy, ambassadeur en Suisse. — Pages d’histoire, 
p. 63-86. = Tiré à part, Genève, 1895, in-8. 

10. -— Notes de voyage : la Grèce et la Sicile, villes romaines 
et byzantines, Constantinople et Smyrne. Paris et Genève, 1895, 
pet. in-8, 181 p., pi. et carte, 

11. — Genève et la Société de lecture, 1818-1896. Genève, 1896, 
in-8, vm-175 p., pl. et portraits. 

12. — La Suisse, de 1789 à nos jours (1900). — Hist. générale 
du IV 0 siècle à nos jours, pnbl. sous la direction d’Ernest Lavisse 
et d’Alfred Rambaud, t. VIII (1896), p. 793-826; t. IX (1897), 
p. 456-476; t. X (1898), p. 592-612; t. XII (1901), p. 204-233. 

13. — Comptes rendus bibliographiques dans la Revue histo¬ 
rique et dans la Revue critique, de 1890 à 1900. 

Voyez aussi : Cotai, de VUniv ., p. 224. 


DEMOLE, Eugène, né à Genève le 22 décembre 1850, D r phil., 
conservateur du Cabinet de numismatique. 

1. — Observation sur le type des monnaies 'congolaises. — 
Bull, suisse de numism., 9 mfi année (1890), p. 41-44. 





246 


PUBLICATIONS HISTORIQUES 

2. — Histoire monétaire de Genève de 1792 à 1848. — M. I). 


G, série in-4, t. II, p. 1-139 (1892), pi. = Tiré à part, Genève et 
Paris, 1892, in-4. 

Ce mémoire fait suite à Y Histoire monétaire de Genève de 1535 
a 1792, publ. eu 1887 par le même auteur, ibid., t. I, p. 57-431, pl. 

Voyez aussi : Public. Soc. phys., p. 38. 


DES GOUTTES, Édouard, né à Genève le 20 septembre 1840, 
ingénieur. 

1. — Daniel Colladon. — Petite Bïbl helvétique, 2 mo série (1894), 
p. 85-108. 

2. — Le carillon et les cloches de Saint-Pierre. — Saint-Pierre, 
4 me fasc., 1899, p. 15-86. pl. 


DU BOIS-MELLY, Charles, né à Genève le 5 mai 1821, cor¬ 
respondant de la Députation royale « di Storia patria », de l’Aca¬ 
démie de Savoie, de la Société d’histoire de Chambéry, de la 
Société fiorimontane, de l’Académie de Besançon; membre d’hon¬ 
neur de l’Académie de Thonon. 

U De la désertion malicieuse et de l’adultère, de la sépara¬ 
tion conjugale et du divorce, sous l’ancienne législation genevoise. 
— Bull. Inst, genev., t. XXX (1890), p. 19-56. — Tiré à part, 
Genève, 1889, in-8. 

2. — De l’exercice des derniers droits féodaux dans l’ancienne 
République de Genève. — Ibid., p. 235-303. - Tiré à part, Ge¬ 
nève, 1890, in-8. 

3- Châteaux, manoirs et monastères des environs de Genève. 
(2 mo série.) Irente dessins d’après nature et notes historiques. 
Genève, (1891), gr. in-8, 64 p., pl., autogr. 

La l ie série est de 1889. — Voyez ci-après, n° 11. 

4. Relations de la cour de Sardaigne et de la République de 
Genève depuis le traité de Turin jusqu’à la fin de l’ancien régime, 
1754-1792. Genève et Bâle, 1891, pet. in-8, 349 p. 

•5- Genève à la tin du XYII mo siècle. Traduction libre de la 
Storia Genevrina (de Leti). — Bull, Inst, genev., t. XXXI (1892), 
p. 21-92. = Tiré à part, Genève, 1891, in-8. 




1890 - 1900 . 


247 

6. — Les ordonnances royales et les mœurs sous le règne des 
derniers Valois. [l re partie.] — Ibid., p. 151-228. = Tiré à part, 
Genève et Bâle, 1891, in-8. 

, 7. — Id. [2 me partie.] — Ibid., t. XXXII (1894), p. 105-168. = 
Tiré à part, Genève, 1893, in-8. 

8. — Mœurs soldatesques et « coutumes de mars », de Louis XII 
h Henri IL — Ibid., p. 309-413. = Tiré à part, Genève, 1894, in-8. 

9. — Le déclin de la chevalerie et gent d’armerie, du règne de 
Jean le Bon à celui de Louis XI (1350-1483). — Ibid., t. XXXIV 
(1897), p. 165-272. = Tiré à part, Genève, 1896, in-8. 

10. — Un chapitre du livre de messire de La Tour-Landry, 1372. 
(Est-il permis à une honnête femme ou fille d’être amoureuse?) 
— Ibid., p. 321-334. = Tiré à part, Genève, 1897, in-8. 

IL — Châteaux, manoirs et monastères des environs de Ge¬ 
nève. (3" ,e série.) Trente-trois dessins d’après nature et notes his¬ 
toriques. [Genève, 1900], in-8, v-49 p., pl., autogr. 


DUFOUR-VERNES, Louis, né à Genève le 1 er septembre 1839, 
archiviste d’État. 

1. — Les notes d’un pasteur de campagne. — Étrennes reli¬ 
gieuses, 41 n,u année (1890), p. 144-165. 

2. — Les ascendants de J.-J. Rousseau. — Bull. Inst, genev., 
t. XXX (1890), p. 437-464. = Tiré à part, Genève, 1890, in-8. 

3. — Deux contrats de graveurs en médailles genevois. — 
Bull, suisse de numism., 10 me année (1891), p. 204-209. 

4. — Les Gardelle, famille d’artistes genevois. — Bull. Inst, 
genev., t. XXXII (1894), p. 13-23 [1892]. 

5. — Un procès de presse en 1603, à propos d’une chanson 
savoyarde sur l’Escalade. — Ibid., p. 75-103. = Tiré à part, Ge¬ 
nève, 1892, in-8. 

6. — Les victimes de la guerre de Genève contre le duc de 
Savoie en 1589 et 1590. — Ibid., p. 221-241. = Tiré à part. Ge¬ 
nève, 1893, in-8. 

7. — Notices généalogiques sur les familles genevoises : Capitel, 
Carnaglio, Caze de Bary, Duhamel, Gardelle, Le Royer, Morin, 
Neel. — Notices généal., t. VI (1892). Signées : I). 




248 


PUBLICATIONS HISTORIQUES 


8. — Id. : Ador, Bellot, Benetia, Bernard, de Choudens, 
Crommelin, Danel, Dedomo, Facci (di), Faure, Foex, Godet, 
Grosjean, Labat, Lombard, Long, Machard, Malvesin, Marin, 
Moilliet, Piaget, Ramu,Yignier.— Ibid., t. VII (1895). Signées : D. 

9. — Une tentative d’enseignement de la langue allemande aux 
jeunes Genevois (1560-1564).— B. H. G., t. I (1892-1897). p. 261- 
269. = Tiré à part, Genève, 1894, in-8. 

10. — Note sur la date de la mort d’Agrippa d’Aubigné. — 
Ibid., p. 273 (1894). 

11. — L’inventaire après décès de Jean Rousseau. — Ibid., 
p. 289-292 (1894). 

12. — Le pasteur Juventin et sa correspondance. — Ibid., 
p. 302-322. == Tiré à part, (Genève, 1894), in-8. 

13. — Lettres de Paul-Henri Mallet à Jacob Vernes (1750- 
1761). [Avec une introduction.] — Ibid., p. 428-458. = Tiré à 
part, (Genève, 1894), in-8. 

14. — Pronostication. — Almanach de Genève, 1895, p. 95-103. 
Signé : L. D.-Y. 

15. — Nicolas Bogueret, une des victimes de l’Escalade. Étude 
suivie de quelques descendances. Genève, 1896, in-8, 52 p. 

16. — Les Archives d’État de Genève (1814-1896). — B. H. G., 
t. II, p. 19-41 (1898). = Tiré à part, (Genève, 1898), in-8. 


DUFOUR, Théophile, né à Genève le 4 octobre 1844, lie. jur., 
archiviste-paléographe, directeur (1877-1885), puis directeur ho¬ 
noraire des Archives d’État, directeur (1885-1900), puis directeur 
honoraire de la Bibliothèque publique. 

MO. — Bibliothèque publique. Compte rendu pour les années 
1889-1898. — C. B. de Vadministration municipale de la Ville de 
Genève, années 1889-1898. = Tiré à part, Genève, 1890-1899, 
10 pièces in-8 de 8 à 12 p. 

11. — L’auteur de Y Histoire ecclésiastique des églises réfor¬ 
mées au royaume de France, 1580. (Résumé [par W. Serment] 
d’une communication faite à la Société d’histoire et d’archéologie 
de Genève.) — Journal de Genève du 10 avril 1890. = Réimprimé 
dans le Bull. prot. franç., t, XXXIX (1890), p. 285-286. 




1890 - 1900 . 


249 


12. — Notice généalogique sur la famille Bordier, de Genève, 
originaire d’Orléans. — Notices généal., t. II, 2 rae éd. (1892), 
p. 808-842. Anonyme. = Tiré à part, Genève, novembre 1891, 
in-8. Signé : Th. D. 

13. — Cousin et cousine... au 15 mo degré. Genève, 1891, in-8, 
1 p. Signé : Th. D. 

14. — Le texte des capitulations turques, [à propos du conflit 
franco-bulgare]. — Journal de Genève du 9 janvier 1892. Signé : 

15. — Lettre de Charles VIII, roi de France (1490). — B. H. 
6r., t. I (1892-1897), p. 189-191 et 548. 

16. — [Observations sur le projet de création d’une Biblio¬ 
thèque nationale suisse.] — Protokoll der Sitzungen der Ex- 
pertenkommission in Sachen der projektierten Nationalbïbliothek , 
24 April 1893, p. 10, 12, 20-22, 25, 26, 28, 29. 

17. — Charles Le Fort, 1821-1888. Allocution à la Société 
d’histoire et d’archéologie de Genève le 15 novembre 1888. [Avec 
une Bibliographie.] — M. D. G ., t. XXIII (1888-1894), p. 567-600. 
= Tiré à part, Genève, [1893], in-8, 38 p., portrait. 

18. — Collection des Bibliophiles genevois, réimpressions de 
pièces du XVI 1 ' siècle, publiées et annotées par Théophile Dufour. 
N ü 1 : Merveilles advenir en cestuy an vingt et sis. Pronosti- 
cation satirique pour l’année 1526 [Genève, Wigand Kœlnj. 
Genève, 1893, pet. in-8, 43 p. [A paru en juillet 1894.] 

19. — [L’auteur des Mémoires d’une inconnue et sa famille 
maternelle.] — Journal de Genève du 2 mai 1894. 

20. — Arts graphiques. Manuscrits ornés, impressions, reliures, 
gravures. — Exposition nationale suisse, Genève 1896. Catalogue 
de l’art ancien, groupe 25, Genève, 1896, in-8, p. 47-110. 
Anonyme. 

21. — [Note sur une convention du 6 juillet 1738, portant la 
signature de J.-J. Rousseau.] — L’Amateur d'autographes, 15 fé¬ 
vrier 1898, p. 7. 

22. — Affaire de Civry. Rapport au Conseil administratif de 
la Ville de Genève. — Mémorial des séances du Conseil municipal, 
56 me année (1898-1899), p. 990-1012, et p. 6-28 du tirage à part 
intitulé : Affaire de Civry. Communication du Conseil adminis¬ 
tratif au Conseil municipal. Genève, 1899, in-8. = Réimprimé 



250 


PUBLICATIONS HISTORIQUES 


dans le supplément au Journal de Genève du 12 avril 1899 et 
tiré à part, Genève, 1899, in-12, 32 p. 

23. — Catalogue de la Bibliothèque publique de Genève. 
Tomes VII et VIII (Deuxième supplément), IX (Table alphabé¬ 
tique). Genève, 1899, 3 vol. in-8, 1274 p. Anonyme, 


DUNANT, Émile, né à Genève le 8 juin 1871, I) r pliil., conser¬ 
vateur du Musée archéologique, privat-docent à la Faculté des 
lettres. 

1. — Les relations politiques de Genève avec Berne et les 
Suisses, de 1536 à 1564. Genève, 1894, in-8, iv-222 p. 

Thèse de doctorat (Zurich, 1894). Couronné par l’Université de Genève 

(prix Ador, 1894). 

2. — Talleyrand et l’intervention française en Suisse (1797- 
1798). — Anz. f. sclnveiz. Gesch., nouv. série, t. VII, 1894-1897, 
p. 257-267 (1895). 

3. — La politique du Directoire .et la chute de l’ancien régime 
en Suisse. — Pages d’histoire, p. 427-460. = Tiré à part, Genève, 
1895, in-8. 

4. — M. le professeur G. Meyer de Ivnonau. — Suisse unir., 
t. I, 1896, p. 114-116, portrait. 

5. — Jean-Daniel Colladon. — Ibid., t. II, 1896-1897, p. 98- 
102, fi g. 

6. — Note sur deux milliaires de Prévessin. — Anz.f. sclnveiz. 
Alterthumskunde, t. VIII, 1897, p. 86-92. = Réimprimé, avec 
une notice sur l’église de Prévessin, sous ce titre : Les mil liaires 
et l’église de Prévessin, dans B. H. G., t. II, p. 42-54 (1898), pi., 
et tiré à part, (Genève, 1898), in-8. 

Reproduit l’inscription de ces milliaires, l’une, inédite, au nom d’Ela- 

gabale (219 ap. J. C.), l’autre aux noms de Maximin et de Maxime 

(235-238 ap. J. C.). 

7. — Le texte authentique de la pétition de F.-C. de la Harpe 
au Directoire (9 décembre 1797). — Revue historique vaudoise, 
5 me année, 1897, p. 321-342, pi. = Tiré à part, Lausanne, 1897, 

in-8. 

8. — L’affranchissement du pays de Vaud en 1798. — Semaine 
litt., 1898, p. 25-28, fi g. 





1890 - 1900 . 


251 


iM 


9. — Antiquités découvertes à Saint-Pierre (Genève). — Anz. 
f. schweiz. Alterthumskunde, t. VIII, 1898, p. 11-16, fi g. 

10. — Genève, française. — Gazette de Lausanne du 15 avril 
1898. 

11. — Le centenaire de l’indépendance tessinoise. — La Suisse 
du 1 er mai 1898. 

12. — Aloys Reding et les Schwvtzois en 1798. — Ibid., 
8 mai 1898. 

13. — L’Édit de Nantes. — Ibid., 2 juin 1898. 

14. — Pierre Vaucher, professeur et historien, 1833-1898. — 
Suisse univ., t. III, 1897-1898, p. 130-132, portrait. 

15. — Histoire d’un traité. [Traité d’alliance offensive et défen¬ 
sive franco-suisse du 19 août 1798.] — Gazette de Lausanne du 
19 août 1898. 

16. — Les massacres du Nidwald. — La Suisse du 12 sep¬ 
tembre 1898. 

17. — Le monument Suvoroff. — Ibid., 29 septembre 1898. 

18. — La bataille de Dornach. — Ibid., 23 et 29 juillet 1899. 

19. — La réunion des Grisons à la Suisse. Correspondance 
diplomatique de Florent Guiot, résident de France près les Ligues 
grises (1798-1799), et des députés grisons à Paris, avec Talley- 
rand, le Directoire et les gouvernements helvétique et grisou. 
Avec une introduction et des notes. Genève et Bâle, 1899, in-8, 
iui-488 p. 

20. — Chapiteau romain d’Avenelles. — Anz.f. schweiz. Alter- 
thumsîmnde, nouv. série, t. I, 1899, p. 119-122, fig. 

21. — Le coup d’état du 7 janvier 1800. — La Suisse du 
7 janvier 1900. 

22. — Guide illustré du musée d’Avenches, (publ. par 1’) Asso¬ 
ciation « Pro Aventico ». Genève, 1900, in-8, vi-138 p., pl. 

23. — Avenches. — Dictionnaire géographique suisse, t. I, 
p. 107-112 (1900), fig. 

24. — La Suisse au XIX e siècle. — Almanach Maurice, ency¬ 
clopédie populaire suisse, Genève, 1901 [décembre 1900], pet. in-8, 
p. 51-61. 

25. — A propos de l’Escalade. — La Suisse du 12 décembre 19CO. 
Anonyme. 

26. — Articles de vulgarisation historique dans le Journal de 




252 


PUBLICATIONS HISTORIQUES 


nos garçons, années 1895-1898, Y Ami du Foyer, années 1897 et 
1898, etc. 

27. — Le mouvement historique en Suisse, à propos de quelques 
livres récents. — Suisse univ ., t. III, 1897-1898, p. 6-9. 

28. — Bulletin d’histoire suisse, 1897-1898. [Compte rendu 
bibliographique.] — Ibid., 4 mo année, 1898-1899 (nouv. série, t, I), 
p. 20-29. 

29. — Id., 1899. — Ibid., 5 me année, 1899-1900 (nouv. série, 
t. II), p. 103-114. 


FATIO, Guillaume, né à Genève le 11 septembre 1865. 

1. — Le yachting sur le lac Léman. Genève, 1894, pet. in-8, 
202 p., pl. 

2. — Les caisses d’épargne de la Suisse. Histoire d’un siècle, 
1795 à 1895. — Journal de statistique suisse, 32 me année, 1896, 
p. 639-676, tableaux. = Tiré à part, Berne, 1896, in-4. 

3. — Les caisses d’épargne de la Suisse (en 1896). — Ibid., 34 rae 
année, 1898, p. 177-238, tableau. = Tiré à part, Berne, 1898, in-4. 

4. — Id., 1897. — Ibid., 36 me année, 1900, t, I, p. 385-438. = 
Tiré à part, Berne, 1900, in-4. 

5. — Le plan d’extension de la ville de Genève. Genève, 1897, 
in-8, 43 ])., pl. 

6. — Croquis genevois. Impressions d’un promeneur. Genève, 
1897, in-8, 32 p., fig. 

7. — La campagne genevoise d’après nature. Illustrations de 
Fréd. Boissonnas. Genève, 1899, in-4, 113 p., pl. 

8. — Genève à travers les siècles. Illustrations de Fréd. Bois¬ 
sonnas. Genève, 1900, in-4, 177 p., fig. 


FAYRE, Camille, né à Genève le 19 novembre 1845, ancien 
élève de l’École des chartes, colonel. 

1. — Réflexions sur notre état militaire. — Revue militaire 
suisse, 41 me année, 1896, p. 1-18, 90-106 et 137-153. 

2. — L’art ancien à l’Exposition nationale suisse (Genève 1896). 
Album illustré composé de LXX planches servant de supplément 






1890 - 1900 . 253 

au catalogue du groupe 25. Publié par le comité du groupe 25. 
[Avec un Avant-propos.] Genève, 1896, in-fol., 19 p. et 70 pl. 

3. — Exposition nationale suisse, Genève 1896. Rapport admi¬ 
nistratif sur le groupe 25, Art ancien. — Exposition nationale 
suisse , Genève 1896. Rapport technique, publié par ordre du Haut 
Conseil fédéral, Genève, 1898, in-4, p. 347-368, fig. = Tiré à 
part, Genève, 1898, in-4. 

4. — A propos du futur Musée, Discours prononcé à rassemblée 
générale de la Société académique de Genève, 11 novembre 1899. 
Genève, 1899, pet. in-8. 22 p. 

5. — Notes sur la guerre anglo-transvaalienne. — Journal de 
Genève, 45 articles du 13 janvier 1900 au 24 septembre 1901. 

6. — La réforme de l’armée anglaise. — Ibid., 7 articles du 
7 juillet au 28 octobre 1900. 


FAVRE, Édouard, né à Genève le 6 juillet 1855, D r ph.il., 
élève diplômé de l’École des hautes études. 

1. — [Édouard Humbert], paroles prononcées à la séance de la 
Société d’histoire et d’archéologie de Genève du 9 janvier 1890. 
— Edouard Humbert, 1823-1889, notice nécrologique et souvenir, 
Genève, 1890, in-8, p. 21-22. 

2. — Henri-Léonard Bordier [1817-1888]. Allocution à la So¬ 
ciété d’histoire et d’archéologie de Genève, [Avec une Biblio¬ 
graphie.] — M. I). G., t. XXIil (1888-1894), p. 327-359. = Tiré 
à part, Genève, 1892, in-8, portrait. 

3. — Avant-propos. — B. H. G., t. I (1892-1897), p. iii-iv. 

4. — Lettres de Voltaire à Louis Necker de Germany. — Ibid., 
p. 212-218. L’[introduction] est signée : Éd. F. = Tiré à part, 
Genève, 1892, in-8. 

Suivies de lettres inédites de Voltaire à J.-A. de Luc, publiées par 

Edmond Pictet. 

5. — [Eugène Vieusseux.] Nécrologie. — Journal de Genève 
du 4 novembre 1892. Signé : Éd. F. 

6. — Hennin naturaliste. — Ibid., 26 janvier 1893. = Tiré à 
part, Genève, 1893, in-8, 5 p. 

P.-M. Heunin, résident de France à Genève de 1765 à 1778. 

7. — Eudes, comte de Paris et roi de France (882-898). — 




254 


PUBLICATIONS HISTORIQUES 

Bïbl. de VÉcole des hautes études, fasc. 99. Paris, 1893, in-8, 
xxv-284 p. 

8. — Les études orientales à la Société d’histoire et d’archéo¬ 
logie de Genève, 1838-1894. Genève, 1894, in-8, 51 p., portraits 
et fig. 

9. — Georges de Wyss à Genève, 1835-1837. Traduit de l’alle- 
mand. [Avec un Avant-propos.] Genève, 1895, .pet. in-8, 63 p. 

10. — Association pour la restauration de Saint-Pierre. Bazar 
des 8 et 9 mai 1895. Discours et rapport. Genève, 1895, in-8, 12 p. 

11. — L’œuvre de M. Pierre Vaucher jusqu’en 1895. [Avec une 
Bibliographie.] — Pages d'histoire, p. 471-508. = Tiré à part, 
Genève, 1895, in-8. = La bibliographie a été réimprimée, avec de 
nombreuses additions et modifications, dans B. H. G., t. Il, 
p. 107-123 (1899), et p. 13-29 du tirage à part intitulé : Pierre 
Vaucher, 1833-1898. Allocution et bibliographie, par Frédéric 
Gardy et Édouard Favre. Genève, 1899, in-8. 

12. — (Seul ou en collaboration.) [Compte rendu des séances 
annuelles de la] Société générale d’histoire suisse, 1895-1899. — 
Journal de Genève des 25 septembre 1895, 12 septembre 1896 
(suppl.), 12 septembre 1897, 13 août 1898 et 9 octobre 1899. 

13. — (iVvec quelques collaborateurs.) Exposition nationale 
suisse, Genève 1896. Catalogue de l’art ancien, groupe 25. Genève, 
1896, in-8, xix-410 p. Anonyme. 

M. Ed. Favre a été le principal rédacteur de cette publication. 

14. — lui famille d’Évrard, marquis de Frioul, dans le royaume 
franc de l’Ouest. — Études d’hist. du moyen âge, Paris, 1896, 
p. 155-162. 

15. — A M. Gabriel Monod. Allocution. Sorbonne, le 14 no¬ 
vembre 1896. [Genève, 1896], in-8, 8 p. 

16. — [Allocution au nom de la] Société d’histoire et d’archéo¬ 
logie de Genève. -— Jubilé de M. Aimé-Louis Herminjard, 7 no¬ 
vembre 1896, Lausanne, [1897], in-4, p. 56-57. 

17. — (En collaboration avec Victor van Berchem.) Histoire 
de Genève des origines à Vannée 1691, par J eau-Antoine Gautier. 
[Edition annotée.] T. I. [Avec une introduction, p. xvii-xlviii, 
intitulée : L’œuvre historique de Jean-Antoine Gautier.] Genève, 
1896 [1897], gr. in-8, xlviii- 461 p., portrait. = L’[introduction] 
a été tirée à part, Genève, 1897, gr. in-8, 38 p. 




1890 - 1900 . 


255 


18. — Quelques actes du XIV e siècle relatifs à Genève. — B. 
H. G., t. I (1892-1897), p. 478-494. = Tiré à part, Genève, 1897, 
in-8. 

Les documents reproduits ont été fournis par le comte Amédée de Foras. 

19. — La 600 me . séance (24 janvier 1895) de la Société d’his¬ 
toire et d’archéologie de Genève. Allocution. — Ibid., p. 516-519. 
= Tiré à part, Genève, 1897, in-8. 

20. — Adolphe Gautier [1825-1896]. Allocution à la Société 
d'histoire et d’archéologie de Genève. [Avec une Bibliographie.] 
— Ibid., p. 520-532. = Tiré à part, Genève, 1897, in-8, portrait. 

21. — Allocution prononcée aux obsèques de M. Pierre Vau- 
cher. — Aux amis de Pierre Vaucher, f 9 juin 1898. Allocutions 
prononcées par MM. J.-J. Gourd et Édouard Favre, Genève, 
[ 1898], in-8, p. 9-12. 

22. — Pierre Vaucher. Nécrologie. — Revue hist., 1898, 
t. LXVIII, p. 92-96. 

23. — Au feu! [Genève, 1899,] in-8, 10 p. — Nouvelle édition, 
avec de nombreuses additions et corrections, intitulée : Au feu! 
l’Université et la Bibliothèque publique. [Genève, 1899], in-8, 
14 p. — Les deux éditions sont datées : Genève, le 14 mars 1899. 

24. — M me Juste Bouchet. — Nouvelles du Zambèze, 2 rae année 
(1899), p. 68-72, et p. 5-9 du tirage à part intitulé : Madame Juste 
Bouchet , née Marie Joseph, 1880-1899. Allocution suivie de let¬ 
tres de MM. Coillard et Bouchet. [Genève, 1899], in-8. 

25. — Madame Louis Jalla, née Marie Turin, 1864-1899. Avec 
un portrait. [Genève, 1899], in-8, 21 p. 

26. — Emile Rittener. — Journal des Missions évangéliques, 
75 mo année (1900), p. 289-292. Anonyme. = Tiré à part, [Paris, 
1900], in-8. = Réimprimé, avec des additions et des modifications, 
dans les Nouvelles du Zambèze, 3 me année (1900), p. 59-61. Signé : 
Éd. F., et tiré à part, [Genève, 1900], in-8. 

27. — M. Éd. Favre rédige, depuis 1895, la Chronique suisse 
de la Revue historique, et dirige, depuis leur fondation, les Nou¬ 
velles du Zambèze. 

28. — Comptes rendus bibliographiques dans la Revue histo¬ 
rique, le Journal de Genève, la Gazette de Lausanne, etc. 


BULLETIN. 


T. II. 


18 




256 


PUBLICATIONS HISTORIQUES 


FAZY, Henri, né à Berne le 31 janvier 1842, conseiller d’État, 
directeur des Archives. 

1. — Les constitutions de la République de Genève. Étude 
historique, [suivie du texte des Édits de 1543]. Genève et Bâle, 
1890, pet. in-8, [v-] 337 p. 

2. — L’alliance de 1584 entre Berne, Zurich et Genève. [Avec 
des documents et pièces justificatives.] — Bull. Inst, genev., 
t. XXXI (1892), p. 277-399. = Tiré à part, Genève, 1891, 
in-8. 

3. — Michel Roset. — Petite Bïbl. helvétique, 2 me série (1894), 
p. 189-206. 

4. — Les Chroniques de Genève de Michel Roset, [publ. d'après 
le manuscrit original, avec un Avant-propos et une Notice bio¬ 
graphique]. Genève, 1894, in-8, xliii-459 p., portrait. 

5. — Genève et les zones franches. Exposé historique. Genève, 
1894, in-8, 15 p. 

6. — Les Suisses et la neutralité de la Savoie, 1703-1704. 
Genève, 1895, in-8, vn-349 p. 

7. — L’instruction primaire à Genève. Notice historique. Genève, 
1896, in-8, 83 p. 

8. — Charles Yogt. — Bull. Inst, genev., t. XXXIV (1897), 
p. 377-384, portrait. 

9. — La guerre du pays de Gex et l’occupation genevoise 
(1589-1601). Genève, 1897, in-8, vn-416 p., pl. et carte. 

Yoyez aussi : Catal. de VJJniv., p. 227. 


GALIFFE, Aymon, né à Genève le 30 septembre 1856, lie. en 
droit et en sciences sociales, juge au Tribunal de première ins¬ 
tance. 

1 . — Notices généalogiques sur les familles genevoises depuis 
les premiers temps jusqu’à nos jours , par J.-A. Galijfe. T. IL 
Deuxième édition revue et complétée. Genève, 1892, in-8, xi-912 p. 

2. — (En collaboration avec J.-B.-G. Galiffe et Ad. Gautier.) 
Armorial genevois, avec un texte héraldique et généalogique. 
Nouv. éd. de Y Armorial historique genevois. Genève, 1896, in-4, 
v-151 p., pl. 





1890 - 1900 . 


257 


3. — Le passage de la Lintli par Soult les 25 et 26 septembre 
1799. Berne, 1899, in-8, 123 p., cartes. (Kriegsgeschichtliche Stu- 
dien, hsgg. vom eidg. Oeneralstabsbureau, Heft III.) 


GAMPERT. Albert, né à Genève le 25 janvier 1860, lie. jur., 
notaire. 

1. — L’unification du droit matrimonial en Suisse. Genève, 
1893, in-8, 39 p. 

2. — Des bases d’une législation suisse sur les Registres fon¬ 
ciers. Rapport présenté (à la Société suisse des juristes). — 
Zeiisch. f. schweiz. Redit, nouv. série, t. XV (1896), p. 548-635. 
= Tiré à part, s. 1. n. d., in-8. 

3. — Rapport de la commission chargée d’examiner la propo¬ 
sition du Conseil administratif relative à la Tour de Elle, [présenté 
au Conseil municipal le 22 octobre 1897.] — Mémorial des séances 
du Conseil municipal de la Ville de Genève, 55 me année (1897), 
p. 330-346. 


GARDY, Frédéric, né à Carouge (Genève) le 9 août 1870, 
lie. litt., conservateur à la Bibliothèque publique. 

1. — L’histoire suisse et la section genevoise de la Société de 
Zofingue. — Pages d’histoire, p. 461-469. 

2. — Pierre Y aucher. — Feuille centrale de Zofingue, 38 ma an¬ 
née, 1897-1898, p. 493-498. = Tiré à part, [Lausanne, 1898], in-8. 

3. — Pierre Vaucher. Allocution à la Société d’histoire et d’ar¬ 
chéologie de Genève. — B. H. G., t. II, p. 97-106 (1899), et p. 3-12 
du tirage à part intitulé : Pierre Vaucher, 1833-1898. Allocution 
et bibliographie, par Frédéric Gardy et Édouard Favre. Genève, 
1899, in-8. 


GAUTIER, Léon, né à Genève le 15 juillet 1853, D r med. 

1. — Rapport sur la marche de la Société médicale de Genève 
en 1891. — Revue méd. de la Suisse rom., 12 me année (1892), 
p. 113-122. = Tiré à part, Genève, 1892, in-8. 

Contient un aperçu de l’histoire de la Société médicale pendant les 
trente années précédentes. 








258 


PUBLICATIONS HISTORIQUES 


2. — L’hôpital Butini, 1890-95. Genève, 1896, in-8, 54 p. 

3. — Les lépreux à Genève au moyen âge et au XVI e siècle. — 
j Revue méd. de la Suisse rom., 20 me année (1900), p. 613-632. = 
Tiré à part, Genève, 1900, in-8. 


GAUTIER, Lucien, né à Cologny (Genève) le 17 août 1850, 
D r phil., professeur honoraire de théologie. 

1. — La Palestine illustrée. — Revue chrét., nouv. série, t. VI, 
1890, p. 55-64. 

2. — La mission du prophète Ézéchiel. Lausanne, 1891, in-8, 
376 p. 

3. — A propos d’un livre récent sur la question du Pentateuque 
(Les sources du Pentateuque, par Alexandre Westphal. Paris, 
1888-1892, 2 vol. in-8.) — Chrétien évangélique, 35 rae année, 1892, 
p. 361-379. 

4. — Le prophète Jérémie et le roi Jéhojakim. — Ibid., 
36 me année, 1893, p. 465-477 et 513-526. 

5. — Le second Ésaïe. — Revue chrét., nouv. série, t. XII, 1893, 
p. 176-198. 

6. — Deux promenades dans Jérusalem. — Au Foyer chrét., 
1895, p. 202-224. 

7. — Un vieux couvent de Judée [Mar-Sabaj. — Annuaire de s 
Unions chrét. de jeunes gens de la Suisse romande pour 1895, 
p. 22-27, fig. 

8. — Au delà du Jourdain, souvenirs d’une excursion faite en 
mars 1894. — Le Globe, t. XXXIV (1895), Mém., p. 109-170, pl. 
= Tiré à part, Genève, 1895, in-8. — 2 me éd., Genève, 1896, in-12, 
141 p., pl. et carte. 

9. — Un voyageur suisse dans le Levant en 1812-1813 (J.-H. 
Mayr). — Pages d’histoire, p. 1-24. 

10. — Notes sur le Décalogue. Lausanne, 1895, in-12, 24 p. 

11. — Au pays des Philistins : de Jérusalem à Hébron par 
Gaza et Beer-Schéba. — Revue chrét., 3 rae série, t. III, 1896, p. 55- 
70, 125-134, 216-230 et 290-305. 

12. — Le Carmel. — Chrétien évangélique, 39 me année, 1896, 
p. 194-209. 





1890 - 1900 . 


259 


13. — Saint-Jean-d’Acre. — Ibid., p. 250-264. 

14. — Sur la côte tyrienne. — Ibid., p. 306-322. 

15. — Le concile de l’Alliance presbytérienne et le jubilé de l’Al¬ 
liance évangélique. Réflexions rétrospectives.— Ibid., p. 447-459. 

16. — Ueber Dscherasch und die Inschriften daselbst. — Mit- 
theilungen und Nachrichten des Deutsclien Palæstina-Vereins, 
1896, p. 40-41. 

17. — Note on 1 Samuel XII, 26, 27. — The Expository Times, 
9 me année (1897-98), p. 190. 

18. — Souvenirs de Terre-Sainte. Lausanne, 1898, in-8, 379 p., 
fig. — 2 mo ‘éd.; Lausanne, 1898, in-8, 349 p., fig. et c&l'te. 

19. — Le voyage de l’empereur d’Allemagne à Jérusalem. — 
Semaine lût., 1898, p. 493-497. 

20. — The Home of Samuel. — Palestine Exploration Fand, 
Quarterly Statement, 1898, p. 135-137. 

21. — Note on bsUT and — Ibid., 1899, p. 355-356. 

22. — The Wells of Beer-Sheba. — The Expository Times, 
10 me année (1898-99), p. 328-329. 

23. — Lettres d’Orient. I. Impressions du premier jour. — 
Liberté chrét., 2 me année (1899), p. 122-128. 

24. — Id. IL De Haïfa à Jaffa. — Ibid., p. 178-187. 

25. — Id. III. Jérusalem. — Ibid., p. 260-267. 

26. — Id. IY. Au pays d’Ephraïm. — Ibid., p. 362-372. 

27. — Articles : Carmel. — Dead Sea (The). — Encyclopædia 
Bïblica, a dictionary of the Bible, edited by T.-K. üheyne and 
J.-S. Black, Londres, 1899, vol. I, p. 704-706 et 1042-1047. 

La traduction française de The dead Sea a paru dans Autour de la 

mer Morte (ci-après n° 31), Appendice. 

28. — Ueber die Brunnen von Beersaba. — Mittheilungen und 
Nachrichten des Deutschen Palæstina-Vereins, 1899, p. 62-63. 

29. — Aux puits d’Abraham [récit d’une excursion à Beer- 
Schéba en 1899]. — Revue chrét., 3 me série, t. XI, 1900, p. 179-192. 

30. — Kersa. Aus einem Brief an Herrn Professor Furrer. — 
Zeitsch. des Deutschen Palæstina-Vereins, t. XXIII (1900), p. 78. 

31. — Autour de la mer Morte. — Le Globe, t. XXXIX (1900), 
Mém., p. 25-157, pl. et carte. = Tiré à part, Genève, 1901, in-8. 

32. — Vocations de prophètes. Lausanne, 1901 [1900], in-12, 
95 p. 



PUBLICATIONS HISTORIQUES 


260 

33. — Articles divers et comptes rendus bibliographiques dans 
la Revue de théol. et de phïl., La Lecture, la Gazette de Lausanne, 
le Journal de Genève , la Liberté chrét., la Semaine litt., La Fa¬ 
mille, etc. 


GIROD, Maurice, né à Genève le 1 er février 1853. 

Les porcelaines de Zurich, de Nyon et de Genève. — Exposi¬ 
tion nationale suisse, Genève 1896. Catalogue de l’art ancien, 
groupe 25, Genève, 1896, in-8, p. 381-389. = Tiré à part sous ce 
titre : Notice sur les porcelaines, etc. Genève, 1896, in-8. 


GUILLAUMET-VAUCHER, Jules, né à Genève le 24 sep¬ 
tembre 1842. 

1. — L’orfèvrerie genevoise (bijouterie) au XV ,ue siècle et rela¬ 
tions du XVI me au XYIII me siècle entre les autorités genevoises et 
les autorités suisses au sujet des orfèvres genevois. 2 me notice. 
Genève, 1889-1890, in-8, 41 p. 

La l re notice a paru en 1888 sous le titre de : Notice historique sur 

Vorfèvrerie à Genève. Genève, in-8, 25 p. 

2. — Ancienne monnaie brésilienne. — Revue suisse de numism., 
2 me année, 1892, p. 110-112, fig. = Tiré à part, Genève, 1892, 
in-8. 

3. — Cinquième memento pour les fabricants de bijouterie, 
horlogerie, pièces à musique : Droits de douane, Europe et pays 
d’outre-mer. Poids, titre et valeur de différentes monnaies d’or. 
Genève, avril 1894, in-8, 24 p. 


GUILLOT, Alexandre, né à Plainpalais (Genève) le 11 jan¬ 
vier 1849, pasteur. 

1. — L’église de Saint-Pierre à Genève. Notice historique. — 
Saint-Pierre, [1 er fasc.,] 1891, p. 13-114, pi. 

2. — Philibert Berthelier. — Petite Bïbl. helvétique, l re série 
(1893), n° 1, 24 p. 

3. — Bezanson Hugues. — Ibid., n üS 2-3, 35 p. 

4. — Jean Pécolat. — Ibul., n° 10, 16 p. 






1890 - 1900 . 


261 


5. — Zwingli. — Ibid., 3 mc série (1895), p. 5-24. 

M. Guillot a dirigé en outre la publication de la Petite Bill. helvé¬ 
tique, séries I-III (seules parues). Genève, 1893-1895, 3 vol. pet. in-8. 

6. — Du rôle politique de la Compagnie des pasteurs de Ge¬ 
nève dans les événements de 1781 et 1782. — Etrmnes religieuses , 
1894, p, 231-278. = Tiré à part, Genève, 1893, pet. in-8. 

7. — Frédéric Mestrezat, un pasteur contemporain de la 
Révolution. — Au Foyer clirét., 1™ année (1895), p. 17-56, 
portrait. 

8. — Chronique ecclésiastique et religieuse. — Ibid., 2 me année 
(1896), p. 189-230. 

9. — Pasteurs et prédicateurs de l’PIglise genevoise, depuis 
Calvin jusqu’à nos jours. Avec de nombreux portraits. Genève, 
1896, pet. in-8, 187 p., pl. 

10. — Isaac Goetz. — Semaine litt., 1898, p. 22-23, portrait. 

11. — La lutte contre l’exploitation et la réglementation du 
vice à Genève jusqu’au 22 mars 1896. Histoire et documents. 
Genève, 1899, pet. in-8, xu-326 p. 

12. — L’Escalade de 1602. Genève, [1900], pet. in-8, 60 p., tig. 


HEYER, Henri, né à Genève le 13 septembre 1846, lie. theol., 
bibliothécaire-archiviste de la Compagnie des pasteurs. 

1. — La controverse sur la Cène dans l’Église bernoise de 
1532 à 1542. — Revue de thêol. et de pliil., 27 me année (1894), 
p. 393-413. = Tiré à part, Lausanne, 1894, in-8. 

2. — (En collaboration avec Auguste Bouvier.) Catalogue de 
la bibliothèque appartenant à la Compagnie des pasteurs de 
l’Église nationale protestante de Genève. Genève, 1896, in-8, 
xxxi-427 p., portrait. 

3. — Documents pour servir à l’histoire de l’Académie de 
Genève, V : Catalogue des thèses de théologie soutenues à l’Aca¬ 
démie de Genève pendant les XVI e , XVII e et XVIII e siècles. ( Avec 
un Avant-propos, une Introduction et un Supplément d’errata.] 
Genève, 1898, in-8, cix-169 p. = L’introduction a été tirée à 
part, avec l’avant-propos, sous ce titre : Introduction au cata¬ 
logue, etc. Genève, 1898, in-8, cxii p. 







262 


PUBLICATIONS HISTORIQUES 


KOHLER, Charles, lié à Genève le 11 janvier 1854, ancien 
élève de l’École des chartes, élève diplômé de l’École pratique 
des hautes études, conservateur des manuscrits à la Bibliothèque 
Sainte-Geneviève, à Paris, directeur de la Revue de l'Orient Latin. 

1. — La conquête du Tessin par les Suisses (1500-1503), à 
propos d’une brochure récente. — Revue hist., t. XLY (1891), 
p. 308-323. 

Réponse à la brochure de M. de Maulde-la-Clavière : La conquête du 
Tessin par les Suisses. Turin, 1890, in-8. 

2. — (En collaboration avec Ch.-Y. Langlois.) Lettres inédites 
concernant les croisades (1275-1307). — Bïbl. de l’École des 
chartes , t. LU (1891), p. 46-63. 

3. — Catalogue des manuscrits de la Bibliothèque Sainte- 
Geneviève. Paris, 1893-1896, 2 vol. in-8, clxvii-651 et 1116 p. 

4. — L’ambassade en Suisse de Imbert de Villeneuve, premier 
président au parlement de Dijon, 1513-1514. — Pages d’histoire , 
p. 41-61. = Tiré à part, Genève, 1895, in-8. 

5. — Recueil des historiens des croisades, publié par les soins 
de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Historiens occi¬ 
dentaux. T. V. Paris, 1895, in-fol., clii-923 p. Préface. 

La préface seule du volume, comprenant les pages i-clii, est de 
M. Kohler. Les documents publiés dans le corps de l’ouvrage avaient 
été réunis par feu le comte Riant. 

6. — Études sur l’histoire de l’église de Bethléem. T. II. Paris, 
1896, in-8, ji- 156 p. 

Ouvrage paru tout d’abord sous forme d’articles dans les 1.1 et II de la 
Revue de l’Orient latin, et rédigé en partie d’après des notes et docu¬ 
ments réunis par feu le comte Riant. 

7. — Un nouveau récit de l’invention des patriarches Abraham, 
Isaac et Jacob à Hébron. — Études d'histoire du moyen âge 
dédiées à Gabriel Monod , Paris, 1896, in-8, p. 261-276. = Réim¬ 
primé, avec des modifications, dans la Revue de l'Orient latin , 
t. IV (1896), p. 477-502. 

8. — A propos d’une lettre de Ferdinand I er d’Aragon, roi de 
Naples, à Jean Jouffroi, évêque d’Arras (4 septembre 1458). — 
Bibl. de l'École des Chartes , t. LVII (1896), p. 699-706. 

9. — Les Suisses dans les guerres d’Italie, de 1506 à 1512. — 
M. D. G ., t. XXIV (1896), xm-716 p. = Tiré à part, Genève et 
Paris, 1897, in-8. 




1890-1900. 268 

10. — Translation de reliques de Jérusalem à Oviedo, YIP-IX" 
siècle. — Revue de l'Orient latin, t. Y (1897), p. 1-21. 

11. — Notices et extraits de manuscrits. — Ibid., p. 22-36. 

Lettre sur Richard Cœur de Lion. Manuscrits du Ménestrel de Reims, 

des Sécréta fidelium Grucis de Marino Sanudo, de P Historia Hieroso- 

lymitana de Jacques de Vitry. 

12. — Histoire anonyme des rois de Jérusalem (1099-1187), 
composée peut-être à la fin du XII e siècle, — Ibid., p. 213-253. 

13. — Rerum et personarum quæ in Actis sanctorum Bollan- 
distis et Analectis Bollandianis obviæ ad Orientera latinura 
spectant Index analyticus. — Ibid., p. 460-561. 

14. — Traité du recouvrement de la Terre-Sainte, adressé, 
vers l’an 1295, à Philippe le Bel, par Galvano de Levanto, 
médecin génois. — Ibid., t. VI (1898), p. 343-369. 

15. — La Vie de Sainte Geneviève est-elle apocryphe? — 
Revue hist., t. LXVII (1898), p. 282-320. 

16. — Documents inédits concernant l’Orient latin et les croi¬ 
sades (XII e -XIY s siècle). — Revue de l'Orient latin, t. VII (1899), 
p. 1-37. 

17. — Chartes de l’abbaye de Notre-Dame de la Vallée de 
Josaphat, en Terre-Sainte (1108-1291). — Ibid., p. 108-222. = 
Tiré à part, Paris, 1899, in-8. 

18. — Mélanges pour servir à l’histoire de l’Orient latin et 
des croisades. Fasc. I. Paris, 1900, in-8, n-277 p. 

19. — Un sermon commémoratif de la prise de Jérusalem par 
les Croisés, attribué à Foucher de Chartres. — Revue de l’Orient 
latin, t. VIII (1900-1901), p. 158-164. 

20. — Un Rituel et un Bréviaire du Saint-Sépulchre de Jéru¬ 
salem (XIP-XIIP siècle). — Ibid., p. 383-500, pi. 

21. — Articles : Achaïe (Principauté d’). — Albert d’Aix. — 
Athènes (Duché d’). — Baldensel. — Bandello (Mathieu). — Bar¬ 
thélemy d’Abano. — Barthélemy de Breganza. — Basile I et II, 
patriarches de Constantinople. — Battaglia(Gotius). — Baudouin I 
et Baudouin II, empereurs de Constantinople. — Baudouin I, II, 
III, IV, V, rois de Jérusalem. — Baudry de Bourgueil. — Bequin 
(Raymond). — Bérenger (Raymond). — Bernard de Tramelay.— 
Bernard de Valence. — Bernard le Sage. — Bernard le Tré¬ 
sorier. — Bertrand de Comps. — Bertrand de Hay ou de Rays. 




264 


PUBLICATIONS HISTORIQUES 


— Bertrand de Texi. — Bertrandon de la Broequière. — 
Bertulphe ou Bartolphus de Nangeio. — Blaz de Buiza. — 
Boémond I, II, III, IV, V, VI, VII, princes d’Antioche. — 
Brienne (Jean de), roi de Jérusalem et régent de Constanti¬ 
nople. — Brienne (Gautier V, comte de). — Buchon (Jean- 
Alexandre). — Burehard (Saint). — Burckard (de Strasbourg). 

— Burehard ou Brocard. — Burehard de Schwenden. — Camatère. 

— Campo (Luchino dal). — Capodilista (Gabriel). — Casola 
(Pietro). — Cassière (Jean l’Evesque de la). — Castiilo (Le P. 
Antonio ciel). — Catherine de Courtenav. — Caumont (Nompar II, 
seigneur de). — Cavazzoni (Francesco). ■— Champlitte (Guil¬ 
laume de). — Château-Pèlerin. — Chypre : moyen âge et temps 
modernes. — Constantinople (Empire latin de) — Daimbert ou 
Dagobert, archevêque de Pise et patriarche de Jérusalem. — 
Dandolo (Enrico). — Daniel de Trévise. — Démétrius le Synceile. 

— Dîme saladine. — Dukas (Jean). — Foucher de Chartres. — 
Foulques de Neuilly. — Riant (Paul-Édouard-Didier, comte). — 
La Grande Encyclopédie, t. I-XXVIII [1886-1900]. 

22. — En qualité de directeur de la Revue de l'Orient latin , 
M. Ch. Kohler rédige depuis 1893, dans chaque numéro, la Biblio¬ 
graphie critique et la Chronique historique et archéologique. 

23. — Die Chronïk von Morea. Eine Untersuchung über das 
Verhæltniss ilirer Handschriften und Versionen, von John 
Schmitt. Munich, 1889, in-8. — Revue hist., t. XLIV (1890), 
p. 170-173. 

24. — Bibliotheca geographica Palaestinae, von R. Rohricht. 
Berlin, 1890, in-8. — Bïbl de l’École des Chartes, t. LU (1891), 
p. 451-452. 

25. — Galterii CaucellarU Bella Antiochena. Mit ErUiute- 
rungen und einem Anhange hsgg. von H. Hagenmeyer. Inns- 
bruck, 1896, in-8. — Revue de l’Orient latin, t. IV (1896), 
p. 408-414. 

26. — Numismatique des Danichmendites, par P. Casanova. 
Paris, 1896, in-8. — Le Moyen âge, t. X (1897), p. 99-103. 

27. — Renaud de Châtillon, prince d’Antioche, par G. Schlum- 
berger. Paris, 1898, in-8. — Revue de l'Orient latin, t. VI (1898), 
p. 299-307. 






1890 - 1900 . 


265 


28. — Corpus scriptorum latinorum, editum consilio et itnpensis 
Academiæ Litterarum Vindobonensis. Vol. XXXVIII : Binera 
Hierosolymitana, sæc. IV-VIII, ex recensione Pauli Geyer. 
Vienne, Prague et Leipzig, 1898, in-8. — Ibid., p. 563-567. 

29. — Sainte Clotilde, par G. Kurth. Paris, 1897, in-12. — 
Revue de l’hist. des religions , t. XXXIX (1899), p. 25-28. 

30. — Études critiques sur divers textes des X° et XI e siècles : 

I. Bulle du pape Sergius IV et Lettres de Gerbert;— II. Historia 
d’Adhémar de Chabannes, par Jules Lair. Paris, 1899, 2 vol. in-4. 

— Revue de l’Orient latin , t. VII (1899), p. 590-597. 

31. — Storia délia marina italiana, délia caduta di Costanti- 
nopoli alla battaglia di Lepanto, per Camillo Manfroni. Rome, 
1897, in-8. — Ibid., t. VIII (1900-1901), p. 213-222. 

32. -— Recueil des historiens des croisades. Historiens orientaux, 
publ. par VAcadémie des inscriptions. T. IV. Paris, 1898, in-fol. 

— Ibid., p. 222-224. 

33. — Epistulae et chartae ad historiam primi belli sacri spec- 
tantes, hsgg. von H. Hagemneyer. Innsbruck, 1901, in-8. — Ibid., 
p. 561-567. 


LADAME, Paul, né à Neuchâtel le 15 juin 1842, D r med., 
privat-docent à la Faculté de médecine. 

1. — Les mandragores ou diables familiers à Genève au XVI me 
et au XVII me siècle. — M. I). G., t. XXIII (1888-1894), p. 237- 
281. = Tiré à part, Genève, 1892, in-8. 

2. — Les possédés et les démoniaques à Genève au XVII me siècle. 
— Étrennes chrét., 19” e année (1892), p. 156-220. = Tiré à part, 
Genève, 1892, in-12. 

3. — Le nouvel asile des aliénés à Genève et les questions qui 
s’y rattachent. Historique de la création de l’Asile de Bel-Air. 
Genève, 1895, in-8, 107 p. 

4. — En Tunisie : le Bardo, Carthage, Bizerte. Races histo¬ 
riques; temps antiques et modernes. — Le Globe, t. XXXVI 
(1897), Bull., p. 151-170. = Tiré à part, Genève, 1897, in-8. 

Voyez aussi : Catal. de l’Univ., p. 367. 






266 


PUBLICATIONS HISTORIQUES 


LE FORT, Henri, né à Genève le 28 juillet 1855, D r jui\, avocat. 

1. — Antoine Flammer. — Semaine judiciaire, 13 me année 
(1891), p. 255-256. Signé : H. L. 

2. — Théodore Audéoud. — Ibid., 14 mt “ année (1892), p. 176. 
Signé : H. L. 

3. — Maurice-Georges Cramer. — Ibid., 15 me année (1893), 
p. 618. Anonyme, 

4. — Louis Ruckonnet. — Ibid., p. 683-686. Signé : H. L. 

5. — Maurice Humbert. — Ibid., 16 me année (1894), p. 16. 
Anonyme. 

6. — L. Blanè-Lâcour. — Ibid. Anonyme. 

7. — John Goudet. — Ibid., p. 127-128. Signé : H. L. 

8. — Émile Brunnenmeister. — Ibid., 18 mo année (1896), p. 96. 
Signé : H. L. 

9. — Jules Yuy. — Ibid., p. 128. Anonyme. 

10. — Jean-Louis Binet-Hentsck. — Ibid., 20 me année (1898), 
p. 31-32. Signé : H. L. 

11. — Étude sur l’organisation du barreau en Suisse. — Bull, 
de la Soc. de législation comparée, t. XXV (1896), p. 421-447. = 
Tiré à part, Paris, 1896, in-8. 

12. — Le tribunal de police du canton de Genève : organisa¬ 
tion, compétence, procédure. Textes de lois coordonnés et annotés. 
Genève, 1898, in-8, 39 p. 

13. — Pellegrino Rossi à Genève, 1815-1833. —- Semaine litt., 
1899, p. 454-456. 

D’après des notes manuscrites de Jean-Louis Le Fort. 

14. — Comptes rendus bibliographiques dans la Semaine judi¬ 
ciaire. 


MARTIN, Alfred, né à Genève le 16 mars 1847, D r jur., pro¬ 
fesseur à la Faculté de droit. 

1. — Exposé de l’ancienne législation genevoise sur le mariage. 
Genève, 1891, pet. in-8, 76 p. 

2. — De l’unification du droit civil en Suisse, Conférence faite 
à l’Association des étudiants en droit de Genève. — Suisse unir., 

t. II, 1896-1897, p. 87-91. 

Voyez aussi : Catal. de VUniv., p. 258. 





1890 - 1900 . 


267 


MARTIN, Ernest, né à Genève le 25 mars 1849, D r theol., 
professeur à la Faculté de théologie. 

1. — Auguste Bouvier. — Journal de Genève du 4 novembre 
1893. Signé : E. M. 

2. — Id. — Semaine religieuse des 18 et 25 novembre et 2 dé¬ 
cembre 1893. 

3. — Aimé-Louis Herminjard. — Suisse univ., t. II, 1896-1897, 
p. 18-19, portrait. 

4. — Comptes rendus bibliographiques dans la Semaine reli¬ 
gieuse, le Journal de Genève, la Bïbl. univ., etc. 

Voyez aussi : Gatal. de VUniv., p. 284. 


MAYOR, Jaques, né à Genève le 12 février 1865. 

I. Mémoires, opuscules, articles divers 1 . 

1. — Le Musée épigraphique de Genève. — Revue de Genève 
du 2 novembre 1889. 

2. — Notice des médaillons et modèles d’Antoine Bovy exposés 
dans les locaux de l’École municipale d’art. Genève, 1891, in-8, 
48 p. 

3. — Une députation genevoise en 1701. — Revue d’hist. diplo¬ 
matique, 1892, p. 215-227. 

4. — Fragments d’archéologie genevoise. |L] — B. H. G., 
t. I (1892-1897), p. 64-162, pl. = Tiré à part, Genève, 1892, 
in-8. 

5. — Id. IL — Ibid., p. 347-394, pl. == Tiré à part, Genève, 
1894, in-8. 

6. — Id. III. — Ibid., p. 506-515, fig. — Tiré à part, Genève, 
1897, in-8. 

7. — Id. IV. — Ibid., t. II, p. 55-84 (1897), pl. = Tiré à part, 
Genève, 1897, in-8. 

8. — Note sur les anneaux mérovingiens du Musée de Genève. 
— Revue archéologique, 3 me série, t. XXII, 1893, p. 88-105, fig. 

1 Voyez ci-après les articles parus dans le Journal de Genève, le Bidl. 
suisse de numism. et la Revue suisse de numism. 




268 


PUBLICATIONS HISTORIQUES 


8 bis. — [Lettre] à M. Georges Perrot. — Ibid., p. 117-119. 

Les n os 8 et S bis ont été tirés à part sous ce titre : Notes sur les 
anneaux, etc. — Lettre sur deux inscriptions romaines. Paris, 1894, 
23 p., fig. 

9. — [Médaille de l’Exposition belge à Genève, 1894.] — Revue 
belge de numism., 51 me année, 1895, p. 152-153. 

10. — Notice sur M. Gustave Revilliod et le Musée Ariana. — 
Catalogue sommaire du Musée Ariana, Genève, [1895], in-8, 
p. xi-xvi. Anonyme. 

11. — La gravure en médailles à Genève. — Journal officiel 
illustré de T Exposition nationale suisse, Genève 1896, p. 43-44 et 
51-54, fig. 

12. — La « Salle des Armures » de Genève. — Ibid., p. 123- 
126, fig. 

13. — Notice historique sur la joaillerie, la bijouterie, l’émail- 
lerie, l’orfèvrerie et les arts qui en dépendent. — Exposition 
nationale suisse, Genève 1896. Le Groupe 2, joaillerie, bijouterie, 
émaillerie, orfèvrerie, etc. Publication du Comité du Groupe. 
[Genève, 1896], in-12. 

14. — La Société suisse de numismatique, 1879-1896. — La 
Société suisse de numismatique de 1879 à 1896. Notices diverses et 
liste complète des membres, Genève, 1896, in-8, p. 77-96. 

15. — (En collaboration avec Alfred Cartier.) Histoire de Ge¬ 
nève des origines à Vannée 1691, par Jean-Antoine Gautier. [Edi¬ 
tion annotée.] T. IL Genève, 1896, gr. in-8, 552 p. 

16. — L’ancienne Genève : l’art et les monuments. l re série. 
Genève, 1896, gr. in-4, pl. 

Coup d’œil sur Genève à travers les âges. — La charte des franchises 
de Genève. — Le gobelet d’André Falquet (tiré à part, Genève, 1897, 
gr. in-4, 8 p., pl.). — L’église d’Hermance. — La maison-forte, dite 
prieuré d’Aïre. — Le retable de Conrad Sage. 

17. — A propos des armoiries d’Avenches. — Arch. héraldiques 
suisses, 1897, p. 37-38, fig. = Tiré à part, [Neuchâtel], 1897, gr. 

in-8. 

18. — Trouvailles récentes à Genève. — Anz. f. schweiz. Alter- 
thumskunde, t. VIII, 1897, p. 50-55, fig. = Tiré à part, [Zurich], 
1897, pet. in-4. 

19. — Promenades archéologiques. I. Chillon. — Semaine litt., 
1897, p. 423-426 et 434-437, fig. 

20. — Id. IL Morat — Ibid., p. 617-619, fig. 




1890 - 1900 . 


269 


21. — [Description de deux anciens plateaux de balance, 
trouvés en Suisse.] — Revue belge de numism., 53 ,ne année, 1897, 
p. 232-233. Signé : J. M. 

22. — La chapelle primitive de Chillon. — Gazette de Lau¬ 
sanne du 11 décembre 1897. 

23. — La tour de bile. Brève notice. Genève, 1897, in-8, 
26 p., fig. 

24. — Les anciennes maisons de Genève. Relevés photogra¬ 
phiques de Fréd. Boissonnas, exécutés sous la direction de 
J. Mayor. [Avec un avant-propos et une table explicative.] l re série, 
1897-1899. [Genève, 1897-1899,] in-fol., pl. 

25. — Chillon. — Annuaire des unions chrétiennes de la Suisse 
romande pour 1898, p. 73-79. 

26. — Le Musée national. —- La Patrie suisse, 5 mo vol., 1898, 
p. 5-8 et 29-32, fig. 

27. — Le cimetière gallo-helvète de Vevey. — Ibid., p. 89-92, 
fig. Signe! J. M. 

28. — Le Grenier à blé. — Ibid., p. 93-95, fig. Signé : J. M. 

29. — Le dernier atelier monétaire de Genève. — Ibid., p. 135- 
136, fig. Signé : J. M. 

30. — Nos monuments historiques. — Gazette de Lausanne du 
8 juin 1898. = Tiré à part, Lausanne, 1898, in-12, 14 p. 

31. — Le Musée national. — Journal du district d'Avenches 
des 13, 20 et 23 juillet 1898, fig. 

32. — Musée national de Zurich. — Noël suisse, 1898, Genève, 
1898, in-fol., p. 17-18, fig. 

33. — Guide officiel au Musee national suisse, par H. Lehmann. 
Trad. (de l’allemand). Zurich, 1898, in-8, 36 p., pl. 

34. — Itinéraire au Musée national suisse à Zurich. [Trad. de 
l’allemand.] Zurich, 1898, in-8. 

35. Aventicensia. I, IL — Anz.f. schweiz. Alterthumskunde, 
t. VIH, 1898, p. 109-111, fig.; nouv. série, t. I, 1899, p. 2-10 et 
70-75, pl. = Tiré à part, avec des modifications, s. 1. n. d., pet. 
in-4, 18 p. 

Médaillon à l’effigie des trois Grâces. — La Porte de l’Est. 

36. — Société auxiliaire du Musée de Genève. — Ibid,, nouv. 
série, t. I, 1899, p. 98-101. = Tiré à part, [Zurich, 1899], pet. in-4. 
Signé : J. M. 



270 


PUBLICATIONS HISTORIQUES 


37. — Fragments héraldiques genevois.! — Arch. héraldiques 
suisses, 1899, p. 72-76, lig. 

38. — Catalogue de la (première) exposition collective du 
Cercle des arts et des lettres (avril-mai 1899). Genève, 1899, in-8, 

23 p. Anonyme. 

39. — Vieilles maisons, nouvelles rues. — La Patrie suisse, 
6 mc vol., 1899, p. 199-200, fig. Signé : J. M. 

40. — La « Porte de l’Est » à Avenches. — Ibid., p. 282-284, fig. 
Signé : J. M. 

41. — Note sur un vitrail aux armes de Genevois. — B. H. G., 
t. II, p. 169-174 (1900), pl. == Tiré à part, (Genève, 1900), in-8. 

42. — L’œuvre du peintre Aug. Baud-Bovy. [Notice biogra¬ 
phique et] Catalogue de l’exposition organisée au Musée Ratli. 
Genève, 1900, in-8, xvm-15 p. Trois éditions successivement revues 
et corrigées, les deux premières avec pl. La (notice] est signée : 
J. M. 

43. — Rapport du directeur du Musée des beaux-arts (Musée 
Rath) pour l’année 1900. — C. R. de Vadministration municipale 
de la Ville de Genève pendant Vannée 1900, p. 227-236. = Tiré à 
part, Genève, 1901, in-8. 

IL Artici.es parus dans le Journal de Genève '. 
a) Relatifs à Genève : 

44. — Saint-Pierre, 22 octobre 1890, 12 et 28 mars 1893, 

25 janvier et 18 septembre 1894, 14 mai et 14 juillet 1897, 

26 mars et 8 avril 1898, 13 mars 1899. 

45. — Tour et quartier de l’He, 15 février 1890, 21 et 23 avril 
1895, 9 février, 18 mars, 16 mai, 1 er , 5, 6, 7 et 19 août, 15 sep¬ 
tembre et 9 décembre 1897, 24 mars et 19 juin 1898. 

46. — Église de la Madeleine, 4 et 21 février 1899. 

47. — Église de la Fusterie, 28 et 29 mars 1899. 

48. — Hôtel de ville et ancien arsenal, 7 juin et 13 août 1890, 

24 et 26 septembre 1891, 5 août et 16 octobre 1892, 16 août et 
5 octobre 1894, 10 septembre 1895. 

49. — Palais de Justice, 3 octobre 1897, 10 juillet 1899. 

50. — Grenier à blé, 20 février, 4 et 19 avril, 23 et 31 mai 1898. 

1 La plupart de ces articles sont anonymes ou signés seulement des ini¬ 
tiales J. M. 




1890 - 1900 . 


271 


51. — La maison du Molard, 28 juin et 26 juillet 1889. 

52. — Anciennes maisons, 18 décembre 1896 (suppl.), 16 juin 
1897, 4 juin 1898, 26 janvier 1899. 

53. — Vestiges des anciennes fortifications, 25 août et 18 sep¬ 
tembre 1889, 2 juillet 1894, 19 juillet 1895, 4 avril, 18 et 20 juin 
1897. 

54. — Fontaine de la place des Alpes, 1 er décembre 1897. 

55. — Le dernier atelier monétaire, 21 février 1898. 

56. — Monument des victimes de l’Escalade, 19 septembre, 
4 et 18 octobre, 12 et 13 décembre 1895, 29 mai et 8 juin 1896. 

57. — Cloches, 2 novembre 1895, 2 mai et 21 décembre 1898, 
2 mars 1899. 

58. — Inscriptions : de Guillaume Bolomier, 27 juillet 1888, 
2 novembre 1893 et 10 juillet 1899; — de Conrad Willemand, 
18 septembre 1889; — de Jean de Soex, 28 avril 1892; — diverses, 
28 mars 1893; — romaines, 17 et 31 juillet 1890, 16 juin 1897. 

59. — Trouvailles diverses : ancien cimetière, 7 avril 1892; — 
à la rue du Vieux-Collège, 10 décembre 1896; — au Plan-les- 
Ouates, 27 novembre 1899. 

60. — Trouvailles monétaires : du Pas-de-l’Échelle, 21 août 1892 ; 
— de la rue des Corps-Saints, 14 et 23 août 1896. 

61. — Relief de Genève en 1850, 16 juillet 1893, 18 avril 1894, 
7 mai 1895, 11 mai et 7 septembre 1896. 

62. — Musée Fol (le Gobelet d’André Falquet), 24 novembre 
1894. 

63. — Dons au Musée des arts décoratifs, 26 mai 1895, 21 juin 
1896 et 25 avril 1898. 

64. — Le bouclier de Benvenuto Cellini, 25 décembre 1896. 

65. — Vieux canons, 12 avril 1894. 

66. — Le sautier, 29 septembre 1897, fig. 

67. — Un portrait de Calvin, 2 mai 1893. 

68. — Le groupe de l’Art ancien 'à l’Exposition nationale de 
1896, 1 er et 11 mai, 6 et 27 juillet, 28 septembre, 5 et 12 octobre 
1896, fig. 

69. — Nécrologie : Marc-Louis Bovy, 24 août 1890; — Jean- 
Jacques Dériaz, 3 décembre 1890; — Barthélemy Menn, 13 oc¬ 
tobre 1893; — John Benoît-Muzy, 18 février 1897; — Charles 
Iguel, 1 er janvier 1898; — Antoine Pochelon, 7 octobre 1899. 

19 


BULLETIN. - T. II. 



272 


PUBLICATIONS HISTORIQUES 


70. — La question du Musée, 30 janvier et 30 mars 1897, 
14 juillet, 9 et 16 octobre, 6 novembre, 6 et 10 décembre 1899. = 
Les articles des 9 et 16 octobre et 6 novembre ont été tirés à part, 
avec quelques modifications, un avant-propos et des Annexes. 
Genève, 1899, in-12, 64 p. 

71. — Le mausolée du duc Henri de Rohan dans la cathédrale 
de Saint-Pierre, à Genève, 6, 9 et 10 septembre 1890. = Tiré à 
part, Genève, 1890, in-12, 33 p. 

72. — (En collaboration avec Marc Yettiner.) Du haut de la 
Tour du Nord, 11 juin 1892 (suppl.). — Tiré à part, avec des 
additions et suivi de : La Tour du Midi, sous ce titre : Histoire 
d’un clocher. Papiers trouvés à Saint-Pierre, publiés et annotés. 
Genève, 1892, in-8, 61 p. 

b) Relatifs à la Suisse : 

73. — Les sceaux du pacte de 1291; — Les premières relations 
politiques de Genève avec les cantons suisses, 1 er août 1891 (n° de 
fête), fig. 

74. — Les vitraux de la collection Usteri, 3 et 26 mai, 22 juillet 
et 22 décembre 1894. 

75. — Fouilles à Avenches, 21 mai 1895, 9 avril 1897 et 
23 mars 1899. 

76. — La collection de vitraux du comte Douglas, 30 novembre 
1897. 

77. — La bataille de Neueneck, 5 mars 1898. 

78. — Protection des monuments historiques, 23 août 1898. 

79. — Promenade au Musée national, 13 et 27 juin, 11, 18 et 
25 juillet et 1 er août 1898, l 01 ' et 8 mai 1899. 

80. — Fouilles récentes en Suisse: Petinesca, 24 juillet 1899. 

81. — La tapisserie du renouvellement de l’alliance de 
Louis XIV et des Suisses, 6 juillet (suppl.) et 27 juillet (suppl.) 
1896, fig. = Tiré à part, avec des additions, Genève, 1896, in-8, 
38 p., pi. 

III. Articles parus dans le Bull, suisse de nwnism. 

9 me année, 1890. 

82. — Médaille de l’Union romande pour la protection des 
animaux, p. 23-25, pl. = Tiré à part, [Genève, 1890,J in-8. 

83. — La médaille de Hans Waldmann, p. 154-158, fig. 



1890 - 1900 . 


273 


84. — Les médailles du concours musical de Genève, p. 190-199. 

85. — Les médailles du Tir fédéral de Frauenfeld, p. 199-208, pl. 

86. — Médaille commémorative des installations hydrauliques 
du château et de la ville de Gruyères, p. 208-211, pl. 

87. — La médaille officielle du Tir cantonal de Soleure, p. 211- 
212, pl. 

Les n os 84-87 ont été réunis et tirés à part sous ce titre : Études de 

numismatique suisse. Genève, 1890, in-8, 28 p., pl. 

88. — Médaille delà Société suisse de numismatique, p. 226-228, 
fig. 

89. — Médaille de la Société genevoise de photographie, p. 257. 

10 mB année, 1891. 

90. — Médaille Ernest Naville, p. 5-8 et 117, fig. 

91. — David-Jacques Duval [nécrologie], p. 27. 

92. — Médaille du Congrès pénitentiaire international de 1890, 
p. 115-116. 

93. — Les médailles du sixième centenaire de Talliance helvé¬ 
tique. Descriptions et commentaires. (Avec deux suppléments), 
p. 132-154,195 et 244-247, pl. = Tiré à part, moins le 2 me suppl., 
Genève, 1891, in-8, 27 p. 

94. — Descriptions de médailles suisses frappées en 1889, 1890 
et 1891, p. 157-195 et 247-250, pl. 

95. —• Bouclier commémoratif des fêtes de Berne, p. 252-254, 
fig. Signé J. M. 

ll me année, 1892. 

96. — Médaille Cari Yogt, p. 59-61. 


IV. Articles parus dans la lievue suisse de numism . 

T. II (1892). 

97. — Médaille du Congrès des Orientalistes, p. 238-239. Signé: 
J. M. 

T. III (1893). 

98. — La médaille Morel-Fatio, p. 58-60, fig. Signé : J. M. 

99. — Médailles de Christophe Colon et du D r Essenwein, 
p. 62-63. Signé : J. M. 

100. — Contribution à la sigillographie de l’ancien diocèse de 
Lausanne, p. 171-181 et 340-344, pl. = Tiré à part, Genève, 1893, 
in-8, 18 p. 




274 


PUBLICATIONS HISTORIQUES 


101. — Médailles suisses frappées en 1893, p. 194-212 et 345- 
353, pl. 

Voyez ci-après n° 104. 

102. — Un passage de saint Lue, p. 357. Signé : M. 

T. IV (1894). 

103. — Triens mérovingien de Gredaca, p. 49-50, fig. Signé: 
J. M. 

104. — Médailles suisses frappées en 1893 et 1894, p. 211-228 
et 378-382, fig. 

105 . — Sceau de la Monnaie d’Orvieto, p. 383-384, fig. Signé: M. 

T. Y (1895). 

106. — Médailles suisses nouvelles, I-III, p. 99-104, 247-262 
et 382-385, fig. Signé : M. 

Voyez ci-après, Strœhlin, Paul, n° 20. 

T. VIII (1898). 

107. — Jost Meyer-am Rhyn [1834-1898], p. 400-405, portrait. 
= Tiré à part, [Genève, 1898], in-8. 

T. IX (1899). 

108. — Médailleurs et numismates genevois. [I.] Auguste Bovet, 
graveur (1799-1864), p. 167-193, portrait. = Tiré à part, avec des 
modifications, Genève, 1899, in-8. 

109. — Comptes rendus de trouvailles et notices diverses dans 
la même Revue. 

110. — Comptes rendus bibliographiques dans le Bull, suisse 
de numism., la Revue suisse de numism. et le Journal de Genève. 


MICHELI, Horace, né à Landecy (Genève) le 6 juin 1866, 
D r ès lettres, rédacteur au Journal de Genève depuis 1893. 

La révolution oligarchique des Quatre-Cents à Athènes et ses 
causes. Genève, 1893, in-8, 132 p. 

Thèse de doctorat (Genève, 1893). 


MICHELI, Marc, né à Genève le 5 octobre 1844, f le 29 juin 
1902. 

Alphonse de Candolle et son œuvre scientifique. [Avec une 





1890 - 1900 . 


275 


bibliographie.] — Arch. des sciences physiques et naturelles, 3 me pé¬ 
riode, t. XXX (1893), p. 513-569, portrait. = Tiré à part, Genève, 
1893, in-8. 

Voyez aussi : Public. Soc. phys., p. 98. 


MOREL, Charles, né à Lignerolles (Vaud) le 20 mars 1837, 
D 1 ' phil., rédacteur au Journal de Genève, f le 26 février 1902. 

1. — Alcoolisme et protectionnisme à la fin du siècle dernier. 
— Revue historique vaudoise, 3 me année, 1895, p. 118-121. 

Reproduit un projet de pétition à LL. EE. de Berne. 

2. — (En collaboration avec Jules Nicole.) Archives militaires 
du I er siècle. Texte inédit du papyrus latin de Genève n° 1, publié 
sous les auspices de la Société académique de Genève, avec fac- 
similé, description et commentaire. Genève, 1900, in-fol., 31 p. 

3. — Observations onomastiques et historiques, à propos de 
quelques chartes du X me siècle relatives au comte Turimbert. — 
Anz. f. schiveiz. Gesch., nouv. série, t. VIII, 1898-1901, p. 416- 
425 (1901). 

Voyez aussi : Catal. de l’Univ., p. 217, et ci-après Bulletin d’octobre 

1902. 


MOYNIER, Gustave, né à Genève le 21 septembre 1826, 
I) 1 ' honoraire en droit et en sociologie, associé étranger de l’Ins¬ 
titut de France, président du Comité international de la Croix- 
Rouge. 

1. — L’Institut de droit international. — C. R. des séances et 
travaux de VAcad. des sciences morales et politiques, t. CXXXIV, 
1890, 2 me sem., p. 67-93. = Tiré à part, Paris, 1890, in-8. 

2. — Conférence sur la Convention de Genève. Genève, 1891, 
in-8, 36 p. 

3. — Les Bureaux internationaux des Unions universelles. 
Genève et Paris, 1892, in-8, 175 p. 

4. — Considérations sur la sanction pénale à donner à la Con¬ 
vention de Genève, présentées à l’Institut de droit international. 
Lausanne, 1893, in-8, 33 p. 

5. — Essai sur les caractères généraux des lois de la guerre. 
Genève, 1895, in-12, 123 p. 






27C> 


PUR I.[CATIONS 11ISTORIQUES 


fi. — Notions essentielles sur la Croix-Rouge. Genève, 1896, 
in-12, 55 p. 

7. — Le D v Louis Appia. — Bull, international des Soc. de la, 
Croix-Bouge, t. XXIX (1898), p. 52-56, portrait. = Tiré à part, 
Genève, 1898, in-8. 

8. — La révision de la Convention de Genève, Étude historique 
et critique, suivie d’un projet de convention revisée. Genève, 
1899, in-4, 64 p. 

9. — La part du Comité international de la Croix-Rouge dans 
l’histoire de la Convention de Genève. — Bull, international des 
Soc. de la Croix-Bouge, t. XXXI (1900), p. 136-147 et 208-225. 
Anonyme. = Tiré à part, avec des Annexes, Genève, 1900, in-8, 
40 p. 

10. — Manuel chronologique pour l’histoire générale de la 
Croix-Rouge, 1863-1899. Genève, 1900, in-8, 30 p. Anonyme. 

11. — M. G. Moynier a fondé et dirigé la revue L’Afrique 
explorée et civilisée (1879-1894). 


MURET, Ernest, né à Vevey le 27 décembre 1861, lie. litt. et 
élève diplômé de l’Ecole pratique des hautes études, professeur à 
la Faculté des lettres. 

1. — Le suffixe ise — itia. — Bomania, 19 mo année, 1890, 
p. 592. 

2. — Chrétien de Troyes. — La Grande Encyclopédie, t. XI 
[1890], p. 256-258. 

3. — Sur quelques formes analogiques du verbe français. — 
Études romanes dédiées à Gaston Paris, Paris, 1891, in-8, p. 465- 
473. 

4. — Cours de grammaire historique de la langue française, 
par Arsène Darmesteter. l r " partie : Phonétique, publiée par les 
soins d’Ernest Muret. Paris, 1891, in-12, xii-169 p.; — 2 me éd., 
revue et corrigée, Paris, 1895. 

Trad. en anglais dans : A historical French grammar, by Arsène Dar¬ 
mesteter, ed. by E. Muret and L. Sudre. Englisli edit. by Alph. Hartog. 

Londres, 1899, in-8. 

5. — L’Exposition de Genève, Souvenirs et réflexions. — Au 
Foyer romand, étrennes littéraires pour 1897, p. 277-317. 




1890-1900. 


277 


6. — La légende de la reine Bertlie. — Arcli. suisses des trcid. 
popid., l 10 année (1897), p. 284-317. = Tiré à part, Zurich, 1897, 
in-8. 

7. — « Yaudai » et « cagou ». — Ibid., 2 mc année (1898), p. 180- 
182. 

8. — Un hiver en Espagne (novembre 1892-mars 1893). -—■ 
Bibl. univ., 104 rae année (1899), t. XVI, p. 312-341 et 465-495. 

9. — Autres cloches, autres sons. — Arcli. suisses des trcid. 
popid., 4 me année (1900), p. 45-49. 

10. — Comptes rendus bibliographiques dans la Revue cri¬ 
tique (1890 et 1892), le Moyen âge (1890), la Deutsche Literatur- 
zeitung (1890), le Literaturblatt fur germanische und romanische 
Philologie (1890), la Romania (1890-1892 et 1897-1899), les Arcli. 
suisses des trad. popid. (1900), etc. 

Voyez aussi : datai, de F Univ., p. 232. 


NAVILLE, Edouard, né à Genève le 14 juin 1844, DCL., LIT)., 
D r litt. et phil., correspondant de l’Institut de France, membre 
étranger de l’Académie hongroise des sciences, fellow de Iving’s 
College à Londres, professeur extraordinaire à la Faculté des 
lettres. 

1. — The historical results of the excavations at Bubastis. — 
Journal of the Transactions of the Victoria Institute, t. XXIII 
(1890), p. 137-163. = Tiré à part, s. 1. n. d., in-8. 

2. — Documents babyloniens découverts en Égypte. — Bïbl. 
univ., 95 mo année, 3 rae période, t. XLA T (1890), p. 598-611. 

3. — Alphonse Favre. — Journal de Genève du 16 juillet 1890. 
Anonyme. = Réimprimé, avec un portrait, dans: Alphonse Favre, 
1815-1890. Trois notices biographiques (par Éd. N., C.-M. Bri¬ 
quet et A. Jaccard), Genève, 1891, in-8, p. 7-17. 

4. — The mound of the Jew and the city of Onias. Belbeis, 
Samanood, Abusir, Tukh el Karmus. 1887. — Egypt Exploration 
Fund, 7 th memoir (1890), p. 1-30. 

5. — Bubastis (1887-1889). — Ibid., 8 th memoir (1891), vm- 
71 p., pl. 

6. — Excavations at Henassieh. — The seasons work at Aimas 






278 


PUBLICATIONS HISTORIQUES 


and Béni Hasan, extra report of the Egypt Exploration Fund, 
Londres, 1891, p. 5-10. 

7. — The festival-hall of Osorkon IL in the great temple of 
Bubastis (1887-1889). — Egypt Exploration Fund, 10 th memoir 
(1892), vn-40 p., pl. 

8. — Work of the winter 1892. — Ibid., Archæological report, 
1892-93, Londres, 1893, p. 1-8. 

9. — Le roi Nehasi. — Recueil de travaux relatifs à la philo¬ 
logie et à l'archéologie égyptiennes et assyriennes, t. XV (1893), 

p. 97-101. 

10. — The route of the Exodus. — Journal of the Transac¬ 
tions of the Victoria Institute, t. XXVI (1893), p. 12-30, carte. = 
Tiré à part, s. 1. n. d., in-8. 

IL — Articles : Amon, Asenath, Baal-Zephon, Chub, Egypt, 
Exodus, Goshen. — Smith's Dictionary of the Bible. Londres, 
1893, in-8. 

12. — L’état religieux de la Suisse. Rapport présenté à la Con¬ 
férence de l’Alliance évangélique, tenue à Chicago, en octobre 
1893. Genève, 1894, in-8, 32 p. 

13. — Ahnas el Medineh (Heraeleopolis Magna), with chapters 
on Mendes, the nome of Tlioth, and Leontopolis. With an Appendix 
on byzantine sculptures, by T. Hayter Lewis. — Egypt Explora¬ 
tion Fund, 11 111 memoir (1894), [v-]39 p., pl. 

14. — The temple of Deir el Bahari : its plan, its founders and 
its first explorers. Introductory memoir. — Ibid., 12"' memoir 
(1894), vn-32 p., pl. 

15. — Le temple de Deir el Bahari. — Le Globe, t. XXXIII 
(1894), Mém., p. 91-103, pl. = Tiré à part, (Genève, 1894), in-8. 

16. — Excavations at Deir el Bahari. — Egypt Exploration 
Fund, Archæological report, 1893-94, p. 1-7. 

17. — Id., during the winter 1894-95. — Ibid., 1894-95, p. 33 ss. 

18. — The temple of Deir el Bahari. Part I, II, III. — Egypt 
Exploration Fund, (13 ,h memoir, 1895), [vu-] 15 p., pl.; (14 Ul me¬ 
moir, 1896), [ vu-] 18 p., pl.; (16 lh memoir, 1898), [vn-]21 p., pl. 

19. — Trois inscriptions de la reine Hatshepsou. — Recueil de 
travaux relatifs à la philologie et à Tarchéologie égyptiennes et 
assyriennes, t. XVIII (1896), p. 91-105. 

Additions et corrections, ibid., t. XIX (1897), p. 209-215. 



1890-1900. 


279 


20. — La succession des Thoutmès d’après un mémoire récent. 

— Zeitsch.f ægyptische Sprache und Alterthumskunde, t. XXXV 
(1897), p. 30-67. 

Voyez ci-après n° 23. 

21. — Les dernières lignes de la stèle mentionnant les Israélites. 

— Recueil de travaux relatifs à la philologie et à Varchéologie 
égyptiennes et assyriennes, t. XX (1898), p. 32-37. 

22. — Une boîte de style mycénien trouvée en Égypte. — 
Revue archéologique, 3 me série, t. XXXIII (1898), p. 1-11, fig. 

23. — Un dernier mot sur la succession des Thoutmès. — 
Zeitsch. f. ægyptische Sprache und Alterthumskunde, t. XXXVII 
(1899), p. 48-55. 

24. — Les plus anciens monuments égyptiens. — Recueil de 
travaux relatifs à la philologie et à Varchéologie égyptiennes et 
assyriennes, t. XXI (1899). p. 105-123. 

25. — Le père de Thoutmès III. — Ibid., p. 201-212. 

26. — Figurines égyptiennes de l’époque archaïque. I. — Ibid., 
p. 212-216, pl. 

lies n os 25 et 26 ont été tirés à part en un opuscule, (Paris, 1899), 

in-4, 16 p., pl. 

27. — Id. IL — Ibid., t. XXII (1900), p. 65-71, pl. — Tiré à 
part, (Paris, 1900), in-4. 

28. — La question du Transvaal. Genève, 1899, in-8, 31 p. 
Dix-sept éditions successives, revues et augmentées d'une page à 
partir de la cinquième. 

Trad. en allemand, anglais, italien, suédois et hongrois. 

29. — L’indépendance des Républiques sud-africaines et l’An¬ 
gleterre. Genève, 1900, in-8, 38 p. Cinq éditions successives. 

30. — Histoire de Tordre lotiforme. Etude d'archéologie égyp¬ 
tienne, par G. Foucart. Paris, 1897, in-8. — Sphinx, revue cri¬ 
tique embrassant le domaine entier de Tégyptologie, t. II (1898), 
p. 18-29. 

31. — Die ægyptische Pflanzensdule, von L. Borchardt. Berlin, 
1897, in-4. — Ibid., p. 224-230. 


Voyez aussi : Gatal. de i’Univ., p. 228, et Public. Soc. phys., p. 108. 





280 


PUBLICATIONS HISTORIQUES 


(3 LTE, A MARE, Paul, né à Genève le 6 avril 1854, professeur 
à la Faculté des lettres. 

1. — La simplification de l’orthographe française. — Zeitsch. 
f.franz. Sprache, t. XII (1890), p. 201-213. 

2. — Le pessimisme hindou. — Êtrennes chrét., 19 me année, 
1892, p. 31-59. 

3. — Le dixième Congrès international des Orientalistes, Ge¬ 
nève (3-12 septembre 1894). — Revue de l'hist. des religions, 
t. XXX (1894), ]). 188-195. = Tiré à part, Paris, 1894, in-8. 

4. — Les premières formes de la religion et de la tradition dans 
l’Inde et la Grèce, par Paul Regnaud. Paris, 1894, in-8. —- 
Ibid., t. XXXI (1895), p. 320-333. = Tiré à part, Paris, 1895, 

in-8. 

5. — Matériaux pour servir à l'histoire de la déesse buddhique 
Tara, par Godefrog de Blonay. Paris, 1895, in-8. — Ibid., 
t. XXXIV (1896), p. 217-221. 

6 . -— Révolution d'un mythe. Açvins et Dioscures, par Ch. 
Renel. Paris, 1896, in-8. — Ibid., t. XXXVI (1897), p. 410-417. 

7. — Précis de logique évolutionniste. L’entendement dans ses 
rapports avec le langage, par Paul Regnaud. Paris, 1897, in-12. 
— Ibid., t. XXXIX (1899), p. 99-101. 

8. — Indische Religionsgeschichte, von. Edmund Hardy. Leip¬ 
zig, 1898, in-12. — Ibid., t. XL (1899), p. 126-131. 

9. — Etudes védiques et post-védiques, par Paul Regnaud. Paris, 
1898, in-8. — Ibid., t. XL1I (1900), p. 99-107. 

Voyez aussi : Cotai, de VUniv., p. 234. 


PALEZIEUX (de), Maurice, né à la Tour-de-Peilz (Yaud) le 
21 avril 1856. 

1. — Les émaux des armoiries de la République et Canton du 
Yallais. — Bull, suisse de uumism., 9 nle année (1890), p. 44-46. 

Suivi d’une lettre d’Adolphe Gautier. 

2. — Congrès international de numismatique à Bruxelles, les 
5, 6, 7 et 8 juillet 1891. — Ibid., 10"‘ e année (1891), p. 113-115. 





1890-1900. 281 

PICOT, Constant, né à Genève le 9 décembre 1844, D 1 2 3 ' med., 
rédacteur de la Revue méd. de la Suisse rom. 

1. — Le D 1 ' Y. Gautier. — Revue méd. de la Suisse rom., 
10 me année (1890), p. 122-130. = Tiré à part, avec un portrait, 
Genève, 1890, in-8, 14 p. 

2. — Collaboration aux notices généalogiques sur les familles 
genevoises : Prévost, Tremblev, Buisson, Saladin. Pasteur, Mallet, 
de Normandie, Franconis, Pucrari. — Noticesgénécd., t. II, 2 mo éd. 
(1892). 

3. — Notices généalogiques sur les familles genevoises : Chaste], 
Goulet, Pernessin, Schmidtmeyer.— Ibid., t. VI (1892). Signées : 
C. P. 

4. — Id. : D’Espine, Du Commun, Gaudy, Tollot. — Ibid., 
t. VII (1895). Signées : C. P. 

5. — Le D 1 ' Baumgartner. — Revue méd. de la Suisse rom., 
15 ,ne année (1895), p. 65-67. Anonyme. 

6. — Le D 1 ' Henri-Clermont Lombard. — Ibid., p. 116-123. = 
Tiré à part, Genève, 1895, in-8. 

7. — Le D 1 ' H. Colladon. — Ibid., 17 me année (1897), p. 57-58. 
Signé : C. P. 

8. — Le D 1 ' E. Dufresne.— Ibid., 18 me année (1898), p. 727-729. 
Signé : C. P. 

9. — Le D 1 'I. Mayor. — Ibid., 19 me année (1899), p. 364-366. 
Anonyme. 

10. — Le D 1 'W. Marcet. — Ibid., 20" ,e année (1900), p. 168-172. 
Signé : C. P. - Tiré à part, [Genève,] 1900, in-8. 


BEBE R, Burkhakd, né à Benzenschwyl (Argovie) le 11 dé¬ 
cembre 1848, ancien pharmacien. 

1. — Die Einwohner der Schweiz in vorgeschichtlicher Zeit. 
Ein Vortrag gehalten in Genf. Genève, 1890, in-8, 22 p. 

2. — Excursions archéologiques dans le Valais. — Journal de 
Genève du 16 octobre 1890 (suppl.). 

3. — Fragments numismatiques sur le canton d’Argovie. — 
Bull, suisse de nwnism., 9 me année (1890), p. 140-154 et 186-190, pl.; 
— Revue suisse de numism., V e année, 1891, p. 1-19 et 267-278, pl.; 




282 


PUBLICATIONS HISTORIQUES 


2 me année, 1892, p. 329-362, pl. = Tous ces articles ont paru 
réunis en un opuscule, Genève, 1890, in-8, 87 p. 

4. — Causerie sur les monnaies gauloises. — Bull, suisse de 
numism., 9 me année (1890), p. 258-261, fi g. 

5. — Notice sur un bloc erratique appelé La Plate, situé au 
Mont-Salève. — Revue savois., 31 me année (1890), p. 195-198. 

6. — Objets lacustres du lac du Bourget. — Ibid., p. 198-202, 
fig- 

7. — Zusammenstellung meiner arckaologiscken Beobacktun- 
gen im Ivan ton Wallis. — Anz. f. schweiz. Alterthumskunde, 
t. YI, 1888-1891, p. 382-385 (1890) et 522-527 (1891). 

8. — Vorliistorisches aus dem Wallis. — Ibid., p. 565-568 
(1891). 

9. — Vorkistorisches aus dem Eringertkal und den Nendaz- 
Alpen. — Ibid., p. 569-573 (1891). 

10. — Dernières reckerckes arckéologiques aux environs de 
Genève. — Congres international d’anthropologie et d'archéologie 
préhistorique. Compte rendu de la 10 me session, Paris 1889, Paris, 
1891, p. 621-624, pl. 

11. — La Pierre-aux-Dames de Troinex-sous-Salève. — Revue 
savois., 32 me année (1891), p. 209-218, fig. = Tiré à part, Annecy, 
1891, in-8. 

12. — Die vorkistoriscken Sculpturen in Salvan, Kanton Wallis 
(Sckweiz). — Arch. f. Anthropologie, t. XX (1891-1892), p. 325- 
337, pl. == Tiré à part, Brunswick, 1891, in-4. 

13. — Excursions arckéologiques dans le Valais. — Bidl. Inst, 
genev., t. XXXI (1892), p. 93-150. = Tiré à part, Genève, 1891, 
in-8. 

14. — Reckerckes arckéologiques dans les vallées d’Évolène et 
de Biim en Valais. Genève, 1892, in-12, 24 p. 

15. — Une médaille pkarmaceutique.— Bull, suisse de numism., 
ll mc année (1892), p. 14-15, fig. 

16. — Reckerckes arckéologiques dans le territoire de l’ancien 
évêcké de Genève. — M. D. G., t. XXIII (1888-1894), p. 282-326, 
pl. = Tiré à part, Genève, 1892, in-8. 

17. — Die vorkistoriscken Denkmàler im Einfisclitkal (Wallis). 
— Arch. f. Anthropologie, t. XXI (1892-1893), p. 305-320, pl. 
= Tiré à part, Brunswick, 1892, in-4. 



1890-1900. 


283 

18. — Vorhistorische Moimmente und Sagen aus dem Eringer- 
tlial. — Anz. f. schweiz. Alterthumskunde, t. VII, 1892-1895, 
p. 174-179 (1893). 

19. — Vorhistorisches aus dem Binnenthal. — Ibid., p. 179-181 
(1893). 

20. — Vorhistorische Denkmâler im Bagne-Thal (Wallis). — 
Ibid., p. 354-358 (1894). 

21. — Bronzefund im Bhonebett in Genf. — Ibid., p. 359 
(1894), pl. 

22. — Eine Basler Apotheker-Taxe vom Jahre 1647. — Phar- 
maceutische Post, 1894, p. 105-108. 

23. — Pharmaceutisches aus dem Elsass Anfangs des sieb- 
zebnten Jahrhunderts. — Ibid., p. 285-290. 

24. — Nachruf an Flückiger. — Ibid., p. 611-614. 

25. — Tombeaux anciens à Lancy. — Bull. Inst, gmev., 
t. XXXIII (1895), p. 283-289, fig. = Tiré à part, Genève, 1894, 
in-8. 

26. — Arcbæologiscbes aus dem Aargau. Aarau, 1895, in-8, 

8 p. 

27. — Vorbistoriscbe Anzeichen im Turtmanntbal und Nacb- 
trage aus dem Wallis. — Anz.f. schweiz. Alterthumskunde, t. VII, 
1892-1895, p. 410-413 (1895). 

28. — Verschwundene Schalensteine auf dem Alvier. — Ibid., 
p. 413-414 (1895). 

29. — Weiteres aus dem Bagnes-Tbal. — Ibid., p. 478-482 
(1895). 

30. — Ein Instrument aus Kupfer von Tourbillon bei Sitten. 
— Ibid., t. VIII, 1896, p. 34-37, pl. 

31. — Zwei neue vorhistorische Skulpturensteine auf den Hu- 
belwangen, oberbalb Zermatt. — Ibid., p. 74-77, fig. 

32. — Vorhistorische Sculpturendenkmàler im Canton Wallis 
(Schweiz). — Arclt. f. Anthropologie, t. XXIV (1897), p. 91-115, 
fig. = Tiré à part, Brunswick, 1896, in-4. 

33. — Gallerie hervorragender Therapeutiker und Pharma- 
cognosten der Gegenwart. Genève, 1897, gr. in-8, 453 p., pl. et 
portraits. 

34. — L’habit des médecins pendant la peste. — Janus, l rc an¬ 
née (1897), p. 297-300, 1 fig. = Tiré à part, Amsterdam, 1897, 





PUBLICATIONS HISTORIQUES 


284 

in-8. = Réimprimé dans la Revue méd. de la Suisse rom., 1898, 
p. 730-733. 2 fig., et tiré à part, Genève, 1898, in-8. 

35. — Scliweizerische Beitrage zur Geschichte der Pharmacie. 
— Schweiz. Wochenschrift f. Cliemie und Pharmacie, 1897, 
p. 518-522, 535-539,548-549,574-575,592-595,599-603 et 611-613; 

1898, p. 16-19, 26-28, 33-36, 46-48, 82-85, 92-94, 113-117, 125- 
127, 136-138 et 142-148. = Tiré à part, Zurich, 1898, iu-4, 50 p. 

36. — Antiquités et légendes du Valais. Genève, 1898, in-8, 
67 p., fig. 

37. — Monuments préhistoriques et légendes de Zermatt. — 
Le Valais romand, 1898, n os 51 et 52. 

38. — Le val d’il liez. — Ibid., n° 53. 

39. — Une visite au Val de Tourtemagne. — Ibid., n° 54. 

40. — Antiquités et légendes des environs de Leytron et de 
Saillon. — Ibid., n os 55 et 56. 

41. — Dans le Val de Bagnes. — Ibid., n os 63, 64 et 65. 

42. — Beitrage zur Geschichte der Pharmacie. — Pharmaceu- 
tische Post, 1898, p. 413-415, 438-441, 473-475, 534-536, 545-547, 
572-575, 598-600 et 611-612; 1899, p. 259-267, 271-278, 282-286 
et 295-297. = Tiré à part. Vienne, 1899, in-8, 54 p. 

43. — Archéologie genevoise. Deux fragments d’architecture 
gothique, — B. H. O., t. II, p. 126-128 (1899), fig. — Tiré à part, 
Genève, 1898, in-8. 

44. — Das aargauische Beussthal vor der Geschichte. Aarau, 

1899, in-8, 10 p. 

45. — Deux nouveaux monuments à sculptures préhistoriques, 
l’un à Chexbres (Vaud), l’autre à Neuchâtel. — Anz. f. schweiz. 
Alterthumskunde, nouv. série, t. I, 1899, p. 169-173, fig. 

Voyez ci-après n° 57. 

46. — Steinerne Gescliirre aus dem Wallis. — Ibid., p. 214- 
218, fig. 

47. —- Sagen aus dem Saasthal im Wallis. — Arch. suisses des 
trad. popid., 3 me année (1899), p. 339-343. 

48. — Erlebnisse eines jungen Arztes (Josias Forer). Schweiz. 
Sitten- und Kulturbild aus dem Ende des 16. Jahrhunderts. — 
Sonntagsblatt des Bandes, 1899. Tiré à part, Berne, 1899, in-8, 
48 p. 

49. — Rœmische Anzeichen der Ausübung von Gesundheits- 



1890 - 1900 . 


285 

pflege und Medicin in Baden (Schweiz). — Janus, 4 mo année 
(1899), p. 309-405. 

50. — Les monuments préhistoriques à Sa!van, Valais. — La 
Patrie suisse, t. VI (1899), p. 80-81, 89, 189-190, 200-202. 

51. — Betrachtungen über die Pest. — Pliarmaceutisclie Post, 
1899, p. 263-265, 627-628, et 643-649. 

52. - - De 1 importance des monuments à sculptures préhisto¬ 
riques. Appel aux gouvernements, aux conseils municipaux, aux 
propriétaires privés et à tous les amis de l’histoire nationale pour 
la conservation de ces monuments. - Bull. Inst, genev., t. XXXVI 
(sous presse). = Tiré à part, Genève, 1899, in-8, 52 p. 

Porte par erreur rindication de : Extrait du t. XXXV. 

53. Der Safran in der Geschichte. — Pliarmaceutisclie 
Rundschau, 1899. = Réimprimé dans Correspondenz-Blatt f. 
Schiveizer Aerzte, 30 me année, 1900, p. 785-787. 

54. Balneologie und Climatotherapie. Versuch einer schwei- 
zerischen Bibliographie der Litteratur auf den Gcbieten des 
Badewesens, der Heilquellen, der climaterischen Kurorte u. s. w. 
(Avec une Préface en français et en allemand.) Berne, 1900, 
in-8, xix-130 ]). (Bibliographie der schweiz. Landeskunde, fasc. 
IV, 3). 

55. — [Vorhistorische Graberfunde im] Wallis. — Anz. f. 
schweiz. Alterthmnskunde, nouv. série, t. II, 1900, p. 61-63, fig. 

56. Das Bruderloch bei Hagenwvl (Thurgau). — Ibid., 
p. 64-66. 

57. — La pierre à écuelles de Chexbres. — Ibid., p. 150-151, fig. 

Supplément au n° 45. 

58. — Une pierre à écuelles à Vuffiens-la-Ville. — Ibid., p. 152- 
153, fig. 

59. — In der Schweiz aufgefundene Regenbogenschüsseln und 
verwandte Goldmtinzen. — Ibid., p. 157-166, pl. 

60. — Schweïzerische Geschützgiesser und Glockengiesser im 
Mittelalter. — Ibid., p. 285-289. 

61. — Einige Sagen und Traditionen aus dem Freiamt, im 
Aargau. — Arcli. suisses des trad. popul, 4 me année (1900), 
p. 232-236. 

62. — Note sur des pipes antiques. — B. H. G., t, II, p. 164-168 
(1900), fig. = Tiré à part, (Genève, 1900), in-8. 



286 


PUBLICATIONS HISTORIQUES 


63. — Ein Beitrag zur Geschichte der Syphilis. — Correspon- 
denz-Blatt f. Schweizer Aerzte, 30 me année, 1900, p. 501-503. 

64. — Vorsichtsmassregeln gegen die Pest in früheren Jahr- 
hunderten. — Ibid., p. 686-691 et 719-724. 

65. — Verordnungen gegen Kurpfuscher und unerlaubte Arz- 
neibücliei' am Ende des XYI. Jahrhunderts. — Fharmaceutische 
Fost, 1900, p. 302-305. 

66. — Pharmaceutische Skizzen ans Paris. I. Die « École supé¬ 
rieure de pharmacie ». Die « Pharmacie centrale des hôpitaux de 
Paris». Pharmaceutische Alterthiimer.— Ibid., p. 331-335, 465- 
469 et 501-507. 


RILLIET, Albert, né à Genève le 25 avril 1848, lie. ès sciences 
physiques, professeur à la Faculté des sciences. 

Notice sur la vie et les travaux de J.-L. Soret. — Arch. des 
sciences physiques et naturelles, 3 me période, t. XXIV (1890), 
p. 305-346. = Tiré à part, avec un portrait, sous ce titre : 
Jacques-Louis Soret, notice biographique. Genève, 1890, in-8. 

Voyez aussi : Publie. Soc. plvjs, p. 132, et Catal. de l’Univ., p. 98. 


R1TTER, Eugène, né à Genève le 9 novembre 1836, professeur 
à la Faculté des lettres. 

1. — Deux poètes en Savoie : Gœthe et André Chénier. — 
Fevue savais., 31 me année (1890), p. 28-31. 

2. — Lettres de Sainte-Beuve à Jules Philippe. — Ibid., 
p. 31-37. 

3. — Voltaire et Mgr Biord. — Ibid., p. 49-53. 

4. — Un mot d’Antoine Froment. — Ibid., p. 187-189. 

5. — Les familles genevoises d’origine savoyarde. — Congres 
des soc. savantes savoisiennes, ll me session, 1890, Chambéry, 1891, 
p. 51-56. 

6. — Gabriel Faërno. — Étrennes chrét., 18 me année, 1891, 
p. 90-98. 

7. — Madame Guyon et Genève. — Ibid., p. 113-149. 

8. — Magny et le piétisme romand, 1699-1730. — M. D. R., 





1890 - 1900 . 287 

2 me série, t. III (1891), p. 257-324. = Tiré à part, avec une Pré¬ 
face, Lausanne, 1891, in-8, vn-68 p. 

9. — Correspondance de Sainte-Beuve avec Hermann Reuchlin. 
— Zeitsch. f. franz. SpracJte, t. XIII (1891), p. 157-107. = Tiré à 
part, Oppeln et Leipzig, 1891, in-8. 

10. — La chronologie de la Nouvelle Héloïse. — Ibid., t. XIY r 
(1892), p. 77-79. 

11. — Notices généalogiques sur les familles genevoises : Be- 
quier, Célérier, Cellérier, Deonna, Faërno, Gautier, Malcontent, 
Sturm, Venturini. — Notices généal., t. VI (1892). Signées : Rr. 

Voyez ci-après u° 32. 

12. — Discours (prononcé) à la séance annuelle de l’Institut 
genevois du 19 mai 1892. — Bull. Inst, genev., t. XXXII (1894), 
p. 1-12. = Tiré à part, [Genève, 1892], in-8. 

13. — Un coup d’œil sur l’histoire de Genève. — Bull, de 
l’ Université de Lyon, 1892, p. 258-274. 

14. — Les ascendants lyonnais de J.-J. Rousseau. — Ibid., 
p. 382-386. 

15. — Lettres de Fénelon à Madame Guyon. — Revue in¬ 
ternationale de Venseignement, t. XXIV (1892), p. 52-66 et 
216-237. 

16. — Un poète en Savoie : Eustache Deschamps. — Revue 
savois., 33 ma année (1892), p. 108-113. 

17. — Saint-Victor. — Ibid., p. 342. 

18. — Le Père Chérubin et André Crasso. — Ibid., 34 me année 
(1893), p. 35-36. 

19. — Chablais. — Ibid., p. 127-128. 

20. — Une anecdote de la vie de Thomas Blanc. — Ibid., 
p. 174-176. 

21. — Madame Guyon et le Père La Combe. — Ibid., p. 249-258. 

22. — Didier Rousseau, le quartaïeul de Jean-Jacques. — Bull, 
prot. franc., t. XLII (1893), p. 281-292. = Tiré à part, Paris, 
1893,in-8. 

Voyez ci-après n° 3G. 

23. — J.-J. Rousseau et Charles Bonnet. — Étrennes clirét., 
20 ,ue année, 1893, p. 187-224. 

24. — Discours (prononcé) à la séance annuelle de l’Institut 
genevois du 21 mars 1893. — Bull. Inst, genev., t. XXXII (1894), 

20 


BULLETIN. 


T. II. 



288 


PUBLICATIONS HISTORIQUES 


p. 201-219. = Tiré à part, (Genève, 1893), in-8; la couverture 
porte ce titre : Glossaires et lexicographes genevois. 

Errata et addenda, ibid., t. XXXIII (1895), p. G17-G1S. = Tiré à 

part, s. 1. n. d., in-8. 

25. — Quelques documents sur Béat de Murait. — Ibid., 
t. XXXII (1894), p. 269-308. = Tiré à part, Genève, 1894, pet. in-8. 

26. — Les saints honorés dans le diocèse de Genève. — C. R. 
du Congres des soc. savantes de Savoie, 1892, La Roche, 1894, 
p. 69-75. = Tiré à part, La Roche, s. d., in-8. 

27. — Béat de Murait. — Étrennes religieuses, 1894, p. 151-165. 

28. — Note sur le Citadin de Genève. — B. H. G., t. I (1892- 
1897), p. 270-272 (1894). 

29. — Lettres inédites de Jean-Jacques Rousseau. — Ibid., 
p. 293-301 (1894). 

30. — Discours (prononcé) à la séance annuelle de l’Institut 
genevois du 15 mars 1894, [suivi de : Lettres de Roumanille]. — 
Bull. Inst, genev., t. XXXIII (1895), p. 1-117. = Tiré à part, sous 
ce titre : Le centenaire de Diez, discours prononcé, etc., suivi de 
Lettres adressées à Victor Duret par Roumanille. Genève, 1894, 
in-8. 

31. — Lettres de Sainte-Beuve au professeur Gaullieur (1844- 
1852). — Ibid., p. 297-338. = Tiré à part, s. 1. n. d., in-8. 

32. — Notices généalogiques sur les familles genevoises : Boni- 
parte, Clavel, Eschard, Grandi, Grenet, Lambercier, Massuelo, 
Maudry, Monet, Prévost, Rey, Richard. — Notices généal., t. VII 
(1895). Signées : Rr. 

Voyez ci-dessus n° 11. 

33. — Le roman au moyen âge. — Almanach de Genève, 
37 me année, 1895, p. 82-90. 

34. — Lettre de Favenc jeune à Jean-Jacques Rousseau (25 juil¬ 
let 1764). — Bull. prot. franç., t. XLIV (1895), p. 537-538. 

Favenc et non Faveni. Voyez ibid., p. 608. 

35. — La famille Fontanes. -- Ibid., p. 554-559. 

Voyez ci-après n° 45. 

36. — Didier Rousseau, quartaïeul de Jean-Jacques Rousseau, 
nouveaux documents (1549-1569). — Ibid., p. 635-638. 

Voyez ci-dessus n° 22. 

37. — Les nouvelles recherches sur Jean-Jacques Rousseau. 



1890-1900. 289 

I. Ses ancêtres et sa famille. — Revue des deux mondes, t. CXXYII 
(1895), p. 880-909. 

38. — Id. II. Les Charmettes. — Ibid., t. CXXVIII (1895), 
1). 397-427. 

Voyez ci-après n° 65. 

39. — Le poète Claude de Buttet. — Revue savois., 36 me année 
(1895), p. 190-193. 

40. — Sur la date d’une lettre de Voltaire (1751). — Revue 
dhist. lût. de la France, 2’“° année (1895), p. 255. 

4L — Discours (prononcé) à la séance annuelle de l’Institut 
genevois du 25 avril 1895. — Bull. Inst, genev., t. XXXIV (1897), 
]). 1-26. = Tiré à part, [Genève, 1895,] in-8. 

Contient des pièces relatives au procès de Jacques Gruet, d’après le 

ms. n° 86 de la Société d’histoire de Genève. 

42. — Les saints honorés dans le diocèse de Tarentaise. — 
C. R. du Congrès des soc. savantes de Savoie, 1894, Chambéry, 
1895, p. 161-165. = Tiré à part, Chambéry, 1896, in-8. 

43. La famille et la jeunesse de Jean-Jacques Rousseau. 
Paris, 1896, in-16, vii-307 p. 

44. — Court de Gébelin et VÉmile de Jean-Jacques Rousseau 
(1762). — Bull, prot, firang., t. XLV (1896), p. 542-544. 

45. — Famille Fontanes. Note additionnelle. — Ibid., p. 560. 

Voyez ci-dessus n° 35. 

46. — J.-B. de Rocoles, chanoine de Saint-Benoît; son abjura¬ 
tion et son séjour à Genève (1672). — Ibid., p. 578-579. 

47. — Une page de Jean-Jacques Rousseau sur les protestants. 
— Ibid., p. 654-659. 

48. — Les études généalogiques à Genève. — Genève littéraire 
contemporaine, Genève, 1896, in-8, p. 267-274. 

49. — Huguenot. — Revue savois., 37 me année (1896), p. 23-24. 

50. — Jules Vuy. — Ibid., p. 61-64. 

51. — Glanes [Jean de Poullieu]. — Ibid., 38 me année (1897), 
p. 72. 

52. — Id. [Saint Aquilon]. — Ibid., p. 133. 

53. — Lettres sur les Anglais et les Français (1725), par Béat 
de Murait, pubh, avec une notice sur l’auteur [et des notes], par 
Eugène Ritter. Berne et Paris, 1897, in-8, xx-294 p. 

54. — Mœurs genevoises. — Arch. suisses des trad. popui, 
1™ année (1897), p. 74-75. 



PUBLICATIONS HISTORIQUES 


290 

55. — La République de Genève d’après Pierre Davity. — Bull. 
Inst, genev., t. XXXIY (1897), p. 293-320. = Tiré à part, sous ce 
titre : La République de Genève en 1613 et 1637, par Pierre 
Davity. Avec une introduction et des notes. Genève, 1897, in-8. 

56. — Discours (prononcé) à la séance annuelle de l’Institut 
genevois du 27 mars 1896. [Avec un portrait de Jules A uy.] — 
Ibid., p. 335-338. 

56 bis. — Souvenirs personnels, par Jules Vuy, [publ., avec un 
cursus honorum et une Notice bibliographique, par Eug. RitterJ. 
- Ibid., p. 339-376. 

Les n os 56 et 56 bis ont été tirés à part sous ce titre : Jules Vuÿ, 

1815-1896. Genève, 1897, in-8, 46 p., portrait, 

57. — Id., 18 mars 1897. — Ibid., t. XXXV (1900), p. 1-9. = 
Tiré à part, [Genève, 1897], in-8. 

58. — Les ancêtres français de Jean-Jacques Rousseau : la 
famille Cresp. — Bull. prot. franc., t. XLYI (1897), p. 84-90. 

59. — Les parents de Sébastien Castellion. — Ibid., p. 187-189 
et 391-392. 

50 . _ Maîtres de langues et grammairiens huguenots. I. Natha¬ 
naël Duez ou d’Huet. — Ibid., p. 252-254. 

61. — Id. II. Samuel Bernard. — Ibid., p. 258-259. 

62. — Les saints honorés dans le diocèse de Genève et dans les 
autres diocèses de Suisse et de Savoie. — C. R. du Congrès des 
soc. savantes de Savoie, 1896, Évian, 1897, p. 111-118. = Tiré à 
part, (Évian, 1897), in-8. 

63. — Le grammairien Louis Meigret. — Revue de philologie 
française, t. XI (1897), p. 136-140. 

64. — Le marquis de Ximénès, Voltaire et Rousseau. — Revue 
d’hist. litt. de la France, 4 me année (1897), p. 578-580. 

65. — Nouvelles recherches sur Jean-Jacques Rousseau. III. La 
seconde partie des Confessions. — Revue des deux mondes, 
t. CXLIII (1897), p. 91-110. 

Voyez ci-dessus n os 37 et 38. 

66. — Conseils pour former une bibliothèque historique de 
Genève. — Almanach de Genève, 40 mo année, 1898, p. 135-142. 

67. — Genève et l’Italie, discours (prononcé) à la séance an¬ 
nuelle de l’Institut genevois du 16 mars 1898. — Bull. Inst, genev., 
t. XXXV (1900), p. 69-103. = Tiré à part, Genève, 1898, in-8. 



1890 - 1900 . 


291 


68. — Lettres de Foulquier et de Peyraube à Jean-Jacques 
Rousseau, au sujet de la situation des protestants français (1764- 
1765). — Bull. prot. franç., t. XLYII (1898), p. 538-546. = Tiré 
à part, s. 1. n. d., in-8. 

69. — [Thomas de Thonon. Communication faite à l’Académie 
chablaisienne.] — Mém. et doc. publ. par VAcad, chablaisienne, 
t. XII (1898), p. xii-xvm. = Tiré à part, s. 1. n. d., in-8. 

70. — Les étudiants neuchâtelois à Genève. — Musée neuchâ- 
telois, 35 me année, 1898, p. 294. 

71. — Sonnets de controverse. — Almanach de Genève , 41 me an¬ 
née, 1899, p. 88-94. 

Sonnets de Joachim Du Bellay contre Genève; réponse d’un quidam; 

réplique du poète. 

72. — Discours (prononcé) à la séance annuelle de l’Institut 
genevois du 23 mars 1899. — Bull. Inst, genev., t. XXXV (1900), 
p. 209-214. Tiré à part, [Genève, 1899], in-8. 

73. — Notes sur Madame de Staël. — Ibid., p. 215-320. = 
Tiré à part, Genève, 1899, in-8. 

74- — Discours (prononcé) à la séance annuelle de l’Institut 
genevois du 21 mars 1900. — Ibid., t. XXXA 7 I (sous presse). = 
'Tiré à part, (Genève, 1899,) in-8, 35 p.; la couverture porte ce 
titre : \ ictor Cherbuliez, recherches généalogiques. 

75. — La chanson de l’Escalade en langage savoyard, publiée 
avec d’autres documents sur cette entreprise. Genève, 1900, in-8, 
67 p. 

76. — Le voyage d’André Chénier en Suisse. — Almanach de 
Genève, 42 mo année, 1900, p. 67-72. = Réimprimé dans la Revue 
helvétique, 1901, p. 533-537. 

77. — Sainte-Beuve et la Suisse romande. — Ibid., p. 99-105. 

78. — Lettres de Rousseau adressées à Jean-Ami Martin, 
ministre du Saint-Évangile (1759-1760). — Bull. prot. franç., 
t. XLIX (1900), p. 254-259. 

79. — Le Quaker Claude Gay. — Ibid., p. 315-320. 

80. — Le poème de La Savoie, par Jaques Peletier (du Mans). 

• C. R. du Congrès des soc. savantes de Savoie, 1899, Chambéry, 
1900, p. 163-171. 

81- — Une lettre inédite de Jean-Jacques Rousseau. — Musée 
neuchâtelois, 32 me année, 1900, p. 137. 





292 PUBLICATIONS HISTORIQUES 

82. — Les enfants de J.-J. Rousseau. — Revue d’hist. lift. de la 
France, t. YII (1900), p. 314. 

83. — Le Sermon des cinquante. — Ibid., p. 315. 

84. — Notice généalogique sur la famille de M. Édouard Rod. 
— Revue historique vaudoise, 8 me année, 1900, p. 72-78. 

85. — Notices généalogiques. IL Les ancêtres vaudois de Victor 
Cherbuliez. — Ibid., p. 334-340. 

86. — Le curé Chevalier. — Revue savois., 4r ,,e année (1900), 
p. 62-63. 

87. — Sainte Eulalie. — Zeitsch. f. franz. Sprache, t. NNII 
(1900), p. 36-38. 

88. — Lettres de Genève, dans la Revue internationale de Ten¬ 
seignement, de 1887 à 1897. 

89. — Comptes rendus bibliographiques dans la Zeitsch. f. 
franz. Sprache, la Revue savois., la Revue critique, etc. 

A 7 oyez aussi : CataJ. de V TJniv., p. 205. 


RIYOIRE, Émile, né à Plainpalais (Genève) le 6 avril 1850, 
lie. jur., notaire. 

1. — Bibliographie historique de Genève au XYIII m0 siècle. — 
M. I). G., t. XXVI et XXYII (1897), xv-586 et 509 p. = Tiré à 
part, Genève, 1897, 2 vol. in-8. 

2. — Registres du Conseil de Genève. T. I. Du 26 février 1409 
au 6 février 1461 (volumes 1 à 4). Publié, (avec une Préface), par 
Emile Ri voire. Genève, 1900, gr. in-8, ix-559 p. 

Publié sous les auspices de la Société d’histoire et d’archéologie de 

Genève. 


ROGET, F.-Frédéric, né à Beaumont près Valence (Drôme) 
le 14 août 1859, privat-docent à la Faculté des lettres. 

1. — French history, literature and philology. Londres, 1892, 
in-8, 328 p. 

Suivi de trois réimpressions. 

2. — John Ivnox, le réformateur écossais, et Genève. — Bibl. 
unir., 104 me année (1899), t. XVI, p. 120-133. 





1890 - 1900 . 293 

3. — An introduction to Old French. 2 mo éd., Londres, 1900, 
in-8, 390 p. 

La 1™ éd. est de 1887. 


ROSIER, William, né à Lancy (Genève) le 26 septembre 1S56, 
piofesseur de géographie au Gymnase et à l’École secondaire et 
supérieure des jeunes tilles. 

1. — Caractères généraux de l’hydrographie africaine. — Le 
Globe, t. XXIX (1890), Mém., p. 27-60, carte. = Tiré à part, Ge¬ 
nève, 1890, in-8. 

2. — Le Congrès et l’Exposition de géographie à Berne. 
Genève, 1891, in-8, 30 p. 

3. — Géographie générale illustrée. I. Europe. Lausanne, 1891, 
in-4, 289 p.; 2"" éd., 1896, 30< p. — IL Asie, Afrique, Amérique, 
Océanie. Lausanne, 1893, in-4, 339 p. Les deux volumes sont ornés 
de plans, pi., cartes et tableaux graphiques. 

Publié sous les auspices des sociétés suisses de géographie. 

4. — Des services que la géographie peut rendre dans les con¬ 
flits économiques. G. R. du V me Congrès international des sciences 
géographiques, Berne 1891, Berne, 1892, p. 656-663. - Tiré à 
part, Berne, 1892, in-8. 

5- L’enseignement de la géographie dans les gymnases et la 
place de cette science dans le programme des examens de matu¬ 
rité. — Verhandlungen des Verbandes der schweiz. geogr. Gesell- 
schaften, Bern 1893, Berne, 1894, p. 18-30. = Tiré à part, Berne, 
1893, in-8. 

6. — Cours de géographie. Manuel-atlas destiné au degré moyen 
des écoles primaires. Révision du canton de Genève. Suisse. Pre¬ 
mières notions sur les cinq parties du monde. Genève, 1895, in-8, 
111 p., pl. et cartes; 2 ,ne éd., 1898. 

7. — Id. Manuel-atlas destiné au degré supérieur des écoles 
primaires. Notions sur la terre, sa forme, ses mouvements et sur 
la lecture des cartes. Les phénomènes terrestres. Géographie des 
cinq parties du monde. Révision de la Suisse. Lausanne, 1899, 
in-8, 180 p., pl. et cartes. 

Ces deux Manuels-atlas (n os G et 7) ont été publiés à la suite d’une 
entente entre les cantons de Vaud, Neuchâtel et Genève, qui ont chargé 
M. Rosier de leur élaboration. 





PUBLICATIONS HISTORIQUES 


294 

g, — M. W. Rosier a collaboré, de 1879 à 1893, à la rédaction 
de la revue L’Afrique explorée et civilisée. 


SARASIN, Albert, né à Genève le 17 juillet 1845. 

Inclusion de Genève dans la neutralité helvétique en 1792. — 
M. D. G., t. XXV (1893-1901), p. 134-162. - Tiré à part, Genève, 
1893, in- 8 . 


SEITZ, Charles, né à Genève le 5 février 1860,1) r ès lettres, 
professeur à la Faculté des lettres. 

1 . — Genève. — Schweizerbund in Schweizermund, Zurich, 
1891, in- 8 , p. 155-160. 

2. — Taine et la Révolution française. — Pages d’histoire, 
p. 213-228. = Tiré à part, Genève, 1895, in- 8 . 

3 . _ Joseph-Jliste Scaliger et Genève. — [Annexe au] Pro¬ 
gramme de renseignement pour le Collège de Genève, année 1895- 
1896, 40 p. = Tiré à part, Genève, 1895, in- 8 . 

4 . — Le professeur Pierre Vaucher. — Semaine litt., 1898, 
p. 291-292, portrait. 


STRŒHLIN, Ernest, né à Genève le 19 novembre 1844, 
D 1 ' theol., professeur honoraire de rUniversité. 

1 . — Nombreux articles relatifs aux écrivains suisses et pro¬ 
testants français, dans le Dictionnaire international des écrivains 
du jour, par A. de Gubernatis. h lorence, 1890-1891, 1 t. en o voh 
gr. in- 8 . 

2 . — Promenades en Toscane. — Le Globe, t. XXIX (1890), 
Bull., p. 164-212. 

3 . _ a Chartres et en Bretagne : impressions d’histoire et 
d’art. - Ibid., t. XXX (1891), Bull, p. 20-56. 

4 . _ province de Prusse en 1891, notes et souvenirs. — 
Ibid., t. XXXI (1892), Mém., p. 1-40; t. XXXII (1893), Mévn., 
p. 1-74. 

5 . — Souvenirs d’Espagne : Séville, Grenade, Cordoue, Tolède, 





295 


1890 - 1900 . 

Madrid, l’Escurial, Burgos. — Ibid., t. XXXII (1893), Bull, 
p. 111-172. 

G. — François Bonivard. — Petite bïbl. helvétique, [l r0 série,] 
n 09 6 et 7 (1893), 39 p. 

7. — Firmin Abauzit. — Ibid., 2 n,e série (1894), p. 33-59. 

8. — Saine littérature nationale et mauvaise littérature étran¬ 
gère. — Étrennes religieuses, 1894, p. 171-195. 

9. — Quelques réflexions sur le Collège de Genève et renseigne¬ 
ment secondaire classique. Genève, 1894, in-8, 189 p. 

10. — Souvenirs d’Angleterre : York et Canterbury. — Le 
Globe, t. XXXVIII (1899), Bull, p. 98-108. 

11. — Souvenirs d’Écosse. — Ibid., p. 109-119. 

12. — Articles divers dans La Grande Encyclopédie. 

Voyez aussi : Gatal. de VUniv., p. 220. 


S T RŒ H LIN, Paul-Ch., né à Genève le 10 septembre 1864, 
président de la Société suisse de numismatique, membre titulaire 
des sociétés numismatiques d’Amsterdam, Bruxelles, Londres, 
Munich, Paris et Vienne, associé de l’Académie royale d’archéo¬ 
logie de Belgique. 

1. — Faussaires en médailles. — Tribune de Genève des 23 et 
24 lévrier 1890. 

2 . — Souvenirs d’un voyage numismatique en Russie. — Bull, 
suisse de nuntism., 9 me année (1890), p. 38-41. — liré à part, 
Genève, 1890, in-8. 

3. — Triens de Saint-Maurice. — Ibid., p. 164-165. Signé : 

P. S. 

4 . — [Médaille de la] conférence ouvrière de Berlin. — Ibid., 
p. 169-170, fi g. = Tiré à part, Genève, 1890, in-8. 

5. — Le concours Galland à Genève. — Ibid., 10 me année (1891), 
p. 21-26, fig. 

6. — Imitations et falsifications de médailles genevoises. — 
Ibid., p. 65-66. 

7 . — a propos de la médaille de Louis Le Fort, de Genève. — 
Ibid., p. 77-78 et 196-197, fig. = Tiré à part, Genève, 1891, in-8. 

8. — Une médaille philatélique. — Ibid., p. 85-89, fig. = Tiré 
à part, Genève, 1891, in-8. 





296 


PUBLICATIONS HISTOKIQUES 

9. — [Médaille duj Congrès de médecine de Berlin en 1890. — 
Ibid., p. 94-96. 

10. - Schweizerisches Miinz und Medaillen-Cabinet, beschrie- 
ben von Gottlieb Emanuel von Haller. Erste Fovtsetzung. J leiri , 
1/S6. [Publié par P. Strœblin.J — Revue suisse de numisrn., t. I 
(1891), p. 75-91, 166-188 et 224-266; t. II (1892), p. 36-63, 187- 
214 et 241-308. 

11. — Refrappes et falsifications. — Ibid,, t. II (1892), p. 363- 
376. = Tiré à part, Genève, 1892, in-8. 

12. — Deux médailles genevoises inédites. — Ibid., t. III (1893), 
]). 56-57. 

13. — Monnaies et médailles suisses rares ou inédites. — Ibid., 
p. 139-170, pl. 

14. — La collection Gomarin léguée à la ville de Genève. — 
Ibid., t. IV (1894), p. 58. Signé : P. S. 

15. M. P. Strœlilin a rédigé la partie concernant la Suisse 
dans le Guida numismatica universale , par F. et E. Gnecchi. 
2 mo éd., Milan, 1894. 

16. — Annuaire numismatique suisse. l‘° année, 1894-95. Ge¬ 
nève, [1895], pet. in-8, pi. 

17. — Description de pièces inédites : Médailles des rois de la 
Société des carabiniers de Carouge (canton de Genève, en Suisse), 
fig.; — Médaille militaire pour les régiments hanovriens ayant 
combattu a Materloo; ■— Monnaies inédites de l’évêché de 
Breslau; — Prix d'école du canton d’Unterwald (Suisse), fig.: — 
Essai non adopté d’once d’or de 1849 du Chili; — Thaler de 
Bernard Millier, abbé de Saint-Gai 1 (Suisse), frappé sur flan 
carré, fig.; Thaler de Genève de 1639, fig.; — Plaque de képi 
d’officier d’artillerie de la République de Genève, fig.; — Les 
thalers de Zug du X\ II e siècle, fig.; — Écus français de six livres 
contremarqués par l’État de Berne, fig.; — Description des mé¬ 
dailles frappées à l’occasion de l’Exposition nationale suisse, à 
Genève, en 1896. — Circulaire numisrn. universelle, Genève, 
1895-1896. Ces articles sont presque tous anonymes. 

18. — La numismatique à l’Exposition nationale suisse, Ge¬ 
nève, 1896. — La Société suisse de numismatique de 1879 à 1896. 
Notices diverses et liste complète des membres, (l re livr.), Genève, 
1896, in-8, p. 7-74. fig. - Tiré à part, Genève, 1896, in-8. 



1890 - 1900 . 


297 


19. — Liste alphabétique de tous les membres de la Société 
suisse de numismatique, depuis sa fondation à la fin de l’année 
1896, avec la bibliographie complète de leurs publications et tra¬ 
vaux. (En cours de publication.) — Ibid., (2 me livr.), s. d., p. 97 ss. 
= L’article : Bahrfeldt, M.-F., a été tiré à part, Genève, 1898, 
in-8. 

20. — Médailles suisses nouvelles, IY-X. — Revue suisse de 
numism., t. Y1 (1896), p. 171-176 et 328-358; t. YII(1898), p. 185- 
222 et 402-407; t. VIII (1898), p. 332-350; t. IX (1899), p. 194-214 
et 328-339; pi. et fi g. 

Voyez ci-dessus, Mayor, Jaques, n° 10G. 

21. — Jeton de la Société de tir de Montfaucon et les Enfers. 

— Ibid., t, VI (1896), p. 365. 

22. — Médailles étrangères nouvelles. — Ibid., t. YII (1898), 
p. 223-245, pl. 

23. — Vente aux enchères de monnaies et médailles faite à 
Munich (novembre 1897). — Ibid., p. 412-413, fig. Signé : P.-C. S. 

Piéfort inédit d’un thaler de Genève de 1598, etc. 

24. — France. Premiers portraits sur les monnaies. — Ibid., 
p. 415. Signé : P.-C. S. 

25. — Médailles de la Société philanthropique de Paris en 1831. 

— Ibid. Signé : P.-C. S. 

26. — Répertoire général de médaillistique, recueil de descrip¬ 
tions détaillées de toutes les médailles... Ouvrage imprimé sur 
fiches séparées et destiné à former un Dictionnaire général de 
médaillistique. l re partie, série 3 : Médailles à portraits, période 
moderne et contemporaine. Genève, 1899 et années suivantes, 
in-8. (En cours de publication.) 

G00 fiches parues (1902). 

27. — Rédaction de nombreux catalogues de vente, pour le 
Comptoir de numismatique et d’héraldique (Genève), etc., conte¬ 
nant la description de pièces rares ou inédites. 

28. — Mélanges, nécrologies et rapports, dans la Revue suisse 
de numism., que M. P. Strœhlin dirige depuis sa fondation (1891). 

29. — Comptes rendus bibliographiques dans le Bull, suisse de 
numism, et la Revue suisse de numism. 




298 


PUBLICATIONS HISTORIQUES 


THÉVENAZ, Louis-J., lié à Carouge (Genève) le 10 septembre 
1850, bacc. litt., maître au Collège. 

1. — Petite histoire de Genève, à l’usage des écoles du Canton. 
Genève, 1890, in-12, 156 p., fig. et carte; 2 mc éd., 1892, 168 p. 

2. — La discipline au Collège de Genève du XVI e au XVIII e 
siècle. — Pages d’histoire, p. 27-40. 

3. — Histoire du Collège de Genève jusqu’à la fin du XVIII e 
siècle, précédée [ d'un Avertissement et | d’une Introduction sur 
l'instruction publique au moyen âge, — Histoire du Collège de Ge¬ 
nève, par L.-J. Tliévenaz, H. Vulliéty, I-A. Verchère et Eug. 
Pittard, Genève, 1896, in-8, 1™ partie (p. xi-xvi et 1-222), pl. = 
Tiré à part, Genève, 1896, in-8. 


TRONCHIN, Henry, né à Genève le 29 avril 1853. 

Le conseiller François Tronchin et ses amis, Voltaire, Diderot, 
Grimm, etc. Paris, 1895, in-8, 399 p., pl. 


TURRETTINI, Théodore, né à Genève le 27 avril 1845, ingé¬ 
nieur. 

1. — Utilisation des forces motrices du Rhône et régularisation 
du lac Léman. Travaux exécutés par la Ville de Genève sous la 
direction de Th. Turrettini. [Avec une Préface et des Annexes.j 
Genève, 1890, in-4, [xn-]279 et xxxxvm p., pl. et tableaux, avec 
atlas de 40 pl. in-fol. 

2. — Rapport présenté au Conseil municipal dans sa séance du 
29 avril 1892, au nom du Conseil administratif, à l’appui de la 
demande de concession pour le bâtiment des turbines n° II, à 
Chèvres. — Mémoire technique. — Utilisation des forces motrices 
du Rhône: Bâtiment des turbines n° Il (douze mille chevaux). 
Rapports relatifs à la demande de concession faite par la Ville de 
Genève à l’État de Genève en 1892, Genève, 1892, in-4, p. 3-13 
et 21-68, pl. et tableau. 

3. — Aux électeurs impartiaux. [A l'occasion des] élections 
municipales de Genève du 6 août 1899. Genève, 1899, in-8, 
23 p. 





1890 - 1900 . 


299 


4. — Usine de Chèvres. Notice historique et descriptive des tra¬ 
vaux exécutés par la Ville de Genève, de 1893 à 1899, sous la 
direction de Th. Turrettini. [Avec une Préface.] Genève, 1900, 
in-4, xni-122 p., pl. 

5. — Rapports divers présentés au Conseil municipal de la 
A ille de Genève, dans le Mémorial des séances du Conseil muni¬ 
cipal. 

Voyez aussi: Public. Soc. phys., p. 155. 


YALLETTE. Gaspard, né à Jussy (Genève) le 13 mai 1865, 
lie. litt. et jur., rédacteur en chef du journal La Suisse. 

1. — Mallet-Du Pan et la Révolution française. — M. D. G., 
XXV (1893-1901), p. 1-97. = Tiré à part, Genève, 1893, in-S. 

Couronné par l’Université de Genève (prix Stolipine). 

2. — Petit-Senn. — Petite Bïbl. helvétique, l ro série (1893), il 0 9, 

16 p. 

3. — Le peintre Hornung. — Ibid., 2 mo série (1894), p. 173-188. 

4. — Un humaniste genevois [Isaac Casaubon]. — Pages d’his¬ 
toire, p. 387-407. = Tiré à part, Genève, 1895, in-8. 

5. — Articles divers et comptes rendus bibliographiques dans 
la Gazette de Lausanne, le Journal de Genève, la Semaine litt., 
Le Temps, La Suisse, etc. 


YERCHÈRE, I.-Antoine, né à Genève le 23 décembre 1827, 
bacc. litt., ancien professeur d’histoire au Gymnase. 

1. — Épisodes de la Révolution française à Meyrin. — Pull, 
Inst, genev., t. XXXII (1894), p. 25-73. = Tiré à part, Genève, 
1892, in-8. 

2. — Histoire du Collège de Genève depuis la Restauration jus¬ 
qu’à 1872. — Histoire du Collège de Genève, par L.-J. Thévenaz, 
H. Vulliéty, l.-A. Yerchère et Eug. Pittard, Genève, 1896, in-8, 
3 me partie (p. 279-350), pl. = Tiré à part, Genève, 1896, in-8. 







300 


PUBLICATIONS HISTORIQUES 


A'IDART, Ch. -Alfred, lié à Divonne (Ain) le 5 janvier 1847, 
lie. jur. 

Deux documents relatifs au rétablissement du catholicisme dans 
le pays de Gex au XVII me siècle. — B. H. G., t. I (1892-1897), 
p. 274-288. = Tiré à part, Genève, 1894, in-8. 


YULLIÉTY, Henri, né à Genève le 27 juillet 1860, lie. litt., 
privat-docent à la Faculté des lettres. 

Histoire du Collège de Genève pendant les troubles révolution¬ 
naires et l’époque française. — Histoire du Collège de Genève , 
par L.-J. Thévenaz, H. Vulliétg, I.-A. Verehère et Eug. Pittard 
Genève, 1896, in-8, 2 me partie (p. 223-277). = Tiré à part, Genève, 
1896, in-8. 

Voyez aussi: Catal. de VUniv., p. 241. 


AVIS 


Le nombre des pages des tirages à part n’est indiqué que lorsqu’il 
diffère de celui de l’article original. 

Pour les publications périodiques, la date entre parenthèses indique la 
date de publication du volume, telle qu’elle se trouve au bas du titre. La 
date entre virgules indique l’année à laquelle se rapporte le volume (Jahr- 
gang), telle qu’elle est mentionnée immédiatement à la suite du titre. 






1890 - 1900 . 


301 


ABRÉVIATIONS 

Almanach de Genève = Almanach de Genève, industriel, agricole et litté¬ 
raire, publié sous les auspices de l’Institut national genevois. 

An/, t. schweiz. Alterthumskunde = Anzeiger fiir schweizerische Alter- 
thumskunde. Indicateur d'antiquités suisses (Zurich). 

An/, f. schweiz. Gesch. = Anzeiger fur schweizerische Geschichte. Indi¬ 
cateur d’histoire suisse (Berne). 

Arc-h. f. Anthropologie = Archiv für Anthropologie, Zeitschrift fiir Natur- 
geschichte und Urgeschichte des Menschen (Brunswick). 

Arch. suisses des trad. popul. == Archives suisses des traditions populaires. 
Schweizerisches Archiv für Volkskunde (Zurich). 

Au ko^ei chrét. — Au I over chrétien, nouv. sér. des Étrennes religieuses 
(Genève). 

B. IL G. Bulletin de la Société d’histoire et d’archéologie de Genève. 

Bibl. univ. = Bibliothèque universelle et revue suisse (Lausanne). 

Bull. Inst, genev. = Bulletin de l’Institut national genevois. 

Bull. prot. franc. = Société de l’histoire du protestantisme français. Bul¬ 
letin historique et littéraire (Paris). 

Bull, suisse de numism. = Bulletin de la Société suisse de numismatique 
(Bâle et Genève). 

C. R. == Compte rendu. 

fatal, de 1 Univ. = Catalogue des ouvrages, articles et mémoires publiés 
Par les professeurs de l’Université de Genève,... rassemblé par 
Charles Soret. Genève, 1896, in-8. 

1 jcho des Alpes = L Écho des Alpes, publication des sections romandes 
du Club alpin suisse (Genève). 

Etrennes chrét. — Étrennes chrétiennes, par une réunion de pasteurs et 
de laïques (Genève). 

Jahrbuch f. schweiz. Gesch. = Jahrbuch für schweizerische Geschichte 
(Zurich). 

Janus = Janus, archives internationales pour l’histoire de la médecine et 
pour la géographie médicale (Amsterdam). 

La Grande Encyclopédie = La Grande Encyclopédie, inventaire raisonné 
des sciences, des lettres et des arts, par une société de savants 
et de gens de lettres (Paris). 

Le Globe = Le Globe, journal géographique, organe de la Société de 
géographie de Genève. 



PUBLICATIONS HISTORIQUES 


302 

M. D. G. = Mémoires et documents publiés par la Société d’histoire et 
d’archéologie de Genève. 

M. I). R. = Mémoires et documents publiés par la Société d’histoire de 
la Suisse romande. 

Notices généal. = Notices généalogiques sur les familles genevoises, par 
J.-A. et J.-B.-G. Galiffe, L. Dufour-Yerues, Eug. Ritter, etc. 
Genève, in-8. 

Pages d’histoire = Pages d’histoire, dédiées à M. Pierre Yaucher par 
quelques-uns de ses anciens élèves. Genève, 1895, in-8. 

Petite Bibl. helvétique = Petite Bibliothèque helvétique, publiée sous la 
direction de Alex. Guillot (Genève et Lausanne). 

Public. Soc. phys. = Publications des membres de la Société de physique 
et d’histoire naturelle de Genève et de la section genevoise de la 
Société helvétique des sciences naturelles. Premier supplément 
au catalogue publié en 1883. Genève, 1896, in-8. 

Revue bleue = Revue politique et littéraire, [soit] Revue bleue (Paris). 

Revue chrét. = Revue chrétienne, recueil mensuel (Paris). 

Revue critique = Revue critique d’histoire et de littérature (Paris). 

Revue d’hist. litt. de la France = Revue d’histoire littéraire de la France, 
publiée par la Société d’histoire littéraire de la France (Paris). 

Revue de théol. et de phil. = Revue de théologie et de philosophie et 
compte rendu des principales publications scientifiques (Lau¬ 
sanne). 

Revue hist. = Revue historique (Paris). 

Revue méd. de la Suisse rom. = Revue médicale de la Suisse romande 
(Genève). 

Revue savois. = Revue savoisienne, publication de la Société florimontane 
d’Annecy. 

Revue suisse de numism. = Revue suisse de numismatique, publiée par la 
Société suisse de numismatique (Genève). 

Saint-Pierre = Saint-Pierre, ancienne cathédrale de Genève. Publication 
de l’Association pour la restauration de Saint-Pierre. Genève, 
in-4. 

Semaine litt. = La Semaine littéraire, revue hebdomadaire (Genève). 

Zeitsch. f. franz. Sprache = Zeitschrift für franzôsische Sprache und Litte- 
ratur (Berlin). 

Zeitsch. f. schweiz. Recht = Zeitschrift für schweizerisches Redit (Bâle). 





BULLETIN 


DE LA 


SOCIÉTÉ D’HISTOIRE ET D’ARCHÉOLOGIE 


OCTOBRE 1902 


Personnel de la Société. 

Depuis la publication du fascicule 5 du Bulletin daté d’octobre 
1901, la Société d’histoire et d’archéologie a reçu au nombre de 
ses membres effectifs : 

MM. 

1901 Frédéric Barbey. 

» Jean Baumgartner, professeur. 

» Elie Couchet, avocat. 

» Léopold Micheli. 

» Albert Vogt. 

1902 Édouard-Louis Burnet, pharmacien. 

» Robert Fazy, juge au tribunal de l re instance. 

» François Vauchèr. 

» Maurice Trembley. 

D’autre part, la Société a eu le regret de perdre cinq de ses 
membres effectifs : MM. Charles Morel (f 26 février 1902), le 

21 


BULLETIN. 


T. II. 






BULLETIN. 


304 

colonel Edmond de la Rive (f 27 avril 1902), Charles Rigaud 
( f 28 juin 1902), Marc Micheli (t 29 juin 19.02) et Émile Dunant 
(f 21 août 1902). 


Charles Morel, né à Lignerolles, canton de A aud, le 20 mars 
1837, est mort à Genève le 26 février 1902. Il avait fait ses études 
en Allemagne où il avait acquis, en 1858, le grade de docteur en 
philosophie de l’Université de Bonn. 11 revint de là à Lausanne, 
où il fut nommé professeur extraordinaire de littérature latine a 
l’Académie. En 1862 il se rendit à Paris et ne tarda pas à prendre 
rang parmi les maîtres de l'épigraphie latine. Sa réputation déjà 
établie lui valait en 1868 un appel de l’École des Hautes Études. 
A côté de ses fonctions officielles, il prenait une part active à la 
publication de l’ Histoire de Jules César , entreprise par l’empereur 
Napoléon III et à la fondation de la Revue critique d’histoire et 
de littérature. 

De retour en Suisse, Morel ne tarda pas à entrer dans la rédac¬ 
tion du Journal de Gen'eve, auquel il est resté fidèle jusqu’à sa 
mort. Sa nouvelle carrière ne le détourna pas de ses études de 
prédilection et il occupa même à l’Université de Genève, de 1875 
à 1881, la chaire de professeur suppléant d’archéologie et d’anti¬ 
quités. 

Membre de la Société d’Histoire depuis 1875 et de son comité 
en 1877, il a présenté à ses collègues de nombreuses communica¬ 
tions dont l’archéologie et les antiquités romaines en Suisse ont 
fourni les sujets principaux, mais il s’était livré aussi, dans ces 
dernières années, à des recherches approfondies sur les noms de 
lieux de quelques parties de la Suisse romande et à l’étude des 
chartes du haut moyen âge qui ont fait l’objet de ses dernières 
communications à la Société d’Histoire. 

La plus importante des publications de Morel : Genève et la 
colonie de Vienne sous les Romains a paru dans M. D. G., t, 20, 
p. 1 et suiv., 453 et suiv. avec une carte. A ient ensuite une 
Notice sur le Militaire de Vick , parue dans les Mémoires de la 
Société d’histoire de la Suisse romande, t. 34, p. 351 à 358. 

Morel a fait paraître également dans les Mémoires de la Société 
d’histoire de la Suisse romande, t. 34, p. 180 à 226, une étude 
sur les Associations de citoyens romains et les curatores C. R. con- 



PERSONNEL DE LA SOCIETE. 305 

venins Helvetici; une autre sur les Helvètes et Aventicum sous la 
domination romaine , dans le Jahrbuchfür Schweizer Geschichte , 
t. 8, p. 1 à 25. 

Récemment Charles Morel publiait, en collaboration avec M. le 
professeur Jules Nicole, les Archives militaires du F 1 ' siècle, tirées 
du papyrus n° 1 du fonds latin de la Bibliothèque de Genève. 

En relations avec Mommsen, il voulut contribuer aussi, par son 
Castell und Viens Tascætium in Rætien, à la publication faite en 
l’honneur du grand savant par les élèves et amis de ce dernier, 
sous le titre Commentationesphilologicæ in honorem Th. Alommseni . 
Berlin, 1877. 

B a traduit le grand ouvrage de Madwig, l 'Etat romain, sa 
constitution et son organisation, Paris, 1881-1889, 5 vol. in-8, ainsi 
que les études de I urtwangler sur la Collection Sabouroff, Ber¬ 
lin, 1883-1887, 2 vol. in-fol. 

Enfin il y a lieu de mentionner les nombreux articles de Morel 
parus dans la Revue critique et le Journal de Genève. 

Emile Dunant, né à Genève le 8 juin 1871, a succombé le 
21 août 1902, à bionnay, aux suites d’un accident de montagne. 
C’est à Genève qu’il fit ses premières études. A l’Université de 
cette ville il obtenait en juin 1892 le grade de licencié ès sciences 
sociales et de là il se rendait à Zurich d’où il revenait à Genève 
en novembre 1893, docteur en philosophie. Sa thèse de doctorat 
intitulée : Les relations politiques de Genève avec Berne et les 
Suisses, de 1536 à 1564 , fut remarquée et lui valut en 1894 le 
prix Ador à l’Université de Genève. 

Quoique une mort prématurée soit venue briser avant le 
temps une existence utile et laborieuse, le jeune historien gene¬ 
vois n’en a pas moins laissé une œuvre assez considérable grâce 
a son activité et un goût très prononcé pour les recherches histo¬ 
riques et archéologiques. 

Les travaux les plus importants de Dunant ont été consacrés 
par lui à l’histoire de laRépublique Helvétique. C’est en effet à cette 
époque dont il a fait en quelque sorte sa spécialité, qu’il a consacré 
ses mémoires les plus importants. B suffira de rappeler dans ce 
domaine son histoire de la Réunion des Grisons à la Suisse. Cor¬ 
respondance diplomatique de Florent Guiot, résident de France près 




BULLETIN. 


306 

les Lignes grises (1798-1799) et des députés grisons à Paris, avec 
Talleyrand, le Directoire et les gouvernements helvétique et grisou. 
Avec une introduction et des notes, Bâle et Genève 1899, et 
le mémoire sur les Relations diplomatiques de la France et de la 
République Helvétique 1798-1803, paru en 1901 dans les Quellen 
zur Schweizer G-eschichte dont il occupe le tome XIX tout entier. 

Ces travaux ont été le résultat de longues et patientes 
recherches d’archives dont Dunant avait le goût et qui l’ont 
amené à étudier les portefeuilles des Archives du Ministère des 
Affaires étrangères, des Archives nationales et de la Bibliothèque 
nationale àParis. 

Peu avant sa fin, il s’était intéressé également à la publication 
d’un recueil de documents entrepris par la Société à l’occasion 
du 300 me anniversaire de l’Escalade. Il en a été l’un des princi¬ 
paux collaborateurs par ses recherches aux Archives de Turin 
et du Vatican. 

Dunant a pris une part active à la vie de plusieurs sociétés 
historiques suisses. Reçu membre de la Société d’histoire et 
d’archéologie de Genève en 1893, il a souvent entretenu ses 
collègues du résultat de ses recherches. 

Son goût pour l’archéologie l’avait amené à s’intéresser au 
musée archéologique de Genève dont il avait été nommé conser¬ 
vateur adjoint en avril 1895 et conservateur, le 29 mars 1901, en 
remplacement d’Hippolyte Gosse. Peu avant sa mort il s’était 
occupé de l’organisation du musée ethnographique de Mon Repos, 
partie intégrante du musée archéologique. 

Dunant enfin suivait de près les travaux poursuivis à Avenches. 
Son Guide illustré du musée d'Avenches, publié en 1900, sous les 
auspices de l’association « Pro Aventico » catalogue descriptif du 
musée Vespasien, témoigne de l’intérêt très vil qu i] portait aux 
vestiges de l’archéologie romaine en Suisse. 

Le Bulletin (t. II p. 42 à 54) contient une étude de lui sur Les 
militaires et VÉglise de Prévessin. 

La liste des travaux historiques d’Émile Dunant, jusqu’en 1900, 
a été publiée dans le même Bulletin (t. II p. 250 à 252). 

Depuis 1900, il a publié son ouvrage sur les Relations diploma¬ 
tiques de la France et de la République Helvétique, dont il a été 
question plus haut, et les articles suivants : 



PERSONNEL DE LA SOCIETE. 307 

L’Evolution de Genève vers la Suisse. — Journal La Suisse des 23, 
26, 29 et 31 mai 1901. 

Le Eestspiel de Calven et l’histoire des Grisons. — Journal de Genève 
du 28 janvier 1901. 

Les fresques de l’FIôtel-de-Ville. — Journal La Suisse dn 18 juillet 1902. 

Histoire nationale. A propos du pacte du 1 er août 1291. — Journal de 
Genève du 28 juillet 1902. 

Le nombre des membres effectifs de la Société était, au 1 er octo¬ 
bre 1902, de 184. 

La Société a encore perdu un de ses membres correspondants, 
M. Charles-Pierre-Henri Pieu, né à Genève le 8 juin 1819, décédé 
à Londres le 19 mars 1902, 

M. Rien avait suivi pendant quatre ans les cours de l’Académie 
de Genève où il était entré en 1835 et de là il avait achevé ses 
études, de 1840 à 1843, à l’Université de Bonn qu’il avait quittée 
avec le grade de docteur en philosophie, après y avoir soutenu 
une thèse intitulée De Abul Alae poetae arabici vita et carminïbus. 
A Genève, il avait suivi l’enseignement de Jean Humbert et à 
Bonn celui de Freytag, deux disciples de l’illustre orientaliste 
Sylvestre de Sacy. 

En 1847, il collaborait avec Bôhtlingk à la publication du 
dictionnaire sanscrit, connu sous le titre Abhidanà chintamani, 
paru à Saint-Pétersbourg, et la même année il entrait au British 
Muséum dont il fut pendant près d’un demi-siècle l’un des fonc¬ 
tionnaires les plus distingués. En 1867, il était nommé conserva¬ 
teur des manuscrits orientaux de cet établissement, poste créé 
pour lui et qu’il quitta en 1895 pour accepter la chaire d’Arabe à 
l’Université de Cambridge, en remplacement de Robertson 
Smith. 

Une marque de la haute estime dans laquelle il était tenu par 
les savants anglais, a été sa nomination à cette chaire, créée en 
1632, par sir Thomas Adam, dont il fut le seizième occupant, et 
le premier de nationalité étrangère. 

La célébration du jubilé de son doctorat (6 septembre 1894), 
fut l’occasion d’une adresse de félicitations extrêmement flatteuse 
de la part de l’Université de Bonn, dans laquelle étaient célébrés 
les éminents services rendus à la science par ce savant distingué. 

Les importantes publications accomplies par Rieu, durant son 





308 


BULLETIN. 


séjour au British Muséum, ont été la principale occupation de 
son existence et elles constituent un guide indispensable pour 
l’étude approfondie des littératures arabe, turque et persane. 

En 1871, il faisait paraître le 2 me partie du Catalogus Codicim 
Manuscriptorum Orientalium dont la l ro partie avait été publiée 
en 1846 par Cureton. Cette publication fut suivie de celles du 
Catalogue oj Persian Manuscripts (1879-1883), du Catalogue of 
Turkish Manuscripts (1888) et des deux suppléments Arabie 
Supplément (1894) et Persian Supplément (1895). 

Rieu était membre correspondant de la Société d’histoire et 
d’archéologie depuis 1893. 


Mémoires, Rapports, etc. 

Présentés à la Société. 

677. — Séance du 14 novembre 1901. 

Les échelles de l’Escalade, par M. Eug. RITTER. 

M. Eugène Ritter donne lecture d’extraits du registre du Conseil de 
Genève (18 mai et 3 août 1607), où il est parlé des échelles de l’Escalade 
et du nommé Pierre Sansfin qui les aurait fabriquées. Cf. M. I). G., 
t. XXV, p. 521, note 3. — Imprimé dans la Tribune de Genève du 7 dé¬ 
cembre 1901. 

Lettre du littérateur zurichois Henri Meister, par le même 
membre. 

M. Ritter communique ensuite une lettre de Henri Meister, de Zurich, 
écrite en 1814, et adressée à son neveu Hess, alors précepteur à 
Genève. 

On y voit l’écho des idées qui avaient cours à Zurich, à ce moment où 
Genève demandait à entrer dans la Confédération suisse. Cette demande 
était accueillie avec beaucoup de réserve et un peu de défiance, par ceux 
qui se rappelaient les luttes qui avaient troublé la République genevoise 
au XVIII e siècle, et ces longues et âpres discordes au milieu desquelles 



MÉMOIRES PRÉSENTÉS. 309 

la médiation de Zurich avait été invoquée plus d’une fois, et. n’avait pas 
toujours réussi à ramener la paix dans la cité turbulente. 

Sauvegarde d’Amédée III, comte de Genevois, en faveur des mar¬ 
chands milanais (1347), par M. Victor VAN BERCHEM. 

M. van Berchem rappelle qu’au XIII e et au XIV e siècle, les marchands 
des grands centres commerciaux, organisés en sociétés, s’assuraient le 
libre usage des routes en concluant, par l’entremise de leurs délégués, avec 
les princes dont ces routes empruntaient le territoire des contrats connus 
sous le nom de « sauvegardes ». Ils payaient des droits de passage en 
échange des facilités et des garanties qui leur étaient offertes. Les Mila¬ 
nais étaient constamment en rapport avec les comtes de Savoie et ceux 
de Genevois pour le transit de leurs caravanes destinées aux foires de la 
Champagne, alors le grand marché international de l’Europe. Deux routes 
principales y conduisaient, au sud celle du Mont-Cenis, au nord celle du 
S impion. La première se prolongeait à t ravers la Bresse, par Pont-d’Ain, 
Bourg et Maçon; la seconde traversait le pays de Vaud et entrait en 
Bourgogne par Pontarlier. M. van Berchen énumère une série d’actes 
relatifs à l’organisation de ces deux routes par des marchands de Milan, 
de 1270 à 1347. Il présente l’acte de sauvegarde, encore inédit, concédé à 
ces marchands, le 9 mai 1347, par Amédée III, comte de Genevois. La 
sauvegarde s’appliquait spécialement à la route de Genève à Seyssel. Cet 
itinéraire, déjà mentionné dans une sauvegarde du comte Aimon de 
Savoie, en 133G, était suivi par les marchands italiens qui, après avoir 
franchi le Simplon, rejoignaient, en passant par Genève, la route méridio¬ 
nale débouchant du Mont-Cenis. Il y a tout lieu de croire que l’impor¬ 
tance croissante des foires de Genève déterminait, dès cette époque, un 
assez grand nombre de marchands à se détourner de la route plus directe 
qui coupait le Jura à Pontarlier. 

Le Livre des Passementiers, par M. Ch. BORGEAUD. 

L’auteur de la communication en rectifie le titre, inscrit à la hâte à 
l’ordre dn jour d’une séance de rentrée. Le livre des passementiers, dans 
l’ancienne Genève, c’était à proprement parler le rôle de ceux qui avaient 
le droit d’exercer ou de faire exercer le métier de passementier. Ce rôle, 
confié à la garde des seigneurs commis sur la profession est égaré. Le 
document présenté à la Société d’Histoire est le registre déposé entre les 
mains des maîtres-jurés, qui avaient le gouvernement intérieur de la cor¬ 
poration, et contenant les informations nécessaires à l’exercice de leur 
charge. On y trouve : 1° Les ordonnances relatives à 1’ « estât » des passe¬ 
mentiers; 2° les procès-verbaux d’élection des maîtres-jurés; 3° la copie, 






310 


BULLETIN. 


ou parfois l’original, des requêtes adressées à la Seigneurie concernant la 
corporation et les arrêts du Conseil pris à leur sujet. 

Commencé eu 1705, le registre des passementiers nous renseigne sur 
une époque bien antérieure, parce que toute la première partie est con¬ 
sacrée à un relevé très exact de tous les documents officiels relatifs à la 
profession, à partir de 1584, année où elle fut réglementée par le Conseil. 
Ce relevé semble avoir été transcrit d’un registre plus ancien, qui ne nous 
est pas parvenu. Une note, datée de 1813, nous renseigne sur le dernier 
survivant de la corporation, Daniel Gouy, dans la famille duquel le 
manuscrit a été retrouvé. Sur la demande du professeur Borgeaud, ce 
volume a été déposé aux archives de l’État. 

A l’aide du registre des passementiers, on peut écrire tout un chapitre 
de l’histoire du travail dans l’ancienne Genève. L’ « art de la soie » fut, 
avant l’horlogerie et l’orfèvrerie, c’est-dire de 1550 à 1650 environ, l’in¬ 
dustrie nationale des Genevois, et parmi les corps de métiers qui en 
relèvent, celui des passementiers est un des plus importants. Il est resté 
prospère dans la seconde moitié du XVIII e siècle, alors que ses émules, 
les mouliniers, les veloutiers, les teinturiers disparaissaient presque com¬ 
plètement. 

L’état de passementier a été réglementé à deux reprises, au XVI e siècle, 
par des ordonnances importantes, en 1584 et de 1594 à 1596. Ces deux 
dates correspondent à peu près, comme on voit, aux deux grandes dates 
de l’histoire des maîtrises et jurandes française : 1581 et 1597. 

La corporation a le monopole de la passementerie; formée des patrons 
et des ouvriers, elle a le droit de posséder et s’administre elle-même, 
sous la haute surveillance de l’État. Comment ce régime a-t-il fonctionné 
à l’égard du public et des ouvriers eux-mêmes? La réponse du registre 
est peu encourageante à ceux qui voudraient y chercher un exemple d’or¬ 
ganisation. Il n’a fonctionné que moyennant une intervention constante 
des pouvoirs publics, intervention préjudiciable au développement tech¬ 
nique d’une industrie trop étroitement réglementée, incompatible non seu¬ 
lement avec les idées de nos démocraties modernes, mais avec leur besoin 
d’égalité et leurs aspirations de fraternité. Pour garantir au public la 
qualité de la marchandise, l’État s’oppose à toute modification des pro¬ 
cédés de fabrication, c’est-à-dire, en pratique, à tout perfectionnement. 
Pour garantir à l’ouvrier incorporé le travail, l’État l’interdit à tous les 
autres, notamment aux femmes et aux nécessiteux. Enfin les exigences 
de l’administration toujours plus complexe de la corporation donnent 
naissance à une véritable aristocratie ouvrière, héréditaire, exclusive et 
fermée, qui la gouverne dans son propre intérêt, aux dépens du plus 
grand nombre. 



MÉMOIRES PRÉSENTÉS. 


311 


678. — Séance du 28 novembre 1901. 

Le défrichement du Haut Jura. Les démêlés entre les abbayes 
de Saint-Claude et du lac de Joux, par M. Charles MOREL. 

M. Ch. Morel communique le résultat de quelques recherches qu’il a 
entreprises sur le défrichement du haut Jura au moyen âge, dans la partie 
comprise entre la Dent de Vaulion et la Dole. Ce défrichement, ou plutôt 
cette « mise en valeur », a débuté sous les auspices des monastères de 
Bonmont, Oujon, Payerne, et de l’ah baye du lac de Joux, mais il n’a pris 
des proportions sérieuses que lorsque des laïques, des seigneurs ou des 
communes sont venus prêter leur appui. Au début, du reste, tout se bor¬ 
nait à des exploitations temporaires. Les hommes des couvents et des sei¬ 
gneurs allaient, pendant la saison chaude, faire paître leurs troupeaux, 
un peu au hasard, dans les clairières des «joux noires » (forêts de sapins) 
et s’approvisionner de bois de chauffage et de construction. Plus tard, 
lorsqu’on commença à construire des granges, des chalets ou des fruitières, 
il fallut procéder à des répartitions et délimitations qui ne purent s’opérer 
qu’après des conflits sans nombre. Ces conflits éclatèrent dès le moyen 
âge — on peut les suivre à partir du XII e siècle — tantôt entre deux cou¬ 
vents, tantôt entre un couvent et les seigneurs qui défendaient les intérêts 
de leurs sujets, sans compter les querelles avec des communes ou des par¬ 
ticuliers. Ces démêlés ont pris parfois des proportions presque homériques 
et se sont prolongés des siècles durant . 

Le seul couvent situé en pleine montagne fut celui des prémontrés de 
l’abbaye du lac de Joux, établi dans la vallée du même nom, sur les terres 
des barons de Grandson-La Sarraz, qui en restèrent les hauts seigneurs et 
les protecteurs. Cette maison, fondée en 1126, n’avait pas trente ans 
d’existence lorsqu’elle fut en hutte aux rivalités de la puissante abbaye de 
bénédictins de Saint-Oyens-de-Joux, soit Saint-Claude, qui prétendait à la 
propriété de tout le haut Jura vaudois. C’est l’histoire de cette querelle 
que M. Morel a essayé de résumer. 

Quelques religieux de Saint-Claude étant venus s’établir en face de 
l’abbaye du lac de Joux, au Lieu, un conflit ne tarda pas à éclater entre 
les deux maisons au sujet du droit de pêche. L’affaire fut portée devant 
le pape, qui, à deux reprises, dut charger de hauts dignitaires de l’Église 
de prononcer en qualité d’arbitres. En 1157, les archevêques de Vienne 
et de Tarentaise décidèrent que Saint-Claude céderait le Lieu contre une 
redevance de 160 truites, mais les religieux de l’abbaye du lac de Joux 
ayant mis des brochets dans le lac, les truites vinrent à diminuer et, en 
1219, il fallut recourir à un nouvel arbitrage transformant la redevance 
en une somme de 50 sols de Genève. En même temps, Saint-Claude recon- 




312 


BULLETIN. 


naissait formellement que le paiement de cette redevance ne lui donnait 
aucun droit féodal quelconque sur la Vallée, dont les seigneurs de La 
Sarraz étaient les seuls propriétaires. Cela n’empêcha point la riche 
abbaye bénédictine de continuer plus tard ses manœuvres et ses intrigues 
et de revendiquer jusqu’en plein XVII e siècle une grande partie du Jura. 

Saint-Claude appuyait ses prétentions sur des diplômes de Charlemagne 
et de Frédéric Barherousse. Le premier est un faux manifeste, et il ne 
semble même pas qu’on ait essayé d’en faire usage avant le XIII e ou le 
XIV e siècle. Le second est réduit à néant par une autre charte de 1186, 
du même Frédéric Barherousse, en faveur du seigneur de La Sarraz. 
M. Morel a montré, en étudiant en détail les limites indiquées dans ces 
deux documents, 1° qu’en aucun cas elles n’engloberaient toute la Vallée, 
2° qu’elles sont obscures et énumérées dans un désordre complet, comme 
si l’on eût cherché intentionnellement à laisser la porte ouverte à des 
chicanes. On ne comprend pas comment, après la déclaration formelle de 
1219, Saint-Claude a pu essayer de réclamer des droits quelconques et 
invoquer ces diplômes impériaux. En 1327 encore, ce monastère a tenté 
de se faire céder la Vallée par un abbé révoqué du Lac de Joux. Plus 
tard, par des cessions aux seigneurs de Thoire-Villars et de Chalon, il a 
disposé de certaines parties du territoire qui ne lui appartenaient pas, ce 
qui a suscité de nouvelles querelles jusque vers la fin du XVI e siècle. La 
question n’a été définitivement tranchée que sous la domination bernoise, 
par le traité des Rousses (1648). Le dernier historien de Saint-Claude, 
D.-P. Benoît, dans un grand ouvrage paru en 1892, n’en continue pas 
moins à maintenir le bien fondé des revendications du monastère des 
bénédictins, mais pour arriver à ses fins, il en est réduit à passer com¬ 
plètement sous silence les documents de 1186 et 1219, décisifs en faveur 
de l’abbaye du lac de Joux. 

Quant au défrichement et au peuplement de la Vallée, il n’a pris 
quelque importance qu’à la fin du XIV e siècle et surtout après la conquête 
bernoise. Plusieurs Genevois ont contribué à y développer certaines 
industries aux XVI e et XVII e siècles. La mise en exploitation des alpages 
et l’immigration ont été beaucoup plus actives dès le XII e et le XIII e siècle 
sur le versant oriental, au-dessus d’Arzier, de Bière et de Gimel, et jusque 
dans la grande combe des Amburnex, grâce à l’activité des couvents 
d’Oujon et de Bonmont et des communes suisses de la plaine. 

Compte rendu par M. Victor VAN BERCHEM d’un opuscule de 
M. Konrad Hæbler, intitulé : Das Wallfahrtsbuch des Hermannus 
Künig von Vach und die Pilgerreisen der Deutschen nach San¬ 
tiago de Compostella, Strasbourg, 1899, in-8. 



MÉMOIRES PRÉSENTÉS. 


313 


M. Victor van Berchem présente à la Société la reproduction typogra¬ 
phique d’un guide des pèlerins de Saint-Jean de Compostelle, écrit en 
1495 par un pèlerin, le moine Hermann Künig, de Vacli, localité située 
dans l’Allemagne du Sud. Dans son introduction, l’éditeur, M. Hæbler, 
donne des renseignements intéressants sur le pèlerinage de Saint-Jacques 
et sur sa fréquentation par les Allemands, qui paraît avoir été particulière¬ 
ment grande au XV e siècle. On connaît six éditions du guide de Künig 
de 1495 à 1521. L’itinéraire indiqué par ce dernier passait par le plateau 
suisse et de la par Lausanne, Genève, Chambéry et la rive gauche du 
Rhône. Les pèlerins traversaient ce fleuve à Pont-Saint-Esprit pour se 
rendre en Espagne par Nîmes, Montpellier, Carcassonne, Toulouse et le 
col de Roncevaux. 

M. van Berchem donne lecture du fragment du guide relatif à Genève. 
L’auteur recommandait aux pèlerins l’auberge de Pierre de Fribourg, 
proche la chapelle de Saint-Jacques, ce qui permet de placer l’auberge 
dans le voisinage immédiat de l’hôpital et de la chapelle de Saint-Jacques 
du pont du Rhône, à l’entrée du pont du côté de la Cité. La fondation à 
Genève, vers le milieu du XIV e siècle, d’un hôpital dédié à saint Jacques 
semble indiquer que dès cette époque le passage des pèlerins avait une 
certaine importance pour la ville. En quittant Genève, d’après Künig, la 
route passait auprès d’un château (probablement celui de Saint-Julien), 
puis auprès d’un hôpital qui peut être identifié avec celui de Marlioz, au 
sud du Mont de Sion. Cet hôpital, fondé en 1453, était placé sous le 
vocable de saint Jacques le Majeur et de saint Antoine l’Hermite. 

679. — Séance du 19 décembre 1901. 

Une bibliothèque calviniste, par M. Ernest STRŒHLIN. 

L’auteur, après avoir mentionné les principales collections de livres 
huguenots qui existent actuellement en France, celles de la Société d’His- 
toire du Frotestantisme, de M. Alfred André, du duc d’Aumale, et donné 
de plus amples détails sur celle de M. Gaiffe, dont il est devenu le récent 
acquéreur, groupe ses observations sous trois chefs : bibles, nouveaux 
testaments, psaumes. 

Dans la première partie du mémoire sont successivement décrits deux 
manuscrits du XIII e siècle, les traductions latines, les unes de prove¬ 
nance catholique, en particulier celles éditées à Lyon en 1520 par Koberger 
et en 1542 par Gryphius, à Paris en 15GG par René Benoist, cette der¬ 
nière condamnée par la Sorbonne comme entachée d’hérésie, une autre 
d’origine protestante, celle éditée en 1557 à Bâle par Nicolas Bryling; 
les versions en langue allemande, les trois exécutées par Luther en 1541, 
1560, 1575 et beaucoup plus tard celle de Berne, à laquelle présida Jean 




314 


BULLETIN. 


Piscator et qui parut aux frais de leurs Excellences, chez André Iiugue- 
net en 1604. 

Lorsque nous abordons les pays de langue française, nous apparaît, 
comme le pins ancien en date (1535), un in-folio en caractères gothiques 
généralement connu sous le nom de Bible de Sorcières et auquel demeure 
attaché le nom de Robert Olivetan. Les éditions des livres saints au 
XVI e siècle se succèdent à intervalles rapprochés, ce qui prouve tout à la 
fois et le zèle pieux des lecteurs et l’activité prospère des artistes : en 
1543 la Bible in-8 de Robert Estienne (Paris), en 1561, celle in-4° de Jean 
de Tournes (Lyon), en 1562 celle in-8 de Jacques Favre et de Sébastien 
Honorati, et celle in-folio de François Japy, imprimées l’une à Lyon, 
l’autre à Genève, en 1564, celle in-8 de François Perrin (Genève), en 1566 
le petit in-8 de Loys Rabier (Orléans), en 1567, l’in-8 de François Estienne, 
en 1588, l’in-4° pour les textes hébreu et grec parles pasteurs et profes¬ 
seurs de l’Eglise de Genève. 

Nous signalerons encore quatre autres traductions : deux en italien par 
Filippo Rustici (1561) et Jean Diodati (2 me édition 1641), une en espa¬ 
gnol par Cypriano de Valera (Amsterdam 1602), une enfin en polonais 
par les professeurs polonais Paul Paluirus, Daniel Nicolajewski et Thomas 
Wenguesci (Dantzig 1632, réédition de celle imprimée en 1563 â Biescz, 
en Lithuanie, aux frais du prince Nicolas Radziwill). 

Parmi les plus précieux exemplaires du Nouveau Testament figurent 
celui de 1525 revu par Lefebvre d’Etaples et imprimé par Simon de 
Colines et Pierre de Vingle, de Jean Michel (Genève 1541), de Jean Gérard 
(1551), de Conrad Badins (1555), de Henry II Estienne (1559), les traduc¬ 
tions en allemand de Luther (1522) et en grec moderne de Cyrille Lucas 
(1658). 

Les Psaumes sont tout aussi richement représentés avec la première 
édition parue à Genève de la version donnée par Clément Marot et Théo¬ 
dore de Bèze, plus dix-huit autres subséquentes, sans parler de celles dues 
à Jean Poicteviu, Loys Budé, Michel Ferrier, Charles de Navières, Valentin 
Conrart, François Desportes. 

Le Corpus inscriptionum arubicarum, par M. Max VAN BER- 
CHEM. 

M. Max van Berchen donne à la Société quelques détails sur l’état 
actuel du Corpus inscriptionum arabicarum. 

Cet ouvrage, entrepris depuis nombre d’années, est consacré au relevé, 
à la publication et au commentaire historique des inscriptions arabes de 
la région syro-égyptienne. Ces inscriptions, sculptées dans la pierre ou 
d’autres matières, gravées dans le métal ou peintes sur le bois, se trouvent 



MÉMOIRES PRÉSENTÉS. 


315 


en grand nombre dans les monuments religieux, civils et funéraires : les 
procédés à employer pour les relever sont la copie directe, le dessin, la 
photographie et l’estampage. En Egypte, pays centralisé et civilisé, c’est 
le Caire qui fournit le plus d’inscriptions, tandis qu’en Syrie, on en trouve 
partout, jusque dans les villages et les ruines innombrables qui couvrent 
le pays. 

Si les inscriptions arabes n’offrent pas un grand intérêt philologique 
ou paléographique, elles sont précieuses pour l’histoire. Outre les événe¬ 
ments auxquels elles font allusion, les dates précises, les noms et les titres 
officiels dont elles sont pleines constituent autant de documents authen¬ 
tiques, car ces textes étaient rédigés par des notaires et des employés à 
la chancellerie d’Etat. Par les dates qu’elles renferment, elles sont gran¬ 
dement utiles à l’archéologie. 

Le relevé des inscriptions du Caire est actuellement achevé ; celui des 
inscriptions de la Syrie méridionale est très avancé. Le travail est en 
bonne voie dans la Syrie centrale et dans le nord, il est ébauché sur de 
nombreux points. 

680. — Séance du 9 janvier 1902. 

Rapports du président (M. Alfred Cartier) et du trésorier 
(M. Victor van Berchem) sur l’exercice 1901. 

Élection d’un bibliothécaire : M. Henry de Blonay. 

Compte rendu, par M. C.-M. BRIQUET, de l’article intitulé 

Il diploma de fundazione délia capella Palatina di Palermo, 
de Guglielmo Savagnone, paru dans Y Archivio Storico Sicïliano, 
année XXVI (1901), p. 66 à 77. 

Compte rendu, par M. Émile DUNANT, de l’excursion archéolo¬ 
gique de la Société d’histoire, à Chalon-sur-Saône, Autun et Beaune, 
les 15, 16 et 17 juin 1901. 

681. — Séance du 23 janvier 1902. 

Babylone, par M. Alfred B01SSIER. 

Après la France, qui avait envoyé une mission scientifique à Babylone 
dans les années 1851-1854, l’Allemagne s’est chargée de faire des fouilles 
considérables sur le sol de l’antique cité. En 1898, sur l’initiative d’un 
certain nombre d’éminents orientalistes, se constituait à Berlin une société, 
dans le but d’enrichir les musées de l’empire et de rendre à la lumière 
les trésors qui gisent dans les tertres de Mésopotamie. L’empereur s’inté¬ 
ressa à cette entreprise et en accepta le patronage. Le premier coup de 





316 


BULLETIN. 


pioche a été donné en mai 1899 dans le massif colossal qui porte aujour¬ 
d’hui le nom de Kasr et qui est vraisemblablement l’emplacement du 
palais de Nebukadnezar; la voie de la procession de Mérodac, le dieu de 
Babel, a été retrouvée, le sanctuaire national d’ Esagila' paraît avoir enfin 
révélé son site; la topographie de la ville se débrouille peu à peu, grâce 
aux efforts méthodiques et persévérants des vaillants pionniers. Dans le 
dernier rapport, le directeur des fouilles signale la découverte d’un docu¬ 
ment de Nabopolassar qui relate la restauration d’un vieux sanctuaire 
consacré au Dieu Ninib; c’est la première mention d’un édifice de ce 
genre dans les inscriptions des derniers rois de Babylone. Un autre temple 
de la déesse Nin-Makli a été également déblayé; les fameux murs de 
Imgour-Bêl et Nimitti-Bêl ont été examinés; les travaux ne sont qu’à 
leur début, la tâche est immense; beaucoup de problèmes attendent leur 
solution. Il s’agit d’abord de tirer au clair ce qui concerne les murailles, 
rechercher ensuite les fameux jardins suspendus, qu’on suppose avoir été 
au lieu (tumulus du nord) appelé Babil ; 2 puis ce sont les nombreux édi¬ 
fices de Nebukadnezar, dont il faut suivre les traces; sans oublier non 
plus la rive occidentale de l’Euphrate, pour élucider les faits encore 
obscurs du séjour d’Alexandre-le-Grand dans la grande ville. Les rapports 
qui ont déjà paru, au nombre de dix, sont très encourageants pour 
l’avenir. La science et la compétence qui distinguent les hommes éminents 
qui sont à la tête de la mission archéologique, Koldewey le directeur des 
fouilles et le professeur Delitz^ch, l’âme de l’entreprise, sont une garantie 
du succès final. 


682. — Séance du 13 février 1902. 

Les semeurs de peste à Genève en 1530 et 1544, par M. Léon 

GAUTIER. 

Dans tous les temps et dans tous les pays, la voix populaire a accusé 
des gens suspects par leurs antécédents ou leur genre de vie de répandre 
les maladies contagieuses. La plupart du temps, ces accusations étaient 
purement imaginaires. Certains historiens modernes ne veulent même en 
aucun cas admettre la réalité de ces pratiques criminelles. 

Presque à chacune des nombreuses épidémies de peste qui ont désolé 
Genève entre 1450 et 1636, le bruit public accusa les employés de l’hô¬ 
pital pestilentiel et ceux qui étaient chargés de nettoyer les maisons 
« infectes » de propager le fléau. On croyait que ces gens « engraissaient » 

1 Esagila est représenté par le tumulus appelé Amran-ibn-Ali. 

- La mission française les a placés au tumulus Amran-ibn-Ali. 



MÉMOIRES PRÉSENTÉS. 


317 


les serrures des portes avec les sécrétions des lésions pesteuses pour faire 
durer plus longtemps leurs fonctions, aussi lucratives que dangereuses. 

A deux reprises, en 1530 et en 1544, ces soupçons vagues se changèrent 
en certitude dans l’esprit de tous les contemporains. Les semeurs de peste 
furent arrêtés. On leur fit leur procès. Presque tous avouèrent à la torture 
ou devant la menace de la torture. La dure justice du temps leur fit 
expier leur crime par des supplices qu’il est difficile, avec les idées 
actuelles, d’appeler autrement que des supplices atroces. 

Eu 1530, les inculpés n’étaient au nombre que de six. 

Le complot de 1544 eut une autre envergure. 11 amena l’arrestation de 
presque tous les employés de l’hôpital de Plainpalais et d’un grand nombre 
de cureurs et de cureuses. Leur procès se termina par le supplice de 
7 hommes et de 20 femmes. Une dizaine de suspects furent en outre bannis 
à peine de la vie. 

Toutes les informations qui restent semblent prouver la réalité du com¬ 
plot des semeurs de peste de 1544 comme de celui de 1530. M. Gautier 
estime cependant qu’on doit laisser à ces malheureux le bénéfice du doute 
et conclure simplement à la probabilité de leurs crimes. 

Une bibliothèque calviniste (fin), par M. Ernest STRŒHLIN. 

(Voir l re partie, séance du 19 décembre 1901.) 

La réformation religieuse du XVI e siècle peut être considérée comme la 
résultante de deux courants opposés, l’un négatif et se bornant à railler 
les abus et les superstitions de l’église romaine, l’autre positif et aspirant 
à libérer de l’épais amas de scories qui l’étouffaient la pure flamme de 
l’Évangile. 

Du premier relève un des ouvrages qui marquèrent le plus fortement 
dans la littérature satirique allemande du XV e siècle par l’exactitude et 
la finesse de l’observation autant que par l’éclat et la verve du coloris : 
la Nef des Fous, Stultifera Navis, Narrenschiff. Les divers genres de 
corruption pratiqués au moyen âge et qui atteignent le chiffre singulière¬ 
ment élevé de 112 sont successivement décrits avec une ampleur toute 
réaliste, pour être ensuite censurés selon les lois morales de l’église com¬ 
binées avec les maximes païennes. L’auteur, Sébastien Brant, né en 1458 
à Strasbourg et fils d’un riche aubergiste, étudia eu 1475 les humanités à 
Bâle, y enseigna en 1489 la jurisprudence et s’y allia par le mariage avec 
la famille Burg pour revenir en 1501, en qualité de syndic et de chancelier 
municipal, dans sa ville natale. 

La Cosmographie universelle, doctement et savamment rédigée par 
Sébastien Munster, compte parmi les ouvrages les plus attrayants et les 
plus instructifs qu’ait légués la Renaissance, le premier traité quelque 



318 


BULLETIN. 


peu complet et substantiel écrit sur un thème obscurci à plaisir par 
l’ignorance et la superstition. 

Onze traités ou opuscules rappellent Ulrich de Hutten, dont l’intaris¬ 
sable curiosité, les aspirations géniales, le zèle toujours éveillé pour le 
redressement des abus firent l’incorruptible et valeureux champion de la 
Renaissance germanique. Parmi les promoteurs d’un pur retour à l’Évan¬ 
gile, Gesler de Ivaisersberg est représenté à Champel par un discours sur 
la Passion du Christ recueilli par son disciple Jacques Oltherus et 
imprimé en 1568 par Matthias Schurrer; Jean Huss par dix sermons sur 
VAnatomie de VAntéchrist comparée à Jésus-Christ prêchés en 1412, 
dédiés au peuple de Bohême et publiés en 1528 par Otbon Brunfels avec 
une lettre à Luther où est racontée la condamnation prononcée le 6 juillet 
1415 au concile de Constance et la réponse par laquelle le réformateur 
saxon rend hommage à l’intégrité de la vie du martyr et à l’orthodoxie de 
sa doctrine; de Savonarole le sermon prêché le 28 mai 1496 par ordre de 
la Seigneurie de Florence, VExplication du Psaume des Miséricordes, 
composée en 1498 dans son cachot, le Triomphe de la Croix du Christ. 
Erasme enfin ne figure pas seulement dans la collection Gaiffe par ses 
écrits les plus connus tels que l’ Éloge de la Folie, mais par quelques-uns 
de ses traités exégétiques tels que les Annotationes in Novum Testa- 
mentum et les Paraphrases, et aussi par des opuscules également modestes 
quant à leur dimension et à leur contenu, mais qui permettent de péné¬ 
trer dans son intimité spirituelle : le Trésor incomparable qu’est l’Évan¬ 
gile, la Douceur du Joug de Christ, la Manière de se confesser, VAver¬ 
tissement pour les Pèlerinages. 

683. — Séance du 27 février 1902. 

Voltaire et Tronchin, par M. Henry TRONCHIN. 

M. Henry Tronchin donne lecture d’un chapitre de l’ouvrage qu’il a 
l’intention de publier sur le docteur Tronchin. Ce chapitre intitulé Voltaire 
et Tronchin a été consacré aux rapports existants entre le philosophe 
français depuis son établissement à Genève et l’illustre praticien. 

Après avoir exposé quelle fut l’origine de leurs relations, le conféren¬ 
cier entre dans le détail de quelques incidents marquants de la vie poli¬ 
tique et littéraire de Voltaire pendant son séjour à Genève, auxquels fut 
mêlé le docteur Tronchin. 

Très prévenu à l’égard de l’hôte incommode et imprudent qui vient 
chercher un abri en dehors de son pays d’origine, et en même temps assez 
réservé à son égard, le docteur n’épargae ni le temps ni son influence 
pour réparer les sottises de son illustre client. 

M. Tronchin montre le rôle de conciliateur et d’intermédiaire joué par 



MEMOIRES PRESENTES. 


319 


son parent dans deux circonstances assez critiques de la vie du philo¬ 
sophe. Il s’agit tout d’abord du différend entre Voltaire et le pasteur 
Jacob Vernet, différend provoqué par la publication de l 'Essai sur l’His¬ 
toire générale dans lequel Calvin avait été pris à partie à l’occasion du 
procès de Michel Servet. 

Peu après, le philosophe français s’associait à une campagne dirigée par 
d’Alembert contre les pasteurs genevois et il inspirait le fameux article sur 
Genève paru dans VEncyclopédie, ce qui obligeait Tronchin à se mettre 
eu campagne pour le tirer de ce nouvel embarras. 

La correspondance de Bessinge éclaire d’un jour nouveau ces deux 
épisodes de la vie de Voltaire. 

Si Tronchin réussit parfois à mettre fin aux regrettables incidents 
provoqués par son client, il se détache néanmoins de lui. Les relations 
entre ces deux hommes, si peu faits pour s’entendre, finissent par se 
refroidir et par cesser presque entièrement depuis l’établissement de 
Tronchin à Paris. Elles ne devaient se renouer que lors de la dernière 
maladie de Voltaire. 

L’historien Niebuhr, citoyen de Genève (1819), par M. Charles SEITZ. 

J. Classen, dans sa bibliographie de Niebuhr (Gotha, 1876, p. 96). 
indique brièvement que le célèbre historien reçut en 1819 la bourgeoisie de 
Genève. 

Grâce à l’obligeance de M. IL Eazy, président du Conseil d’État 
M. Seitz a pu rechercher, dans les registres du Conseil d’État, ce qu’ils 
renferment à ce sujet. 

On sait que, depuis 1801, le département du Léman faisait partie du 
diocèse de Chambéry. En vertu de l’article III, n° 7, de l’acte diplomatique 
signé à Vienne, le 26 mars 1815, les catholiques de la paroisse de Genève 
et des communes cédées par le roi de Sardaigne au canton de Genève 
devaient continuer à faire partie du diocèse qui régirait le Chablais et le 
Fauciguy. (Voir également l’article XII du traité de Turin du 16 mars 1816.) 

Cet état de choses présentait des inconvénients qui se manifestèrent 
bientôt, grâce aux menées du turbulent curé Vuarin. Les autorités gene¬ 
voises et suisses entamèrent avec le St-Siège des négociations en vue d’ob¬ 
tenir que les paroisses catholiques fussent rattachées à un évêché suisse, 
mais l’opposition passionnée de la cour de Turin les rendit infructueuses. 

Niebuhr se trouvait à Rome depuis 1816 en qualité « d’envoyé extra¬ 
ordinaire et ministre plénipotentiaire » du roi de Prusse. Il devait négocier 
un arrangement avec le St-Siège sur l’organisation de l’Église catholique 
dans les États prussiens, mais, par suite de diverses circonstances, il ne 
reçut les instructions nécessaires qu’au printemps de 1820. C’est pendant 

2“2 


BULLETIN. 


T. II. 



320 


BULLETIN. 


ces loisirs forcés qu’il eut l’occasion de rendre à Genève un service signalé 
en obtenant, non sans peine, du pape Pie VII. le bref Inter multipliées, 
du 20 septembre 1819, qui séparait les paroisses catholiques du canton, du 
diocèse de Chambéry et en confiait l’administration à perpétuité à l’évêque 
de Lausanne, en résidence à Fribourg. 

Pour témoigner à Niebuhr leur gratitude, les autorités genevoises déci¬ 
dèrent de lui conférer la bourgeoisie, de lui envoyer une tabatière « d’un 
goût élégant, retraçant à ses yeux un site du pays qui espère le compter 
au nombre de ses citoyens », et d’y joindre une lettre de change de 
8000 francs. Niebuhr fit savoir, dans une lettre adressée au Conseil le 
26 janvier 1820 — lettre dont M. Seitz a donné lecture — qu’il acceptait 
le droit de cité, en demandant même qu’il fût conféré à ses descendants; 
il acceptait aussi la tabatière, mais il refusait les 8000 francs, pour des 
motifs qu’il faisait connaître dans une seconde lettre, adressée le même 
jour à M. D’Ivernois. Cette lettre, qui lui fait le plus grand honneur, 
expose que ses principes lui interdisent absolument d’accepter un avan¬ 
tage pécuniaire pour prix de ses services. 

Ces deux lettres sont inédites. M. Seitz a encore communiqué la tra¬ 
duction d’un passage d’une lettre à sa belle-sœur, M me Heusler ( Lebens- 
nachrichten, tome II, p. 422), dans laquelle il déclare que le droit de cité 
de Genève lui a causé une joie beaucoup plus vive que toutes les décora¬ 
tions qu’il a pu recevoir. 


684. — Séance du 13 mars 1902. 

Bellot et la constitution de 1814, par M. Émile RIVOIRE. 

Le professeur Pierre-François Bellot (1776-1886) a laissé sur la cons¬ 
titution de 1814 des observations restées inédites donnant des renseigne¬ 
ments intéressants sur l’élaboration de cette charte et sur le rôle que lui- 
même joua à cette occasion. La commission du Conseil provisoire chargée 
de préparer le projet de constitution travaillait dans le plus profond 
secret; néanmoins Bellot, consulté successivement par Lullin, Des Arts et 
Schmidtmeyer, put avoir entre les mains, pendant quelques heures, une 
des copies manuscrites de ce projet qui circulèrent confidentiellement, dès 
le 5 août, parmi les conseillers. Vivement affecté par la lecture de ce docu¬ 
ment, il dut renvoyer toute démarche jusqu’au 17 août, jour où il fut 
rendu public ; les deux journées suivantes furent employées par lui à de 
pressantes sollicitations restées vaines, pour obtenir un délai permettant 
aux électeurs d’examiner le projet, et il se préparait à une protestation 
éclatante quand il apprit que quelques citoyens se réunissaient dans le 
même but-; il se joignit à eux et trois commissaires, (Étienne Dumont, Sis- 
mondi et lui) consacrèrent trois jours à l’examen de la constitution pro- 



MÉMOIRES PRÉSENTÉS. 


321 


posée. C’est en partie le résultat de ce travail, critique serrée du fond et 
de la forme du projet, que Bellot a condensé dans ses observations. Cette 
opposition fut très mal vue et on représenta comme des traîtres à la patrie 
les citoyens qui osèrent la manifester. Le Conseil provisoire avait eu 
quatre jours pour examiner le projet, les citoyens en eurent à peine 
autant; la votation, commencée le 22 août, eut lieu de vive voix et avec 
un cérémonial intimidant ; elle donna une énorme majorité d’acceptants. 
Bellot attribue ce vote surtout à la crainte de compromettre l’indépen¬ 
dance et la réunion de Genève à la Suisse, que l’on avait habilement 
présentée comme dépendant de l’acceptation du projet. 

Les potiers d’étain genevois, par M. Albert CHOISY. 

L’étain en pains et les pots de métal étaient un objet de commerce 
assez important dans les foires au XV e siècle; on reçoit aussi à cette 
époque plusieurs potiers à la bourgeoisie, mais c’est en 1510 seulement 
qu’ils apparaissent comme une corporation dans une requête qu’ils 
adressent au Conseil de l’Evêque contre la concurrence des « magnins ». 

Parmi les réfugiés français du XVI e siècle figuraient bon nombre de 
potiers d’étain, notamment de Lyon, qui donnèrent à leur industrie un 
grand développement, favorisé d’ailleurs par les ordonnances somptuaires 
qui proscrivaient la vaisselle d’argent et par les encouragements que la 
Seigneurie donnait aux sociétés de tir sous forme de prix en étain. L’intro¬ 
duction du luxe fit décliner cette industrie à la fin du XVIII e siècle. 
Innombrables sont encore aujourd’hui les productions des potiers gene¬ 
vois de cette époque et du siècle précédent; ils travaillaient beaucoup 
pour le Valais, la région de la Côte et la Savoie. Leur nombre n’a pour¬ 
tant jamais été considérable; ils se transmettaient leurs ateliers établis 
sur le pont du Rhône et aux environs, de père en fils, formant ainsi des 
dynasties dont les principales ont été celles des Bourrelier, Charton, Cons- 
tançon, De la Fontaine, Franconis, Morel et Royaume. 

Les étains genevois se reconnaissent par la marque des fabricants 
généralement ovale avec un emblème et la lettre C (commune) au centre, le 
nom et la date des ordonnances en vigueur (1557, puis 1609) tout autour. 
Dès 1709, les dates varient à l’infini sans raison d’être apparente. L’étain 
fin était contremarqué d’une petite marque ronde avec une F couronnée, 

685. — Séance du 27 mars 1002. 

De l’enfance de M me de Staël par M me Rilliet née Huber, par 
M. Albert RILLIET. 

M. Rilliet donne lecture d’un manuscrit intitulé : De l’enfance de 
M me de Staël par M me Rilliet, née Huber. 





322 


BULLETIN. 


Ce récit a été composé en 1817, l’année de la mort de M" ,e de Staël. Il 
était probablement destiné à fournir des renseignements pour une biogra¬ 
phie plus étendue. On en retrouve en effet un fragment dans le volume de 
M me Necker de Saussure. 

L’auteur, Catherine, tille de Barthélemi Huber-Talon, née en 1764, 
morte en 1843, avait épousé en 1781 Jean-Louis Rilliet, banquier, établi 
d’abord à Paris, puis à Genève. C’était une femme de tournure d’esprit 
littéraire et qui cultivait volontiers la poésie. 

Il est probable que c’est par les relations de leurs mères que M lles Huber 
et Necker eurent l’occasion de se connaître. Eu 1777, M Ue Huber fit un 
assez long séjour à Paris et la narration se rapporte toute entière à la 
liaison assez intime qui s’établit à cette époque entre les deux jeunes filles; 
elles ne s’étaient jamais vues auparavant. On y trouve des détails intéres¬ 
sants sur le salon de M me Necker et l’on y voit paraître chez la jeune fille 
bien des traits qui caractérisèrent plus tard le célèbre écrivain; mais 
composé presque exclusivement d’une suite d’anecdotes, ce récit échappe 
à toute analyse. 

686. — Séance du 10 avril 1902. 

Communication de M. Henri FAZY de quelques fragments de son 

Histoire de Genève au temps de VEscalade (pp. 481 à 528). 

Les anciennes maisons de Genève, par M. Max VAN BERCHEM. 

M. Max van Berchem parle de la publication des Anciennes maisons de 
G-en'eve, à laquelle il collabore, et fait circuler des séries de photographies 
renfermant des vues du Collège, des anciennes maisons de Côutance et 
notamment de la maison Thuillier, bâtie vers 1760, dont le conférencier 
donne une description détaillée. Après cela, il montre les vues prises dans 
le quartier des Rues Basses, à la rue du Fort-de-l’Écluse et de la Croix- 
d’Or, le tout accompagné de nombreuses reproductions de motifs intéres¬ 
sants recueillis dans les différentes parties de la ville. 

687. — Séance du 24 avril 1902. 

Les années genevoises de Joseph Du Chesne, sieur de la Violette, 
médecin, alchimiste, poète et diplomate (1575-1596), par M. Léon 
GAUTIER. 

M. Léon Gautier lit à ses collègues l’étude consacrée par lui à Joseph 
Du Chesne, sieur de la Violette, et fait la description des années passées 
à Genève par l’actif médecin du roi Henri IV. Cet habile Gascon trouva 
moyen d’être à ses heures, alchimiste, poète et diplomate, et il a signé ses 
multiples écrits d’autant de noms qu’il avait de cordes à son arc. Partisan 



MÉMOIRES PRÉSENTÉS. 


32o 

convaincu de Paracelse et des doctrines chimiatriques de ce savant, il sou¬ 
tint contre ses confrères pour la défense de ses idées, une lutte qui n’a 
pas été sans mérite, ce qui ne l’empêcha pas de trouver le temps de se 
livrer à des travaux littéraires. Son amour pour la versification lui valut 
la bonne fortune de faire agréer du Petit Conseil une tragi-comédie 
intitulée : L’ombre de Garnier Stoffucher, Suisse, qui fut représentée au 
Collège le 18 octobre 1584 à l’occasion des fêtes de la combourgeoisie 
entre Genève, Zurich et Berne. Cette tentative dramatique n’eut pas de 
lendemain et les Genevois durent attendre l’apparition de Voltaire pour 
assister à de nouvelles représentations scéniques. 

La Violette a fourni encore deux autres pièces : U Anatomie du petit 
monde , poème en cinquante strophes consacré à l’étude des organes du 
corps humain, et un morceau plus important : Le grand miroir du monde, 
dont les six premiers chants seulement ont été publiés. 

Nombreux sont les services que la Violette a rendus tour à tour à son 
maître le roi Henri IV et à la Seigneurerie de Genève, grâce à l’activité 
et au flair déployés par lui dans les missions diplomatiques qui lui furent 
confiées de part et d’autre. Le gouvernement de la République le récom¬ 
pensa de son zèle en l’admettant à la bourgeoisie en 1584 et en le 
nommant successivement au Conseil des Deux Cents et à celui des 
Soixante. 

Né en France, Du Chesne devait y terminer sa carrière. En effet, il 
quittait Genève sans espoir de retour vers 1596 pour aller remplir les 
devoirs de sa charge auprès du roi. 

L’histoire de l’Escalade attribuée à David Piaget,-par M. Eugène 
RITTER. 

M. Eugène Ritter communique le résultat des recherches qu’il vient de 
faire, avec la collaboration de M. Albert Rilliet, sur un manuscrit de la 
riche bibliothèque de celui-ci. 

Ce manuscrit paraît être de la main de Jean Goulart, l’un des fils du 
pasteur Simon Goulart, célèbre et laborieux polygraphe, et il désigne 
Simon Goulart comme auteur de deux opuscules intéressants : 

1. Une Lettre d’un personnage de marque à un sien ami, touchant le 
mogcn de dresser un corps d’histoire de la ville de Genève. On connaît six 
copies de ce morceau inédit, qui a été rédigé en 1611 ou peu après, et qui 
avait été attribué par Senebier ( Histoire littéraire de Genève II, 175) à 
Jean Goulart lui-même ; 

2. Un récit de la délivrance de Genève, le 12 me jour du mois de décembre 
1602. Ce récit est identique, à quelques variantes près, à Y Histoire de l'Es¬ 
calade, avec toutes ses circonstances, par B. Piaget, publiée en 1882 par 





324 


BULLETIN. 


MM. Louis Dufour-Vernes et Eugène Ritter dans le Bulletin de VInstitut, 
t, 25, d’après un manuscrit de la main de David Piaget lui-même, con¬ 
servé à la bibliothèque de Grenoble sous le n° 916. 

M. Rilliet, qui a découvert cette coïncidence, a fait une comparaison 
attentive des deux textes, qui semble établir que le texte de son manuscrit 
est meilleur que le texte du manuscrit de Grenoble, auquel il serait anté¬ 
rieur d’une dizaine d’années. 

On se demande ce qu’il faut penser de ces deux asssertious contra¬ 
dictoires : par S. G. S. (Simon Goulart, de Senlis) et : par I). Piaget? 
Ainsi se pose un problème intéressant, qui ne pourra être considéré 
comme résolu qu’après de nouvelles recherches. 


Faits divers. 


Durant l’année qui vient de s’écouler, la Société a publié : 

1° Au mois de novembre 1901, la 5 me livraison du tome II du 
Bulletin, datée d’octobre 1901. 

2° Au mois d’octobre 1902, la 6 me livraison du tome II du 
Bulletin, contenant : Liste des publications relatives aux sciences 
historiques faites par les membres de la Société d’histoire et d’ar¬ 
chéologie de Genève, de 1890 à 1900 , par M. Frédéric Gardy. 

A l’occasion du 300 me anniversaire de l’Escalade, la Société a 
entrepris la publication d’un recueil de documents tirés des 
archives étrangères. Des recherches ont été faites avec succès 
dans les Archives de Simancas (Espagne) par M. Mario Schiff, 
ancien élève de l’école des Chartes ; aux Archives d’Etat à Turin 
et aux Archives du Vatican, à Rome, par M. Émile Dunant; à la 
bibliothèque Trivulzio, à Milan, par M. Emilio Motta; dans les 
archives et bibliothèques de Paris, par M. Francis De Crue; à 
Londres enfin, par M. Charles Borgeaud. Le volume dont l’im¬ 
pression se poursuit actuellement sous la direction de M. Victor 
van Berchem contiendra les documents recueillis pour la période 
de 1598 à 1G03, 



325 


OUVRAGES REÇUS. 

A la séance du 16 mai 1902, le Comité a décidé d’apporter 
une modification au Bulletin dont le fascicule annuel renfermera 
à l’avenir un compte rendu sommaire des communications pré¬ 
sentées dans le courant de l’hiver précédent aux séances ordinaires 
de la Société. 

Ces comptes rendus destinés à suppléer aux procès-verbaux et 
à donner à ceux-ci une publicité inconnue jusqu’à présent, seront 
rédigés par les auteurs des communications et remis par eux au 
secrétaire à la séance où le travail aura été présenté, ou au plus 
tard dans les huit jours qui suivront la séance. 

Le 19 juin, la Société a fait une excursion à Coppot, Nyon, et à 
l’Abbaye de Bonmont. 


Ouvrages reçus par la Société 

du 25 avril 1900 au 24 avril 1901. 


A 


Publications de Sociétés et recueils périodiques. 


La Société a continué à recevoir les publications des Sociétés 
correspondantes, dont on trouvera la liste à la fin du tome I er du 
Bulletin et ci-dessus, p. 8, 93, 134 et 219. 

La Società Storica Subalpina, avec laquelle elle est entrée en 
échange de publications depuis le dernier Bulletin, lui a fait les 
envois suivants : 

Bolletino Storico Bibliographico subalpino, Anno 1 (1896). 
Fasc. I. II-III, IV-V, VI. Anno II (1897). Fasc. I-II, III, IV-V, VI. 
Anno III (1897-1898). Fasc. I-II. Ill-IV, V, VI. Anno IV (1899). 
Fasc. I-II, III, IV-VI. Anno V (1900), Fasc. I-II, III-IV, V, VI. 
Anno VI (1901). Fasc. I-II, III-IV. 

Documenti e studi sulla Storia d’Ivrea, I. Eporediénsia (1900). 
II et III. Le carte dello Archivio Vescovillo d’Ivrea (1900). 




326 


BULLETIN. 


IV. Studi Eporediesi (1900). V Documenti dell’archivio comunale 
di Vercelli relativi ad Ivrea (1901). 

Cartario délia Abazia di Staffarda I (1901). 

L’Agricoltura nella regione Saluzzese dal secolo XI al XV 
(1901). 

Studi Pinerolesi (1899). 

Il Gruppo dei Diplomi Adelaidini a t'avore dell’Abazzia di 
Pinerolo (1899). 

La Société a encore reçu les périodiques suivants : 

La Suisse universitaire. Année VI (1900-1901). (Don de M. Eu¬ 
gène RMer.) 

Revue des Belles-Lettres. Année 1900-1901). (Idem.) 

Le Progrès religieux. Années I à IV (1897-1901). (Idem). 

Revue historique vaudoise, 9 me année (1901), n ÜS 4-12. (Don de 
M. Édouard Favre.) 

Les Archives de l’imprimerie. Avril-Décembre 1901; janvier- 
avril 1902. (Don de M. Maurice Reymond.) 


B 

Livres et Brochures. 


Donateurs : 

MM. Antoine Baumgartner, 1 volume, 5 brochures. — Victor 
van Berchem, 2 vol. — Henri de Blonay, 1 vol., 2 broch. — 
C.-M. Briquet, 3 vol. — Max Bruchet, 2 broch. — Alfred 
Cartier, 1 broch. — Émile Chaux, 3 broch. Tobie Chaperon, 
1 vol. — Edmond Ciienevière, 2 vol. — A. Cornereau, 4 broch. 
— Charles Eggimann, 2 vol. — Guillaume Fatio, 1 vol. — 
Édouard Favre, 1 broch. — A.-E. Garnier, 1 vol. — Henri 
Heyer, 1 broch. — Louis Jacquot, 1 broch. J.-J. Monnier. 
6 vol., 1 broch. — Ernest Muret, 2 broch. — Burkhard Reber, 
1 vol., 1 broch. — Charles Rigaud, 14 vol. — Eugène Ritter, 
3 vol. — Émile Rivoire, 29 broch. — Henri Vullietty, 1 vol., 
1 broch. 

Les Archives fédérales, 1 vol. 

La Bibliothèque fédérale, 2 vol. 



;27 


OUVRAGES REÇUS. 3 

Le comité de publication de l 'Histoire de Genève, par J.-A. 
Gautier, 2 vol. 

Le Département fédéral de l'Intérieur, 4 vol., 1 broch. 

La Faculté des lettres de Genève, 1 broch. 

La Société anonyme des arts graphiques, 2 broch. 

La Société d’histoire de Schaffhouse, 1 vol. 


C 

Gravures , Photographies, etc. 

Plan et calque du Collège de Genève et des maisons avoisi¬ 
nantes. (Don, de M. Henri Vidlietty.) 

Les anciennes maisons de Genève, photographiées par Fréd. 
Boissonnas (2“ 1U série, 1901), 30 planches. (Don du comité de publi¬ 
cation.) 




CORNICHES ROMAINES 


ET ENCEINTES DU MOYEN AGE 


MM. Corte. architectes, ont fait don à la Société auxiliaire du 
Musée de trois morceaux d’entablements romains d’ordre corin¬ 
thien, trouvés à Genève en 1901, et richement décorés, dans le 
style un peu chargé et incorrect du commencement de la déca¬ 
dence. Si nous possédons, au Musée épigraphique, des fragments 
d’une facture moins soignée et plus tardive, il en est d’autres qui 
paraissent dater d'une époque plus classique. Les restes mis au 
jour par MM. Corte appartiendraient donc à une phase intermé¬ 
diaire de la domination romaine. 

C’est dans les fondations de la maison que MM. Corte ont fait 
construire à l’angle de la place du Fort-de-l’Ecluse (côté est) et 
de la rue de la Croix-d’Or que ces sculptures ont été trouvées. 
Elles faisaient partie des substructions d’un gros mur parallèle 
aux Rues-Basses. Ce mur, qui traversait la place de l’est à l’ouest, 
correspondait à la partie la plus élevée du terrain (au-dessus de 
la porte d’entrée de la maison neuve) et mesurait au moins deux 
mètres d’épaisseur. 

Les roches sculptées dont nous venons de parler ont une teinte 
rosée particulière et ne semblent pas provenir des carrières 
actuelles de notre voisinage l . Dans la même substruction, figu¬ 
raient des pièces de dimensions analogues ou même plus grandes, 
taillées dans une roche tuffeuse jaunâtre. La masse principale du 
mur ne contenait pas de molasse. Il est à noter que, dans cette 
même fouille, MM. Corte ont recueilli des claveaux de roche 
moulurés appartenant au cintre d’une baie ou arcade de grande 
dimension. 

Enfin, dans le sol et sous le massif de maçonnerie du mur, on 
a trouvé un petit cercueil préhistorique, malheureusement très 

1 MM. Corte ont émis l’hypothèse qu’elles pourraient provenir du 
Mout-de-Sion. 




CORNICHES ROMAINES ET ENCEINTES DU MOYEN AGE. 


329 


endommagé par l’humidité. Cette sépulture renfermait, dans ce 
qui semble être un tronc de chêne creusé, les débris d’un 
squelette qui avait les pieds tournés vers l’ouest. 

A l’est de ce premier massif, des travaux subséquents, faits en 
1902, ont détruit les maisons qui bordaient le côté nord de la rue 
de la Madeleine. On a pu ainsi constater que. dans cette partie 
du terrain, le sol était jadis plus bas qu’aujourd’hui et que, par 
suite, le niveau actuel de la rue de la Madeleine résultait d’un 
remblai. Les anciennes constructions bâties sur le terrain naturel, 
à hauteur des caves des maisons actuelles, sont ainsi venues au 
jour, à mesure que l’on démolissait les édifices qui leur avaient 
été superposés postérieurement et à front de rue. Une de ces 
dernières maisons devait, d’après des traces d’ornements gothi¬ 
ques, remonter à la fin du XV e siècle. D’autre part, on a retrouvé 
dans les caves les restes d’une construction composée, comme 
les édifices similaires de la Ville basse, d’un bâtiment avec 
tourelle et escalier qui peut dater à peu près de cette même 
époque b II semble donc que ce soit à ce moment que l’on doive 
faire remonter les modifications de niveau qui ont donné à la rue 
de la Madeleine son aspect actuel. 

Plus avant dans la fouille, en contre-bas et plus rapprochées 
des Rues-Basses, on pouvait voir aussi les fondations d’un mur 
d’enceinte, d’un mètre environ d’épaisseur, qui se rattachait au 
massif traversant la place du Fort-de-l’Ecluse. Cette construction, 
visible sur une longueur de quelques mètres, paraissait se diriger 
à peu près vers le milieu de la rue d’Enfer, en s’écartant de la 
rue de la Madeleine. Elle était composée en partie des mêmes 
roches que nous avons mentionnées plus haut et qui étaient appa- 


1 A Genève, les maisons du XVI e siècle sont souvent dotées d’un 
escalier renfermé dans une tourelle ronde ou polygonale. Cette tourelle 
est parfois entièrement détachée de la façade. Dans ce cas, elle est réunie 
à chaque étage par un passage formant corridor, ouvert du coté de la 
cour. Tel est le cas pour plusieurs constructions qui existent encore entre 
la rue du Rhône et la rue du Marché. — L’une d’elles a été décrite 
par MM. Boissonnas et Mayor (.Anciennes maisons de Genève, l re série). 
— Cependant, malgré la disposition de son escalier, notre maison peut 
fort bien être antérieure au XVI e siècle et plus ancienne que la maison 
gothique voisine. 





330 


BULLETIN. 


refilées du coté du parement. Cependant, complétée par des débris 
divers, elle présentait l’aspect d’un mur réparé à la hâte, tandis 
que sa faible épaisseur exclut aussi l’idée d’une enceinte monu¬ 
mentale faite avec soin. Dans ce mur, ont été trouvés encastrés 
deux petits fragments d’architecture gothique qui auraient peut- 
être pu aider à fixer l’époque de ce travail. Malheureusement, 
ils ont disparu, employés dans les maçonneries nouvelles, avant 
que nous ayons eu le loisir de les examiner 1 . 

Ayant ainsi donné une idée approximative des résultats des 
fouilles, nous reviendrons maintenant aux corniches romaines 
trouvées en cet endroit. 

Dès le début de 1901, les trois pierres, données par MM. Corte, 
ont été déposées au Musée épigraphique, où elles ont été photo¬ 
graphiées et moulées par les soins de feu M. Emile Dunant, 
conservateur de ce Musée. On trouvera ci-contre deux photo- 
typies, exécutées d’après ces relevés, représentant, en premier 
lieu, le moulage avec les trois fragments superposés et, en second 
lieu, l’original du morceau principal. La partie des fragments 
qui faisait défaut dans les originaux 2 a été restituée, dans le mou¬ 
lage, d’après les morceaux subsistants. Grâce à la superposition 
obtenue dans le moulage de M. Dunant, nous avons pu nous livrer 


1 Comme il est probable que ces fragments ne seront pas retrouvés, 
nous croyons devoir consigner ici, sous toutes réserves, nos souvenirs : 

L’un de ces morceaux se composait de la partie inférieure d’une colon- 
nette très mince dont le fût était détaché de la moulure ou du meneau 
auquel elle tenait par sa hase. Ce fragment nous avait paru antérieur au 
XV e siècle. 11 devait sans doute faire partie des pieds-droits d’une arcade 
ou d’une fenêtre d’église et provenait peut-être de l’édifice primitif de la 
Madeleine, détruit (d’après M. Mayor) par les incendies de 1334 et 1430 
et remplacé, au XV e siècle, par l’église actuelle. 

Le second morceau, orné d’une rosace, semblait appartenir au haut 
d’une fenêtre gothique rectangulaire, au point de rencontre du meneau et 
du cadre. 11 paraissait plus ancien que les fenêtres gothiques du XVI e 
siècle dont nous possédons à Genève de nombreux spécimens. 

Si ce fragment appartenait réellement au XV e siècle, il faudrait sup¬ 
poser que l’on avait continué à réparer et à utiliser le mur de défense 
postérieurement à la construction de l’enceinte du XIV e siècle qui proté¬ 
geait cependant tout ce quartier du côté du lac. 

2 Ce sont les fragments des pierres supérieure et inférieure qui sont 
placés à la droite du spectateur. 



CORNICHES ROMAINES ET ENCEINTES DU MOYEN AGE. 331 


à un examen comparatif détaillé qu’il était difficile de faire sur 
les seuls originaux, à cause de leur position sur le terrain. Nous 
allons maintenant chercher à décrire ces derniers, en commençant 
par les deux pièces inférieures du moulage qui paraissent appar¬ 
tenir à un même ensemble d’architecture. 

La deuxième pierre forme la corniche d’un entablement et 
présente, à sa partie supérieure, une bordure ou cimaise de feuilles 
d’acanthe assez usée, sous laquelle se placent des rais de cœur, 
puis une grecque. Plus bas vient le larmier, formant une saillie 
horizontale de [très de quarante centimètres, soutenu par des 
modifions en forme de console ornés d’acanthe. Les caissons placés 
entre les modifions sont garnis de rosaces variées, entourées 
d’une bordure d’oves. Au-dessous se trouve un rang de rais de 
cœur; le tout se termine en bas par des denticules. La hauteur 
du fragment est de O m. 60, tandis que la profondeur de la pierre 
a dû être de 1 m. 20 au moins. Ce morceau, probablement posté¬ 
rieur à l’époque des Antonins est, pour l’époque romaine, une des 
trouvailles les plus intéressantes faites dans notre contrée. Lais¬ 
sant aux spécialistes le soin de déterminer sa date exacte, nous 
nous bornerons à remarquer que, réuni au numéro suivant qui 
le complète, il représente deux des trois parties d’un même enta¬ 
blement, l’architrave seule faisant défaut. 

La troisième pierre, qui devait être placée droit au-dessous de 
la première, offre, à sa partie supérieure, une bordure d’oves sur¬ 
montant un fil de perles alternant avec des billettes. Au-dessous 
règne une surface verticale nue, dans laquelle on reconnaît la 
frise de l’édifice. Dans cette surface sont percés quatre trous 
carrés, placés irrégulièrement, qui ont pu servir à fixer dans la 
pierre un revêtement de marbre ou, plus probablement, des 
sculptures ornant la frise. Hauteur de la pierre, plus de 0 m. 58, 
profondeur, 1 m. 13 au moins. 

La première pierre, placée au haut du moulage et qui a des 
dimensions analogues aux précédentes (hauteur 0 m. 60, profon¬ 
deur 1 m. 20 au moins), leur est aussi assez semblable par la 
nature et le style des ornements. Elle présente également un lar¬ 
mier et l’ensemble du fragment fait saillie, sur le nu du mur, de 
la même quantité que le larmier de la pierre n° 2. La face supé¬ 
rieure de cette pierre est taillée en fuite, sans doute pour amener 




332 


BULLETIN. 


l’écoulement des eaux, et, à O m. 40 en arrière (c’est-à-dire à 
l’aplomb du bas du morceau), la pierre se relève, par un décroché 
destiné à recevoir d’autres pierres qui ont dû lui être super¬ 
posées. La série des ornements se présente dans l’ordre suivant, 
à partir du haut : rang de feuilles très endommagé — (lenti¬ 
cules — larmier, de saillie très faible — feuilles d’acanthe sépa¬ 
rées par une tige en fer de lance — rais de cœur — denticules 
— perles et billettes — oves. — Une comparaison détaillée avec 
les deux autres pierres montre que ces ornements ne sont pas 
du même module que ceux des numéros 2 et 3. En outre, le tra¬ 
vail est différent. Tenant compte de l’usure, il est plus grossier, 
plus incorrect et dénote une époque postérieure. 

Toutefois, si, négligeant ce dernier fragment, l'on rapproche 
les sculptures n os 2 et 3 d’autres débris romains conservés au 
Musée épigraphique, on découvre immédiatement deux pièces qui 
ont avec elles la plus grande ressemblance soit comme style et 
ornement soit comme dimensions. 

L’un de ces morceaux est un fragment de corniche 1 identique 
à tous égards aux fragment 2 et 3 réunis, bien que plus endom¬ 
magé. Il a été trouvé en 1885 dans les substructions de l’église de 
Saint-Pierre (bras sud du transept). Au bas de cette pierre, on 
remarque l’existence de la même bordure d’oves et de perles qui 
marque le haut de notre pierre n° 3, circonstance qui permet 
d’affirmer, avec certitude, la destination de cette dernière comme 
complément de la pierre n° 2. 

L’autre pièce de comparaison ■ 2 est aussi un fragment de cor¬ 
niche, analogue à notre n° 2 qui a été trouvé, en 1838, dans le sol 
de la cour de la maison Jequier, de l’autre côté de la place du 
Fort-de-l’Ecluse (côté ouest). D’après ce que l’on sait, d’autres 
blocs de même nature auraient été laissés dans le sol, lors de la 
fouille. Ce fragment a été décrit et reproduit par J. J. Rigaud, 
puis par Blavignac 3 .11 semblerait naturel que cette dernière pièce, 

1 C’est le n° 286 du Catalogue, du Musée épigraphique. Il a été décrit 
par M. J. Mayor dans le Bulletin de la Soc. d’Hist., I, 110. 

2 N° 48 du Catalogue du Musée épigr. — Il serait à désirer que cet 
intéressant travail, œuvre du regretté Emile Dunant, puisse être publié 
sans trop de délais. 

3 Mém. de la Soc. d’Hist., IY, 20 et pl. I et Y. 




CORNICHES ROMAINES ET ENCEINTES DU MOYEN AGE. 333 

trouvée à côté de nos fragments et dans l’alignement des sub- 
structions mentionnées par nous, fît partie du même monument 
que notre larmier et sa frise. Mais, malgré sa grande analogie 
avec notre n° 2, dans leurs dimensions semblables, ces deux mor¬ 
ceaux 11 e sont pas identiques. En outre, les ornements semblent 
moins soignés dans la corniche de la maison Jequier. 

A propos de cette dernière sculpture, M. Charles Morel 1 a émis 
l’hypothèse que ces débris, utilisés dans des constructions posté¬ 
rieures, étaient, avec le temps, tombés du sommet de la colline de 
Saint-Pierre, dont les bancs étaient jadis beaucoup plus abrupts 
que dans les temps modernes. En effet, on a toujours pensé, d’après 
les morceaux recueillis, que, sur le sommet de cette colline, devait 
s’élever, à l’époque romaine, au moins un monument important, 
peut-être un temple. L’identité des pierres n 03 2 et 3 avec le frag¬ 
ment trouvé dans les fondations de Saint-Pierre nous prouve 
que les fragments du Fort-de-PEcluse proviennent bien du haut 
de la colline. En outre, les comparaisons que nousavons pu établir 
montrent que ce 11 ’est pas un seul, mais bien plusieurs édifices 
importants qui couronnaient jadis la ville romaine. Toutefois, il 
est assez probable que ces pierres ne sont pas arrivées en bas du 
premier coup. Suivant par étapes le divus de la rue du Perron, 
qui conduisait à une des portes de la Ville, elles ont été utilisées 
à diverses reprises et sont descendues toujours plus bas, à mesure 
que l’enceinte s’agrandissait et qu’elle englobait des portions plus 
étendues de la pente N. de la colline. 

Le fragment provenant de Saint-Pierre a dû être enfoui dans 
les fondations à une date déjà ancienne, probablement à l’époque 
burgonde, au moment de la construction du premier sanctuaire. 
C’est d’ailleurs un fait général que toutes les constructions bur- 
gondes sont remplies de matériaux romains, et il en était ainsi de 
l’ancienne arcade du Bourg-de-Four. 

De même nous pouvons remarquer que les substructions plus 
tardives de la Tour de l’Ile 2 (côté nord) renferment des blocs de 
roche d’apparence romaine et de dimensions analogues à ceux 

1 Genève et la Colonie de Vienne, , p. 181. 

2 D’après M. Mayor, la tour a été achevée eu 1219. 





BULLETIN. 


334 

du Fort-de-l’Ecluse. L’un d’eux portait même, ainsi que nous 
l’avons constaté des traces de moulures. 

On peut donc supposer que la partie de l’enceinte burgonde, 
dite de Gondebaud, qui entourait la liante ville, sur la pente N. 
de la colline, et traversait à mi-hauteur la rue actuelle du Perron, 
au-dessus du Fort-de-l’Ecluse, a dû renfermer de nombreux maté¬ 
riaux plus anciens. Très ■ vraisemblablement c’est dans cette 
partie du mur que nos débris romains furent utilisés en premier 
lieu, après la ruine de l’édifice auquel elles appartenaient. 

Plus tard, ainsi que l’a remarqué Galiffe 1 2 , d’autres enceintes 
ou d’autres remaniements de l’enceinte durent être faits, avant 
que l’on ait construit, à la fin du XIV e siècle, le mur qui porte le 
nom de l’évêque de Marcossey. Cette dernière clôture passait au 
dessous de la colline, le long de la rue du Phone, se dirigeant 
de la Tour-Maîtresse vers le Molard. Entre ce vaste périmètre 
et la petite enceinte burgonde, d’autres murs durent exister, 
rendus nécessaires par le développement du quartier de la Made¬ 
leine. 

Partant de cette donnée, il est certain que la place d’un de ces 
remaniements de l’enceinte était marquée par la massive arcade 
du Fort-de-l’Ecluse qui fermait, encore dans notre siècle, le bas 
du Perron et la rue de la Madeleine 3 . A cette porte apparte¬ 
naient, sans doute, les restes de gros murs à la base desquels nos 
fragments romains étaient placés. A l’est de cette entrée de la 
ville, venait se raccorder le mur de défense que nous avons décrit, 
et qui, élevé à peu de frais, protégeait, avant la construction 
de l’enceinte de Marcossey, l’église et le faubourg de la Madeleine. 

En effet, la première mention de l’église de ce nom remonte à 
l’an 1110, tandis que l’enceinte commencée au XIV e siècle, par 
l’évêque Allamand de Saint-Jeoire, ne put être entièrement ache¬ 
vée sous son successeur, Guillaume de Marcossey (1366- 1 er jan¬ 
vier 1377). En outre, le quartier de Rive, attenant à celui de la 
Madeleine, atteignit de bonne heure le lac et la place ou port de 
Longemalle, formant un ensemble riche et populeux en pleine 

1 Lors des dernières réfections qui ont consolidé cet édifice. 

2 Genève historique et archéologique, p. 120 à 138 et suiv. 

3 Idem, p. 120. 



CORNICHES ROMAINES ET ENCEINTES DU MOYEN AGE. 335 

prospérité au XIII e siècle. Il était, déjà alors, pourvu d’une 
fortification dont l’enceinte de Marcossey conserva sans doute le 
tracé, en le prolongeant du côté du Molard. C’est ainsi qu’en 1258, 
il existait, au bas de la rue d’Enfer, une porte de la ville proba¬ 
blement déjà ancienne et connue sous le nom de Porta Aquarici 
ou Porte d’Yvoire. Son nom, analogue à celui des portes de mer 
dans le Midi et en Orient, indiquait qu’elle donnait sur le lac. 
Ainsi que le remarque Galiffe, il est très probable que cet édifice 
ne se bornait pas à fermer le bas de la rue d’Enfer. Placé, sans 
doute, dans l’axe de la rue de la Croix-d’Or, il devait donner 
entrée, du côté de l’ouest, dans le quartier et la rue de Rive, qui 
formaient, du côté du nord et jusqu’au lac, un saillant très marqué 
en avant des remparts de la vieille ville. Entre ces derniers rem¬ 
parts, qui suivaient le bas de la colline sans atteindre le bord 
de l’eau, et ce saillant, le raccord était fait, de la porte du Fort- 
de-l’Écluse à la porte Aquaria, par le mur dont nous avons cons¬ 
taté l’existence. Très certainement ce mur, malgré des réparations 
plus modernes, existait déjà en 1258 et, très probablement aussi, 
il devait, comme toute ou partie de l’enceinte de Rive, remonter 
à une époque plus ancienne. 

Reste encore à poser un point d’interrogation. Les claveaux de 
roclie trouvés dans les fouilles de MM. Corte étaient-ils des cla¬ 
veaux romains? Faisaient-ils partie de la porte plus récente du 
Fort-de-l’Écluse ? 

Plusieurs autres questions se présentent encore que l’avenir 
pourra résoudre. Peut-être, en effet, des fouilles subséquentes, 
poussées un peu plus à l’est vers la Madeleine, apporteront-elles 
quelque éclaircissement à ces divers problèmes et feront-elles 
découvrir des fragments nouveaux, appartenant soit à l’époque 
romaine soit au moyen âge. 

Camille Favre. 


BULLETIN. - T. II. 


23 








































BULLETIN 


DE LA 


SOCIÉTÉ D’HISTOIRE ET D’ARCHÉOLOGIE 


MAI 1903 


Personnel de la Société. 

Depuis la publication du fascicule 7 du Bulletin daté d’octobre 

1902, la Société d’histoire et d’archéologie a reçu au nombre de 
ses membres effectifs : 

MM. 

1902 Fernand Boissieu. 

1903 Conrad de Mandach. 

» Henry Galopin. 

» Marius-Alexis Portier. 

» Albert Dunant. 

» Paul Sciiazmann. 

» Camille Martin. 

» Lucien Cellérier. 

Le nombre des membres effectifs de la Société était, au 1 er mai 

1903, de 190. 


BULLETIN. - T. II. 


21 









338 


BULLETIN. 


Mémoires, Rapports, etc. 

Présentés à la Société. 

688. — Séance du 13 novembre 1902. 

Une visite à Genève du margrave de Bade (1775), par M. Louis 
THÉVENAZ. 

Eine Sclweizerreise des Markgrafen Karl Friedrich von Bdden. 

(Herausgegeben von Friedrich von Weecli, Geheimrath). 

Sonderabdruck ans der Festschrift des Grossherzoglichen General 
Landes-Archivs, zum fünfzigjührigen Begierungsjubilaum Seiner Kônig- 
lichen Hoheü des Grossherzogs Friedrich von Baden. — 1902. 

Verlag von Cari Winter’s Universitatsbuchhandlung in Heidelberg. 

A l’occasion du Jubilé du Grand Duc, M. de Weech, archiviste en chef 
du grand-duché de Bade, a publié le récit du voyage que fit en Suisse le 
grand-père du grand-duc actuel, le margrave Karl-Friedrich von Baden- 
Durlach, en 1775. Ce récit était resté manuscrit dans la bibliothèque 
privée du grand-duc, et ne fut versé aux archives qu’en 1886. 

(Charles-Frédéric de Bade eut un long règne (1738-1811). Son petit- 
fils, le grand-duc actuel, monta sur le trône en 1852. Il est le deuxième 
fils du grand-duc Léopold, fils morganatique de Charles-Frédéric). 

lie margrave aimait beaucoup les voyages : il en fit plusieurs en Angle¬ 
terre, en France, en Hollande, etc. Il en faisait faire un journal. Celui-ci 
fut tenu par le D 1 ' Jean-Laurent Bôckmann, théologien, mathématicien 
et docteur ès sciences, homme cultivé, affectionnant surtout la physique. 
— Le récit a été fait, probablement après coup, d’après des notes prises 
en cours de voyage. 

Le voyage commença le 16 juillet et se termina le 25 du même mois. 

Itinéraire. Bâle, Délémont, Moûtier, etc., etc. Bienne, Nidau, Morat, 
Lausanne. — En approchant de Genève, Bôckmann décrit les villes des 
bords du lac. — Le prince arrive à Genève le 15 juillet au soir. Il est mal 
logé à l’hôtel de l’Écu de France. — Le Conseil lui envoie le syndic de 
la garde pour le féliciter et lui demander s’il désire être reçu officielle¬ 
ment. Le margrave voyageant incognito, sous le nom de Graf von Eber- 
stein, refuse, mais le Conseil cherche à lui rendre le séjour le plus agréable 
possible ; on le fait assister à une élection de six membres du Deux- 
Cents ; on lui explique la manière de procéder. — Il fait le tour de la 



MÉMOIRES PRÉSENTÉS. 


339 


ville et admire tout : la Treille, les Bastions, les hôtels de la rue des 
Granges, le paratonnerre que M. de Saussure avait établi sur sa terrasse. 
— Le lendemain, il fait une visite aux peintres Huber et Liotard. Il va 
voir la fabrique d’indienne, située en l’Ile, la machine hydraulique, qui 
fournissait l’eau aux fontaines de la ville. La bibliothèque publique l’inté¬ 
resse beaucoup. Senebier, le bibliothécaire, lui en montre toutes les curio¬ 
sités et les raretés. — Enfin, il fait une visite à Voltaire, qu’il trouve 
malade et au lit. — Le vieillard fit quand même les honneurs de sa rési¬ 
dence avec amabilité. — Le prince quitte Genève le 18 au matin, enchanté 
de son séjour. 

689. — Séance du 27 novembre 1902. 

Le séjour de Melchior Goldast à Genève (1599-1603) et son récit 
de l’Escalade, par M. Frédéric GARDY. 

M. Fréd. Gardy a entretenu la Société du séjour de Melchior Goldast 
à Genève (1599-1603) et de sou récit de l’Escalade. Goldast, bien connu 
par les nombreuses publications historiques et juridiques qu’il a laissées, 
était un Thurgovien, de religion réformée, né en 1578, qui vint poursuivre 
ses études à Genève, où il passa plus de trois ans et où il fut presque 
constamment l’hôte du professeur et magistrat genevois Jaques Lect. 
M. Gardy a donné quelques détails sur la vie de Goldast à Genève, tirés 
en grande partie de lettres de lui inédites, conservées dans les Bibliothè¬ 
ques de Zurich et de Munich. Il y raconte ses impressions sur les profes¬ 
seurs de notre Académie, ses démêlés avec son premier hôte, qui était 
régent au Collège, ses travaux, etc. 

Goldast, qui se trouvait encore dans notre ville au moment de l’Esca¬ 
lade, a écrit une relation, en latin, de cet événement et des circonstances 
qui l’ont précédé, sous le pseudonyme de Sallustius Pharamundus Helvé¬ 
tius, et sous le titre de : Carolus Allobrox, seu de superveut u Allobroyurn 
in urbem Genevam, etc. Cet opuscule est très rare, mais ce qui l’est 
encore plus, c’est la traduction qui en a été faite la même année (1603) 
et qui a été imprimée dans un recueil contenant le Vray discours et 
d’autres pièces relatives à l’Escalade. Elle est intitulée : Histoire de la 
supervenue des Savoyards en la ville de Genève en la nuict du 12 décem¬ 
bre 1602, et était presque complètement inconnue. M. Gardy en a retrouvé 
un exemplaire à la Bibliothèque publique. Bien que ce récit ne contienne 
guère de renseignements nouveaux, il enrichit la bibliographie de l’Esca¬ 
lade d’un document intéressant, par le fait qu’il est dû à un étranger, qui 
a joui d’une certaine célébrité de son temps, et qui, par son séjour et ses 
relations à Genève, était à même d’être bien renseigné. 





340 


BULLETIN. 


Compte rendu, par M. Victor van BERCHEM, des recherches de 
M. Mario Schiff aux Archives de Simancas (Espagne). 

A propos du travail de M. Alfred Cartier, sur La politique espagnole 
et Genève à l’époque de l’Escalade, qui vient de paraître dans la publica¬ 
tion anniversaire du Journal de Genève (Escalade, 1602-1902, Genève 
1902, in-4), M. Victor van Berchem donne quelques détails sur le séjour 
que M. Mario Schiff a fait aux archives de Simancas, près Valladolid, 
pour le compte de la Société. 

690. — Séance du 18 décembre 1902. 

Arrestation de Maret, duc de Bassano, au château d’Allaman, en 
1815. Communication de M. Eugène de BUDÉ. 

M. Eugène de Budé fait le récit, à l’aide de documents inédits, de 
l’arrestation du duc de Bassano, au château d’Allaman, en 1815. A ce 
moment, comme on le sait, il y eut une véritable chasse organisée par les 
autorités suisses contre les Bonapartes et les bonapartistes. On conçoit 
que le fidèle ami et serviteur de Napoléon, qui était venu avec sa famille 
chercher un refuge sur les bords du Léman, ne put échapper à la battue 
générale. 

M. de Budé commence par retracer à grands traits la brillante carrière 
de Maret, duc de Bassano. Après la chute de Napoléon, Maret dut quitter 
la France et demander un asile à la Suisse. Invités par le comte de Sellon 
au château d’Allaman, le duc et la duchesse de Bassano se croyaient 
en sûreté dans cette maison amie, mais ils ne tardèrent pas à y être 
inquiétés. Le 4 août au soir, un lieutenant genevois en garnison à Berne, 
Etienne Bordier, envoyé par les autorités fédérales, se rendit à Allaman 
avec une compagnie de carabiniers et fit cerner le château. M. de Budé 
est parvenu à reconstituer complètement les incidents de l’arrestation de 
l’exilé. Cette arrestation fut réprouvée hautement par le gouvernenent 
vaudois, sur le territoire duquel Maret s’était réfugié. Ce dernier, dirigé 
sur Berne où il devait être interné, ne tarda pas à obtenir l’autorisation 
de se rendre à Aix-les-Bains où il désirait attendre les ordres du roi; 
mais il fut arrêté à la frontière du canton de Fribourg et soumis à toute 
espèce de vexations. Plus tard, voulant rentrer dans le canton de Vaud, il 
éprouva la même mésaventure à la frontière de Neuchâtel. Il passa trois 
semaines à Berne, d’où il partit le 12 septembre pour l’Autriche, à 
laquelle il fut remis avec sa famille. 

Sources. — Archives fédérales à Berne. — Archives cantonales de 
Vaud, Fribourg, Neuchâtel. — Bibliothèque publique de Genève. — Jour¬ 
naux de l’époque. 




MÉMOIRES PRÉSENTÉS. 


341 


Documents sur l’Escalade recueillis dans les archives étrangères, 
sous les auspices de la Société d’Histoire. Communication de M. Vic¬ 
tor van BERCHEM. 

M. A ictor van Berchem présente le volume, encore inachevé, que la 
Société publie, à l’occasion du III e centenaire de l’Escalade, sous ce titre, 
Documents sur VEscalade de Genève, tirés des Archives de Simancas. 
Turin, Milan, Rome, Paris et Londres, 1598-1603 1 . Ces documents ont 
été réunis par les soins du regretté Émile Dunant et de MM. Mario 
Schiff, Emilio Motta, Francis De Crue et Charles Borgeaud. Ils contri¬ 
bueront à faire mieux connaître le côté international de l’Escalade et 
permettront de dégager la part de responsabilité qui incombe, dans cet 
événement, à chacune des puissances qu’intéressait alors la question de 
Genève. Le volume en préparation embrassera la période qui sépare la 
paix de Yervins (2 mai 1598) du traité de Saint-Julien (21 juillet 1603): 
Cependant plusieurs des collaborateurs au recueil ont fait commencer 
leurs recherches à l’avènement de Charles-Emmanuel I er , en 1580, et ils 
ont recueilli, sur les premiers projets d’entreprise du duc contre 
Genève et l’attitude de Philippe II d’Espagne dans cette question, et sur 
la guerre de 1589, des documents d’un grand intérêt que la Société se 
propose de publier ultérieurement. 

C’est au lendemain du traité de Lyon (janvier 1601) que Charles- 
Emmanuel se remit à préparer activement l’entreprise de Genève. Il en 
discuta le projet avec le gouverneur milanais, Fuentes, et l’ambassadeur 
d’Espagne à Turin, Ledesma. Dans ce projet, l’affaire de Genève était 
intimement liée au complot du maréchal de Biron avec lequel le duc 
entretenait depuis longtemps des relations. Charles-Emmanuel devait 
attaquer Genève au moment où Biron et ses partisans se soulèveraient 
contre Henri IV. Tandis qu’en Savoie, d’Albigny dispose tout pour l’entre¬ 
prise, le duc cherche à gagner à son plan l’adhésion de la papauté et 
surtout de l’Espagne. Mais les négociations se poursuivent, durant plus 
d’une année, sans résultat positif. Henri IY découvre la trahison de Biron 
qui meurt sur l’échafaud (31 juillet 1602). Si Fuentes avait été le 
complice du duc dans ses intrigues en France, il avait toujours montré 
une certaine réserve dans la question de Genève. Maintenant, devant 
l’attitude résolue de Henri IV vis-à-vis de la Savoie et de l’Espagne, le 
projet du duc lui paraît plus risqué que jamais, et il refuse de lui prêter 
son concours sans un ordre de son maître. Pressé par d’Albigny, Charles- 
Emmanuel tente l’Escalade, sans attendre le résultat des dernières 


1 Genève, 1903, in-8° de XI-4S6 p. 



342 


BULLETIN. 


démarches faites auprès de Philippe III. La lecture de deux pièces 
contemporaines, la lettre du duc, écrite à La Roche le 23 décembre 1602, 
et celle de Don Sanclio de Luna, du 14 janvier 1603, montre qu’effecti- 
vement les troupes espagnoles et napolitaines cantonnées en Savoie ne 
prirent pas part à l’Escalade. 

691. — Séance du 15 janvier 1903. 

Rapports du président (M. Alfred Cartier) et du trésorier 
(M. Victor van Berchem) sur l’exercice 1902. 

Election du Comité : MM. Charles Seitz, président; Francis 
De Crue, vice-président; Lucien Cramer, secrétaire; Victor van 
Berchem, trésorier; Henry de Blonay, bibliothécaire; Alfred 
Cartier; Léon Gautier; Eugène Ritter; Emile Rivoire. 

Le casque de chevalerie à travers les âges, par M. Louis BRON- 
DUPIN. 

M. Bron se livre à une étude sur les transformations subies par le casque 
de chevalerie depuis l’époque romaine jusqu’à l’époque de sa disparition 
au XVIII e siècle, et il présente à cette occasion un certain nombre 
d’estampes, d’aquarelles et de calques faisant partie de sa collection. 

692 — Séance du 29 janvier 1903. 

Origine de quelques noms de lieux de la région genevoise, par 
M. Ferdinand de SAUSSURE. 

Le nom de la commune de Genthod, qu’il serait plus simple d’écrire 
Gentou, en se conformant à sa vraie prononciation, est de même espèce 
que celui de la pointe de Promentou (Promontorium). A l’époque où l’on 
disait encore Promentour , la forme, conservée par les Registres du Conseil 
de Genève, est également Gentour. Le nom a pu provenir de janitorium, 
loge de portier, cabane de garde. 

Le nom du hameau d’Ecogia sur Versoix offre des obscurités que ne 
dissipe pas entièrement la forme ancienne Adesgogia résultant d’un docu¬ 
ment du XI e siècle. Malgré son apparence germanique, ce nom est proba¬ 
blement à lire ad Esgogia et à traiter comme un nom roman. Mais une 
explication parfaite ne paraît possible pour le moment ni par l’étymologie 
Excubiata , poste de veilleur, ni par une autre supposition plus hasardée, 
Exagogida , qui se rapporterait au canal de captation de la source 
existant à Ecogia. C’est entre ces deux hypothèses que peut se mouvoir 
provisoirement l’étymologie. La forme patoise est défavorable a la 
première. 



MÉMOIRES PRÉSENTÉS. 


343 


Joux et Jura sont des noms séculairement en concurrence et qui ne 
sont cependant pas synonymes, en ce que joux s’applique, comme un 
simple mot commun, à toute forêt de sapin, et spécialement dans les 
patois de Gruyère, Valais, Savoie, aux forêts de sapin des Alpes. Une 
distinction entre Joux Jura, et joux forêt, n’existe nulle part. Le fait est 
d’autant plus curieux que la chaîne insignifiante du Jorat est au contraire 
connue dans tous les patois comme expression géographique. 

Un très grand enchevêtrement de faits linguistiques existe ainsi autour 
des deux noms de Joux et de Jura , dont M. de Saussure n’indique 
qu’énumérativement les phases principales, en se réservant de revenir sur 
la question plus en détail. 

Un manuscrit inédit du duc de la Rochefoucauld d’Enville relatif 
à l’histoire de la République de Genève (1762), par M. Arthur de 
CLAPARÈDE. 

Le duc de la Rochefoucauld d’Enville dont le curieux Voyage, aux 
glacières de Savoie qu’il fit, en 1762, avec trois jeunes Genevois (Jean 
Jalabert, J.-L. Pictet et J.-L. de Claparède), a été publié pour la première 
fois par M. Lucien Raulet, à Paris, dans Y Annuaire du Club alpin français 
pour 1893, ne s’était pas contenté de traverser notre ville en allant aux 
« glacières de Chamouny. » Il en avait étudié les institutions. Car il a laissé 
une Exposition abrégée de Vhistoire du Gouvernement, des mœurs, usages 
et îoix de la République de Genève, manuscrit de quatre-vingt-douze pages 
(comprenant outre l’introduction, vingt-six chapitres) qui se trouve à la 
Bibliothèque nationale à Paris, et est demeuré inédit. C’est à l’obligeance 
de M. Raulet que l’auteur de la communication doit d’en avoir eu 
connaissance. 

Vé en 1743, Louis Alexandre de la Rochefoucauld, duc de la Roche- 
Guyon et de la Rochefoucauld d’Enville, qui fut massacré à Gisors, 
en 1792, a fait partie de l’Académie des Sciences à dater de 1782. Il a été 
membre de l’Assemblée des notables, en 1787, et, en 1789, des Etats- 
Généraux où il fut député de la noblesse de Paris. Ses publications scien¬ 
tifiques ne sont pas sans mérite, et l’on connaît sa traduction des Consti¬ 
tutions des Treize Etats-Unis d’Amérique (1783). 

Il n’avait pas vingt ans lorsqu’il écrivait, en 1762, son Exposition 
abrégée de l’histoire de Genève qui n’est, pour la première partie, comme 
il le dit lui-même, qu’un résumé de l’ouvrage de George Keate : A short 
account of the ancient history, présent Government and laïcs of the 
Republic of Geneva, publié l’année précédente (Londres, 1761) et traduit 
en français, treize ans plus tard, par A. Lorovich (Londres, 1774). 

Les premières lignes de VIntroduction sont pour faire pressentir, dans 




344 


BULLETIN. 


ce jeune noble de dix-neuf ans, le «gentilhomme démocrate», comme 
l’appelle le marquis de Castellanne, qui demandera l’abolition des lettres 
de cachet et réclamera la convocation des Etats-Généraux où il sera l’un 
des premiers, parmi les députés de la noblesse, à s’unir au Tiers-Etats 
pour constituer l’Assemblée nationale. 

« Le gouvernement républicain, lit-on au début de VIntroduction, étant 
« celuy de tous qui approche le plus de l’état de nature, tous les hommes 
« ont pour luy un certain penchant qui les porte à l’aimer et à l’admirer, 
« surtout lorsqu’il est aussi tempéré que celuy de Genève...» Suit un 
résumé succinct de l’histoire de Genève, de son gouvernement et de 
ses lois, à l’époque de la condamnation de VEmile de J.-J. Rousseau. 
Le manuscrit se termine, après une Description de Ici Ville par un 
chapitre intitulé Mœurs et usarjes. 

693. — Séance du 12 février 1903. 

De l’Escalade à la paix de St-Julien, d’après les documents de la 
Société d’Histoire, par M. Francis DE CRUE. 

Les documents relatifs à l’Escalade, recueillis par les soins de la 
Société d’Histoire dans les plus importants dépôts d’archives de l’étranger, 
embrassent la période 1598-1603. M. Victor van Berehem, chargé de 
diriger l’impression de ces pièces inédites, ayant déjà exposé dans une 
précédente séance de la société, les résultats de cette enquête générale 
depuis le traité de Vervins jusqu’à l’Escalade, M. Francis De Crue fait 
à sou tour une communication sur l’ensemble de ces documents pour 
la période qui s’étend de l’Escalade à la paix de Saint-Julien. Après 
avoir rappelé la participation de divers érudits à la préparation des 
dossiers de Simancas (M. Mario Scliiff), de Turin et Milan (le regretté 
Emile Dunant et M. Emilio Motta), de Rome (Emile Dunant, MM. E. 
Melilli et Alfred Cartier), de Londres (M. Charles Borgeaud) — le seul 
qui ne soit pas encore imprimé, M. De Crue a, par manière d’introduction, 
rendu compte des documents qu’il a été chargé de recueillir à Paris 
et indiqué leur intérêt spécial pour les temps qui précèdent l’Escalade. 

Les documents de Paris, entre autres mérites, comblent deux ou trois 
lacunes que l’on peut constater dans les autres dossiers. Celui de Turin ne 
contient pas beaucoup de pièces pour l’année 1602, si importante pour 
notre histoire. En revanche, nous avons trouvé à la Bibliothèque natio¬ 
nale, à Paris, la correspondance d’un agent français, Grolier de Servières, 
qui résida dans les Etats du duc de Savoie de juin à novembre 1602. Puis, 
c’est aux archives nationales de Paris que se trouve, depuis les guerres 
de Napoléon I er , une faible, mais très importante partie, des archives de 





MÉMOIRES PRÉSENTÉS. 


345 


Simancas ; ce sont les dépêches des ambassadeurs espagnols en France, 
notamment de Jean-Baptiste de Tassis, pour l’époque qui nous intéresse, 
et même celles du duc de Sessa, ambassadeur de Philippe III à Rome, 
confident du pape Clémeut VIII, pendant les années 1601 et 1602, avec 
les délibérations du Conseil d’Espagne à ce sujet. En outre, nous avons 
pu utiliser à Paris, une copie des dépêches des ambassadeurs vénitiens, 
dont une partie seulement avait été publiée par M. V. Ceresole dans les 
documents de la Société d’Histoire d’après les originaux de Venise. 

694. — Séance du 26février 1903 (au Casino). 

L’Église de St-Gervais, avec projections lumineuses, par M. Max 
van BERCHEM. 

La restauration de cette église est devenue urgente à la suite du per¬ 
cement de la rue Vallin, qui l’a mise dans un triste état. La ville de 
Genève a confié les travaux à M. l’architecte Brocher, auquel M. van 
Berchem a été adjoint pour les études archéologiques. 

L’église actuelle a été bâtie vers 1435, ainsi qu’il résulte d’une inscrip¬ 
tion gravée sur le clocher et d’un rapport de visite épiscopale daté de 
1446 et conservé aux archives cantonales. Elle comprend une nef et un 
chœur carré, voûtés en ogives et flanqués de chapelles latérales. En 1480, 
une vaste chapelle, bâtie par la confrérie du Saint-Esprit, a été adossée 
au côté nord du chœur. L’église a subi, dès lors, des transformations qui 
lui ont ôté son caractère architectural. Ainsi en 1688, après la révocation 
de l’édit de Nantes, les chapelles au nord de la nef ont été remplacées 
par une vaste annexe pourvue de galeries de bois, et en 1808, la toiture a 
été entièrement modifiée. 

L’exploration complète de l’édifice, entreprise dès l’automne dernier, 
en vue de préparer le programme des travaux, a mis au jour des vestiges 
fort curieux de constructions plus anciennes. D’abord un grand nombre de 
tombeaux, malheureusement tous mutilés ; puis une série de murs dérasés 
sous le sol actuel et délimitant le plan complet d’une église primitive 
avec nef, abside demi-circulaire, annexes et bas-côtés. Ces vestiges, qui 
ont été soigneusement relevés, sont destinés à disparaître de nouveau; 
pour en mieux conserver le souvenir, la Ville se propose d’en faire 
dresser un relief en plâtre. 

D’autre part, les fouilles ont permis de dresser un plan complet de la 
crypte cachée sous le chœur et d’en reconstituer les états successifs, 
d’une église à l’autre. Cette crypte, explorée jadis par Blavignac, avait été 
classée, par les archéologues, dans le groupe des cryptes dites à couloir 
circulaire à cause de deux couloirs latéraux qui donnaient accès à son 
caveau et qui ont été condamnés après la Réforme. 






346 


BULLETIN. 


Le programme des travaux comporte la réfection totale de l’église, telle 
qu’elle était au XV e siècle, suivant les indications fournies par l’explora¬ 
tion et par les recherches d’archives confiées aux soins de M. l’archiviste 
Dufour-Vernes. La crypte sera rétablie dans l’état où elle était à cette 
époque et tous les témoins d’états antérieurs seront conservés sous le 
nouveau sol et aménagés de manière à pouvoir être étudiés. Enfin, 
l’on restaurera discrètement les peintures et les stalles. 

695. — Séance du 12 mars 1903. 

Le nom de Renée, par M. Eugène RITTER. 

M. Eugène Ritter rappelle ce que Léonard Baulacre (dans l 'Eloge his¬ 
torique de >J. J. Burlamacchi) et M. Théodore Claparède (dans son opus¬ 
cule : A propos d’un anniversaire) ont dit du nom de Renée ; — et il en 
rapproche une analyse de la récente étude de M. l’abbé Houtin : La 
Légende de saint René, 1901. 

Le peintre Louis Séné, par le même membre. 

M. Eugène Ritter cite un mot du journal d’Henri Meister, dans le récit 
d’une visite que ce jeune ecclésiastique zurichois a faite à Fernex, dans 
l’été de 1764 : « Voltaire, dit-il, ressemble parfaitement au portrait de 
M. Séné ». 

Le livre de M. Rigaud, Renseignements sur les beaux-arts à Genève, ne 
mentionne pas cet artiste, né à Genève le 22 septembre 1747; il a gravé 
un portrait de Voltaire, dont celui-ci parle dans une letlre de 20 juin 1764, 
adressée au président Hénault : « Riez d’une caricature qui me ressemble 
assez ; c’est l’ouvrage d’un jeune homme de quinze ans, qui, en me voyant 
par la fenêtre, m’a croqué en deux minutes, et m’a gravé en quatre ». 

Un exemplaire de cette estampe se trouve dans les belles collections de 
M. Tronchin, à Bessinge. Voltaire y est représenté en habit à la fran¬ 
çaise, coiffé d’une casquette, assis devant une petite table sur laquelle se 
trouve une feuille de papier. L’œuvre est signée : Louis Séné fecit. Le bas 
de la planche porte l’inscription gravée : M r De Voltaire. 

M. Desnoiresterres, dans l 'Iconographie voltairienne, pp. 44 et 46, a 
parlé de ce portrait et des copies qui en ont été faites ; mais il n’avait pas 
vu la gravure originale, et ne connaissait pas le nom de l’auteur. 

» Quelques mots sur les populations de l’histoire du Caucase. De 

Wladikavkas à Tiflis par le Darial et la route militaire de Géorgie, 
par M. Tobie CHAPERON. 

Les anciens plaçaient le Caucase sur les confins du monde habité. 



MÉMOIRES PRÉSENTÉS. 


347 


C’était sur ses montagnes que reposait le ciel et que les dieux aimaient à 
communiquer avec les humains. Prométliée ayant ravi le feu divin fut 
attaché au flanc de l’une d’elles. La Bible mentionne le Caucase, l’Arménie 
et ses rois dès les premiers temps de l’humanité. Il est le pays du mythe 
et des légendes. 

Aucune région du globe ne présente un mélange aussi bigarré de races. 
Strabon comptait soixante-dix peuples parlant tous un langage différent. 
Quoique les peuplades caucasiques et leurs idiomes aient été plus ou 
moins groupés d’après leur parenté, ils n’en restent pas moins un vaste 
champ d’études pour les linguistes. 

La route militaire de Géorgie, un véritable chef-d’œuvre, mène de Wla- 
dikavkas à Tiflis. Le défilé du Daria!, qu’elle traverse, commence à la 
station de Lars. Les anciennes « Portæ caucasicæ » de Pline qui en 
fermaient l’entrée devinrent plus tard le château-fort de la reine 
Thamara. 

Altskheh, ancienne capitale de Géorgie, n’a rien conservé de sa splen¬ 
deur antique sous Cyrus et Alexandre de Macédoine. Dès le X e à la fin 
du XVIII e siècle, la Géorgie, Altskheh et Tiflis, en particulier, ont été la 
proie des Musulmans d’Asie, Persans et autres. De courts intervalles 
exceptés, leur histoire n’est qu’une longue suite de guerres d’extermi¬ 
nation, d’incendies, jusqu’à l’annexion à la Russie demandée par le roi 
Georges, en 1800. Dès lors le pays se relève et Tiflis devient une belle 
ville, riche et commerçante. 

Compte rendu, par M. Ernest MURET, du 4 me rapport annuel du 
Glossaire des Patois de la Suisse Romande, pour 1902. 

696. — Séance du 26 mars 1003. 

Le code d’Hammourabi, roi de Babylone (XXIII e siècle avant 
J.-C.), par M. Lucien GAUTIER. 

Hammourabi, roi de Babylone au XXIII e siècle avant J.-C. était connu 
des savants depuis une quarantaine d’années. Tout dernièrement il a été 
mis encore plus en évidence grâce à la découverte, faite en décembre 1901 
et janvier 1902, d’une stèle déterrée à Suse au cours des fouilles 
exécutées par une mission scientifique française dirigée parM. de Morgan. 
Transporté à Paris, ce monument a été étudié par le P. Scheil, qui en a 
publié le texte avec transcription et traduction. C’est un recueil de lois, 
formant le code de droit privé des Babyloniens. 

Le texte du code est surmonté d’un bas-relief, représentant Schamasch, 
le dieu du Soleil, assis sur son trône; en face de lui se tient le roi 
Hammourabi dans une attitude pleine de déférence et de recueillement. 





348 


BULLETIN. 


Le code d’Hammourabi n’est sans doute pas autre chose que la réduc¬ 
tion d’un droit coutumier déjà depuis longtemps en élaboration graduelle. 
Le nombre des articles est de 282; on arrive à ce chiffre en évaluant à 34 
le nombre de ceux qui manquent actuellement dans une portion de la 
stèle qui a été oblitérée. Cette opération semble avoir été pratiquée en 
vue de remplacer une partie du texte par une autre inscription. 

Parmi les parties les plus intéressantes du code, il faut relever celles 
qui concernent la famille et en particulier la position de la femme. La 
monogamie semble avoir été plus fréquente de beaucoup que la poly¬ 
gamie. Seule, la stérilité de l’épouse paraît avoir autorisé le mariage avec 
une seconde femme, auquel cas la répudiation de la première était 
facultative. Le divorce pouvait être obtenu par une épouse lorsqu’elle 
était en mesure de prouver de sérieux griefs contre son mari; si l’enquête 
tournait au contraire au désavantage de la plaignante, celle-ci encourait 
la peine de mort! Un mari pouvait faire des donations à sa femme, et 
celle-ci, devenue veuve, était légalement protégée dans ses droits en face 
de ses fils. Un père ne pouvait déshériter son fils qu’après avoir prouvé 
l’indignité de celui-ci devant un juge, et encore devait-il pardonner une 
première fois à l’enfant coupable et l’exhérédation ne devenait-elle légi¬ 
time qu’après une récidive. Très intéressantes aussi sont les dispositions 
réglant l’exercice de certaines professions. Là comme dans beaucoup 
d’autres cas on trouve l’application de la loi du talion, de même que dans 
la législation hébraïque. 

Déjà avant cette dernière trouvaille, on se demandait s’il fallait identi¬ 
fier Hammourabi avec Amraphel, roi de Schinear, mentionné dans la 
Genèse (XIV, 1), et contre lequel Abraham a guerroyé. Cette assimilation 
n’est pas inadmissible, mais elle soulève pourtant de sérieuses objections 
linguistiques, chronologiques, etc. 

697 . — Séance du 9 avril 1903. 

Quelques mots sur la néphrite et sur les moules dans les pala- 
fittes, par M. Victor BRIÈRE. 

Les objets que l’on recueille dans les palafittes de l’âge de la pierre 
étaient fabriqués sur place, avec des matériaux qui se trouvaient sous la 
main. 

D’autres et spécialement les objets en néphrite-jadeïte et chloromé- 
lanite paraissent avoir été importés de l’étranger. 

Le fait que d’après M. le professeur Ileierli, de Zurich, on a trouvé des 
gisements de ces derniers minéraux en Suisse, ne paraît pas de nature à 
modifier cette opinion. 

Les objets trouvés dans les palafittes sont toujours terminés; on ne 



MÉMOIRES PRÉSENTÉS. 


349 


retrouve pas des matériaux bruts ou des objets ébauchés. La trouvaille 
d’objets en néphrite présentent les caractères spéciaux à une néphrite 
qu’on ne rencontre qu’en Sibérie, enfin les relations commerciales cer¬ 
taines de ces peuplades semblent confirmer la thèse émise par M. Brière. 

Jusqu’au moment de la découverte relativement récente des moules 
dans les palafittes, il était généralement admis que les objets recueillis dans 
les fouilles étaient importés, soit de l’Etrurie, soit de l’Italie du Nord. 

Dès lors, la fabrication locale d’une bonne partie des objets trouvés ne 
fit plus de doute. 

Cependant la disproportion qui existe entre le nombre, ainsi que les 
variétés de forme des dits objets, et la quantité des moules retrouvés, 
autorise à conclure : 

Ou bien les moules de la plupart de ces objets étaient brisés après la 
fonte. 

Ou bien une certaine quantité de ces objets était d’importation étrangère. 

Il convient en outre de n’admettre l’authenticité d’une certaine quan¬ 
tité de moules figurant dans nos collections qu’avec une extrême 
prudence. 

Souvenirs d’enfance et de jeunesse d’un inconnu (1791-1802), par 
M. Albert CHOISY. 

L’auteur de ces souvenirs, Jean-Pierre Lafon, était le fils d’un chirur¬ 
gien de campagne établi à Cologny ; élevé au milieu de la tourmente 
révolutionnaire. Il prit part, malgré son jeune âge, aux événements de 
l’époque et fut secrétaire et député de sou club auprès du Club fraternel 
des révolutionnaires de la Montagne ; il assista à la première exécution 
des jugements du Tribunal révolutionnaire. 

Destiné à suivre la carrière paternelle, il alla étudier à Paris sous la 
direction de Dubois, plus tard comte d’empire, puis à Lyon, sous celle de 
Carret. 

De retour à Genève et admis à pratiquer à la campagne, il fit en coup 
de tête un mariage malheureux qui le poussa à se lancer dans de nouvelles 
aventures ; il s’engagea sur un bâtiment armé en course, mais s’étant 
brouillé avec ses supérieurs, il réussit à s’échapper pendant un atterrisse¬ 
ment à Carthagène et revint à Marseille à travers mille dangers. 

Ces souvenirs donnent de nombreux détails sur les mœurs du temps, 
particulièrement sur celles des villages genevois. 

Un buste de Charles-Emmanuel I er , duc de Savoie, par M. Albert 
DUNANT. 

M. Albert Dunant offre à la Société, au nom de M. Emile Duval 




BULLETIN. 


350 

une pliototypie représentant un buste de Charles-Emmanuel de Piémont 
à l’âge de 10 ans. Ce buste, en bronze, fait en 1572, haut de 47 cm. se 
trouve dans la collection Fould à Paris, 

Il existe un autre exemplaire de ce buste au palais royal de Turin sur 
lequel on a, après coup, substitué au collier de PAnnonciade qui figure 
sur l’original, celui de la Toison d’Or que le roi d’Espagne venait de 
conférer au jeune prince. 

Ce buste a été acheté aux héritiers du duc de Crillon-Mahon, ambassa¬ 
deur de France en Espagne, en 1818. 

698 . — Séance du 23 avril 1903. 

L'emplacement du bûcher de Michel Servet, à Champel, par M. E. 
DOUMERGUE. — lmp. ci-après. 

L’exercice illégal de l’art de guérir et les charlatans dans 
l’ancienne Genève, par M. Léon GAUTIER. 

Dès le XV e siècle, les autorités genevoises eurent à s’occuper de pré¬ 
server le public contre les dangers résultant de la pratique de médecins 
et de chirurgiens insuffisamment instruits : 

Après la Réformation, le nombre de ces empiriques s’accrut et leurs 
agissements motivèrent à plusieurs reprises des décisions du Conseil. 
Jérôme Boisée, le contradicteur, puis le calomniateur de Calvin, est le seul 
de ces médicastres dont le nom appartienne à l’histoire. 

Depuis 1569, des ordonnances réglementèrent la pratique de l’art de 
guérir et dès lors quiconque exerçait l’une de ces branches sans avoir été 
régulièrement autorisé commettait un délit. Les opérateurs itinérants et 
les marchands de remèdes spécifiques ne pouvaient être autorisés que 
pour un temps limité et après avoir été examinés par les jurés médecins, 
apothicaires et chirurgiens. 

En pratique cependant, la tolérance pour ces praticiens voyageurs était 
beaucoup plus grande qu’en théorie. Le corps médical ne cessait de 
porter ses plaintes à l’autorité, soit contre les opérateurs étrangers, soit 
contre les rebouteurs, soit contre les guérisseurs et guérisseuses popu¬ 
laires. 

La seconde moitié du XVII e siècle et la première du XVIII e ont été 
l’âge d’or des marchands d’orviétan, d’élixir de longue vie et de baume 
universel. Ces charlatans, à l’instar de Tabarin, débitaient leurs drogues 
sur des tréteaux, qui peu à peu devinrent un théâtre, en même temps que 
leur boniment se changeait en une action dramatique à plusieurs person¬ 
nages. Ce sont donc les opérateurs itinérants qui ont les premiers, depuis 
la Réforme, joué la comédie à Genève. Le premier théâtre eu plein vent 



MÉMOIRES PRÉSENTÉS. 


351 


construit au Molard avec la tolérance du Conseil, s’éleva en 1676. Le 
gros du public et le Consistoire étaient à ce point de vue beaucoup plus 
rigoristes que le petit Conseil. En 1685, quelques bourgeois allèrent 
jusqu’à démolir un théâtre dont les syndics avaient permis la construction. 

La première représentation à laquelle ait assisté Jean-Jacques Rous¬ 
seau, fut donnée par un opérateur italien qui faisait jouer des marion¬ 
nettes au Molard (sept.-oct. 1726). La grossièreté de ce spectacle fut 
peut-être une des raisons de son opposition contre le théâtre à Genève. 

Il semble vraiment que l’on peut encore penser avec lui que notre 
vieille république n’en avait pas besoin. Elle avait eu la tragédie dans 
son histoire. Pour les yeux qui savaient l’y voir, elle avait la comédie 
dans les menus faits de tous les jours. Et parmi ces menus faits, les 
moins humains ne furent pas les pratiques des guérisseurs extra-légaux 
où le drame se mêlait parfois à la farce. 

Ce récit montre une fois de plus, qu’en tout temps et qu’en tout lieu, 
l’esprit humain a besoin de se repaître de merveilleux. Genève la positive, 
Genève la calviniste a été un milieu de choix pour les guérisseurs impro¬ 
visés et les marchands d’orviétan. 

Quelques mots sur le Congrès international des Sciences his¬ 
toriques à Rome, en avril 1903, par M. Charles SEITZ. 

M. Charles Seitz, président, présente un court rapport sur le Congrès 
international des Sciences historiques à Rome. La Société y était repré¬ 
sentée par deux délégués : M. le professeur Ernest Muret et le rapporteur. 

Le Congrès, qui a duré du 2 au 9 avril, a été ouvert au Capitole, en 
séance solennelle, devant le roi et la reine d’Italie. Il comptait environ 
2500 membres, parmi lesquels plus de 300 délégués d’universités et de 
sociétés savantes. Il était divisé en huit sections (Histoire ancienne ; his¬ 
toire du Moyen Age et histoire moderne ; histoire des littératures ; archéo¬ 
logie, numismatique et beaux-arts ; histoire du droit ; histoire de la géogra¬ 
phie ; histoire de la philosophie et des religions; histoire des sciences). 
De nombreuses communications ont été faites dans toutes ces sections, et 
ont donné lieu à des discussions intéressantes. En outre il a été émis un 
certain nombre de vœux, dont le plus important est celui qui réclame la 
création d’un Corpus des inscriptions italiennes du Moyen Age. 

Le Congrès était très bien organisé. Les délégués ont rencontré l'accueil 
le plus aimable et le plus empressé. De nombreuses facilités étaient 
accordées aux congressistes pour la visite des monuments et des musées 
dépendant de l’État et de la Ville; de plus, ils ont eu le privilège de 
visiter les fouilles récentes faites au Forum sous la direction de leur 
habile et savant directeur, M. Boni. Diverses expositions ont eu lieu à 







352 


BULLETIN. 


l’occasion du Congrès ; celle de Topographie romaine présentait une occa¬ 
sion unique de voir réunis une foule de documents curieux sur l’aspect de 
la ville à diverses époques. 

Le Congrès a prouvé que l’Italie, prospère au point de vue politique et 
économique, l’est aussi au point de vue scientifique. La langue officielle 
du Congrès était l’italien, qui a été employé la plupart du temps même 
par les étrangers. 

Le Congrès international des sciences historiques, tenu à Rome, faisait 
suite à celui qui a eu lieu à Paris en 1900 : il a été décidé qu’il se réunirait 
de nouveau à Berlin en 1906. 


Faits divers. 


Dans l’année qui vient de s’écouler, la Société a publié : 

1° Au mois d’octobre 1902 la 7 me livraison du tome II du Bulle¬ 
tin, datée d’octobre 1902. 

2° Au mois de décembre 1902 la l re livraison du t. XXVIII 
(nouv. série t. VIII) des Mémoires et Documents, contenant les 
mémoire suivant : 

Les défenseurs de Genève à l’Escalade, par M. Louis Dufour- 
Ve mes. 

Ce mémoire a été réimprimé au mois d’avril 1903. 

3° Au mois de juin 1903 les Documents sur l’Escalade de 
Genève tirés des Archives de Simancas, Turin, Milan. Rome, 
Paris et Londres (1598-1603). 

En cours de publication : 

La 2 me livraison du t. XXVIII (nouv. série t. VIII) des Mémoires 
et Documents contenant le mémoire suivant : 

Histoire de la supervenue inopinée des Savoyards en la ville de 
Genève en la nuict du dimanche 12 jour de décembre 1602, par 
Melchior Goldast, réimprimée d’après l'édition de 1603 et précé¬ 
dée d’une introduction sur le séjour de Goldast à Genève (1599- 
1603) par Frédéric Gardy. 





OUVRAGES REÇUS. 353 

La Société est entrée en échange de publications avec la Societa 
archeologica Comense, à Côme. 

Elle a délégué son président, M. le professeur Charles Seitz et 
M. le professeur Ernest Muret au Congrès des sciences historiques 
qui a été tenu à Rome du 2 au 9 avril 1903. 

La Société a signé la pétition de la Commission d’Art public 
aux autorités genevoises en faveur de la conservation de la Tour 
de la Corraterie. 

Les fi et 7 juin 1903, la Société a fait une excursion à Annecy. 


Ouvrages reçus par la Société 

du 2 avril 1902 au 23 avril 1903. 


A 


Publications de Sociétés et recueils périodiques. 

La Société a continué à recevoir les publications des Sociétés 
correspondantes, dont on trouvera la liste à la fin du tome I e ’ 
du Bulletin et ci-dessus, p. 8, 93, 134 et 219. 

La Societa Archeologica Comense avec laquelle elle est entrée 
en échange de publications depuis le dernier Bulletin, lui a fait 
les envois suivants : 

Revista Archeologica délia Provincia di Como. Fasc. I (1872). 
Fasc. IV-XXVI (1873-1884). Fasc. XXIX-XLIV (1886-1901). 
Fasc. XLYI (1902). Indice Generale. Fasc. 1-XLIY). 

La Société a encore reçu les périodiques suivants : 

La Suisse universitaire. Année YII (1901-1902). (Don de 
M. Eugène Ritter.) 


BULLETIN. 


T. IL 


25 






354 


BULLETIN. 


Revue de Belles-Lettres. Année 1901-1902. (Idem.) 

Le Progrès religieux. Année V (1902). (Idem.) 

Revue historique vaucloise. 10 rae année (1902) et ll me année, 
n 09 1-4 (1903). (Don de M. Edouard Favre.) 

Ibid. ll me année, n os 1-4. (Don de la Rédaction.) 

Bibliothèque de l’École des Chartes. LXXII (1901). (Don de 
M. Camille Favre.) 

Les Archives de l’Imprimerie. Mai-décembre 1902; lévrier- 
mars 1903. (Don de M. Maurice Reymond.) 


B 

Livres et Brochures. 

Donateurs : 

MM. Hippolyte Aubert, 1 brochure. — Max van Berciiem, 
1 broch. — A. Bernus, 1 broch. -— Léon Bouciiaye, 3 broch. - 
Max Bruchet, 1 volume. — Carnegie Institution à Washington, 

1 vol. — Alfred Cartier, 1 vol. — Albert Choisy et Louis 
Dufour, 1 vol. — Alexandre Claparède, 2 broch. — Arthur 
de Claparède, 3 broch. — Auguste Cramer, 4 broch. — 
Francis De Crue, 1 broch. — Pierre Dunant, 2 broch. — Henri 
Le Fort, 2 broch. — E. Gaidoz, 1 broch. — Albert Gampert, 

2 broch. — Alexandre Guillot, 1 broch. — Marc Henrioud, 
1 broch. — Alexandre Jullien, 1 vol. — Gaston de Morsier, 
1 broch. — Eugène Mottaz, 1 vol. —François Mugnier, 1 broch. 

— Ernest Muret, 1 broch. — M me Naville de Pourtalès, 1 vol.; 
24 broch. — Louis Perrot, 2 broch. — Constant Picot, 1 broch. 

— Émile Picot, 1 broch. — Eugène Ritter, 10 vol., 3 broch. — 
Emile Rivoire, 2 vol. — Edouard Sarasin, 1 broch. — C.-F. 
Trachsel, 1 broch. — Flour de Saint-Genis, 1 vol. — Frédéric 
DE Wf.ECH, 1 vol. 

La Bibliothèque fédérale, 2 vol. 

Le Consistoire et la Compagnie des Pasteurs, 1 vol. 

Le Département fédéral de l’Intérieur, 4 vol., 1 broch. 

La Faculté des lettres de Genève, 1 vol., 7 broch. 

La Société anonyme des arts graphiques, 2 broch. 

La Société du Protestantisme français, 1 vol. 




OUVRAGES REÇUS. 


355 


C 

Gravures, Photographies, etc. 

Reproduction en phototypie d'un buste de bronze de Charles- 
Emmanuel I er de Savoie à l’âge de 10 ans, en 1572, s /-‘ grandeur 
naturelle. 47 cm. (Don de M. Émile Duval.) 

Les anciennes maisons de Genève photographiées par Frédéric 
Boissonnas (2 me série 1902). Planches 31 à 60. (Don du comité de 
; publication.) 

Réimpression de la gravure du Collège, de P. Escuyer (Pou 
de M. Louis Braschoss.) 

1 ) 

Manuscrits. 

Bibliographie de Jules-César, dressée a 1 usage de 1 empereur 
Napoléon III, par Charles Morel, 4 cahiers manuscrits. (Don de 
Madame Charles Morel.) 

Cahiers de notes, documents historiques et biographiques rela¬ 
tifs principalement à 1 histoire de Genève et de la Suisse, avec un 
répertoire analytique, par Edmond Pictet; 14 volumes compre¬ 
nant 148 cahiers (Don de M. Alfred Pictet.) 

Idem. Genève sous la domination française (1798-1813) 1 cahier. 

Idem. La Prise d’armes d’avril 1782 à Genève. 1 cahier de 
220 pages. 





L’EMPLACEMENT DU BUCHER 


DK 

Michel SERVET 1 


Il semble qu’aucun archéologue 11 ’ait encore pensé à déter¬ 
miner exactement, documentairement ce lieu historique, La 
difficulté cependant n’est pas grande : car il suffit de regarder 
d’abord quelques plans d’arpenteurs, et ensuite, quelques Actes 
de notaires. 


I 

Interrogeons d’abord les arpenteurs. 

De l’Hôtel de Ville, les condamnés à mort se rendaient au 
Bourg-de-Four, et de là on pouvait les mener à Champel par 
deux routes. 

Ou bien, ils continuaient tout droit, suivaient la rue des Chau¬ 
dronniers et cent pas après la porte Saint-Antoine trouvaient 
line croix. On les arrêtait là, leur faisant adorer cette croix, et 
par un chemin à droite, on les menait aux Tattes de Saint-Paul 
(via tend, de cnice S. Victorii versus S. Paulum). 

Ou bien, du Bourg-de-Four, ils prenaient à droite l’ancienne 
rue Saint-Christophe ou des Belles-Filles (rue Etienne-Dumont) 
jusqu’à la porte Saint-Christophe. De là presque en ligne droite, 
ils se dirigeaient vers les Tattes de Saint-Paul. 

C’était le grand espace dit la plaine ou le plateau de Champel 
qui existe aujourd’hui, couvert d’un beau gazon vert. 

Comme, à l’époque de Servet, la porte Saint-Christophe était 
fermée, peut-être depuis l’année 1527, c’est le premier chemin 
que dut suivre l’infortuné Espagnol. 


Communication faite à la Société le 23 avril 1903. 





L’EMPLACEMENT DU BUCHER DE MICHEL SERVET 357 

Ici, sur le plateau de Champel, prenons en main le plus vieux 
de nos plans, celui de Deharsu, de 1685*. 

Au premier angle de la plaine ou plateau de Champel, à 
droite, nous trouvons tout de suite un chemin étroit, et en des¬ 
cente assez rapide : chemin tendant de la commune de Champel à 
Genève. Après avoir été appelé Chemin Pavé, il est devenu la 
Rue de Michel-Servet: à juste titre, car c’est bien par là en effet 
que le condamné dut passer pour se rendre aux Patïbides. 

Ce chemin aboutit d’abord à un carrefour, marqué Colline ou 
Crest de Champel. C’est le carrefour actuel, un peu avant l’Hôpital 
cantonal. Alors, comme aujourd’hui, deux chemins partaient du 
dit carrefour, se dirigeant du Nord au Sud, l’un le plus bas, à 
à plat, Chemin public tendant à VArve (qui s’est appelé successi¬ 
vement : Chemin passant par dessous Champel, Chemin des 
Grands-Philosophes, enfin Chemin de la Roseraie ), l’autre, plus 
haut, montant, Chemin tendant aux patïbides de Champel (aujour¬ 
d’hui Chemin de Beau-Séjour). 

Au bout, ce second chemin (juste devant la porte d’entrée de 
l'hôtel Beau-Séjour actuel) tournait à angle droit, vers la gauche 
et prenait le nom de Chemin de Champel (c’est le Chemin de 
l’Escalade actuel). 

Si l’on compare les plans successifs, qui vont de ce premier 
plan Deharsu, en 1685, jusqu’au dernier plan Briquet, je veux 
dire un second plan Deharsu, 1711; un plan Mayer, 1786 (tous 
les deux, comme le précédent, aux Archives ), un autre plan Mayer, 
de 1827 (annexé à un acte, chez M. le notaire Moriaud), et le 
plan cadastral de 1849 1 2 , surtout si l’on fait une promenade à 
Champel même à travers ces chemins, on constate que, depuis la 
fin du XVII e siècle, la configuration des lieux n’a pas été sensi¬ 
blement modifiée. Elle l’avait été évidemment moins encore du 
XVI e au XVII e siècle. On s’est borné à ouvrir récemment, au 
milieu de la Rue Michel-Servet, à gauche en descendant, le petit 
Chemin des Chalets : rien de plus. 

1 Elans de la contrée de Rive, 1670 à 1704. N° 52 (Archives). — Plan 
12, n° 8. Au coin du plan, en haut, on lit : Mis au net, 4 sept. 1685. — 
Enfin une note au crayon, sur une feuille volante, dans le volume, 
attribue ces plans à Deharsu. (Voir ci-après planche VIII.) 

2 Voir ci-après planche VIII. 







358 


BULLETIN. 


Plaçons-nous donc au carrefour, à l’entrée du Chemin tendant 
aux patïbules (chemin Beau-Séjour) et regardons les deux plans 
de Deharsu, celui de 1685 et celui de 1711. 

Le premier, sommaire et grossier, accuse fortement des sinuo¬ 
sités, aujourd’hui affaiblies, mais encore sensibles. Prenons le 
milieu du chemin, entre son point de départ et son point d’ar¬ 
rivée. Au milieu, à droite, à l’endroit où les terres font un ren¬ 
dement sur la route et où cette route dévie (il faut bien noter 
cette déviation), le plan porte, dans un carré, le mot Patïbules; 
et ce carré est inscrit, par des points, dans un autre carré plus 
grand portant ces mots : Terre de la Seigneurie. 

Heureusement que le plan de 1711 *, dressé avec plus de soin, 
précise ces indications. Bientôt après le carrefour, le chemin 
montant, à peine indiqué par des points, au début (il était beau¬ 
coup plus nettement tracé en 1685), traverse un espace marqué : 
Creux, soit Sablière. Puis, avant la déviation, vient « la terre à la 
Seigneurie, tenue par ïexécideur, » et, dans cette terre, un signe 
spécial indique le lieu précis des exécutions : « Icy etoyent autre¬ 
fois les Patïbules. » Ces patibules sont au bord du crêt, à l’endroit 
du plus grand renflement de celui-ci, à un point qui serait à peu 
près indiqué si l’on prolongeait à travers le chemin de Cbampel 
la limite sud du mas Dunant. Le Creux ou sablière, et la Terre à 
la Seigneurie, longés à l’orient par le chemin, sont enveloppés à 
l’occident par les biens appartenant à la famille de la Corbière. 

Le plan de vérification de la banlieue de Genève 1 2 par Mayer, 
ingénieur, montre que, en 1786, « le gravier à la Seigneurie » et 
le champ du bourreau se confondaient, que la sablière s’était 
agrandie depuis 1711, rongeant une partie du chemin, et offrant 
comme un réservoir que l’eau de pluie sans doute venait souvent 
remplir. 

C’est alors qu’eut lieu la réfection du chemin, dont un tout 
petit plan, mesuré en 1827, par le géomètre-arpenteur Mayer 

1 Plans réguliers des possessions contenues dans les franchises, rière le 
quartier de Rive. Tirés géométriquement en faveur des magnifiques et 
souverains Seigneurs de la Ville et République de Genève en l’année 
mille sept cent et onze, par Pierre Deharsu (Archives). N° 54. PI. 4, 
n° 6. ( Voir ci-après planche IX.J 

2 Archives, n° 35, pl. 16. (Voir ci-après planche VIII.) 




359 


l’emplacement DU BUCHER DE MICHEL SERVE!’ 

(successeur sans doute du précédent), à propos d’un acte dont 
nous aurons à reparler, donne toutes les dimensions exactes. 
Nous y voyons que le champ du bourreau s’étendait bien jusqu’à 
la petite sinuosité ou déviation, toujours indiquée par tous les 
plans, en face du portail de la campagne Dunant. 

Enfin le plan cadastral de 1849, avec indications postérieures 
constate que cette partie du terrain, où étaient les Patibules, et 
la partie avoisinante du champ ou creux dubourreau, se trouvent 
dans la propriété actuelle de la famille Jérôme. Il y a toujours la 
déviation, la sinuosité du chemin. La limite de l’ancienne cam¬ 
pagne Dunant est devenue le chemin des Chalets. Et en le pro¬ 
longeant par la pensée, on retrouve l’emplacement des patibules 
dans la partie sud de la villa Jérôme. 

Pour achever cette première série de renseignements, celle des 
renseignements graphiques, n’oublions pas un dernier document 
fort important *. Il nous montre, sur un dessin, ce que nous avons 
vu jusqu’ici sur des plans. C’est la vue de Martin Baum, 1590. 
représentant le Fort d’Arve et les combats qui se livrèrent à 
Pinchat et aux environs en juin et juillet 1589. A l’extrémité 
gauche du dessin, tout au bord et en bas, on distingue deux 
mamelons : le premier sur lequel sont braqués des canons qui 
tirent, le second sur lequel se dressent les piliers des Patibules, 
marqués de la lettre Q, et renvoyant à la légende : Justice de 
Genève. Ces deux plateaux existent toujours. Le premier est celui, 
sur lequel se trouve bâti l’hôtel Beau-Séjour; et le second — tou¬ 
jours séparé du premier par un petit ruisseau et un enfoncement 
assez profond — est celui sur lequel est posée la villa Jérôme. 
Elle se trouve bien à l’endroit le plus proéminent du promontoire 
formé par ce second plateau. Et nous concluons : il y a lieu de 
douter que le creux du bourreau, autrement dit la Sablière, 
existât déjà au XVI e siècle. Les plans semblent indiquer que cette 
dénomination est apparue entre 1685 et 1711. On peut penser 
que postérieurement, au XVI e siècle, les champs avoisinant les 
patibules furent exploités comme sablières. On en tira le gravier 
dont parle un autre plan. C’est du reste nettement spécifié dans 
un acte de 1827, qui impose au propriétaire du lieu « charge de 


Voir ci-après planche X. 






360 


BULLETIN. 


laisser à la commune de Plainpalais la faculté d’extraire du 
creux cédé les sables et les pierres dont elle aura besoin pour le 
premier établissement du chemin Champel seulement. » Ce qui 
devait se faire encore une fois, s’était fait déjà souvent, et entre 
le bord du chemin et le sommet du crêt, un creux avait fini par 
se former. Comme il était près des patibules, et que même une 
partie tout au moins avait constitué la « terre de la Seigneurie 
tenue par l’exécuteur, » c’est-à-dire le champ cultivé par le 
bourreau, le peuple l’avait tout naturellement appelé le creux, le 
champ du bourreau '. Mais évidemment ce n’était pas dans ce 
creux (même s’il avait existé, et très probablement il n’existait 
pas) que, au XVI e siècle, se cachait le lieu des exécutions. Comme 
l’indiquent très bien la vue de Baum, et le plan de 1711, les Pati¬ 
bules se dressaient au bord du plateau, de façon que, selon la 
coutume du temps, leur silhouette sinistre, et destinée à inspirer 
une salutaire terreur, pût être aperçue de loin. 


II 

Il ne nous reste plus qu’à compléter les renseignements des 
arpenteurs et des dessinateurs par ceux des notaires. 

De 1824 à 1827, par des acquisitions successives, le sieur David 
Redard devint possesseur des terrains situés aujourd’hui entre le 

1 Rilliet place les patibules au « plateau de Champel, sur lequel, et uon 
au lieu dit Champ du bourreau, doit se placer le théâtre des exécutions. 
Ce dernier endroit était le cimetière des suppliciés. » M. D. G. III (1844), 
p. 121, note 1. — De cette double indication, la première, vague, est 
inexacte, si notre démonstration n’est pas fausse. Que penser de la 
seconde? M. Rilliet semble simplement avoir suivi Dunant : Les Chro¬ 
niques de Genève, par François de Bonivard (1831), I, p. 111, note 5 : 
« De Lacorbière pense que la chapelle de Saint-Paul étoit à l’endroit où 
l’on exécutoit anciennement les criminels et que l’on appeloit encore de 
son temps les Lattes de Saint-Paul. On sait que, quoique l’on n’exécute 
plus à Champel les condamnés, on y a jusqu’à nos jours transporté et 
enseveli leurs corps, dans un lieu appelé le Champ du Bourreau. » Il est 
assez facile de penser que de ces deux renseignements, l’un étant inexact, 
l’autre n’est pas exact. On ne se représente pas très facilement un endroit 
servant en même temps de sablière et de cimetière, où l’on apporte des 





L’EMPLACEMENT DU BUCHER DE MICHEL SERVET 361 

chemin de Beau-Séjour et le chemin de la Roseraie, depuis en 
bas, au Nord, le carrefour où sont les caves, jusqu’en haut, au 
Sud, la porte de l’hôtel. 

Ce vaste domaine fut constitué par deux transactions, l’une 
avec des particuliers, l’autre avec l’État. 

1° Le 29 septembre 1824 % le sieur Redard acquiert la propriété 
de Pierre-Louis Métraux, « à l’exception, est-il dit, d’une petite 
partie qui est bornée par un mur du côté des Philosophes et la 
place devant la maison, sur le chemin où il y a six grands arbres, 
de haute futaie dépendans du dit domaine. » Ces six arbres sont 
marqués sur le plan de Mayer de 1827 : ils bordaient le chemin, 
en face du talus dans lequel on a depuis creusé des caves. Arbres 
et place existent toujours 2 . La propriété Métraux, entre les deux 
chemins, allait de « la carrière sablonneuse jusqu’à la campagne 
Pictet (hôtel Beau-Séjour actuel). 

P.-L. Métraux avait reçu cette propriété, par héritage, de 
Jean-Etienne Jeammonod, dit Monod (testament du 18 janv. 1820). 
— Jeammonod l’avait acquise le 28 sept. 1807 de veuve Marie- 
Madeleine de la Corbière. Et les de la Corbière l’avaient reçue de 
D lle Gabrielle-Marie de la Corbière, « suivant et aux termes de 
son testament mystique, le 12 thermidor an XII. » 

2° L’autre partie du domaine du sieur Redard, la petite 
enclavée dans la grande, appartenait d’abord au domaine public. 
C’était le champ du bourreau. L’État intervint par des délibéra¬ 
tions du 21 juillet 1826, du 4 août 1826, et du 19 mars 1827 3 . 
Mais comme ce champ du bourreau se trouvait dans la commune 

cadavres et d’où l’on tire des pierres. Le nom de Champ du bourreau 
s’explique très suffisamment, comme nous l’avons dit, par le fait que 
c’était le champ donné au bourreau par la Seigneurie. La légende a sans 
doute ajouté le reste. Combien du reste cette légende était vague, même à 
l’époque où écrivaient Dunant et Rilliet, Blavignac nous le montre quand 
il écrit : « Les os que le vent détachait des corps décharnés, suspendus au 
gibet par des chaînes de fer, étaient jetés sur une place qui, jusqu’à nos 
jours, a conservé le nom de Champ du Bourreau. » Armorial [1849], 
p. 224, note. 

1 Acte du 6 octobre 1824 (Richard, notaire). 

2 Un second acte du 15 février 1825, régla une question, à ce moment 
pendante, d’usufruit. 

3 Voir ces délibérations aux Registres du Conseil d'Etat. 




BULLETIN. 


362 

de Plainpalais, à la date du 31 octobre 1826, nous lisons dans les 
procès-verbaux du Conseil municipal de cette commune : « L’Etat 
cède au sieur Redard le terrain dit creu ou champ du bourreau 

longeant le chemin de Cliampel.Par contre le sieur Redard. 

bordera d’une nouvelle haie le chemin des Philosophes, au-dessous 

du champ du bourreau. comblera et arrangera le terrain qui 

lui est cédé, dans le terme de deux années, de manière à ce que 
le local [c’est-à-dire le lieu] ne présente plus aucun danger au 
passage \ » 

Ces indications sont répétées et précisées dans l'acte notarié 
passé le 7 sept. 1827, par devant le notaire Butin, entre No Henri 
Patio, président de la noble chambre des travaux publics, G. Pré¬ 
vost, maire de la commune de Plainpalais, et MM. David Redard 
et Pictet-Calandrini, propriétaires à Champel. Le sieur Redard 
reçoit « le terrain dit le creux, soit le champ du bourreau, » et 

s’oblige « de combler le creux cédé de manière que.le terrain 

cédé ne présente plus qu’un talus prolongé et insensible, qui soit 
sans danger pour les piétons et les voitures. » Il placera « son nou¬ 
veau clédal à l’angle, soit extrémité nord du creux cédé, en biais 1 2 . » 

Voilà comment se constitua le grand domaine Redard : voici 
comment il se divisa. 

Ch.-Alex. Martin, qui l’avait acheté, le 8 avril 1836 à Redard, 
vendit la partie sud, appelée Clairmond (10 juin et 15 août 1836) 
à Achard, qui la revendit (2 ( J avril 1843) à J.-L. Claparède. 
C’est la campagne actuelle, n° 8. 

Martin vendit la partie Nord, comprenant le champ du bour¬ 
reau, à Ch.-G. Hirschgartner (10 juin 1836); le fils de celui-ci, 
Albert Hirschgartner la revendit à J.-Antoine Rochat (12 avril 
1843). Alors cette moitié Nord de l’ancien domaine Redard se 
subdivisa en deux autres moitiés : campagne Winter, subdivisée 
de nouveau en campagne Martin et clinique Martin, n° 2 et il 0 4; 
et le n° 6, campagne Jérôme, acquise par John Jérôme, de 
J.-Antoine Rochat, le 25 août 1856; c’est la campagne qui est à 
la petite déviation que nous avons plusieurs fois signalée, en face 

1 Plainpalais. Registre municipal de l’an IX à 1832. Conseil municipal 
de la commune de Plainpalais, p. 288-299. 

2 A cet acte est joint le plan explicatif Mayer, dont nous avons parlé. 
— Transcriptions hypothécaires, vol. 131, n° 60. 







l’emplacement DU BUCHER DE MICHEL SERVET 363 

du Chemin des Chalets, du portail Dunant, et qui contient le 
second plateau dont nous avons parlé. Elle est au point proémi¬ 
nent de ce plateau. 

Ainsi nos deux séries de documents concordent, et nous 
amènent, par des déterminations successives dont l’exactitude 
paraît incontestable à la même conclusion : 

Le lieu précis ou s’éleva le bûcher de Servet est dans la villa 
Jérôme actuelle, chemin de Beau-Séjour, n° 6, du côté du Sud, 
sur la terrasse qui, devant la maison, s’avance sur le chemin de 
la Roseraie. 


E. Doumergue. 












PI. VIII. 



Premier' plan Deharsu 


Plan Mayer 


1685 


1786 


























































PI. IX. 



Second plan Deharsu , 1711. 




























































































BULLETIN 


DE LA 

SOCIÉTÉ D’HISTOIRE ET D’ARCHÉOLOGIE 


JUIN 1904 


Personnel de la Société. 

Depuis la publication de la 8 me livraison du t. Il du Bulletin, 
datée de mai 1903, la Société d’histoire et d’archéologie a reçu 
au nombre de ses membres effectifs : 

MM. 

1903 Guy de Budé. 

» Jules Dubois, licencié en théologie. 

» Paul-Edmond Martin. 

1904 Eugène Moriaud, notaire. 

» Georges Werner, licencié en droit. 

» Horace Jaccard. 

Le nombre des membres effectifs de la Société était au 
30 Juin 1904, de 189. 

D’autre part, la Société a eu le regret de perdre cinq de ses 
membres effectifs : MM. Louis Bron (f 28 juillet 1903), Théodore 
de Saussure (f 4 août 1903), Arnold Meyer (f 25 mars 1904), 
Arthur Bossi (f 26 avril 1904) et Albert Rilltet (f 7 juin 1904). 

26 


BULLETIN. 


T. II. 









360 


BULLETIN. 


Louis Bron avait acquis une autorité indiscutée dans un 
domaine spécial, celui des armes, des uniformes et des drapeaux 
suisses d’autrefois. Reçu membre de la Société d’histoire et d’ar¬ 
chéologie en 1890, il y a fait plusieurs communications, toutes 
relatives à son sujet d’études favori. Peu de mois avant sa mort, 
il présentait encore à ses collègues une étude solidement docu¬ 
mentée sur le casque de chevalerie à travers les âges. 

A la mort du D r Gosse, le Conseil administratif lui avait confié 
les fonctions de conservateur du Musée des armures. Le canton 
de Soleure le chargea de classer ses importantes collections et 
d’en dresser le catalogue. Enfin, Bron fut appelé à diriger l’ins¬ 
tallation, au Musée national suisse, de la collection des uniformes 
militaires cantonaux de l’ancienne Confédération, et celle des uni¬ 
formes des régiments suisses au service étranger. C’est donc à 
M. Bron que sont dus la classification modèle et le catalogue 
systématique de cette riche collection, et les documents qu’il a 
recueillis resteront à jamais une mine précieuse pour les savants 
suisses. 

Bron a publié dans les Archives héraldiques suisses, en 1895, 
un travail intitulé: Le drapeau des Cent Suisses de la garde des 
rois de France. B possédait de nombreux documents graphiques, 
dessinés par lui d’après les originaux, et dont il s’est souvent servi 
pour illustrer ses communications. Il allait enfin en tirer parti 
pour des publications qui lui eussent acquis une notoriété plus 
étendue que celle, très honorable, dont il jouissait, quand la mort 
est venue brusquement le surprendre en plein travail, à l’âge de 
54 ans, le 28 juillet 1903. 

Théodore de Saussure. Le 4 août 1903, la Société perdait un 
autre de ses membres, qui portait également le plus grand inté¬ 
rêt au Musée national suisse, et qui en a été l’un des fondateurs. 

Théodore de Saussure, né à Genève, en 1824, a rendu à son 
canton d’origine et à la Suisse, qu’il aimait tous deux d’une 
ardente affection, de nombreux services dans divers domaines. 
C’est en 1878 qu’il fut reçu membre de la Société d’histoire et 
d’archéologie. Presque chaque année, jusqu’en 1886, il y a fait 
une ou plusieurs conférences sur les sujets les plus variés; à noter 
spécialement son Étude sur la langue française, de Vorthographe 



PERSONNEL I)E LA SOCIÉTÉ. 


367 


des noms propres et des mots étrangers introduits dans la langue 
(Genève 1885, in-8). 

Théodore de Saussure était à juste titre très connu et très 
apprécié dans toutes les parties de la Suisse. En 1879, il contri¬ 
bua, pour une large part, à fonder la Société pour la conserva¬ 
tion des monuments de l’art ancien en Suisse. A la fois patriote 
et artiste, il estimait qu’un pays se doit à lui-même de conserver, 
non seulement ses monuments d’architecture, mais aussi ses 
objets d’art ancien. C’est ce que révéla, en 1884, à l’Exposition 
nationale de Zurich, l’organisation du groupe de l’Art ancien, dont 
de Saussure s’occupa beaucoup. Cette tentative méritoire intéressa 
le public, elle attira sur un côté négligé jusque alors de la vie passée 
du pays, l’attention des personnes qui ne soupçonnaient pas sa 
réelle importance. En 1886, les Chambres fédérales accordèrent 
un subside de 50,000 fr., qui devait être annuel, à la conservation 
des antiquités nationales. Théodore de Saussure fut pendant trois 
ans le président de la commission chargée de travailler à cette 
belle tâche. Il soutint de toutes ses forces l’idée de la création 
d’un Musée national Suisse, et il fit également partie de la com¬ 
mission chargée de la réaliser et de présider à ses débuts, de 
1891 à 1899, année où l’état de sa santé l’obligea à donner sa 
démission. 

Albert Rilliet, né le 25 avril 1848, est décédé le 7 juin 1904, 
dans sa propriété du Vengeron, près Genève. Bien qu’il eût con¬ 
sacré son existence à l’étude des sciences physiques et chimiques, 
Rilliet n’en a pas moins contribué à l’avancement de la science 
historique, à laquelle il portait le plus patriotique intérêt, et il a 
su mettre en valeur la belle collection de manuscrits, d’imprimés, 
de brochures genevoises et de gravures formée par son ancêtre, 
M. Rilliet-Necker, et complétée par l’éminent historien genevois 
Rilliet-de Candolle, qui l’avait léguée à son neveu. Sans être lui- 
même historien, il en a cependant tiré parti pour des communi¬ 
cations à la Société d’histoire, dont il avait été reçu membre le 
25 mars 1886. 

C’est ainsi qu’à la séance du 27 mars 1902 il faisait entendre à 
ses collègues une intéressante communication sur l’enfance de 
M me de Staël, d’après un manuscrit de sa bibliothèque écrit par 




368 


BULLETIN. 


M me Rilliet-Huber. A cette même époque, il se livrait, avec 
M. Eugène Ritter, à une étude sur un autre manuscrit de sa 
bibliothèque concernant un récit de l’Escalade attribué jusqu’à 
présent, à tort très probablement, à David Piaget, et dont il a fait 
remonter l’origine à Simon Goulard, l’historiographe genevois 
bien connu. 

Nombreux sont les historiens genevois dont les travaux ont été 
facilités par l’inépuisable complaisance de M. Rilliet. Il les admet¬ 
tait à consulter ses collections et à emporter chez eux les docu¬ 
ments qui pouvaient leur être utiles pour leurs publications, ou 
même à reproduire certaines gravures dont il possédait les exem¬ 
plaires rarissimes dans sa bibliothèque. 

La Société a perdu également quatre de ses membres corres¬ 
pondants : MM. Karl-Adolf de Cornélius (f 10 février 1903), 
Frédéric-Emmanuel Bollati, baron de Saint-Pierre (f 28 mai 
1903), Théodore Mommsen (vov. ci-après), et François Mugnier 
(T 22 mars 1904). 

Karl-Adolf de Cornélius, né à Würzbourg, le 12 mars 1819, 
avait accompli ses études universitaires à Bonn et Berlin avant 
d’entrer dans la carrière de l’enseignement, vers laquelle il se sen¬ 
tait attiré. Après avoir siégé en 1848 à l’Assemblée Nationale de 
Francfort, il trouvait sa voie en se livrant à l’étude des mouve¬ 
ments politiques et religieux dans diverses contrées de l’Alle¬ 
magne, étude dont les premiers fruits furent ses beaux travaux 
sur les révolutions de Munster, qui lui valurent en 1850 le docto¬ 
rat de Munster. 

En 1854, il était nommé successivement professeur à Breslau 
et à Bonn, et, en été 1856, il fut appelé à occuper une chaire d’his¬ 
toire, qu’il a conservée jusqu’en 1886, à l’Université de Munich, où 
il s’est acquis une grande réputation par son enseignement auquel 
il consacrait le plus clair de son temps et de ses forces. En lui le 
professeur a fait tort jusqu’à un certain point à l’écrivain, et 
Cornélius n’a produit en somme qu’un nombre de publications 
assez restreint. 

La période comprise entre 1850 et 1860 a été la plus féconde 
de son activité littéraire. C’est en 1855 et 1860 qu’il a fait paraître 





PERSONNEL DE LA SOCIÉTÉ. 369 

à Leipzig les deux volumes de sa « Geschichte des Münsterischen 
Aufruhrs », et en 1856 qu’il a édité à Munich ses « Studien zur 
Geschichte des Bauernkriegs ». 

Cornélius a pris sa retraite à l’Université de Munich en 1886, 
et il a vécu jusqu’en mai 1903. Les dernières années de son exis¬ 
tence ont été consacrées en partie à des travaux sur Jean Calvin. 
C’est à la suite du désir exprimé par son collègue Kampschulte, de 
le voir continuer son œuvre, interrompue par la mort, qu’il a été 
appelé à s’occuper de la personnalité du réformateur genevois. 

Il a donc étudié avec soin les archives de Genève et Berne en 
vue de ce travail, qu’il a publié sous forme d’une série d’études, 
véritables petits modèles de critique historiques, réunies ensuite 
dans le volume adressé par lui, en guise d’adieu à ses amis, en 
1899, sous le titre de « Historische Arbeiten vornehnilich zur 
Reformationszeit ». Ce sont : 

1) Der Besuch Galvins bei der Herzogin Renata von Ferrara, 
im Jahre 1536. 

2) Die Yerbarmung Galvins aus Genf im Jahre 1538. 

3) Die Rückkehr Galvins nach Genf. 

4) Die Gründung der Calvinischen Kirchenverfassung in 
Genf, 1541. 

5) Die ersten Jahre der Kirche Galvins, 1541-1546. 

6) Calvin und Perrin, 1546-1548. 

Cornélius avait été nommé membre correspondant de la Société 
en 1888. 

Frédéric-Emmanuel Bollati, baron de Saint-Pierre, est né le 
9 juin 1825 à Pont Canavese. Après avoir achevé ses études de 
droit en 1845, il s’adonna à l’étude de l’histoire du droit et fit 
paraître en peu d’années un grand nombre de publications, parmi 
lesquelles les Atti e Documenti dette antiche assemblée rappresen- 
tative e délia Monarchia di Savoia. Comitiorum pars prior et 
altéra publiés dans les Historiée Patrice Monumenta t. XIV et XV. 
Turin 1879 et 1874, in-fol. 

Il fit ses débuts dans la vie publique, à l’office de l’avocature 
fiscale générale à Turin (1853-1855), et de là il fut appelé à rem¬ 
plir les fonctions d’adjoint et de secrétaire au Conseil d’État, où 
il se fit remarquer par l’étendue de ses connaissances dans l’éla- 





370 


BULLETIN. 


boration des nombreux projets de loi qui étaient soumis à l’appro¬ 
bation du Parlement. Il poursuivit sa carrière comme chef de 
Cabinet du ministre Minghetti, mais, à ce moment de son exis¬ 
tence, cédant à l'attraction très puissante qu’exerçait sur lui 
l’étude des sciences historiques, il abandonna la carrière politi¬ 
que pour entrer aux archives d’État de Turin, en qualité de chef 
de section. Peu avant cette nomination, il avait été élu membre 
de la « Deputazione di Storia Patria nelle Antiche Provincie e 
nella Lombardia ». Bollati devait achever sa carrière aux archives 
du Piémont, dont il fut nommé le surintendant à la mort de 
Bianchi, en 1886. 

Il était membre correspondant de la Société depuis 1887. 

En dernier lieu il a fait paraître dans la série Y de la Biblio- 
theca storica italiana un important travail intitulé : lllustrazioni 
délia Spedizione in Oriente di Amadeo VI (il conte VerdeJ. 
Turin, 1900. 

François Mugnier est né à Rumilly le 26 avril 1831. Il appar¬ 
tenait à une famille ancienne et honorable de cette localité. Doc¬ 
teur en droit civil et en droit canon de l’Université de Turin, il 
débuta dans la carrière judiciaire en 1856, à un moment où la 
Savoie faisait encore partie du royaume de Sardaigne. Après 
l’annexion, il remplit avec distinction, auprès de plusieurs tribu¬ 
naux, les fonctions que lui confia le Gouvernement français, et 
enfin, en 1878, il était nommé conseiller à la Cour d’appel de 
Chambéry. Lorsque la limite d’âge le condamna à la retraite, en 
1902, il reçut le titre de Président honoraire, mérité par sa science 
du droit, son esprit judicieux et lucide, et par la conscience avec 
laquelle il s’était acquitté de ses fonctions. 

Mugnier aimait son pays d’un amour profond, aussi a-t-il 
consacré ses loisirs, pendant un demi-siècle, à l’étude des annales 
de la Savoie. Il a contribué à fonder, en 1855, la Société savoi- 
sienne d’histoire et d’archéologie, et il l’a présidée pendant de 
longues années. Une notable partie des travaux qui remplissent 
les 42 volumes des Mémoires de cette Société sont l’œuvre de ce 
savant érudit. 

La bibliographie de l’œuvre de M. Mugnier est contenue jus¬ 
qu’à l’année 1890, dans le tome XXV de ces Mémoires, ce qu’il a 




MÉMOIRES PRÉSENTÉS. 


371 


publié depuis cette date a paru dans les volumes subséquents de 
la collection. Dans le tome XLI, il a donné une importante étude 
sur Antoine havre, Président de Genevois, premier Président du 
Sénat de Savoie (1554-1624), tandis que le tome XLII contient 
la volumineuse correspondance de cet homme d’État, jusqu’en 
1611. La mort l’a empêché d’en publier la suite. 

Parmi les travaux de M. Mugnier qui ont paru ailleurs que- 
dans les Mémoires de la Société savoisienne, il en existe quelques- 
uns qui présentent pour les Genevois un intérêt tout particulier. 
C’est ainsi qu’il a fait paraître, de 1885 à 1888, dans la Revue Savoi¬ 
sienne, des Notes et documents sur les évêques de Genève depuis la 
Réforme et, en 1888, chez Champion, à Paris, un volume intitulé : 
Les évêques de Genève-Annecy depuis la Réforme , 1535-1870. 

Enfin, il avait recherché, à la demande de MM. Albert 
de Montet et Eugène Ritter, les documents existant en Savoie 
dans les archives publiques et privées, sur M me de Warens, la 
célèbre amie de J.-J. Rousseau. Il a tiré ensuite, des documents 
qu’il a recueillis, en s’aidant des travaux des deux savants suisses, 
un volume paru en 1891. sous le titre Madame de Warens et 
Jean-Jacques Rousseau. 

M. Mugnier était, depuis 1887, membre correspondant de la 
Société avec les membres de laquelle il a toujours entretenu les 
rapports les plus cordiaux. Il ne laissait pas échapper une occa¬ 
sion de leur fournir les indications et les conseils précieux que 
lui suggérait sa connaissance approfondie de l’histoire de son 
pays. Il est décédé le 22 mars 1904, à Chambéry. 


Mémoires, Rapports, etc. 

Présentés à la Société. 

699. — Séance du 12 novembre 1903. 

Encore un mot sur Didier Rousseau, par M. Eugène RITTER. Impr. 

dans Bulletin de la Société d’histoire du protestantisme français, 
T. 53 (1904) p. 36 et suiv. 





372 


BULLETIN. 


M. Eugène Ritter communique le résultat des recherches qu’il a faites, 
avec un aimable collaborateur vaudois, M. Emile Du Plessis-Gouret, au 
sujet d’une tradition accréditée chez quelques-uns des descendants d’Eli¬ 
sabeth Chaboux, née Rousseau, morte à Grandson en 1769, et de sa belle- 
fille Jeanne Chaboux, née aussi Rousseau. On pensait que l’une ou l’autre 
de ces dames était de la famille de Jean-Jacques Rousseau; en sorte que 
dans leur postérité, chacun eût été en droit de compter le philosophe de 
Genève au nombre de ses parents. 

Or le père d’Elisabeth et le grand-père de Jeanne étaient l’un et l’autre 
des réfugiés, qui étaient venus de France dans le pays de Yaud, aux envi¬ 
rons de l’an 1700 : ils n’appartenaient donc pas à la famille genevoise 
dans laquelle est né Jean-Jacques Rousseau. 

Mais dans trois documents, — l’un qui est à Grandson, les deux autres 
à Genève, — l’un de ces deux réfugiés est dit originaire de Linas, au dio¬ 
cèse de Paris. Or Linas est voisin de Montlhéry ; et c’est de Montlhéry 
qu’est originaire Didier Rousseau, le quartaïeul de Jean-Jacques. 

Didier Rousseau est sorti de France en 1549, et Jacques Rousseau, de 
Linas, cent cinquante ans plus tard. On peut se demander s’ils n’étaient 
pas de la même famille ; s’il n’y a pas eu, dans ce coin de terre, une race 
Rousseau qui serait demeurée attachée à la foi protestante, depuis les 
jours de Henri II jusqu’au temps de Louis XIV. La tradition de famille 
susmentionnée, qui s’était évanouie à un premier examen, aurait ainsi, 
jusqu’à plus ample informé, quelque chance de se relever et de refleurir. 

Renseignements sur quelques taxes et monnaies en usage à Genève, 
au début du 19 e siècle, par M. Antoine VERCHÈRE. 

Ces renseignements proviennent de bordereaux administratifs, de reçus 
pour règlements d’affaires et de comptes de ménage. 

Plusieurs de ces bordereaux, datant du régime français, de 1798 à 1813, 
mentionnent des contributions directes, un droit de patente sur l’indus¬ 
trie, les taxes perçues par les Droits Réunis sur la circulation des vins et 
l’octroi à l’entrée de la Ville. Quelques-uns de 1814 ont trait aux contribu¬ 
tions arriérées de 1813 et aux dépenses de l’occupation autrichienne. 

Sous le régime genevois, la taxe de patente est remplacée par un modi¬ 
que droit d’inscription et les Droits Réunis sont supprimés. 

Ces diverses pièces portent des en-tête et des timbres officiels qui 
varient avec les modifications de l’état politique du pays. 

Dans les comptes d’affaires et de ménage, on voit apparaître une grande 
bigarrure monétaire. L’ancienne monnaie genevoise du florin se maintint 
en pratique, même sous le régime français, et fut officiellement rétablie 
à la Restauration. Pour les sommes de quelque importance, on trouve 




MÉMOIRES PRÉSENTÉS. 


378 


mentionnés des écus patagons de Genève, désignant probablement les 
grosses pièces d’argent frappées en 1794, puis d’autres pièces, dites écus 
de Genève, de valeur moindre. Beaucoup de comptes commerciaux sont 
réglés en livres courantes, monnaie conventionnelle, correspondant à 
3 1 /2 florins. 

De nombreuses transactions sont stipulées en monnaies françaises, 
anciennes et nouvelles : écus de 6 livres tournois, petits écus de 3 livres ; 
louis d’or ; écus neufs, c’est-à-dire pièces de 5 francs. 

Deux monnaies d’origine lointaine, employées fréquemment aussi, sont 
les piastres d’Espagne et les écus de Brabant. Enfin les affaires traitées 
en Suisse et en Savoie se réglaient en livres de Suisse et en livres de 
Piémont. 

Dans les comptes de ménage ou voit que le vin du pays se vendait à un 
prix peu élevé. Le sucre et le café étaient plus chers qu’aujourd’hui, 
et sous le Blocus Continental, en 1809, la livre de sucre coûtait fr. 4.85, 
la livre de café fr. 6. Les étoffes de laine de coton et de toile semblent 
avoir été un peu plus chères que de nos jours. 

Ces divers documents et leurs chiffres justificatifs font ressortir les dif¬ 
ficultés de la comptabilité de nos prédécesseurs genevois. 

700. — Séance du 26 novembre 1903. 

Essai sur la chronologie en usage dans les chartes du diocèse de 
Genève pendant l’épiscopat d’Arducius de Faucigny (1135-1185), par 
M. Edouard BURNET. 

On a compté les années, au moyen âge, de plusieurs manières différentes 
dont il convient en l’espèce de retenir six : les styles pisan, de Noël, de 
la Circoncision (groupe A), vénitien, florentin et pascal (groupe B). 

Pendant l’épiscopat d’Arducius de Faucigny, et plus tard encore, au 
moins jusqu’en 1206, toutes les pièces originaires du diocèse de Genève, 
publiées jusqu’à ce jour, et qui permettent de déterminer le style employé, 
à l’exception de celles qui proviennent de la chancellerie épiscopale, se 
se sont servies d’une année du groupe A, (Régeste Genevois, 334, 390 texte 
de Dunod et de Guichenon, seul recevable, celui de Besson, adopté par le 
Régeste doit être rejeté, 432, 493, moins sûrement R. G. 329 et 384 bis.) 

Pour la fin de la période ci-dessus, soit pour l’épiscopat de Nantelme 
(1185-1206), il y a lieu de croire que la dite année du groupe A est la natale 
(R. G. 482.) Pour l’épiscopat même d’Arducius de Faucigny, la question 
reste ouverte, quelques indices sembleraient impliquer l’emploi au moins 
partiel de l’année pisane (Mém. soc. savois. d’hist. et d’archéolog., t. XXII, 
p. 12, R. G. 394, s’il appartient bien au diocèse, peut-être aussi R. G. 308 





374 


BULLETIN. 


et, Rev. Savois., t, XXXIV, p. 115), mais l’usage de ce style dans la région 
considérée est en soi très improbable. 

A la Chancellerie épiscopale, aux mêmes époques, on aurait employé 
une année du groupe B (R. G. 344,454 et Rev. Savois., t. XXX4 III, p. 100), 
laquelle année serait la pascale : (R. G. 454.) La présente conclusion 
appelle quelques réserves : le premier acte susdit notamment, le seul 
pour l’épiscopat d’Arducius de Faucigny, a probablement été passé hors 
du diocèse de Genève et a peut-être suivi un style étranger. 

Les faits constatés ci-dessus ne s’accordent pas avec la théorie généra¬ 
lement adoptée par les historiens genevois, en particulier par le Régeste, 
et qui consistait à admettre qu’on avait employé d’une manière continue 
et dans toute l’étendue du diocèse, l’année pascale, dès avant Arducius de 
Faucigny jusqu’en 1305. Légitime pour une certaine période, cette théo¬ 
rie, en tout cas, ne paraît pas devoir être maintenue pour le XII e siècle. 

Le Régeste déroge quelquefois au système susdit, mais les exceptions 
relevées n’obéissent à aucune règle directrice. Pour ce point spécial, com¬ 
parer par exemple R. G. 334 avec R. G. 390. 

En suite des recherches précédentes, il apparaît qu’un certain nombre 
des dates ramenées au nouveau style données par le Régeste doivent être 
tenues pour suspectes et quelques-unes pour certainement inexactes. 


701. — Séance du 17 décembre 1903. 

Echange fait à Bâle, en 1795, de la fille de Louis XVI contre les 
prisonniers français en Autriche (d’après des documents inédits). 
Communication de M. Eugène DE BUDÉ. 

M. Eugène de Budé fait une communication relative à l’échange effectué 
à Bâle, en 1795, de Marie-Thérèse, tille de Louis XYI, contre les prison¬ 
niers français en Autriche. Le conférencier rappelle quels étaient ces pri¬ 
sonniers. C’est d’abord Marie-Thérèse, la malheureuse enfant enfermée au 
Temple avec ses parents et son jeune frère, et qui devint plus tard la 
duchesse d’Angoulême. D’autre part, quatre représentants du peuple, 
Camus le jurisconsulte, Henry Bancal des Tssarts, député, Quinette de 
Rochemont, le régicide, Lamarque, le général et l’orateur bien connu, 
Drouet, conventionnel, ci-devant maître de poste à Ste-Menehoulde et qui 
avait fait arrêter Louis XVI, enfin le ministre de la guerre Beurnonville. 
Ces derniers, qui s’étaient rendus en Belgique pour suspendre de ses fonc¬ 
tions le traître Dumouriez, et lui ordonner de rendre compte de sa con¬ 
duite, avaient été saisis par lui et livrés à l’Autriche. Ajoutons à cette 
liste deux ambassadeurs, Semonville et Maret, qui avaient été arrêtés dans 
les Grisons et livrés eux aussi à l’Autriche. 



MÉMOIRES PRÉSE N TES. 


375 


M. de Budé raconte en détail et à l’aide de documents par lui recueillis 
aux archives de Paris, Vienne et Bâle, l’échange qui fut fait dans cette 
dernière ville des prisonniers dont nous avons parlé. Il raconte les circons¬ 
tances dans lesquelles la princesse recouvra la liberté à la suite d’une 
pétition de citoyens d’Orléans, son voyage à travers la France, son pas¬ 
sage à Huningue, d’où elle écrit à son oncle pour lui demander de pardon¬ 
ner à ses ennemis, puis son arrivée à Bâle, dans la maison de M. Reber. 

Après avoir décrit la cérémonie de l’échange et la joie que ressentirent 
tous ces malheureux détenus, en se sentant délivrés sur le sol libre de la 
Suisse, M. de Budé suit Marie-Thérèse dans son voyage à Vienne et cite 
plusieurs lettres de félicitations que reçut la jeune princesse de la part 
des royalistes, sur sa route et à son arrivée au palais impérial. A la suite 
de la communication de M. de Budé, M. B. Relier rappelle quelques sou¬ 
venirs relatifs à cet incident. 

Théodore Mommsen, par M. Charles SEITZ. — Impr. ci-après. 

702. -— Séance du 14 janvier 1904. 

Rapports du président (M. Charles Seitz) et du trésorier 
(M. Victor van Berohem) sur l’exercice 1903. 

Mission du Conseiller Jean Malliet, en Angleterre (1582-1583), par 
M. Lucien CRAMER. 

La ville de Genève, à bout de ressources par suite des frais considéra¬ 
bles que lui avait imposé l’entretien d’une garnison, nécessitée par les 
agressions du duc de Savoie, Charles-Emmanuel 1 er résolut, en 1582, de 
s’adresser à la reine Elisabeth d’Angleterre, et de lui demander un secours 
financier. Le Conseil choisit en vue de cette mission, un jeune homme de 
trente-deux ans, Jean Malliet, dont les relations avec la haute société 
anglaise, au milieu de laquelle il avait vécu comme précepteur du comte 
de Lennox, oncle du roi d’Ecosse et cousin d’Elisabeth, devaient beau¬ 
coup faciliter la tâche. 

Malliet arriva à Londres en novembre 1582, muni de lettres pour la 
reine et les principaux personnages du royaume. La souveraine, bien 
qu’ayant refusé de contribuer personnellement en faveur de ses coreli¬ 
gionnaires genevois, sous le prétexte que son trésor était épuisé, ne mit 
aucun obstacle aux collectes particulières, et le député genevois trouva 
un appui précieux dans l’exécution de son office auprès des membres tout- 
puissants du conseil privé de la reine et auprès des ecclésiastiques du 
royaume. Les conseillers se mirent sans tarder à rassembler de l’argent 
dans les provinces, tandis que les évêques et archevêques organisaient la 






376 


BULLETIN. 


collecte dans leurs diocèses respectifs et qu’un marchand de la cité de 
Londres, Jean Bodley, fils du célèbre bienfaiteur d’Oxford, assistait Malliet 
pour la réunion et l’expédition des sommes accordées par la population 
anglaise et écossaise, toutes deux également sympathiques à la cause de 
Genève. En peu de mois, le montant de la collecte s’élevait à 5730 livres 
sterling, somme très élevée pour l’époque. 

Malliet rentra dans son pays après une absence de près d’une année. Il 
fut appelé dans la suite à revêtir les plus hautes charges de la Républi¬ 
que ; mais sa brillante et rapide carrière eut une fin lamentable. Poursuivi 
pour dettes, impliqué en outre dans l’affaire de Philibert Blondel, son 
neveu, il passa plusieurs années en prison et alla finir ses jours en exilé, 
sur les terres du duc de Savoie, qu’il avait combattu avec le plus louable 
patriotisme pendant une grande partie de son existence. 

703. — Séance du 28 janvier 1904. 

Correspondance inédite de Jean-Sylvain Bailly avec Charles Bon¬ 
net et Abraham Trembley-Colladon. Communication de M. Mau¬ 
rice TREMBLEY. 

M. Maurice Trembley a étudié au cours de ses recherches sur le 
XYIII me siècle une correspondance de quarante-trois lettres adressées à 
l’un de ses parents, M. Trembley-Colladon, par Jean-Sylvain Bailly, le 
savant français que la Révolution vint enlever à ses travaux pour en faire 
un homme politique en vue. 

M. Trembley a relevé également la correspondance échangée entre 
Bailly et Charles Bonnet, qui se trouve à la Bibliothèque publique de 
Genève, et il a tiré de ces deux correspondances toute une série d’obser¬ 
vations destinées à faire connaître les idées des savants qu’il mettait en 
scène. D’abord, il a présenté les appréciations de ces personnages sur les 
multiples questions de la vie privée à la fin du XVIII me siècle, après quoi 
il a étudié leur correspondance au point de vue des affaires publiques et 
des grands événements politiques qui se déroulaient alors en France. 
Il résulte de l’examen de cette correspondance que l’homme d’État 
français a observé avec moins de clairvoyance que ses correspondants 
genevois la marche de la Révolution. C’est avec étonnement que l’on 
retrouve dans les lettres de cet homme, qui devait payer de sa tête sa cons¬ 
tante fidélité aux principes de loyauté et de modération qui étaient les 
siens, des appréciations d’un optimisme hors de saison sur la tournure 
des événements révolutionnaires. Il se sert dans ses jugements de maximes 
générales formant un contraste frappant avec les observations d’une 
précision et d’une logique plus grandes, contenues dans les lettres de ses 
amis et correspondants genevois. 






MÉMOIRES PRÉSENTÉS. 377 

Bailly entretenait également une correspondance avec un troisième 
savant genevois, J.-L. Saladin, dont il n’a pas été possible à M, Trembley 
de retrouver les traces. 

Fouilles et découvertes archéologiques récentes à Genève et dans 
ses environs. Communication de M. Burkhard REBER. 

Une nouvelle station préhistorique à Veyrier. — De tout temps, 
l’auteur a voué une attention très suivie à la station paléolithique de 
Veyrier et a soumis à ses investigations, un grand rayon de terrain du 
pied du Salève, pensant que les habitations de cette époque ne se limi¬ 
taient pas uniquement à l’emplacement sous le Pas-de-l’Echelle. Cepen¬ 
dant, ce n’est qu’au printemps 1903 que M. Reber fut assez heureux pour 
rencontrer un nouvel abri sous roche, au-dessus de la Balme et au-dessous 
des rochers de Haute-Serre, dont l’apparence militait en faveur d’une très 
haute antiquité. lies fouilles, très soigneusement dirigées par M. Reber, 
ont mis à jour un mobilier très primitif, absolument identique à celui de 
la station paléolithique de Veyrier, qui se trouve à moins d’un kilomètre 
de distance. 

Jusqu’à 1 m. 50 de profondeur, on n’a rencontré que du remblai et des 
ossements entiers de carnassiers et d’autres animaux. De 1 m. 50 à 2 m., 
l’aspect de la couche changea entièrement. Autour d’un foyer composé de 
quelques blocs, portant des traces de feu, on ne remarqua rien que des 
cendres, du charbon et une grande quantité d’ossements, la plupart cassés 
intentionnellement pour sortir la moelle, beaucoup d’entre eux calcinés, 
preuve qu’on rôtissait les viandes. Le tout, mélangé avec de la terre, for¬ 
mait une couche très solide, visiblement piétinée pendant très longtemps. 
Ces indices suffisent à établir que ce foyer forma, pendant une durée de 
temps indéterminable, le centre d’une habitation de primitifs, de troglo¬ 
dytes d’un degré de développement intellectuel encore excessivement 
arriéré. Cette couche d’une culture paléolithique contenait aussi un certain 
nombre de cailloux roulés servant de massues et de broyeurs, quelques 
outils en silex, même un nucléus, un coquillage maritime et des morceaux 
d’ocre et de couleur, comme on en trouve dans presque toutes les sta¬ 
tions quaternaires. Pas trace de poterie ou d’un outillage néolithique en 
pierre. 

En revanche, M. le professeur D 1 ' Th. Studer, de Berne, qui a déterminé 
les ossements, a constaté la présence des plus anciennes races d’animaux 
domestiquées. Basé sur ce fait, d’une part, et de l’autre sur celui de 
l’absence absolue de toutes traces de la culture de l’époque néolithique, 
M. Reber classe cette nouvelle station dans la période intermédiaire entre 
le paléolithique et le néolithique. Cette trouvaille et les conclusions de 





378 


BULLETIN. 


M. Relier sont d’une grande importance pour l’étude de l’époque pré¬ 
historique dans notre contrée h 

Cour de Saint-Pierre. — L’abattage d’un des vieux arbres de la Cour 
Saint-Pierre a permis de constater que le terrain consistait presque exclu¬ 
sivement en restes de constructions anciennes, pierres, mortiers, tuiles, 
poteries, etc. et surtout en ossements humains. A 1 m. de profondeur, 
M. Reber a constaté un pavé en mortier, couvert de morceaux de tuiles, 
et un second à 1 m. 25, mieux construit et mieux conservé encore. On 
pouvait le comparer à une mosaïque grossière. En poussant les travaux 
jusqu’à 1 m. 80, on a trouvé un mur très régulièrement et très solidement 
établi. Du côté sud, ce mur formait un angle, marqué par un beau bloc 
taillé, de pierre étrangère à notre contrée. Le mur n’a été mis à nu que 
sur une longueur de 2 m. 80, le bloc a été enlevé et l’excavation fermée. 
L’observation a cependant suffi pour constater la base d’une construction 
vraisemblablement romaine. 

Taconnerie. — En 1903, également, en établissant une canalisation, on 
a rencontré des tombeaux et on a trouvé trois crânes humains. A un 
moment donné, la Taconnerie aurait donc servi de cimetière. 

Cimetière antique à Veyrier. — Les environs de Veyrier sont inépui¬ 
sables en documents archéologiques. A deux endroits, « Aux Berlies », 
en haut de la colline, et « Aux Berles », vers la plaine, M. Reber a décou¬ 
vert de très nombreux tombeaux, ceux d’en haut construits en dalles de 
pierres eratiques, ceux d’en bas en pleine terre. Comme, sur cette colline, 
M. Reber a déjà observé un cimetière de l’époque helvéto-burgonde, il 
est possible que ces nombreux tombeaux appartiennent à la même 
période. Il poursuit ses opérations sur ce point. 

Nécropole antique de Chevrens. — Il s’agit d’un des plus vastes champs 
de morts observés jusqu’à présent par M. Reber. Depuis de longues 
années le plateau tout entier sert de sablière et des centaines de tom¬ 
beaux ont été détruits avant même que M. Reber en ait eu connaissance. 
Les tombeaux, toujours alignés, reposent ordinairement à une faible 
profondeur, en pleine terre, sans dalles. Les objets qui accompagnent les 
ossements appartiennent à l’époque gallo-romaine. Une notice complète 
sur ce sujet sera publiée plus tard. 

Bue du Vieux- Colleye. — M. Relier ayant eu sous les yeux l’ensemble 
des objets trouvés dans cette localité, fut frappé de la ressemblance des 
spécimen en terre cuite et en verre avec ceux des tombeaux de Chevrens, 
ainsi qu’avec le mobilier trouvé dans le cimetière de Confignon. Il s’agit 

1 B. Relier. Une nouvelle station préhistorique à Veyrier. Voir : Berne 
de l’Ecole d’anthropologie de Paris. Paris 1904, pages 156 à 161. 



MÉMOIRES PRÉSENTÉS. 379 

incontestablement d’Allobroges sous la domination romaine. L’ensemble 
de ces observations fera le sujet d’une publication prochaine. 

Plombs historiés trouvés dans les environs, de Genève par B. Beber. — 
A propos d’une curieuse pièce, en plomb, trouvée au bord de la Drize, 
M. Reber a entrepris des recherches qui ont abouti à trouver, dans notre 
Musée archéologique, deux autres pièces de la même catégorie et ont 
permis de classer les trois comme plombs historiés ou méreaux de Genève, 
Ce genre de pièces étaient inconnues jusqu’à présent pour notre ville'. 

704. Séance du 11 février 1904. 

Une nouvelle édition des mémoires de Philippe de Commynes par 
M. Bernard de Mandrot. Compte rendu de M. Camille FAVRE. 

M. Bernard de Mandrot vient de donner, en 1901-1903 (Paris, chez 
Picard et fils, 2 vol. in-8), une nouvelle édition des Mémoires de 
Commynes, que l’on peut croire définitive. Ses nombreux travaux sur 
la fin du XV me siècle et le commencement du XVI me lui donnaient, pour 
accomplir cette œuvre importante, une compétence particulière. 

L’introduction biographique et littéraire, la scrupuleuse critique qui a 
présidé à l’établissement d’un texte difficile et des notes complètes sur 
toutes les difficultés biographiques et historiques font de cette publication 
un instrument précieux et du plus haut intérêt. 

De nombreuses éditions de Commynes ont vu le jour à partir de l’édi¬ 
tion princeps, du 26 avril 1524, chez Galliot du Pré. Quelques-unes sont 
très connues. On peut nommer Denys Sauvage (1552), Godefroy (1649) et 
Lenglet du Fresnoy. L’édition de M Ue Dupont, en 1840, est remarquable 
par un meilleur texte et des notes de valeur, mais sa rareté a nécessité la 
publication Chantelauze (1881), qui n’a répondu à l’attente générale ni 
sous le rapport du texte, ni sous celui des notes. M. de Mandrot nous 
donne une 123 me édition qui, grâce à un manuscrit nouveau, nous offre 
un texte beaucoup meilleur dans son ensemble. 

L’histoire du règne de Louis XI, comme l’éditeur nous le montre, date 
de 1489 à 1491 et non de 1487, ainsi qu’on le croyait. Quant à celle de 
Charles VIII, elle a dû être principalement composée, d’après les Mémoires 
eux-mêmes, de 1497 à 1498. Certaines retouches postérieures introduites 
par Commynes empêchent de préciser davantage. Des obscurités prove¬ 
nant du style négligé de l’auteur et de nombreuses fautes de copistes ont 
fait croire, à tort, que le travail avait été altéré, surtout dans sa fin. Ce- 

1 B. Reber. Plombs historiés ou méreaux trouvés dans les environs de 
Genève. Voir : Numismatic Circular. Londres 1904. En brochure, in-8 
de 9 pages. 



380 


BULLETIN. 


pendant la saveur du livre et son originalité sont un sûr garant du con¬ 
traire. 

Les manuscrits, tous du XVI me siècle, offrent de nombreuses variantes, 
et du manuscrit original il ne reste pas de traces. Au nombre de six, 
ces documents remontent tous au même ancêtre commun. Le 6 m0 manus¬ 
crit, signalé par M. Léopold Delisle, et que M. de Mandrot a été le pre¬ 
mier à utiliser, est plus correct que les autres et il renferme seul les 
VII rae et YIII me livres, auparavant publiés d’après les éditions imprimées 
seulement. Point intéressant, ce manuscrit, datant du règne de Fran¬ 
çois I er , a appartenu jadis à un amateur célèbre du XYI me siècle, Anne 
de Polignac, comtesse de Bueil ', et, en second mariage, comtesse de La 
Rochefoucauld, qui était la propre nièce de Commynes. 

Commynes ne paraît pas avoir pris de notes : il écrivait de mémoire, 
d’où un certain nombre d’erreurs historiques sur les faits mêmes auxquels 
il avait pris part. Parfois inconscient dans le domaine moral, comme beau¬ 
coup de ses contemporains, il est modéré dans ses jugements et poursuit 
ouverte- ment un but très objectif, l’enseignement d’une politique royale 
centralisatrice et modérée à la fois, imbue d’un libéralisme presque anglais 
et étonnant pour l’époque. 

A ce titre, Commynes est un précurseur des grands serviteurs de la 
royauté française aux XVI me et XVII mc siècles ; mais il ne se doutait pas 
à quel degré d’absolutisme arriverait cette monarchie, alors en train de 
se raffermir et dépourvue d’organes administratifs modernes. 

A propos des faits de la vie de Commynes et principalement de la chute 
de la dynastie bourguignonne, M. Camille Favre entre dans des considé¬ 
rations détaillées sur ces grands événements. Il conclut en remarquant qu’à 
cette époque la Bourgogne représentait certainement un degré de civili¬ 
sation supérieur à celle d’une ï’rance épuisée. A ses origines bourgui¬ 
gnonnes Commynes doit beaucoup. 

L’épopée babylonienne de la Création, par M. Alfred BOISSIER. 

Un heureux hasard a permis que l’épopée babylonienne de la création 
nous ait été conservée presque dans son intégralité. La création, pour les 
Babyloniens, était l’œuvre de Mardouk, le dieu national, et le grand 
poème composé en son honneur comprenait sept sections, écrites sur sept 
tablettes d’argile. La plus longue de ces briques renferme cent quarante- 
six lignes, la plus courte cent trente-huit. Il a fallu bien des années 

1 Voir : Le Jouvencel, par Jean de Bueil, publié pour la Société de 
l’Histoire de France , par Camille Favre et Léon Lecestre, 2 vol., Paris, 
Renouard, 1887 et 1889. 





MÉMOIRES PRÉSENTÉS. 


381 


d’études avant que tous les débris de ces tablettes d’argile pussent être 
réunis, coordonnés et classés et que l’épopée célèbre reparût dans sa belle 
architecture et sa forme première. Un jeune assyriologue du Britisli 
Muséum, L. King, a, il y a deux ans, fait une publication de tous ces 
vieux documents dont plusieurs avaient été complètement ignorés de ceux 
qui s’étaient adonnés à leur déchiffrement. M. Boissier devant publier 
ailleurs un article sur ce sujet, résume de la manière la plus succinte 
le contenu du poème. La tablette I présente un tableau du monde à son 
origine, peuplé de masses informes, de monstres ténébreux ; l’un d’eux, 
Tiâmat, est la personnification la plus marquante de ces êtres apocalyp¬ 
tiques, le principe femelle, qui engendre cette pluralité d’émanations 
redoutables ; c’est ce dragon qui va lutter contre le dieu lumineux, Mar- 
douk. Tablette II : Tout un cortège de dieux a vu le jour au plus profond 
des cieux, dès lors la lutte est imminente, et les puissances de la nuit, 
angoissées, vont d’un commun accord se soulever contre cette armée 
céleste, qui cherche à leur disputer la suprématie. Tablette III : Les dieux 
s’assemblent et tiennent conseil ; ils acceptent les offres de Mardouk, qui 
déclare vouloir être leur champion. Tablette IV : Mardouk se revêt d’une 
armure éclatante et s’élance dans la mêlée ; mort de Tiâmat et défaite des 
puissances ténébreuses. Tablette Y : Mardouk, vainqueur, met de l’ordre 
dans l’univers et organise le monde. Tablette VI : Création de l’homme 
par Mardouk, qui le pétrit de son propre sang. Tablette YII : Glorification 
de Mardouk par les dieux. De tels exploits, chantés par les poètes, contri¬ 
buèrent à assurer au culte de Mardouk un éclat sans pareil et c’est 
pourquoi le sanctuaire national de Babylonie vit accourir des foules venues 
de très loin pour adorer le héros libérateur et le dieu créateur des cieux 
et de la terre. 

Le culte du soleil à Genève au moyen âge, par M. Burkhard 
REBER. 

Complétant un travail publié antérieurement ', l’auteur arrive à la con¬ 
clusion qu’à Genève le culte du soleil non seulement persiste à travers 
les premiers siècles de Père chrétienne, mais qu’au commencement du 
XV me siècle une partie du peuple s’adonnait encore à ce culte antique. 
Pour le moyen âge, l’auteur se base sur un document qui lui a été obli¬ 
geamment communiqué par M. le prof. Ritter. Il s’agit d’une lettre de 
Saint Vincent Ferrier, datée de Genève, le 14 décembre 1403. Il y parle 
de sa mission contre le culte païen du soleil, très répandu dans le pays 

1 B. Reber. Pourquoi voit-on le soleil dans les armoiries genevoises ? 
Genève, 1903, brochure in-8 de 24 pages. 


BULLETIN. 


T. II. 


27 




382 


BULLETIN. 


de Vaud, et il ajoute qu’à cette même époque il s’occupait d’extirper, à 
Genève, le culte païen du Saint Orient, soutenu par des confréries spé¬ 
ciales. Se basant sur les documents énumérés dans son travail cité plus 
haut, établissant péremptoirement l’existence de temples de Mitliras et 
d’Apollon à l’époque gallo-romaine, sur la tradition constante, sur une 
sculpture singulière à la cathédrale de Saint-Pierre et en dernier lieu sur 
la lettre du missionnaire dont il est question ici, l’auteur croit devoir 
admettre que Saint Orient ne signifie autre chose que le soleil 
Du reste, l’auteur pense que si dans le pays de Vaud le culte du 
soleil était, en 1403, encore tellement enraciné que l’autorité de l’évê¬ 
que de Lausanne était impuissante et qu’il fallait faire venir un prédica¬ 
teur étranger, il est parfaitement admissible, en raison du très proche 
voisinage des deux pays et pour d’autres raisons encore, qu’à Genève le 
paganisme pratiqué sous l’adoration de Saint Orient était identique avec 
celui de Vaud h 

705. — Séance du 25 février 1904. 

Tableau archéologique du Pays de Vaud, pendant la période gau¬ 
loise ou de la Tène’ communication de M. Albert NAEF, accompa¬ 
gnée de projections lumineuses. 

En introduisant son sujet, M. Naef rappelle que l’âge préromain du fer 
a été divisé eu deux périodes, La première, qui dure du 8 e siècle environ 
au commencement du 4 e siècle avant notre ère, est connue sous le nom de 
« période de Hallstatt », du nom d’une célèbre nécropole autrichienne, et 
la seconde, à laquelle est consacrée cette communication, de l’an 400 environ 
à l’an 50 avant notre ère, soit jusqu’à la conquête romaine, a reçu le nom 
de « période gauloise ou de la Tène », d’un petit oppidum helvète décou¬ 
vert sur les bords du lac de Neuchâtel. La désignation d’époque de la 
Tène, créée par le savant Hildebrand, en 1872, est aujourd’hui universel¬ 
lement admise en Europe. Un savant allemand, Otto Tischler, a établi la 
subdivision de cette époque en trois périodes, et il est arrivé à ce résultat, 
après des comparaisons entre les objets trouvés et ceux que renferment 
les cités gauloises d’Alesia et de Bibracte. 

M. Naef constate que longtemps avant l’arrivée de César, les Gaulois 
possédaient un commerce étendu avec les contrées voisines. Il admet que 
la Suisse fut conquise vers la fin du 5 me siècle par ces mêmes Gaulois, et 
cette conquête marque la fin de la période de Hallstatt. Plus tard, vers 
l’an 100 avant J.-C., apparaissent les Helvètes, cantonnés jusqu’alors en 

1 B. Reber. Le culte du soleil à Genève au moyen âge. Genève, 1904, 
brochure in-8 de 13 pages. 




MÉMOIRES PRÉSENTÉS. 383 

Souabe, et la bataille de la Tiefenau, près Berne, serait un des combats 
décisifs livrés entre les envahisseurs helvètes et les populations gauloises 
installées dans nos régions depuis trois siècles. 

Parmi les nombreux objets de l’époque de la Tène, dont les projections 
1 umineuses exécutées par les soins de M. Benzoni, donnent une idée très 
complète, figurent les fibules ou agrafes très répandues et de formes variées, 
les épées gauloises qui se distinguent facilement de celles de l’époque de 
Hallstatt, les lances, devenues l’une des armes favorites des Gaulois, etc. 

Si l’on excepte la station de la Tène, celle de Genève et quelques cas 
très rares, les objets gaulois recueillis jusqu’ici dans notre pays provien¬ 
nent en majeure partie de sépultures, qui forment parfois de véritables 
nécropoles, témoin la nécropole de Yevey, que M. Naef a explorée avec 
succès, en y relevant des cas d’inhumations partielles du plus grand 
intérêt. 

M. Naef s’étend encore sur d’autres trouvailles, relatives à l’époque de 
la Tène, consistant en bijoux, poteries, monnaies d’or, d’argent, d’electrum 
et de potin, en vêtements tels qu’ils ont pu être reconstitués d’après des 
bas-reliefs romains et enfin il cite les divinités de l’époque en parlant du 
célèbre dieu « au maillet ». 

706. — Séance du 10 mars 1904. 

Louis XIV et la République de Genève, au temps de la révocation 
de l’Édit de Nantes, d’après la correspondance inédite du second 
résident de France à Genève, par M. Frédéric BARBEY. 

C’est d’après une source de documents jusqu’ici assez peu utilisée, la 
correspondance des résidents de France à Genève conservée au Ministère 
des Affaires Etrangères à Paris, que M. Barbey a retracé à grands traits 
le séjour de huit années de Roland Dupré à Genève, de 1680 à 1688. 
(Jette période offre d’autant plus d’intérêt, qu’elle embrasse les années 
qui ont précédé et suivi la Révocation de l’Edit de Nantes. L’installa¬ 
tion à Genève en 1679 d’un résident, a été dictée à Louis XIV par des 
motifs surtout religieux. Le sieur de Chauviguy, son premier envoyé, 
a indisposé les Genevois par son zèle intempestif et sa maladresse. Le 
successeur qu’on lui donna en 1680, en la personne de Dupré, paraît 
avoir mieux réussi. Malgré les efforts répétés de l’évêque de Genève, Jean 
d’Arenthon d’Alex, de son clergé, des maisons religieuses du pays de Gex, 
Dupré maintient d’amicales relations entre le souverain puissant qu’il 
représente et la petite cité. La chose ne va pas sans difficulté. Il se pro¬ 
duit constamment des incidents dont les suites pouvaient être graves ; la 
prudence des magistrats et une certaine bonne volonté de la part du rési¬ 
dent réussissent à rétablir la paix. Cependant la nouvelle des persécu- 







BULLETIN. 


384 

tions innombrables qui frappent les réformés du royaume, trouve un écho 
douloureux à Genève, mais la crainte de déplaire à Louis XIA , d’attirer 
son corroux, de compromettre l’indépendance de la ville, empêche les 
magistrats de Genève de prendre en mains avec trop de ferveur la cause 
de leurs coreligionnaires persécutés. La prise de Strasbourg est là qui 
leur montre le danger. 

D’autre part, en étudiant cette correspondance, M. Barbey fait ressortir 
le désir très sincère de Louis XIY de ménager la république de Genève, 
en lui donnant des assurances réitérées de sa bienveillance. C’est qu’il est 
retenu par la crainte de mécontenter les Suisses, ses alliés indispensables, 
et qu’il redoute à l’extrême de voir les Bernois et les Zurichois s’introduire 
à Genève pour y détruire, sinon y diminuer son influence. De là sa politi¬ 
que prudente et pacifique, à l’égard de la république, pendant toute la fin 
du XVII e siècle. 

707. — Séance du 24 mars 1904. 

La médecine à Genève au XVIII e siècle, par M. Léon GAUTIER. 

Au siècle de Voltaire et de Rousseau, le milieu genevois n’est plus celui 
des âges précédents. D’une part, le gouvernement et la société se sont 
aristocratisés, de l’autre l’esprit public demande des changements dans les 
institutions. 

La faculté de médecine présente en petit un tableau analogue. Si les 
querelles de préséance y jouent un grand rôle, si l’esprit médical reste 
fidèle aux antiques traditions, si les saignées, les purgations et les clystè- 
res vivent encore de beaux jours, celà n’empêche pas le corps médical 
genevois d’étudier avec zèle les méthodes nouvelles et d’adopter parfois 
avec ardeur les innovations les plus hardies. Au milieu du siècle, Genève 
est la première ville du continent où l’on inocule la petite vérole, cinquante 
ans plus tard, elle est un des foyers de la vaccine. 

La chirurgie a fait de grands progrès entre 1700 et 1800. Quand arrive 
la Révolution, les raseurs et les saigneurs des âges antérieurs sont devenus 
des chirurgiens instruits, des opérateurs habiles qui laissent à d’humbles 
« fraters » le soin de leur boutique, tandis qu’ils franchissent à grands pas 
la distance sociale qui les sépare encore des médecins. 

Les pharmaciens, qu’on n’ose déjà plus appeler apothicaires, simplifient 
leurs formules et se tiennent au courant des progrès de la chimie. La 
pharmacopée genevoise de 1780 est un des témoins de cette évolution. 

Si de la collectivité on passse aux personnes, trois figures de médecins 
se détachent au premier plan : 

Daniel Le Clerc, le savant historien de la médecine des anciens, est le 



MÉMOIRES PRÉSENTÉS. 


385 


premier en date. C’est sous son inspiration que se fonda en mai 1713,1a Société 
des médecins de Genève, la plus ancienne des sociétés médicales connues. 

Théodore Tronchin est un astre brillant qui nous revient de l’étranger 
où il a déjà pratiqué avec succès. Son bagage scientifique est médiocre, 
mais son savoir-faire est admirable. Il traite par des moyens hygiéniques 
simples les névrosés du temps et prend sur ses clients les plus difficiles à 
conduire, sur Voltaire lui-même, un ascendant singulier. 

Louis Odier, partisan zélé des idées anglaises, donne, à la fin du siècle, 
le spectacle de son infatigable activité. Praticien très occupé, publiciste 
fécond, il bataille de l’exemple et de la plume pour la bonne doctrine. Il 
est le principal introducteur de la vaccine à Genève, l’un des premiers 
pour faire connaître à l’Europe cette découverte inappréciable. 

En chirurgie, il faut rappeler les noms de Pierre Sabourin, qui a inventé 
un nouveau procédé d’amputation, de Daniel Guyot qui, le premier, a 
appliqué l’électricité au traitement des maladies, de Louis Jurine, aussi 
bon citoyen que savant chirurgien. 

Les pharmaciens genevois peuvent citer les honorables dynasties des 
Le Royer et des Colladon, le pharmacien-poète J.-B. Tollot, le chimiste 
Tingry, enfin Henri-Albert Gosse, esprit curieux dont l’activité embrasse 
les domaines les plus divers et qui devait couronner sa carrière en fondant 
la Société helvétique des sciences naturelles. 

Note sur quelques objets rares des palafittes, par M. BR1ÈRE. 

M. Brière présente un certain nombre d’objets rares des palaffites. Tout 
d’abord deux os, percés de trous, et qui rappellent des clarinettes. Le 
premier, trouvé dans une station lacustre, aurait une origine préhistori¬ 
que. Cette trouvaille présente un intérêt d’autant plus grand, que cet os 
est jusqu’à présent le seul instrument de musique recueilli dans les pala¬ 
fittes. Le deuxième, provenant de la rue des Allemands, à Genève, est sans 
doute d’une origine plus récente. 

M. Brière présente ensuite une collection de fibules et de mors de che¬ 
vaux, trouvés également dans les palafittes, et dans le nombre une pièce 
unique : c’est un mors de cheval complet, trouvé à la station de Corce- 
lette. Il a été établi en corne de cerf, et ses petites dimensions fournis¬ 
sent des données instructives sur la taille exiguë des chevaux vivant à 
cette époque. 

708. Séance du 7 avril 1904. 

Les démêlés du théologien anglais H. Broughton avec Théodore 
de Béze et les Genevois (1600-1601), par M. Frédéric GARDY. 

Le célèbre puritain Hugh Broughton (1549-1612), adversaire déclaré 





386 


BULLETIN. 


des presbytériens, très versé dans les langues grecque et hébraïque, se livra 
contre les Genevois, et surtout contre Th. de Bèze, à une polémique qui fit 
en son temps beaucoup de bruit. Etant venu à Genève, en 1600, il se mit 
à y enseigner la théologie, mais il fut bientôt obligé de quitter cette ville. 
La Vénérable Compagnie des Pasteurs, en effet, inquiète des opinions 
hétérodoxes de Broughton et lui reprochant « d’avoir parlé mal à propos 
de la reine d’Angleterre », obtint du Conseil qu’il fût expulsé (juin 1600). 
Il est probable aussi qu’Ant. de la Faye redoutait que l’on retînt Brough¬ 
ton comme professeur à Genève ; c’était en effet le désir de certains con¬ 
seillers, et ce ne fut pas sans résistance que le Conseil se rendit aux 
objurgations de la Compagnie des Pasteurs et de Th. de Bèze. L’antago¬ 
nisme qui existait à cette époque entre le pouvoir civil et le pouvoir ecclé¬ 
siastique se laisse deviner une fois de plus, à propos de cette affaire, dans 
la conduite du Conseil, et surtout de quelques conseillers, tels que Malliet 
et Lect. 

L’irascible Broughton, dans des lettres adressées soit au Conseil, soit à des 
particuliers, et conservées aux Archives d’État de Genève, manifesta vio¬ 
lemment son ressentiment. Il s’en prit d’abord aux magistrats et aux minis¬ 
tres indistinctement, les menaçant de détourner de Genève les sympathies 
de l’Angleterre. Puis, mieux informé, par le conseiller Malliet, des vérita¬ 
bles sentiments du Conseil à son égard, il réserva toute sa colère pour les 
théologiens genevois, et surtout pour Th. de Bèze, qu’il accabla sans 
réserve d’invectives grossières. Il alla même jusqu’à mettre en tiers, dans 
ce démêlé avec des coreligionnaires, les jésuites de Mayence. 

En 1601, il publia, à Mayence, un opuscule en grec intitulé : Adyoç 
Tcpàç, zoiiç 1 svsjZaioui Tizpi zÿj: zotr x.Sd.zsuç gis vécu, ri àé).u zi p-/]zo-j. (Jrutio ad 
Genevenses de descensu ad Inferos, quid locutio velit. Autore Hugone 
Broughtono. (Moguntiæ, 1601, in-8° de 94 p.). C’est une dissertation très 
savante, mais aussi très violente, tendant à établir que l’interprétation 
calviniste de l’expression « Hadès » est fausse. Il ne semble pas que Bèze 
ni aucun ministre ait répondu soit à cet ouvrage, soit aux lettres de 
Broughton. 

Sur cette affaire, et sur les documents à consulter, voyez : M. D. G., 
t. XXVIII, p. 159-161. 

Mémoire du général Dufour sur les enceintes successives de la 
ville de Genève (avec exposition de plans), par M. Charles Bas- 
tard. 

L’original de ce mémoire inédit et peu connu se trouve déposé aux 
archives cantonales. M. Bastard a trouvé, il y a quelques années, une 
copie à laquelle était annexé un grand plan général et synoptique en cou- 




MÉMOIRES PRÉSENTÉS. 


387 


leur à l’échelle de 4 centimètres pour 100 mètres, dessiné et signé par le 
général lui-même. Le mémoire est daté du 20 septembre 1840 et signé 
G. H. Dufour, sans qualificatif. 

Plus tard, M. Bastard a découvert quatre plans dessinés par « G. H., 
officier du génie fédéral, 1833 », et contresignés : « l’ingénieur cantonal 
G. H. Dufour, 1837 ». Ces quatres plans, à l’échelle de 1 pouce pour 75 
toises et de 1 centimètre pour 75 mètres, sont très finement dessinés et 
portent des annotations et des renvois dont quelques-uns sont de la main 
du général. Ils portent les titres suivants : 

Plan n° 1. Anciennes murailles de la ville de Genève. 

Plan n° 2. Etat des fortifications quand on eut ajouté une couronne aux 
fronts de Champel et construit les fronts de Plainpalais devant la vieille 
enceinte en 1690. 

Plan n° 3. Etat des fortifications quand on eut substitué sur les fronts 
de Champel la ligne des contregardes à la couronne qui y existait, 1730. 

Plan n° 4. Etat des fortifications telles qu’elles étaient en 1800. 

M. Bastard suppose que le général Dufour, alors ingénieur cantonal, 
et comme tel, fit d’abord dresser et dessiner les quatre plans sous sa direc¬ 
tion, puis dressa lui-même son plan général, après quoi il rédigea le 
mémoire en question, qui renvoie à maintes reprises le lecteur à ce dit 
plan général. 

Ce mémoire de 34 pages petit-folio, d’un style très clair, sobre et 
concis, se compose d’une courte introduction sur les quatre enceintes et 
de six articles intitulés : 

Art. 1 er . — Enceinte des rois de Bourgogne, page 1. 

Art. 2. — Enceinte des évêques, page 4. 

Art. 3. — Enceinte des réformateurs, page 9. 

Art. 4. — Additions à l’enceinte des réformateurs, page 14. 

Art. 5. — Quatrième enceinte ou enceinte actuelle, page 17. 

Art. 6. — Détails supplémentaires. 

Ce dernier article se divise lui-même en 12 paragraphes intitulés : 

Bastion du Temple, avec un croquis. — Bastion du Cendrier. — Bastion 
de Chantepoulet, avec un croquis. — Bastion de Hollande. — Bastion 
Souverain — Bastion d’Yvoi. — Bastion Bourgeois. — Bastion du Pin, 
avec un croquis. — Bastion de Saint-Antoine, avec un croquis. — Bastion 
de Hesse, avec un croquis. — Bastion de Longemalle, avec un croquis. — 
Redoute des barques. 

A propos de cette dernière, l’auteur doute que son existence, comme 
fortification, remonte à une époque antérieure à 1686. Or elle figure déjà 
comme telle sur la grande vue de Genève de Pierre Chouet datée de 1655 
et l’inscription qui se trouve sur une pierre du front est de l’île Rousseau 





388 


BULLETIN. 


actnelle porte la date de 1583. Le hangar des barques dont parle l’auteur 
existe encore et sert de dépôt de charbon entre les deux ruelles du milieu 
de la rue de la Servette à droite en montant. 

Telle est la distribution de ce travail intéressant, surtout en ce qu’il 
donne une quantité de dates de constructions, réfections ou démolitions 
d’ouvrages ou de bâtiments, source précieuse de renseignements pour les 
archéologues, historiens ou autres personnes qui s’intéressent aux chan¬ 
gements survenus dans notre cité. Et, à ce propos, il serait bon qu’un ama¬ 
teur patriote et disposant de beaucoup de temps se mît un jour à établir 
une liste par ordre local et chronologique de tous ces bouleversements 
successifs qui deviennent fort vite de l’histoire ancienne. Ce serait le com¬ 
plément du petit guide que le regretté Auguste Magnin avait élaboré lors¬ 
qu’il entreprit son superbe relief de Genève, en 1850. 

709. — Séance du 21 avril 1904. 

Les anneaux disques préhistoriques et les tchakras de l’Inde, par 
M. Alfred CARTIER. 

Parmi les objets découverts jusqu’ici dans les gisements de l’époque néo¬ 
lithique, il n’en est guère de plus rares ni qui aient davantage exercé la 
sagacité des archéologues que les anneaux disques à bords tranchants. On 
en connaît quarante et un dans les musées et collections de France et vingt- 
cinq en Italie. Les disques dont il s’agit sont en pierre dure, d’abord taillée 
et polie en plateau circulaire, ensuite percée d’un évidement rond, soigneu¬ 
sement poli et concentrique au pourtour extérieur ; le bord extérieur, au 
contraire, est nettement tranchant. Le diamètre total varie entre 160 à 
100 mm. et le diamètre des évidements s’obtient en soustrayant du dia¬ 
mètre total le double de la largeur de l’anneau. 

Quelle a pu être la destination de cet objet ? On a voulu y voir succes¬ 
sivement une arme, un bracelet ou une pendeloque, un objet de culte, un 
instrument de corroyeur. On ne peut discuter les deux dernières hypo¬ 
thèses, qui sont purement gratuites. L’emploi de l’anneau disque comme 
arme a été simplement indiqué saus avoir donné lieu à un examen appro¬ 
fondi, en sorte que la plupart des archéologues ont adopté l’opinion, som¬ 
mairement formulée, de Gabriel de Mortillet, qui considère ces objets 
comme des bracelets. 

Dans une étude critique conduite avec une méthode parfaite et une con¬ 
naissance approfondie du sujet ', un savant connaisseur d’armes, M. Buttin, 
de Rumilly, a montré que cette thèse rencontrait les plus sérieuses objec- 

1 Les anneaux-disques et les tchakras de l’Inde. Chambéry, 1883, 
in-8°, pl. 



MÉMOIRES PRÉSENTÉS. 


389 


dons, le tranchant des bords et le faible diamètre de l’évidement inté¬ 
rieur rendant les anneaux disques tout à fait impropres à leur emploi 
comme bracelets. 

Il faut donc en revenir à l’hypothèse de leur destination comme arme 
de jet. Après avoir réfuté les objections présentées à cet égard, M. Buttin 
rapproche, avec beaucoup de perspicacité et d’à-propos, l’anneau-disque 
néolithique du fameux tchakra indou, ce disque en métal qui a déjà été 
en usage chez les sikhs jusque dans le XIX rae siècle. Après avoir montré 
les étroites analogies de forme qui unissent les instruments en pierre par¬ 
venus jusqu’à nous avec le tchakra, M. Buttin a rappelé que celui-ci 
n’avait pas été seulement l’arme nationale de l’Inde, mais que son usage 
avait été répandu dans les plus anciennes civilisations de l’Euphrate et 
du Tigre et qu’il était devenu, pour les Indous, les Chaldéens et les 
Hébreux, un symbole divin, l’emblème de la foudre et l’attribut des êtres 
supérieurs. Dès lors, le rôle capital joué en Asie par Panneau-disque et 
l’antiquité de cette arme dans ces contrées permet de croire qu’elle est 
d’origine orientale et a été de là importée en Europe à l’époque de la 
pierre polie, mais sans pouvoir s’y maintenir longtemps, faute de matière 
propre à sa fabrication. 

Jean Calvin, les hommes et les choses de son temps, par M. Emile 
Doumergue. Notes critiques de M. Charles BORGEAUD. 

M. Borgeaud rappelle à la Société la monumentale publication à 
laquelle M. le professeur Emile Doumergue consacre tant d’énergie et de 
talent et dont un volume spécial, destiné à Genève et aux Genevois, doit 
paraître à la fin de l’année, pour les étrennes de 1905. A ce propos, il 
communique la substance de deux notes critiques sur les tomes I et II, 
qui lui ont été demandées par P « American Historical Review » et qu’on 
trouvera dans les livraisons de janvier 1902 et de juillet 1904 de cette 
revue. 

Dans la première de ces notices, M. Borgeaud critique la tendance de 
l’auteur à attribuer à Calvin, même dans son âge mûr, le caractère enjoué, 
sympathique, qu’avec M. Abel Lefranc et contrairement à l’opinion 
répandue, il a mis à bon droit en pleine lumière, pour l’époque de la jeu¬ 
nesse du réformateur. « Je crains », dit-il à ce sujet, « que M. Doumergue 
« ne se soit engagé plus avant que ne le lui permettra, quelque jour, la 
« cause de la vérité, qu’il veut servir par son livre. Lorsqu’il aura par- 
« couru tout entier le cycle des riantes années de jeunesse et de santé et 
« qu’il abordera la sombre époque où une Eglise et une République naî- 
« tront dans la fournaise, forgées, comme dit Michelet, sur le roc de la 
« prédestination, alors il ne trouvera plus sur sa route la figure souriante 





390 


BULLETIN. 


« et aimée. Son héros grandira singulièrement. Il commandera, j’en suis 
« sûr, le respect de tous. Mais les historiens qui l’ont le plus pratiqué en 
« ces temps héroïques n’en ont point rapporté, quant à sa personne, une 
« émotion sympathique, ils n’ont plus senti son cœur battre ». 

Dans les conférences qu’il a faites, à Genève et à Lausanne, au mois 
d’avril 1902, l’éminent professeur de Montauban a répondu à cette critique 
en demandant à ses nombreux auditeurs de lui permettre de se livrer, 
devant eux, à une nouvelle auscultation du cœur de son héros. Au cours 
de cette opération, le conférencier a énuméré un certain nombre de cir¬ 
constances dans lesquelles Calvin a ri lui-même joyeusement ou approuvé 
la gaieté d’autrui ; puis, ayant mentionné ce qu’il appelle « son excessive 
nervosité », il a cité un moins grand nombre de cas où le réformateur a 
pleuré ou gémi : enfin il a insisté sur les grandes amitiés, sur les dévoue¬ 
ments profonds qu’il a su inspirer. 1 

Le deuxième article de la revue historique américaine contient la répli¬ 
que de M. Borgeaud en ces termes : « Je ne révoque en doute aucune de 
« ces assertions, je ne discute aucun de ces exemples, puisés aux meilleu- 
« res sources. Il me suffit de faire remarquer que la plupart datent de la 
« jeunesse de Calvin et qu’aucun ne se rapporte à l’époque très précise 
« dout j’ai parlé. Lorsque mon éloquent collègue de Montauban m’aura 
« montré, dans un de ses prochains volumes, Calvin cédant à l’émotion 
« pendant qu’il conduit à Genève un procès criminel contre un de ses 
« adversaires, je lui accorderai que l’histoire — je ne parle pas ici de la 
« légende — a mal jugé. — Et, de tous les fils de la pensée de Calvin, je 
« ne serai pas le dernier à m’en réjouir ». 


Faits divers. 

Dans Tannée qui vient de s’écouler, la Société a publié : 

Au mois d’octobre 1903, la 8 me livraison du tome II du Bul¬ 
letin, datée de mai 1903. 

En cours de publication : 

1° La 2 me livraison du tome XXVIII (nouv. série, t. VIII) des 
Mémoires et Documents, contenant les deux mémoires suivants : 

1 L’art et le sentiment dans Vœuvre de Calvin. Genève, 1902. (3 e Confé¬ 
rence). 






FAITS DIVERS. 


391 


Histoire de la supervenue inopinée des Savoyards en la ville de 
Genève en la nuict du dimanche 12 P jour de décembre 1602, par 
Melchior Goldast, réimprimée d'après l’édition de 1603 et précé¬ 
dée d'une introduction sur le séjour de Goldast à Genève (1599- 
1603), par Frédéric Gardy. 

Le Procès de Philibert Blondel, par Emile Chatelan. 

2° Les tomes XXIX et XXX (nouv. série, t. IX et X) des Mé¬ 
moires et Documents, contenant les deux mémoires suivants : 

Documents pour servir à l’Histoire des relations de Louis XIV 
avec la République de Genève. — Correspondance de Roland Du- 
pré, second Résident de France à Genève (1680-1688), publiée 
avec une introduction et des notes par Frédéric Barbey. 

L'Histoire de la médecine à Genève, par le D r Léon Gautier. 

La Société a également poursuivi pendant l’exercice écoulé 
l’impression du tome II des Registres latins du Conseil de Genève. 

Elle est entrée en échange de publications avec le Bulletin histo¬ 
rique du Diocèse de Lyon ; la Société Gorini, à Bourg-en-Bresse, 
et la Société vaudoise d’histoire et d’archéologie, dont elle a 
commencé à recevoir les publications. 

En souvenir de son fils, le regretté Émile Dunant, M. le D r 
Pierre Dunant a fait don à la Société de sept portefeuilles de 
copies de pièces tirées des archives suisses et italiennes, dont une 
partie a été utilisée par la Société pour la publication des Docu¬ 
ments de l’Escalade. 

Ces copies, réunies à frais communs par la Société et M. Émile 
Dunant et par les soins de ce dernier, devaient rester la propriété 
de M. Dunant après leur utilisation par la Société. 

La Société a pris part à la célébration du jubilé destiné à rap- 
pe.er les éminents services rendus aux archives et à la science 
historique par M. Louis Dufour-Vernes, archiviste d’État depuis 
25 ans. 

Cette fête à la fois cordiale et simple, organisée par les « Habi¬ 
tués des Archives » sur l’initiative de M. Albert Choisy, a été 
célébrée le 2 juin sous la présidence de M. le prof. Ch. Seitz, 
président de la Société d’histoire et d’archéologie. 





392 


BULLETIN. 


M. le prof. Francis De Crue, vice-président de la Société, 
l’a représentée aux fêtes du Centenaire de la Société nationale 
des Antiquaires de France, qui ont été célébrées à Paris, en 
avril 1904. 

Le 16 juin 1904, la Société a fait une excursion à Romain- 
môtier, Orbe et Montcherand. 


Ouvrages reçus par la Société 

du 23 avril 1903 au 21 avril 1904. 


A 


Publications de Sociétés et recueils périodiques. 

La Société a continué à recevoir les publications des Sociétés 
correspondantes, dont on trouvera la liste à la fin du tome II du 
Bulletin. 

Les Sociétés avec lesquelles elle est entrée en échange de publi¬ 
cations depuis le dernier Bulletin lui ont fait les envois sui¬ 
vants : 

Bulletin historique du diocèse de Lyon. Années 1-4 (1900- 
1903). 

Bulletin de la Société Goriui. l re année (1904), n° 8 1 et 2. 

La Société a encore reçu les périodiques suivants : 

Revue de Belles-Lettres. Année 1902-1903. (Don de M. Eugène 

llitter.) 

Revue historique vaudoise. ll me année (1903), n os 5-12; 
12 mp année (1904). n 09 1-3. (Don de M. Edouard Favre.) 

Ibid. (Don de la Rédaction.) 

Bibliothèque de l’Ecole des chartes. Années 1902 et 1903, 
tomes LXIII et LXIV. (Don de M . Camille Favre.) 






_ 


OUVRAGES REÇUS. 393 

Feuille fédérale suisse. Année 1903. (Don de M. Emile 
Rivoire.) 

Les Archives de l’imprimerie. Années XYI, avril-septembre 
1903; XVII, octobre 1903-mars 1904. (Don de M. Maurice 
Reymond.) 

La Suisse universitaire. Année VIII (1903-1904). (Don de 
M. Eugène Ritter.) 


B 

Livres et Brochures. 

Donateurs : 

MM. Frédéric Amiguet, 1 volume. — Eugène Arnaud, 
1 vol. — Louis des Arts. 1 broch. — Max van Berchem, 
1 broch. — Maurice Bresson, 1 broch. — Moïse Briquet, 
1 vol. — Max Bruchet, 1 broch. — Alfred Cartier, 3 broch. 

— Henri Denkinger, 1 broch. — Charles Du Bois-Meluy, 3 
vol. — Edouard Favre, 1 broch. — Herbert Foster, 1 broch. 

— Frédéric Gardy, 1 broch. — Emile Gôldi, 1 broch. — Henry 
Kündig, 1 vol. — Paul-Edmond Martin, 1 broch. — Jean- 
Jacques Monnier, 4 vol. — Ernest Muret, 1 vol. — Burkhard 
Reber, 10 broch. — Eugène Ritter, 4 vol. 

Le comité de publication de VHistoire de Genève, par J.-A. 
Gautier, 1 vol. 

Le comité du Jubilé Dufour-Vernes, 1 broch. 

Historich und antiquarische Gesellschaft zu- Basel, 1 vol. 
Université de Tubingue, 1 vol. 


C 

Gravures, Photographies, etc. 

Les anciennes maisons de Genève. Relevés photographiques de 
Fréd. Boissonnas et C ie , exécutés sous la direction de Max van 
Berchem et Camille Martin (2 me série 1903). 30 planches, n os 61 
à 90. (Don de la commission de publication). 






394 


BULLETIN. 


D 


Manuscrits. 

Contrat de mariage De la Palud-Pallard, du 20 décembre 1693, 
passé devant Jacques de Harsu, notaire. (Don de M. Frédéric 
Raisin). 

Un portefeuille in-fol. Documents et Notes des archives de 
Berne (archives fédérales et archives d’Etat), des archives de 
Lucerne et des archives du ministère des affaires étrangères 
de Paris, réunis par Emile Dunant. (Don de M. Pierre-Louis 
Dunant.) 

Trois portefeuilles in-fol. contenant, les deux premiers, des 
copies de la correspondance des nonces auprès de la Cour de 
Savoie (années 1589 à 1603), et le troisième des copies de la cor¬ 
respondance du cardinal secrétaire d’Etat, du Fonds Armaria et 
du Fonds Carpegna, le tout provenant des archives du Vatican. 
Ces copies ont été exécutées sous la direction d’Emile Dunant. 
(Don de M. Pierre-Louis Dunant.) 

Trois portefeuilles in-fol. Copies exécutées sous la direction 
d’Emile Dunant aux archives. d’Etat de Turin. —- I. Années 
1580-1597 et quelques pièces antérieures à 1580. — IL Années 
1598-1603 et quelques pièces postérieures à 1603. — III. Inven¬ 
taires et notes. Copie du Fonds Ville de Genève. (Don de 
M. Pierre-Louis Dunant.) 




THÉODORE MOMMSEN 


Son activité littéraire à Zurich 
et sa correspondance avec Charles Morel 


Théodore Mommsen, le maître incontesté de la science de l’an¬ 
tiquité, est mort à Charlottenbourg le 1 er novembre dernier. 

Il ne saurait être question de parler ici de l’ensemble de 
son œuvre. Le sujet est trop vaste, et. pour le traiter comme il 
conviendrait, il faudrait être universel comme l’était Mommsen, 
universel comme on ne l’a plus été depuis la Renaissance, — 
sans compter que les hommes de la Renaissance n’avaient ni sa 
critique rigoureuse, ni son énorme bagage de connaissances 
minutieuses et précises. En 1887, Karl Zangemeister, dans un 
travail intitulé Theodor Mommsen als Schriftsteller, donnait, à 
l’occasion du soixante-dixième anniversaire de la naissance du 
grand savant, une liste de ses écrits qui comptait déjà 948 
numéros formant un total de près de 28,000 pages imprimées. 
Depuis lors, ces chiffres se sont notablement accrus. 

Il ne s’agit pas seulement de compter, mais de peser. Rien 
de ce qu’a écrit Mommsen n’est indifférent. Dans tous les 
domaines de la science de l’antiquité, il est au premier rang. 
Jurisconsulte, historien, philologue, linguiste, épigraphiste, nu¬ 
mismate, ehronologiste, il a édité des documents sans nombre, 
recueillis, classés, analysés avec la critique la plus scrupuleuse, et 
il a composé de vastes synthèses où il soutient des vues nouvelles 
et hardies, souvent contestées, toujours fécondes. L’éditeur du 
Corpus inscriptionum Latinarum, des Digestes dans le Corpus 
juris, est aussi l’auteur du Droit public romain , du Droit pénal 


Communication faite à la Société le 17 décembre 1903. 





396 


BULLETIN. 


romain , de Y Histoire de la monnaie à Rome et de cette Histoire 
romaine où il s’est révélé grand écrivain. 

Ce n’est pas tout. Mommsen a été un homme de son temps; il 
est intervenu dans les luttes politiques de son pays avec toute 
l’impétuosité de sa nature combative, et, jusqu’aux derniers 
mois de sa verte vieillesse, il a exprimé avec une âpre franchise 
son avis sur toutes les questions, importantes ou non, qui ont 
passionné l’opinion : sur les relations entre l’Allemagne et l’An¬ 
gleterre depuis la guerre du Transvaal, sur la Lex Heinze, sur 
la nomination d’un professeur ultramontain à l’Université de 
Strasbourg, ou sur certain discours retentissant du professeur 
Yetter, de Berne. 

Par l’universalité de ses connaissances, Mommsen a peu de 
rivaux dans le passé et il est à craindre qu’il en ait moins encore 
dans l’avenir. Notre époque est, par la force des choses, une 
époque de spécialisation à outrance. Pourra-t-elle, même en le 
voulant, écouter et mettre à profit les nobles paroles que Momm¬ 
sen, en sa qualité de secrétaire perpétuel de l’Académie des 
Sciences de Berlin, prononçait en 1874 dans un discours sur 
Leibniz : « B faut se spécialiser dans une branche mais ne pas s’y 
enfermer; par cette branche, au contraire, il faut arriver à possé¬ 
der des connaissances sur tout. Que le monde est petit aux yeux 
de ceux qui n’y voient que des écrivains grecs et latins, des 
couches de terrain ou des problèmes de mathématiques ! » 

Le temps, non moins que la compétence nécessaire, nous ferait 
défaut pour parler ici de l’œuvre immense de Mommsen. Après 
quelques mots sur ses débuts, indispensables pour l’intelligence de 
ce qui suit, nous nous bornerons à exposer brièvement son acti¬ 
vité littéraire à Zurich et à donner quelques détails inédits sur 
ses relations avec quelques-uns de nos compatriotes, notamment 
avec notre regretté collègue Charles Morel. 

* 

* * 

Théodore Mommsen, né à Garding dans le Schleswig méri¬ 
dional, non loin du golfe de l’Eider, le 30 novembre 1817, était le 
fils d’un pasteur. Tous ses ascendants étaient des paysans, de 
cette race dure et forte qui dispute vaillamment aux vagues de 
l’Océan le maigre sol natal qu’elles rongent sans cesse. Peut-être 



THÉODORE MOMMSEN. 


397 


est-ce à eux qu’il doit son activité inlassable et son goût pour la 
lutte. Ces paysans étaient d’ailleurs des gens fort cultivés, et la 
grand’mère de Théodore Mommsen, dans sa maison au toit de 
chaume, avait l’habitude de lire à la veillée, avec ses petits 
enfants, les œuvres de Gœthe. 

A cette époque, le Schleswig appartenait au roi de Danemark, 
mais la grande majorité de ses habitants se regardaient comme 
Allemands. « Il y a des fous », dira plus tard Mommsen, lors de 
l’insurrection des duchés contre les Danois, « il y a des fous qui 
prétendent que le Schleswig et le Holstein ne sont pas des terres 
allemandes. » 

De 1838 à 1843, Mommsen fit de solides études juridiques et 
historiques à l’Université de Kiel, et en 1843 il y présenta sa 
thèse de doctorat. La même année, il publiait une dissertation 
latine intitulée De collegiis et sodalitiis Romanorum. à la fin de 
laquelle il exprimait le regret de ne pouvoir pousser plus loin ses 
recherches à cause du manque d’un recueil général des inscriptions 
latines. Il signalait là une lacune qu’il lui était réservé de combler. 

De 1844 à 1847, il fit des voyages scientifiques en France et en 
Italie, surtout en Italie, pays qu’il parcourut en tous sens pour y 
recueillir les inscriptions anciennes. Nous disons les inscriptions 
anciennes, car il recueillait celles en langue osque ou étrusque 
avec autant de soin que celles laissées par les Romains. 

Pour ces voyages, Mommsen avait obtenu des subsides de 
l’Académie des Sciences de Berlin. En France, l’Académie des 
Inscriptions et Belles-Lettres avait songé, dès 1839, à publier un 
Corpus ou Recueil général des inscriptions latines, mais ce projet 
n’avait pas abouti. Repris parVillemain en 1843, il n’eut pas plus 
de résultat. L’Académie de Berlin entreprit ce grand travail. 
Longtemps il n’avança guère ; on n’était pas même d’accord sur 
l’ordre à adopter et il y eut à ce sujet de longs débats. L’ordre 
chronologique était impossible, attendu que la plupart des inscrip¬ 
tions ne sont pas datées ; les grouper d’après leur contenu est ar¬ 
bitraire, car ce contenu est presque toujours complexe, Mommsen 
intervint résolument en faveur de l’ordre géographique. En 1847, 
il publia son mémoire Ueber Plan und Ausführung eines C. l.L ., 
et en 1852, comme spécimen, les Inscriptiones regni Neapolitani 
qui marquent une époque dans l’histoire de l’épigraphie. La lutte 

28 


BULLETIN. 


T. II. 





398 


BULLETIN. 


continua encore quelque temps, mais les vues de Mommsen fini¬ 
rent par triompher. Il devint dès lors et il resta jusqu’à la fin de 
sa vie l’âme de la publication du Corpus qui compte aujourd’hui 
quinze volumes et plusieurs suppléments; il concentra les rensei¬ 
gnements, dirigea de nombreux collaborateurs dont plusieurs 
étaient scs élèves, et il se chargea lui-même complètement d’une 
partie importante du travail. 

Rentré dans son pays en 1847, Mommsen fut quelque temps 
rédacteur d’un journal paraissant à Rendsbourg, la Schlesmig- 
Holsteinische Zeitung , où il soutint vaillamment la cause de 
l’émancipation des duchés et les idées libérales. Dans l’au¬ 
tomne de 1848 il était nommé professeur extraordinaire de droit 
romain à l’Université de Leipzig. S’il ne siégea pas au Parlement 
de Francfort comme tant de ses collègues, il s’occupa cependant 
beaucoup de politique, trop même, au gré des gouvernants qui 
finirent par avoir le dernier mot, et, en 1850, il fut privé de ses 
fonctions avec ses amis les professeurs Moritz Haupt et Otto 
Jahn. Il profita de ses loisirs forcés pour ses divers travaux, entre 
autres pour la préparation de son Histoire romaine, et au prin¬ 
temps de 1852, il accepta un appel à l’Université de Zurich en 
qualité de professeur ordinaire de droit romain. 

* 

* * 

A Zurich, comme partout, comme toujours, Mommsen déploya 
une merveilleuse activité. Il ne resta que deux ans dans cette 
ville, de 1852 à 1854, et, pendant ce court espace de temps, il 
publia trois travaux dans les Mémoires de la Société des Anti¬ 
quaires de Zurich' et il procéda à la rédaction définitive de son 
Histoire romaine, dont la première édition parut à Berlin en 
3 volumes, de 1854 à 1856. 

Le premier travail publié à Zurich est intitulé Les Alphabets 
étrusques du nord, d'après les inscriptions et les monnaies. 
Mommsen s’occupait de réunir les inscriptions latines en Suisse, 

1 Die nord-etruslcischen Alphabete auf Inschriften und Münzen (dans 
les Mittheilungen der antiquarischen Gesellschaft in Zurich , tome VII, 
1853). 

Die Schweiz in rômischer Zeit (Mittheilungen, tome IX, 1854). 

Inseriptiones confœderationis Helveticæ (Mittheilungen, tome X, 1854). 



THÉODORE MOMMSEN. 399 

lorsque son attention tut attirée par un fragment d’inscription 
inédite, en caractères étrusques, provenant du Tessin. Il eut 
l’idée de le rapprocher des légendes, en caractères analogues, de 
diverses monnaies existant dans les collections zuricoises, et il y 
ajouta ensuite l’étude d’inscriptions et de légendes semblables 
provenant de l’Italie du nord et des provinces autrichiennes voi¬ 
sines, recueillies par lui-même ou connues par diverses publica¬ 
tions locales. De la sorte, son travail finit par avoir pour objet 
tout ce qui a été trouvé d’écrit, sur pierre ou sur métal, au nord 
de l’Apennin (donc en dehors du domaine propre de la langue 
étrusque) en caractères qui révèlent une étroite parenté avec 
l’alphabet étrusque. 

« Pour tranquilliser les gens raisonnables, » il s’empresse de 
déclarer, au commencement de son travail, qu’il n’a point l’inten¬ 
tion d’interpréter ces textes énigmatiques, assez faciles à lire 
mais incompréhensibles; en second lieu, il affirme ne point vou¬ 
loir prétendre que la population fût d’origine étrusque partout 
oü l’on peut prouver l’usage d’un alphabet parent de celui des 
Etrusques. Il était fort naturel, remarque-t-il, que les peuplades 
des Alpes empruntassent l’écriture du peuple civilisé le plus rap¬ 
proché; attribuer pour ce motif aux tribus alpestres une origine 
étrusque, ne serait pas plus sensé que de considérer comme des 
Anglo Saxons les nègres qui emploient des caractères anglais 
pour écrire leur propre langue. 

La Suisse à l’époque romaine est un travail bien connu chez 
nous, aussi solide qu’intéressant, plein de malice et de vues géné¬ 
rales. Mommsen arrive, par exemple, à constater (surtout à l’aide 
des noms propres conservés par les inscriptions) qu’à l’époque 
romaine il existait entre l’ouest et le nord-est du pays, — entre 
la Suisse romande et la Suisse allemande actuelles — des diffé¬ 
rences presque aussi grandes qu’aujourd’hui. Tandis que l’ouest, 
jusqu’à Soleure, était complètement romanisé, le reste du pays 
conserva pendant tout le temps que dura la domination romaine 
ses noms et son patois celtiques. Il en résulta que, lors de l’inva¬ 
sion germanique, les Burgondes, établis au milieu d’un peuple de 
culture supérieure à la leur, adoptèrent la langue et les mœurs 
des vaincus, tandis que les Alémans, qui trouvèrent une nationa¬ 
lité en décadence dont la langue n’était pas plus développée que 






400 


BULLETIN. 


leur propre dialecte, lui imposèrent celui-ci en même temps que 
leurs coutumes. 

Mommsen compléta plus tard le beau travail consacré à la Suisse 
à l’époque romaine par la publication, dans YHermes, en 1881, 
des Sclnveizer Nachstudien; dans ces nouvelles Etudes, il identifia 
un certain nombre de localités mentionnées par les auteurs 
anciens, et il s’occupa de la condition politique des Helvètes b 

En 1854, Mommsen fit paraître les Inscriptions de la Confédé¬ 
ration Suisse , base solide de l’histoire ancienne de notre pays. Ce 
recueil si commode à consulter restera précieux après l’achève¬ 
ment du Corpus, parce qu’on y trouve réunies les inscriptions de 
toutes les parties du territoire de la Suisse actuelle, alors partagé 
entre plusieurs provinces, ce qui fait que ces inscriptions sont 
disséminées dans plusieurs volumes du Corpus. 

C’est à Zurich, enfin, que Mommsen procéda à la rédaction 
définitive de son Histoire romaine. On ne savait pas grand’chose 
sur l’origine de cet ouvrage, quand fut publiée dans la National 
Zeitung , après la mort de l’auteur, une lettre curieuse, jadis 
adressée par lui à Gustave Freytag; M. Antoine Guiliand en a 
donné la traduction suivante dans le numéro du 20 novembre 
1903 du journal La Suisse : 

« Dans mes jeunes années j'avais bien autre chose à faire 
qu’à penser à écrire une histoire générale. J’étais occupé par 
l’élaboration du droit criminel romain, par la publication des 
sources de ce droit, par un manuel des pandectes, etc. C’est alors 
que je fus atteint par la maladie des jeunes professeurs : faire des 
conférences de vulgarisation pour le public cultivé. J’étais alors à 
Leipzig — automne de 1848 — et le sujet qui absorbait mon 
attention était la loi agraire chez les Romains. Cependant, comme 
avec ce thème je ne pouvais guère intéresser ma future femme 
qui assistait à la séance, je fis une conférence politique sur les 
Gracques. Parmi les assistants se trouvaient les deux libraires 
Karl Reirner et Salomon Hirzel, qui dirigeaient la collection his¬ 
torique de Weidmann. Deux jours après, ils venaient chez moi et 

1 M. Charles Morel a présenté un exposé critique de ce travail dans la 
séance de notre Société du 22 décembre 1881. 




THÉODORE MOMMSEN. 


401 


me demandaient si, pour leur collection, je ne consentirais pas à 
écrire une histoire romaine. La chose me surprit fort et je n’avais 
jamais examiné cette éventualité. Mais dans ces années de fer¬ 
mentation où chacun avait en soi une confiance surprenante et 
dans lesquelles, si on avait demandé à un professeur : « Voulez- 
vous devenir ministre des cultes? », il aurait répondu : « Pourquoi 
pas? », j’acceptai. Je ne saurais, à vrai dire, pourquoi; probable¬ 
ment parce que ces deux messieurs m’en imposaient et que je me 
disais : « S’ils ont confiance en toi, tu peux bien toi-même avoir 
confiance »... Si mon œuvre historique a trouvé des lecteurs 
reconnaissants, leur gratitude doit aller pour une bonne part, 
pour la meilleure, sans doute, à ces deux hommes qui m’ont 
donné l’idée d’écrire cette œuvre. » 

Dans une notice relative à l’histoire de la librairie Weidmann 
nous trouvons que le contrat relatif à l 'Histoire romaine que 
Mommsen s’engageait à composer fut signé par les libraires 
Reimer, Hirzel et par lui le 1 er octobre 1850, à Leipzig, (le siège 
de la librairie ne fut transféré à Berlin qu’en 1854). La future 
femme de Mommsen était Mademoiselle Marie Reimer, la fille 
aînée du libraire ; il l’épousa en 1854, lorsqu’il eut quitté Zurich 
pour occulter la chaire de droit romain à Breslau. 

Sur le séjour de Mommsen à Zurich, voici les renseignements 
que M. A. Guilland, professeur d’histoire à l’Ecole polytechnique 
de Zurich, a bien voulu nous communiquer; il les tient lui-même 
de M. Meyer de Knonau : 

« M. Meyer était trop jeune, au moment du séjour de 
Mommsen à Zurich, pour l’avoir connu personnellement, mais 
il a eu souvent l’occasion de s’entretenir de lui avec Ferdinand 
Relier, ami intime du savant allemand. Bs habitaient le même 
quartier, au centre de la ville : Mommsen, rue du Rennweg, 
à une petite distance de la maison de Relier. Son écriture 
était si défectueuse — de vraies pattes de mouches — que les 
typographes avaient de la peine à la déchiffrer. Ce fut Relier 
qui, de son écriture régulière, transcrivit les feuilles de Y Histoire 

1 Yeiîags-Katalog der Weidmannschen Buchhandlung in Berlin, 1900. 
Einleitung, p. xxvi. 





402 


BULLETIN. 


romaine au fur et à mesure que Mommsen les écrivait et qu’il 
les lui apportait. Aussi M. Meyer de Knonau a pu dire avec une 
juste fierté : « Zürick ist die Wiege der Romisrhen Geschichte » \ 
« Mommsen fit, à l’Hôtel-de-Ville, une conférence sur le sujet 
qu’il traita ensuite dans le travail intitulé Die Schweiz in romi- 
scher Zeit. Il y prenait à partie avec sa vivacité ordinaire certains 
érudits du cru. Iveller dut « enlever les épines » de cette confé¬ 
rence dont Mommsen lui communiqua les notes avant de la pro¬ 
noncer. Son esprit sarcastique lui avait attiré certaines inimitiés. 
Son caractère taillé en arêtes vives ne s’accordait pas entière¬ 
ment avec celui de M. Georges de Wyss, qui était l’urbanité en 
personne et qui disait de lui : « C’est un couteau très tranchant; 
il faut bien faire attention à la manière dont on le prend. » 

« Mommsen avait comme collègues à Zurich plusieurs profes¬ 
seurs qui avaient dû quitter l’Allemagne pour des motifs politiques 
(le philologue Kœchly, le physiologiste Moleschott, etc). Il y avait 
deux salons où les exilés se réunissaient fréquemment : celui de 
Wesedonk, un riche négociant rhénan retiré des affaires qui pos¬ 
sédait près de Zurich une superbe villa et jouait au Mécène, et 
celui de François Wille, un Hambourgeois d’origine neuckâte- 
loise, qui avait quitté l’Allemagne en 1849 à cause de ses idées 
démocratiques, et qui possédait à Marienfeld le domaine qui 
appartient aujourd’hui à M. le colonel Wille. » 

Mommsen était également très lié avec la famille Imkoof- 
Blumer, de Wintertkur, dont l’admirable collection de monnaies 
anciennes a été récemment acquise par le cabinet de numisma¬ 
tique de Berlin. 

* 

* # 

Dans la préface des Inscriptions de la Confédération suisse, 
datée de Zurich, février 1854, Mommsen exprime sa reconnais¬ 
sance pour l’aide que lui ont donnée Troyon, de Lausanne; Roth, 
de Bâle, et surtout Iveller, de Zurich. Il mentionne également 
Soret, de Genève; Vischer, de Bâle; Meyer, Horner et Baiter, 
de Zurich, puis il ajoute (page x) : 

« Il existe aujourd’hui des musées épigraphiques dans toutes les 


« Zurich est le berceau de VHistoire romaine. 



THEODORE MOMMSEN. 


403 


localités où l’on a trouvé des inscriptions en nombre un peu con¬ 
sidérable, et ces inscriptions sont partout soigneusement conser¬ 
vées, sauf à Genève, où le musée épigraphique est dans un état 
que déplorent les citoyens, et, dont les étrangers se moquent ou 
s’indignent b » 

Cette remarque ne passa point inaperçue. Le Mémorial de 
notre Société mentionne une communication de M. Edouard 
Mallet à la séance du 27 septembre 1855, intitulée : « De la 
négligence apportée à la conservation des inscriptions romaines 
et de l’opinion de M. Mommsen h ce sujet. » 

Voici ce qui se trouve, à ce sujet, dans nos procès-verbaux. 

M. Blavignac avait proposé que divers fragments d’antiquités, 
trouvés dans les fouilles faites aux Bergues pour les constructions 
de la Société immobilière, fussent remis à la Ville. 

« M. Ed. Mallet pense qu'il faut attendre que la Ville soigne 
mieux nos antiquités romaines qui sont placées entre le charnier 
anatomique et les débris du laboratoire de chimie; il a écrit au 
Conseil Administratif en lui communiquant les impressions de 
M. Mommsen à cet égard, mais on ne paraît pas disposé à s’en 
occuper avant que les bâtiments de l’Hôpital soient libres. 
MM. Mallet et Blavignac sont chargés, conjointement avec 
M. Gosse, de s’assurer que les fragments donnés à la Société sont 
bien placés et le Bureau verra s’il convient d’adresser à l’admi¬ 
nistration une demande pour ce qui concerne la conservation des 
inscriptions. » 

Les autorités finirent par faire droit aux réclamations qui lui 
furent adressées, mais elles y mirent du temps ! 

Dans le tome XII du Corpus, on lit en effet cette note de 
Mommsen 1 2 : « Lorsque je publiai le recueil des inscriptions 

1 « Extant liodie musea lapidaria quibuscunque locis tituli paullo raaiore 
numéro prodeunt, et recte custodiuntur lapides ubique, excepta una 
Geneva, cuius musei turpem condicionem cives déplorant, exteri modo 
rident modo indignantur. » 

2 C. I. L., tome XII (Gaule narbounaise, 1888), page 329 : « Titulos 
Helveticos cum collectos edidi a. 1854... musei genevensis turpem condi¬ 
cionem dixi cives deplorare, exteros modo ridere, modo indignari. Jam 
decreto civium facto a. 1861 effectum est, ut recte et diligenter collecti 
lapides in eo expositi prostent. Eos excussimus ibi ego a. 1879 itemque 
meo jussu Johannes Schmidt. » 




404 


BULLETIN. 


suisses en 1854..., je disais que les citoyens déploraient le honteux 
état de leur musée épigraphique et que les étrangers s’en mo¬ 
quaient ou s’en indignaient. Grâce à un décret de 1861, les ins¬ 
criptions, réunies convenablement et avec soin, y sont maintenant 
exposées à la vue. C’est là que je les ai relevées moi-même en 
1879 et que Jean Schmidt les a également relevées à ma 
demande. » 

Hélas, depuis lors, les inscriptions, remplacées dans leur local 
du Palais de Justice par un poste de police et une salle d’arrêts, 
sont de nouveau logées d’une façon misérable. Si Mommsen eût 
aperçu le toit naguère percé de nombreuses gouttières qui les 
abrite au pied du mur de la rue de Candolle, derrière la Biblio¬ 
thèque publique, il se fût moqué ou indigné, en sa qualité 
d’étranger, de ce que nous déplorions comme citoyens. Heureuse¬ 
ment quelques réparations urgentes ont été faites à cette lamen¬ 
table toiture, et l’on peut espérer que bientôt les plus anciens 
documents relatifs à notre ville trouveront un asile convenable et 
définitif dans le nouveau Musée central. 

Pour la publication des inscriptions de Genève dans le volume 
XII du Corpus, Mommsen eut un collaborateur capable et dévoué 
en la personne de Charles Morel. Nous savions que ce dernier le 
connaissait d’ancienne date \ qu’il l’avait reçu chez lui à plusieurs 
reprises, et nous avons demandé à Madame Charles Morel quel¬ 
ques renseignements sur leurs relations scientifiques. Elle a bien 
voulu nous confier vingt lettres, billets ou cartes postales de 
Mommsen à son mari, et nous tenons à lui en exprimer ici notre 
sincère reconnaissance 1 2 . 

Nous devons constater, au sujet de l’écriture de Mommsen, 
que les plaintes des typographes allemands mentionnées par 
M. Guilland étaient parfaitement fondées. Les caractères sont 

1 Dans le volume intitulé Commentationes philologæ in honorera 
Theodori Mommseni, dédié à Mommsen en 1877 à l’occasion du soixan¬ 
tième anniversaire de sa naissance par soixante-dix-huit de ses élèves 
et de ses amis, figure un travail (en allemand) de Charles Morel : 
C astell und Viens Tascaetium in Bàtien. 

2 Nous laisserons de côté, dans ce qui suit, quelques lettres à cause de 
la nature personnelle de leur contenu, et nous nous bornerons à donner 
une brève analyse de quelques autres. 




THÉODORE MOMMSEN. 


405 


mal formés et si fins que parfois, même à la loupe, ils sont à peu 
près indéchiffrables. Parmi les pièces que nous avons eues sous 
les yeux, deux lettres en français sont faciles à lire ; les dix-huit 
autres sont en allemand, quelques-unes en caractères latins, la 
plupart en écriture allemande; nous n’avons pu déchiffrer quel¬ 
ques mots de ces dernières. 

On voit dans ces lettres l’estime que Mommsen — qui ne la 
prodiguait pas — avait pour notre collègue ; elles nous apprennent 
aussi que ce dernier ne lui a pas seulement rendu des services 
pour le Corpus, où son nom est souvent mentionné, mais aussi 
d’autres, très précieux, quand il séjournait encore à Paris dans 
les années qui suivirent immédiatement la guerre de 1870, en 
faisant dans les bibliothèques des recherches que le savant alle¬ 
mand ne pouvait plus venir faire lui-même. 

Charles Morel, établi à Paris de 1862 à 1874, fut un des colla¬ 
borateurs de Napoléon III pour l 'Histoire de Jules César; il prit 
ensuite une part active à la fondation de la Revue critique d'his¬ 
toire et de littérature. 

Mommsen venait fréquemment dans la capitale française, où il 
recevait le meilleur accueil du monde savant et de l’empereur 
lui-même. C’est à Paris que ces deux hommes firent connaissance; 
à quel moment remontent leurs relations ? 

Parmi les lettres que nous a confiées Madame Charles Morel 
il y en a une adressée à son mari par Madame Hortense Cornu, 
sœur de lait de Napoléon III. La voici : « Monsieur — Voudriez- 
vous nous faire le plaisir de venir dîner aujourd’hui chez nous à 
7 heures. Vous y trouverez MM. Renier, Mommsen , Renan et 
Maury... » La seule date indiquée est « 9 mai, samedi », mais, 
parmi les années entre lesquelles on peut hésiter, nous avons 
constaté que la seule où le 9 mai est un samedi est l’année 1863. 
Ainsi, dès le mois de mai 1863, Morel a eu l’occasion de rencon¬ 
trer Mommsen, et il est probable que leurs relations remontent 
aux premiers temps de son séjour à Paris. 

La première lettre de Mommsen à Charles Morel est du 29 
juin 1869. Il est très satisfait de son projet de traduire quelques- 
uns de ses écrits, et il approuve le choix proposé par son corres¬ 
pondant; il est d’avis, cependant, d’y ajouter la traduction de 
son travail sur le Conflit juridique entre César et le Sénat (die 







406 


BULLETIN. 


Rechtsfrage zwischen Caesar und dem Sénat , 1857) qui lui paraît 
de nature à intéresser particulièrement le public français. En 
fait, Charles Morel ne traduisit que YEtude sur la vie de Pline 
le Jeune , publiée dans YHermes en 1868. A cause de la guerre, 
cette œuvre ne put paraître qu’en 1873, dans la « Bibliothèque 
de l'École des Hautes Études », dont elle forme le 15 me fascicule. 

On sait qu’en 1870 Mommsen indigna les Français par ses 
attaques virulentes contre leur pays. Il adjura les Italiens de ne 
pas venir à leur aide (Agli Italiani, 30 août 1870); il flétrit la 
déchéance de leur littérature « aussi sale que les eaux de la Seine », 
et il traita Napoléon III, qui l’avait fort bien accueilli, de « cheva¬ 
lier d’industrie dont la cour n’était qu’un ramassis d’aventuriers. » 
La lutte terminée, Mommsen regrette de ne plus pouvoir aller 
travailler à Paris, de ne plus rien recevoir de Léon Renier, l’épi- 
graphiste, et d’autres savants français avec lesquels il avait été en 
relations. « Vous avez raison. » écrit-il à Morel, le 6 février 1872, 
« de me dire que les Allemands doivent être pleins de retenue 
et d’attentions (schonend und achtungsvoll) à l’égard des Fran¬ 
çais... Malheureusement nous sommes un peuple si impolitique 
que même les premiers de la nation ne se doutent pas que, dans 
les relations avec l’étranger, surtout dans les circonstances pré¬ 
sentes, une simple lettre est un acte politique... Si vous entendez 
dire, cependant, que je me comporte comme les imprudents, je 
me bornerai à répondre : cela n’est pas vrai... » 

Charles Morel avait offert à son correspondant de faire pour 
lui les recherches dont il aurait besoin dans les bibliothèques de 
Paris. Mommsen eut recours à maintes reprises à sa bienveillance, 
pour ses travaux et pour ceux de ses amis. Voici ce qu’on lit dans 
sa lettre du 11 juillet 1872 : « Vous avez été assez aimable pour 
m’offrir votre aide au cas où j’aurais quelques recherches à faire 
dans la bibliothèque qui, vu le fait qu'elle appartient à la « grande 
nation » est inaccessible à nous autres, petits gens du dehors ». Il 
en usera pour son ami H. Keil, de Halle, éditeur des grammatici 
latini... « Nous ne savons de Paris que ce que les journaux nous 
disent; de vous, pas de nouvelle. Nous devons sans doute suppor¬ 
ter les conséquences de nos victoires, comme les Français doivent 
se résigner aux suites de leur contre-partie, mais maintenons ce 
qui peut et doit subsister encore de liens communs. » 




THÉODORE MOMMSEN. 


407 


Les liens continuèrent à se rompre ou à se dénouer. Le 10 no¬ 
vembre 1872, Mommsen a le regret d’annoncer à son ami que 
la convention entre Renier et le professeur Hübner, pour la publi¬ 
cation des inscriptions de la Gaule et de la Germanie, a été dissoute 
à l’amiable. « Estimez-vous, » lui demande-t-il, « que, dans les cir¬ 
constances actuelles, un jeune savant allemand, non compromis, 
puisse reprendre cette tâche? Nous souhaiterions que Renier s'y 
intéressât comme collaborateur, mais accepterait-il ?» — « Je 
dois, » continue-t-il, « aller en Italie l’an prochain, et je pourrais 
facilement passer par Paris, mais quel accueil y recevrais-je, et 
ma visite ne risquerait-elle pas d’avoir plus d’inconvénients que 
d’avantages? » — Sa lettre se termine, comme c’est fréquemment 
le cas, par la prière de faire quelques recherches dans les biblio¬ 
thèques. 

Le 9 septembre 1874, le « savant allemand non compromis », 
dont il était question dans la lettre précédente, est trouvé. « Le 
professeur Hirschsfeld, de Prague, qui vous remettra ces lignes, 
se rend cet hiver à Paris afin de réunir les inscriptions de France, 
dont il a entrepris la publication dans le C. I. L. Vous ferez sans 
doute votre possible pour l’aider efficacement (mit Rath und 
That) dans sa tâche difficile. » 

On sait qu’en 1880, dans la nuit du 11 au 12 juin, un incendie 
éclatait dans la maison de Mommsen, à Charlottenbourg, et 
détruisait une grande partie de ses livres et manuscrits. — Le 
27 juillet, il envoie à Morel les lignes suivantes, où apparaît bien 
son indomptable énergie : 

« Cher docteur — Avant d’avoir reçu votre lettre amicale, 
je savais que vous preniez part à mon triste sort. Je ne sais 
encore ce qu'il adviendra de ma vie et de mes plans ; il me 
sera maintenant à peine possible d’exécuter ce que je proje¬ 
tais. La copie des inscriptions pourra cependant être refaite, 
même après cette catastrophe, et c’est à ce sujet que je veux 
demander votre aide. Lorsque, ce soir de malheur, je quittai 
ma table de travail, je venais de terminer la rédaction des 
Belveticœ et je pensais avoir achevé le dernier volume qui 
m’incombait pour le C. I. L. Le manuscrit est complètement 
détruit et une partie seulement des papiers réunis pour ce travail 
a été sauvée. 





408 


BULLETIN. 


« J’espère que le D r J. Schmidt, de Halle, qui lit bien les ins¬ 
criptions et a de la pratique, se chargera de la révision des origi¬ 
naux — mes notes sont détruites — et m’évitera cette fatigue. Il se 
présentera prochainement chez vous; je vous prie de l’aider, en 
particulier de lui faire obtenir que les ouvrages nécessaires soient 
remis entre ses mains... » 

Suivent quelques indications bibliographiques, la demande de 
collationner les « Abauzitiana » à la Bibliothèque publique et 
celle de remercier M. H. Fazv pour la lettre reçue de lui à 
l’occasion de l’incendie. 

Le 15 avril 1888, Mommsen remercie Morel de lui avoir 
envoyé une communication qui pourra encore figurer dans le 
tome XII du Corpus , et il ajoute : « J’ai lu avec plaisir votre 
ouvrage sur Genève et Vienne 1 ; c’est, il est vrai, toujours la 
vieille histoire, mais dans chaque ville elle devient nouvelle et 
elle est intéressante par les explications que vous donnez. » 

Parmi les lettres de Mommsen il en est deux en français. Voici la 
première, qui prouve le cas que ce juge difficile faisait de son cor¬ 
respondant : 

« Monsieur — Votre lettre m’est arrivée avec quelque retard : 
je vous réponds de suite. Ce que vous me mandez m’étonne. 
J’ai toujours cru que vous étiez plus philologue qu’antiquaire 
et que, si l’on veut admettre ces catégories (un peu absurdes 
comme toutes les catégories, mais enfin nécessaires pour la vie 
pratique) il faudrait vous ranger dans la première. Pour ne citer 
qu’un exemple que j’ai étudié à fond, qui a lu votre beau travail 
sur le poème découvert récemment par M. Delisle dans le manus¬ 
crit de Rudeuve n° 8084 aura vu que vous savez déchiffrer un 
manuscrit très difficile (je l’ai fait collationner une seconde fois 
après vous et mon ami n’a pu ni ajouter ni changer une lettre 
dans votre édition), que vous savez le corriger et l’expliquer, en 
vous servant, il est vrai, de l’histoire, mais sans omettre vos 
devoirs d’éditeur philologique. Je vous le dis franchement : ce 
qui me plaît dans tout ce que vous publiez, c’est que j’y vois tou¬ 
jours la base philologique bien solidement assise, et que vous 

1 Genève et la colonie de Vienne sous les Romains, dans les M. D. G., 
tome XX. 



THÉODORE MOMMSEN. 


409 


connaissez bien tous les outils de ce difficile métier pour les 
employer à propos. Je ne sais pas quelle tâche vous finirez à 
choisir, mais je sais que vous pouvez choisir en pleine liberté 
entre une tâche de philologie pure et simple et une tâche d’ar¬ 
chéologie, c’est-à-dire de philologie appliquée à l’étude de l’his¬ 
toire ancienne et des mœurs anciennes. 

Tout à vous. 

Berlin, 1 septembre 1874. Mommsen. » 

La dernière lettre de Mommsen est également en français et 
elle se rapporte à la publication, faite en 1900, par MM. Jules 
Nicole et Charles Morel, des Archives militaires du premier 
siècle : 

« Mon cher et ancien ami — Il y a longtemps que j’aurais dû 
vous envoyer le tirage définitif de ma petite notice et vous remer¬ 
cier de votre bonne lettre. Les beaux esprits se rencontrent quel¬ 
quefois et quelquefois ils se heurtent, mais je vois avec plaisir que 
ce petit choc ne nous brouillera pas. Du reste, quant aux comptes, 
vous aviez raison; je n’ai pas fait attention aux quatre ans de 
Titus, selon la chronologie égyptienne, et j’ai dû corriger cette 
faute dans un post-scriptum. Du reste, il me semble que le monde 
ne fait pas de grands progrès; certainement nos chinoiseries 
sont pour le moment ridicules et pour l’avenir peut-être dange¬ 
reuses. La Suisse est bien heureuse de n’avoir pas de politique 
extérieure. 

Bien des choses à M. Nicole. 

Tout à vous. 

Charlottenbourg, 18/9 1900. Mommsen. » 

* 

* * 

Notre Société nomma Mommsen membre correspondant le 
27 avril 1893. Il la remercia par la lettre suivante adressée à son 
président : 

« Monsieur — La Société d’Archéologie et d’Histoire de 
Genève, à laquelle vous présidez, ayant bien voulu me conférer 
le titre de membre correspondant, je vous prie de vouloir bien 
lui présenter mes hommages et mes remerciements. J’ai plusieurs 
fois eu l’occasion de profiter de ses publications et parmi mes 








410 


BULLETIN. 


nouveaux confrères, j’ai trouvé des aides zélés; c’est flatteur pour 
moi d’entrer dans votre Société. 

Charlottenbourg, 8 mai 1893. Mommsen. » 

* 

* * 

Un mot encore avant de finir. Nous avons eu l’occasion de voir 
le ressentiment légitime des Français à l’égard de Mommsen, 
après la guerre de 1870. La Société des Antiquaires de France le 
raya même de la liste de ses membres correspondants. Il convient 
donc de rappeler que, depuis lors, l’apaisement s’est fait. A la fin 
de sa vie, Mommsen rendit justice à la valeur des travaux de la 
nouvelle école historique française. En 1895, l’Académie des Ins¬ 
criptions et Belles Lettres le nomma membre associé, et lorsqu’il 
vint en France, trois ans avant sa mort, le Paris des lettres et des 
sciences lui fit un accueil empressé et courtois qui Phonore autant 
que celui qui en était l'objet. 

Mommsen, d’ailleurs, était digne de cet accueil, par les services 
rendus à la science, cela va sans dire, et par d’autres mérites 
encore. Ses yeux ont su voir autre chose, dans le monde, que 
« des écrivains grecs et latins, des couches de terrain ou des pro¬ 
blèmes de mathématiques ». Le monde n’a pas dû lui paraître 
« petit ou misérable » ou plutôt — et c’est ce qui explique 
son intervention dans toutes les affaires qui intéressent son pays 
et l’humanité il a voulu combattre ce qui lui paraissait, à tort 
ou à raison, petit et misérable, pour que pût croître ce qui est 
noble et grand. 

C’est pour cela que, malgré ses violences, ses emportements, 
ses sarcasmes parfois injustes et cruels, Mommsen a droit, comme 
homme, à notre respect, de même que, comme savant, il a toute 
notre admiration. 


Charles Seitz. 




LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ 


au ïtO juin 1 90 4 


MEMBRES EFFECTIFS 


MM. 

Edouard Andréæ, docteur en médecine, 1900. 

David Art, 1888. 

Hippolyte Aubert, ancien élève de l’Ecole des chartes, directeur 
de la Bibliothèque publique, 1886. 

Alfred Audéoud, colonel, 1900. 

Ernest Audéoud, 1895. 

Georges Autran, ingénieur, 1888. 

Sigismond Balitzer, professeur de rUniversité de Vienne, 1894. 
Frédéric Barbey, archiviste-paléographe, 1901. 

Edmond Barde, licencié en droit, 1901. 

Charles Bastard, 1888. 

Jean Baumgartner, professeur à la Faculté de théologie libre, 
1901. 

Maurice Bedot, docteur ès sciences, professeur extraordinaire à 
la Faculté des sciences, directeur du Musée d’histoire natu¬ 
relle, 1891. 

Albert Bétrix, docteur en médecine, privat-docent à la Faculté 
de médecine, 1897. 

Max van Berchem, docteur en philosophie. 1890. 

Victor van Berchem, 1885. 

Louis Binet, 1897. 

Henry-W. de Blonay, 1890. 

Auguste Blondel, licencié en droit, 1880. 

Agénor Boissier, 1865. 










412 


BULLETIN. 


Alfred Boissier, docteur en philosophie, 1890. 

Edmond Boissier, licencié en droit, 1890. 

Fernand Boissier, 1902. 

Charles Boissonas, architecte, 1888. 

Edouard Bonna, licencié en théologie, 1900. 

Pierre-J. Bordier, 1899. 

Frédéric Borel, licencié en droit, ancien élève de l’Ecole des 
chartes, 1885. 

Charles Borgeaud, docteur en philosophie et en droit, professeur 
à la Faculté de droit et à la Faculté des lettres, 1895. 

Victor Brière, docteur en médecine, 1890. 

Moïse Briquet, 1880. 

Etienne Brocher, 1864. 

Henri Brocher, docteur en droit, professeur à la Faculté de 
droit, 1895. 

Jacques Brun, pharmacien, 1898. 

Eugène de Budé, 1858. 

Guy de Budé, 1903. 

Edouard Burnet, pharmacien, 1902. 

Auguste Cahorn, architecte, 1888. 

Henri Cailler, 1892. 

Casimir de Candolle, docteur en philosophie, 1890. 

Lucien de Candolle, 1885. 

Alfred Cartier, secrétaire de l’Administration des Musées et 
Collections de la Ville, 1882. 

Louis Cartier, 1888. 

Jean-Louis Cayla, architecte, 1890. 

Lucien Cellérier, 1903. 

Emile Chaix, maître de géographie à l’Ecole supérieure de 
commerce et à l’Ecole secondaire et supérieure des jeunes 
filles, 1887. 

Lucien Chalumeau, licencié ès lettres, maître à l’École secondaire 
et supérieure des jeunes filles, 1896. 

Tobie Chaperon, docteur en médecine, 1900. 

Emile Chatelan, sous-conservateur à la Bibliothèque publique, 
1897. 

Henry Chauvet, 1887. 

Louis Chauvet, 1896. 




MEMBRES EFFECTIFS. 


413 


Charles Ciienevard, 1897. 

Edmond Chenevière, 1888. 

Albert Ciioisy, notaire, 1885. 

Eugène Choisy, docteur en théologie, pasteur, 1893. 

Alexandre Claparède, docteur ès sciences, 1890. 

Arthur de Claparède, docteur en droit, privât docent à la 
Faculté des lettres, 1888. 

Elie Couchet, avocat, 1901. 

Jules Cougnard, 1900. 

Alfred Covelle, docteur en droit, 1882. 

Auguste Cramer, avocat, 1880. 

Lucien Cramer, docteur en droit, 1898. 

Gabriel Dallinges, 1899. 

Henri Darier, 1887. 

Francis De Crue, docteur ès lettres, professeur à la Faculté des 
lettres, 1890. 

Eugène Demole, docteur en philosophie, conservateur du Cabi¬ 
net de numismatique, 1881. 

Henry Déonna, docteur en droit, 1898. 

Edouard Des Gouttes, ingénieur, 1897. 

Charles Du Bois-Melly, 1864. 

Frédéric Dubois, 1896. 

Jules Dubois, licencié en théologie, 1903. 

Louis Dufour-Vernes, docteur honoraire ès-lettres de l’Univer¬ 
sité de Genève, archiviste d’Etat, 1860. 

Théophile Dufour, archiviste paléographe, directeur honoraire 
des Archives et de la Bibliothèque publique, 1863. 

Albert Dunant, 1903. 

Pierre-Louis Dunant, docteur en médecine, 1890. 

Emile Duval, 1883. 

Auguste Eggimann, libraire-éditeur, 1899. 

Charles Eggimann, éditeur, 1895. 

Guillaume Fatio, 1895. 

Camille Favre, ancien élève de l’Ecole des chartes, 1870. 
Edouard Favre, docteur en philosophie, élève diplômé de l’Ecole 
des hautes-études, 1878. 

Guillaume Favre, 1898. 

Léopold Favre, licencié ès lettres, 1873. 


BULLETIN. 


T. II. 


29 




414 


BULLETIN. 


William Favre, licencié ès sciences, 1873. 

Henri Fazy, président du Conseil d’Etat, directeur des Archives, 
1860. 

Robert Fazy, juge au Tribunal de l re instance, 1902. 

Camille Ferrier, avocat, 1887. 

Henri Ferrier, 1891. 

Aymon Galiffe, juge au Tribunal de 1™ instance, 1888. 

Francis de Gallatin, 1898. 

Henry Galopin, conservateur de la Salle des Armures, 1903. 
Albert Gampert, notaire, 1888. 

Frédéric Gardy, licencié ès lettres, conservateur à la Bibliothèque 
publique, 1895. 

Léon Gautier, docteur en médecine, 1886. 

Lucien Gautier, docteur en philosophie, professeur honoraire 
de théologie, 1893. 

Raoul Gautier, professeur à la Faculté des sciences, directeur 
de l’Observatoire, 1888. 

Emile Genequand, docteur en droit, 1889. 

Maurice Girod, 1890. 

William Guex, 1898. 

Jules Guillaumet-Vaucher, 1888. 

Henri Heyer, licencié en théologie, bibliothécaire archiviste de 
la Compagnie des Pasteurs, 1872. 

Horace Jaccard, 1904. 

Alexandre Jullien, libraire-éditeur, 1887. 

Henri Juvet, architecte, 1890. 

Charles Kohler, ancien élève de l’Ecole des chartes, conservateur 
des manuscrits à la Bibliothèque S te -Geneviève, à Paris, 1885. 
Guillaume Ivündig, libraire-éditeur, 1864. 

Henri Kündig, libraire-éditeur, 1901. 

Edouard Künkler, 1887. 

Paul Ladame, docteur en médecine, privât docent à la Faculté de 
médecine, 1888. 

Henri Le Fort, docteur en droit, juge à la Cour de justice, 1881. 
Eugène-Henry Le Royer, avocat, 1898. 

Gaston de Lessert, 1890. 

Perceval de Loriol, 1859, docteur honoraire ès sciences de l’Uni¬ 
versité de Genève. 



MEMBRES EFFECTIFS. 415 

Charles Mallet, 1888. 

Conrad de Mandach, docteur ès lettres, privat-docent à la Faculté 
des lettres, 1903. 

Adolphe de Marignac, ancien juge à la Cour de justice, 1890. 

Alfred Martin, docteur en droit, professeur à la Faculté de 
droit, 1872. 

Camille Martin, 1903. 

Charles Martin, pasteur, 1887. 

Ernest Martin, docteur en théologie, professeur à la Faculté de 
théologie, 1888. 

Léon Martin, notaire, 1897. 

Paul-Edmond Martin, 1903. 

Gustave Maunoir, 1897. 

Horace Micheli, docteur ès lettres, 1890. 

Léopold Micheli, archiviste paléographe, conservateur des ma¬ 
nuscrits à la Bibliothèque publique, 1901. 

Jean-Jacques Monnier, licencié ès lettres, 1900. 

Eugène Moriaud, notaire, 1904. 

Théodore Morin, 1890. 

Gaston de Morsier, docteur en droit, avocat, 1895. 

Gustave Moynier, docteur honoraire en droit et en sociologie, 
associé étranger de l’Institut de France, président du Comité 
de la Croix-Rouge, 1854. 

Ernest Muret, professeur à la Faculté des lettres, 1896. 

Ernest Naef, 1897. 

Albert Naville, licencié ès lettres, 1864. 

Edouard Naville, docteur ès lettres et en philosophie, professeur 
extraordinaire à la Faculté des lettres, correspondant de 
l’Institut de France, 1870. 

Théodore Naville, pasteur, 1900. 

Frédéric Necker, 1885. 

Arnold Nicolet, colonel, 1888. 

Emile Odier, 1890. 

Gabriel Odier, docteur en droit, avocat, privat-docent à la Faculté 
de droit, 1891. 

James Odier, 1880. 

Paul Oltramare, professeur à la Faculté des lettres, 1882. 

Maurice de Palézieux, 1882. 





416 


BULLETIN. 


Eugène Pallard, 1897. 

Simon Perron, 1892. 

Louis Perrot, docteur ès sciences, 1890. 

Constant Picot, docteur en médecine, 1887. 

Ernest Picot, docteur en droit, juge à la Cour de justice, 1880. 
Henri Picot, notaire, 1867. 

Gaston Pictet, 1890. 

Louis Pictet, licencié en droit, 1883. 

Marius-Alexis Portier. 1903. 

Frédéric Raisin, avocat, 1888. 

Charles Ramboz, 1890. 

Alexandre Ramu, 1890. 

Edouard Ramu, 1890. 

Burkhard Reber, 1888. 

François Redard, 1888. 

Louis Rehfous, professeur à la Faculté de droit, juge à la Cour 
de cassation, 1897. 

Eugène Rigot, 1864. 

Eugène Ritter, docteur honoraire de l’Université de Lausanne, 
professeur à la Faculté des lettres, 1872. 

Gaston de la Rive, 1890. 

Emile Rivoire, notaire, 1876. 

Frédéric Roget, privat-docent à la Faculté des lettres, 1898. 
William Rosier, professeur à la Faculté des lettres et des 
sciences sociales, 1890. 

Ernest Saladin, 1890. 

Albert Sarasin, licencié en droit, 1870. 

Edouard Sarasin, docteur en philosophie, 1887. 

Ferdinand de Saussure, professeur à la Faculté des lettres, 1892, 
Arthur Sautter, docteur en droit, notaire, 1897. 

Paul Schazmann, 1903. 

Charles Seitz, docteur ès lettres, professeur à la Faculté des 
lettres, 1887. 

Frédéric de Stoutz, avocat, 1862. 

Ernest Strœhlin, docteur en théologie, professeur honoraire à 
l’Université, 1873. 

Paul Strœhlin, président de la Société suisse de numismatique, 
1888. 




MEMBRES CORRESPONDANTS. 


417 

Jules Terrisse, ingénieur, 1888. 

Louis Thévenaz, maître au Collège, 1889. 

Guillaume Trembley, 1887. 

Maurice Trembley, 1902. 

Henry Tronchin, 1887. 

François Turrettini, 1865. 

Henri Turrettini, 1878. 

Théodore Turrettini, ingénieur, 1890. 

Gaspard Vallette, licencié ès lettres et en droit, 1892. 

François Vaucher, assistant à la Bibliothèque nationale suisse, 
1902. 

Antoine Yerchère, ancien professeur au Gymnase, 1883. 
Charles-Alfred Vidart, licencié en droit, 1889. 

Albert Vogt, 1901. 

Charles Vuille, avocat, 1888. 

Henri Vulliéty, licencié ès-lettres, privât docent à la Faculté des 
lettres, 1897. 

Georges Werner, licencié en droit, 1904. 

Henri de Westerweller, 1871. 


MEMBRES CORRESPONDANTS 

Alexis Alexeieff, professeur à l’Université de Moscou, 1888. 

Eugène-Courtois d’AucoLLiÈitES, secrétaire perpétuel de l’Aca¬ 
démie de Savoie, à Chambéry, 1888. 

Eugène Arnaud, pasteur, à Crest (Drôme), 1873. 

Ferdinand Buisson, professeur à la Sorbonne, Paris, 1893. 

Le chanoine Ulysse Chevalier, correspondant de l’Institut de 
France, à Romans (Drôme). 1869. 

Léopold Delisle, membre de l’Institut de France, administra¬ 
teur de la Bibliothèque nationale, à Paris, 1865. 

Jean Dierauer, professeur à l’Ecole cantonale de Saint-Gai 1, 
conservateur de la Bibliothèque de la Ville, 1888. 

Emile Doumergue, professeur à la Faculté de théologie de 
Montauban, 1901. 

Georges Favey, juge fédéral, à Lausanne, 1888. 

Gaspard George, architecte, à Lyon, 1873. 








418 BULLETIN. 

Edmond Hugues, ancien membre effectif, sous-préfet à Lodève 
(Hérault), 1881. 

Wilhelm-Albert Jansen, ancien professeur à l’Académie militaire 
de Berlin, à Gries-Bozen (Tyrol), 1884. 

Jacques Kaiser, archiviste en chef de la Confédération, à Berne, 
1877. 

Le baron Antoine Manno, secrétaire de la Députation royale 
d’histoire nationale, à Turin, 1887. 

Gérold Meyer de Knonau, professeur à l’Université de Zurich, 
président de la Société générale d’histoire suisse, à Zurich, 
1882. 

Gabriel Monod, président de la Section des sciences philologiques 
et historiques à l’Ecole pratique des hautes études, maître de 
conférences à l’Ecole normale supérieure, à Paris, 1883. 

Albert de Montet, secrétaire de la Société d’histoire de la Suisse 
romande, à Corseaux, près Yevey, 1882. 

Henry Morin-Pons, à Lyon, 1854. 

Berthold van Muyden, syndic de Lausanne, président de la 
Société d’histoire de la Suisse romande, 1893. 

Albert Næf, archéologue cantonal, à Lausanne. 

Léonce Pingaud, professeur, à Besançon, 1893. 

Rodolphe Rahn, professeur à l’Université et à l’Ecole polytech¬ 
nique fédérale, à Zurich, 1882. 

Edouard Rott, docteur en droit, à Paris, 1883. 

Victor Flour de Saint-Genis, président de la Société des sciences 
historiques et naturelles de Semur (Côte-d’Or), 1869. 

Le baron Fernand de Schickler, président de la Société de 
l’histoire du protestantisme français, à Paris, 1883. 

Le baron Edouard de Septenville, à Ruysbrœck-les-Bruxelles, 
Belgique, 1868. 

Jean Striokler, ancien archiviste, à Berne, 1877. 

C.-F. Trachsel, docteur en philosophie, à Lausanne, 1867. 

Rodolphe Wackernagel, archiviste d’Etat, à Bâle, 1893. 

Hermann Wartmann, président de la Société d’histoire de Saint- 
Gai 1, 1865. 

Nathanaël Weiss, secrétaire de la Société de l’histoire du pro¬ 
testantisme français, à Paris, 1888. 




LISTE 


DES 

SOCIÉTÉS CORRESPONDANTES 


BT AUT«ES 


INSTITUTIONS DONT LA SOCIETE REÇOIT LES PUBLICATIONS 

30 juin 1904. 


Suisse. 


Département fédéral de l’Intérieur, à Berne. 

Musée national suisse, à Zurich. 

Bibliothèque nationale suisse, à Berne. 

Allgemeine geschichtsforschende Gesellschaft der Schweiz, à Zu¬ 
rich. 

Société suisse des monuments historiques, à Zurich. 

Société suisse de numismatique, à Genève. 

Société suisse d’héraldique, à Neuchâtel. 

Société suisse des traditions populaires, à Zurich. 

Société d’histoire de la Suisse romande, à Lausanne. 

Historischer Yerein der fünf Orte Luzern, Uri, Schwyz, Unter- 
walden, Zug, à Lucerne. 

Historischer Yerein des Kantons Schwyz. 

Geschichtsforschender Yerein von Nidwalden, à Stans. 
Antiquarische Gesellschaft in Zürich. 

Historischer Yerein des Kantons Bern. 

Société jurassienne d’émulation, à Porrentruy. 

Historischer Yerein des Kantons Glarus. 

Société d’histoire du canton de Fribourg. 

Deutscher geschichtsforschender Yerein des Kantons Freiburg. 
Historischer Yerein des Kantons Solothurn. 






420 


BULLETIN. 


Historische und antiquarische Gesellschaft zu Base). 
Historisch-antiquarischer Yerein des Kantons Schaffhausen. 
Historischer Yerein in St-Gallen. 

Historisch-antiquarischb Gesellschaft von Graubtinden, à Coire. 
Historische Gesellschaft des Kantons Aargau, à Aarau. 
Historischer Yerein des Kantons Tlmrgau, à Frauenfeld. 

Société vaudoise d’histoire et d’archéologie, à Lausanne. 
Bollettino storico délia Svizzera italiana, à Bellinzone. 
Geschichtsforschender Yerein von Oberwallis, à Brigue. 

Société helvétique de Saint-Maurice. 

Société d’histoire du canton de Neuchâtel. 

Institut national genevois. 


France. 

Académie des inscriptions et belles-lettres, à Paris. 

Société de l’histoire de France, à Paris. 

La Correspondance historique et archéologique, à Paris. 

Société des Antiquaires de France, à Paris. 

Société française d’archéologie pour la conservation et la descrip¬ 
tion des monuments, à Paris. 

Société de l’histoire du protestantisme français, à Paris. 

Musée Gui met, à Paris. 

Société des Antiquaires de la Morinie, à Saint-Omer. 

Société des Antiquaires de Picardie, à Amiens. 

Société historique et archéologique de l’arrondissement de Pon¬ 
toise et du Vexin, à Pontoise. 

Société académique de Brest. 

Société des Antiquaires de l’Ouest, à Poitiers. 

Société archéologique et historique de l’Orléanais, à Orléans. 
Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne, à Auxerre. 
Société éduenne des lettres, sciences et arts, à Autun. 

Commission des antiquités du département de la Côte-d’Or, à 
Dijon. 

Société d’archéologie, d’histoire et de littérature de Beaune. 
Société d’histoire et d’archéologie de Chalon-sur-Saône. 

Société d’émulation du département du Doubs, à Besançon. 
Académie des sciences, belles-lettres et arts de Besançon. 



421 


SOCIÉTÉS CORRESPONDANTES. 

Société d’émulation de Montbéliard. 

Société belfortaine d’émulation, à Belfort. 

Société d’émulation du Jura, à Lons-le-Saunier. 

Société d'émulation de l’Ain, à Bourg-en-Bresse. 

Société Gorini, à Bourg-en-Bresse. 

Société littéraire, historique et archéologique de Lyon. 

Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon. 

Bibiothèque de l’Université de Lyon. 

Bulletin historique du diocèse de Lyon. 

Société académique d’architecture de Lyon. 

Académie delphinale, à Grenoble. 

Bulletin d’histoire ecclésiastique et d’archéologie religieuse des 
diocèses de Valence, Gap, Grenoble et Viviers, à Romans. 
Société départementale d’archéologie et de statistique de la 
Drôme, à Valence. 

Société d’études des Hautes-Alpes, à Gap. 

Société des lettres, sciences et arts des Alpes-Maritimes, à Nice. 
Société de statistique de Marseille. 

Académie de Nîmes. 

Académie des sciences et lettres de Montpellier. 

Société archéologique de Montpellier. 

Société archéologique du Midi de la France, à Toulouse. 

Société archéologique du département de Constantine. 

Savoie et Italie. 

Académie des sciences, belles-lettres et arts de Savoie, à Cham¬ 
béry. 

Société savoisienne d’histoire et d'archéologie, à Chambéry. 
Société florimontane d’Annecy. 

Académie salésienne, à Annecy. 

Académie chablaisienne, à Thonon. 

Académie de la Val d’Isère, à Moutiers. 

Société d’histoire et d’archéologie de la Maurienne, à Saint-Jean- 
de Maurienne. 

Regia Deputazione sovra gli studi di storia patria, à Turin. 
Societa storica subalpina, à Turin. 

Société d’histoire vaudoise, à Torre Pellice. 





422 


BULLETIN. 


Société académique, religieuse et scientifique du duché d’Aoste. 
Societa storica lombarda, à Milan. 

Societa archeologica commise, à Chine. 

Societa napoletana di storia patria, à Naples. 

Espagne. 

Asociacion artistico arqueological barcelonesa, à Barcelone. 


Allemagne. 

Germanisches Nationalmuseum zu Nürnberg. 

Deutsclier Hugenottenverein, à Magdebourg. 

Kônigl. Gesellschaft der Wissenschaften und Georg-Augusts- 
Universitat zu Gôttingen, 

Verein ftlr Geschichte und Altertlmm Schlesiens, à Breslau. 

Schlesische Gesellschaft fur vaterlandische Cultur, à Breslau. 

Verein für Geschichte der Stadt Meissen. 

Verein für thüringische Geschichte und Alterthumskunde, à 
Iéna. 

Oberliessischer Geschitchtsverein, à Giessen. 

Verein für Geschichte und Alterthumskunde, zu Frankfurt-am- 
Mein. 

Société pour la conservation des monuments historiques d’Alsace, 
à Strasbourg. 

Badisclie historische Kommission, à Carlsruhe, 

Historisch-philosophischer Verein zu Heidelberg. 

Verein für Geschichte der Stadt Nürnberg. 

Kônigl. Bayerische Akademie der Wissenschaften, historische 
Classe, à Munich. 

Historischer Verein ven Oberpfalz und Regensburg. 

Historischer Verein für Schwaben und Neuburg, à Augsbourg. 

Verein für Geschichte des Bodensees und seiner Umgebung, à 
Lindau. 


Autriche-Hongrie. 

Kaiserliche Akademie der Wissenschaften, in Wien. 



SOCIÉTÉS CORRESPONDANTES. 


423 


Ferdinandeum, à Innsbruck. 

Historischer Yerein für Steiermark à Gratz. 

Kônigl. Bôhmisch Gesellschaft der Wissenschaften, à Prague. 
Société croate d'archéologie, à Agram. 


Hollande. 

Historisch Genootschap gevestigd te Utrecht. 

Commission pour l’histoire des Eglises wallones, à Leyde. 


Belgique. 

Société royale belge de numismatique, à Bruxelles. 
Société de l’histoire de Belgique, à Anvers. 

Académie royale d’archéologie de Belgique, à Anvers. 
Société libre d’émulation de Liège. 


Grande-Bretagne. 

Royal Irish Academv, à Dublin. 

The Huguenot Society of London. 


Suède. 

Kongl. Vitterhets Historié och Antiquitets Akademien, à Stock¬ 
holm. 

Kongl. humanistiska Vetenskaps-Samfundet, à Upsal. 


Norvège. 

Université royale de Norvège, à Christiania. 


Russie. 


Commission impériale archéologique, à Saint-Pétersbourg. 









424 


BULLETIN. 


Etats-Unis. 

American Historical Review, à New-York. 

Smithsonian Institution, à Washington. 

Peabody Muséum of american archeology and ethnology, à Cam¬ 
bridge. 




ADDITIONS ET CORRECTIONS 


P. 4, 1. 27. Ajoutez : — Impr. sous le titre de : Vie de Jean-Robert 
Ghouet, professeur et magistrat genevois (1642-1731), Genève, 
1899, in-12, de 301 p. 

P. 5, 1. 20. Au lieu de : 1897, lisez : 1896. 

P. 6, 1. 14. Ajoutez : — Impr. sous le titre : Les anciennes papeteries du 
duché de Bar et quelques filigranes barrois de la seconde 
moitié du XV e siècle, dans le Biographe moderne 1898, n° 1, 
tiré à part. 

P. 6, 1. 19. Ajoutez : — Fragments, p. lv-lxxiv de VIntroduction à son 
ouvrage intitulé : Catalogue des thèses de théologie soutenues à 
VAcadémie de Genève pendant les XVI e XVII e et XVIII e 
siècles. Genève, 1898, in-8, de 168 p. 

P. 90, 1. 24. Ajoutez : — Voy. La Chanson de l’Escalade en langage 
savoyard, publiée avec d’autres documents sur cette entreprise, 
par Eugène Ritter, Genève 1900, pet. in-8, p. 63-65. 

P. 91, 1. 34. A joutez : — Impr. sous le titre de : Vie de Jean Robert 
Cliouet, professeur et magistrat genevois (1642-1731), Genève, 
1899, in-12, de 301 p. 

P. 93, 1. 7. Ajoutez : — Impr. dans les Mémoires et Documents publiés 
par l’Académie chablaisienne, t. XII, 1898, p. xn-xvm. 

P. 93, 1. 9. Ajoutez : — Voy. son Mémoire intitulé : Le syndic Philibert 
Blondel (1555-1606), daus les Mémoires et Documents de la 
Société d’Histoire et d’Archéologie de Genève, t. XXVIII, 
1904, p. 227 à 351. 

P. 131, 1. 22. A joutez : — Impr. dans les Mémoires et Documents de la 
Société d’Histoire et d’Archéologie de Genève, t. XXVIII, 1902. 

P. 132, 1. 14. Ajoutez : — Voy. l’avant-propos de son mémoire intitulé : 

If État du Gouvernement présent de la République de Genève 
[1721], par Ant. Tronchin, dans les Mémoires et Documents de 
la Société d’Histoire et d’Archéologie de Genève, t. XXV, 
1901, p. 203 et suiv. 

P. 133, 1, 10. Ajoutez : — Impr. dans les Mémoires et Documents de la 
Société d’Histoire et d’Archéologie de Genève, t. XXV, 
1901, p. 163-201. 

P. 180, 1. 3. Ajoutez : — Impr. dans la Bibliothèque Universelle, Lau¬ 
sanne, 107 e année, 1902, t. XXVI, p. 497-524. 

P. 180, 1. 4. Ajoutez : — Impr. dans Mémoires et Documents de la 
Société d’Histoire et d’Archéologie de Genève, t. XXVIII, 1902. 








426 BULLETIN. 

P. 182, 1. 2. Ajoutez : — Fragment de son ouvrage intitulé : Recherches 
archéologiques à Genève et aux environs, Genève, 1901 in-8, 
de 217 p. 

P. 182, 1. 4. Ajoutez : — Fragments de son ouvrage intitulé : Histoire 
de Genève à l’époque de l’Escalade 1597-1603. Genève 1902, 
in-8 de 570 p. 

P. 217, 1. 4. Ajoutez : — Yoy. son article intitulé : Cordeau à manche 
d’ivoire sculpté, représentant deux gladiateurs , dans VAnzeiger 
fur schweiz. Alterthumslcunde, neue Folg, Bd. Y, 1903, 

p. 117-136, 

P. 217, 1. 12. Ajoutez : — Voy. ses articles intitulés : Le cimetière 
gallo-helvète de Vevey, dans VAnzeiger fur schiceiz. Alter- 
thumskunde, neue Folge, Bd. III, 1901, p. 14-30 et 105-114; 
Bd. IY, 1902-1903, p. 18-44 et 260-270, fig. et pl. 

P. 218, 1. 2. Ajoutez : — Impr. dans les Mémoires et Documents de la 
Société d’Histoire et d’Archéologie de Genève , t. XXVIII, 1902. 

P. 218, 1. 21. Ajoutez : — Fragments de son ouvrage intitulé : L’État 
chrétien calviniste à Genève, au temps de Théodore de Bèze, 
Genève 1902, in-8 de 622 p. 

P. 218, 1. 29. Ajoutez : — Une de ces lettres a été publiée dans l’article 
du même intitulé : Un don genevois à VAssemblée nationale 
en 1789, dans la Revue historique vaudoise, 12 e année, 1904, 
p. 209-218, et tiré à part avec des additions, Lausanne, 1904, 
in-8, de 16 p. 

P. 308, 1. 22. Ajoutez : — Impr. dans VAlmanach de Genève, 1904, p. 104 
et suiv. 

P. 325, 1. 14. Au lieu de : du 25 avril 1900 au 24 avril 1901, lisez : du 
25 avril 1901 au 24 avril 1902. 

P. 327, 1. 9. Au lieu de : Vullietty, lisez : Vulliéty. 

P. 338, 1. 5. Ajoutez : — Impr. dans le Journal de Genève , des 5 et 12 
janvier 1903. 

P. 339, 1. 13. Ajoutez : — Voy. l’Introduction de son Mémoire intitulé : 

Histoire de la supervenue inopinée des Savoyards en la ville 
de Genève en la nuict du Dimanche 12 jour de Décembre 1602, 
par Melchior Goldast, réimprimé d’après l’édition de 1603, 
dans les Mémoires et Documents de la Société d’Histoire et 
d’Archéologie de Genève, t. XXVIII, p. 139-224. 

P. 340, 1. 11. Ajoutez : — Impr. dans la Bibliothèque universelle, Lau¬ 
sanne, 108 e année, 1903, t. XXX, p. 295-311. 

P. 346, 1. 9. Ajoutez : — Impr. dans le Journal de Genève du 23 mars 
1903. 

P. 346, 1. 15. Ajoutez : — Impr. dans la Voix du Pays, Genève, 1904, 
p. 57 et suiv. 

P. 350, 1. 3. Au lieu de : Fould, lisez : Foule. 




TABLE DES MATIÈRES 


Le 2 rae volume du Bulletin a été publié eu 9 livraisons : la 1 re ( p . 1-84 
et pl. I-III) est datée d’octobre 1897, la 2 me (p. 85-128) d’octobre 1898, 
la 3 me (p. 129-174 et pl. IV et V) d’octobre 1899, la 4 me (p. 175-206) 
d’octobre 1900, la 5 me (p. 207-222) d’octobre 1901, la 6 ni e (p. 223-302) a 
paru en 1902, la 7 me (p. 303-336 et pl. VI et Vil) est datée d’octobre 
1902, la 8 me (p. 337-364 et pl. V11I-X) de mai 1903 et la 9'ne ( p . 365-...) 
de juin 1904. 


Pages 

Personnel de la Société. I, 85, 129, 175, 207, 303, 337, 365 

Mémoires, rapports, etc., présentés à la Société 4, 89, 131, 179, 216, 

308, 338, 371 

Faits divers. 7, 93, 134, 182. 219, 324, 352, 390 

Ouvrages reçus par la Société ... 8, 94, 135, 184, 220, 325, 353, 392 


Documents inédits. Charte universitaire octroyée par le pape Martin V 
à Jean de Bochetaillée. patriarche de Constantinople, évêque com- 

rnendataire de Genève (1418-1422), par Charles Boroeaud. 11 

Les Archives d’Etat de Genève (1814-1896) par Louis Dufour-Vernes 19 
Les milliaires et l’église de Prévessin (avec 1 planche), par Emile 

Dunant. 42 

Fragments d'archéologie genevoise IV (avec 2 planches), par Jaques 

Mayor . 57 

Trouvailles à Saint-Pierre. 57 

Trouvailles à la place de Bel-Air. 60 

Un vitrail aux armes de Genève. 64 

La cloche de Corsier. 66 

Papiers trouvés à l’horloge du Molard. 76 

La Tour de File. 84 

Pierre Vaucher, allocution à la Société d’histoire et d’archéologie, 

par Frédéric Gardy . 97 

Bibliographie des travaux de Pierre Vaucher, par Edouard Favre . 107 

Principaux articles nécrologiques parus en 1898 sur Pierre 
Vaucher. 123 





















428 


BULLETIN. 


Archéologie genevoise. Deux fragments d’architecture gothique par 

Burkhard Reber. 125 

Nicolas Colladon et la Compagnie des pasteurs et professeurs de 

Genève, par Hippolyte Aubert . 138 

Note sur des pipes antiques par Burkhard Beber . 164 

Note sur un vitrail aux armes de Genevois (avec 2 planches